:
Je déclare la séance ouverte.
Bienvenue à la réunion no 20 du Comité permanent des finances de la Chambre des communes.
Je suis très heureuse d'accueillir le ministre Steve MacKinnon au comité des finances, ainsi que ses deux collaborateurs, M. Arun Thangaraj, sous-ministre, et M. Vincent Robitaille, sous-ministre adjoint associé aux programmes.
Merci infiniment d'être des nôtres.
Sans plus tarder, monsieur le ministre, je vous cède la parole.
Merci.
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Merci, madame la présidente.
Je remercie également les membres du Comité de me donner l'occasion d'être ici aujourd'hui pour m'exprimer au sujet de la nouvelle Loi sur le réseau ferroviaire à grande vitesse prévue dans le projet de loi .
Aujourd'hui, le Canada est confronté à des menaces extraordinaires pour son économie et pour sa qualité de vie. Le a été très clair en qualifiant le moment que nous vivons actuellement: il s'agit d'une rupture. Nous avons besoin d'une approche « Équipe Canada » pour protéger notre économie dès maintenant et nous positionner en vue d'un avenir marqué par un ordre mondial profondément transformé.
[Traduction]
Pour que le Canada demeure concurrentiel dans le contexte de la mutation structurelle de l'économie mondiale, nous devons bâtir des projets ambitieux d'intérêt national comparables à ceux qui ont façonné le pays et qui ont procuré à des générations de Canadiens la prospérité et des possibilités économiques. À l'instar des autres projets d'intérêt national qui ont vu le jour au cours de notre histoire, tels que la Voie maritime du Saint-Laurent et le pont de la Confédération, le réseau ferroviaire à grande vitesse témoignera de la grandeur et du potentiel de l'innovation et de l'ingéniosité canadiennes et de la société canadienne dans son ensemble.
Il faut voir le train à grande vitesse comme le début d'une transformation. En plus de connecter 18 millions de Canadiens en Ontario et au Québec, ce projet générationnel va créer plus de 50 000 emplois, injecter 35 milliards de dollars dans l'économie et accroître la productivité au pays. Il atténuera aussi la congestion dans les voies partagées, ce qui rendra le transport des marchandises plus efficace et permettra aux marchandises canadiennes d'atteindre les marchés de façon plus rapide et plus fiable.
Au titre des principes de la politique d'achat au Canada, le train à grande vitesse pourrait utiliser des centaines de milliers de tonnes d'acier, de bois d'œuvre et de béton canadiens et employer des entreprises et des entrepreneurs issus des localités se trouvant le long du tracé et un peu partout au pays, notamment dans les régions et les communautés rurales situées entre Québec et Toronto. Peu de projets d'infrastructures dans l'histoire canadienne ont généré une demande industrielle de cette ampleur. Les retombées économiques seront énormes pour les Canadiens, qui verront leur temps de déplacement entre les grandes villes du corridor réduit de moitié. Le projet créera des emplois bien rémunérés pour les travailleurs qualifiés et des contrats lucratifs pour les entreprises. Il protégera l'environnement grâce à une réduction des émissions équivalente au retrait de 100 000 automobiles de la circulation. Le Canada se comparera aux autres pays du G7 en se dotant d'un réseau ferroviaire à grande vitesse digne d'une économie mondiale de premier plan.
Toutefois, rien ne se concrétisera sans l'adoption de la Loi sur le réseau ferroviaire à grande vitesse, qui est le fruit de notre collaboration avec les provinces du Québec et de l'Ontario. Les mesures prévues dans cette loi s'inspirent directement des lois sur les infrastructures efficaces et bien établies de ces deux provinces, telles que la Loi de 2020 sur la construction plus rapide de transport en commun de l'Ontario et la Loi concernant l'expropriation du Québec. Le Canada s'aligne par conséquent sur ces lois.
La loi fédérale prévoit des mesures qui concordent avec celles des provinces afin de réduire les formalités administratives, de rendre le régime réglementaire plus clair et plus stable et d'éliminer les processus coûteux et redondants. Elle aide à éviter les retards, à établir des échéanciers de projets prévisibles et à accroître l'efficacité des projets. Elle facilite la tenue de consultations et les communications efficaces et en temps opportun avec les propriétaires fonciers. Elle garantit la réalisation d'évaluations d'impact et d'évaluations environnementales pour chaque tronçon du projet. Enfin, elle inscrit la Loi sur les langues officielles dans les opérations du réseau ferroviaire à grande vitesse.
La loi sur le réseau ferroviaire à grande vitesse réaffirme également que le maintien d'une relation respectueuse et authentique entre la Couronne et les peuples autochtones est fondamental pour la progression vers la réconciliation et la réalisation complète de ce projet.
[Français]
Cet engagement comprend une mobilisation et des consultations précoces, importantes et continues, tout en affirmant que les connaissances autochtones partagées à titre confidentiel seront protégées.
Puisqu'il s'agit du plus important et du plus complexe projet d'infrastructure d'une génération, les consultations avec les communautés locales et les acteurs des divers milieux sont essentielles.
La première série de consultations menées par Alto a déjà commencé dans les communautés situées le long du tracé, et plus de 26 000 personnes ont transmis leurs commentaires par l'intermédiaire du portail en ligne. Les consultations se poursuivront et constitueront un élément clé du processus d'évaluation d'impact rendu possible par cette loi.
Le projet vise à avoir le moins d'incidences possible sur les propriétaires fonciers individuels, tout en reconnaissant les réalités liées à la construction d'un réseau ferroviaire aussi vaste et complexe que celui-ci. Nous poursuivrons également notre collaboration productive avec les partenaires provinciaux tout au long de la phase de développement, et ce, jusqu'à la construction.
Pour terminer, j'ai été extrêmement fier d'annoncer récemment que le premier tronçon de ce projet reliera Montréal et Ottawa. Sa construction devrait commencer d'ici seulement quatre ans, si cette loi est adoptée.
[Traduction]
Le réseau ferroviaire à grande vitesse est un investissement dans l'avenir du Canada. Il reliera les communautés, créera des dizaines de milliers d'emplois et entraînera une croissance économique considérable. Le Canada ne peut pas se permettre de rater cette occasion.
[Français]
Je serai heureux de répondre à vos questions.
:
Je vous remercie, monsieur MacKinnon.
[Traduction]
Conformément à l'ordre de renvoi du mercredi 10 décembre 2025 et à la motion adoptée par le Comité le mercredi 10 décembre 2025, le Comité poursuit l'examen du projet de loi C-15, Loi portant exécution de certaines dispositions du budget déposé au Parlement le 4 novembre 2025.
Je souhaite seulement rappeler aux collègues que nous débattons de la loi d'exécution du budget.
Je vois que M. Albas participe à la réunion. C'est lui qui donnera le coup d'envoi avec six minutes de temps de parole pour les conservateurs.
Monsieur Albas, vous avez la parole.
:
Merci, madame la présidente.
Je suis ravi d'être ici.
Monsieur le ministre, c'est un plaisir de vous retrouver au comité des finances aujourd'hui. En tant que porte-parole des conservateurs en matière de transports, j'ai pour devise que les questions peuvent nous mener loin.
Je vais commencer, monsieur le ministre, en parlant de l'article 98 de la Loi sur les transports au Canada. Cette disposition permet à l'Office des transports d'examiner si l'emplacement d'une ligne ferroviaire est convenable compte tenu des intérêts des localités et des propriétaires fonciers touchés.
Pourquoi votre projet de loi élimine-t-il complètement cet examen réalisé par un expert indépendant? N'êtes-vous pas d'accord pour dire qu'un examen accéléré au titre de la loi sur les transports maintiendrait la surveillance sans pour autant retarder le projet?
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Merci beaucoup, madame la présidente.
Monsieur le ministre, bonsoir.
Monsieur le sous-ministre et monsieur le sous-ministre adjoint, merci d'être venus à notre comité.
Je pense qu'on reviendra sur ces questions, monsieur le ministre. Avant, vous avez mentionné dans votre allocution d'ouverture que ce projet était un projet comparable aux grands projets du passé, comme la Voie maritime du Saint-Laurent ou le pont de la Confédération ou, en tous les cas, de la même importance. J'étais un peu intrigué par cette allusion. Est-ce que vous pourriez expliquer davantage pourquoi vous considérez que ce projet est de cette nature?
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De façon générale — et je pense que le commentaire et l'observation ont été faits à maintes reprises —, nous éprouvons de plus en plus de difficultés à accomplir de grandes choses, au Canada. Nous nous sommes donné beaucoup de cadres, de lois municipales, provinciales et fédérales, et des processus qui font que nous n'aboutissons pas à des décisions définitives d'investissement.
Comme je l'ai indiqué dans mon allocution, j'observe que les gouvernements du Québec et de l'Ontario ont mis en place des lois pour appuyer un processus accéléré en matière de transport en commun. Nous nous en sommes beaucoup inspirés, donc nous ne sommes pas en terrain inconnu ici. Nous avons observé que, dans le cas du Réseau express métropolitain par exemple, c'est un processus qui a fonctionné et qui a fait que, aujourd'hui, le REM se prolonge jusqu'à l'île de Laval et dans plusieurs secteurs de Montréal, et qu'il se prolongera encore davantage à l'avenir. Ça a permis l'édification de cette grande infrastructure.
Donc, en nous inspirant de principes déjà établis dans des lois provinciales, mais aussi de cet esprit de vouloir accélérer la réalisation d'un grand projet, oui, je pense que nous pouvons comparer cela à la construction de la Voie maritime, à la construction du pont de la Confédération, et à l'époque où le Canada s'est permis de rêver de belles et grandes choses.
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Merci, monsieur le ministre.
En effet, en ce qui concerne le projet du REM, soit le Réseau express métropolitain, une loi avait été adoptée à l'époque. Je suis bien au courant de ça.
Jusqu'à maintenant, dans vos études, dans vos consultations et dans vos conversations, surtout sur le plan politique, avec les gouvernements du Québec et de l'Ontario, avez-vous remarqué si ces deux gouvernements étaient bien disposés à collaborer avec le gouvernement fédéral pour faire avancer ce projet?
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Merci beaucoup. Moi aussi, j'aimerais bien.
L'impression que j'ai, c'est que, en effet, les gouvernements des deux provinces, ainsi que les municipalités de Québec à Toronto attendent un tel projet depuis déjà longtemps. Maintenant, on entre vraiment dans une phase déterminante, et les choses vont avancer rapidement.
Évidemment, on veut s'assurer qu'un tel projet sera réalisé dans des délais raisonnables. C'est prédominant. Si on retarde, si on planifie quatre ans, mais que ça finit par prendre beaucoup plus de temps, ça amène des coûts plus élevés. C'est un peu ce qu'on a vécu dans le passé.
Collectivement, pour atteindre nos objectifs et que ce projet se concrétise dans des délais raisonnables, vous avez décidé de vous harmoniser avec la législation actuelle tant au Québec et qu'en Ontario. Est-ce un processus sur lequel les deux gouvernements étaient d'accord? Est-ce qu'ils étaient satisfaits de cette approche?
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Merci, madame la présidente.
Monsieur le ministre, je vous remercie d'être avec nous aujourd'hui. J'en suis très reconnaissant.
Je veux vous dire que le Bloc québécois n'est pas contre le projet. Nous ne sommes pas contre le projet de train. Nous pensons qu'un tel projet peut être nécessaire, mais nous avons des inquiétudes quant à la façon de faire du gouvernement et d'Alto. C'est notre rôle, comme parlementaires, d'éclaircir ça. Nous voulons nous assurer que les droits de nos citoyens sont respectés.
La jurisprudence et l'état actuel du droit confèrent déjà des pouvoirs énormes d'expropriation au gouvernement. On doit se rappeler la tragédie de l'aéroport de Mirabel. Vous nous avez dit aujourd'hui à la Chambre que c'est seulement un petit corridor de 60 mètres. Pourtant, en 1969, le gouvernement n'avait besoin que de trois acres, mais il en a pris 97 000.
Je vous le dis, monsieur le ministre, comme député, hors de toute affiliation partisane, tant qu'on n'a pas passé considérablement de temps avec ces gens cicatrisés, on est incapable de comprendre leur douleur. Or, c'est un peu ce que j'ai perçu à la Chambre aujourd'hui, et je veux bien croire que c'est involontaire, monsieur le ministre.
Alto a publié il y a quelques jours l'ébauche d'un corridor qui passe, entre autres, par Mirabel. Selon mon information, très peu de maires et de mairesses ont été approchés. La mairesse de Mirabel l'a appris par moi. Je sais que des maires et des mairesses de la région l'ont appris sur ma page Facebook. Les députés fédéraux n'ont pas été avisés, à l'exception des députés libéraux. Alto nous dit que c'était votre travail à vous d'approcher ces gens. Êtes-vous d'accord avec Alto?
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Merci, monsieur le ministre, d'être des nôtres aujourd'hui.
Pour ma part, c'est un projet qui m'emballe énormément. Je pense que c'est le cas de nombreux Canadiens, surtout compte tenu d'une conjoncture mondiale qui nous incite à investir dans notre propre pays, à relier les provinces entre elles et à faciliter le transport. Il s'agit d'un investissement à long terme et d'une réalisation très importante qui fera notre fierté pendant très longtemps.
On peut ajouter à cela que le Canada est l'un des seuls pays du G7 à ne pas avoir de train à grande vitesse. Tout indique que nous sommes à la traîne à ce chapitre, et qu'il est grand temps de rectifier le tir.
Il s'agit de toute évidence d'une initiative de portée historique dans le contexte du budget de 2025. Cela va stimuler notre économie, créer des dizaines de milliers d'emplois bien rémunérés et, bien sûr, accroître notre productivité grâce à une bonification de l'offre de transport.
Pourriez-vous dire au Comité quel message ce projet très ambitieux enverra à nos alliés, à nos partenaires commerciaux et à nos investisseurs internationaux? En quoi ce projet va-t-il nous valoir une réputation encore meilleure à l'échelle internationale?
C'est effectivement une décision que les Canadiens vont prendre dans l'intérêt des générations qui nous suivront. Dans quelques décennies, il y aura des gens qui occuperont les sièges que nous occupons tous en ce moment — en espérant que vous en ferez partie — et qui nous remercieront d'avoir fait ce travail.
Il s'agit d'un projet avant-gardiste qui, d'abord et avant tout, montre au reste du monde que le Canada peut encore envisager et réaliser de grandes choses comme la Voie maritime du Saint-Laurent et le pont de la Confédération que M. MacDonald connaît mieux que quiconque.
N'oubliez pas qu'alors même qu'il était confronté aux menaces venant du sud de la frontière, le Canada a décidé de construire un chemin de fer d'est en ouest sur les grandes étendues des Prairies et des Rocheuses, et qu'il y est parvenu en quatre ans à peine. Je ne suis pas certain que les méthodes utilisées à l'époque seraient encore pertinentes aujourd'hui, mais c'est surtout le sentiment du devoir accompli avec le chemin de fer du Canadien Pacifique qui devrait nous inspirer.
Pour ce qui est des avantages plus tangibles, nous retirons des voitures de la route. Nous permettons à de petites villes comme Trois-Rivières et Peterborough d'aspirer à un nouvel avenir économique. Nous permettons aux étudiants, aux résidents, aux voyageurs, aux touristes et aux gens d'affaires d'envisager des déplacements nettement plus rapides et beaucoup plus faciles entre certains de nos grands centres économiques.
C'est quelque chose de formidable, car ce serait la première infrastructure de ce genre en sol nord-américain. Quel incroyable message d'espoir et d'ambition le Canada pourrait ainsi envoyer avec tous ces nouveaux wagons électriques à haute vitesse entrant dans certaines de nos plus grandes villes et pouvant y aller et venir avec une fréquence et une accessibilité qui permettraient à n'importe qui de monter à bord et de les utiliser pour mener ses affaires et vaquer à ses activités quotidiennes.
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Merci, madame la présidente.
Monsieur le ministre, il est sûr que vous avez besoin de cette loi pour respecter vos échéanciers concernant la construction, puisque vous avez déterminé ces échéanciers en sachant que vous alliez déposer ce projet de loi. C'est comme un chien qui court après sa queue.
Maintenant, j'aimerais que vous me regardiez dans les yeux et que vous me disiez que, pour le gouvernement, lorsqu'il y a un avis d'expropriation à Mirabel, dont on connaît l'histoire, donner à une personne le droit à une audience auprès d'un commissaire et faire une évaluation d'impact, c'est un problème et ça n'a pour effet que de ralentir vos beaux projets. J'aimerais que vous me le disiez pour que les gens de Mirabel l'entendent.
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Madame la présidente, j'aimerais intervenir sur le rappel au Règlement.
Nous sommes des parlementaires et je vois dans l'expression faciale du ministre qu'il n'aime pas les questions. C'est correct, les questions ne sont pas faites pour lui plaire. Cependant, ce sont les gens de chez nous qui ont peur qui m'en ont parlé, et je me fais le porteur de leur message. Je ne crois pas que ce soit en faisant des attaques personnelles, comme le ministre le fait aujourd'hui, qu'on va faire avancer ce dossier. J'invite le ministre à adopter une approche différente et à améliorer son attitude.
Mon temps de parole est écoulé. Merci, madame la présidente.
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Merci, madame la présidente.
Je vous remercie de votre présence, monsieur le ministre.
La loi d'exécution du budget comprend des dispositions liées au projet de train à grande fréquence Alto, une initiative de plusieurs milliards de dollars qui nécessitera d'importants efforts au chapitre des approvisionnements, des structures de financement et des marchés publics à long terme. Compte tenu des préoccupations graves et bien documentées au sujet des risques de conflits d'intérêts impliquant Brookfield, y compris la proximité de cette entreprise avec le et son rôle important dans le financement des infrastructures mondiales, pouvez-vous nous dire clairement et sans équivoque si Brookfield se verra interdire de soumissionner, de participer, de donner des conseils et de fournir du financement à l'égard de tout aspect de ce projet de train à grande fréquence, ou d'en bénéficier d'une autre manière?
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M. Garon a commencé son allocution en disant qu'il n'était pas contre le projet. Sincèrement, il a raison de ne pas être contre le projet. C'est un projet pour lequel il y a beaucoup d'engouement au Québec comme en Ontario et dans le reste du Canada. C'est un projet que nous discutons depuis longtemps.
C'est un projet d'infrastructure linéaire. Même si le tracé du TGV aura une largeur assez minime, il sera également en ligne droite, parce que les TGV n'aiment pas les courbes. Nous voulons agir dans le plus grand respect, tout en tenant compte du fait qu'il s'agit ici d'un corridor qui aura une faible largeur, comme ça a été contemplé dans la circonscription de M. Garon avec le projet de prolongement de l'autoroute 13, inscrit au Plan québécois des infrastructures. On va faire ce travail en se servant des leçons tirées du passé. Oui, il y a eu des expropriations à Mirabel et ça a laissé des cicatrices. Donc, nous allons agir avec la plus grande sensibilité. Cependant, nous ne sommes pas du tout dans les mêmes eaux pour ce qui est des besoins en terrains, sous réserve des choses précises et uniques au projet que je viens de mentionner, comme le fait que le tracé sera en ligne droite. Nous allons agir à Mirabel comme nous allons le faire partout ailleurs au Québec, c'est-à-dire en suivant le principe de gré à gré. C'est préférable. Nous allons prendre des emprises près d'autres emprises publiques lorsque ce sera possible, tout en collaborant avec les municipalités et les provinces. On peut donc s'imaginer que le tracé suivra des corridors comme des autoroutes ou des lignes électriques là où ce sera possible de le faire.
Cependant, je n'aime pas qu'on sorte des analogies du passé lorsqu'elles ne sont pas parfaitement adaptées à ce qu'on essaie de faire. J'ai parlé à des jeunes du coin de Mirabel qui sont très excités de pouvoir aller à Laval, puis de prendre un train pour se rendre à Québec ou à Ottawa en très peu de temps. Ce sentiment existe aussi dans les Basses-Laurentides comme partout ailleurs. Je suis allé à Trois-Rivières, en Mauricie, où les gens sont très excités par les possibilités de développement économique. À l'Université du Québec à Trois-Rivières, la possibilité de développer ce campus, la possibilité de…
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Comme je viens de l'Île-du-Prince-Édouard, nous devrions tous deux en savoir un peu plus sur la nécessité d'un transport efficace et fiable.
Depuis que notre gouvernement est arrivé au pouvoir en avril, nous savons que le s'est concentré sur les investissements dans les projets d'infrastructure et dans les Canadiens.
Le 1er août, on a annoncé de bonnes nouvelles pour l'Île-du-Prince-Édouard. Les tarifs des traversiers ont été réduits de 50 % et le péage du pont de la Confédération a été abaissé à 20 $. Ces mesures ont déjà eu un impact majeur sur l'économie de l'Île-du-Prince-Édouard, même si elles n'ont été annoncées que le 1er août.
Ainsi, 100 000 passagers de plus ont pris le traversier de Wood Islands dans ma région, comparativement à 2024. Nous pouvons donc voir les répercussions de l'amélioration des services de transport.
Pourriez-vous nous parler rapidement de la situation à l'Île-du-Prince-Édouard et nous dire ce que ce projet de train à grande vitesse peut faire pour les entreprises, pour le tourisme et pour les personnes qui vivent le long de l'itinéraire proposé?
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Je suis persuadée que quelqu'un voudra vous poser d'autres questions.
Il nous reste environ 10 minutes.
Si cela convient à tout le monde, nous accorderons quatre minutes aux conservateurs, quatre minutes aux libéraux et deux minutes au Bloc.
[Français]
Est-ce que ça va?
Des voix: D'accord.
La présidente: C'est parfait.
Monsieur Lefebvre, vous avez la parole.
:
Merci, madame la présidente.
Monsieur le ministre, merci d'être là.
Je vais parler d'un sujet délicat. Le 6 juillet 2013, à 7 heures du matin, j'ai texté une de mes connaissances en lui écrivant: « Qu'est-ce que je peux faire? » La personne m'a répondu: « Prier. » Il y a 47 personnes qui sont décédées durant cette nuit-là, un centre-ville au complet qui a brûlé, une population qui est restée marquée à jamais. Je parle de la tragédie qui a eu lieu à Lac-Mégantic, près de chez moi. Je veux prendre le temps de dire à la population qu'on pense encore à elle, qu'on pense aux familles. Dans la municipalité et dans la grande région de Lac-Mégantic, les gens sont encore très touchés par ça.
En 2018, il y a 7 ans, le premier ministre libéral de l'époque avait promis une voie de contournement, mais rien n'avance de ce côté. Donc, ma question au ministre est la suivante: est-ce que le TGV Québec-Toronto est plus important que la voie de contournement de Lac-Mégantic?
:
Merci beaucoup, monsieur MacDonald.
Monsieur le ministre, je vous remercie de votre présence.
J'ai une question d'ordre général, étant donné que je n'ai que peu de temps.
Pouvez-vous nous parler de la complexité associée à la construction d'une telle infrastructure? De nombreuses autres démocraties industrialisées ont un train à grande vitesse depuis très longtemps. Je pense que tous les députés ont dû répondre à cette question maintes fois posée par des commettants au fil des ans: pourquoi pas un train à grande vitesse au Canada? Pourquoi n'avons-nous pas été en mesure de le faire jusqu'à maintenant, et comment pouvons-nous y arriver aujourd'hui?
:
Merci, madame la présidente.
Monsieur le ministre, je vais vous surprendre en vous disant que je suis d'accord avec vous sur une chose, et peut-être même plus qu'une. Moi aussi, je suis député à Ottawa. Moi aussi, j'ai hâte d'avoir un train qui va vite entre Montréal et Ottawa. Nous avons manifestement un problème de transport. Je fais partie des gens enthousiastes.
Maintenant, c'est comme dans la chanson de Daniel Bélanger: « Tout est dans la manière. » Vous modifiez la loi pour le projet Alto en particulier. On a parlé d'évaluation d'impact, de droit d'audience auprès d'un commissaire, etc. Il est évident que ça va modifier le rapport de force dans la négociation, et qu'il va y avoir des négociations de gré à gré. Il est évident que, par définition, ça va changer ça. Il est également évident que ça va accélérer le projet; je suis d'accord avec vous.
Toutefois, vous avez dit quelque chose d'intéressant, à savoir qu'à cause des lois existantes, on n'était possiblement plus capable de construire quelque chose de grand dans ce pays. Donc, pourquoi modifier la loi juste pour le projet de TGV? Pourquoi le gouvernement n'a-t-il pas tout simplement décidé d'utiliser la Loi sur l'expropriation, comme on l'a fait pour Mirabel, pour les Basses-Laurentides et pour ce corridor d'infrastructure linéaire? Si on n'est pas capable de bâtir, pourquoi ne change-t-on pas simplement la loi? Est-ce que le fait que le gouvernement ne le fait pas ne nous confirmerait pas que ce qu'il y a dans la Loi actuelle est hautement légitime?
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Nous reprenons nos travaux pour la deuxième heure de notre séance.
J'aimerais prendre une minute pour souhaiter la bienvenue à nos témoins.
D'Alto, nous accueillons Martin Imbleau, président et chef de la direction; Robert Godbout, vice-président aux finances; Félix Turgeon, chef des services juridiques; et Marc-Olivier Ranger, chef des politiques stratégiques et des partenariats.
Bienvenue à tous. Nous sommes très heureux de vous recevoir aujourd'hui.
Comme il s'agit peut-être de votre première comparution devant un comité, j'aimerais simplement rappeler à tout le monde qu'il y a des services d'interprétation dans les deux langues officielles. Il y a aussi un code QR sur le bureau concernant l'utilisation des oreillettes.
Vous disposez de cinq minutes pour nous faire part de vos observations préliminaires.
Monsieur Imbleau, je vous cède la parole. Merci.
:
Madame la présidente, je vous remercie de nous donner l'occasion de discuter d'Alto et des répercussions du projet de loi .
[Traduction]
Alto est un véritable service de train à grande vitesse, comme ceux qui sont offerts en Europe. Il s'étendra sur près de 1 000 kilomètres de voies réservées au transport de passagers qui seront entièrement électrifiées pour relier Toronto à Québec. C'est un service rapide et fiable offert à haute fréquence.
Alto réduira de moitié la durée des déplacements et rehaussera la productivité économique dans le corridor le plus achalandé du Canada.
En février dernier, le gouvernement a pris trois décisions fondamentales. Il a retenu l'option du train à grande vitesse; il a choisi Cadence, un consortium ayant de solides racines canadiennes et une expertise internationale, comme partenaire privé d'Alto; et il a fourni du financement pour que le projet puisse aller de l'avant.
En septembre, le gouvernement s'est engagé à entreprendre la construction d'ici quatre ans. En décembre, le ministre MacKinnon et moi-même avons annoncé que la première phase relierait Ottawa à Montréal, et que la construction commencerait en 2029. En 2025, nous sommes passés du « pourquoi » au « comment ».
Il y a deux semaines, Alto a entamé un processus de consultation publique à l'échelle du corridor qui comprend des journées portes ouvertes, des séances virtuelles et des tables rondes. La première phase de ce processus repose sur les pratiques exemplaires consistant à agir sans tarder, à faire preuve de transparence et à s'inspirer de ce que nous entendons pour peaufiner notre travail. Une deuxième série de consultations aura lieu cet automne, et nous présenterons alors le tracé détaillé. Même si cette approche prend beaucoup plus de temps au départ, elle garantira un succès à long terme.
Le niveau d'engagement à ce jour a déjà dépassé nos attentes. Jusqu'à maintenant, plus de 2 300 personnes ont assisté à nos journées portes ouvertes et 1 800 personnes ont participé aux séances virtuelles que nous avons tenues samedi dernier. Cette semaine, nous serons à Toronto, à Terrebonne et à Saint-Eustache.
[Français]
Nous allons aussi ajouter des séances à Mirabel et en Ontario dans les prochaines semaines.
En parallèle, évidemment, les consultations auprès des communautés autochtones se poursuivent. Les commentaires recueillis serviront aussi à déterminer un tracé précis que nous présenterons aux communautés touchées l'automne prochain.
[Traduction]
Un projet de cette envergure ne peut pas se réaliser sans un cadre clair sur tous les aspects. Cette clarté est essentielle non seulement pour Alto, mais pour les entreprises, les parties prenantes, les partenaires autochtones, les propriétaires fonciers. La prévisibilité est le nerf de la guerre.
Les mesures proposées par le gouvernement sont essentielles pour qu'Alto puisse réaliser le projet avec clarté et certitude. Sans mesures adéquates, vous allez m'appeler dans quelques années pour m'interroger sur les retards dans le début de la construction et les coûts supplémentaires associés.
Cela dit, ces mesures s'accompagnent de responsabilités. Tout ce qui touche la propriété privée est extrêmement sensible et le mot « expropriation » est lourd de sens. Ce n'est pas quelque chose que nous prenons à la légère. Cela a des répercussions réelles sur la vie des gens.
[Français]
Évidemment, la région de Mirabel est une région encore plus sensible à cet égard. Nous en sommes parfaitement conscients.
[Traduction]
Je tiens également à être très clair sur une chose. À l'heure actuelle, nous évaluons la possibilité d'un corridor qui peut faire jusqu'à 10 kilomètres de largeur. Cela ne correspond pas à l'empreinte du chemin de fer. En réalité, le train à grande vitesse occupe généralement environ 60 mètres de largeur.
Les projets de cette envergure nécessitent également des outils législatifs qui permettent une saine gestion des coûts et réduisent les risques financiers. Bien sûr, l'approche privilégiée sera celle des ententes volontaires avec les propriétaires fonciers. C'est ce que je fais depuis 30 ans dans les grands projets que je gère.
[Français]
Toutefois, le projet de loi prévoit la modification de mesures pour l'expropriation. Alto pourrait, et devra sans aucun doute, y recourir. Le droit de préemption, lui, contribuera à prévenir la spéculation foncière. La disposition interdisant certains travaux vise, quant à elle, à éviter que des travaux non essentiels fassent artificiellement augmenter la valeur d'un terrain susceptible d'être requis. Ces outils doivent être prévus maintenant pour que les mécanismes soient en place et connus une fois le tracé choisi.
Je vous remercie de votre attention.
Je sais que l'un des problèmes dans les grands projets d'infrastructure, c'est souvent les premières décisions prises en matière d'approvisionnement, lorsqu'on se lie en quelque sorte à des fournisseurs, peut-être involontairement, avant que tous les détails ne soient connus.
Quelles mesures de protection seront également mises en place pour veiller à ce que les premières décisions prises en matière d'approvisionnement — et on est certainement en train d'analyser tout cela en ce moment — n'évincent pas intentionnellement des fournisseurs d'acier canadiens avant que toutes les approbations de projet ne soient en place? Pour avoir travaillé à un grand projet d'infrastructure dans le secteur privé avant d'être élu au Parlement, je sais que cela peut se produire, surtout au moment où les premières décisions sont prises.
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Merci, madame la présidente.
Merci à vous tous d'être ici aujourd'hui.
Monsieur Imbleau, j'ai une question à vous poser sur le tracé et l'emplacement des gares. Comment seront-il établis, exactement? Évidemment, il y a l'achalandage, entre autres facteurs, comme l'analyse coûts-avantages et les caractéristiques géographiques. Tous ces éléments s'imbriquent. Cependant, je veux vous interroger sur la place de la croissance démographique dans les décisions sur l'emplacement des gares, des stations, le tracé et ce genre de choses.
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C'est un projet très intéressant, emballant. Mon intention ici n'est pas du tout de nuire au projet, bien au contraire.
Je représente London, en Ontario. London est l'une des villes qui connaissent la croissance la plus rapide au Canada. Selon les données les plus récentes, elle figurerait parmi les cinq villes connaissant la croissance démographique la plus importante. En Ontario, c'est un chef de file, et ce, depuis quelques années.
Si l'on prend London et les villes environnantes comme St. Thomas, par exemple, où l'usine de Volkswagen va s'installer, Strathroy, Komoka et d'autres municipalités voisines également, la région compte plus de 600 000 habitants. Le nombre d'usagers, selon les chiffres de VIA Rail, évidemment, a augmenté au fil des ans. Ils ne se comparent pas exactement à ceux de Toronto, mais augmentent considérablement.
Je ne ferais pas mon travail si je ne vous demandais pas si London a été prise en compte dans tout cela. J'irais même au-delà de London pour aller jusqu'à Windsor. Il pourrait y avoir un tracé de Windsor à London, puis un autre de Toronto à Québec. Cette possibilité a-t-elle été envisagée? Où se situe le Sud-Ouest de l'Ontario dans la vision globale?
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Merci, madame la présidente.
Messieurs les témoins, merci d'être ici.
Commençons par la mise en garde d'usage. Comme je l'ai dit au ministre, nous sommes en faveur d'un train. Nous pensons que c'est un beau projet. Je suis la première victime des difficultés de transport entre Ottawa et la région métropolitaine. Il est important de le répéter, mais, encore une fois, nous avons un travail parlementaire à faire. À certains égards, notre position actuelle est que le projet de loi va quand même assez loin.
C'était une question un peu générale, mais j'ai demandé au ministre pourquoi, si les lois sur l'expropriation nous empêchaient de construire quoi que ce soit de grand, au pays, on ne les changeait pas, tout simplement, pour que tout le monde soit égal devant la loi.
Pourquoi le fait-on seulement pour ce projet? Il nous a répondu que ce serait insensé. Alors, ce que nous dit le ministre lui-même — il l'a dit ici, c'est sur l'enregistrement — c'est que ces modifications législatives sont insensées, sauf pour ce projet. Qu'est-ce qui fait que ce qui est insensé ailleurs a du sens chez Alto?
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Ça laisse sous-entendre que le ministre aurait tout simplement dû déposer une loi distincte, avoir des audiences et modifier la loi de façon générale.
Il y a quelqu'un de meilleur que moi dans le domaine juridique, ici. Vous excuserez donc mon langage, car je suis économiste. Généralement, dans la vie, selon la loi actuelle, avant le projet de loi , une personne reçoit un préavis d'expropriation et, après ça, on lui annonce qu'on va l'exproprier. On en arrive là. Je sais que vous allez me vanter le gré à gré, mais vous pouvez m'épargner ça, car je sais qu'on en arrive là. À un moment donné, la personne peut dire qu'elle veut se faire entendre par un commissaire, qu'elle a droit à une audience. Or, maintenant, on enlève cette portion du processus dans la loi.
J'aimerais savoir ceci: si on laissait la loi telle quelle, est-ce que vous vous attendez à ce que beaucoup de gens se prévalent de ce droit? Quelles seraient vos attentes?
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Voyez-vous, monsieur Imbleau, c'est cette espèce de non-réponse qui me dérange. Une personne aujourd'hui qui reçoit un préavis d'expropriation peut avoir envie d'être entendue. Vous avez entendu le ministre, n'est-ce pas? Les ministres, ici, ce ne sont pas les gens les plus sensibles au monde. Ils n'ont surtout pas votre sensibilité à l'égard de Mirabel, ça, je peux vous le garantir.
Il y a une inquiétude. En temps normal, ces gens peuvent se dire: « J'ai un préavis d'expropriation, je vais me faire entendre par un commissaire. Ça va prendre un certain temps. Ça fait partie de mon rapport de force. C'est quelque chose qui m'avantage. J'en conviens. » Ensuite, ces gens disent qu'ils vont faire appel à un commissaire. Moi, je vous dis que le projet de loi va retirer cette portion du processus. Vous appelez ça une simplification; moi, j'appelle ça retirer un droit à quelqu'un, un droit dans le processus.
Je vous demande si vous vous attendez à ce que beaucoup de gens le demandent, et vous êtes mal à l'aise de répondre. Peut-être que la réponse, c'est oui.
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Merci beaucoup, madame la présidente.
Monsieur Imbleau, ainsi que vos collègues, bonjour. Je vous remercie de témoigner à cette réunion.
J'ai une question concernant vos commentaires précédents à propos de l'acier. Vous avez mentionné qu'à peu près les deux tiers de l'acier dont vous aurez éventuellement besoin pourraient être fournis par des producteurs canadiens. Par contre, il manque encore un tiers qui ne peut être fourni, aujourd'hui, par des producteurs canadiens.
Plusieurs autres services publics, par exemple les producteurs d'électricité comme Hydro-Québec, Ontario Power Generation et d'autres, s'engagent avec des fournisseurs du secteur privé en vertu d'accords-cadres à long terme comportant certaines balises. Est-ce qu'Alto pourrait considérer ce type d'accord avec des compagnies du secteur privé qui pourraient fournir ce dernier tiers de l'acier manquant?
Un de mes collègues a mentionné plus tôt les leçons qu'on a pu tirer de ce qui n'a pas bien fonctionné dans des projets à l'étranger, que ce soit en Angleterre ou en Californie. L'exemple de la Californie est effectivement très intéressant.
Pour ce qui est des importants projets canadiens d'infrastructures et de transports au Québec et en Ontario, durant les dernières années, est-ce que vous parlez à vos collègues du Réseau express métropolitain, le REM, ou de Metrolinx, par exemple, pour évaluer ce qui a moins bien fonctionné, ce qui n'a pas fonctionné du tout, et ce qui a très bien fonctionné?
Par exemple, dernièrement, tous ceux qui habitent dans la région de Montréal savent qu'il y a beaucoup de commentaires au sujet des effets de la température sur le REM. Oui, il fait froid. On aurait pu le dire avant.
Donc, est-ce que vous parlez à vos collègues du REM, par exemple, ou des autres compagnies canadiennes qui ont récemment construit de grands projets d'infrastructures?
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Toutefois, dans la première partie, on enlève l'audience avec un commissaire.
Lors de votre activité à Laval, des gens de ma circonscription, d'anciens expropriés, sont allés vous voir et vous ont demandé de tenir une consultation à Mirabel. Je suis très content que vous ayez confirmé aujourd'hui que vous allez venir chez nous. Je pense que les gens vont bien vous recevoir. À Mirabel, nous savons vivre et accueillir les gens.
J'ai eu vent que, lorsqu'ils sont allés vous voir, on leur a dit que vous aviez accepté de tenir une consultation sous forme de panel dans la salle paroissiale de Sainte-Scholastique, qui est le lieu où, historiquement, les expropriés tiennent leurs rencontres. Est-ce que vous acceptez cette invitation à vous faire poser des questions sous forme de panel avant le temps des sucres? C'est bien important chez nous.
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C'est promis: nous allons le faire avant le temps des sucres. Pour ce qui est de la paroisse ou de la salle municipale, je ne le sais pas.
Cela dit, la raison pour laquelle nous avons opté pour cette formule, présentement, est que c'est la meilleure du monde. Nous sommes là pendant des heures, des heures et des heures. Que vous ayez 2, 8, 200 ou 400 questions, nous allons répondre à toutes vos questions. Si vous avez des commentaires ou des observations à nous transmettre après être retournés à la maison, vous pourrez revenir le faire à la deuxième séance. Vous pouvez même le faire en ligne. C'est bien meilleur qu'un panel. Un panel, ce n'est pas la bonne façon de faire.
Je comprends l'impossibilité d'avoir un budget détaillé à ce stade préliminaire, mais je pense qu'on pourrait comprendre les Canadiens de ne pas se sentir réconfortés par cette réponse.
J'attire l'attention du Comité sur l'exemple du pipeline Trans Mountain. Les parlementaires avaient été rassurés par le gouvernement quand, après avoir repoussé les capitaux privés pour réaliser le projet, il a acheté le pipeline et créé une structure de société d'État pour le construire. Les dépassements de coûts dans ce projet ont dû atteindre entre 500 % et 1 000 %, selon qu'on calcule à partir du budget initial de Kinder Morgan ou du premier budget qui a été présenté au Parlement.
Les Canadiens ont besoin d'une véritable garantie que 60 milliards de dollars ne deviendront pas 300 milliards de dollars. Combien de temps vous faudra-t-il pour présenter un vrai budget réaliste, qui pourrait être respecté et qui pourrait faire l'objet d'un rapport au Parlement et aux comptes publics un jour?
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Je vous remercie de la question. Je comprends votre préoccupation.
Selon les pratiques exemplaires, il faut dépenser de 5 à 10 % du coût total potentiel d'un projet avant d'établir des prévisions détaillées. C'est ainsi que les grands projets se réalisent. Si vous regardez la recette, ce qui a été fait ailleurs et le livre qui a été écrit sur le sujet, il faut investir au moins 5 %, 8 % ou 10 % de ce montant d'abord.
Nous n'en sommes pas encore là. C'est pourquoi il est si crucial d'établir des orientations plus tard cette année, de préparer les plans d'ingénierie et d'obtenir les permis avant de présenter des prévisions budgétaires. Je ne serai pas en mesure d'établir des prévisions budgétaires avant l'année prochaine parce qu'il n'y a pas encore assez de travail qui a été réalisé.
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D'accord. On peut certainement l'espérer.
Encore une fois, j'espère que vous comprendrez à quel point les Canadiens voudront tenir le gouvernement responsable de sa capacité de réaliser un projet, pour qu'il ne se transforme pas en énorme gâchis pour les contribuables comme tant d'autres avant.
Nous sommes habitués à ce que le gouvernement annonce des montants et garantisse ou prétende aux Canadiens que telles choses seront construites, pour ensuite constater des dépassements de coûts astronomiques. Je ne sais pas combien de fois, dans ma propre ville, le gouvernement a annoncé de nouveaux fonds pour la construction de la ligne verte, qui n'est toujours pas construite. L'annonce initiale avait été faite à l'ère Harper, puis il y a eu tellement d'autres annonces du gouvernement actuel que j'en ai perdu le fil, mais le projet n'est toujours pas terminé, et seule une infime partie des voies est en construction.
Les Canadiens voudront avoir l'assurance que non seulement cette infrastructure est construite, mais qu'elle est construite dans le respect d'un budget étoffé, et que ce soit un succès financier pour transporter les Canadiens d'un bout à l'autre du pays.
Je serais heureux d'entendre tout ce que vous pouvez dire au Comité pour le rassurer.
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Merci, madame la présidente.
Monsieur Imbleau, je vous remercie d'être parmi nous aujourd'hui.
Nous nous sommes déjà rencontrés à quelques reprises par le passé. Je ne sais pas si vous vous souvenez de moi, mais j'étais président de la Chambre de commerce et d'industrie de Québec. Je vous avais même invité à parler du projet de train à grande vitesse, ou TGV, et à participer à plusieurs consultations sur le sujet. Vous comprendrez alors qu'aujourd'hui, je vais mettre un peu mon chapeau de citoyen de Québec.
Comment pouvez-vous assurer aux gens de Québec que le TGV va vraiment se rendre à Québec? Je pose cette question parce que j'ai entendu dire que le projet allait se faire en plusieurs phases. D'après ce que je comprends, ce ne sera pas la phase Québec-Montréal qui sera faite en premier, mais les gens de Québec voudraient connaître aujourd'hui les lieux où s'arrêtera le TGV dans la ville de Québec.
Je vous poserai ensuite plusieurs questions de nature économique sur vous.
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Merci. Les deux aspects sont un peu liés, monsieur Lavoie.
De notre côté, nous n'avons pas d'autre projet que celui du TGV. Ce n'est pas nous qui allons réaliser le projet. Nous sommes un bureau de projets qui s'associe avec un consortium privé, et c'est celui-ci qui va gérer le projet pour l'essentiel. Notre travail est donc d'abord et avant tout de superviser le projet et d'en être la caution morale et publique pour le faire avancer.
Nous allons surveiller le travail du consortium Cadence, qui sera payé pour faire avancer le projet. Ce sera notre travail de superviser tout ce qui concerne sa stratégie d'approvisionnement et d'avancement. En parallèle, nous rendrons de façon régulière des comptes à notre conseil d'administration, à Transports Canada, au vérificateur général et, enfin, au Parlement.
Notre seul travail n'est pas de faire autre chose, mais de gérer le projet avec les meilleurs talents du monde. Nous avons engagé des ingénieurs, des avocats, des gens qui viennent d'un peu partout sur la planète, qui ont développé de grands projets et qui ont aussi de l'expérience dans le domaine des trains à grande vitesse. Ils font maintenant partie de notre équipe.
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Merci, messieurs Imbleau et Lavoie.
Ça met fin à notre réunion d'aujourd'hui.
J'aimerais remercier tous les témoins d'avoir été parmi nous aujourd'hui.
[Traduction]
Vous êtes libres de partir.
Chers collègues, je vous rappelle que demain, nous recevrons le pendant une heure, de 18 h 30 à 19 h 30, pour discuter du projet de loi . Sauf erreur, l'avis n'a pas encore été envoyé, mais il vous sera transmis sous peu.
Nous passerons beaucoup de temps ensemble cette semaine.
Sur ce, chers collègues, y a-t-il consentement unanime pour lever la séance?
Merci beaucoup. Je vous souhaite une bonne soirée. La séance est levée.