:
J'ouvre maintenant la séance.
Bienvenue à la 40e réunion du Comité permanent des pêches et des océans.
Je voudrais commencer par reconnaître que nous sommes réunis sur le territoire non cédé du peuple anishinabe algonquin.
[Traduction]
Conformément à l'article 108 du Règlement, le Comité se réunit pour poursuivre l'étude des facteurs déterminant les dates d'ouverture et de fermeture des saisons de pêche.
La réunion d'aujourd'hui se déroule en format hybride. Conformément aux motions de régie interne, je tiens à informer le Comité que tous les témoins qui comparaissent aujourd'hui ont réalisé les tests et sont bien connectés.
Je tiens à vous rappeler les points d'intérêt courant suivants.
Veuillez attendre que je vous nomme avant de prendre la parole.
Pour ceux qui comparaissent par vidéoconférence, veuillez regarder le petit globe au bas de votre écran. Vous pourrez cliquer sur la langue appropriée.
Je tiens à rappeler aux témoins que les membres du Comité poseront des questions en français ou en anglais. Veuillez donc vous assurer que l'interprétation soit prête pour que nous n'ayons pas à attendre trop longtemps avant que vous ayez l'interprétation des questions.
Pour les membres dans la salle, si vous souhaitez intervenir, levez la main. Le greffier et moi vérifierons qui a levé la main en premier.
Merci.
J'aimerais souhaiter la bienvenue à tous les témoins d'aujourd'hui.
De l'Assemblée des Premières Nations, nous accueillons Andrea Paul, cheffe régionale de la Nouvelle-Écosse, et James MacDonald, directeur des pêches. Ils comparaissent tous les deux par vidéoconférence.
Du Conseil canadien des pêches, nous recevons Jason McLinton, président. Par vidéoconférence, nous avons Grant Dovey, membre.
D'Icewater Seafoods Inc., nous accueillons Alberto Wareham, président et directeur général.
Nous allons commencer avec les déclarations liminaires des témoins.
Les déclarations liminaires sont limitées à cinq minutes pour le groupe, pas par personne. Ceux d'entre vous qui s'expriment au nom de leur groupe disposeront donc de cinq minutes. Je vous ferai signe lorsqu'il vous restera une minute et 30 secondes. Ignorez-moi lorsque vous entendrez « une minute » et « 30 secondes ». Vous n'êtes pas obligés d'y prêter attention, mais cela vous donne une idée du moment où vous devez conclure vos remarques, afin que je n'aie pas à vous interrompre en plein milieu d'une phrase.
Nous allons commencer les déclarations liminaires avec M. Wareham pour cinq minutes, je vous prie.
:
Bonjour, madame la présidente et mesdames et messieurs les membres du Comité.
Je vous remercie de me donner l'occasion de comparaître devant vous aujourd'hui.
Je suis Alberto Wareham, président et directeur général d'Icewater Seafoods, une entreprise familiale de fruits de mer située à Arnold's Cove, à Terre-Neuve-et-Labrador.
Icewater exploite la seule usine agroalimentaire en Amérique du Nord spécialisée exclusivement dans la morue de l'Atlantique du Nord. Nous misons sur une activité et des emplois à l'année, avec plus de 300 employés en haute saison qui fournissent des produits de morue de qualité à des clients en Europe et en Amérique du Nord.
Mes remarques porteront sur la morue du Nord et l'importance de prendre des décisions en matière de gestion des pêches opportunes, pratiques et prévisibles, notamment en ce qui concerne les dates d'ouverture.
De façon générale, la gestion de la morue du Nord démontre que le Canada peut reconstituer et administrer de manière responsable les pêches à long terme. Le retour de la pêche commerciale soutenue par un stock sain et croissant est une réussite importante. Des améliorations au niveau du calendrier, du processus et de l'adaptation des possibilités de pêche aux réalités des ressources peuvent accroître les retombées économiques, les activités et la sécurité globale des pêches.
La morue du Nord est un stock de poissons migrateurs. Durant les mois d'été, la morue se tient dans les eaux peu profondes près du rivage, accessibles aux petits navires côtiers. Dans les mois d'automne et d'hiver, elle migre plus au large, dans des eaux plus profondes. Ce schéma de migration a une incidence directe sur la période pendant laquelle les différentes flottes peuvent exploiter cette ressource de manière sécuritaire et efficace.
Les intervenants de l'industrie soutiennent la fermeture en place due à la fraie, de la mi‑avril environ à la fin de juin. Étant donné que la pêche commerciale n'a repris qu'en 2024 après plus de trois décennies de moratoire, cette fermeture devrait se poursuivre jusqu'à ce que l'on dispose de suffisamment de données scientifiques à jour sur le comportement de fraie dans les conditions climatiques actuelles. Toutefois, avec cette fermeture due à la fraie en place, il est essentiel de prendre des décisions opportunes relatives à l'ouverture.
La morue du Nord en 2025‑2026 est un bon exemple. L'approche de gestion annuelle a été annoncée le 18 juin 2025, soit plus tôt que certaines années précédentes, mais pas aussi tôt que la date du 1er juin demandée par l'industrie. D'autres retards ont suivi, et la pêche côtière n'a ouvert qu'à la mi‑juillet. Si elle avait été ouverte le 1er juillet, immédiatement après la fin de la fermeture pour la période de fraie, la flotte côtière aurait bénéficié de deux semaines additionnelles de pêche productive pendant l'une des meilleures périodes de l'année. En juillet, les conditions météorologiques sont généralement plus favorables, la morue se trouve près des côtes, la qualité du produit est excellente et les petits bateaux de pêche à la journée peuvent pêcher de manière plus sécuritaire et régulière.
L'an dernier, environ 5 650 tonnes métriques du quota côtier n'ont pas été pêchées, soit environ 20 % de la part côtière. Bien que de nombreux facteurs puissent avoir une incidence sur les prises au cours d'une saison, des ouvertures de pêche opportunes permettent aux pêcheurs côtiers de bénéficier d'un accès optimal à la ressource dans des conditions favorables. Pour notre exploitation, ces 5 650 tonnes de morue non pêchées représentent plus de 3 millions de pertes de revenus pour les employés de l'usine. Nous aurions pu payer les pêcheurs plus de 12 millions de dollars pour les prises additionnelles, sans compter les retombées économiques plus vastes sur les communautés rurales et les entreprises locales. Une part considérable de ce poisson non pêché aurait pu être capturée si la saison avait ouvert deux semaines plus tôt.
Sur les quelque 1 170 permis actifs de pêche côtière de la morue du Nord, la grande majorité concernait de véritables petits bateaux de pêche à la journée qui dépendent fortement de l'accès estival, lorsque les poissons sont près du rivage et que les conditions sont les plus sûres. Les navires côtiers de plus grande taille, qui ne représentent qu'environ 50 navires actifs, pêchent généralement à l'automne, lorsque la morue s'est éloignée des côtes. Les pêcheurs locaux en haute mer pêchent alors à l'automne et en hiver, lorsque le stock se trouve dans les eaux hauturières.
Les décisions relatives au calendrier et à la répartition des quotas devraient tenir compte des schémas de migration des stocks, des considérations de sécurité, des réalités opérationnelles et des besoins du marché. Pour la morue du Nord et Terre-Neuve-et-Labrador, l'année 2026 représente une occasion particulièrement importante. Le stock est en santé et en hausse. Plus de 70 % de la morue du Nord est désormais destinée aux marchés haut de gamme en Europe, ce qui cadre avec les objectifs généraux du Canada en matière de commerce et d'exportation.
L'approvisionnement mondial en morue a diminué d'environ 40 % au cours des cinq dernières années, ce qui a entraîné une hausse considérable de la demande et des prix pour les produits de morue de qualité élevée. Les pertes économiques enregistrées en 2025 seraient insignifiantes par rapport à celles de cette année si, une fois de plus, la morue n'est encore une fois pas pêchée.
Au nom des quelque 300 employés à Icewater Seafoods et des habitants de la ville d'Arnold's Cove qui, contre toute attente, sont restés fidèles à la pêche à la morue tout au long des 32 années de moratoire, j'encourage le gouvernement à veiller à ce que les dates d'ouverture de la saison et les approches de gestion tiennent compte des réalités de la ressource. Ce faisant, on permet à l'industrie d'exploiter de manière sécuritaire et efficace le potentiel économique de cette ressource historique.
Je vous remercie encore une fois de l'occasion de comparaître aujourd'hui, et je me ferai un plaisir de répondre à vos questions.
:
Merci, madame la présidente.
Bonjour et weli eksitpu'k, madame la présidente, coprésidents et mesdames et messieurs les membres du Comité. Je vous remercie de l'invitation à comparaître aujourd'hui.
Je tiens tout d'abord à souligner que le Comité se réunit sur le territoire ancestral non cédé de la nation algonquine.
Je suis Andrea Paul. Je suis la cheffe régionale de la Nouvelle-Écosse, et je m'exprime au nom de l'Assemblée des Premières Nations.
L'APN a reçu le mandat des Premières Nations en assemblée de promouvoir et de protéger les droits inhérents, les droits issus de traités et les droits autochtones des Premières Nations, y compris les droits de pêche, et c'est dans cet esprit que je suis ici avec vous aujourd'hui.
Je souhaite me concentrer sur les thèmes suivants dans ma déclaration.
Premièrement, l'APN considère le calendrier des dates d'ouverture et de fermeture de la pêche comme une interaction complexe entre une multitude d'enjeux, et pas seulement d'ordre opérationnel. Deuxièmement, il existe un décalage flagrant entre ce qui est requis par la loi et ce qui se passe dans la pratique. Troisièmement, nous croyons qu'il existe une voie à suivre, mais cela dépend de la mise en œuvre.
La question du calendrier de la pêche recoupe les domaines de la compétence, de la gouvernance et de la gestion. Du point de vue de l'APN, il ne s'agit pas simplement de planification ou d'administration. Le choix des dates d'ouverture et de fermeture reflète qui prend les décisions, comment ces décisions sont prises et si les Premières Nations concernées sont réellement consultées. Ce que nous constatons partout au pays — des ouvertures retardées, des saisons mal synchronisées et des décisions incohérentes — n'est pas nouveau. Ces enjeux sont liés à un système qui est encore largement centralisé, où les décisions sont prises avec un partage limité de pouvoirs et un recours constant à la discrétion ministérielle. Par conséquent, les décisions relatives au calendrier ne reflètent souvent ni les réalités écologiques, ni la compétence, ni la gouvernance ou les priorités des Premières Nations.
La pêche des Premières Nations repose sur des droits inhérents et protégés par des traités, reconnus en vertu de l'article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982. La Cour suprême du Canada a été claire: après la conservation, les pêches des Premières Nations ont la priorité, mais dans la pratique, cette priorité n'est pas toujours respectée, surtout en ce qui concerne le calendrier. Quand les pêches ouvrent trop tard ou ne coïncident pas avec la migration, l'accès est grandement réduit. Ce n'est pas une question de lacunes en matière de politiques. Les cadres existent déjà. Le problème est la mise en œuvre, et c'est ce que j'entends par « lacune dans la mise en œuvre ».
Le Canada a pris un engagement à l'égard de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, qui reconnaît le droit des Premières Nations de participer à la prise de décision ainsi que le principe du consentement préalable, donné librement et en connaissance de cause. Or, les décisions concernant les dates d'ouverture et de fermeture des pêches continuent d'être prises en grande partie dans le cadre de processus centralisés. Ce décalage continue de causer les problèmes dont nous discutons aujourd'hui.
La présente étude s'inscrit dans un contexte de tensions soutenues dans la répartition des quotas de saumon, en particulier sur la côte du Pacifique. Nous constatons une pression croissante de la part de différents secteurs et l'émergence de discours qui présentent l'accès aux pêches comme une concurrence directe entre les différents groupes d'utilisateurs.
Il est important d'être clair à ce sujet. Les quotas de pêche des Premières Nations ne sont pas des attributions discrétionnaires. Ils sont fondés sur des droits et, dans bien des cas, sont définis dans les accords sur les revendications territoriales ainsi que dans des traités historiques. Les décisions relatives au calendrier constituent l'un des moyens par lesquels ces pressions plus générales se manifestent dans la pratique, souvent d'une manière qui restreint l'accès.
Les répercussions de ces décisions se font immédiatement sentir chez les Premières Nations. Elles ont une incidence sur l'accès à la pêche de subsistance, à la pêche sociale et rituelle, ainsi qu'à la pêche commerciale et communautaire, et sur les perspectives économiques au sein des communautés. Elles contribuent également aux tensions sur l'eau, plus particulièrement lorsque les zones d'accès se chevauchent et que l'application de la réglementation est inégale. Ce sont là des préoccupations que les Premières Nations de tout le pays continuent de nous faire part directement.
Il faut aussi reconnaître l'existence de problèmes de gestion plus généraux. Nous continuons de voir des lacunes dans les données et la surveillance, une utilisation limitée du savoir autochtone et des capacités d'application de la loi insuffisantes. Par exemple, les répercussions de la pêche avec remise en liberté, en particulier lorsque les températures sont plus chaudes, ne sont pas toujours pleinement prises en compte dans les décisions. Ces pressions viennent s'ajouter aux défis de gérer des stocks déjà en déclin.
La voie à suivre n'est pas de créer de nouvelles politiques. C'est d'accomplir le travail que nous nous sommes déjà engagés à faire. Il faut notamment reconnaître les Premières Nations comme étant des détenteurs de droits et des partenaires du gouvernement, évoluer vers un processus décisionnel élaboré conjointement et veiller à ce que les décisions soient prévisibles, transparentes et conformes à l'article 35. Nous observons déjà cette pratique dans le cadre d'ententes de réconciliation et de reconnaissance des droits et d'autres approches de gouvernance conjointe.
Pour conclure, le calendrier des dates d'ouverture et de fermeture des pêches n'est pas un problème isolé. Il reflète des défis plus vastes et de longue date liés à la manière dont les pêches sont gérées au Canada. Ces problèmes ont été relevés à maintes reprises, mais ne sont toujours pas résolus. Sans une transition vers une gestion intergouvernementale fondée sur les droits, les mêmes problèmes continueront de se poser, notamment ceux liés au calendrier et à l'accès.
L'APN encourage le Comité à se concentrer sur ces enjeux de gouvernance sous-jacents et à soutenir les approches qui veillent à ce que les droits des Premières Nations soient pleinement reconnus et mis en œuvre dans la pratique.
Wela'lioq. Merci.
:
Madame la présidente, membres du Comité, je vous remercie de me donner l'occasion de m'exprimer dans le cadre de votre étude.
Le Conseil canadien des pêches, ou CCP, représente l'industrie canadienne des pêches et des fruits de mer et promeut une ressource saine et une industrie prospère, qui joue un rôle essentiel dans l'économie canadienne.
[Traduction]
Généralement, le Canada a un bilan solide au chapitre de la détermination des dates des saisons de pêche. C'est dans un esprit d'amélioration continue que je vous adresse mes observations. Les processus de détermination des dates d'ouverture et de fermeture doivent être prévisibles, ils doivent être effectués en temps opportun et ils doivent être fondés sur des données scientifiques solides. Pour atteindre ces objectifs, le gouvernement du Canada doit investir dans les sciences halieutiques, il doit s'associer à l'industrie pour tirer pleinement profit de ses recherches scientifiques et il doit annoncer les dates d'ouverture et de fermeture suffisamment à l'avance.
Comme tous les autres secteurs, le secteur canadien des pêches doit pouvoir compter sur des processus qui sont prévisibles et effectués en temps opportun. En soi, la pêche d'espèces sauvages présente de nombreux facteurs d'incertitude, dont la fluctuation des stocks, les conditions météorologiques et le coût des intrants. Certains de ces facteurs échappent à notre contrôle. Il est donc d'autant plus important que les décisions du gouvernement quant à qui peut pêcher et quand soient prises de manière prévisible et en temps voulu, ce qui est très souvent le cas. Toutefois, lorsque les décisions sont prises sans respecter les cadres et à court préavis, les pêcheurs et les transformateurs en subissent de lourdes conséquences.
Toutes les décisions que le gouvernement prend dans ce domaine doivent être fondées sur des données solides provenant des sciences halieutiques. Il serait avantageux pour les pêches canadiennes que l'on investisse davantage dans les sciences halieutiques, qui peuvent servir à orienter les décisions du gouvernement. Afin de limiter au maximum les répercussions négatives inutiles et involontaires que subissent notre secteur et les communautés qui en dépendent, les pêcheurs et les transformateurs de fruits de mer doivent participer à toutes les discussions dans lesquelles des facteurs externes sont pris en compte.
L'industrie est un partenaire fiable qui dispose de la capacité et des ressources nécessaires pour contribuer à la collecte et à l'analyse de données scientifiques pour de nombreuses pêches. D'ailleurs, l'industrie investit déjà dans des études sur différentes pêches qui servent à éclairer les décisions du gouvernement du Canada. Il existe d'autres possibilités. Le CCP a eu des discussions préliminaires positives avec Pêches et Océans Canada, et nous sommes impatients de continuer à progresser dans ce domaine.
[Français]
En bref, le CCP et ses membres estiment que les processus de détermination des dates d'ouverture et de fermeture des pêches doivent être prévisibles, effectués en temps opportun et fondés sur des données scientifiques complètes et solides. Pour ce faire, le gouvernement du Canada doit investir dans ces données, collaborer avec l'industrie afin de tirer pleinement profit de ses connaissances scientifiques et annoncer les dates d'ouverture et de fermeture bien à l'avance. Dans la plupart des cas, le Canada a un bilan solide, et il a l'occasion de l'améliorer.
Je vous remercie encore une fois. Je serai heureux de répondre à vos questions.
:
Merci, madame la présidente.
Je remercie tous les témoins d'être ici aujourd'hui.
Notre étude s'avère très importante pour les pêcheurs de toutes sortes, pour des raisons de sécurité, d'accès et plus encore.
Monsieur Wareham, je vais m'adresser à vous en premier. Vous avez mentionné que l'ouverture retardée des saisons avait causé, entre autres, des pertes de temps précieux pour la pêche. Normalement, à quel moment l'ouverture de la saison serait-elle annoncée, et par combien de temps est‑il arrivé qu'elle soit retardée?
:
Merci beaucoup pour la question.
Étant donné ce qui s'est passé en 2025, nous avons tenté d'améliorer la situation en 2026. Les données scientifiques sur la morue du Nord ont été publiées fin mars. Je pense que le mémoire technique a été rendu public le 1er ou le 2 avril. Ensuite, le MPO a tenu une réunion du comité consultatif du poisson de fond plus tôt que d'habitude. La réunion a eu lieu le 8 avril, dans le but de rendre la décision la semaine suivante environ. Nous l'avons devancée cette année pour tenter de... Tout le monde était présent. Une fois les données scientifiques présentées, les responsables ont donné leur avis sur ce que devrait être le quota et sur la manière dont la pêche devrait être gérée.
À Terre-Neuve, le ministère des Pêches et des Océans délivre toujours des permis imprimés pour la pêche à la morue du Nord. Je ne sais pas s'il en est de même partout, mais c'est ce qu'il fait à Terre-Neuve. Le processus prend deux semaines. Même si la décision est rendue d'ici une semaine et l'industrie accepte d'ouvrir la saison le 1er juillet, il faut prévoir un délai de deux semaines.
Le MPO a besoin de deux semaines pour délivrer les permis aux pêcheurs. Il doit y avoir un délai minimum de deux semaines entre l'annonce du quota et la date d'ouverture de la saison. Comme je l'ai dit dans ma déclaration préliminaire, la pêche est fermée jusqu'au 30 juin pour la période de frai. Par conséquent, la pêche à la morue du Nord ne pourra pas ouvrir avant le 1er juillet. Pour que ce soit possible, la décision devra être rendue d'ici une semaine environ.
:
Merci, monsieur Arnold.
Comme d'autres témoins l'ont dit, ainsi que de mon propre point de vue et d'après ce que me disent nos membres, nous devons être consultés de manière sérieuse sur les enjeux qui nous touchent. Pour ce qui est de passer, en 2026, de permis imprimés à un système électronique, je pense que c'est une idée qui mérite d'être explorée. Il faut s'assurer qu'une telle transition n'aura pas de répercussions négatives involontaires sur ceux dont les systèmes ou les processus sont fondés sur un modèle papier. Nous devrions absolument avoir une discussion sérieuse à ce sujet.
En ce qui concerne les dates d'ouverture et de fermeture, c'est une question de prévisibilité et de transparence. Si une date d'ouverture doit être modifiée pour une raison quelconque, l'industrie doit être informée des motifs d'une telle décision ainsi que du rôle qu'elle peut jouer. Dans l'ensemble, sur ce plan, je pense que le Canada a un bilan très solide. Plus le processus est prévisible et fait en temps opportun, mieux c'est. Dans la mesure du possible, il faut éviter de retarder les dates d'ouverture et de fermeture.
:
La morue passe l'hiver principalement dans la division 2J. En été, elle se déplace vers les divisions 3K et 3L, en zone côtière. Ensuite, elle retourne en zone hauturière.
Il y a 10 ans, nous avons lancé un projet d'amélioration de la pêche en vue d'obtenir la certification du MSC pour la morue du Nord. Il y a quelques semaines, nous avons annoncé, au salon des fruits de mer de Barcelone, que nous étions rendus à l'étape de l'évaluation complète du MSC.
Une partie de ce travail consiste à suivre les mouvements migratoires. Nous avons marqué 1 100 morues du Nord. Certaines étiquettes utilisent des piles d'une durée de vie de cinq ans. Nous analysons les mouvements migratoires au moyen de 75 transpondeurs placés dans l'océan, sur la côte nord-est de Terre-Neuve.
L'écosystème a changé depuis le début des années 1980 et les années 1990. Pour assurer une meilleure gestion de la pêche fondée sur des données scientifiques à jour, il faut étudier les mouvements migratoires de la morue afin de bien les comprendre.
:
L'ouverture retardée de la saison y est pour quelque chose. De plus, malheureusement, pour la première fois de l'histoire de Terre-Neuve, il y a eu des feux de forêt dans la baie de la Conception, comme vous le savez. Certains pêcheurs ont dû évacuer la région; par conséquent, ils n'ont pas pu pêcher.
En outre, fait intéressant, les poissons ont quitté la baie de la Conception deux semaines plus tôt que l'année précédente. Que les raisons soient liées aux conditions environnementales ou à d'autres facteurs, les poissons sont partis. Puisque les poissons n'étaient pas là, les pêcheurs ne pouvaient pas les prendre.
De nombreux facteurs semblent avoir contribué à cette situation. L'ouverture de la saison a été retardée, les gens ont été évacués et les poissons se sont déplacés. Comme vous le savez, à Terre-Neuve, les conditions météorologiques changent après la fête du Travail. Il n'est pas sécuritaire pour les pêcheurs d'opérer un navire de jour dans la baie de Bonavista; ils risquent de ne pas revenir. Les conditions météorologiques sont un facteur déterminant dans le secteur des opérations de jour.
:
Merci beaucoup, madame la présidente.
Je remercie les témoins d'être présents aujourd'hui.
Je veux reprendre un peu les questions de mon collègue M. Connors en m'adressant à vous, monsieur McLinton.
On parle beaucoup des dates d'ouverture et de fermeture pour la période en question. Je me demandais si vous pouviez me décrire un petit peu le processus de consultation actuel du ministère des Pêches et des Océans pour déterminer les dates d'ouverture appropriées selon les zones de pêche.
Est-ce que vous trouvez que ce travail est fait de manière assez précoce? Est-ce qu'il est bien structuré?
Est-ce que les consultations sont faites de façon adéquate et permettent à l'industrie et aux différents acteurs du milieu d'avoir une certaine influence sur les décisions qui sont prises?
J'aimerais que vous en disiez un peu plus là-dessus.
:
Merci, monsieur Champoux.
[Traduction]
Je vais d'abord répéter ce que j'ai mentionné dans ma déclaration préliminaire: généralement, nos membres sont d'avis que les processus fonctionnent bien. C'est dans un esprit d'amélioration continue que je vous adresse mes observations.
D'après ce que j'entends, la majorité des problèmes liés aux dates d'ouverture et de fermeture touchent principalement nos membres de la côte du Pacifique, ou de la côte Ouest. Je vais donc demander à l'un des membres du CCP, Grant Dovey, de nous parler de son expérience dans un instant. C'est là qu'il y a le plus de difficultés. Cela dit, d'après ce que j'entends, plus les procédures sont claires et transparentes, mieux c'est; de plus, tout se passe mieux quand le gouvernement s'y conforme réellement.
J'invite M. Dovey à nous parler de son expérience.
:
Merci, monsieur McLinton.
Je pourrais prendre l'exemple de la pêche à la crevette du Pacifique. Cette pêche ouvre habituellement à la mi‑mai. Les gestionnaires ont fait du bon travail en organisant les réunions du comité consultatif et en soumettant le Plan de gestion intégrée des pêches pour examen, mais nous n'avons pas obtenu l'approbation de ce plan avant la fin avril.
Il y avait des indications que la pêche commencerait à la mi‑mai, mais nous avions besoin de l'avis de pêche officiel avant l'ouverture, et nous n'avons reçu cet avis que six jours avant l'ouverture le 13 mai. Vous pouvez imaginer les difficultés liées à la logistique, aux équipages, aux acheteurs, à la glace, aux appâts et à tout ce dont nous avons besoin. C'est vraiment intenable. C'est le plus tard que nous ayons vu pour la pêche sur la côte Ouest.
:
Comme je l'ai dit, la plupart des membres me disent que les choses fonctionnent généralement bien.
Je soulignerais également tout ce qui a trait à la sécurité. La sécurité est une priorité absolue pour les membres du Conseil canadien des pêches.
Il y a d'autres facteurs dont il faut tenir compte lorsqu'on prend les décisions concernant les dates d'ouverture et de fermeture. Je pense que ce qu'il faut, c'est un processus plus clair et plus transparent, et il faut aussi s'assurer que, dans tous les cas, tout le monde comprend le processus, qu'il est respecté et que les décisions sont prises en temps opportun.
Dans l'ensemble, ce que j'entends de la part des membres, en particulier sur la côte Est, c'est que les processus décisionnels fonctionnent généralement bien, de sorte que mes commentaires visent à l'amélioration continue.
:
Merci, monsieur McLinton.
Merci, monsieur Klassen.
Les comités consultatifs ont terminé leurs travaux à l'automne, comme d'habitude, et le plan est habituellement publié vers le début de la nouvelle année.
La pêche a commencé le 13 mai. Le plan a été publié à la fin d'avril, mais nous n'avons eu l'avis de pêche officiel confirmant cette date que six jours avant l'ouverture. C'est ce qui est arrivé, et c'est vraiment difficile dans ce cas de coordonner les équipes, le travail, etc., pour être prêts à l'ouverture.
Nous ne savons pas pourquoi cela a pris autant de temps. Il semble que le plan et la date cible n'aient pas été modifiés après les réunions de l'automne, mais le processus doit changer au sein du MPO. Je ne sais pas ce qui se passe en arrière-plan et qui retarde les choses.
:
Merci, madame la présidente.
Monsieur Wareham, j'imagine que, dans votre industrie, avoir de la prévisibilité est un défi. J'imagine qu'il est difficile de s'organiser en fonction des variables dont on a parlé un peu plus tôt, soit les différentes dates pour l'ouverture des pêches, qui est souvent tardive, et pour la fermeture des pêches, qui est parfois hâtive, parfois tardive, ainsi que les autres facteurs qui entrent en ligne de compte.
Comment voyez-vous cette espèce d'incertitude? Est-ce que les choses se font de façon adéquate pour essayer, du moins pour ce qui relève du gouvernement, de donner à votre industrie le plus de prévisibilité possible?
Est-ce que vous trouvez que, franchement, ça pourrait être mieux fait?
Est-ce que vous êtes critique de la façon dont le ministère des Pêches et des Océans fait les choses, par exemple?
J'aimerais faire quelques observations à l'intention des nouveaux témoins.
Veuillez adresser vos commentaires à la présidence. Vous avez ce qui ressemble à un globe au bas de votre écran. Vous pouvez l'utiliser pour obtenir l'interprétation dans la langue de votre choix.
Vous disposez de cinq minutes pour faire votre déclaration.
J'aimerais souhaiter la bienvenue à Mme Claire Mavin, qui comparaît à titre personnel, ainsi qu'à M. Ghislain Cyr, un pêcheur à la retraite.
Nous allons commencer par Mme Mavin, pour cinq minutes. Allez-y.
:
Merci, madame la présidente et messieurs les députés.
Je m'appelle Claire Mavin. Depuis plus de 10 ans, je pratique la pêche commerciale aux côtés de mon père, Doug Mavin. Nous pêchons le flétan, le saumon, le poisson de fond et la crevette. Je suis la quatrième génération de ma famille à dépendre de cette industrie comme moyen de subsistance.
Le fait d'avoir grandi dans le secteur de la pêche commerciale a façonné qui je suis. Elle m'a enseigné la détermination, la persévérance, la patience et l'éthique de travail, tout en me permettant de subvenir à mes besoins financiers tout au long de mes études universitaires.
Nos activités de pêche nécessitent une énorme préparation, une logistique complexe et des investissements en capital. Chaque décision que nous prenons dépend entièrement de la publication en temps opportun des avis d'ouverture et de fermeture par le MPO, et c'est important pour gérer efficacement nos coûts et nos activités.
La tendance actuelle du MPO à prendre des décisions tardives a de graves conséquences pour les pêcheurs. Nous l'avons vu clairement lors de la dernière saison de pêche à la crevette, quand la fermeture n'a été annoncée qu'à quelques jours de préavis. Les bateaux se sont retrouvés dans des situations logistiques difficiles, ce qui a fait augmenter les coûts pour de nombreux pêcheurs. Cela a eu une incidence sur la productivité des pêches et compliqué les pratiques de pêche durables.
Cette année, c'était l'inverse. C'est la date d'ouverture qui nous a été donnée à court préavis, une date d'ouverture qui a toujours été constante par le passé. Ce manque de prévisibilité crée des difficultés financières et physiques immédiates et inutiles pour tous les participants à la pêche.
Ce qui me préoccupe le plus, cependant, c'est la gestion de notre pêche à la traîne du saumon. En raison de l'incongruité des dates d'ouverture et du moment de la montaison, la majorité du stock a transité par notre zone avant qu'on nous accorde l'accès. Nous n'avons donc pu atteindre qu'environ la moitié de notre quota autorisé, ce qui s'est traduit par une baisse importante des revenus de la flotte, des revenus qui constituent notre moyen de subsistance après avoir recouvré nos coûts d'exploitation.
Cette baisse de revenus n'est pas liée aux compétences de la flotte, mais à la politique ministérielle, une politique qui a des coûts importants pour moi. Pour éviter de perdre des revenus vitaux, je suis obligée de manquer les premières semaines de mes cours à l'université chaque année. Parallèlement, mes frères et sœurs voient des revenus cruciaux leur échapper parce que la pêche est repoussée de plus en plus tard à l'automne.
En raison de cette ouverture tardive, chaque jour est précieux, et nous sommes obligés de pêcher par mauvais temps et dans des conditions difficiles pour tirer le maximum d'une fenêtre beaucoup trop étroite.
Les activités de notre flotte commerciale sont fortement limitées, alors même que nous voyons d'autres groupes augmenter leurs niveaux de prises pour ce même poisson qu'on nous interdit de pêcher. Nous sommes contraints de pêcher en dernier, après que tous les autres groupes ont déjà obtenu un accès.
Cette politique d'accès préférentiel, qui prive le secteur commercial de possibilités, est inacceptable. Cela affaiblit notre industrie et force concrètement la prochaine génération à la quitter. Dans ces conditions, il est pratiquement impossible de maintenir un équipage professionnel, ce qui oblige les capitaines à compter de plus en plus sur des étudiants et des travailleurs à temps partiel. La gestion de ce taux de roulement élevé est déjà un défi important pour les pêcheurs, et le fait que le ministère ne les avise pas en temps opportun ne fait qu'aggraver cette difficulté.
Je suis l'une des quatre membres de notre fratrie. Aucun de nous ne prévoit faire carrière dans la pêche commerciale. Nous aimerions le faire, mais nous ne le pouvons pas, parce que les tendances politiques actuelles ne donnent absolument aucun espoir aux jeunes générations d'avoir un avenir viable dans ce domaine.
J'exhorte le Comité à demander des comptes au ministère, à exiger des échéanciers transparents et harmonisés pour les ouvertures et les fermetures, et à rétablir un accès équitable à la flotte commerciale de ligneurs.
Je vous remercie et je serai ravie de répondre à vos questions.
:
Madame la présidente, membres du Comité, je tiens à vous remercier de me permettre de vous parler de questions qui me tiennent à cœur.
Je m'appelle Ghislain Cyr. Je suis un pêcheur, à la retraite, de poisson de fond, de poisson pélagique et de crabe, ainsi qu'un défenseur de la chasse au phoque.
Engagé en tant que pêcheur et citoyen, mon désir de pratiquer une pêche durable et respectueuse de l'environnement était relié à une vision écosystémique et une compréhension du milieu marin. Pour moi, la pêche ne pouvait se dissocier de la santé, du mieux-être, de la sécurité et de la souveraineté alimentaire de nos communautés. Afin de poursuivre ces objectifs, je me suis impliqué et j'ai sollicité des chercheurs, tant du domaine de la mer que de la santé et des sciences sociales. Cette étroite collaboration m'a amené à recevoir un doctorat honoris causa de la Faculté de médecine de l'Université Laval et à devenir un ambassadeur de la santé planétaire.
C'est à partir de ces diverses expertises que j'aborderai les facteurs déterminant les dates d'ouverture, de réouverture et de fermeture des saisons de pêche. C'est un sujet très vaste. Il faut connaître les particularités d'une espèce et avoir une bonne compréhension du système marin et de ses interactions. Les décisions doivent être analysées, réfléchies et prises de façon globale. On doit veiller à préserver les gros géniteurs pour assurer la pérennité d'un stock, comme on le fait pour la pêche au homard. On doit aussi considérer la période de ponte. Par exemple, celle du maquereau se déroule de mai jusqu'à la mi-juillet.
Depuis une dizaine d'années, tout change rapidement. Pensons à la température, à la prédation, à la déprédation, à l'absence de glace, à l'augmentation de nourriture dans certains territoires, aux déplacements géographiques, et ainsi de suite. À travers ces divers changements, on observe une modification des tendances liées à plusieurs ressources. Depuis 2017, l'arrivée des grands requins blancs, par exemple, y contribue aussi. Le stock de flétan a diminué autour des îles de la Madeleine. Les requins sont des prédateurs de mammifères marins et de poissons. Ils poussent les phoques gris près des côtes vers d'autres régions et vont nuire à nouveau. On peut penser au saumon, au béluga et à d'autres espèces. Toutefois, le phoque, en se déplaçant, contribue à l'augmentation de la biomasse de morue dans notre région.
Il faut aussi apprendre des erreurs du passé et ne pas rouvrir la pêche sous les mêmes conditions, comme pour les trois moratoires sur la pêche à la morue. Il faut déterminer quels sont les engins de pêche les plus appropriés et les plus favorables à une pêche durable, selon les particularités de chacune des ressources.
On peut aussi prendre l'exemple du maquereau. C'est une espèce considérée peu lucrative par Pêches et Océans Canada, mais combien importante pour une communauté, tant pour sa valeur nutritive que pour la culture d'un milieu. Ce poisson est une source exceptionnelle d'acides gras oméga, en plus d'être abordable, ce qui est particulièrement avantageux dans le contexte économique actuel.
Pourquoi envisager de prioriser cette ressource, actuellement visée par un moratoire, seulement pour l'appât, alors qu'elle peut être un aliment de premier choix pour une population?
Le maquereau est un poisson fragile. Aucune remise à l'eau ne devrait être autorisée, étant donné le taux de mortalité de 90 % après celle-ci. Lorsque le poisson est pêché à l'hameçon, sa qualité est meilleure et il se conserve mieux, et il peut ainsi répondre aux besoins de tous, tant pour la consommation humaine que pour l'appât. Ainsi, les scientifiques peuvent obtenir des données plus justes offrant un meilleur aperçu global de la biomasse.
Le filet maillant pour le maquereau occasionne la perte non comptabilisée, par suffocation, de très gros géniteurs. Ces poissons sont de moindre qualité et peu propices à la consommation humaine.
Il est incompréhensible, voire inacceptable qu'on ait autorisé l'ouverture de la pêche au maquereau, une espèce visée par un moratoire, au filet maillant et non à l'hameçon comme le demandaient plusieurs pêcheurs et citoyens, seulement pour l'appât et non pour la consommation humaine, et, de surcroît, pendant la période de fraie.
Pêcher est un privilège et non un droit. La ressource appartient à la communauté et non seulement aux pêcheurs. J'aimerais que les pêcheurs et les décideurs se questionnent sur l'approvisionnement en appât. Actuellement, je suis extrêmement préoccupé par la quantité astronomique de ressources qui est utilisée pour l'appât. Il est primordial de la réduire. Cela peut avoir un effet majeur sur la santé de nos ressources et de nos océans.
:
Madame la présidente, honorables membres du Comité, bonjour. Je vous remercie de me donner l'occasion de comparaître devant vous aujourd'hui. C'est toujours un honneur de présenter le point de vue des pêcheurs sur les questions qui touchent l'industrie de la pêche au Canada atlantique, en particulier au Cap-Breton, ma région natale.
Je suis actuellement président de la Cape Breton Fish Harvesters Association et propriétaire-exploitant indépendant d'une entreprise de pêche commerciale. Cela me confère non seulement la responsabilité de représenter les pêcheurs, mais aussi une expérience directe des réalités auxquelles notre industrie est confrontée sur l'eau au quotidien.
Cette étude arrive à un moment important en raison des récents ajustements apportés aux saisons de pêche au homard dans l'Est de la Nouvelle-Écosse, de sorte que dans certaines zones, l'ouverture de la pêche a lieu 7 à 14 jours plus tôt environ. Ces décisions ne sont pas prises à la légère. Elles font l'objet de discussions continues entre les pêcheurs, les représentants des ports, les scientifiques et le ministère des Pêches et des Océans dans le cadre des réunions de consultation tenues au printemps et à l'automne.
Je tiens à souligner aujourd'hui que chaque zone de pêche au homard, ou ZPH, est différente. Ce qui fonctionne dans une zone ne fonctionne pas nécessairement ailleurs. Même en Nouvelle-Écosse, les régimes météorologiques, les conditions océaniques, l'accès aux ports et les réalités de la pêche peuvent varier d'un port à l'autre. Par exemple, la ZPH 27 est l'une des plus grandes zones de pêche au homard de la province, ce qui, en soi, entraîne des difficultés. Dans certains cas, la direction du vent peut empêcher une pêche sécuritaire dans un port, mais n'avoir aucune incidence dans un autre port. L'état des glaces, les tempêtes, l'état de la mer et les infrastructures portuaires ont aussi une incidence sur le moment où les pêcheurs peuvent pratiquer la pêche en toute sécurité.
La sécurité doit demeurer une priorité absolue dans toute discussion sur l'établissement des dates des saisons de pêche. Les pêcheurs sont prêts à travailler fort, mais personne ne devrait se retrouver dans des situations dangereuses en raison de calendriers rigides qui ne reflètent pas les conditions réelles sur l'eau.
La communication et la consultation sont également des enjeux importants. Le ministère s'appuie trop souvent sur les représentants des ports pour communiquer avec les pêcheurs et relayer leurs commentaires. Ce système joue certes un rôle important, mais il n'est pas sans difficulté. On entend fréquemment les préoccupations des pêcheurs qui estiment ne pas être adéquatement représentés ou consultés. Dans bien des cas, les représentants font de leur mieux, mais dans les zones de pêche vastes et diversifiées, la communication peut se détériorer. L'information n'est efficace que si les gens font confiance au processus sous-jacent. Il est primordial de bâtir et de maintenir la confiance.
Les changements climatiques deviennent aussi un facteur majeur dans le processus décisionnel du MPO, et les pêcheurs sont directement témoins de ces changements. Le réchauffement des températures océaniques a une incidence sur les déplacements du homard, les périodes de mue et l'état général des stocks tout au long de la saison. Dans certaines zones, le réchauffement des eaux pendant la saison suscite également des préoccupations concernant la manipulation et la protection des femelles œuvées. Les mesures de conservation doivent continuer à évoluer parallèlement aux changements environnementaux si nous voulons des stocks en santé et durables pour les générations futures.
La science joue évidemment un rôle important dans le processus d'établissement des saisons de pêche. Le MPO tient compte des évaluations des stocks, des températures de l'eau, et des objectifs de conservation et de durabilité à long terme. Les pêcheurs comprennent l'importance de protéger la ressource, car nos moyens de subsistance, nos collectivités et notre avenir en dépendent. En même temps, il est essentiel de continuer à respecter le savoir local et l'expérience pratique de la pêche au même titre que les avis scientifiques. Les pêcheurs passent leur vie sur l'eau, et leurs observations de première main fournissent de précieux renseignements qui devraient continuer à faire partie du processus décisionnel.
Les pressions économiques sont une autre réalité qui ne peut être ignorée. Le prix du carburant demeure extrêmement élevé, le prix des appâts n'a jamais été aussi élevé, et le prix du homard lui-même n'a pas beaucoup changé au cours des quatre dernières années. Parallèlement, les coûts liés aux équipages, à l'entretien, aux assurances et aux activités quotidiennes ne cessent d'augmenter.
Voilà pourquoi l'accès à des sources locales d'appâts est important. Des conditions relatives aux appâts qui sont raisonnables peuvent contribuer à atténuer certaines pressions financières et à réduire les coûts d'exploitation au cours d'une saison déjà difficile.
Dans la ZPH 27, en particulier, les conditions relatives aux appâts pour la saison à venir n'ont été publiées que le 27 mai, même si la saison du homard en était déjà à sa troisième semaine. À ce moment‑là, il ne restait plus beaucoup de maquereau de plus grande taille.
Cela démontre encore une fois l'importance de tenir davantage compte du savoir et de l'expérience des pêcheurs dans le processus décisionnel. Habituellement, c'est à cette période de l'année que le gaspareau et le maquereau se déplacent dans la zone, et les pêcheurs ont raté une excellente occasion de compenser en partie la hausse des coûts d'exploitation.
:
[
Le témoin s'exprime en halq'eméylem et fournit le texte suivant:]
ey swayel, siyamthelaltel tel skwi.
[Traduction]
Bonjour. Madame la présidente, membres du comité permanent, je vous remercie de l'invitation à témoigner dans le cadre de cette étude.
Je m'appelle Aidan Fisher. Je suis membre de la Nation Stó:lo, de la communauté de Tzeachten, à Chilliwack, en Colombie-Britannique. Je participe aujourd'hui à la réunion depuis le territoire s'ólh téméxw, à Vancouver. Comme mentionné, je travaille comme biologiste des pêches au Conseil de gestion du saumon du Fraser. Dans le cadre de mes fonctions, je copréside le comité technique mixte du Fraser Salmon Management Board, ou FSMB.
Le CGSF — le Conseil de gestion du saumon du Fraser — agit à titre de secrétariat du Fraser Salmon Management Board et de facilitateur auprès des Premières Nations du Fraser et des zones d'approche marine afin de promouvoir la collaboration de nation à nation dans la prise de décisions en matière de gouvernance et de gestion des pêches au saumon du Fraser par les Premières Nations, et en matière de conservation.
Le Fraser Salmon Management Board et le comité technique mixte ont été créés pour appuyer la mise en œuvre de l'entente de collaboration en matière de gestion du saumon du Fraser. L'entente de collaboration a été signée en 2019 par le Canada et 76 Premières Nations du Fraser et des zones d'approche marine, au terme d'un processus entrepris en 2012 entre le Canada et 60 Premières Nations. Le CGSF compte 81 collectivités des Premières Nations signataires.
L'entente de collaboration en matière de gestion du saumon du Fraser vise à créer, promouvoir et soutenir des structures de gouvernement à gouvernement et de nation à nation pour la gouvernance, la gestion collaborative et la conservation du saumon du Fraser. L'entente définit les principes directeurs, les rôles et les processus pour les instances dirigeantes — le Fraser Salmon Management Board et le comité technique mixte — afin d'appuyer Pêches et Océans Canada et le CGSF dans l'exercice de leurs fonctions respectives liées au saumon du Fraser, notamment leurs pouvoirs décisionnels, leurs responsabilités et compétences et l'application des lois. L'entente fournit un cadre pour la prise de décisions de gouvernement à gouvernement par les parties — le Canada et les Premières Nations — concernant les préoccupations prioritaires relatives à la gestion de la pêche au saumon du Fraser le long de la voie migratoire, comme établi dans le plan de travail annuel du Fraser Salmon Management Board.
Le comité technique mixte est un comité d'examen technique nommé par le CGSF et le MPO. Le comité technique mixte compte 10 membres qui sont nommés, soit cinq personnes du Conseil de gestion du saumon du Fraser représentant les Premières Nations et cinq du MPO. Le comité technique mixte est chargé d'examiner les aspects techniques de la gestion de la pêche au saumon du Fraser et de formuler des recommandations à l'intention du Fraser Salmon Management Board.
Depuis 2019, le FSMB et le comité technique mixte travaillent à l'élaboration de processus opérationnels pour la mise en œuvre de l'entente de collaboration en matière de gestion. Il n'existe aucun manuel sur les modalités de la mise en œuvre de l'entente de collaboration en matière de gestion du saumon entre les Premières Nations et le Canada. Le CGSF et le MPO travaillent toujours activement sur les processus de mise en œuvre de l'entente de collaboration.
Plus récemment, le Fraser Salmon Management Board a formulé des recommandations consensuelles concernant la gestion de la pêche au saumon du Fraser. À titre d'exemple, mentionnons la possibilité d'accroître les cibles de pêche du saumon rouge à des fins alimentaires, sociales et rituelles des Premières Nations lors d'une année d'abondance, comme en 2022, et de maintenir le plan d'échappée de saumon rouge du Fraser pour plusieurs années, ce qui a été le cas récemment.
Cependant, le Fraser Salmon Management Board n'a pas été en mesure de mettre en œuvre l'entente de collaboration en matière de gestion pour d'autres aspects de la pêche au saumon du Fraser. Le comité technique mixte et le Fraser Salmon Management Board ont fait un travail considérable sur la gestion du saumon chinook du Fraser pendant des années, mais ce travail n'a pas abouti à des recommandations de l'organisme pour la gestion du saumon chinook. Le Fraser Salmon Management Board a eu recours au processus officiel de règlement des différends prévu à l'entente de collaboration à maintes reprises au sujet de cette question.
Il est important de reconnaître la portée du Fraser Salmon Management Board et du Conseil de gestion du saumon du Fraser. La structure de gestion des pêches du MPO est toujours en place. L'ouverture des saisons, les allocations de pêche et les permis, notamment, font toujours partie de la structure du MPO, et sont toujours principalement gérés par l'intermédiaire de structures et processus préexistants du MPO. Le Fraser Salmon Management Board fonctionne à un niveau plus large ou plus élevé. C'est là qu'ont lieu les discussions et décisions relatives aux objectifs généraux de gestion en matière de conservation, d'échappées ou d'objectifs de récolte.
L'entente de collaboration en matière de gestion et les processus connexes, comme le Fraser Salmon Management Board et le comité technique mixte, sont encore très nouveaux. Jusqu'à présent, le comité technique mixte a pu travailler efficacement, parvenir à un consensus, faire des examens et présenter des recommandations techniques au Fraser Salmon Management Board, mais ce dernier a cependant eu plus de difficulté à formuler des recommandations consensuelles. Nous avons constaté des progrès avec le MPO quant au respect de l'esprit de l'entente de collaboration en matière de gestion, mais il semble hésiter à s'y engager pleinement, étant donné que le Fraser Salmon Management Board a recouru au mécanisme de règlement des différends à maintes reprises.
Je vous remercie du temps que vous m'avez accordé ce matin.
:
Je vous remercie beaucoup de votre question.
Cela dépend, et cela varie d'une pêche à l'autre. Je peux parler de la pêche à la crevette en particulier. Concernant le recrutement d'équipages pour cette pêche, lorsque vous travaillez sur un bateau-congélateur... L'emballage sur un bateau-congélateur exige un ensemble de compétences, et la main-d'œuvre possédant les compétences nécessaires pour la pêche à la crevette est limitée.
Quant à la préparation d'avant-saison, cela prend habituellement deux semaines, environ. Évidemment, il y a du travail à faire durant la saison morte pour l'entretien du bateau, par exemple, mais pour ce qui est de la préparation à la pêche proprement dite, cela prend environ deux semaines. Quand on reçoit l'avis officiel seulement quelques jours avant l'ouverture de la pêche, il est très difficile de planifier quand il faut d'abord faire le travail de deux semaines.
:
Merci, madame la présidente.
Monsieur Cyr, merci d'être avec nous aujourd'hui.
Je suis un gars du Nouveau‑Brunswick. Nous nous saluons probablement, des fois, à partir de nos côtes respectives.
Vous avez parlé de l'ouverture et de la fermeture des saisons de pêche, mais aussi d'un écosystème qui change beaucoup. Il y a beaucoup plus de prédateurs dans nos régions, comme le phoque, que je vois chez moi et que je ne voyais pas auparavant, le bar rayé, et ainsi de suite. Vous avez même parlé des requins blancs, qui sont de plus en plus présents. J'espère ne pas être une de leurs proies quand je me baignerai près de la côte, chez moi.
Blague à part, parlons maintenant de la pêche au maquereau. Vous en avez beaucoup parlé. Vous avez parlé d'alimentation, mais aussi d'appât. C'est le gouvernement qui avait pris la décision de fermer la pêche au maquereau dans les années 2000. Pensez-vous qu'à ce moment-là, c'était une bonne décision pour permettre au stock de se reconstruire?
:
Je vous remercie de la question.
Ce n'est jamais une bonne décision de fermer complètement une pêche. En tant que pêcheurs, nous avons souvent de longues expériences de pêche et nous suivons, année après année, le maquereau et d'autres espèces, comme la plie, la morue, à l'époque, ainsi que le phoque ou tous les prédateurs qui sont dans la région. C'est un tout.
Dans le cas du maquereau, ça fait peut-être 10 ans qu'il a commencé à changer son comportement. Le maquereau passe toute la journée complètement au fond de l'eau. Il a l'air d'une roche sur les images de la sonde. Alors, si je ne peux pas le voir à la sonde, j'imagine que le ministère des Pêches et des Océans, le MPO, ne peut pas le voir non plus.
:
Depuis plusieurs années, il y a une augmentation de la quantité de maquereaux dans l'eau. Je vais vous faire part d'une expérience.
L'été passé, nous avons été surpris par un gros orage sur l'eau. Nous avions à peu près quatre milles à faire sur l'eau, et le maquereau a monté à une profondeur d'à peu près cinq brasses. C'était une ligne continue. Nous avons pêché à plusieurs places et le maquereau était très beau.
Souvent, on ne le voit pas le jour. Il remonte dans la colonne d'eau jusqu'à la surface juste avant la nuit, puis il redescend le matin. Quand le soleil se lève, il descend au fond. Le soir, il monte parce qu'il a l'estomac vide, et il redescend le matin parce qu'il a l'estomac plein. Alors, il vient se nourrir dans la colonne d'eau. Il est donc impossible de le capter à ce moment-là.
:
Oui. J'ai pêché au filet et je sais ce que c'est. Comme je l'ai bien dit tantôt, quand le maquereau est trop gros pour la maille, il se noie. C'est l'asphyxie. Alors, il tombe dans le fond et n'est pas comptabilisé. Ce sont aussi des maquereaux avec des gonades et des œufs, donc ce sont des poissons qui pondent.
La pêche à la ligne, elle, peut servir à tout le monde. Si on leur donne une période assez longue, tous les pêcheurs d'à peu près partout seront capables de pêcher du maquereau, surtout s'ils attendent le mois de septembre ou d'octobre, où le maquereau est plus gras et plus propice à l'alimentation humaine et à l'appât.
Pour moi, les pêcheurs commerciaux devraient avoir un quota hebdomadaire et être capables de vendre du maquereau à la communauté de la région côtière, parce que nous sommes nés avec du maquereau dans la bouche. C'est la même chose pour le hareng et la morue.
[Traduction]
Madame Mavin, tout d'abord, merci de votre présence ici.
Je suis heureux de voir qu'il y a des femmes dans le secteur de la pêche sur l'autre côte. Dans ma région, beaucoup de femmes sont désormais capitaines, détiennent des permis et font leurs débuts dans ce secteur. Je tiens à vous féliciter d'être, si je ne me trompe pas, la quatrième génération de votre famille à exercer ce métier. C'est formidable.
En ce qui concerne le saumon, vous avez dit que certains groupes peuvent commencer en premier, tandis que d'autres passent en dernier. Quels sont les groupes qui commencent en premier, et ceux qui passent en dernier?
:
Merci beaucoup, madame la présidente.
Je remercie les témoins d'être des nôtres aujourd'hui.
Monsieur Cyr, je trouvais vos réponses aux questions de mon collègue très intéressantes, franchement. Je voulais justement aller dans cette direction en vous demandant si, selon vous, le MPO tient suffisamment compte de l'expérience et de la mémoire des pêcheurs dans la prise de décisions. Vous parliez du maquereau, qui est un excellent exemple.
Je pense que vous êtes d'accord pour dire que les méthodes scientifiques ne sont pas tout à fait complètes. Il manque certains éléments. Par exemple, les scientifiques disent que le moratoire aide le maquereau et que, ce que les pêcheurs voient, ce sont généralement de jeunes maquereaux, des juvéniles qui ont moins de sept ans. Vous n'êtes pas d'accord sur cette affirmation, si je comprends bien.
:
Cela dépend de l'espèce de saumon du fleuve Fraser dont vous parlez.
Le saumon rouge du Fraser est principalement géré par le Conseil du fleuve Fraser, qui est un groupe international. Ce groupe se réunit plusieurs fois par semaine. J'assiste à cinq ou six réunions du Conseil du fleuve Fraser par semaine concernant le saumon rouge du Fraser.
La pêche au saumon quinnat est principalement planifiée avant la saison, puis il y a éventuellement un ou deux ajustements en cours de saison, en fonction d'informations imprévues. En général, la pêche au saumon quinnat est fixée avant la saison, avant le début de la pêche, puis elle s'ouvre comme prévu.
Il peut évidemment y avoir des situations exceptionnelles, mais c'est généralement ainsi que cela fonctionne.
:
Merci beaucoup, madame la présidente.
Deux minutes, c'est assez court.
Monsieur Cyr, pour conclure ce tour de questions, je vais simplement vous demander de nous donner des recommandations que nous pourrions faire au ministère des Pêches et des Océans. Je sais que nous pouvons en tirer quelques-unes de votre témoignage d'aujourd'hui, mais y a-t-il des choses que vous voudriez dire directement au ministère concernant les prochaines décisions qu'il va devoir prendre?
Évidemment, on a beaucoup parlé des dates d'ouverture et de fermeture des pêches, mais, si vous vouliez résumer quelques recommandations, quelles seraient-elles?
:
Premièrement, la prévisibilité est un bon mot.
Deuxièmement, il s'agit aussi d'écouter les pêcheurs. On parle beaucoup de l'expérience des pêcheurs, mais j'ai l'impression qu'on ne les écoute pas. Je vois que c'est la même chose dans l'Ouest, ainsi qu'à Terre‑Neuve‑et‑Labrador, dans le cas de certaines décisions.
En ce qui concerne les espèces qui ne sont pas nécessairement lucratives, comme le hareng, le maquereau et la plie, entre autres, il faudrait qu'on reconnaisse leur très grande importance pour la biodiversité.
Les pêcheurs sont des gens qui ont passé tellement de temps sur l'eau. Comme je l'ai dit, il y a d'autres personnes qui pourraient avoir un doctorat, comme moi. Ce sont les scientifiques de Pêches et Océans Canada qui m'ont donné le privilège d'avoir un doctorat. Au fond, ça représente toute l'expérience que j'ai accumulée dans toutes les régions du golfe, qu'il s'agisse de Terre‑Neuve‑et‑Labrador, de l'Île‑du‑Prince‑Édouard ou du Nouveau‑Brunswick. C'est ensemble que nous sommes arrivés à acquérir une grande expérience, grâce aux réunions et à tout le reste. J'aimerais que les gestionnaires de Pêches et Océans Canada, un jour, tiennent compte de toute cette expérience.