:
Chers collègues, la séance est ouverte.
[Français]
Je vous souhaite la bienvenue à la 33e réunion du Comité permanent des pêches et des océans.
[Traduction]
Je tiens d'abord à souligner que nous sommes réunis sur le territoire ancestral et non cédé du peuple algonquin anishinabe et à exprimer ma gratitude pour la possibilité qui nous est offerte d'accomplir l'important travail du Comité sur les terres dont ce peuple est le gardien depuis des temps immémoriaux.
Conformément à l'article 108 du Règlement, le Comité se réunit pour poursuivre son étude sur les pêches du maquereau de l'Atlantique et du hareng de l'Atlantique.
[Français]
La réunion d'aujourd'hui se déroule sous forme hybride, conformément au Règlement. Les députés peuvent y participer en personne ou au moyen de l'application Zoom.
[Traduction]
Avant d'aller plus loin, j'aimerais demander aux participants présents dans la salle de consulter les directives inscrites sur les cartes qui se trouvent sur la table. Ces mesures visent à prévenir les incidents acoustiques et à protéger la santé et la sécurité de tous les participants, plus particulièrement des interprètes.
Conformément à nos motions de régie interne, je signale aux membres du Comité que tous les témoins qui comparaissent en mode virtuel se sont prêtés avec succès aux tests techniques requis.
Voici maintenant quelques consignes à l'intention des membres du Comité et des témoins.
Veuillez attendre que je vous nomme avant de prendre la parole. Si vous participez à la réunion par vidéoconférence, veuillez cliquer sur l'icône du microphone pour activer votre micro. N'oubliez pas de vous mettre en sourdine lorsque vous ne parlez pas.
[Français]
En ce qui concerne l'interprétation, ceux qui participent à la réunion au moyen de l'application Zoom ont le choix, au bas de leur écran, entre le parquet, l'anglais et le français. Ceux qui sont dans la salle peuvent utiliser l'écouteur et choisir le canal désiré.
Pour les membres présents dans la salle, veuillez lever la main pour demander la parole. Pour ceux qui sont sur Zoom, veuillez utiliser la fonction « Lever la main ». Le greffier et moi ferons de notre mieux pour maintenir l'ordre de parole, et nous vous remercions à l'avance de votre patience.
[Traduction]
Avant de présenter les témoins, je tiens à dire d'emblée aux membres du Comité que nous n'aurons probablement pas le temps de siéger à huis clos aujourd'hui, car notre réunion prendra fin à 18 heures.
Sur ce, j'aimerais souhaiter la bienvenue à nos témoins.
Par vidéoconférence, nous recevons Barry Darby; Dylan MacIntyre, pêcheur; et Erin Carruthers, scientifique principale des pêches, Fish, Food and Allied Workers Union.
De l'Union des pêcheurs des Maritimes, nous accueillons Martin Mallet, directeur exécutif, et Louis Ferguson, directeur adjoint, Homarus. Ils sont tous les deux ici en personne.
Sur ce, nous allons commencer par les déclarations préliminaires des témoins.
Monsieur Darby, c'est vous qui prendrez la parole en premier. Vous avez cinq minutes tout au plus.
:
Bonjour à tous, et merci de me donner cette occasion de témoigner devant votre comité.
Je m'appelle Barry Darby. Je suis un ancien pêcheur et un enseignant à la retraite, originaire de Burin, une communauté de pêcheurs située à Terre-Neuve.
Depuis des années, je me consacre principalement à la recherche et à la défense des intérêts en matière de politique de gestion des pêches, aux côtés de ma partenaire, Helen Forsey. Notre initiative politique, baptisée « Changing Course », préconise de passer à une gestion de nos pêcheries axée sur les intrants. Comme vous pourrez le constater, cela concerne donc directement le sujet de l'étude que votre comité mène.
Je souhaite aborder principalement certains aspects scientifiques concernant l'analyse de nos stocks de maquereau et de hareng, ainsi que les mesures actuelles de gestion et de reconstitution.
À notre avis, trois facteurs majeurs entravent considérablement les travaux scientifiques, la gestion et les plans de reconstitution de ces stocks. Pour ce qui est du premier facteur, les tentatives visant à mesurer la biomasse des stocks, à réglementer les prélèvements, et à en prédire les effets, se heurtent à d'énormes incertitudes inhérentes. Ce type d'incertitudes, qui s'entrecroisent, invalident en grande partie les calculs et les décisions opérationnelles qui en découlent, telles que la biomasse du stock reproducteur, le total admissible des captures, les seuils de référence, les plans de reconstitution, et ainsi de suite.
Le deuxième facteur réside dans le fait de confondre la notion de « pêche », et celle d'« exploitation ». L'exploitation, exprimée en biomasse, représente des quantités qui peuvent être mesurées ou estimées en kilotonnes. La pêche, en revanche, demeure une activité qui comporte de nombreuses variantes et unités de mesure différentes. Tenter de mesurer la pêche ou la surpêche en kilotonnes est non scientifique, gravement trompeur, et détourne notre attention de la gestion de la pêche elle-même.
Le troisième facteur est l'idée erronée selon laquelle l'homme serait capable de reconstituer les stocks de poissons. En réalité, c'est la nature qui parvient à rétablir l'équilibre des écosystèmes, pas l'homme. L'homme ne peut que contribuer à cette reconstitution, en cessant notamment de l'entraver. Mais pour ce faire, nous devons comprendre la complexité des écosystèmes marins, ainsi que notre rôle en tant que prédateurs au sommet de la chaîne alimentaire.
Comment pouvons-nous contribuer à la reconstitution et à la préservation des stocks de maquereau et de hareng de l'Atlantique, tout en procédant à leur exploitation de manière optimale? Comme nous l'avons indiqué dans notre note d'information intitulée « Changing Course » présentée au Comité dès 2022, le MPO devrait cesser de se concentrer sur le total des prises admissibles, ou TPA, et sur la manière dont nous les activités de pêche sont menées. Au lieu de s'appuyer sur des contrôles de production, en essayant de prédire l'imprévisible à l'aide de données très incertaines et de modélisations informatiques sujettes à erreur, le MPO devrait passer à un système de contrôles des intrants. En effet, une politique de gestion axée sur les intrants sert à réglementer les intrants impliqués dans l'activité de pêche proprement dite. Il s'agit notamment des engins de pêche autorisés, de la quantité pouvant être utilisée, des personnes autorisées à les utiliser, ainsi que du moment et du lieu d'utilisation.
Pour mettre en pratique cette approche de pêche dite lente préconisée par la gestion axée sur les intrants, le MPO imposerait une pêche sélective du maquereau et du hareng à l'aide d'engins à faible impact, tels que la ligne et l'hameçon et les filets maillants. Les spécifications, c'est‑à‑dire les limites, porteraient sur le nombre, la taille et la profondeur des engins, ainsi que sur leur utilisation exclusive par des pêcheurs commerciaux qualifiés dans des zones désignées et pendant des périodes déterminées. Cette méthode de pêche, apparemment moins efficace, permettrait de capturer principalement des poissons de taille moyenne et d'âge intermédiaire, laissant ainsi les jeunes poissons grandir, et les plus gros reproducteurs reconstituer les stocks.
La gestion axée sur les intrants permettrait également d'obtenir des produits de meilleure qualité et, dans de nombreux cas, d'assurer une pêche continue de diverses espèces tout au long de l'année, ce qui profiterait aux pêcheurs, aux transformateurs, et aux collectivités.
Dans le cadre d'un modèle de gestion axée sur les intrants, des boucles de rétroaction intégrées permettent au système de s'autoréguler en grande partie, empêchant ainsi la surpêche. Par exemple, si le maquereau venait à se raréfier, les réglementations relatives aux engins de pêche et aux autres facteurs de production rendraient toute surpêche impossible. Si les stocks de poissons étaient abondants, les captures seraient proportionnellement importantes.
Un suivi et une évaluation adéquats permettraient bien entendu de mettre en évidence les réussites et les problèmes en temps réel, ce qui permettrait d'apporter les ajustements nécessaires pour l'année suivante. C'est à l'usage qu'on peut juger de la qualité d'une chose. La pêche au homard sans quotas de Terre-Neuve‑et‑Labrador utilise avec beaucoup de succès une gestion fondée sur les intrants depuis près d'un siècle, et de nombreuses pêcheries d'invertébrés performantes aux États-Unis y ont également recours.
Pour conclure, nous pourrions suggérer à nos voisins américains d'appliquer eux aussi un modèle de gestion axée sur les intrants, ce qui leur permettrait de mieux gérer leurs stocks de maquereaux et de harengs.
Sur ce, je vous remercie de m'avoir donné cette occasion de m'exprimer, et j'attends avec impatience vos questions et vos commentaires.
:
Bonjour à tous. Je m'appelle Dylan MacIntyre. J'ai 31 ans, et je suis originaire de Souris, sur l'Île-du-Prince-Édouard. Je suis un pêcheur professionnel, étant titulaire d'un permis de pêche au homard, au maquereau, et au thon rouge.
Ma première expérience de la pêche au homard remonte à mon enfance. J'ai passé une journée entière en mer avec mon grand-père et mon oncle. À l'issue de cette journée de pêche, j'ai su que je voulais devenir pêcheur, être capitaine, et posséder mon propre permis. J'ai rapidement compris que pour atteindre cet objectif, il me faudrait faire beaucoup de sacrifices et travailler très fort, mais tout cela ne me dérangeait pas.
Dès l'âge de 18 ans, j'ai pris l'avion pour aller travailler dans l'industrie des sables bitumineux en l'Alberta afin de commencer à économiser de l'argent pour acheter un permis. J'y travaillais tout l'automne et tout l'hiver, puis je rentrais chez moi au printemps pour travailler à l'arrière d'un bateau de pêche au homard. J'ai suivi ce rythme de vie jusqu'à ce que j'aie économisé suffisamment d'argent pour verser un acompte sur mon propre permis.
À l'automne 2018, à l'âge de 22 ans et après de nombreux allers-retours entre l'Île-du-Prince-Édouard et l'Alberta, j'ai réalisé le rêve que je caressais depuis mon enfance: obtenir mon propre permis de pêche au homard.
J'ai ensuite commencé à me préparer pour la saison de pêche 2019. Ma première année en tant que capitaine a été marquée par une succession de hauts et de bas. J'ai réussi à payer ma cotisation annuelle, mais de justesse. J'étais très reconnaissant de pouvoir participer à la pêche au maquereau dès la fin de la saison de pêche au homard.
J'ai pu pêcher le maquereau tout l'été et tout l'automne. Cette pêche au maquereau m'a permis de toucher un salaire chaque semaine, pour moi et pour un membre de l'équipage. C'était un travail difficile, mais quand on aime ce qu'on fait, on n'a pas l'impression de travailler.
La pêche au maquereau m'a permis d'attraper et de congeler suffisamment de maquereaux pour en faire des appâts pour la pêche au homard. J'ai pris grand soin de ces poissons afin d'obtenir les meilleurs appâts possible. À environ 75 ¢ la livre, j'ai pu faire congeler les appâts chez Eastern Cold Storage et rémunérer mon équipage. Le fait de pouvoir pêcher mes propres appâts et de les stocker m'a permis de réaliser d'importantes économies pour la saison à venir. J'ai continué à faire cela pendant les trois années suivantes.
Mais c'est alors que le MPO a décidé de fermer la pêcherie. Ce fut un coup dur pour moi et pour beaucoup d'autres pêcheurs qui comptaient non seulement sur cette activité pour gagner un revenu supplémentaire afin de payer leurs factures, mais aussi pour capturer eux-mêmes des appâts de bonne qualité, ce qui leur permettait d'économiser des dizaines de milliers de dollars. Lorsque cela s'est produit, cela nous a privés d'une partie de notre indépendance, car nous devions désormais nous approvisionner en appâts auprès d'un conditionneur ou d'un acheteur.
Les pêcheurs doivent désormais acheter du maquereau provenant d'autres pays, comme les États-Unis, la Norvège, l'Espagne et l'Irlande, pour n'en citer que quelques-uns. Le prix varie désormais entre 2 et 3 $ la livre, selon la taille et la qualité. Aujourd'hui, les pêcheurs de tout le Québec, du Nouveau-Brunswick, de l'Île-du-Prince-Édouard, de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve doivent demeurer chez eux, sachant qu'il y a pourtant une énorme quantité de poissons dans leurs propres eaux qu'ils ne sont pas autorisés à pêcher. Bref, les pêcheurs de toutes les provinces que j'ai mentionnées restent chez eux en rêvant de pouvoir un jour retourner en mer pour y exercer leur métier.
Chaque jour en juin, lorsque nous sommes en mer pour pêcher le homard, nous observons une multitude de maquereaux se nourrissant de larves de homard à la surface de l'eau. Je pense que la pêche au homard connaîtra un déclin dans les années à venir si nous ne sommes pas autorisés à recommencer à pêcher le maquereau.
En été et en automne, quand on va pêcher le thon, on voit partout des bancs de maquereaux nager en surface. C'est vraiment là que l'on constate à quel point les stocks de maquereau demeurent abondants...
Je tiens également à souligner le fait que la fermeture de cette pêcherie n'affecte pas seulement les pêcheurs. En effet, cette fermeture touche également les transformateurs qui achètent le maquereau, les débardeurs, les camionneurs, les magasins locaux spécialisés dans la vente d'équipement de pêche, les fournisseurs de carburant, les commerçants, les ouvriers d'usine, et les travailleurs des installations de transformation telles qu'Eastern Cold Storage, qui opèrent au sein de ma communauté.
L'été dernier, une campagne de pêche à l'appât de 200 tonnes a été ouverte pendant trois jours, puis elle a été interrompue, car le quota avait été atteint. Cela me laisse penser qu'il y a beaucoup de poissons dans l'eau. Cet hiver, les autorités américaines ont augmenté leur quota de 7 300 tonnes, en plus des 3 200 tonnes dont elles disposaient pour la saison 2025.
Il s'agit d'une pêche à la ligne, ce qui signifie qu'il n'y a pas de prises accessoires. C'est donc la pêche la plus propre au monde. Je suis stupéfait que le MPO et les scientifiques affirment que le stock n'est pas en bonne santé alors que des pêcheurs de partout rapportent voir de nombreux bancs de maquereaux nager en surface et les repèrent sur leurs sondeurs. Bref, on a l'impression que nos voix ne sont pas entendues, ce qui est très frustrant pour des gens comme moi qui dépendent de cette pêche et qui adorent y participer.
Je tiens à remercier les membres du Comité de m'avoir invité à témoigner. Je me ferai à présent un plaisir de répondre à toutes vos questions.
:
Bonjour à tous. Je vous remercie de me donner l’occasion de m’adresser au Comité dans le cadre de votre étude sur le maquereau de l’Atlantique et le hareng de l’Atlantique.
Je m'appelle Erin Carruthers, et je travaille à titre de scientifique principale des pêches au sein de la Fish, Food and Allied Workers Union, ou FFAW. Comme beaucoup d'entre vous le savent, la FFAW représente près de 10 000 pêcheurs, ainsi que des membres qui travaillent dans les usines de transformation du poisson, l'industrie manufacturière, l'hôtellerie, ainsi que d'autres secteurs connexes.
Des représentants de la FFAW ont fait une présentation devant le Comité en novembre 2022 au sujet de la fermeture de la pêche au maquereau. Toutes les observations et tous les commentaires formulés dans notre mémoire de 2022 restent d'actualité. Les pêcheurs continuent de signaler une abondance de maquereaux dans l'ensemble des eaux de Terre-Neuve-et-Labrador.
En 2023, la FFAW a présenté les résultats d’une enquête menée auprès de 185 pêcheurs ayant en moyenne 31 ans d’expérience dans le secteur, dont 85 ont déclaré que le maquereau était « plus abondant », ou « beaucoup plus abondant » qu’il y a cinq ans. Nous avons renouvelé cette étude l'année dernière, et 111 pêcheurs y ont répondu, dont 90 % ont déclaré que le maquereau était « plus abondant », voire « beaucoup plus abondant ».
Ces résultats de sondage nous donnent une idée de l'ampleur générale et de la cohérence des observations dans les différentes divisions de l'OPANO et au fil des ans, mais il est également important de consigner les arguments avancés par les pêcheurs pour justifier leur évaluation de l'abondance du maquereau de l'Atlantique.
Lorsqu'ils évoquent l'abondance du maquereau, les pêcheurs décrivent l'étendue spatiale des bancs. Ils en précisent la taille et la fréquence. Ils mettent ces observations en relation avec ce qu'ils ont pu constater au cours de leur carrière de pêcheur. L'évaluation qu'ils font de la santé du stock ne repose pas simplement sur le fait de voir des maquereaux à la surface de l'eau, comme cela avait été suggéré plus haut dans cette étude. Ce comportement du maquereau n'a pas changé au fil du temps. L'évaluation des pêcheurs repose sur l'étendue, le moment, la durée et le nombre des rassemblements, ainsi que sur des comparaisons avec leurs observations tout au long de leur carrière de pêcheur.
Les pêcheurs que nous représentons sont de plus en plus désemparés. Que faire? Il ne s'agit pas seulement d'une divergence dans l'évaluation de l'état du stock. La récente évaluation du stock réalisée par le MPO indique que celui‑ci se trouve dans une zone critique, avec un délai de reconstitution prévu de 18 ans. Or, les pêcheurs de toute la province de Terre-Neuve-et-Labrador signalent que le maquereau est abondant. Pour citer leurs propos: « C'est la plus grande quantité que j'ai vue en plus de 30 ans », ou encore: « C'est la meilleure situation que j'ai vue depuis les années 1980 ». Comment pouvons-nous commencer à concilier ces perceptions très différentes de l'état du stock? Nous sommes là devant un réel problème.
Dans le cadre de mon travail de chercheuse en pêche au sein d'un syndicat de pêcheurs, l'une des questions les plus importantes que j'ai apprises à poser est: « Pourquoi pensez-vous cela? » Autrement dit: « Comment savez-vous ce que vous savez? ». Dans un contexte scientifique ou d'évaluation, ces mêmes questions se traduisent ainsi: « Quelles sont les hypothèses et les données utilisées pour élaborer votre modèle et votre compréhension? », et « Comment savez-vous ce que vous savez? ».
En ce qui concerne l'évaluation des stocks de maquereau, la question controversée semble porter sur l'estimation de la biomasse du stock adulte ou reproducteur à partir du recensement des œufs. La question n'est pas de savoir si les recensements d'œufs constituent ou non une approche scientifiquement valable. Il s'agit plutôt de se demander si cette approche est efficace dans le cas présent, pour cette espèce et à l'heure actuelle. Existe‑t‑il des données et des observations externes qui remettent en cause cette évaluation? C'est le cas pour la partie nord du stock de maquereau de l'Atlantique Nord-Ouest.
Que devrait donc être la marche à suivre? Le Dr Vigneault a évoqué deux projets collaboratifs de collecte de données lors de sa présentation devant ce comité. Le premier a débuté après la fermeture de la pêche, la collecte étant assurée par des organisations de pêcheurs, dont la FFAW. Dans le cadre de ce projet, la FFAW a collaboré avec six pêcheurs afin de fournir quatre ou cinq échantillons par saison. Ce projet fournit des données sur la taille et l'âge des maquereaux, mais celles‑ci ne sont pas comparables aux données commerciales. Elles ne sont pas comparables aux informations que l'on obtiendrait d'une pêche commerciale. Il existe des différences au niveau du type d'engins. D'une part, il n'y a pas de pêche à la senne, et l'échantillonnage est très limité dans l'espace et dans le temps.
Le deuxième projet, que nous venons tout juste de lancer, vise à réaliser un échantillonnage à grande échelle d'un poisson migrateur, rapide et à croissance rapide. Il consiste en un échantillonnage ponctuel effectué par les pêcheurs en mer tout au long de la saison de pêche et dans l'ensemble des eaux de Terre-Neuve-et-Labrador; franchement, il pourrait servir d'exemple pour d'autres régions où l'on trouve du maquereau.
Le premier projet visait à combler les lacunes en matière d'échantillonnage suite à la fermeture de la pêche commerciale. Le second, nous l'espérons, a pour objectif de mettre en lumière certaines des divergences entre l'évaluation des stocks de maquereau de l'Atlantique réalisée par le MPO et celle effectuée par les pêcheurs quant à l'état de santé des stocks. Ce projet a pour but de recenser la répartition, la taille et le stade de reproduction du maquereau dans l'ensemble des eaux de Terre-Neuve-et-Labrador.
Je tiens également à préciser que, malheureusement, mon collègue Richard Gillett, pêcheur de poissons pélagiques de longue date, n'a pas pu être présent. Il en sait bien plus sur la pêche au hareng à Terre-Neuve que moi, et que je n'en saurai jamais autant. En son absence, permettez-moi de faire quelques remarques.
Bon nombre des problèmes concernant le hareng de Terre-Neuve sont les mêmes que pour le maquereau. Il existe un fossé considérable entre l'évaluation de l'état des stocks faite par les pêcheurs et celle du MPO. À titre d'exemple, le total des prises admissibles, ou TPA, pour les engins mobiles de la baie Trinity a été presque entièrement débarqué en l'espace de deux heures, et seuls douze ou treize bateaux ont pu y participer. Ils ne pêchent pas dans toute la baie, mais se trouvaient à proximité des ports et des pompes nécessaires au déchargement du poisson. Pourtant, le quota alloué aux engins mobiles de la baie Trinity a été presque entièrement atteint en l'espace de deux heures.
La collecte de données sur le hareng de Terre-Neuve le long des côtes nord-est et sud fournit des informations détaillées sur la composition par âge, mais, là encore, elle pose des problèmes pour estimer la biomasse totale ou la taille du stock.
:
Merci, monsieur le président.
Merci au Comité de nous avoir donné l'occasion de venir ici aujourd'hui pour présenter cette importante étude.
Je m'appelle Martin Mallet et je suis le directeur exécutif de l'Union des pêcheurs des Maritimes. Je suis accompagné aujourd'hui de mon collègue, Louis Ferguson, directeur adjoint de notre division de recherche et développement, Homarus.
Je m'exprimerai en français pour ma déclaration liminaire.
[Français]
L'Union des pêcheurs des Maritimes représente plus de 1 300 pêcheurs propriétaires côtiers au Nouveau‑Brunswick et en Nouvelle‑Écosse. Depuis sa création, en 1977, l'Union des pêcheurs des Maritimes a pour mission de représenter, de promouvoir et de défendre les intérêts des pêcheurs côtiers des Maritimes et de leurs communautés.
En 2022, l'Union des pêcheurs des Maritimes a témoigné devant le Comité permanent des pêches et des océans et a dénoncé une fermeture des pêches non justifiée. Maintenant, quatre ans plus tard, force est de constater que le temps nous a donné raison quant à plusieurs éléments critiques. Le maquereau et le hareng sont des espèces fourragères très importantes dans la chaîne alimentaire, mais aussi des parties intégrantes du moteur économique de la pêche côtière. Présentement, nos membres sont forcés d'importer ces poissons de pays dont les normes de gestion sont souvent moins rigoureuses que les nôtres. Les activités de pêche d'appât et de pêche commerciale sont également fortement tissées dans notre culture, et il est inconcevable que nous devions importer des appâts, alors que nous voyons ces poissons en abondance très près de nos quais, et ce, sur toutes nos côtes.
Compte tenu de ces observations, il est normal que nous remettions en question l'évaluation du maquereau de l'Atlantique et du hareng de printemps. Depuis 2022, l'augmentation de la biomasse aurait aussi dû être observée dans les documents de science. Selon les scientifiques du ministère des Pêches et des Océans, sans pêche, les probabilités que les stocks s'améliorent étaient très élevées. Or, après chaque nouvelle évaluation des stocks, le portrait n'est pas meilleur, toujours selon les évaluations des scientifiques du ministère.
Les pêcheurs font présentement face à des augmentations spectaculaires de leurs coûts d'exploitation, en particulier en ce qui a trait aux appâts. En 2022, on parlait du prix du maquereau qui avait augmenté de 1,25 $ à 1,65 $ la livre. En 2026, ce prix s'élève à près de 3 $ la livre. La protection des stocks est essentielle, mais elle ne doit pas être faite au détriment de la survie économique des pêcheurs au sein des communautés côtières. Les pêcheurs ne peuvent plus attendre.
Voici quelques recommandations pour le Comité.
Premièrement, il va sans dire que nous demandons au Comité de recommander à la de mettre en œuvre le plus rapidement possible un plan de réouverture de la pêche pour ces deux espèces.
Deuxièmement, pour ce qui est du maquereau, comme il a été recommandé en 2022, il est impératif d'avoir une entente de cogestion avec les États‑Unis. L'augmentation considérable de leur quota de 2026 en est un indicateur. La mise à jour canadienne de l'évaluation, prévue le mois prochain, en mai, va incorporer leur effort de pêche dans nos chiffres, ce qui va possiblement nous maintenir à quai. Nous sommes très reconnaissants de l'ouverture de la pêche d'appât depuis l'an passé, mais, selon nous, la ressource peut réellement soutenir un plus grand effort, et ce, avec des engins de pêche plus sélectifs. Ça a aussi été mentionné par d'autres témoins.
Le niveau d'abondance observé à l'automne sur toutes les côtes du Canada atlantique est également un indicateur important de l'abondance actuelle de l'espèce. Ce que les pêcheurs voient, il faut que ce soit pris en considération. J'en témoigne, les pêcheurs en témoignent et les autres associations disent la même chose, tout le long de la côte atlantique.
Troisièmement, dans le cas du maquereau, la réouverture de la pêche commerciale devra se faire en priorisant les méthodes durables de capture du poisson, qui permettent une meilleure sélectivité de la taille afin de mieux protéger les classes d'âge juvénile.
Quatrièmement, dans le cas du hareng de printemps, notre organisation et neuf autres associations concernées du sud du golfe du Saint‑Laurent sommes d'accord sur une approche de gestion saine. Bien que la nouvelle évaluation des sciences nous ait tous coupé le souffle, nous sommes tous d'accord sur le fait que toute espèce fourragère dans la zone critique de l'approche de précaution doit avoir un plan intégré de pêche sentinelle ou une forme de pêche scientifique qui vient s'intégrer dans les analyses scientifiques du ministère. Présentement, ce n'est pas le cas. Par exemple, un prélèvement de 5 % de la biomasse reproductrice, ce qui nous permettrait d'avoir des informations scientifiques supplémentaires, serait un effort minime. Ça équivaudrait à l'erreur statistique typique dans les sciences. Cette pêche sentinelle peut être étalée sur quatre semaines. Nous proposons donc qu'une pêche rouvre au mois de mai prochain, afin de subvenir aux besoins d'échantillonnage. Toutefois, il ne reste pas beaucoup de temps pour que ça se fasse.
La cinquième recommandation est la suivante. Nous demandons une réévaluation de la rigidité du cadre de l'approche de précaution, afin d'y intégrer une approche écosystémique et adaptative. Nous proposons un système d'allocation proportionnel et adaptatif dans lequel les pêcheries se voient attribuer un pourcentage fixe et écologiquement raisonnable de la productivité de l'écosystème, indépendamment des fluctuations à court terme de la biomasse des stocks. En intégrant les captures dans la production de l'écosystème d'aujourd'hui plutôt que dans des seuils de biomasse liés à des historiques parfois lointains, ce système pourrait réduire les perturbations socioéconomiques tout en maintenant les performances en matière de conservation.
Merci.
:
Je vous remercie, monsieur Small.
M. Small a présenté la motion pour laquelle il avait donné un préavis il y a deux jours, le 20 avril. Le greffier vient de la distribuer. Tous les membres devraient l'avoir sous les yeux s'ils ne disposent pas déjà d'une version papier.
Nous tenons une liste des intervenants. Je vois tout d'abord que M. Morrissey souhaite intervenir à ce sujet.
Si d'autres membres souhaitent s'exprimer sur la motion, veuillez lever la main et je vous céderai la parole.
Après, ce sera au tour de M. Klassen. Nous allons tenir une liste des intervenants.
Monsieur Morrissey, la parole est à vous.
:
Monsieur le président, nous avons l'option de débattre des motions présentées. À la lumière de cette réponse, il est évident que le député n'a pas lu le rapport auquel fait référence sa motion d'étude. Je veux lire un passage du rapport pour que ce soit clair pour tout le monde:
La description présentée dans ce manuscrit se veut un moyen pour le MPO d'informer les décideurs réglementaires, l'industrie et les membres du public des principales caractéristiques de l'écosystème marin, des zones importantes et protégées, des espèces en péril et en déclin, des poissons et des pêches, des relevés scientifiques et d'autres activités humaines qui peuvent se produire à l'intérieur et à proximité de chacune des ZEE. La description ci‑après n'évalue pas le caractère convenable des ZEE pour l'énergie éolienne en mer ni le risque que pose l'exploitation de l'énergie éolienne en mer pour l'écosystème marin ou d'autres activités humaines dans chaque zone. Par conséquent, cela pourrait servir de base pour définir la portée des futures évaluations des risques, mais des renseignements et analyses supplémentaires sur les composantes de l'écosystème marin, les espèces et les activités humaines seraient nécessaires pour étayer les évaluations propres à un projet.
Ce n'est pas un document de décision du ministère. C'est une compilation des faits saillants tirés d'un certain nombre de rapports pouvant être utilisée comme ressource par les ministères concernés qui envisagent l'aménagement de parcs éoliens, afin qu'ils puissent cerner les éléments à prendre en considération.
Encore une fois, ma question est la suivante: pourquoi consacrerions-nous précisément cette journée à débattre d'une motion, puis à adopter une motion d'étude qui ne mène à rien? C'est pourquoi je ne peux pas appuyer la motion qui a été présentée. Je crois qu'il s'agit simplement d'une diversion pour détourner notre attention de la question pour laquelle nous avons convoqué les témoins. C'est un problème bien réel, et je crois qu'il correspond davantage à ce qui, selon moi, a probablement émané du bureau du , qui n'a manifesté aucun soutien pour les projets menés dans l'Est du Canada et au large de ses côtes qui favorisent le développement économique. Je ne peux donc pas appuyer cette motion.
Je ne sais pas pourquoi... Je me tourne vers mon collègue du Bloc. L'énergie éolienne est une énergie qui a été adoptée au Québec, sur la côte Est et en Gaspésie.
Le document auquel le député fait référence n'est pas un document de décision du MPO. Il ne reflète aucune opinion. Il renferme simplement une liste des zones maritimes susceptibles d'être examinées.
Sur ce, monsieur le président, j'estime qu'il ne s'agit que d'une distraction pour détourner notre attention des questions essentielles, des décisions qui ont été prises concernant l'avenir de la pêche au maquereau ainsi que, dans une certaine mesure, celui de la pêche au hareng au printemps prochain. Ce sont là les priorités que tous les membres de ce comité ont mises de l'avant.
:
Merci, monsieur le président.
Je conçois que ce n'est jamais idéal de débattre d'une motion pendant que nous faisons une étude, mais c'est le principe de la démocratie; les membres d'un comité ont le droit de débattre ces motions.
J'aimerais simplement souligner à mes collègues que, oui, je suis en faveur des projets éoliens, mais je suis aussi en faveur de la présence d'un maximum d'informations dans le processus de décision. Ce que je vois dans la motion, c'est une demande de rendre publiques des informations qui peuvent être utilisées dans un processus décisionnel. Pour moi, il est tout à fait naturel que le Comité désire avoir ce type d'information.
La question que soulevait mon collègue M. Cormier tout à l'heure peut être réglée très rapidement. Nous avons juste à voter sur cette motion. Nous passerons à autre chose immédiatement après l'avoir fait. Personnellement, je suis prêt à voter sur cette motion. Ensuite, nous pourrons revenir aux témoins.
D'ailleurs, si cette discussion devait s'étirer, j'encourage les témoins à fournir au Comité des réponses par écrit aux questions qui pourraient leur être acheminées.
:
Merci, monsieur le président.
J'ai entendu l'expression « quelque chose à cacher », et ce rapport a simplement analysé les structures existantes qui seraient examinées dans l'océan. C'est un document descriptif. Il ne transmet aucune opinion du MPO sur les parcs éoliens ou sur tout autre sujet. Tous les renseignements sont du domaine public. Il a été rédigé par le ministère et présente les principaux points soulevés par le public concernant l'aménagement de parcs éoliens au large de la côte atlantique de la Nouvelle-Écosse.
Le ministère a dressé une liste des zones sensibles dans cette région. Toute personne chargée de la planification ou souhaitant étudier la région pourrait ainsi se référer à la zone où elle se rendra. Toutefois, cette liste n'énumère pas les obstacles. Elle ne mentionne aucune mesure de soutien de la part du ministère des Pêches ou les répercussions sur une pêche en particulier.
Encore une fois, pourquoi consacrer du temps à... Je ne sais pas ce qu'on va y trouver, car ce n'est pas un document de décision. Nous pourrions convoquer les mêmes personnes pour l'examiner et elles nous expliqueraient son contenu, car ce rapport de référence ne renferme aucune recommandation à l'intention du ministère ni aucune suggestion concernant les espèces dans cette zone.
Monsieur le président, encore une fois, c'est un droit démocratique qui a été reconnu comme légitime, mais ce n'est pas une motion d'étude que je pourrais appuyer.
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Merci, monsieur le président.
Cette situation est survenue à plusieurs reprises. Nous convoquons des témoins dans le cadre d'une étude qui porte sur le maquereau dans ce cas-ci. Des personnes se sont préparées en vue de leur comparution, puis une motion est soudainement proposée. À mon avis, nous faisons perdre du temps aux personnes que nous avons convoquées. Nous aurions pu en discuter plus tard.
Je ne sais pas quelle est l'urgence au juste, mais je sais quelle est l'urgence pour la saison du maquereau de cette année. Des pêcheurs ont déclaré aujourd'hui qu'ils aimeraient que la saison soit ouverte cette année. Pour bien des gens, le temps file pour que la saison puisse débuter cette année.
En parcourant cette trousse et en examinant tous les documents à préparer — processus d'examen interne, évaluations par les pairs, de nombreux documents doivent être examinés et présentés —, je pense que même le délai prévu pour les présenter est très court.
Il s'agit d'organiser une réunion de deux heures avec le MPO, une semaine après la réception de tous les renseignements demandés. Nous ne convoquerons pas d'autres personnes pour témoigner ou pour parler du contenu du rapport. Y aura-t-il uniquement des représentants du MPO? Je ne suis ici que depuis un an, mais j'ai travaillé le Comité FOPO pendant plusieurs années dans le cadre de mon emploi précédent. Je ne pense pas que le MPO ait été le seul témoin convoqué, avec une seule réunion.
Honnêtement, je ne vois pas en quoi c'est urgent. Comme M. Morrissey l'a dit, ce rapport ne contient aucune décision à prendre. C'est un recueil de données. Nous devrions probablement réfléchir à la manière dont nous devrions examiner les données si nous menons une étude à ce sujet.
Je vous remercie.
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Merci, monsieur le président.
Merci aux témoins qui ont pris le temps, malgré leur horaire chargé, de venir ici. Je tiens en particulier à remercier M. MacIntyre, parce qu'il vient de l'extrémité est de l'Île‑du‑Prince‑Édouard. C'est la circonscription que je représente.
Monsieur MacIntyre, j'ai connu votre grand-père. Il a travaillé dans le domaine de la pêche toute sa vie. Il a été agent des pêches pendant de nombreuses années. Donc, la conservation était un aspect important de son approche de la pêche. Il a également travaillé comme bénévole avec la Fédération de la faune. Je sais que si vous aviez commencé à travailler avec lui dès l'âge de six ans, vous auriez appris bon nombre de leçons de vie par rapport à la conservation et à la protection des pêches pour l'avenir.
Dans votre déclaration préliminaire, vous avez décrit les effets de la fermeture de la pêche au maquereau en 2022. Avant cette date, selon votre témoignage, vous pratiquiez la pêche commerciale du maquereau.
Selon votre analyse, quelle a été l'incidence sur votre bilan financier, considérant la différence entre les appâts à 75 ¢ et les appâts que vous pêchez aujourd'hui, et quel serait le coût supplémentaire sans la pêche au poisson-appât?
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La question comporte deux parties. La première portait davantage sur les modèles actuels utilisés pour l'évaluation du stock de maquereau. La deuxième portait sur la différence entre les évaluations du stock de maquereau et les observations en mer des pêcheurs des provinces de l'Atlantique.
Les pêcheurs de Terre-Neuve se disent toujours préoccupés qu'une partie du stock de maquereau puisse nous échapper étant donné que le relevé des œufs est concentré dans le sud du golfe du Saint-Laurent.
On trouve le maquereau dans les eaux de Terre-Neuve en mai, juin, juillet et août. Les poissons n'arrivent pas seulement après la saison de frai. Ils arrivent dans les eaux de Terre-Neuve en mai et juin. Une de nos préoccupations, c'est que les maquereaux qui se trouvent dans les eaux de Terre-Neuve pendant la saison de frai ne sont pas inclus dans la biomasse du stock reproducteur, ce qui a une incidence sur l'estimation de la biomasse.
J'ai des données sur beaucoup d'espèces différentes sur mon bureau. Je ne décrirai donc pas nécessairement en détail comment fonctionne l'évaluation des stocks. Il y a une estimation de la production totale d'œufs; il faut ensuite ajuster l'estimation à la hausse, en fonction de l'abondance globale observée.
Il y a deux éléments: le relevé des œufs et les étapes nécessaires à l'estimation de la biomasse.
Nous sommes d'avis que le relevé des œufs pourrait manquer une partie des stocks de poisson. La deuxième étape consiste à évaluer les données pour estimer la biomasse globale. La difficulté est là. Il faut pouvoir le faire à grande échelle. Lorsqu'il s'agit d'une petite pêche commerciale, vous avez plus de données pour évaluer les stocks qui se trouvent dans l'eau à partir des relevés des œufs.
Actuellement, nous recevons quelques échantillons, mais c'est nettement insuffisant pour déterminer la taille des stocks.
Je suis désolé. C'est une réponse partielle.
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Il y a deux ou trois choses que vous pouvez faire.
Il faut faire des relevés avant et après la période de frai pour veiller à ne rien manquer.
De plus, le MPO a étudié l'emplacement de l'habitat. Le maquereau préfère frayer dans une fourchette de températures bien précise. Dans le cadre de cette étude, le ministère a utilisé des travaux antérieurs, à savoir des projections sur les variations de température prévues sur une période de 10 à 15 ans. Il serait fort utile de faire des relevés de température actuelle de la couche supérieure de l'eau et de mieux comprendre l'habitat de frai du maquereau en nous fondant sur des données récentes plutôt que sur des projections de la température de l'eau. Il serait facile et réalisable d'ajouter cet élément à l'évaluation actuelle des stocks.
La principale préoccupation par rapport aux relevés des œufs comporte deux parties. Est‑ce que toutes les zones sont couvertes? Y a‑t‑il quelque chose qui nous échappe? La zone au sud de Terre-Neuve est-elle une zone de frai? Nous n'en sommes pas certains. A‑t‑elle évolué progressivement? Pour chacun de ces modèles, si l'on se trouve plus ou moins dans la moyenne, mais qu'il y a une variation, cela ne pose pas vraiment un problème. Si, de manière séquentielle, un intrant donné est plus ou moins présent dans le modèle, c'est là que le modèle commence à être imprécis. Observe‑t‑on une tendance à la baisse du nombre d'œufs dans la zone de relevé? Une proportion plus faible de la population reproductrice dans la zone de relevé aurait une grande incidence sur le modèle.
Voilà le genre de questions dont j'aimerais que nous discutions lors de l'évaluation à venir.
Monsieur le président, j'aimerais proposer la motion pour laquelle j'ai donné un avis il y a deux jours. Elle porte sur une ordonnance de production du rapport d'ISDE et des documents relatifs aux consultations sur le Plan de transition de la salmoniculture en Colombie-Britannique.
Je suis convaincu que nous avons tous aimé que M. Small lise sa motion. Je sais que tout le monde l'a reçue dans sa boîte de réception, alors j'aimerais en parler brièvement.
La avait promis à des milliers de travailleurs canadiens du secteur de l'aquaculture de leur donner, à l'automne dernier au plus tard, une réponse concernant les répercussions qu'aurait pour eux le fameux plan de transition du gouvernement fédéral. Les travailleurs se demandent s'ils doivent s'attendre à une décision ou directive imminente du gouvernement, ce qui leur coûtera leur emploi, de sorte qu'ils ne pourront pas payer leur hypothèque ou leur loyer ou encore nourrir leur famille. Le Comité est en droit de savoir si le gouvernement prévoit mettre 4 000 Canadiens au chômage, détruire toute une industrie et compromettre la sécurité alimentaire du Canada.
Le gouvernement a produit un rapport, de son propre aveu, décrivant en détail sa vision pour la transition de l'aquaculture en Colombie-Britannique. La a dit que ce rapport était terminé et qu'elle le lirait. C'était en octobre, il y a plusieurs mois.
J'espère que certains députés d'en face peuvent comprendre. À titre de député de la circonscription la plus touchée, qui a été élu pour représenter ces personnes, ces familles, à la Chambre des communes et pour être leur voix, j'ai été jusqu'à maintenant remarquablement patient — certains diraient d'une patience inhabituelle —, par rapport à cet enjeu. Nous sommes rendus en avril et nous sommes toujours sans nouvelles de la et du ministère.
Les Canadiens méritent des réponses. Le Comité mérite des réponses. Surtout, les travailleurs de l'industrie méritent des réponses. Les travailleurs de Port Hardy, Campbell River, Port McNeill, Klemtu, Gold River et Zeballos méritent de savoir si le ministère prévoit de leur enlever leur emploi.