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Bonjour, chers collègues.
[Français]
J'ouvre maintenant la séance.
[Traduction]
Bienvenue à la 16 e réunion du Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées. Conformément aux motions adoptées le 18 septembre 2025, le Comité se réunit pour étudier, pendant la première heure, le mandat gouvernemental et les priorités principales, et pendant la deuxième heure, la définition du terme « travail » et l'usage de l'article 107 dans le Code canadien du travail.
La séance d'aujourd'hui se déroule sous forme hybride. Certaines personnes sont présentes dans la salle et d'autres participent à distance à l'aide de l'application Zoom. Avant de commencer, je tiens à confirmer au Comité que les témoins qui comparaissent virtuellement ont fait l'objet d'un test audio et ont été approuvés. De plus, les participants à cette réunion peuvent participer dans la langue officielle de leur choix. Veuillez vous familiariser avec le service d'interprétation dans la salle. Assurez-vous de choisir la langue officielle dans laquelle vous souhaitez participer. Pour les personnes qui participent à distance, cliquez sur l'icône du globe au bas de votre Surface pour choisir la langue désirée. En cas de problème d'interprétation, veuillez attirer mon attention. Nous suspendrons la séance le temps de régler le problème. J'aimerais également rappeler aux députés de mettre leurs appareils en sourdine et de s'abstenir de toucher la tige du microphone afin de protéger nos interprètes. De plus, veuillez poser toutes vos questions par l'intermédiaire de la présidence et attendre que je vous nomme avant de prendre la parole.
Avant de commencer, j'aimerais aborder un point d'ordre administratif, soit l'adoption du budget de 38 650 $ pour la partie de cette étude qui porte sur les travailleurs étrangers temporaires. Sommes-nous d'accord? Si nous n'avons pas le budget, nous n'aurons pas d'étude sur le Programme des travailleurs étrangers temporaires.
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Merci beaucoup, monsieur le président. Je sais qu'il y a un comité beaucoup plus intéressant en cours, et je remercie donc tout le monde d'être ici aujourd'hui.
J'aimerais remercier la sous-ministre Hassan et Mme Colette Kaminsky de m'accompagner aujourd'hui.
Notre nouveau gouvernement a pour mission de renforcer les compétences des travailleurs canadiens et d'assurer la réussite économique du pays. C'est donc un honneur et un privilège pour moi d'être ici aujourd'hui pour souligner les nombreuses mesures que nous prenons en ce sens. C'est la première fois que je comparais devant ce comité. Je prends au sérieux les responsabilités qui m'incombent à titre de secrétaire d'État au Travail. Je suis également fier de représenter la circonscription d'Etobicoke-Nord, parce qu'il n'y a rien de plus important pour moi que de veiller à ce que la voix et les préoccupations des travailleurs canadiens soient entendues.
Mon travail consiste à écouter les Canadiens. Au fil des semaines et des mois, dans le cadre de mes discussions avec eux, les syndicats, les employeurs et les travailleurs ont souvent exprimé les mêmes préoccupations. La principale est la sécurité d'emploi dans le contexte des droits de douane. Nous sommes à l'écoute. Nous travaillons fort pour réduire les répercussions, et nous avons un solide filet de sécurité sociale pour ceux qui se retrouvent sans emploi. Nous aidons les travailleurs à surmonter les interruptions de travail grâce à l'assurance-emploi et au Programme de travail partagé. Nous travaillons avec les provinces et les territoires pour éviter ces situations et créer l'économie du G7 à la croissance la plus rapide.
La Loi sur l'économie canadienne est l'un des outils dont nous disposons pour y parvenir. Elle permet d'éliminer les obstacles fédéraux au commerce interprovincial et à la mobilité de la main-d'œuvre. Nous travaillons en collaboration avec les gouvernements provinciaux et territoriaux pour faciliter la mobilité des travailleurs dans les professions réglementées, afin qu'ils puissent occuper plus rapidement les postes disponibles n'importe où au Canada. Hier, j'ai présenté au Comité du commerce intérieur, auquel participent toutes les provinces, une mise à jour sur l'état d'avancement du plan de mobilité de la main-d'œuvre. Nous avons convenu de modifier la réglementation pour respecter une norme de service de 30 jours et de réduire les lourdeurs administratives onéreuses liées à la mobilité de la main-d'œuvre. Certes, il reste du travail à faire, mais il y a des progrès.
Aider les travailleurs canadiens à traverser cette période de turbulence est notre priorité absolue. Nous faisons face à cette situation avec force et conviction. Nous protégeons nos collectivités, nous habilitons les familles et nous investissons dans le Canada. Nous défendons l'avenir du Canada et les travailleurs qui le bâtissent chaque jour. Notre plan consiste à outiller la nouvelle génération de travailleurs canadiens, et le budget de 2025 occupe une place centrale dans ce plan. Nous ne pouvons pas contrôler ce que font les autres pays, alors nous nous concentrons sur ce que nous pouvons contrôler. Nous allons bâtir. Nous allons construire des logements. Nous allons construire des lignes de transport d'électricité pour alimenter l'intelligence artificielle et le Nord. Nous allons construire des ports, des chemins de fer et des ponts pour transporter les minéraux critiques. Nous construirons à l'échelle locale, ainsi qu'à l'échelle nationale.
Cependant, on ne peut pas créer l'économie la plus forte du G7 sans renforcer la main-d'œuvre spécialisée du Canada. Voilà pourquoi nous investissons près de 1 milliard de dollars par année dans le soutien à l'apprentissage afin de rendre plus accessibles les programmes d'apprentissage de métiers. Nous le faisons au moyen de prêts, de financement de projets, de crédits et de déductions d'impôt, et de prestations d'assurance-emploi. Nous appuyons également la formation en apprentissage, notamment par l'intermédiaire du Programme pour la formation et l'innovation en milieu syndical. Le budget de 2025 double d'ailleurs le financement du programme, auquel seront alloués 75 millions de dollars sur trois ans. Cet investissement permettra de rehausser la qualité des programmes d'apprentissage dans les métiers désignés Sceau rouge. Il contribuera à stimuler la croissance économique et à faire en sorte que les chantiers disposent d'une main-d'œuvre canadienne qualifiée pour bâtir l'avenir du Canada.
Ces chantiers devront être des endroits sécuritaires où l'on respecte tous les travailleurs, car nous croyons que les droits des travailleurs sont des droits de la personne. L'amélioration des conditions de travail va de pair avec une économie canadienne forte et agile. Nous bâtissons un avenir où chaque travailleur est respecté, protégé et habilité, mais nous devons mieux comprendre les défis auxquels les travailleurs sont confrontés. Nous ne limitons pas ces efforts à notre pays. Nous faisons la promotion des droits des travailleurs auprès de nos partenaires commerciaux à l'étranger en finançant des organismes crédibles comme l'Organisation internationale du travail. Nous continuerons d'établir la norme en matière de droits des travailleurs partout dans le monde, parce que chaque travailleur mérite un milieu de travail juste, sécuritaire et équitable.
Il s'agit d'une période critique pour les travailleurs canadiens. Nous avons mis en place des programmes et des politiques pour les aider à réussir. Cependant, ce ne sont pas que des politiques, mais des promesses. Il s'agit de promesses à tous les travailleurs canadiens qu'ils peuvent compter sur le soutien du gouvernement fédéral.
Merci. C'est avec plaisir que je répondrai à vos questions.
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Merci, monsieur le président.
Par l'intermédiaire de la présidence, bienvenue, monsieur le secrétaire. Merci d'être venu aujourd'hui.
Jusqu'aux dernières élections, j'étais une travailleuse syndiquée au provincial. J'étais éducatrice. Je sais que la ligne est mince lorsque l'on travaille avec les syndicats et au sein du gouvernement. Donc, je respecte cela.
Dans votre déclaration, vous avez parlé des mesures du budget de 2025 qui concernent les syndicats, les gens de métier et les travailleurs qualifiés. Plus tôt, j'ai prononcé un discours qui portait sur le budget et la nécessité d'appuyer nos syndicats et nos travailleurs qui contribuent à la réalisation de ces projets d'édification nationale. Je me demande si vous pourriez expliquer en quoi les investissements dans les travailleurs, en particulier le Programme pour la formation et l'innovation en milieu syndical, sont essentiels à l'atteinte des objectifs généraux du Canada en matière d'économie et d'infrastructures.
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Merci beaucoup de cette question.
J'aimerais profiter de l'occasion pour souligner que notre budget de 2025 accorde la priorité aux travailleurs. Chaque partie de ce budget vise à outiller les Canadiens, et en particulier les travailleurs, pour l'économie que nous essayons d'édifier. Il s'agit essentiellement de bâtir une économie plus forte en investissant dans les Canadiens. Nous faisons le plus important investissement dans nos infrastructures de l'histoire du Canada et nous l'associons à un financement sans précédent pour le logement et le perfectionnement de la main-d'œuvre. Cela signifie plus d'emplois, plus de formation en apprentissage et plus de possibilités pour chaque région.
Vous n'avez pas à me croire sur parole. Permettez-moi de vous lire ce que les Syndicats des métiers de la construction du Canada avaient à dire au sujet de ce budget: « Le budget de 2025 entraîne des gains énormes pour les membres des Syndicats des métiers de la construction du Canada, y compris 50 milliards de dollars d'investissements dans les infrastructures locales, 75 millions de dollars au cours des trois prochaines années au titre du Programme pour la formation et l'innovation en milieu syndical, les nouveaux crédits d'impôt à l'investissement dans l'économie propre [...] et la mise en place d'ententes sur les avantages communautaires en matière d'emploi ».
On poursuit ainsi: « Les Syndicats des métiers de la construction du Canada sont reconnaissants envers tous les parlementaires qui ont appuyé le budget fédéral et agi dans l'intérêt supérieur de tous les Canadiens. Nous sommes prêts à travailler avec le gouvernement fédéral, l'industrie et les partenaires syndicaux pour donner suite aux engagements pris. »
Monsieur le président, si vous me le permettez, j'aimerais lire une autre citation importante de la section de l'Ouest canadien de l'Union internationale des travailleurs d'Amérique du Nord, qui dit: « Nous appuyons le budget 2025 du gouvernement fédéral libéral pour bâtir un Canada fort. Le budget de 2025 va dans le sens des grandes priorités de notre syndicat, avec notamment le nouveau Fonds pour bâtir des collectivités fortes qui, de concert avec le Bureau des grands projets, se traduira par des milliers d'emplois syndiqués bien rémunérés dans tout l'Ouest canadien, ce qui profitera aux collectivités locales, aux peuples autochtones et aux femmes dans l'industrie de la construction. »
On peut lire plus loin: « Nous saluons également la réduction d'impôt pour la classe moyenne ainsi que les nouveaux fonds importants pour les infrastructures dans l'Arctique, l'exploitation des minéraux critiques, les infrastructures portuaires et ferroviaires, la construction de logements abordables et le développement des énergies propres et renouvelables [...] Enfin, le budget de 2025 garantira des inspections de conformité plus complètes et plus efficaces dans le cadre du Programme de mobilité internationale, alors que nous continuons de réclamer l'interdiction du recours à ce programme dans l'industrie de la construction. »
Et on conclut ainsi: « Nous appuyons le budget de 2025 et nous sommes impatients de faire notre part pour bâtir ensemble un Canada fort. »
Je tiens à attirer l'attention du Comité sur l'enquête concernant la situation à Air Canada. Je pense qu'il est important que le Comité reconnaisse que le Code canadien du travail relève de la . Je sais que la ministre comparaîtra devant le Comité au cours des prochaines semaines, alors il est important de noter qu'elle aura des décisions à prendre au sujet du Code du travail.
En ce qui concerne Air Canada, aucun travail ne devrait être non rémunéré. La a ordonné une enquête à ce sujet. Je ne vais pas préjuger des résultats de cette enquête. Ils seront connus d'ici la fin de l'année. Voici maintenant ce que je voulais dire pour conclure.
Le budget de 2025 est un investissement dans les travailleurs et dans notre économie. Nous constatons un élan positif au sein de notre économie avec 60 000 emplois créés en septembre et 67 000 autres en octobre. Les salaires ont augmenté de 3,5 %. L'inflation se situe maintenant dans la fourchette cible de la Banque du Canada. Le dernier budget comprend le plus important investissement dans l'infrastructure de l'histoire du Canada; une hausse de rémunération bien méritée pour nos militaires et des investissements majeurs dans les dépenses en matière de défense; des outils qui rendront notre économie plus concurrentielle; la superdéduction à la productivité, qui permettra à nos entreprises de faire les investissements nécessaires pour mieux s'équiper; une réduction d'impôt qui profitera à 22 millions de Canadiens; un programme national d'alimentation en milieu scolaire; un crédit d'impôt pour les préposés aux services de soutien à la personne, un investissement indispensable dans ceux et celles qui prennent soin de nos aînés; et l'ajout de 1 000 membres de la GRC et de 1 000 gardes-frontières.
Les conservateurs ont voté contre toutes ces mesures.
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Merci, monsieur le président.
Je remercie le secrétaire d'État d'être parmi nous aujourd'hui pour répondre à nos questions.
J'aurais déjà une demande à formuler au secrétaire d'État: j'aimerais recevoir un document décrivant son mandat. Il est ici aujourd'hui pour nous parler de son mandat, mais nous savons très bien que a fait une entorse à la tradition en ne donnant pas de lettres de mandat distinctes à chacun des secrétaires d'État et des ministres. Il s'agit plutôt d'une seule et unique lettre de mandat qui s'adresse à tous. Alors, j'aimerais qu'il nous fournisse, si possible, un document décrivant son mandat pour la présente législature.
Cela dit, j'ai bien aimé entendre le secrétaire d'État dire, tout à l'heure, que son gouvernement devait soutenir les travailleurs. Je l'espère. J'ose croire que les gouvernements sont là pour soutenir les travailleurs. J'ai quand même quelques bémols à mettre, et j'aimerais que le secrétaire d'État revienne sur chacun des éléments suivants.
D'un côté, le plus récent budget prévoit l'abolition de 40 000 postes dans la fonction publique. De l'autre, depuis la semaine dernière, on se gargarise de propos disant qu'il y aura création d'emplois.
Alors, j'aimerais poser au secrétaire d'État la question même que se pose le SCFP, soit le Syndicat canadien de la fonction publique: comment arrive-t-on à créer des emplois alors même qu'on en supprime?
Par ailleurs, je n'ose même pas imaginer quels services à la population seront abolis, en plus de la suppression d'emplois syndiqués et intéressants à différents endroits au Canada, y compris dans les régions.
J'aurais aussi une question concernant Postes Canada. J'aimerais parler non seulement des suppressions de postes qui peuvent y être envisagées, étant donné le mandat donné par M. Carney, mais aussi de la question de Purolator. Le gouvernement libéral s'est également gargarisé du fait d'avoir fait adopter une loi anti-briseurs de grève. Toutefois, la situation de Postes Canada en lien avec Purolator pourrait s'apparenter à une situation où on aurait recours à des briseurs de grève pour effectuer le travail, ce qui contreviendrait à cette loi. C'est ce que je perçois, mais j'aimerais connaître l'avis du secrétaire d'État sur la question.
Je vous soumets rapidement mes trois prochaines questions.
Vous avez parlé de l'assurance-emploi, mais, en fait, absolument rien dans ce budget n'indique que le gouvernement fédéral procédera à une réforme de l'assurance-emploi. C'est comme si on disait aux travailleurs de ma région, la Côte‑Nord, de même qu'à ceux de toutes les autres régions forestières, qu'ils devraient suivre une formation dans un nouveau domaine et que, en attendant de trouver un nouveau travail, ils devraient profiter de l'assurance-emploi, puisque c'est à ça que ça sert. En d'autres mots, on leur dit qu'ils perdront leur emploi, mais que, dans le pire des cas, ils pourront suivre une nouvelle formation pendant un bout de temps pour ensuite aller travailler dans un autre secteur. Or, ça ne fonctionne pas nécessairement pour tous.
Alors, j'aimerais que vous nous parliez du soutien que vous apportez au secteur de la foresterie. Si vous n'avez pas le temps d'en parler pendant la réunion du Comité, je vous convie à nous transmettre votre réponse par écrit.
Pour ce qui est de l'article 107 du Code canadien du travail, nous en avons parlé abondamment, mais j'aimerais que vous expliquiez ce que vous pensez faire à ce sujet. Non seulement les occurrences sont nombreuses, mais y avoir recours est devenu chose fréquente. En effet, comme nous l'avons dit lors de la dernière rencontre du Comité, le gouvernement libéral a de plus en plus souvent recours à l'article 107. Ce n'est donc plus une pratique rare.
J'aimerais connaître votre avis sur le recours à l'article 107. Pour ma part, j'ai l'impression qu'une espèce de tradition s'installe. Je sais que la fait également partie de l'équation, évidemment, mais j'aimerais savoir ce que vous en pensez.
Enfin, j'aimerais soulever la question des retraites. Non seulement il est question de réduire de 15 % le budget de Service correctionnel Canada, mais vous avez aussi décidé de réduire les retraites. Je suis étonnée de voir qu'un secrétaire d'État responsable du Travail, qui dit vouloir appuyer les travailleurs, décide de réduire ce qui constitue un salaire négocié. En effet, le revenu touché à la retraite est un salaire qui a été négocié. Dans ce cas-ci, en décidant de réduire un salaire négocié, on contrevient à une disposition salariale qui a été librement négociée.
Comme vous pouvez le voir, je vous ai soumis une demande et plusieurs questions. Permettez-moi de les résumer.
Au départ, en ce qui concerne la lettre de mandat, je vous ai demandé de nous transmettre par écrit vos objectifs de mandat. Nous sommes plus de six mois après votre nomination à titre de secrétaire d'État responsable du Travail, alors j'aimerais obtenir des précisions sur votre mandat.
Ensuite, je suis arrivée à vous poser des questions sur cinq sujets différents. Je sais que ça fait beaucoup d'éléments abordés en même temps, mais j'avais vraiment hâte de vous parler. Je suis très heureuse que vous puissiez répondre à mes questions, monsieur le secrétaire d'État, alors je me tais et je vous laisse le reste de mon temps de parole pour y répondre.
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En effet, il y a beaucoup d'éléments dans vos questions. Je suis désolé, mon français est pauvre, alors je vais vous répondre en anglais, pour que ce soit plus clair.
[Traduction]
J'ai pris note de votre demande de fournir certaines de ces réponses par écrit. Nous le ferons pour vous, car il y a beaucoup de sujets à aborder, et il me reste probablement moins d'une minute pour vous répondre.
Permettez-moi d'être clair à propos de mon mandat. Nous nous efforçons de bâtir un Canada plus fort avec des travailleurs qualifiés qui utilisent de l'acier, du bois d'œuvre et de l'aluminium canadiens. Mon mandat consiste à aider la en faisant en sorte que les milieux de travail soient sûrs, équitables et inclusifs tout en améliorant les relations de travail dans les secteurs sous réglementation fédérale.
Mon travail s'articule autour de trois grands objectifs: améliorer la mobilité de la main-d'œuvre pour bâtir une économie pancanadienne; offrir une plus large gamme de parcours de formation et d'apprentissage; et réduire les coûts, améliorer la qualité de vie et soutenir une économie plus résiliente en veillant à ce que les travailleurs puissent prospérer dans les emplois d'aujourd'hui et de demain.
Je vais peut-être laisser la parole un instant...
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Merci, monsieur le président.
Merci, monsieur le secrétaire d'État, d'être ici aujourd'hui.
L'une des priorités établie par le dans sa lettre de mandat du printemps était de: « Bâtir une seule économie canadienne unifiée en éliminant les obstacles au commerce interprovincial et en définissant et accélérant les projets d’intérêt national qui créent des liens entre nos communautés et transforment notre pays ».
En juin dernier, le gouvernement a adopté le projet de loi , édictant la Loi sur le libre-échange et la mobilité de la main-d'œuvre au Canada et la Loi visant à bâtir le Canada. Pour accroître la mobilité de la main-d'œuvre et bâtir le Canada, il est notamment essentiel d'harmoniser les normes de sécurité dans le secteur de la construction. À titre de vice-président de la section locale 2085 du Manitoba de la Fraternité internationale des ouvriers en électricité, je me suis fait de nombreux amis qui ont accepté des emplois dans d'autres provinces, comme l'Ontario, ce qui n'est pas chose facile parce que les cours en matière de sécurité ne sont pas reconnus à l'échelle interprovinciale. Par exemple, les certificats pour le travail en hauteur ou l'utilisation d'un chariot élévateur à nacelle sont délivrés par les différentes instances régionales. C'est fou, parce que tout l'équipement est le même. Les harnais sont les mêmes, et c'est la même chose pour les chariots. Ce n'est qu'un exemple parmi bien d'autres.
Qu'a‑t‑on fait jusqu'à maintenant pour harmoniser les certifications interprovinciales en matière de sécurité dans la construction?
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Je remercie le député de son intervention. Je pense que c'est une très bonne question.
La mobilité de la main-d'œuvre est essentielle au développement de notre économie, surtout pour la construction de logements et la réalisation de grands projets.
Je dois dire, sur une note plus personnelle, que votre ancien syndicat contribue grandement à l'économie et à la bonne marche de notre pays. Alors je vous remercie du travail que vous avez accompli, et je vous suis reconnaissant de le poursuivre maintenant à titre de député.
La mobilité de la main-d'œuvre est essentielle à notre croissance économique. Comme vous l'avez souligné, les travailleurs qualifiés doivent toujours composer avec certains obstacles lorsqu'ils se déplacent d'une province à l'autre. Hier, j'ai pris la parole devant le comité du commerce intérieur lorsque nous avons présenté notre plan de collaboration avec les ministres du Travail de tout le pays.
Je vais peut-être céder la parole un instant à la sous-ministre Hassan, qui pourra vous en dire un peu plus sur les aspects techniques de l'harmonisation de la réglementation en matière de sécurité. C'est certes un élément que j'estime primordial, et je serais heureux de nous voir travailler ensemble pour faire avancer les choses, parce que je pense que c'est essentiel pour bâtir une économie canadienne qui sera meilleure pour les travailleurs.
Madame Hassan, nous vous écoutons.
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Monsieur le secrétaire d'État, merci d'être avec nous cet après-midi. Je vous remercie aussi de tout le travail que vous faites.
Je vous remercie tout particulièrement de vos efforts déployés afin de vous assurer que le budget de 2025 contiendrait de vraies mesures, des mesures concrètes, pour aider la force de travail au Canada. Je pense surtout aux métiers spécialisés dont nous aurons vraiment besoin dans les prochains mois et les prochaines années pour réussir à mettre en œuvre notre plan.
Étant donné mon rôle de secrétaire parlementaire du , je suis très bien informée des besoins actuels dans le domaine de la construction et du manque de main-d'œuvre à combler pour réaliser les projets du gouvernement.
Pourriez-vous nous expliquer comment l'élargissement des programmes de stages et des programmes de formation appuiera notre objectif de doubler la construction de logements afin de bâtir un Canada fort?
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Merci beaucoup de la question.
La formation en apprentissage est essentielle à la croissance du Canada, surtout pour la construction de logements et les grands projets, comme vous l'avez mentionné. Le gouvernement fédéral joue un rôle clé en offrant du financement et du soutien. Chaque année, nous investissons 1 milliard de dollars sous forme de subventions, de prêts, de crédits d'impôt et de mesures de soutien comme la déduction pour la mobilité de la main-d'œuvre. Nous constatons une forte croissance, notamment chez les femmes, dans les métiers désignés Sceau rouge, avec 593 000 nouveaux emplois prévus au cours des 10 prochaines années. Nous travaillons avec les provinces, les employeurs et les syndicats pour bonifier nos parcours d'apprentissage et veiller à ce que les apprentis puissent commencer, poursuivre et terminer leur formation.
Je vais demander à Mme Kaminsky de vous parler de certaines des mesures de soutien offertes aux apprentis.
Je vous cède la parole.
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Merci, monsieur le président.
Encore une fois, je remercie le secrétaire d'État d'être parmi nous.
J'ai mentionné la lettre de mandat. Vous avez parlé de bâtir un Canada fort par l'entremise du budget. De façon plus concrète, j'aimerais savoir quels sont vos cinq objectifs à vous. M. Carney vous a laissé une relative liberté d'action, et c'est peut-être la raison pour laquelle vous n'avez pas de lettre de mandat très précise. Quoi qu'il en soit, vous êtes en poste depuis six mois, alors j'imagine que vous savez très bien quels sont vos cinq principaux objectifs. Je vous serais reconnaissante de m'en faire part.
Que souhaiteriez-vous avoir accompli au bout des quatre années de votre mandat, s'il s'étend jusque-là, bien entendu? Je comprends que vous voulez bâtir un Canada fort, mais ça demeure abstrait pour moi. Concrètement, quels sont vos objectifs? Vous pouvez n'en avoir que trois, aussi. S'ils représentent un travail immense, ça peut être suffisant.
:
Merci, monsieur le président.
Je ne vais pas couper la parole aux témoins.
J'aimerais faire une petite rétrospective.
En 2011, il y a eu des conflits de travail à Air Canada et à Postes Canada. Tout le monde ici, autour de la table, se souvient que M. Harper a alors fait adopter une loi qui a forcé les travailleurs à retourner au travail. À la différence de la loi que M. Harper a fait adopter, le recours à l'article 107 du Code canadien du travail permet au ministre de mettre en place un arbitrage, pour que le syndicat et les travailleurs trouvent un accord digne, dans le respect du Code canadien du travail. C'est une démarche complètement différente de ce qu'on a vu en 2011.
Monsieur le secrétaire d'État, est-ce que vous pouvez nous expliquer plus en profondeur la différence entre le recours à l'article 107 du Code canadien du travail et le comportement de M. Harper en 2011?
:
Je m'excuse de vous interrompre, madame Kaminsky.
Monsieur le secrétaire d'État, vous n'avez pas répondu à ma question. Je voulais savoir quels étaient vos objectifs à vous, mais vous employez encore le mot « notre » et vous parlez d'un programme en particulier, dont nous avons déjà parlé, d'ailleurs.
Je vais plutôt aborder avec vous la question des travailleurs forestiers.
Que souhaitez-vous faire à partir de maintenant? On sait qu'il y a une urgence dans nos communautés. a dit que les gens allaient peut-être devoir se recycler dans d'autres emplois.
Que pensez-vous de sa formule ou de cette assertion? Que pensez-vous que l'on devrait faire?
Si vous n'avez pas assez de temps pour répondre à la question tout de suite, vous pourrez nous fournir votre réponse par écrit.
Merci, monsieur le secrétaire d'État.
:
Je vais demander aux témoins de prendre place, s'il vous plaît, alors que nous entamons la deuxième heure de la réunion d'aujourd'hui.
Cette deuxième heure portera sur la définition du terme « travail » et l’usage de l’article 107 dans le Code canadien du travail.
Nous recevons des témoins, mais avant cela, je rappelle à tout le monde que vous pouvez participer dans la langue officielle de votre choix. Veuillez me signaler toute interruption de l'interprétation. Nous suspendrons la séance le temps de corriger le problème.
Veuillez adresser toutes vos questions à la présidence et attendre que je vous donne la parole avant d'intervenir. De plus, pour protéger les interprètes, veuillez vous abstenir de frapper la tige du micro. Si vous avez des appareils électroniques avec vous, veuillez les mettre en mode silencieux afin qu'ils ne sonnent pas pendant la réunion.
Aujourd'hui, pendant cette heure, nous accueillons trois groupes. De l'Air Line Pilots Association, International, nous accueillons le commandant de bord Tim Perry, président, ALPA Canada. De la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, nous accueillons Jasmin Guénette, vice-président, Affaires nationales, et Christina Santini, directrice, Affaires nationales. De la Halifax Longshoremen's Association, nous accueillons Kevin Piper, président et agent commercial.
Chaque groupe disposera de cinq minutes. Lorsque vous en serez à cinq minutes, je vous remercierai, et je vous prierais alors de conclure rapidement.
Nous allons commencer par le commandant Perry.
Vous avez la parole.
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Bonjour. Je vous remercie de me donner l'occasion de comparaître devant le Comité.
Je suis le commandant de bord Tim Perry. Je suis pilote professionnel depuis plus de 22 ans. Je suis actuellement commandant qualifié sur Boeing 737 chez WestJet Airlines et je suis fier d'être le président de l'ALPA Canada. Notre association représente plus de 13 500 pilotes professionnels de 22 compagnies aériennes canadiennes. Cela équivaut à 95 % des pilotes professionnels au Canada.
Aujourd'hui, j'aborderai la question de la nouvelle utilisation courante de l'article 107 par le gouvernement et je formulerai deux recommandations visant à créer un système permettant de résoudre les différends à la table de négociations.
Avant de commencer, je dois souligner que le droit de grève est reconnu comme un droit constitutionnel depuis plus d'une décennie. L'intervention gouvernementale pour mettre fin aux conflits de travail dans le secteur fédéral est devenue monnaie courante. Par conséquent, les employeurs s'attendent maintenant à ce que le gouvernement intervienne et ne sont plus intéressés à négocier de bonne foi.
Plus précisément, la direction des compagnies aériennes a adressé des lettres au ministre pour demander l'utilisation de l'article 107 et a admis publiquement que cette utilisation faisait partie de sa stratégie de négociation, une intervention qui a lieu aux dernières étapes des négociations et qui a des répercussions très négatives sur les relations de travail. L'ALPA Canada croit fermement qu'il faut encourager les parties à négocier de bonne foi et à ne pas solliciter l'aide du gouvernement pour résoudre des conflits de travail.
Pour être clair, le recours répété à l'article 107 par le gouvernement a nui aux négociations avec nos employeurs. L'utilisation régulière de cet outil fait pencher la balance en faveur des employeurs et porte atteinte au principe de la négociation collective équitable et libre au Canada. C'est pourquoi nous sommes en faveur de supprimer cet article du Code du travail. Il prive les travailleurs de leur droit constitutionnel de faire la grève et est utilisé unilatéralement par le ministre.
Dans le Code canadien du travail, l'article 107 s'intitule « Pouvoirs supplémentaires », ce qui signifie que ces pouvoirs sont de nature résiduelle. Il faut savoir que le ministre a aussi le pouvoir de nommer des médiateurs, de nommer une commission d’enquête sur les relations de travail ou d'ordonner un vote des membres du syndicat sur la dernière offre de l'employeur. De plus, l'ALPA Canada est d'avis que l'utilisation abusive et régulière de l'article 107 est symptomatique de problèmes plus généraux dans le processus de négociation prévu par le Code, et nous proposons ce qui suit au Comité.
Premièrement, toute analyse visant à déterminer si l'article 107 devrait rester dans le Code ne devrait pas être menée en vase clos. Bien que des changements comme l'ajout de la notion de nécessité ou l'octroi au Conseil du pouvoir d'examiner la décision d'un ministre prise en vertu de l'article 107 valent la peine d'être envisagés, le Comité devrait également examiner la partie I du Code, en particulier les articles 48 à 90, afin de chercher à améliorer le processus de négociation. En fin de compte, tout changement proposé nécessitera des consultations tripartites plus vastes et à plus long terme pour trouver un réel équilibre entre les intérêts de l'industrie, du gouvernement et des travailleurs.
Deuxièmement, il faut envisager d'offrir des incitatifs à la négociation de conventions collectives, sans avoir à recourir aux dispositions du Code relatives aux avis de différends. Ne voulons-nous pas tous qu'il y ait moins de conflits?
Pour mettre les choses en contexte, les délais de négociation prévus à l'article 50 du Code n'exigent seulement que les parties doivent « se rencontrer et entamer » des négociations, mais ne fixent aucune limite quant à la suite des événements pendant la période de négociation ouverte. Nous suggérons qu'une première période de négociation soit établie, par exemple de quatre à six mois, et soit suivie d'une période de médiation obligatoire de 30 jours avec un médiateur nommé par le ministre, avant l'avis de différend. Cela aurait deux effets.
Premièrement, cela obligerait les parties à se concentrer sur la négociation au cours de la période initiale. Trop souvent, les employeurs se présentent à la table de négociation mal préparés et incapables de discuter des enjeux en cause.
Deuxièmement, la médiation permettrait la participation d'une tierce partie avant l'avis officiel de différend. Cela aiderait à réduire le nombre de questions en suspens et inciterait les parties à résoudre les problèmes avant l'étape de l'avis de différend. À la fin de la période de 30 jours, les parties pourraient soit accepter de poursuivre la négociation ouverte, soit accepter de s'engager dans un processus de conciliation. Cela réduirait l'ambiguïté quant au moment où la médiation aurait lieu.
En cas d'avis de différend, l'ALPA Canada suggère que la période de conciliation passe de 60 à 45 jours et que plus de pouvoirs soient conférés aux conciliateurs, y compris l'obligation de fournir un rapport officiel au ministre ou à l'arbitre, ou d'envisager d'obliger les parties à retirer des propositions dans certaines circonstances limitées.
À l'heure actuelle, le nombre de jours consacrés à la négociation dans le cadre du processus de conciliation est limité et, dans l'ensemble, le processus dans le secteur de l'aviation est largement inefficace. Réduire la durée de la période de conciliation devrait motiver les parties à se concentrer sur les négociations dès le début plutôt que de compter sur ce temps pour que les choses se règlent.
En somme, l'article 107 n'aurait jamais dû être normalisé, car son utilisation malavisée va à l'encontre des droits constitutionnels et déstabilise les relations de travail. Nous pressons le Comité de recommander des réformes qui restaureraient l'équilibre et qui encourageraient les pourparlers de bonne foi à la table des négociations.
Merci beaucoup. Je suis prêt à répondre à vos questions.
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Bonjour, monsieur le président, mesdames et messieurs. Je m'appelle Kevin Piper et je suis président et agent commercial de la Halifax Longshoremen's Association et représentant de l'International Longshoremen's Association.
Je tiens à vous remercier de m'avoir invité à témoigner dans le cadre de l'étude sur le recours à l'article 107 et sur la définition du terme « travail » dans le Code canadien du travail. L'industrie de débardage à Halifax et partout ailleurs est préoccupée par le recours sans précédent à l'article 107.
L'article 107 permet au gouvernement de donner des instructions ministérielles sans passer par le processus parlementaire. Nous voyons cela comme un moyen de contourner la surveillance propre aux démocraties. Nous craignons principalement que le recours excessif à cette disposition érode le pouvoir de négociation des syndicats en laissant présumer aux employeurs que le gouvernement interviendra si le conflit s'envenime. L'article 107 a été invoqué huit fois au cours des 18 derniers mois. Les employeurs ne ressentent pas le besoin de négocier de bonne foi, puisqu'ils savent que l'article 107 sera utilisé pour forcer nos membres à retourner au travail.
Ce que nous trouvons problématique dans notre secteur est l'absence de décideurs aux côtés des associations d'employeurs à la table des négociations. Les compagnies maritimes et les exploitants de terminaux ne sont pas à la table. À Halifax, ce n'est pas un problème, mais ce l'est pour mes collègues dans la côte Ouest et à Montréal. À Halifax, nous sommes très chanceux. Aucun conflit de travail n'a été déclenché depuis 1970. Notre parcours est probablement une anomalie comparativement à celui d'autres industries de débardage au Canada.
Les négociations collectives solides sont la pierre angulaire des relations de travail au Canada. Il est essentiel pour y arriver que les décideurs soient présents à la table.
Merci.
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Merci aux témoins d'avoir parcouru tout ce chemin pour être des nôtres.
Monsieur Piper, je sais que vous êtes venu de Halifax.
Rapidement, monsieur Perry, 845 interruptions de travail se sont produites au Canada en 2024. La situation semble s'aggraver, comme en témoignent les huit recours à l'article 107 au cours des 15 derniers mois. Pendant la première portion de la réunion, vous m'avez peut-être entendu demander au s'il pensait que le recours à l'article 107 entraînait une détérioration des relations de travail entre l'employeur et le syndicat. Je dirais qu'il n'a pas vraiment répondu à la question, et je suis poli.
Selon vous, quel est l'effet du recours à cette disposition sur les employeurs et les syndicats?
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Merci, monsieur le président.
Merci aux témoins de prendre part en personne à cette conversation.
J'aimerais commencer en réitérant la neutralité du gouvernement fédéral dans les conflits de travail. Le Conseil canadien des relations industrielles est un organisme indépendant, et cette indépendance est essentielle. Sa mission est de gérer les différends et d'assurer l'équité procédurale. Je veux mentionner également que le gouvernement est pro-travailleur et pro-syndicat, et il l'a prouvé maintes fois. Le budget de 2025 renferme de nombreuses mesures d'aide aux travailleurs syndiqués et non syndiqués.
Comme il y a un port dans ma circonscription, je suis très consciente du travail essentiel accompli par les travailleurs portuaires pour faire rouler l'économie. De toute évidence, l'industrie aéroportuaire soutient elle aussi l'économie et les gens — la mobilité et tout le reste.
Le gouvernement doit contribuer à conserver l'équilibre entre l'intérêt public et les droits des travailleurs, particulièrement dans les infrastructures essentielles telles que les chemins de fer, les ports et les télécommunications. Le maintien de ces infrastructures est crucial. D'ailleurs, nos collègues ont souligné les répercussions de certains arrêts de travail sur les petites entreprises. J'espère vraiment que, dans le cadre de la conversation d'aujourd'hui, comme mon collègue l'a mentionné, nous pourrons formuler des recommandations constructives sur l'équilibre à instaurer entre les droits des travailleurs et les répercussions immenses sur l'économie.
Je poserais d'abord une question à M. Guénette ou à Mme Santini. Pourriez-vous exposer en vous appuyant sur des chiffres les conséquences de certains de ces arrêts de travail sur l'économie et sur les emplois? Des Canadiens perdent leur emploi parce que tout à coup, une partie du système est paralysé. Je ne dis pas qu'un camp est plus important que l'autre. Les deux doivent travailler ensemble. Pourriez-vous nous fournir quelques données?
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Nous avons demandé à nos membres en janvier combien leur avaient coûté les arrêts de travail survenus l'année précédente. La montant médian était de 10 000 $. Ces coûts sont passablement élevés pour de petites entreprises, car ils représentent pour certaines leur marge mensuelle.
En fait, certaines entreprises ont perdu beaucoup plus. Leurs pertes ne se sont pas seulement traduites en produits périssables ou en clientèle. Leur réputation en a également souffert pendant qu'elles étaient en pleine période de croissance. Trop d'entreprises ont dû prendre des décisions difficiles, notamment pendant les grèves dans les ports qui ont duré plus de 13 jours et les arriérés qui en ont découlé. Elles craignaient vraiment de ne plus être en mesure de maintenir leur offre, mais aussi de ne plus pouvoir maintenir leur production et le nombre d'heures de leurs employés.
Lorsque nous pensons aux arrêts de travail et à leurs effets sur l'économie, nous imaginons souvent les employés et les employeurs à la table des négociations et nous oublions tous ces autres employeurs qui participent à l'économie et qui se demandent s'ils parviendront à maintenir un flux de trésorerie suffisant pour verser un salaire à leurs employés. Il faut tenir compte de tout cela.
Vous avez parlé de la nécessité de maintenir un équilibre avec l'intérêt public et vous avez raison de dire que ce rôle revient au gouvernement, qui doit être prêt à intervenir lorsqu'il estime que le gagne-pain de personnes extérieures au conflit et le bien-être de l'économie et des Canadiens pourraient être affectés. L'article 107 est un de ces outils. De nombreuses autres recommandations ont été présentées. À mon avis, des recommandations devraient être formulées dans le but de constituer une boîte à outils.
Vous avez parlé des répercussions. Je vais donner un exemple concret qui concerne l'île de Vancouver. Pendant la grève des travailleurs portuaires, les agriculteurs ont eu du mal à obtenir les céréales dont ils avaient besoin, qui assuraient l'approvisionnement de 70 % du marché dans l'île de Vancouver. Ces céréales sont des aliments pour animaux qui sont essentiels au bien-être des bovins et des autres animaux des exploitations dans l'île. Les livraisons insuffisantes de céréales étaient très préoccupantes. Même le transport par camion, beaucoup plus coûteux, acheminait seulement le huitième de la quantité habituelle. Une des grandes craintes des agriculteurs était de ne pas pouvoir maintenir et combler la demande de leurs clients insulaires. Leurs pertes de revenu se sont élevées à 80 %.
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Je vous remercie de la question.
Bien sûr, c'est avec plaisir que nous fournirons toute recommandation par écrit au Comité.
Je vais revenir en arrière et dire que ce que nous voulons... Je pense que nous devrions tous convenir que les différends ne sont pas le but de la négociation. L'objectif de la négociation est de conclure des conventions collectives satisfaisantes pour tout le monde. Si vous nuisez au processus, elles ne sont pas satisfaisantes pour tout le monde à long terme. La raison pour laquelle nous parlons de l'article 107 et la raison pour laquelle l'enjeu est si important pour nous, c'est que l'article fait échec au processus pouvant donner un bon résultat.
Pour répondre à votre question — que je suis très ravi que vous posiez —, si on met l'accent sur l'article 107... Nous croyons qu'il devrait être retiré du Code canadien du travail, mais nous devrions alors porter notre attention sur le processus qui le précède. Nous voulons que de véritables négociations aient lieu dès l'émission d'un avis de négociation — dès le début du processus. Ce n'est pas ce qui arrive. Nous constatons que les employeurs ne souhaitent pas avoir de conversations utiles et difficiles et qu'ils gardent une grande partie des enjeux pour la fin.
Lorsque nous nous retrouvons en arbitrage, bien souvent, seul un très petit nombre de questions est soulevé. Pour revenir au point soulevé par mon collègue, de nombreuses questions ne sont pas abordées, simplement en raison des contraintes inhérentes au processus d'arbitrage. Toutes sortes d'enjeux autres que l'argent ou les tableaux de rémunération doivent être sérieusement pris en considération, et lorsqu'ils ne sont pas réglés, les relations de travail s'en retrouvent déstabilisées.
Un certain nombre d'enjeux entrent en ligne de compte, et je vais essayer de les décrire, car il faut vraiment mener des négociations ciblées dès le début du processus afin d'obtenir de meilleurs résultats.
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Merci beaucoup, monsieur le président.
J'aimerais remercier chacun des témoins de prendre le temps de comparaître devant nous.
La crise du logement qui sévit au pays et l'impossibilité pour de nombreux Canadiens à trouver un logement convenable suscitent beaucoup de discussions à la Chambre et au Comité. De plus, 2 millions de Canadiens se rendent chaque mois dans les banques alimentaires. La vie est devenue extrêmement coûteuse pour tant de Canadiens qui travaillent fort et qui veulent simplement pouvoir avancer dans la vie.
Je vais commencer par vous, monsieur Perry, rapidement, parce que je n'ai pas beaucoup de temps.
Dans quelle mesure la crise du coût de la vie est-elle à l'origine de l'augmentation récente des interruptions de travail au Canada?