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Bonjour, mesdames et messieurs les membres du Comité. La séance est ouverte.
Bienvenue à la 33 e réunion du Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées.
Conformément à l'ordre de renvoi du vendredi 13 mars 2026, le Comité se réunit pour étudier le projet de loi , Loi concernant la constitution de Maisons Canada.
La réunion d'aujourd'hui se déroule sous forme hybride, conformément au Règlement. Les députés et les témoins participent virtuellement et en personne dans la salle. Le greffier m'a informé que tous ceux qui assistent à la réunion virtuellement ont fait l'objet d'un test de son et répondent aux spécifications en matière de qualité du son pour participer virtuellement à la réunion.
Avant de commencer, je demanderais aux personnes présentes dans la salle de bien vouloir mettre leurs appareils en sourdine et, pour la protection de nos interprètes, de ne pas taper sur la perche du microphone. Vous pouvez participer à cette réunion dans la langue officielle de votre choix. Veuillez vous assurer que votre casque d'écoute est allumé et que vous êtes sur le bon canal pour participer dans la langue de votre choix.
Si vous comparaissez virtuellement, veuillez cliquer sur l'icône du globe au bas de votre Surface et choisir la langue officielle de votre choix. En cas d'interruption des services d'interprétation, veuillez attirer mon attention. Nous suspendrons la séance le temps de corriger le problème.
Veuillez adresser toutes vos questions à la présidence. Attendez que je vous nomme avant de procéder.
J'aimerais maintenant souhaiter la bienvenue à nos témoins pour la première heure. De la Fédération de l'habitation coopérative du Canada, nous accueillons Tim Ross, directeur général, qui est ici en personne. Du Front d'action populaire en réaménagement urbain, nous accueillons Catherine Lussier, coordonnatrice, par vidéoconférence. Nous accueillons Richard Lyall, président du Residential Construction Council of Ontario, par vidéoconférence.
Chaque témoin dispose de cinq minutes pour faire sa déclaration préliminaire. Je demanderais aux témoins de s'en tenir le plus possible aux cinq minutes qui leur sont imparties.
Nous allons maintenant commencer par M. Ross, qui est dans la salle, pour sa déclaration préliminaire.
Monsieur Ross, vous avez cinq minutes.
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Monsieur le président, membres du Comité, je vous remercie de me recevoir aujourd'hui.
Je m'appelle Tim Ross. Je suis ici au nom de la Fédération de l'habitation coopérative du Canada, ou FHCC, qui représente les coopératives d'habitation partout au pays.
Au Canada, il y a plus de 2 200 coopératives d'habitation sans but lucratif et elles logent plus d'un quart de million de personnes. Depuis plus de 50 ans, les coopératives font leurs preuves. Elles offrent des logements abordables à long terme, sécuritaires, gérés par les gens qui y vivent et bien enracinés dans la communauté.
Le projet de loi , est une occasion vraiment rare de passer à une autre échelle et de miser sur des modèles hors marché qui fonctionnent déjà, comme l'habitation coopérative. Si Maisons Canada veut donner de vrais résultats, c'est-à-dire mieux construire des logements, et pas seulement en construire plus vite, il faut visiblement prioriser le logement hors marché, comme les coopératives. Ça permettrait d'augmenter l'offre hors marché au Canada, de soutenir de bons emplois et de bâtir des logements qui serviraient la communauté pendant longtemps.
Aujourd'hui, j'aimerais vous présenter trois recommandations concrètes pour améliorer Maisons Canada et maximiser les résultats.
[Traduction]
Premièrement, investissons maintenant dans des projets de coopératives d'habitation prêts à démarrer avec un financement prévisible et à long terme. Les coopératives recommencent à se construire à grande échelle. Depuis le lancement du Programme de développement de coopératives d'habitation en juin 2024, plus de 1,2 milliard de dollars ont été engagés dans la construction de près de 2 800 nouveaux logements coopératifs, dont environ 1 550 étaient en construction au 31 décembre, et ce n'est pas tout.
Nous avons des milliers d'unités en développement dans notre réseau de coopératives grâce à l'élan du Programme de développement de coopératives d'habitation. Cependant, ces projets sont en péril, car le financement disponible est épuisé. Pour assurer une prestation à grande échelle, les promoteurs hors marché ont besoin d'outils de financement prévisibles à long terme, et ils ont besoin d'exigences pratiques en matière de garantie et de sécurité. Pour réussir, Maisons Canada doit coordonner efficacement ses activités avec d'autres entités fédérales comme la SCHL et ses partenaires provinciaux.
Je tiens à souligner que, alors que Maisons Canada met l'accent sur la construction, plusieurs programmes essentiels à la durabilité et à la croissance des logements hors marché ont été supprimés, ont expiré ou expireront bientôt, y compris le financement de démarrage et le financement de préservation. Le gouvernement fédéral devra clairement se réengager à l'égard de ces mesures à l'avenir. C'est le moment de faire avancer les projets hors marché prêts à démarrer et de préparer le terrain pour la réussite à long terme de Maisons Canada en mettant l'accent sur la prévisibilité, l'abordabilité permanente et la valeur publique durable.
Deuxièmement, Maisons Canada doit faire progresser la réconciliation grâce à des projets de logements dirigés par des Autochtones. Les ménages autochtones sont confrontés à certaines des inégalités en matière de logement les plus graves au Canada dans les collectivités urbaines, rurales et nordiques. Les solutions doivent être adaptées à la culture et dirigées par les Autochtones. Nous recommandons un mandat clair « pour les Autochtones, par les Autochtones » pour une partie importante des projets de Maisons Canada, appuyé par un leadership autochtone en matière de gouvernance, de conception et de prestation de programmes.
Troisièmement, l'aide au loyer doit être un pilier essentiel de la politique nationale en matière de logement. Pour que Maisons Canada puisse offrir des logements réellement abordables, l'abordabilité doit être définie en fonction du revenu, et pas seulement en fonction des loyers du marché. De nombreux ménages — aînés, personnes handicapées et familles à revenu fixe ou faible — n'ont même pas les moyens de payer des loyers modestes liés aux coûts du marché. C'est pourquoi l'aide au loyer doit demeurer un pilier essentiel de la politique nationale en matière de logement.
Des milliers et des milliers de ménages vivant dans des coopératives d'habitation et des logements sans but lucratif devront composer avec l'expiration de l'aide fédérale au loyer d'ici quelques mois. Nous exhortons le gouvernement fédéral à renouveler cette aide de façon permanente afin que les logements très abordables soient protégés pendant que nous construisons de nouveaux logements. Maisons Canada doit également intégrer l'aide au loyer dans une partie des logements qu'il construit, afin de rendre les logements plus abordables pour les ménages à faible et à moyen revenu.
En conclusion, le Canada ne manque pas de solutions en matière de logement, mais nous n'avons pas l'envergure et la prévisibilité politique nécessaires pour livrer la marchandise. Les coopératives d'habitation sont éprouvées, résilientes et axées sur la collectivité. Avec le projet de loi , nous vous encourageons à donner la priorité au logement hors marché, à fournir des outils de financement prévisibles et à long terme, à assurer un véritable volet « pour les Autochtones, par les Autochtones », et à renouveler et à intégrer l'aide au loyer afin que l'abordabilité soit vraiment fondée sur le revenu.
Merci. Je me ferai un plaisir de répondre à vos questions.
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Merci, monsieur le président.
Mesdames et messieurs les membres du Comité, je vous remercie de prendre le temps aujourd'hui d'entendre nos commentaires sur le projet de loi .
Pour le présenter rapidement, je dirais que le Front d'action populaire en réaménagement urbain, ou FRAPRU, est un regroupement panquébécois comptant environ 150 membres partout au Québec. Nous représentons évidemment des ménages locataires qui sont mal logés et qui, souvent, sont à faible ou à modeste revenu.
Maisons Canada est une occasion à saisir pour changer ou rectifier certains programmes fédéraux qui ont moins bien servi dans le cadre de la Stratégie nationale sur le logement du Canada. Nous pensons qu'il est fondamental que la protection, le respect et la mise en œuvre du droit au logement soient inscrits dans la mission de Maisons Canada, notamment pour se faire l'écho des obligations canadiennes découlant de la signature du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, mais aussi pour s'assurer de cette réalisation du droit au logement. De fait, Maisons Canada est un de ces outils qui doivent transcrire cette volonté de réaliser le droit au logement pour tous et toutes. Selon nous, c'est dans la même lignée que la Stratégie nationale sur le logement du Canada, qui arrive effectivement à expiration. Nous voyons aussi Maisons Canada comme un des outils qui découlent de cette stratégie.
C'est aussi une occasion à saisir pour clarifier notamment ce qu'on entend par « abordabilité ». Évidemment, la définition actuelle se fonde sur l'ensemble des revenus des ménages, et pas seulement sur les ménages locataires, ce qui, selon nous, crée une non-abordabilité pour les locataires qui ont véritablement besoin d'un logement. Il faut donc que cette définition se fonde plutôt sur la capacité de paiement des ménages locataires, et non sur le marché, si on veut véritablement arriver à créer l'abordabilité pour les ménages locataires qui, à l'heure actuelle, sont près de l'itinérance, et si on veut venir justement lutter contre la crise de l'itinérance et la crise du logement.
Selon nous, il faut aussi que Maisons Canada inscrive, dans ses objectifs, dans sa mission et dans les moyens qu'elle a pour les réaliser, le logement social comme un des piliers de la réalisation de ce droit au logement. Le logement social permet des retombées économiques et sociales qui sont très importantes. On constate aussi que ça répond véritablement aux besoins des ménages mal logés.
Il faut évidemment que les investissements publics soient au rendez-vous pour véritablement permettre de construire du logement social qui soit abordable immédiatement, et pas seulement plus tard. Nous avons des préoccupations quant aux méthodes de financement actuelles, qui risquent de créer de la non-abordabilité. Nous sommes aussi inquiets de voir la pérennité de ces habitations disparaître si on ne donne pas de balises réelles pour conserver non seulement cette abordabilité, mais aussi les habitations qui seront financées publiquement.
Nos recommandations sont les suivantes. Tout d'abord, il faut inscrire le droit au logement dans la mission de Maisons Canada et y reconnaître le logement social et communautaire comme un pilier pour arriver à créer l'abordabilité, et de l'abordabilité immédiate. De plus, il faut évidemment assurer le financement adéquat de ces solutions afin de garantir que ces projets de logement vont voir le jour et permettre à des locataires mal logés de s'y loger.
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En effet. Toutes mes excuses. Je ne voulais pas être une distraction.
Merci, monsieur le président Morrissey et mesdames et messieurs les membres du Comité, de me donner l'occasion de vous parler aujourd'hui du projet de loi , Loi concernant la constitution de Maisons Canada.
Le RESCON est un conseil de constructeurs situé en Ontario, bien que bon nombre de nos membres construisent partout au Canada et aux États‑Unis. En fait, l'un de nos membres est le principal constructeur privé aux États‑Unis, et nous avons 3 des 10 principaux constructeurs là‑bas, alors nous construisons ailleurs également. Nous avons aussi un conseil pour toutes nos associations de sous‑traitants et pour le secteur civil en matière d'infrastructure, parce que nous avons besoin d'infrastructures sur lesquelles nous pouvons nous appuyer.
Au fil des ans, nous avons construit avec succès des millions de logements. Le secteur privé occupe 90 % du marché. L'industrie à l'échelle du Canada représente 160 milliards de dollars par année. C'est énorme, pour mettre les choses en perspective.
Nous avons déjà fait face à des défis. N'oubliez pas que dans les années 1960 et 1970, nous avions la moitié de la population actuelle et construisions le même nombre de logements que nous construisons aujourd'hui à l'échelle nationale. Comment nous y sommes‑nous pris? Il s'agissait d'un processus d'innovation relative au gouvernement, au financement et à l'industrie. Nous avons créé les coffrages volants et les équipes composites. Nous avons fait un travail remarquable. C'est de là que proviennent 80 % de nos logements locatifs.
Nous nous trouvons maintenant dans une crise du logement plus grave. La gravité varie d'une région à l'autre du pays, et il y a des besoins partout. J'ai parlé du secteur privé, mais nous avons besoin de logements sociaux. Il y a des gens qui, sans que ce soit leur faute, n'ont pas les moyens de se loger, et l'État doit agir.
Malheureusement, à l'heure actuelle, les personnes les plus gravement touchées par cette situation sont les jeunes. Si vous regardez les données démographiques, seul un tiers des personnes de moins de 40 ans sont propriétaires, et si vous regardez en dessous de 25 ans, les chiffres deviennent un peu ridicules. Cela a changé en moins d'une génération. Beaucoup de jeunes ont tout simplement perdu espoir, et ce n'est pas acceptable. Les données démographiques ne sont pas très bonnes.
Un endroit sûr, sécuritaire, confortable et abordable où se sentir chez soi est d'une importance capitale. C'est un besoin économique. C'est comme l'insécurité alimentaire. Les gens les confondent parfois. Ce n'est pas un désir. L'aspect économique du logement n'est pas un désir pour beaucoup de gens; c'est un besoin absolu.
Comment en sommes‑nous arrivés là? Il y a eu un tsunami de facteurs contributifs, mais les plus importants au cours des 20 dernières années ont été les taxes, les frais et les redevances sur les droits d'aménagement de nouveaux logements. Nous avons fait des recherches à ce sujet, soit dit en passant. Par exemple, en Ontario et dans la vallée du bas Fraser, en Colombie‑Britannique, les taxes, les frais et les redevances représentent de 35 à 40 % du coût d'une nouvelle maison. Ce n'était pas le cas il y a une génération. La croissance a été exponentielle.
Nous avons eu des obstacles croissants en matière de processus et de planification pour bâtir de nouveaux logements. Les choses qui prennent des années et des mois devraient se faire en quelques semaines et en quelques jours, et nous savons que nous sommes en retard par rapport à d'autres pays. Nous sommes reconnaissants envers les gouvernements fédéral et provinciaux d'avoir enfin harmonisé la taxe de vente et le remboursement, même si nous n'avons pas encore la réglementation en place. Il y a eu l'annonce des redevances d'aménagement, mais ce n'est qu'une annonce pour l'instant. Il faut régler ce problème.
Nous avons dépensé des dizaines ou des centaines de milliers de dollars — je ne sais pas combien d'argent nous avons dépensé — pour la recherche, en grande partie avec le CANCEA, le Centre canadien d'analyse économique, sur l'infrastructure, la fiscalité et les conséquences des logements inadéquats.
L'objectif de Maisons Canada est fantastique si vous le lisez, et il est toujours bon de revenir aux premiers principes. C'est un travail énorme. Si l'on fait les choses correctement, nous avons une occasion sans précédent de faire avancer les choses en matière de logement. La loi habilitante donne la portée et l'occasion à Maisons Canada de le faire, mais des améliorations systémiques sont grandement nécessaires, surtout en ce qui concerne la productivité.
Il y a aussi un besoin criant de modernisation. Nous savons, grâce à l'OCDE et à la Banque mondiale, que nous sommes au dernier rang pour ce qui est de la façon dont nous faisons les choses. L'on pourrait discuter longuement des raisons de cette situation, mais grâce aux technologies de l'immobilier et de la construction, aux améliorations technologiques et à la modernisation, je pense que nous pouvons accomplir beaucoup de choses ici, et Maisons Canada peut jouer un rôle très important à cet égard.
Nous avons visité d'autres pays. Nous sommes allés dans d'autres pays qui sont des chefs de file en matière de méthodes de construction modernes, qui ne le sont pas vraiment. Nous construisons hors site au Canada depuis 100 ans. Ce n'est pas quelque chose de nouveau, mais c'est quelque chose qui doit probablement être élargi. Il y a des possibilités, mais ce n'est pas la solution à nos problèmes.
En ce qui concerne les données...
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Merci, monsieur le président.
Merci à tous les témoins. Nous vous sommes vraiment reconnaissants d'être ici et de nous faire part de vos idées et de vos suggestions. Les témoins d'aujourd'hui ont beaucoup d'expérience dans le domaine du logement.
J'aimerais commencer par M. Ross.
Merci, monsieur Ross, de votre exposé. Je suis un partisan des coopératives d'habitation. Je pense que c'est un excellent modèle, parmi tant d'autres.
J'aime les recommandations que vous avez formulées, mais je me demande si je peux revenir un instant sur l'annonce qui a été faite dans le budget fédéral il y a quelques années au sujet d'un investissement dans les coopératives d'habitation en particulier. Je crois comprendre que ce fonds a été géré par l'entremise de la SCHL. Ai‑je raison?
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C'est une excellente question.
Je me souviens de l'époque où j'étais étudiant de deuxième cycle sous la direction de Carolyn Tuohy à l'Université de Toronto et où j'examinais l'élaboration de programmes, la conception de politiques et la théorie administrative. Si c'est ce qu'il faut pour arriver là où nous devons aller, alors n'hésitons pas à le faire.
L'un des grands problèmes que nous avons eus, c'est l'harmonisation entre les divers ordres de gouvernement en matière de politique du logement. Il semble que cela se concrétise enfin grâce à des mesures comme l'annonce sur les redevances d'aménagement, la TVH et ainsi de suite. Je sais qu'il ne s'agit pas de Maisons Canada, mais cet organisme semble être le point central ou l'appareil utilisé pour essayer de rassembler ces éléments.
Bien sûr, le secret dans tout cela — et je sais que vous le savez —, c'est la mise en œuvre. Nous sommes très bons — en fait, presque trop bons, et c'est peut‑être parce que nous sommes Canadiens — dans l'élaboration des politiques, mais nous sommes en retard dans la mise en œuvre de beaucoup de ces choses. Le temps nous le dira, mais je pense que c'est là que les gouvernements doivent vraiment modéliser les choses correctement. Ils ont besoin des paramètres et des mesures nécessaires pour que cela se fasse, pour que nous puissions atteindre nos objectifs, parce que le ratio du coût du logement par rapport aux revenus a complètement dérapé. Ce n'est pas le cas partout au Canada; c'est différent... mais dans des domaines clés, c'est important.
Aurais‑je créé une autre organisation pour faire un travail que les organisations existantes auraient dû faire? Probablement pas, mais je ne vais pas contester... Sur ce point en particulier, nous devons faire tout ce qu'il faut pour arriver à quelque chose, car si nous voulons attirer les investissements dont nous avons besoin et créer le bien‑être que les gens méritent, nous devons bien faire les choses en matière de logement.
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Merci, monsieur le président.
Je remercie les témoins dans la salle et en ligne de se joindre à nous pour ces discussions, car nous voulons bien faire les choses avec Maisons Canada et résoudre la crise du logement.
La Stratégie nationale sur le logement est en place depuis 2017. Nous avons eu de très bons succès. Nous avons construit des centaines de milliers de logements grâce aux programmes dirigés par la SCHL, et pourtant, si nous sommes ici aujourd'hui, c'est parce que trop de gens n'ont toujours pas les moyens d'acheter ou de louer un logement décent. C'est principalement parce que le parc de logements abordables n'est pas suffisant. Il se situe à environ 4 %, soit le taux le plus bas des pays de l'OCDE. Nous devons donc prendre des mesures audacieuses pour concentrer nos efforts sur ce segment.
À la lumière de tout ce qui a été dit, je vais commencer par vous, monsieur Ross, puis je passerai aux autres témoins.
Êtes-vous d'accord pour dire que l'objectif principal devrait être d'augmenter le parc de logements abordables? Je vais reprendre ce que M. Lyall vient de dire, à savoir qu'il faut faire tout ce qu'il faut pour y arriver. Êtes-vous d'accord pour dire que la création d'une agence qui se concentre uniquement sur le logement abordable, qui dispose de tous les outils financiers pour le faire et qui travaille avec l'industrie, pourrait être une bonne chose à essayer après avoir essayé tant d'autres choses?
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Nous avons un énorme défi à relever. C'est une situation compliquée. Il y a tellement d'éléments à prendre en considération. Les différentes mesures nécessaires pour régler le problème du logement, qui a été bien étudié et mesuré, nécessitent un niveau d'harmonisation pour laquelle il faut une nouvelle approche.
A‑t‑on besoin d'un autre organisme? Eh bien, si c'est ce qui nous permettra d'y arriver, de concentrer nos efforts sur les différents enjeux et tous ces facteurs nationaux et sociaux complexes, alors c'est très bien. Nous sommes prêts à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour aider Maisons Canada à réussir.
Les possibilités sont immenses, mais c'est une tâche énorme, et je pense que beaucoup ne sont pas conscients de la complexité des facteurs du marché et des facteurs techniques. Beaucoup, par exemple, ne sont pas allés dans d'autres pays qui ont une nette longueur d'avance sur nous pour voir comment ils s'y sont pris.
Tous les pays développés connaissent une crise du logement, à un degré ou à un autre. Dans certains, elle est à peine perceptible, mais au Canada, elle est vraiment aiguë, ce qui nous amène à nous poser la question suivante: pourquoi? Nous sommes le deuxième plus grand pays au monde en superficie. Pourquoi avons-nous ce problème? Ce ne sont pas les gens. Nous avons les meilleurs au monde.
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Merci beaucoup, monsieur le président.
C'est vraiment important de parler de logements et de Maisons Canada, mais il faut quand même tenir compte de différents aspects. En ce sens, je vous remercie de nous faire part de votre expertise, monsieur Ross et monsieur Lyall. Mes premières questions vont cependant s'adresser au FRAPRU.
Madame Lussier, concernant Maison Canada, on se doute bien — des témoins sont d'ailleurs venus nous le dire à la dernière séance du Comité — que le nerf de la guerre, ou un des défis, c'est le manque de clarté de la définition du logement abordable. Vous avez parlé aussi de la non-abordabilité des logements.
Il y a donc du flou entourant le concept de logement abordable. Quel peut en être la conséquence sur la capacité, comme vous le dites, de répondre aux besoins des ménages qui en ont le plus besoin, soit les ménages à faible revenu?
Quand je parle de financement, je parle de subventions qui permettraient la construction de logements tout en ayant pour rôle de réduire les loyers.
À l'heure actuelle, les montages financiers sont de plus en plus complexes. Maisons Canada veut avoir cette flexibilité. Étant donné la complexité de ces montages, on dépend de plus en plus d'acteurs privés dans le développement du logement social et communautaire. Nous voyons un risque dans cette dépendance au milieu privé, puisque tout repose de plus en plus sur les loyers des logements qu'on va développer dans les prochaines années.
Donc, il est de plus en plus difficile de bâtir des logements qui seront immédiatement abordables sans un financement suffisant provenant de subventions du gouvernement fédéral, de même que des provinces, même s'il est évidemment question ici du fédéral.
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Je remercie les témoins d'être avec nous aujourd'hui et de nous faire part de leur expertise. Nous vous en sommes vraiment reconnaissants.
Ma première question s'adresse à M. Lyall.
Pour vous parler un peu de moi, je suis électricien en construction depuis 20 ans, et j'ai construit de nombreux bâtiments.
On parle beaucoup de moderniser le secteur de la construction. Au Canada, les bâtiments sont construits en fonction de différents paramètres: les codes du bâtiment, le climat, la géographie, différents matériaux. La plupart des projets font l'objet d'un appel d'offres. Les entrepreneurs généraux et les constructeurs essaient donc de construire de la manière la plus efficace et la plus rentable possible, en respectant le cahier de charges.
En tant qu'expert dans le secteur de la construction, que va faire Maisons Canada pour moderniser ce secteur qu'il ne fait pas déjà par lui-même?
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C'est une bonne question. L'un des plus grands problèmes auxquels nous faisons face, et avons fait face, est ce que j'appelle les obstacles systémiques. Il existe de réelles possibilités dans le monde de la proptech, la technologie immobilière. Archistar, LandLogic et Devenex sont des entreprises qui existent déjà et qui peuvent faire les choses beaucoup plus rapidement.
La situation varie d'une région à l'autre au pays, mais il est certain que dans diverses régions de l'Ontario, dont le centre de l'Ontario, les façons de faire doivent être modernisées, et elles peuvent l'être. Ce qui prend quelques mois et quelques années devrait pouvoir se faire en quelques jours et quelques semaines. Il faut passer au numérique. Bien sûr, cela commence en amont, dans le domaine de la conception, par la modélisation des données du bâtiment, etc. Les possibilités sont bien concrètes à cet égard.
L'industrie a adopté la technologie, les nouvelles façons de faire, et c'est l'un des domaines où elle a bien réussi. On construit dans d'autres régions du monde et on dit à la blague que si on peut construire ici, on peut construire n'importe où.
Les indicateurs de productivité n'ont pas vraiment été fiables. L'un de nos plus gros problèmes au fil des ans — parce qu'il fallait plus de temps pour faire approuver les projets —, c'est que des éléments comme les coûts unitaires de la main-d'œuvre sont devenus vraiment alarmants. Ce n'est pas dû au niveau de sophistication de l'industrie; c'est simplement qu'on a trop compliqué les processus.
Je pense que Maisons Canada pourrait jouer un rôle concret en stimulant et en encourageant la modernisation et la numérisation de ces processus.
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Si on arrive à améliorer systématiquement les façons de faire et à éliminer les obstacles et certains coûts de construction imposés injustement, je dirais, en moins d'une génération... Pensez à la mise de fonds aujourd'hui, par exemple, dans certaines régions en l'Ontario ou dans la vallée du bas Fraser, en Colombie-Britannique, à l'augmentation des taxes, des frais et des droits depuis 15 ans. Si on parvient à remédier à ce problème, je pense qu'on réduirait la réticence à essayer de nouvelles choses.
Je peux vous dire que tous ces coûts et toute cette bureaucratie ont un effet paralysant sur l'innovation, de sorte que lorsque le moment de passer à la construction de l'immeuble arrive enfin, on n'a plus envie d'essayer quoi que ce soit de nouveau. En fait, l'industrie fonctionne de telle sorte que l'équipe qui construit l'immeuble est récompensée pour la rapidité avec laquelle elle peut le faire en respectant les délais et le budget. Si on veut essayer quelque chose de nouveau, c'est impossible, car le risque est trop grand. Les gens qui construisent un immeuble ne veulent pas prendre ce risque, car les coûts sont déjà serrés.
Si on parvient à améliorer cela globalement, alors on pourra aussi faire d'autres choses. On pourra se permettre diverses mesures liées au climat, des mesures jugées acceptables sur la base des analyses coûts-avantages, de la science du bâtiment, etc. Je pense que Maisons Canada peut encourager cela.
Un des facteurs qui complique les choses, bien sûr, c'est que les provinces sont en grande partie responsables du logement, et les municipalités sont des créatures des provinces. C'est donc au niveau provincial que l'harmonisation entre le gouvernement fédéral, les provinces et les municipalités doit se faire. Cela complique un peu plus la donne, et je pense que c'est la raison pour laquelle nous sommes en retard par rapport à des pays plus avancés.
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Merci beaucoup, et par votre entremise, monsieur le président, j'aimerais remercier tous les témoins d'être avec nous aujourd'hui.
Je vais adresser rapidement la première moitié de mes questions à M. Ross.
Monsieur Ross, je suis heureuse de vous voir. En lisant l'information sur nos témoins d'aujourd'hui, j'ai remarqué que vous avez été directeur général de l'Association de logement sans but lucratif du Nouveau-Brunswick. Comme je suis une députée du Canada atlantique, j'aimerais qu'on examine la question par la lorgnette de cette région.
En ce qui concerne les projets de coopératives d'habitation, j'ai travaillé à deux en étroite collaboration avec des promoteurs, l'un à Liverpool, en Nouvelle-Écosse, et l'autre à New Ross. J'aimerais parler un peu de la façon de procéder pour axer nos efforts sur le logement hors marché, qui aidera en fait le logement du marché.
Ma question pour vous, en tant que directeur de la Fédération de l'habitation coopérative du Canada est la suivante: quelles leçons peut-on tirer du modèle de logement coopératif, en particulier en ce qui concerne la gouvernance, l'abordabilité et la durabilité à long terme, pour guider la conception de Maisons Canada?
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Je vous remercie de la question et de mentionner les Maritimes.
J'ai grandi, étudié et commencé ma carrière dans les Maritimes. J'ai de nombreuses bonnes relations dans la région, et nous avons de nombreux projets en cours dans les provinces de l'Atlantique.
Il est possible de faire en sorte que Maisons Canada se concentre sur le logement hors marché en définissant le terme « logement abordable » dans sa loi habilitante. Quels sont les objectifs? Comment définit‑on l'abordabilité? Si le Parlement souhaite mettre l'accent sur cet élément, il peut le faire dans la loi. Autrement, il faudra s'en remettre aux politiques et à la réglementation pour que Maisons Canada se concentre sur le logement hors marché et le logement abordable.
L'autre élément très important pour avoir des logements abordables et des coopératives est qu'il faut vraiment un financement et un cadre de financement prévisible et stable à long terme. Qu'il s'agisse de logements privés ou de logements abordables, on ne peut pas financer le logement sur une base annuelle ou par des programmes qui ne durent qu'un ou deux ans.
Nous avons un nombre important de projets admissibles dans le cadre du Programme de développement de coopératives d'habitation, et nous aimerions donc aussi, pour Maisons Canada, qu'il y ait des paramètres de financement stables, constants et à long terme.
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Merci beaucoup, monsieur Ross.
J'aimerais m'adresser rapidement à M. Lyall, et je sais que mon temps est presque écoulé.
Monsieur Lyall, si vous n'avez pas le temps de terminer et souhaitiez ajouter quelque chose, veuillez en informer le Comité et nous faire parvenir un mémoire.
Vous avez parlé plus tôt de la réduction des formalités administratives, des coûts et de la disponibilité de la main-d'œuvre. Il y a quelques semaines dans ma circonscription, j'ai été très heureuse d'annoncer des investissements dans l'infrastructure par l'entremise du Fonds pour bâtir des collectivités fortes, qui font écho à ceux du Fonds pour accélérer la construction de logements. Dans les collectivités rurales comme la mienne — ma circonscription est celle de South Shore—St. Margarets —, les coûts de construction dépendent souvent moins de la réglementation que de la disponibilité de la main-d'œuvre, des matériaux, des coûts de transport et des lacunes en matière d'infrastructure.
Je me demande si vous pourriez nous parler des outils ou des mesures de soutien ciblés que vous recommanderiez pour faire en sorte que Maisons Canada puisse répondre efficacement aux besoins dans nos marchés ruraux.
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Je remercie encore une fois les témoins d'être des nôtres cet après-midi pour alimenter notre réflexion.
J'ai deux minutes et demie, alors je vais tout de suite poser plusieurs questions, auxquelles j'aimerais d'abord entendre les réponses de la représentante du FRAPRU et ensuite celles de M. Ross et de M. Lyall.
Mes questions s'inscrivent à la suite de mes interventions lors de mon premier tour de parole. On sait que le Québec possède déjà une solide expertise en matière de coopératives. Chez moi, en Estrie, les coopératives d'habitation font un travail extraordinaire. Nous avons des modèles. À Racine, il y a La Brunante, une coopérative d'habitation pour aînés. Cette dernière est même allée rencontrer l'Organisation mondiale de la santé pour prouver à quel point son modèle coopératif aidait vraiment les aînés à vieillir en ayant un meilleur état de santé, donc à quel point c'était un beau modèle.
Pourquoi est-ce qu'Ottawa ne financerait pas directement les modèles québécois déjà existants? Ce serait ma première question.
Voici ma deuxième question: quelle proportion des investissements devrait être réservée aux coopératives précisément?
Troisièmement, est-ce que vous craignez qu'une nouvelle structure fédérale ralentisse les projets qui sont prêts à démarrer?
J'aimerais entendre d'abord le point de vue du FRAPRU.
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Ce sont trois questions très intéressantes. Je vais essayer de faire court.
Pour ce qui est du modèle québécois, je pense qu'il faut vraiment toujours se baser sur les besoins du milieu. Donc, si le milieu est mobilisé autour d'une coopérative d'habitation, ça va répondre à un besoin de ce type de milieu de vie, tout comme des organismes sans but lucratif ou des logements à loyer modique répondent à différents besoins.
Selon nous, l'ensemble des investissements devraient aller vers le logement social et communautaire, parce que c'est ce type de logement qui répond véritablement aux besoins à l'heure actuelle, et particulièrement aux besoins des ménages les plus touchés par la crise. Selon nous, ça ne devrait pas être seulement une proportion importante; tout ce qui provient des fonds publics devrait être davantage dirigé vers le logement social et communautaire.
Est-ce que l'agence va permettre de répondre aux besoins? Je pense que ça va vraiment dépendre des cibles qu'elle va se donner, de la définition de l'abordabilité et de la manière dont ces sommes vont véritablement être investies pour répondre rapidement aux besoins. S'il y a effectivement une volonté, nous pensons qu'il est possible de mettre les investissements là où il le faut. Donc, en effet, tout va dépendre des cibles de l'agence et, évidemment, de la manière dont les investissements vont pouvoir être faits rapidement par la suite.
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Toute sorte de facteurs entrent en ligne de compte, dont certains qu'on ne mesure pas très bien. Le logement est un besoin et il est indissociable du bien-être. C'est absolument fondamental.
Le logement est aussi lié à l'investissement. Si on veut attirer des investissements... Eh bien les investisseurs vont s'intéresser à l'endroit où vivent les gens. Quel salaire reçoivent-ils par rapport au coût de leur logement? Le logement constitue la dépense la plus importante que la plupart des gens font dans leur vie, le plus gros achat.
Le logement est à la base de tant d'autres éléments. Les Scandinaves ont une longueur d'avance sur nous en matière de recherche sur le lien entre le logement, la santé et l'éducation. Une étude très intéressante a été menée à Toronto sur la nécessité de rénover les logements existants dans le cadre des projets de logements sociaux. Elle a montré que lorsque l'état des logements se détériore, les coûts de santé grimpent en flèche. Malheureusement, comme cela ne relève pas de la même enveloppe budgétaire, les gens ne font pas le lien. C'est la même chose au niveau fédéral: quel est le lien entre le logement, les soins de santé et l'immigration?
Les trois éléments fondamentaux sont la nourriture, le logement et la sécurité. Ce sont des besoins. Ce sont des besoins concrets pour la plupart des gens, mais on ne considère pas le logement comme un besoin. On le considère généralement — bien que cela varie d'une région à l'autre au pays — comme un désir. Dans un marché du logement sain, le secteur privé doit bien fonctionner, parce qu'il constitue l'essentiel du marché, mais il existe en parallèle des besoins en matière de logement social qui doivent être comblés. Les deux doivent être pris en compte.
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Les investissements précisément dans les logements très abordables avec services de soutien sont essentiels pour répondre aux besoins en logement des personnes qui sont en situation d'itinérance ou qui risquent de le devenir et de celles qui vivent dans un logement précaire.
Pour mettre en contexte l'ensemble des besoins en logement des personnes les moins nanties, les experts de la SCHL estiment que le nombre de logements additionnels dont le Canada aurait besoin pour rétablir l'abordabilité irait de 3,5 millions à 4 millions, mais ce qui est vital, c'est la variété de cette offre. De multiples études et divers organismes consultatifs, notamment le Conseil national du logement, disent tous que le marché privé ne peut pas répondre aux besoins en logement abordable de tous les ménages canadiens. Il faudrait qu'une proportion allant du quart à la moitié des nouveaux logements se compose de logements hors marché, de logements coopératifs, de logements communautaires sans but lucratif et de logements avec services de soutien pour que les loyers soient arrimés aux revenus et protégés à long terme. Il faudrait donc construire environ au moins 1 million de logements hors marché à l'échelle du pays dans la prochaine décennie.
Faute de construire à cette échelle, nous augmenterions peut-être l'offre, mais sans rétablir l'abordabilité pour tous.
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J'aimerais ajouter un peu d'informations à ce que M. Ross a mentionné.
Oui, c'est critique. On le voit à l'heure actuelle alors que l'itinérance est en augmentation dans différentes régions. Cependant, il faut aussi penser à des solutions à long terme. Il est nécessaire d'avoir du logement de transition, mais il faut aussi des solutions pour que, à leur sortie de ces logements, ces gens ne retournent pas non plus en situation d'itinérance.
Donc, oui, c'est crucial, et nous sommes bien contents que, parmi les investissements, des fonds aient été réservés pour ça.
Comme je l'ai dit tout à l'heure, il faut rechercher un équilibre entre différents intérêts, d'où l'utilité d'aller voir ce que d'autres pays font mieux que nous. Je suis allé à Tokyo à quelques reprises. La population de cette ville équivaut à peu près à la population du Canada. J'étais fasciné lorsque j'ai appris que Tokyo n'avait pas connu de crise du logement comme la nôtre et que le logement là‑bas est très bien. C'est assez compliqué. Environ 5 % des logements à Tokyo sont ce que vous appelleriez des logements sociaux.
La question des logements de transition est intéressante. Nous avons d'ailleurs mis en œuvre un projet de logements de transition. J'ai participé à un projet de recherche avec la SCHL, les refuges pour femmes du YMCA et la Schulich School of Business, et oui, nous avons besoin de logements de transition. Comme leur nom le dit, ces logements ne constituent pas une solution permanente, mais leur importance est vitale, particulièrement pour les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale et avec ce qui gravite autour, qui en arrachent et qui auraient besoin d'un logis convenable où ils se sentent chez eux et qui leur permettrait de se refaire une vie. Y a‑t‑il assez de logements de transition? Non. Doit‑on en offrir plus? Oui. L'État a‑t‑il un rôle à jouer? Oui.
À mon avis, si 90 % des logements construits au Canada le sont par le secteur privé, il faut s'assurer que le marché fonctionne bien, ce qui est loin d'être le cas actuellement. Le marché ne fonctionne pas aussi efficacement qu'il le pourrait. Il faut construire, au bout du compte, les logements voulus, peu importe le nombre. Je ne peux pas me prononcer sur ce point en particulier — M. Ross et Mme Lussier s'y connaissent beaucoup plus que moi —, mais assurez-vous d'en tenir compte également. C'est d'une importance vitale.
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Reprenons, chers collègues.
Nous poursuivons les travaux du Comité avec le deuxième groupe de témoins. Je rappelle aux témoins qui viennent de se joindre à nous qu'ils peuvent participer dans la langue officielle de leur choix en sélectionnant le bon canal et en utilisant l'oreillette placée sur le microphone devant eux. S'il y a une interruption de l'interprétation, veuillez me faire signe, et nous suspendrons la séance le temps de corriger le problème.
Nous aurons trois témoins au cours de la prochaine heure. Nous accueillons M. David Wilkes, président et directeur général de la Building Industry and Land Development Association. Nous recevons M. Scott Andison, directeur général de l'Ontario Home Builders' Association. Nous avons aussi M. Sean Baird, président et chef de la direction de la Société de logement communautaire de Toronto.
Chacun de vous aura cinq minutes pour sa déclaration liminaire. Je vous demanderais de respecter le plus possible le temps imparti.
Nous commençons avec M. Wilkes pour cinq minutes.
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Monsieur le président, mesdames et messieurs, merci beaucoup de me donner l'occasion de m'adresser à vous cet après-midi pour vous faire part de la perspective de notre association sur le projet de loi , Loi concernant la constitution de Maisons Canada.
Comme le président l'a mentionné, je m'appelle Dave Wilkes, et je suis président et directeur général de la Building Industry and Land Development Association. La BILD représente les constructeurs et les promoteurs immobiliers et les professionnels de la rénovation dans la région du Grand Toronto et dans le comté de Simcoe. Nous nous occupons aussi en collaboration d'un autre groupe, la Large Urban Centre Alliance, qui est une coalition des principaux promoteurs et constructeurs issus des grandes régions métropolitaines au Canada.
Mes remarques porteront surtout sur Maisons Canada, mais je m'en voudrais de ne pas souligner en premier lieu les annonces récentes du gouvernement fédéral sur le logement — notamment la prolongation d'un programme de remboursement de la TVH en Ontario qui réduit le coût des nouvelles maisons, la conclusion d'un accord bilatéral avec l'Ontario, par l'entremise du Fonds pour bâtir des collectivités fortes, pour abaisser les droits d'aménagement, ainsi que le volet de prestation direct de 6 milliards de dollars. Nous avons hâte de travailler avec le gouvernement pour mettre en œuvre ces changements historiques ailleurs au Canada. Ces étapes sont importantes et nécessaires pour aider l'industrie à vaincre la crise du logement sans précédent que nous traversons.
Pour mettre cette crise en perspective, en 2025, un peu plus de 5 000 nouvelles maisons ont été vendues dans la RGT, le plus bas niveau enregistré depuis 1981, année à laquelle nous avons commencé à tenir des statistiques. Ce déclin de 80 % par rapport à la moyenne de 10 ans se compare aux années faibles de 2024 et de 2023. Cette épidémie, comme nous l'appelons, s'est répandue partout au pays. J'ai remis au greffier un tableau qui montre une diminution des ventes également dans des régions comme Vancouver, Edmonton, Calgary et la région élargie du Golden Horseshoe. Nous sommes heureux que le gouvernement reconnaisse la grande ampleur et le caractère urgent du défi et qu'il se soit engagé à faire partie de la solution.
Maisons Canada est une partie importante d'une stratégie plus vaste consistant à doubler la construction de logements dans la prochaine décennie. Nous nous sommes engagés activement auprès de Maisons Canada depuis sa création. Lorsque le Guide de sondage du marché a été publié en août 2025, l'alliance a fourni la rétroaction suivante, qui est toujours capitale aujourd'hui.
Premièrement, le gouvernement fédéral doit continuer à soutenir toutes les catégories de logements, que ce soit les propriétés privées, les propriétés abordables, les logements locatifs et les logements à occupation mixte. Sans cet équilibre, les cibles de construction de logements au niveau national ne seront pas atteintes.
Il est important de noter que 95 % du parc immobilier au Canada — dans les marchés de la propriété et de la location — se trouve dans le marché privé. Parallèlement aux efforts des gouvernements pour assurer la réussite des initiatives de logement, y compris en accroissant l'offre, il est essentiel de tenir compte du rôle substantiel du secteur privé dans la construction de logements, et de travailler avec ce secteur.
Deuxièmement, Maisons Canada doit mettre en place une approche par portefeuille qui combine les logements sur le marché et les logements abordables pour assurer la viabilité des communautés selon un plan directeur à grande échelle. Nous trouvons encourageant de voir que cette recommandation a été prise en compte dans l'orientation adoptée par Maisons Canada.
L'engagement pris par Maisons Canada à fournir un financement stable à long terme et à faible coût pour soutenir les fournisseurs du secteur privé et du secteur sans but lucratif et pour faire progresser les projets à grande échelle est le modèle de partenariat préconisé depuis longtemps par l'industrie. Nous voyons également des signes précoces de l'adoption de cette approche dans les municipalités, qui font déjà participer Maisons Canada à des stratégies par portefeuille.
Finalement, le rapport récent de Maisons Canada qui présente des recommandations sur l'élargissement de l'offre de logements hors marché présente quelques recommandations clés qui apportent une belle contribution à la conversation. Nous soutenons fermement la recommandation de Maisons Canada d'élargir l'accès à de nouvelles données publiques exhaustives sur le logement afin de procurer une vision claire de l'avenir de la stratégie nationale sur le logement et des engagements de financement à long terme, et de continuer de collaborer avec les provinces et les municipalités afin de réduire les droits d'aménagement, d'investir dans les infrastructures permettant la construction de logements et d'établir des modèles de financement plus prévisibles.
Pour conclure, Maisons Canada fournit une occasion intéressante de renforcer la collaboration entre le gouvernement et l'industrie, d'accroître l'offre de logements et de soutenir la faisabilité. L'expertise et la capacité du secteur privé seront essentielles à l'atteinte de ces objectifs fédéraux en matière de logement.
Merci aux membres du Comité de m'avoir invité à témoigner aujourd'hui. Je suis prêt à participer à la discussion et à répondre aux questions.
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Merci, monsieur le président.
Je m'appelle Scott Andison, et je suis président et directeur général de l'Ontario Home Builders' Association. Je vous remercie de m'avoir invité à parler du projet de loi .
L'Ontario Home Builders' Association est la voix de l'industrie de la construction résidentielle en Ontario depuis 1962. L'Association représente plus de 4 000 entreprises dans le secteur de la construction immobilière, de l'aménagement du territoire, de la rénovation professionnelle et des services professionnels, qui sont réparties en 26 sections locales partout dans la province. Nous défendons les intérêts de nos membres auprès des parties prenantes et des décideurs du gouvernement. Nous fournissons à nos membres des avantages et de la formation et nous encourageons l'innovation et le professionnalisme dans l'ensemble de l'industrie.
En Ontario, la contribution de l'industrie de la construction résidentielle à l'économie ontarienne se traduit par environ 550 000 emplois, 40 milliards de dollars en salaires et 85 milliards de dollars en investissements. L'industrie comprend des milliers de petites et moyennes entreprises dans la construction, la fabrication, les métiers spécialisés et les services. Ces secteurs font partie des plus importants en Ontario sur les plans à la fois économique et social étant donné la crise du logement qui perdure dans la province. Le ralentissement de la construction immobilière ne frappe pas seulement l'industrie du logement; cela entraîne aussi des pertes d'emplois dans les localités, des pertes de revenus pour le gouvernement et la réduction du nombre de maisons où s'épanouissent les familles.
L'industrie de la construction résidentielle en Ontario est sur la corde raide depuis beaucoup trop longtemps. Nous avons des milliers de maisons neuves à la recherche d'un acheteur. La construction de seulement 42 000 maisons sera achevée en Ontario en 2026.
L'Ontario Home Builders' Association et notre plus grande association locale de constructeurs de maisons, la Building Industry and Land Development Association de la RGT — représentée par mon collègue assis à ma droite —, ont commandé une recherche au Groupe Altus qui a révélé que sans intervention du gouvernement, à la fin de la décennie, non seulement le taux de construction de logements pourrait chuter, mais plus de 100 000 emplois pourraient être à risque. En outre, la pénurie de logements pourrait empirer, ce qui réduirait encore plus l'accès à la propriété pour un nombre beaucoup trop élevé de familles partout en Ontario.
Récemment, le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux nous ont bombardés d'annonces sur le logement qui auront à notre avis une incidence démontrable sur la pénurie de logements. Ils se sont engagés notamment à réduire les droits d'aménagement et à lever la TVH pour toutes les nouvelles constructions de maisons en Ontario. Nous sommes fiers d'avoir transmis au gouvernement des informations pour nous assurer que notre industrie reçoive le soutien dont elle a besoin. Puisque notre association représente les constructeurs de logements à l'échelle de la province, nous savons que ce sont les constructeurs, et non pas le gouvernement, qui possèdent l'expertise et les habiletés qui permettront de construire les logements dont la province a besoin.
Au cours de mes deux années à l'Ontario Home Builders' Association, j'ai eu la chance d'aller voir chacune des sections dans la province et de parler avec une bonne partie des membres. J'ai vu leur réalité et j'ai écouté leur point de vue. Je sais d'expérience tout le talent et tout le savoir-faire qu'ils apportent.
Nos membres prennent des terrains, dessinent des plans et construisent les habitations qui font naître des communautés, où vivent, grandissent et s'enracinent les gens. Ils fournissent des logements qui procurent une stabilité, la sécurité et des retombées pour les Canadiens. Nos membres bâtissent quelque chose qui dure pendant des générations. Les maisons qu'ils construisent constituent la fondation des communautés, et elles continuent à servir les familles bien au‑delà du jour où elles prennent possession des clés.
Nous soulignons à gros traits aujourd'hui que le rôle du gouvernement n'est pas de devenir constructeur, mais plutôt donner à ceux qui exécutent déjà ce travail chaque jour les moyens de le faire mieux, de le faire plus vite et à plus grande échelle. Nos membres sont prêts et sont motivés à bâtir les maisons dont ont besoin les Canadiens. Ils ont l'expertise, les effectifs, les chaînes d'approvisionnement et l'expérience nécessaires. Ils ne veulent pas être remplacés; ils veulent être soutenus.
Les gouvernements jouent un rôle critique dans la mise en place des conditions de réussite, mais la construction de logements doit rester entre les mains de ceux qui ont démontré la capacité d'exécuter le travail en question. Le gouvernement doit se concentrer sur ce qu'il fait le mieux: établir des règles claires, cohérentes et prévisibles.
Les constructeurs sont en mesure de remplir les exigences du gouvernement, et ils le feront. Ils respectent le Code du bâtiment de l'Ontario, naviguent dans des processus complexes d'approbation au niveau municipal et se conforment à des cadres réglementaires détaillés à chaque stade des projets. Ce n'est pas une question de volonté ou de capacité; c'en est une de clarté et de cohérence.
Trop souvent, les règlements se superposent, changent ou sont appliqués différemment selon le territoire. Ces conditions entraînent de l'incertitude, des retards et des coûts supplémentaires. Les attentes floues ou modifiées à mi‑parcours ralentissent ou paralysent les projets. Dans un marché où la rapidité d'exécution et la certitude sont critiques, les conséquences de l'incertitude sur l'offre de logements sont tangibles.
La participation significative des constructeurs tôt dans le processus d'établissement des politiques bonifie les résultats. Ce mode opératoire assure que les exigences tiennent compte des conditions sur le terrain et que leur mise en œuvre n'entraîne pas de conséquences non voulues. Cela permet aussi à l'industrie de répondre rapidement et efficacement aux orientations dès qu'elles sont établies. Autrement dit, le gouvernement établit la voie à suivre et l'industrie exécute le travail. En maintenant cet équilibre et en combinant une orientation stratégique claire et l'expertise et la capacité du secteur privé, nous pourrions accroître considérablement l'offre, restaurer la confiance envers le marché et garantir à davantage de Canadiens l'accès à un chez-soi.
Merci. C'est avec plaisir que je répondrai à vos questions.
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Merci, monsieur le président.
Bonjour, mesdames et messieurs les membres du Comité.
Je m'appelle Sean Baird. Je comparais aujourd'hui au nom de la Société de logement communautaire de Toronto, ou SLCT, la plus grande société de logements sociaux au Canada, qui dessert quelque 110 000 résidants répartis dans 60 000 logements locatifs à Toronto. En plus d'être le plus grand fournisseur de logements abordables au pays, nous sommes l'un des plus prolifiques constructeurs de logements abordables au Canada. Nous avons construit plus de 10 000 nouveaux logements abordables, et 10 000 autres sont à venir.
Nous sommes une société de la Ville de Toronto et un important partenaire intergouvernemental du gouvernement fédéral. Le partenariat direct de la SLCT avec le gouvernement du Canada est une pierre angulaire de l'actuelle Stratégie nationale sur le logement.
Depuis 2017, la SLCT a dépensé 3 milliards de dollars pour rénover son parc immobilier, ce qui a été rendu possible grâce aux co‑investissements du gouvernement fédéral et de la Ville de Toronto. Outre notre partenariat d'investissement, le gouvernement du Canada a été un partenaire essentiel dans notre travail de construction de nouveaux logements abordables nets. En mars dernier, le s'est joint à nous lors de l'inauguration des travaux de notre dernier projet immobilier à Regent Park, où il a annoncé une contribution de 86 millions de dollars provenant du Fonds pour le logement abordable.
Nous savons, grâce à notre longue expérience de l'absorption et de la mise en œuvre efficaces des fonds fédéraux, à quoi ressemble une collaboration fructueuse entre les différents ordres de gouvernement. C'est pour cette raison que je suis ravi de dire que nous appuyons Maisons Canada sans réserve.
Nous accueillons favorablement le projet de loi et l'ambition d'augmenter considérablement l'offre de logements en mobilisant des capitaux à grande échelle et en agissant avec célérité, comme l'exige cette crise du logement. Il ne pouvait pas arriver à un meilleur moment, non seulement en raison de cette crise du logement, mais parce que le Canada est confronté à une rupture dans une relation commerciale historiquement stable, ce qui nous a contraints à tracer une nouvelle voie vers la prospérité. Notre pays doit aspirer à l'autosuffisance en misant sur la main-d'œuvre et les industries nationales qui sont le moteur de notre économie.
Devant ces défis, je salue l'intention du gouvernement d'augmenter l'offre de logements sociaux hors marché. Je ne le dis pas par intérêt personnel, mais parce que les données empiriques démontrent que les infrastructures de logements sociaux favorisent la résilience économique, la croissance du PIB et de l'emploi, le fonctionnement amélioré du système de santé et la stabilité des collectivités, autant d'éléments dont notre pays a besoin.
Les logements sociaux, ce n'est pas la charité pour les pauvres. Il s'agit d'infrastructures publiques essentielles et productives qui contribuent à la prospérité économique de tous les Canadiens, et pas seulement aux personnes qui y vivent. Dans cette optique, permettez-moi de soulever trois points importants.
Premièrement, Maisons Canada devrait être capitalisé à l'aide de fonds supplémentaires. Il y a une distinction importante entre le financement sous forme de subvention et sous forme de prêt, et cela peut avoir une incidence sur la capacité de loger des personnes ou non. Nous demandons que Maisons Canada maintienne explicitement un volet de financement direct et non grevé afin que nous puissions construire le type de logements que personne d'autre ne construira. Il est prouvé empiriquement que les logements publics sont des infrastructures publiques productives.
Une récente étude menée par le Canadian Centre for Economic Analysis, à la demande de la Banque Scotia et de divers fournisseurs de logements sociaux de l'Ontario, a permis de quantifier ce que l'on appelle les « retombées du logement social ». Le gouvernement récupère plusieurs fois chaque dollar investi dans la construction ou la rénovation d'infrastructures de logements sociaux, sous diverses formes: augmentation des recettes fiscales; augmentation du PIB, économies et gains d'efficacité dans le système de soins de santé et le système de justice, et une population en meilleure santé qui participe au marché du travail.
Il en va de même pour notre incidence sur les industries canadiennes touchées par les tarifs douaniers. En 2025, avec votre aide, nous avons dépensé environ 500 millions de dollars en main-d'œuvre et matériaux pour les nouvelles constructions et la rénovation des immobilisations. Au cours des cinq dernières années, nous avons acheté près de 105 millions de dollars d'aluminium canadien et de produits du bois canadiens provenant de scieries de partout au pays, de Kitchener, en Ontario, à Saint-Casimir, au Québec. Au total, nos investissements ont créé plus de 20 000 emplois directs et indirects dans le secteur de la construction.
Ce n'est pas fortuit. Les fournisseurs de logements sociaux sont des piliers des chaînes d'approvisionnement nationales. Lorsque vous investissez dans les logements sociaux, vous investissez dans les emplois et l'industrie au Canada. Les logements sociaux ne sont pas un coût à gérer; mais un investissement qui a des retombées positives documentées pour le Trésor public et la société en général.
Deuxièmement, Maisons Canada devrait financer la rénovation des logements sociaux. Il sera toujours moins coûteux d'entretenir les logements existants que d'en construire de nouveaux. Des investissements durables et à long terme nous permettent de protéger le parc de logements sociaux tout en œuvrant à son expansion. Les logements que nous construirons demain n'auront aucune incidence si nous n'arrivons pas à préserver les logements que nous avons déjà aujourd'hui.
Nous ne vous demandons pas d'agir seuls. Grâce aux budgets municipaux, même en période de restrictions budgétaires, nous avons continué à réaliser d'importants investissements dans le logement.
Troisièmement, et c'est le plus important, Maisons Canada devrait continuer d'accorder la priorité aux logements hors marché et aux projets à revenu et occupation mixtes. Nous sommes prêtes, tout comme nos pairs d'un bout à l'autre du pays. Nous avons des terrains, une expertise concrète et des objectifs clairs qui ne sont pas axés sur les profits. Nous construisons des logements parce que c'est dans l'intérêt public, et non parce que la conjoncture du marché s'y prête. Pour la construction et l'entretien de ces logements, nous faisons appel à des travailleurs canadiens et utilisons des matériaux canadiens. Nous gérons ces logements pour le bien public, pas pour loger les plus offrants.
Nous demandons au Comité d'habiliter Maisons Canada à exploiter la pleine portée de son mandat pour faire un investissement générationnel dans des infrastructures de logements sociaux construites par les Canadiens, pour les Canadiens.
Merci. Je répondrai à vos questions avec plaisir.
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Merci, monsieur le président.
Merci à tous les témoins ici présents. Nous vous sommes reconnaissants d'avoir pris le temps de venir nous parler.
Je vais commencer par M. Andison.
Vous avez soulevé de très bons points sur l'importance de ne pas confier au gouvernement le rôle de construire des logements, mais plutôt celui de préparer le terrain et de créer les conditions propices permettant au secteur privé de le faire. Je ne veux aucunement minimiser l'importance des logements publics et sociaux, monsieur Baird. Je sais que c'est un élément très important de l'équation, mais de toute évidence, les logements du marché forment la majeure partie du continuum du logement.
Maisons Canada est censée se concentrer sur les logements hors marché, mais les principaux obstacles à la construction de logements du marché, qui sont une partie importante de ce mélange, sont, en fait, le gouvernement, les taxes, les frais et la bureaucratie. Tous ces éléments ralentissent les choses.
Je me demande si vous pouvez m'aider à comprendre combien d'instances bureaucratiques fédérales chargées du logement sont nécessaires pour régler le problème.
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Nous n'avons pas besoin de bureaucratie supplémentaire pour y arriver. En fait, si l'on prend l'exemple de l'Ontario, qui est la province où la construction résidentielle est la plus réglementée au pays, les droits et taxes du gouvernement représentent en moyenne 30 à 35 % du coût d'une maison neuve. Lorsque l'on aborde l'établissement des prix comme une question de droit, ce n'est pas le cas. Parfois, cela s'apparente davantage à la taxation pour les produits de luxe ou à une taxe sur le vice.
Lorsque le gouvernement crée des conditions propices, nos membres peuvent construire des logements rapidement et à coût abordable, mais ce n'est pas le cas lorsqu'ils doivent absorber d'importantes hausses de taxes, de droits et de frais d'aménagement, et composer avec des retards. En moyenne, les coûts des retards liés au financement, au manque de mobilité de la main-d'œuvre, notamment, sont de 2 600 $ à 5 400 $ par mois, par logement.
Nous faut‑il davantage de bureaucratie gouvernementale pour régler le problème? Non. Ce qu'il faut, c'est une approche claire, concise et cohérente pour permettre aux constructeurs de faire ce qu'ils font bien.
Je vais maintenant m'adresser à M. Wilkes.
J'ai une question liée à Maisons Canada. Dans votre déclaration, vous avez dit être heureux que la province de l'Ontario et le gouvernement du Canada aient travaillé ensemble pour éliminer la TPS sur toutes les maisons neuves de moins de 1 million de dollars. Je pense que M. Andison l'a également mentionné. Évidemment, le gouvernement fédéral n'a pas éliminé la TPS sur toutes les maisons neuves de moins de 1 million de dollars. Il fait un chèque à l'Ontario pour qu'elle puisse offrir la remise, et c'est seulement pour un an.
J'ai quelques points à aborder. Le gouvernement n'a pas éliminé la taxe, ce que nous l'encourageons à faire, et ce n'est que pour un an. Deux des plus importants éléments du marché résidentiel sont la stabilité et le sentiment, pour les acheteurs, d'avoir les moyens d'acheter une maison. L'élimination de la TPS pour une année seulement est-elle suffisante?
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La période d'un an a suscité un sentiment d'urgence sur le marché. En effet, nous avons constaté que l'activité dans les centres de vente de nos membres a connu une hausse spectaculaire depuis le 1
er avril, soit en l'espace de 19 jours, avec une fréquentation multipliée par 10 à 15. Nous constatons une augmentation des ventes et des inscriptions. L'un des défis actuels est le manque de clarté quant aux modalités de l'administration du programme. Nous travaillons activement avec la province et le gouvernement fédéral pour régler cette question.
Je me réjouis du sentiment d'urgence qu'a suscité ce programme, étant donné la baisse historique des ventes que nous avons observée. Le maintien et l'indexation de cet allégement sont les prochaines questions dont il faudra discuter. Vous vous souvenez peut-être que, lors de l'introduction de la TPS, en 1991, il a été convenu d'indexer le montant tous les deux ans. Ce fut deux longues années. Nous sommes enfin arrivés au niveau actuel de 130 000 $, qui reflète l'inflation dans le secteur immobilier au cours des deux dernières décennies.
Pour répondre directement à votre question, je dirais que c'est un bon début pour ramener la clientèle dans les centres de vente. L'objectif a été atteint. L'activité et l'engouement suscités par cette mesure ont démontré que la taxe était un obstacle majeur à l'accès à la propriété. J'attends avec impatience la discussion sur la façon de maintenir cette équité et, à tout le moins, sur son indexation à l'avenir.
J'ai une brève question pour M. Baird, si vous n'y voyez pas d'inconvénient.
Monsieur Baird, la Société de logement communautaire de Toronto compte des milliers de logements, et je sais que les choses — probablement sous votre direction — ont commencé à s'améliorer. Énormément de logements étaient en très mauvais état, et leur rénovation a nécessité des investissements considérables.
Je me demande si vous pouvez nous expliquer très brièvement comment la situation a pu se dégrader à la SLCT. Était‑ce en raison d'un manque d'investissements, d'un manque d'attention?
Je suppose que cela soulève une question simple. Maisons Canada, cette quatrième instance bureaucratique chargée du logement réussira‑t‑elle là où la Société immobilière du Canada ou la SCHL ont échoué pour appuyer le renouvellement des immobilisations de la SLCT?
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Pour ce qui est du logement social, il y a une réponse courte et une réponse longue à cette question.
La réponse courte, c'est que la grande majorité des fournisseurs de logements publics n'ont tout simplement pas eu accès aux fonds de réserve disponibles pour le renouvellement des immobilisations. Le problème le plus complexe, c'est qu'historiquement, les logements sociaux ont presque exclusivement été construits pour des ménages à très faibles revenus.
Ce que nous avons appris ces dernières décennies — et c'est d'ailleurs l'approche privilégiée aujourd'hui dans la construction de logements sociaux —, c'est qu'il faut créer des communautés à revenus mixtes, des communautés qui se financent d'un point de vue économique. Je peux payer 20 % des coûts d'un projet d'entrée de jeu, financer le reste et payer la totalité des coûts du projet en demandant un loyer suffisant, mais légèrement en deçà des loyers du marché pour ces logements. Ce n'est pas l'approche que nous avons adoptée dans les années 1950, 1960 et 1970, malheureusement, et nous devons composer avec une partie de cet héritage.
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Je remercie également les témoins d'être avec nous en personne cet après-midi pour cette conversation.
[Traduction]
Pour commencer, je vais reprendre ce que j'ai dit avec le groupe de témoins précédent. Nous essayons de lutter contre la crise du logement depuis 2017 avec la Stratégie nationale sur le logement. Nous avons mis en place de nombreux programmes pour construire des logements du marché et des logements hors marché. Nous n'avons pas réussi à progresser du côté du logement hors marché: nous avons toujours le plus petit parc de logements hors marché. Je comprends, d'après les propos de mon collègue, que les logements du marché sont importants, mais les logements hors marché le sont tout autant, et cela aura une incidence sur les logements du marché.
Je veux comprendre cela, et je vais peut-être commencer par M. Baird, très brièvement, car j'ai beaucoup de questions. Convenez-vous que ce que nous avons fait auparavant n'a pas donné les résultats escomptés? Cela a donné beaucoup de résultats. Nous avons construit des centaines de milliers de logements grâce aux programmes de la SCHL, mais nous devons en faire plus.
Nous devons faire autre chose si nous voulons rendre les logements abordables pour les personnes qui souhaitent les louer, les acheter et y vivre. Maisons Canada, un organisme qui se consacre à ces objectifs avec la panoplie d'outils de financement à sa disposition et qui stimule la modernisation de l'industrie, est quelque chose que nous devrions essayer.
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Merci, monsieur le président.
Je remercie les témoins d'être avec nous.
Au Comité, nous cherchons tous à trouver une solution au manque de logement, dont nous entendons parler un peu partout. Évidemment, j'en entends même parler chez moi, dans Shefford. C'est une réalité que nous vivons.
Monsieur Baird, on parle de trouver des solutions. Est-ce qu'il faudrait prioriser le logement social plutôt que d'avoir seulement l'offre privée?
Par ailleurs, comment peut-on éviter que les grandes villes accaparent les fonds? Dans ma circonscription, Shefford, de petites municipalités plus rurales ont des projets et se posent des questions. Elles se demandent si elles vont avoir leur part.
Aussi, quels résultats concrets devraient être exigés? Est-ce qu'il est question du nombre de logements, de la baisse des loyers ou de listes d'attentes? Comment pourrait-on mesurer des résultats concrets?
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Je vous confirme, monsieur Baird, que je vous posais la question en sachant que vous étiez de Toronto. Cependant, je vous confirme aussi que la réalité du logement et la question de l'itinérance touchent même des endroits comme Granby, dans la circonscription de Shefford, qui est une ville d'importance au Québec. Ce n'est peut-être pas aussi marqué qu'à Toronto, mais elle aussi a ses problèmes d'itinérance. Des municipalités comme Racine, bien qu'elles soient de plus petite taille, ont quand même des besoins et des demandes en matière de logement social et communautaire. D'ailleurs, on retrouve à Racine un magnifique modèle d'organisme sans but lucratif de logement pour les aînés.
Donc, même dans de plus petites communautés, il y a des besoins. C'est pour ça que je vous posais la question. On devra s'assurer d'y répondre. Peut-être que c'est le Québec, finalement, qui connaît le mieux les besoins et les réalités des milieux plus ruraux et qui a un meilleur point de vue de l'ensemble du territoire. Ce sera intéressant de surveiller ça.
Monsieur Wilkes, c'est à vous que s'adresseront mes prochaines questions.
Vous avez beaucoup parlé de prévisibilité dans vos commentaires d'ouverture. Ce que les constructeurs demandent, finalement, c'est de la prévisibilité. Est-ce que Maisons Canada répond à ce besoin de prévisibilité? Vous en avez parlé un peu, mais j'aimerais que vous en parliez davantage. Je vous donne l'occasion d'ajouter des éléments que vous avez peut-être oublié de mentionner.
Combien de temps pensez-vous que ça vous permettra réellement de gagner pour les mises en chantier?
Finalement, vous en avez parlé un peu aussi, mais j'aimerais que vous nous disiez plus en détail s'il ne vaudrait pas mieux réduire les obstacles réglementaires.
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Le plus important, comme M. Wilkes l'a mentionné, est le délai d'approbation de la part des municipalités.
Le deuxième est le coût élevé des infrastructures municipales. De nombreuses municipalités doivent payer des coûts élevés pour leurs infrastructures d'approvisionnement en eau et de traitement des eaux. Les sommes provenant des gouvernements fédéral et provinciaux vont beaucoup aider. Le partage des coûts de 8,8 milliards de dollars entre le gouvernement fédéral et le gouvernement de l'Ontario contribuera à réduire la facture, mais c'est une goutte d'eau dans l'océan par rapport au montant nécessaire.
Trois obstacles considérables nous nuisent: les retards dans les approbations municipales, le coût des infrastructures et la main-d'œuvre. Bien honnêtement, étant donné le ralentissement économique, un grand nombre de travailleurs, en particulier dans les métiers spécialisés, a quitté l'industrie. Il faudra être patients pour récupérer des travailleurs et les former, ce qui entraînera des coûts.
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Ce que je retiens des propos entendus, c'est que c'est bien d'avoir des projets de logement, mais on pellette par la suite une partie de la responsabilité vers les villes, à leur détriment. Au Québec, par exemple, il y a eu des retards dans l'entente sur les projets d'infrastructure visant à soutenir les projets de logement. Je remercie les témoins d'avoir rappelé à quel point c'est crucial, mais je rappelle aussi que ce sont les villes qui connaissent le mieux leurs réalités et leurs besoins en matière de logement et qui savent jusqu'où elles peuvent aller. Cependant, elles ont besoin d'être accompagnées, non seulement pour le logement, mais aussi pour les infrastructures. Je tenais à le rappeler.
Pour terminer mon dernier tour de parole, je vais me tourner vers M. Andison.
Finalement, le principal coût de la construction est-il plutôt lié à la fiscalité ou aux terrains? Est-ce que les provinces devraient conserver la pleine maîtrise des solutions en habitation? De toute façon, ce qu'on comprend de l'entente, c'est que le Québec va avoir le dernier mot.
La préfabrication pourrait réduire rapidement les coûts. Dans ma circonscription, à Saint‑Anne‑de‑la‑Rochelle, il y a l'entreprise Les Industries Bonneville, qui a de beaux modèles de maisons préfabriquées.
J'aimerais connaître votre opinion sur ces questions. Il vous reste environ une minute pour m'en faire part.