[Traduction]
La séance est ouverte. Bienvenue à la 13e réunion du Comité permanent de la santé de la Chambre des communes.
Nous nous réunissons sur le territoire non cédé du peuple algonquin anishinabe. La réunion d'aujourd'hui se déroule en personne.
Je tiens à rappeler aux participants les points suivants. Je sais que vous les connaissez, mais je dois quand même vous les rappeler pour le compte rendu. N'oubliez pas que vous avez devant vous ce petit autocollant rond où vous devriez placer vos téléphones ou tout autre équipement électronique afin qu'ils ne nuisent pas à la transmission. Cela pourrait causer des problèmes pour les interprètes.
Éteignez toujours votre microphone lorsque vous ne parlez pas et allumez‑le lorsque vous avez la parole. Veuillez attendre que je vous nomme avant de prendre la parole. Je vous rappelle que vous devez toujours adresser vos interventions à la présidence et non pas directement entre vous. Encore une fois, si vous voulez parler, levez la main. Nous dresserons la liste à mesure que les mains se lèveront.
Encore une fois, merci d'être venus ce matin. Nous avons notre liste de témoins. Ce sont des fonctionnaires de Santé Canada et d'IRCC. Du ministère de la Santé, nous accueillons Jocelyne Voisin, sous-ministre adjointe principale, Direction générale des politiques de santé, et Michelle Owen, directrice exécutive, Groupe de travail sur les ressources humaines en santé. Du ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration, nous accueillons Louise Baird, sous-ministre adjointe, Politique stratégique, et Soyoung Park, sous-ministre adjointe, Programmes économiques.
Conformément à la motion adoptée le mardi 23 septembre 2025, nous menons une étude sur les effets de la politique d'immigration sur les soins de santé et les défis d'intégration des professionnels de la santé formés à l'étranger.
Je vais commencer par dire aux témoins que chacun de vos groupes disposera de cinq minutes. Je vous ferai signe après une minute, et de nouveau après 30 secondes pour que vous puissiez conclure. Si vous n'avez pas le temps de dire tout ce que vous avez à dire, vous aurez évidemment l'occasion de le faire pendant la période des questions et réponses.
Je vais commencer par Jocelyne Voisin, d'IRCC.
Madame Voisin, vous avez cinq minutes.
:
Merci, madame la présidente et honorables membres du Comité. Nous sommes heureux d'avoir l'occasion de comparaître devant vous dans le cadre de votre étude sur les répercussions de la politique d'immigration sur les soins de santé et les obstacles à l'intégration des professionnels de la santé formés à l'étranger dans le système de soins de santé.
Le secteur des soins de santé du Canada fait face à une grave pénurie de professionnels de la santé, notamment de médecins, d'infirmières et d'autres travailleurs de la santé. Ces pénuries ont une incidence sur l'accès aux soins pour de nombreux Canadiens.
L'immigration est un élément essentiel pour remédier aux pénuries de main-d'œuvre en santé au Canada. Les professionnels de la santé formés à l'étranger apportent des compétences et une expérience précieuses au système canadien de soins de santé. Cependant, comme le Comité l'a entendu dire, les professionnels de la santé formés à l'étranger doivent surmonter un certain nombre d'obstacles pour intégrer le marché du travail canadien dans le secteur de la santé. Par exemple, les processus de reconnaissance des diplômes étrangers, qui relèvent de la compétence des provinces et des territoires, peuvent être complexes, lourds et coûteux. Même après avoir obtenu leur permis d'exercice, les professionnels de la santé formés à l'étranger ont de la difficulté à s'intégrer au marché du travail. Bon nombre d'entre eux souffrent d'épuisement professionnel ou ont du mal à garder leur emploi en raison d'un milieu de travail négatif, de la discrimination et d'un manque de soutien social et professionnel.
[Français]
Le gouvernement du Canada s'engage à soutenir le personnel de la santé au Canada et à veiller à ce que les travailleurs de la santé soient soutenus d'un océan à l'autre.
Le gouvernement fédéral a réalisé une série d'investissements historiques afin de renforcer les soins de santé publics et d'alléger la pression qui pèse sur les systèmes de santé provinciaux et territoriaux.
[Traduction]
Comme vous l'avez déjà entendu, le budget de 2025 investira 97 millions de dollars sur cinq ans afin de créer le Fonds d'action pour la reconnaissance des titres de compétence étrangers. Le gouvernement collaborera avec les provinces et les territoires pour rendre la reconnaissance de ces titres de compétence plus équitable, plus rapide et plus transparente, aidant ainsi les professionnels qualifiés formés à l'étranger à contribuer plus rapidement au marché du travail canadien, notamment dans des domaines confrontés à des pénuries de main-d'œuvre comme les soins de santé et la construction.
Cet investissement s'ajoute à l'engagement pris dans le budget de 2024 d'investir jusqu'à 77 millions de dollars sur quatre ans pour aider les professionnels de la santé formés à l'étranger à se joindre plus rapidement au marché du travail. Ces fonds serviront notamment à créer de nouveaux postes de formation pour les diplômés internationaux en médecine, à accroître la capacité d'évaluation et à améliorer les aides à l'orientation afin de rendre la reconnaissance des titres de compétence plus efficace.
Santé Canada finance le Registre national des médecins, la première source intégrée de données sur les permis d'exercice des médecins au Canada, et Nursys au Canada, une plateforme nationale pour les données sur les permis d'exercice des infirmières afin de faciliter l'échange d'information entre les organismes de réglementation en vue d'améliorer la mobilité de la main-d'œuvre et de faciliter la circulation des médecins et des infirmières d'un bout à l'autre du pays.
Enfin, Santé Canada finance également Effectif de la santé Canada, un organisme indépendant qui travaille à améliorer l'accès aux données sur les effectifs de la santé et la capacité de planification à l'échelle du pays, ce qui permettra de mieux outiller les planificateurs et les décideurs du secteur de la santé pour veiller à ce que nous ayons la bonne combinaison de professionnels de la santé, y compris des professionnels de la santé formés à l'étranger, aux bons endroits pour offrir des soins opportuns et de grande qualité.
[Français]
Santé Canada, en collaboration avec Emploi et Développement social Canada et Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, travaille avec les gouvernements provinciaux et territoriaux afin de rationaliser les processus d'immigration pour les professionnels de la santé, de lever les obstacles à la reconnaissance des titres de compétences étrangers et de soutenir les initiatives qui favorisent l'intégration et le maintien à long terme des professionnels de la santé internationaux dans le secteur de la santé.
Les provinces et les territoires travaillent au développement de modèles novateurs relatifs au processus de reconnaissance des titres de compétences étrangers dans leurs territoires respectifs.
[Traduction]
Par exemple, comme vous l'entendrez plus tard aujourd'hui, la Nouvelle‑Écosse a mis sur pied le Centre d'excellence en évaluation des médecins, qui fournit une évaluation du permis d'exercice pour les médecins formés à l'étranger tout en fournissant des soins primaires à la collectivité. La Colombie‑Britannique a mis sur pied le programme Inspire Global Assessments, qui détermine les compétences des infirmières autorisées, des infirmières auxiliaires autorisées et des assistants en soins de santé.
[Français]
Santé Canada continuera de collaborer avec les provinces, les territoires, les organismes de réglementation et d'autres partenaires du système de soins de santé afin d'appuyer ces efforts.
Je tiens à remercier le Comité de m'avoir invitée à témoigner aujourd'hui. Je me ferai un plaisir de répondre aux questions des membres.
:
Oui, je m'appelle Soyoung Park et je représente IRCC.
Merci, madame la présidente et membres du Comité.
À IRCC, notre rôle est d'assurer l'admission durable des résidents temporaires et permanents et de soutenir l'intégration des professionnels formés à l'étranger afin de stimuler la croissance économique. Le nouveau plan des niveaux d'immigration du Canada fait progresser ce travail en alignant l'immigration future sur les besoins prioritaires en main-d'œuvre, notamment dans le domaine des soins de santé.
[Français]
L'immigration fonctionne en parallèle avec les systèmes de santé provinciaux et territoriaux. La planification, l'octroi de licences et la prestation des services de santé relèvent de leurs compétences.
Dans le cadre de nos consultations sur le Plan des niveaux d'immigration 2025‑2027 et de notre dialogue continu auprès du secteur de la santé, on nous a constamment dit que le Canada avait besoin de plus de professionnels de la santé.
Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada répond à cette demande de trois manières. Premièrement, nous avons mis en place des programmes de travailleurs temporaires qui répondent aux besoins immédiats du marché du travail. Deuxièmement, nous avons lancé des programmes de résidence permanente qui soutiennent le secteur de la santé. Troisièmement, nous offrons des services d'établissement qui favorisent la reconnaissance des titres de compétences et l'intégration.
[Traduction]
Premièrement, les programmes de travailleurs étrangers temporaires permettent aux employeurs de combler des lacunes dans les hôpitaux et les établissements de soins de longue durée et communautaires. En date du 30 septembre 2025, plus de 16 000 travailleurs temporaires avaient un permis pour travailler dans une gamme de professions du secteur des soins de santé.
[Français]
Ces programmes offrent également une certaine souplesse en ce qui a trait aux professions réglementées. En effet, ils permettent aux candidats qui disposent d'une voie vers l'obtention d'un permis de travailler dans le secteur tout en poursuivant le processus de reconnaissance de leur titre de compétences.
[Traduction]
Une étude récente de Statistique Canada a montré que les programmes des travailleurs temporaires jouaient un rôle important en comblant les pénuries de main-d'œuvre et en allégeant le fardeau imposé aux travailleurs de la santé canadiens surchargés. De plus, un an après avoir obtenu la résidence permanente, près des deux tiers des travailleurs étrangers temporaires continuent de travailler dans le secteur des soins de santé.
Deuxièmement, en ce qui concerne les résidents permanents, plus de 11 000 travailleurs de la santé sont arrivés en 2024 et 8 000 autres depuis le début de l'année. Certains ont critiqué le fait que nous admettions des médecins étrangers qui sont sous-employés. Nous savons que ce ne sont pas tous les professionnels de la santé formés à l'étranger, qu'ils soient citoyens canadiens ou résidents permanents dans le cadre des programmes d'IRCC, qui peuvent travailler dans leur domaine immédiatement. Dans tous les cas, les exigences en matière de permis des organismes de réglementation doivent être respectées.
[Français]
Cependant, limiter les possibilités de résidence permanente de ces personnes ne ferait que réduire le bassin de candidats qualifiés qui pourraient obtenir un permis plus tard et contribuer au système de santé canadien.
[Traduction]
À l'échelon fédéral, nous sélectionnons les candidats en fonction de leur expérience de travail qualifiée, de leurs études, de leurs compétences linguistiques ou d'un capital humain élevé. Les immigrants de la composante économique affichent constamment de solides résultats sur le marché du travail, y compris des taux d'emploi et des gains élevés. Les travailleurs de la santé ne font pas exception.
En troisième lieu, il y a les services d'établissement d'IRCC. La reconnaissance des titres de compétences demeure le principal facteur qui détermine la rapidité avec laquelle les professionnels de la santé formés à l'étranger peuvent travailler au Canada. Bien que la délivrance des permis soit assurée par les organismes de réglementation provinciaux et territoriaux, IRCC travaille en étroite collaboration avec Emploi et Développement social Canada et Santé Canada pour appuyer l'intégration au marché du travail.
Les services d'établissement financés par IRCC aident les nouveaux arrivants à se préparer pour la reconnaissance de leurs titres de compétences et à comprendre les attentes du marché du travail. Les services préalables à l'arrivée, comme le PASS pour les infirmières, offrent des conseils, des liens avec les organismes de réglementation et les mentors, ainsi que des orientations sur les étapes à suivre pour exercer au Canada.
[Français]
Notre approche en matière d'immigration est conçue pour répondre aux besoins économiques, tout en respectant la capacité des collectivités. Les professionnels de la santé qui viennent au Canada jouent un rôle essentiel dans le renforcement des systèmes de santé à l'échelle nationale.
:
Merci, madame la présidente.
J'aimerais revenir un peu sur ce dont nous avons discuté mardi avec la .
Madame Baird, sur le site Web du Programme fédéral de santé intérimaire de Santé Canada, on indique qui est admissible à la couverture dans le cadre de ce programme. Les groupes admissibles comprennent les demandeurs d'asile et les détenus qui ont traversé illégalement la frontière pour entrer au Canada. Mardi, la a dit faussement qu'une fois le processus terminé, la couverture prend fin.
J'aimerais confirmer, aux fins du compte rendu, que le site Web comprend également les demandeurs d'asile qui attendent une décision quant à l'admissibilité de leur demande et ceux dont la demande d'asile a été rejetée par la CISR.
Ma première question est la suivante: combien de demandes d'asile ont été rejetées en 2024?
Le budget prévoit un investissement de 1,7 milliard de dollars pour attirer l'excellence internationale en recherche. Comme vous l'avez mentionné, les IRSC recevront une partie des fonds annoncés. L'un des éléments clés que nous voulons garantir en ce qui concerne le secteur de la santé, est que les centres de recherche universitaire en santé soient également inclus. Cela nous permettra d'attirer les meilleurs chercheurs et professeurs agrégés dans ces établissements de santé, ce qui stimulera les essais cliniques et augmentera la recherche et l'innovation en matière de nouveaux traitements et de nouvelles approches thérapeutiques.
C'est énorme pour le système de santé, parce que bon nombre de ces hôpitaux de recherche sont également reliés à des hôpitaux communautaires, ce qui leur permet d'étendre leur rayonnement dans la collectivité et d'entretenir de solides relations avec le secteur des soins primaires.
Ma prochaine question s'adresse au ministère de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté.
En janvier, le nombre de places disponibles dans le cadre du Programme des candidats des provinces a été considérablement réduit, le gouvernement ayant décidé de rétablir l'équilibre et la viabilité du système d'immigration. Depuis, vous avez été en mesure d'augmenter le nombre de places dans le cadre du PCP alors que nous nous recentrons sur la migration économique.
Dans quelle mesure les provinces et les territoires peuvent-ils recourir au PCP pour pourvoir leurs postes vacants dans le secteur de la santé? L'utilisent-ils actuellement à cette fin, ou pourraient-ils s'en servir davantage?
Je vais maintenant poser mes questions aux témoins.
Madame Voisin, dans vos remarques préliminaires, vous avez dit que les professionnels se heurtaient à des obstacles coûteux. C'est ce que j'ai noté. En effet, un coût est associé à la reconnaissance d'un diplôme. D'ailleurs, comme on le sait très bien, les questions de l'immigration économique et de la reconnaissance du diplôme relèvent du Québec.
Les mesures fiscales relèvent du fédéral. Pourraient-elles être mises en place pour soutenir les professionnels issus de l'immigration durant leurs études ou leur parcours pour faire reconnaître leur diplôme ou leur titre?
:
Merci beaucoup, madame la présidente.
Mesdames, des demandes importantes pour le Québec concernent les deux ministères que vous représentez.
Je me tourne d'abord vers Mme Baird ou Mme Park.
Le gouvernement du Québec réclame 733 millions de dollars pour l'accueil des demandeurs d'asile et 500 millions de dollars pour couvrir l'aide sociale. Il demande également une compensation pour l'ensemble des services, ce qui comprend l'école et les services de soutien.
Allez-vous accéder à la demande du Québec? Avez-vous discuté avec le Québec du remboursement de ces sommes consacrées aux demandeurs d'asile?
:
Merci, madame la présidente.
J'ai une question pour Mme Baird ou Mme Park.
À propos de la formation, dans nos hôpitaux, de Saoudiens qui doivent rentrer chez eux après leur stage, on s'est beaucoup défendu autour de la table en disant que leurs places ne seraient pas prises s'ils n'étaient pas ici, ce qui est très intéressant, car il y a des milliers de personnes qui cherchent à se former dans les hôpitaux et qui resteraient ici, au Canada. C'est une situation vraiment très intéressante que nous essayons de bien saisir.
Une des choses que j'aimerais savoir, c'est combien de permis de travail le ministère de l'Immigration prévoit‑il approuver cette année pour les stagiaires détenteurs d'un visa financés par l'Arabie saoudite?
:
D'accord. Pourriez-vous trouver cette information, s'il vous plaît, et la transmettre au Comité? Merci.
J'ai une autre question à vous poser. En ce qui concerne les soins de santé fournis par le PFSI, pouvez-vous, s'il vous plaît, présenter des chiffres ventilés par catégorie de groupes admissibles à ces soins de santé? Les groupes qui figurent sur votre site Web sont les demandeurs d'asile, les personnes protégées au Canada, les réfugiés réinstallés, les victimes de violence familiale, les détenus, les personnes visées par des politiques publiques temporaires particulières et les personnes dont l'admissibilité a été accordée à la discrétion du ministre.
Pouvez-vous ventiler les chiffres par catégorie et les transmettre au Comité?
Ma prochaine question porte sur l'Institut pour la citoyenneté canadienne et le Conference Board du Canada, qui ont constaté que les nouveaux immigrants quittent le pays à un rythme quasiment record, les immigrants hautement scolarisés et hautement qualifiés quittant le Canada à un taux deux fois plus élevé que ceux qui sont moins scolarisés et moins qualifiés, ce qui est contraire à ce dont nous avons parlé au Comité. De toute évidence, nous ne voulons pas que cela se produise.
IRCC peut‑il déposer auprès du Comité les renseignements que vous avez recueillis sur la migration continue des professionnels de la santé, plus précisément le nombre de résidents permanents dont l'admission à titre de professionnels de la santé a été approuvée et qui sont venus au Canada, puis ont quitté le pays au cours des 10 dernières années? Avez-vous cette information? Pouvez-vous déposer cette information?
:
Il y a trois volets de ce financement.
Le premier volet vise à créer de nouveaux postes de formation pour les diplômés internationaux en médecine. Il s'agit d'une combinaison de postes en résidence, c'est‑à‑dire de nouveaux postes en résidence dans les facultés de médecine et des postes d'évaluation de la capacité à exercer afin d'accroître les possibilités pour les diplômés internationaux en médecine de terminer leur formation et de faire évaluer leurs compétences pour exercer au Canada.
Le deuxième volet concerne la reconnaissance des diplômes étrangers. Il s'agit de projets comme des pôles d'information pour des professions clés comme les infirmières, les médecins et les physiothérapeutes. Ils proposent des guides étape par étape pour naviguer dans le processus de reconnaissance de leurs titres de compétence, du matériel de préparation aux examens, des ressources et des modules d'apprentissage.
Le troisième volet consiste à accroître la capacité d'évaluation. C'est l'une des lacunes. Il n'y a pas assez d'évaluateurs pour ces médecins. Il s'agit de projets qui peuvent accélérer l'évaluation et renforcer la capacité, par exemple, d'améliorer la formation des évaluateurs ou d'élaborer d'autres voies de certification ou des mesures de soutien à l'évaluation de la capacité à exercer.
:
Je déclare ouverte la deuxième heure de ces délibérations.
Pour la deuxième heure, nous accueillons trois témoins: le Dr Aaron Burry, directeur général de l'Association dentaire canadienne; la Dre Keri McAdoo, directrice générale du Physician Assessment Centre of Excellence; et le Dr Peter Nickerson, de l'Association des facultés de médecine du Canada, qui comparaît par vidéoconférence.
Soyez les bienvenus.
Je vais vous expliquer rapidement le processus. Vous avez chacun cinq minutes pour votre déclaration préliminaire. Je vais vous prévenir à une minute de la fin et une autre fois, à 30 secondes. Vous n'avez pas à me remercier. C'est simplement pour que vous sachiez où vous en êtes dans le temps. Ensuite, il y aura une période de questions et réponses. Merci.
Docteur Burry, vous avez la parole pour cinq minutes. Je vous en prie.
Madame la présidente, mesdames et messieurs les membres du Comité, je vous remercie de me donner l'occasion de comparaître devant vous. Comme vous l'avez mentionné, je m'appelle Aaron Burry et je suis le directeur général de l'Association dentaire canadienne, ou ADC.
L'ADC est la porte-parole digne de confiance des dentistes qui travaillent à améliorer la santé buccodentaire de toutes les personnes vivant au Canada. Nous faisons la promotion de la santé buccodentaire, nous appuyons nos membres et nous faisons progresser la profession de dentiste. L'ADC représente plus de 21 000 dentistes en exercice dans tout le pays, et il s'agit d'une source d'information fiable pour la profession et à son sujet concernant les enjeux nationaux et internationaux.
J'aimerais vous donner aujourd'hui un aperçu de l'état actuel du secteur des soins buccodentaires, qui fait face à d'importants défis en matière de ressources, partout au Canada. Les cliniques dentaires ont de la difficulté à recruter et à maintenir en poste des assistants et des hygiénistes dentaires. La situation est semblable à celle de l'ensemble du système de soins de santé, et l'ADC a des suggestions à faire sur la façon dont les mesures stratégiques fédérales pourraient aider à améliorer la situation.
Un récent sondage de Statistique Canada a révélé qu'environ 80 % des cabinets dentaires au Canada sont aux prises avec une pénurie de personnel. Près de la moitié d'entre eux signalent des difficultés à embaucher des assistants et des hygiénistes dentaires, ce qui fait que plus de 7 200 postes étaient vacants en 2023, particulièrement dans les collectivités rurales, où les services sont plus rares.
La mise en œuvre complète du Régime canadien de soins dentaires signifie que plus de Canadiens qu'auparavant cherchent à obtenir un rendez-vous chez le dentiste. Si l'on veut que le programme réussisse à maintenir des soins de grande qualité, il est essentiel de s'assurer que la main-d'œuvre peut répondre à cette demande accrue.
Les récentes réformes des politiques fédérales en matière d'immigration ont éliminé le domaine des soins dentaires de ceux admissibles au programme de permis de travail postdiplôme, ce qui empêche les assistants dentaires diplômés de travailler au Canada. Cela mène à des décisions difficiles, car certaines écoles qui offrent de la formation en assistance dentaire prévoient déjà annuler leurs programmes. S'ils ne sont pas réglés, ces problèmes exerceront des pressions supplémentaires sur les cabinets dentaires.
En raison du besoin urgent d'assistants dentaires, et surtout des pressions exercées par le déploiement du Régime canadien de soins dentaires, l'ADC demande au gouvernement fédéral d'élargir l'admissibilité au PTPD, afin d'inclure l'assistance dentaire. Cela permettrait de mieux harmoniser les politiques d'immigration avec les critères d'admissibilité du gouvernement fédéral à ce programme.
Selon Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, les domaines d'études liés aux emplois qui font face à des pénuries à long terme devraient être prioritaires pour l'admissibilité au PTPD. L'assistance dentaire répond de toute évidence à ce critère, compte tenu des pénuries généralisées au Canada et de son rôle essentiel dans la prestation de soins buccodentaires à toutes les personnes vivant au Canada. Ce changement de politique fondé sur des données probantes aidera à remédier à la pénurie d'assistants dentaires, à attirer des talents étrangers et à offrir aux diplômés une voie équitable pour contribuer au système de soins de santé du Canada, en fournissant des soins adéquats et accessibles.
Les pressions sur la main-d'œuvre concernent davantage les assistants et les hygiénistes dentaires, mais il est également important de tenir compte de l'effectif des soins dentaires en général. Même s'il n'y a pas de pénurie de dentistes au Canada, la répartition est inégale: les centres urbains sont bien desservis, mais l'accès est limité dans les régions rurales.
Il y a aussi les défis liés à la reconnaissance des titres de compétences et aux cheminements vers l'exercice de la profession pour les dentistes formés à l'étranger. Ils représentent environ 8 % de tous les professionnels de la santé formés à l'étranger au Canada, mais seulement le quart d'entre eux pratiquent en tant que dentistes. Dans l'ensemble, les dentistes formés à l'étranger représentent 33 % des praticiens autorisés au Canada, et ce pourcentage augmente d'année en année.
La collaboration continue entre les partenaires fédéraux et provinciaux améliore les processus de reconnaissance des titres et aidera à faire en sorte que notre effectif des soins dentaires demeure solide, compétent et réceptif aux besoins changeants en matière de santé.
Je conclurai en disant que le système de santé buccodentaire du Canada se trouve à un tournant important. Des décisions stratégiques ciblées et pratiques, comme le rétablissement de l'admissibilité au PTPD pour les assistants dentaires, pourraient aider à atténuer certaines pressions dans l'immédiat et à améliorer l'accès dans les collectivités partout au pays.
Merci, madame la présidente et mesdames et messieurs les membres du Comité. J'ai hâte de répondre à vos questions et de collaborer avec vous pour trouver des solutions pratiques qui renforceront notre main-d'œuvre en santé buccodentaire.
:
Bonjour, madame la présidente et mesdames et messieurs les membres du Comité.
Je m'appelle Keri McAdoo. Je suis la directrice générale du Physician Assessment Centre of Excellence de la Nouvelle-Écosse, le PACE. J'ai pratiqué en tant que médecin de famille dans une région rurale de la Nouvelle-Écosse pendant 20 ans, puis j'ai été registraire adjointe au College of Physicians and Surgeons of Nova Scotia. Au cours des sept dernières années, je me suis occupée principalement de la création de voies d'obtention de permis pour les médecins formés à l'étranger. Ce sont mes antécédents qui m'ont amenée à ce poste.
Je suis heureuse d'avoir l'occasion de comparaître devant vous aujourd'hui. Je vais parler du PACE comme d'une solution évolutive et novatrice pour l'amélioration de l'accès aux soins, grâce à une évaluation des médecins formés à l'étranger, qui représentent de 20 à 25 % de la main-d'œuvre médicale canadienne et qui sont depuis longtemps une pierre angulaire du système de santé du Canada, en particulier dans les collectivités éloignées et rurales.
Le PACE a été établi en fonction de deux principes centraux. Premièrement, il y a une importante cohorte mondiale de médecins formés à l'étranger hautement compétents qui souhaitent pratiquer la médecine au Canada. Deuxièmement, dans le cadre d'une évaluation rigoureuse en milieu de travail, le PACE peut déterminer la compétence des médecins en maintenant la barre haute.
Le PACE est le premier programme du genre au Canada. Son lancement en 2025 a été rendu possible grâce à un partenariat avec le Conseil médical du Canada et le College of Physician and Sergeons of Nova Scotia, ainsi qu'au leadership et au soutien du gouvernement de la Nouvelle-Écosse. C'est le collège qui a pris l'initiative de développer le PACE, celui‑ci étant maintenant un organisme fédéral sans but lucratif indépendant.
Le PACE fonctionne au moyen de trois composantes intégrées. Premièrement, il s'agit d'un programme complet d'évaluation en milieu de travail axé sur les compétences, qui est offert par des évaluateurs médicaux bien formés. Deuxièmement, il s'agit d'une clinique médicale de soins primaires, qui donne accès à des soins à des milliers de patients qui, autrement, seraient sans fournisseur. Enfin, il s'agit d'un programme d'orientation de quatre jours conçu pour aider les médecins nouvellement arrivés en Nouvelle-Écosse à s'intégrer à notre système de santé et à nos collectivités.
Permettez-moi de décrire brièvement le fonctionnement de ce modèle. Le PACE offre une voie d'accès à un permis d'exercice indépendant aux médecins formés à l'étranger qui sont peut-être déjà au Canada ou qui pourraient y arriver en tant que nouveaux immigrants. Les évaluations sont effectuées par des médecins titulaires d'un permis et ayant reçu une formation approfondie du Conseil médical du Canada. Ces évaluateurs sont bien rémunérés pour leur expertise et ils sont profondément engagés à contribuer à cette solution novatrice.
Il est important de noter que cela n'ajoute pas à leur charge de travail, mais la reconfigure. Bon nombre de leurs patients, par exemple, sont maintenant des patients à la clinique du PACE. Les médecins formés à l'étranger prodiguent des soins directs aux patients, tout en étant étroitement supervisés par des évaluateurs sur place.
Le PACE est aussi un centre de santé pour des milliers de Néo-Écossais qui, auparavant, n'avaient pas accès à des fournisseurs de soins primaires. Après avoir réussi l'évaluation et obtenu un permis d'exercice indépendant, les médecins passent du PACE à la pratique et acceptent leurs propres patients.
Le fait d'aider les médecins à s'intégrer dans la pratique joue un rôle clé dans la rétention de ces médecins. Le College of Physicians and Surgeons offre un programme d'orientation de quatre jours, appelé Welcome Collaborative, qui est conçu pour aider les médecins formés à l'étranger à réussir leur transition vers la pratique médicale dans la province. Ce programme fait aussi le pont avec d'autres soutiens pour aider les médecins à s'établir dans une collectivité. Depuis la création du programme, il y a trois ans, 223 médecins y ont participé, et les commentaires ont été extrêmement positifs.
Le PACE prend de l'expansion. Une deuxième clinique ouvrira ses portes en décembre, ce qui doublera notre capacité. Une fois que les deux sites seront pleinement opérationnels, nous prévoyons commencer jusqu'à 45 évaluations par année. D'ici la fin de 2026, nous prévoyons avoir évalué 64 médecins au total pour l'obtention du permis d'exercice. Compte tenu de la taille de notre province, cela représente une augmentation transformatrice de l'offre de médecins. Nous estimons que la clinique du PACE fournira des soins primaires à 6 500 patients d'ici la fin de l'année prochaine.
Le PACE va au‑delà des soins primaires. Nous avons créé un programme d'évaluation des médecins hospitalistes pour remédier à la grave pénurie qui sévit dans notre province. Nous prévoyons effectuer 30 évaluations dans le cadre de ce programme en 2026.
Rien de tout cela ne serait possible sans le leadership et l'appui financier du gouvernement de la Nouvelle-Écosse et du College of Physicians and Surgeons of Nova Scotia, ou sans la collaboration du Conseil médical du Canada et de la Régie de la santé de la Nouvelle-Écosse.
Cette année, le PACE a eu l'honneur de recevoir le prix d'innovation en évaluation médicale et en remédiation de la Coalition for Physician Enhancement, qui reconnaît notre programme comme un chef de file mondial de l'innovation en matière d'évaluation des médecins.
Je vous remercie de m'avoir donné l'occasion de m'adresser à vous. Je serai heureuse de répondre à vos questions.
Je m'appelle Peter Nickerson. Je suis le président sortant du Conseil d'administration de l'Association des facultés de médecine du Canada, doyen du Collège de médecine Max Rady et professeur de médecine interne à l'Université du Manitoba.
En commençant, j'aimerais souligner qu'au moment de l'obtention d'un diplôme de premier cycle en médecine, les diplômés sont affectés à des postes de résidence au Canada par le biais du Service canadien de jumelage des résidents, le CaRMS. Les résidents sont considérés comme des employés rémunérés du système de santé de la province dans laquelle ils travaillent. Ils sont inscrits à la faculté de médecine affiliée à un programme de formation agréé par le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada ou le Collège des médecins de famille du Canada.
Les diplômés internationaux en médecine sont des personnes qui ont obtenu leur diplôme dans une faculté de médecine à l'extérieur du Canada. Ils sont autorisés à postuler pour une résidence au Canada s'ils répondent aux critères. Ils sont à nouveau jumelés à un programme de résidence, encore une fois par l'entremise du processus de jumelage de CaRMS.
Un diplômé international en médecine sur trois qui postule au service de jumelage de CaRMS est un citoyen canadien ou un résident permanent qui a suivi des études de médecine à l'étranger en raison du manque de places dans les facultés de médecine de sa région d'origine au Canada. La capacité d'accueillir des diplômés internationaux en médecine dans le cadre du jumelage des résidents de CaRMS dépend de la capacité suffisante de formation en résidence financée par les provinces, tant pour les diplômés des facultés de médecine canadiennes que pour les diplômés internationaux en médecine.
Les médecins résidents titulaires d'un visa sont nés à l'étranger, et leur pays d'origine finance leur formation clinique dans le cadre d'un programme de résidence canadien. Ces personnes ne sont acceptées par les facultés de médecine et les systèmes de santé canadiens qu'après que les diplômés canadiens en médecine et les diplômés internationaux en médecine ont occupé tous les postes de résidences financés par les provinces, et s'il reste une capacité résiduelle de formation dans le système de santé. En 2023‑2024, 3 140 médecins résidents titulaires d'un visa travaillaient et étudiaient au Canada.
Les médecins formés à l'international sont des médecins pleinement certifiés pour exercer la médecine dans leur discipline en dehors du Canada. Pour exercer au Canada, ils doivent satisfaire aux normes des organismes de réglementation provinciaux. Cela peut aller d'un simple examen de leur formation et de leur expérience professionnelle à une évaluation formelle de leurs compétences avant l'obtention d'un permis d'exercer.
Pour contextualiser cette discussion, j'ai préparé trois diapositives à votre intention.
Sur la première diapositive, vous verrez la capacité de formation des facultés de médecine du Manitoba, qui était de 95 places par million d'habitants en 1982. Le gouvernement a réduit le financement dans les années 1980, de sorte qu'en 1994, la taille des nouvelles promotions était de 60 places par million d'habitants. En 1998, compte tenu de la pénurie de médecins qui en a résulté, la capacité d'accueil a été progressivement augmentée pour revenir à 90 places par million d'habitants en 2009.
Cependant, en 1999, alors que les effectifs des facultés de médecine augmentaient, la province a mis en place un programme officiel destiné aux médecins formés à l'étranger, en particulier en médecine familiale, sous la forme d'une évaluation de l'aptitude à la pratique, ou EAP, ou d'un programme de formation d'un an visant à les préparer à exercer au Canada.
Malheureusement, bien que la population du Manitoba ait continué d'augmenter depuis 2009, la capacité de formation des facultés de médecine n'a pas été augmentée pour maintenir le nombre de places à 95 places par million d'habitants. En substance, depuis 1980, le Manitoba, en ne maintenant pas sa capacité de formation à 95 places par million d'habitants, a manqué l'occasion de former plus de 800 médecins dans la province. Lorsque l'on examine l'écart entre le Manitoba et la moyenne nationale, on comprend mieux pourquoi nous sommes confrontés à une pénurie dans la province.
Cette situation n'est pas unique au Manitoba. La même tendance s'est produite dans l'ensemble du Canada.
Comme solution possible au problème de la main-d'œuvre dans le secteur de la santé, nous pouvons augmenter la capacité de formation des facultés de médecine du Canada. La diapositive 2 montre la capacité par province. Bien que nous ayons augmenté le nombre de places dans tout le Canada, il existe une hétérogénéité régionale marquée. Il convient de noter que seul un candidat sur cinq est admis en faculté de médecine, et que bon nombre de ceux qui ne sont pas admis sont tout à fait capables de suivre la formation, mais qu'il n'y a pas de places financées pour les former. C'est pourquoi de nombreux Canadiens vont à l'étranger pour se former.
Nous pourrions aussi augmenter le nombre de postes de résidence financés au Canada. Le fait que nous soyons en mesure d'accueillir des médecins résidents titulaires d'un visa financés par des sources externes nous indique que le système de santé dispose d'une capacité de formation supplémentaire, mais que les provinces ne financent pas cette capacité.
La diapositive 3 présente le ratio national des places de formation en résidence par rapport aux diplômés en médecine canadiens. En 2018, ce ratio était essentiellement de 1:1, et il a augmenté progressivement pour atteindre 1,12 en 2025, ce qui signifie qu'il n'y a que 12 % de postes de résidence financés de plus que de diplômés en médecine canadiens. Ces 12 % permettent d'accueillir des diplômés en médecine internationaux au Canada, tout en répondant aux besoins de nos propres diplômés en médecine. Au Manitoba, nous avons en fait créé un ratio de capacité de 1,3, qui est passé à 1,72 dernièrement.
La troisième solution consiste à accroître la capacité d'évaluer ou de former des médecins provenant de l'étranger. Les provinces peuvent améliorer le recrutement et le maintien en poste de médecins formés à l'étranger en améliorant la capacité d'évaluation de l'aptitude à la pratique ou, comme au Manitoba, en élaborant un programme de formation en médecine familiale d'un an pour les médecins formés à l'étranger qui ont besoin d'être exposés au système de soins de santé canadien et d'en faire l'expérience pour s'y adapter.
Merci beaucoup.
Je crois savoir qu'il y a 1 000 titulaires de visa saoudiens au Canada. Soixante‑dix mille dollars multipliés par 1 000, c'est, je crois, 70 millions de dollars, ce qui, à l'échelle du gouvernement du Canada, n'est pas beaucoup d'argent, alors j'aimerais vous raconter une histoire pour vous expliquer pourquoi je suis personnellement scandalisé par cela.
Je suis critique à l'égard de pour bien des choses, mais en août 2018, elle a demandé la libération de militants des droits de la personne, en Arabie saoudite, qui avaient été emprisonnés pendant environ cinq ans parce qu'ils voulaient que les femmes aient le droit de conduire. Ensuite, l'Arabie saoudite a retiré le financement des visas de ces médecins résidents et a dit qu'elle allait les rapatrier. J'enseignais à la Faculté de médecine de l'Université Queen's à ce moment‑là, et l'administration était aux abois à cause du manque à gagner que cela allait causer.
Quelques mois plus tard, Jamal Khashoggi a été brutalement assassiné et démembré. C'était un journaliste du Washington Post qui a été assassiné au moyen d'une scie à os, et ce genre de répression se poursuit encore aujourd'hui en Arabie saoudite. Cet été, un journaliste a été exécuté pour avoir critiqué le gouvernement dans des gazouillis.
Personnellement, j'ai été moralement scandalisé que la faculté de médecine où je travaillais fasse pression sur le gouvernement pour qu'il récupère cet argent d'une dictature brutalement répressive. Je me demande si vous avez des réflexions à ce sujet.
Pensez-vous que le fait de recevoir autant d'argent d'une dictature brutale et répressive compromet moralement les facultés de médecine au Canada?
J'imagine que vous ne traitez pas un grand nombre de patients. Si vous étiez une médecin pratiquant en Nouvelle-Écosse et que vous vouliez gagner un salaire décent, vous verriez beaucoup de gens. En voyant beaucoup de gens, vous feriez beaucoup d'argent. Avec ce centre du PACE, vous recevez plus d'argent, je pense, parce que vous faites de la formation, alors vous n'avez pas à voir autant de personnes.
Je m'interroge simplement sur l'efficacité de la lutte contre la pénurie de main-d'œuvre en santé. L'efficacité et le but ont trait à la formation, pas au nombre de patients.
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C'est une excellente question.
Nous avons en fait lancé des ECE vers l'an 2000, au début sans tout à fait la normalisation dont vous a parlé la Dre McAdoo. Nous avons constaté que cela ne répondait pas nécessairement aux besoins des médecins formés à l'étranger, alors nous sommes passés à un programme d'un an dans le cadre duquel nous leur donnons essentiellement des rotations dans divers domaines — la médecine d'urgence, la médecine familiale et la pédiatrie — pour leur donner une plus grande orientation vers le système de santé canadien. Nous avons constaté que ce programme d'un an donnait de très bons résultats. Au fil des ans, 20 personnes par année ont participé au programme. Nous en sommes maintenant à 30.
Nous sommes en train de mettre sur pied un programme ECE au Manitoba qui ressemble beaucoup à ce que fait la Dre McAdoo. Cependant, nous consacrons du temps à former les évaluateurs par l'entremise du CMC et à créer le même genre de communauté d'exercice au Manitoba.
Comme la Dre McAdoo, je pense qu'il faut procéder à un certain dépistage pour déterminer qui est admissible à l'ECE, parce que vous n'avez généralement que trois mois pour le faire. Pour ce faire, il faut une évaluation complète afin que vous puissiez vraiment confirmer qu'ils sont prêts à exercer.
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Merci beaucoup, madame la présidente.
Je remercie les trois témoins d'être des nôtres. Leurs propos sont éclairants.
Ma première question s'adresse au Dr Nickerson.
Corrigez-moi si je me trompe, mais, dans une de vos réponses, vous avez dit que, selon vous et selon l'Association des facultés de médecine du Canada, la rétention de ceux qui travaillent au Canada devrait être une priorité.
De notre côté, nous sommes d'avis que, si on est obligé d'aller chercher autant de travailleurs étrangers, c'est parce que des étudiants d'ici vont étudier à l'étranger, mais ne reviennent pas au pays après leurs études à cause des conditions de travail.
Ai-je bien compris? La priorité devrait-elle être de garder les étudiants ici, pour qu'ils travaillent au Canada?
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Pour cela, il faudrait pouvoir leur offrir de bonnes conditions.
Dans le dernier budget, on a annoncé que des sommes seraient consacrées aux infrastructures des hôpitaux. Toutefois, on n'a pas répondu à la demande du Québec, qui veut une augmentation des transferts en santé et le retour d'une indexation annuelle à 6 % après 2028. Il s'agit non seulement d'une demande du Québec, mais aussi d'autres provinces.
Selon vous, à quoi sert d'avoir des hôpitaux alors qu'on n'est pas en mesure d'offrir de bonnes conditions de travail aux personnes qui y travaillent? Si on veut garder les travailleurs ici, il faut leur offrir de bonnes conditions. Si on gardait ici ceux qui travaillent, peut-être qu'on aurait moins besoin d'aller chercher des travailleurs à l'étranger.
Qu'avez-vous à nous dire sur la question des transferts en santé?
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C'est tout à fait exact. Si on a de nouvelles d'opération, elles ne doivent pas être vides. Il faut offrir de bonnes conditions aux personnes qui veulent venir y travailler. Évidemment, il doit y avoir des humains dans une salle d'opération. La rétention des étudiants qui pourraient travailler ici est cruciale.
Je vais maintenant me tourner vers la Dre McAdoo, qui représente le Physician Assessment Centre of Excellence.
Je rappelle que la question de l'immigration économique et celle de la reconnaissance des diplômes relèvent du Québec, notamment.
Les gens qui travaillent dans votre clinique, qui sont supervisés par votre centre, attendent qu'on reconnaisse leur diplôme. Quelles difficultés vivent-ils? Ont-ils des difficultés financières? Ils sont ici, mais ils doivent entreprendre des démarches. Il y a des coûts associés à tout ça, mais ils n'ont pas un salaire qui leur permet de vivre adéquatement pendant qu'ils sont sous votre supervision.
Serait-il utile que le fédéral mette en place des mesures fiscales?
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Il n'y a pas de débat sur la motion d'ajournement de la réunion.
Ceux qui sont en faveur de lever la séance...
Monsieur Mazier, me permettrez-vous de présider une réunion et d'arrêter de crier après moi, s'il vous plaît? Je parle. Vous ne me laissez pas terminer. Vous me criez après. Arrêtez de crier après moi. S'il vous plaît, laissez-moi terminer mon travail. Merci.
Nous sommes saisis d'une motion d'ajournement. Elle ne peut être sujette à débat. Je vais mettre aux voix la motion d'ajournement.
(La motion est rejetée.)
La présidente: Notre séance se poursuit. Il nous reste cinq minutes.
Nous sommes saisis d'une motion et personne ne veut se prononcer pour ou contre la motion.
Je vais mettre la motion aux voix. Voulez-vous un vote par appel nominal?
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Merci beaucoup, madame la présidente.
Moi aussi, je vais me tourner vers M. Burry.
Dans vos remarques préliminaires, vous avez parlé des effets du nouveau programme d'assurance. Au Québec, nous avons déjà une forme d'assurance dentaire; elle ne couvre pas tout, mais elle existe. Le gouvernement du Québec demandait un transfert de fonds, afin de pouvoir bonifier son programme dentaire. Le Québec connaît les besoins sur le terrain. De plus, ça fait partie de ses champs de compétence. Il sait ce qu'impliquerait une bonification du programme dentaire.
Si j'ai bien compris, ce programme a généré plus de demandes en vertu de ce programme, ce qui fait qu'on doit trouver plus d'employés ici et à l'étranger. On a besoin de personnel.
Aurait-il été préférable de répondre à la demande du Québec, plutôt que d'imposer un nouveau programme sans avoir préalablement évalué les besoins en matière de main-d'œuvre? Le Québec a déjà un programme, et sa connaissance des besoins aurait pu aider à bonifier le programme. C'est l'un des problèmes qui ont été créés.
Il y avait beaucoup de contraintes de temps, c'est certain. Il a été annoncé en octobre, et nous étions fonctionnels en janvier. Nous avons commencé nos premières évaluations en février, alors le temps pressait de toute évidence. Il a aussi été difficile de trouver suffisamment de locaux pour la clinique pendant cette courte période. Nous étions limités par le nombre d'évaluations que nous pouvions faire en fonction du nombre de salles d'examen clinique à notre disposition. C'est pourquoi nous allons ouvrir un autre local en décembre. Évidemment, nous avons dû recruter toute notre équipe, nos candidats et nos évaluateurs. Cela en faisait partie. Nous avons mis sur pied le programme très rapidement.
Nous avons maintenant une base très solide et nous avons prouvé qu'elle est évolutive. Nous avons déjà pris de l'expansion et sommes toujours en phase de croissance rapide. Nous avons commencé par un très petit nombre de candidats et ce nombre augmente régulièrement. Nous doublerons notre capacité en décembre pour le programme de soins primaires en cabinet.
Pour ce qui est des défis à venir, nous allons envisager d'élargir le programme d'orientation offert par l'entremise du Collège des médecins et chirurgiens de la Nouvelle-Écosse afin d'en étendre la portée et l'ampleur, du moins nous l'espérons. Nous allons également envisager de construire des locaux spécialement conçus pour que nous ayons plus d'espace pour faire ces évaluations et continuer à développer le programme. Bien sûr, nous allons aussi parler de l'évaluation des programmes. Nous recueillerons beaucoup de données, ce qui nous aidera à déterminer comment ces types de programmes progressent.
Pour répondre à la dernière question, qui est de savoir si cela pourrait être fait dans d'autres domaines, je dirais que c'est certainement adaptable localement. Cela pourrait se faire à l'échelle régionale. À mesure que nous prendrons de l'expansion, nous aurons la capacité de faire ce genre de travail. Cela pourrait se faire dans d'autres provinces aussi, s'il y a une volonté de le faire.