:
Je déclare la séance ouverte.
Bienvenue à la 27e réunion du Comité permanent de l'environnement et du développement durable.
Cette réunion se déroule dans un format hybride et est publique.
À ceux qui participent en personne, veuillez suivre les directives de santé et de sécurité, qui se trouvent sur les cartes placées sur la table, pour prévenir les incidents audio ou de retour de son.
[Français]
Le Comité reprend son étude sur la protection accordée aux résidants canadiens contre les phénomènes météorologiques extrêmes.
[Traduction]
Nous accueillons Louise Wallace Richmond, conseillère municipale, Ville de Salmon Arm, en Colombie‑Britannique, par vidéoconférence; et Leslie Muñoz, direction, Représentation des intérêts de la Fédération canadienne des municipalités.
Nous accueillons également Blaine Payne, maire; et Josephine Goosney, conseillère du Town Council of Parson's Pond, tous deux par vidéoconférence.
Bonjour à tous.
Vous aurez cinq minutes pour faire votre déclaration liminaire. Je vous indiquerai quand il vous restera une minute à votre déclaration et à vos réponses et vous demanderai de bien vouloir terminer.
Merci.
Nous allons commencer par la Fédération canadienne des municipalités.
Vous avez cinq minutes pour présenter votre déclaration.
:
Bonjour, distingués membres du Comité.
[Français]
La Fédération canadienne des municipalités, ou FCM, représente plus de 92 % de la population canadienne. Nos membres représentent plus de 2 000 municipalités de toutes tailles, des plus grands centres urbains aux communautés nordiques, rurales et éloignées, ainsi que 20 associations provinciales et territoriales.
[Traduction]
Je vais présenter quatre points dans ma déclaration.
Tout d'abord, il faut préparer nos infrastructures dès maintenant, au lieu de les réparer plus tard. C'est la façon la plus économique d'agir pour éviter de payer des milliards de dollars de dommages.
De plus, nous devons mieux épauler nos services de gestion des urgences locaux, ainsi que les évacués et les communautés d'accueil.
Par ailleurs, nous devons renforcer les mécanismes de coordination nationaux pour corriger les lacunes en matière de capacités.
Enfin, il faut appuyer le rétablissement après les catastrophes pour reconstruire de meilleures infrastructures plus rapidement, et cela demande notamment d'assurer un accès à de l'assurance abordable.
Des inondations et des tempêtes de plus grande ampleur menacent les ménages, les entreprises et les collectivités au Canada. La pression exercée sur l'infrastructure et les services d'urgences des municipalités augmente, et les choses ne vont qu'empirer. Au total, 14 % des infrastructures publiques au Canada sont en mauvais ou en très mauvais état. Il y a 294 milliards de dollars d'arriéré en réparation à faire, ce qui rend les collectivités plus vulnérables aux perturbations, à la perte et au danger.
Les changements climatiques ajoutent déjà 9 milliards de dollars par année aux coûts des infrastructures, un montant qui pourrait passer à 14 milliards de dollars d'ici 2050.
[Français]
En agissant maintenant, nous pouvons réduire les impacts et les coûts. En adaptant nos infrastructures dès aujourd'hui plutôt que de les réparer plus tard, nous pouvons économiser des milliards de dollars.
D'ailleurs, dans sa plus récente étude, l'Institut climatique du Canada démontre que chaque dollar investi pour se préparer aux risques climatiques permet d'éviter près de 5 $ de dépenses dans l'avenir.
[Traduction]
C'est pourquoi nous demandons au gouvernement fédéral d'investir immédiatement 2 milliards de dollars dans l'infrastructure d'adaptation, puis 1 milliard de dollars par année sur les 10 prochaines années, pour protéger les collectivités et réduire les coûts.
Même si les projets d'adaptation au climat sont admissibles au nouveau Fonds pour bâtir des collectivités fortes, ils ne se font pas au rythme et n'ont pas la taille nécessaires. C'est pourquoi nous devons continuer de demander des investissements ciblés supplémentaires.
La FCM est déjà un chef de file en la matière. Le Fonds municipal vert soutient proactivement les municipalités pour mener des évaluations du risque climatique, faire des plans d'adaptation et assurer la résilience de la gestion des actifs. Nous savons que ce fonds pourra servir à protéger davantage les collectivités dans les années à venir.
Les services locaux de gestion des urgences ont besoin de soutien. Les pompiers des municipalités sont entraînés et équipés pour combattre les incendies dans les immeubles, pas les incendies de forêt. Leur développement étant accru, les pompiers sont souvent appelés à combattre ces deux types d'incendie. Ils sont confrontés au burnout, à des problèmes de santé mentale et à des défis en matière de recrutement. C'est particulièrement vrai dans les collectivités rurales, éloignées et nordiques, où les services sont composés de bénévoles et où la formation et l'équipement sont limités.
Concernant les évacuations, il faut identifier ou bâtir proactivement des installations multifonctionnelles et corriger les lacunes restantes dans la couverture cellulaire et à large bande pour que les évacuations soutiennent les besoins de base des évacués.
Il faut améliorer les mesures de coordination nationales.
[Français]
Lorsque les catastrophes climatiques s'intensifient, les capacités locales peuvent être rapidement débordées. Nous devons tous coordonner nos efforts pour éviter que les dommages empirent.
[Traduction]
Il est essentiel d'établir de meilleurs mécanismes de coordination à l'échelle fédérale pour améliorer les normes, les systèmes de données et la sensibilisation pancanadienne concernant les risques critiques et les pratiques exemplaires.
Enfin, le rétablissement après les catastrophes devient un des éléments les plus importants et les plus coûteux. Les municipalités rebâtissent l'infrastructure essentielle tout en continuant de répondre aux urgences. La modernisation des Accords d'aide financière en cas de catastrophe est importante, mais nous aurons besoin de clarté pour répondre aux nouvelles exigences.
[Français]
Enfin, soutenons les ménages vulnérables habitant dans des zones à haut risque en mettant en place une assurance nationale pour ces zones.
[Traduction]
Les responsabilités des municipalités augmentent à un rythme qui excède de loin nos capacités financières et le cadre de réponse aux urgences actuel. La FCM accueille favorablement l'occasion de travailler avec le gouvernement du Canada.
:
Bonjour, monsieur le président, membres du Comité.
Je m'appelle Blaine Payne, maire de Parson's Pond. Je suis accompagné aujourd'hui de la conseillère municipale Josephine Goosney.
Nous tenons à vous remercier de nous avoir invités à participer à votre réunion aujourd'hui. Je vous suis reconnaissant de pouvoir vous donner le point de vue de notre municipalité rurale dans votre étude pour protéger les Canadiens contre les phénomènes météorologiques extrêmes. Parson's Pond est une petite ville de Terre‑Neuve‑et‑Labrador qui est confrontée à des problèmes d'érosion depuis des dizaines d'années. J'aimerais attirer votre attention sur le fait que nos efforts pour atténuer les menaces n'ont connu aucun succès.
Parson's Pond est une belle collectivité entourée de montagnes et de l'océan sur la péninsule nord. Elle est peuplée de gens amicaux qui craignent tous la même chose: l'érosion. C'est un problème récurrent qui se produit sur la majorité de notre côte. À chaque tempête, nous perdons du terrain. De la boue se forme dans l'eau à cause de l'érosion, qui gruge nos terres. La côte s'amincit à chaque tempête et se rapproche des maisons tout le long de la ville, du nord au sud. Même les jours d'été secs sans vagues qui amincissent la côte, on peut voir du sable sec soufflé par le vent.
Les résidents et les gens locaux voient ce phénomène se produire depuis des années, et rien n'a été fait pour empêcher la situation de s'aggraver. Les dommages sont très visibles pour ceux qui vivent ici. Quand j'étais enfant, j'ai vu qu'on a déplacé le phare municipal plus près des maisons deux fois à cause de l'érosion. Le phare, situé au centre de la ville, allait tomber dans l'eau.
Sur le flanc nord, ce sont surtout des terrains vacants, donc presque personne ne s'en rend compte, mais le même phénomène se produit. C'est bien visible. Sur le flanc sud, à l'entrée sud de Parson's Pond, la situation est particulièrement flagrante. La côte se rapproche de l'autoroute 430, qui donne accès à toute la péninsule nord. Si cette autoroute est emportée par les eaux, il n'y aura plus d'accès à la péninsule nord. C'est donc un enjeu qui touche non seulement notre petite ville, mais aussi toute la côte.
Nous sommes tous préoccupés par ce problème, mais nous ne sommes pas en mesure de le régler compte tenu des réalités actuelles et des ressources limitées de notre petite municipalité. La réinstallation ailleurs n'est pas une option. Personne ne veut partir de Parson's Pond. Nous avons une belle collectivité sécuritaire, avec des services locaux, des pompiers volontaires, une clinique et des épiceries. Nos industries du homard et de la foresterie sont en plein essor. Nous avons de l'eau potable dans toute la ville et des services d'égouts.
Parson's Pond est une collectivité bien établie, et nous sommes favorables à la croissance, pas à la réinstallation. S'il vient un temps où nous devons nous réinstaller pour assurer notre sécurité, il faudra quand même régler le problème de l'érosion, parce que nous sommes situés près d'un étang qui va de l'océan aux montagnes. Nous sommes entourés de marécages, de terres humides et de marais. Il n'y a aucune autre façon de relier la péninsule nord. L'autoroute est située à l'endroit le plus étroit et le moins profond de l'étang. On ne peut pas éviter Parson's Pond, parce qu'on ne peut pas déplacer l'autoroute.
C'est urgent de répondre à nos préoccupations, et si nous corrigeons le problème dès maintenant, nous pourrons prévenir l'érosion à l'avenir. De notre point de vue, c'est la seule option et l'option la plus sécuritaire. Si nous ne parvenons pas à régler ce problème, c'est toute la péninsule nord qui sera isolée.
J'ai des amis qui résident aussi loin que St. Anthony sur la péninsule nord qui me posent des questions sur l'érosion à Parson's Pond, parce qu'ils passent par ici en voiture et qu'ils constatent ce qui se passe. Ils comprennent les conséquences de l'inaction.
Le financement requis est trop élevé pour que la ville réunisse les fonds, et tout financement disponible est trop élevé pour que notre petite ville se qualifie. Nous savons que la situation est grave. Dans le cadre de votre étude, c'est important que le gouvernement fédéral comprenne la dynamique de notre collectivité.
Je vous remercie encore de l'occasion de vous parler au nom de ma ville de ces problèmes continus d'érosion. Je répondrai à vos questions avec plaisir.
Merci.
:
Bien sûr. Je vais répondre brièvement, puis je céderai la parole à Mme Wallace Richmond pour qu'elle vous décrive plus en détail ce qui se passe sur le terrain à l'échelle locale.
Nous avons mené des études: 14 % des infrastructures municipales sont dans un état de délabrement critique, ce qui représente un risque énorme en matière de phénomènes météorologiques extrêmes. L'arriéré — ce nombre n'est plus actuel, mais nous allons le mettre à jour dans quelques mois — s'élève à 296 milliards de dollars pour tout le pays. Si l'on ajoute cet arriéré aux phénomènes météorologiques extrêmes, le risque financier est énorme pour les municipalités et les contribuables locaux. Et ce n'est pas seulement une question d'argent: la situation a notamment des répercussions sur la qualité de vie et la capacité des entreprises à faire des affaires.
Récemment, nous avons également établi un partenariat avec l'Institut climatique du Canada et le Bureau d'assurance du Canada pour mener une étude sur le coût de l'adaptation aux changements climatiques et les économies qui pourraient en découler. Il est véritablement rentable d'investir dans la préparation des communautés aux conditions météorologiques extrêmes afin d'éviter d'autres coûts à l'avenir. L'escalade des coûts est tout simplement trop élevée.
Je vais céder la parole à Mme Wallace Richmond pour qu'elle en dise un peu plus à ce sujet et qu'elle décrive les réalités locales.
:
Merci. Je vous remercie de la question.
La région d'où je viens, l'Intérieur sud de la Colombie-Britannique, a connu un certain nombre de catastrophes dévastatrices au cours des cinq dernières années seulement. Je peux vous dire que, dans notre communauté, on ne parle plus de la saison des feux de forêt. En effet, la saison dure toute l'année parce que nous savons qu'un feu de forêt en été mènera à un ravinement à l'automne. L'effet cumulatif d'une catastrophe dure infiniment longtemps.
Qu'on pense à l'autoroute qui est emportée par les eaux en été pendant les périodes achalandées ou à la fumée qui nous empêche de partir et qui nous confine donc dans l'Intérieur sud, la population vit tout le temps avec ce risque. Lors des rassemblements de Noël, les convives se demandent si l'accumulation de neige dans les montagnes sera suffisante pour nous rendre jusqu'à la fin du printemps. Ils se demandent si les températures élevées accéléreront la fonte du manteau neigeux, qui créera un risque d'inondation, qui créera à son tour un risque de... Nous devons maintenant mettre l'accent sur la prévention, car il vaut mieux prévenir que guérir — c'est vraiment le cas de le dire.
:
Merci, monsieur le président.
J'aimerais d'abord ouvrir une petite parenthèse à l'intention de mes collègues. Précédemment, j'ai mis en avis une motion concernant le calendrier, qui semblait poser problème à certains égards, mais nous avons reçu un nouveau calendrier. Cette motion ne sera donc plus nécessaire, et je ne la proposerai pas.
Je me tourne maintenant vers les représentants de la Fédération canadienne des municipalités.
Je vous remercie de votre présence. Vous avez mentionné que l'augmentation des coûts en matière d'infrastructure se chiffrait à 9 milliards de dollars par année et que les changements climatiques y contribuaient. Selon les prévisions, cela pourrait atteindre autour de 14 milliards de dollars par année.
Quelle portion de l'augmentation des coûts et des besoins en infrastructure est directement liée aux changements climatiques, et sur quel scénario de réchauffement se base-t-on?
Par exemple, se base-t-on sur la trajectoire actuelle, qui mène à un réchauffement de 2,7 degrés Celsius, ou plutôt sur un scénario où la température augmenterait de 5 degrés Celsius?
:
Comme je l'ai mentionné rapidement, je vais parler du rapport qui a été publié.
Essentiellement, nous estimons qu'environ 14 % de tous les actifs d'infrastructure publique du Canada appartenant à des municipalités sont en mauvais ou en très mauvais état. Nous allons mettre cette statistique à jour, et c'est avec plaisir que je ferai parvenir l'information au Comité. Le rapport sera publié dans quelques mois. Je vais m'assurer de vous l'envoyer. Si on se fie à des nombres qui ne sont plus actuels, l'arriéré s'élève à 294 milliards de dollars pour la réparation des infrastructures. Cela donne une idée du montant nécessaire pour avoir des infrastructures en bon état. Quand autant d'infrastructures sont en mauvais état, le risque climatique augmente, peu importe le scénario.
En ce qui concerne le rapport que j'ai mentionné — je ferai également circuler l'information à ce sujet après la réunion —, la FCM s'est associée au Bureau d'assurance du Canada. Ce rapport était chapeauté par l'Institut climatique du Canada. Il s'intitule Prévenir ou réparer. Son constat principal est le suivant: si nous investissions 4 milliards de dollars dans l'adaptation aux changements climatiques, les économies ainsi générées s'élèveraient à environ 5 à 10 milliards de dollars. Compte tenu des répercussions financières et des risques financiers associés aux conditions météorologiques extrêmes, nous avons une occasion en or d'investir de manière proactive pour nous préparer aux risques climatiques et aux dangers naturels. Nous pourrons ainsi protéger nos communautés. Il est moins coûteux d'investir dans la prévention que dans les réparations après coup.
Madame Wallace Richmond, avez-vous quelque chose à ajouter?
:
J'ajouterai que nous faisons face à une pénurie de logements partout au Canada et que, de toute évidence, les municipalités souhaitent vivement construire des logements rapidement. Cette crise sévit à l'échelle du pays.
Ce que nos membres nous disent constamment, c'est qu'il serait utile d'avoir accès à des renseignements sur les plaines inondables et à toutes les données. Ainsi, lorsque des collectivités seront bâties, elles seront fortes et résilientes à l'environnement et aux pressions croissantes que nous apportent les conditions météorologiques extrêmes.
Je sais que le gouvernement fédéral s'est engagé à créer un portail, mais la publication des données connaît des retards. Nous continuons de recommander la création du portail. L'accès à de l'information sur les inondations, les risques d'inondation et tous ces éléments donnera lieu à une promotion immobilière durable, solide et judicieuse.
Nous appuyons ces mesures et nous sommes conscients que nous devons construire plus de logements rapidement partout au pays et que tous les paliers de gouvernement doivent collaborer en ce sens.
:
Je vous remercie de cette réponse.
Je veux m'assurer que nous évitons de confondre les deux questions...
Leslie Muñoz: Oui.
David Bexte:... de la croissance future qui doit être naturelle, d'une part, et, d'autre part, de la construction accrue de logements pour les Canadiens en repositionnant les infrastructures existantes. Les infrastructures existantes devront faire l'objet de mesures d'atténuation afin d'économiser... Vous avez très bien expliqué qu'un dollar dépensé aujourd'hui se décuple dans l'atténuation des catastrophes naturelles.
La prévention est mieux que de compter sur la compagnie d'assurances qui intervient après la catastrophe naturelle. Or, plus important encore, je veux revenir à l'importance de choisir de bons endroits pour construire des logements et de doter les communautés urbaines de coupe-feu appropriés.
J'aimerais avoir une idée de ce qu'il en est. Les priorités et les discussions des municipalités en matière de dépenses font-elles l'objet de plus de réflexions, compte tenu des ressources limitées dont vous disposez? Par exemple, Calgary se trouve dans une situation un peu difficile en ce moment, étant donné ses importantes infrastructures d'approvisionnement en eau en milieu urbain et son manque de fonds. Les autorités doivent trouver une solution, car c'est un élément essentiel. Or, par le passé, les priorités en matière de dépenses ont peut-être contribué au problème. Pourriez-vous nous dire ce que vous en pensez?
:
Merci beaucoup à tous les témoins d'aujourd'hui.
Je suis vraiment emballée par cette journée qui conclut notre étude. C'est une étude que j'ai proposée, et je pense que tous les témoins — à chacune des réunions, y compris aujourd'hui — ont vraiment démontré la raison d'être d'une étude comme celle‑ci. Il y a vraiment des lacunes auxquelles nous devons réfléchir.
Nous essayons de comprendre le rôle du gouvernement fédéral et ce que le cadre fédéral devrait comporter pour tenir compte de toutes les considérations associées aux répercussions des conditions météorologiques extrêmes sur les Canadiens. Effectivement, une grande partie de la solution consiste à construire plus judicieusement — bien choisir où et comment nous construisons de nouveaux logements —, et nous nous améliorons lentement, mais sûrement en ce sens. Cela implique divers paliers de gouvernement. Aucun gouvernement ne peut contrôler ce dossier seul, mais il ne faut pas oublier toute l'infrastructure existante... les communautés côtières.
Je suis ravie de vous voir, madame Muñoz. J'ai beaucoup travaillé avec la Fédération canadienne des municipalités dans mon ancienne vie à la Ville d'Halifax, où je me concentrais fortement sur l'adaptation. Je me demande simplement comment la Fédération canadienne des municipalités facilite la coopération entre ses membres sur la question des pertes non assurées et assurées causées par les phénomènes météorologiques extrêmes.
:
La raison pour laquelle j'ai présenté cette étude en ces termes, c'est qu'il y a eu beaucoup de travail au cours des dernières années avec un consortium appelé Un Canada résistant au climat, avec les assureurs et avec les gouvernements. Ils se réunissaient une fois par année. J'ai participé à ces rencontres de par mon rôle à la Ville de Halifax.
Je pense que nous essayons toujours de comprendre qui fait quoi en ce qui concerne l'argent à investir dans le rétablissement en cas d'incident, ainsi que dans la résilience de nos infrastructures aujourd'hui. Quel est le rôle du secteur de l'assurance? Quels sont les rôles des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux?
Oui, une grande partie des fonds versés par le gouvernement fédéral doit passer par les provinces et les territoires. C'est à eux de déterminer où seront investis ces fonds, ce qui peut être problématique pour les municipalités elles-mêmes.
J'aimerais maintenant m'adresser à M. Payne. C'est un plaisir de vous avoir parmi nous. Je vous remercie de votre témoignage.
Comme vous êtes directement touchés par ce problème, est‑ce que vous ou le personnel de la municipalité avez eu des conversations avec les fonctionnaires ou les politiciens de la province de Terre‑Neuve‑et‑Labrador sur la façon d'avoir accès à des fonds, qu'ils soient fédéraux ou provinciaux, pour vraiment commencer à sécuriser cette route? S'agit‑il d'une route provinciale, fédérale ou locale?
:
Merci, monsieur le président.
Je m'adresse toujours aux gens de la Fédération canadienne des municipalités.
Vous avez parlé de différents scénarios de réduction des émissions et de l'importance de celle-ci. Il y a quelques jours, votre présidente, Mme Bligh, était ici pour parler, avec , entre autres, du financement du transport collectif, qui a été réduit de 5 milliards de dollars. Vous avez dit que ça vous amenait à faire compétition aux provinces et aux territoires pour un financement qui, normalement, serait consacré au transport collectif.
Pouvez-vous nous expliquer un peu votre vision de l'importance de ce financement?
:
Je vais vous répondre rapidement, puis je céderai la parole à Mme Wallace Richmond.
Vous parlez ici de la réduction de 5 milliards de dollars du Fonds pour le transport en commun du Canada, le FTCC, dans le budget de 2025. Nous plaidons actuellement en faveur de l'annulation de cette décision. Je comprends que, des trois volets, le transport en commun sera une dépense admissible au Fonds pour bâtir des collectivités fortes. Nous sommes toutefois très inquiets parce que ce fonds n'avance pas assez vite ni n'est assez généreux pour vraiment répondre aux besoins observés à l'échelle du pays. L'avantage du Fonds pour le transport en commun du Canada, c'est qu'il est consacré à cela seulement. C'est un fonds à part. C'est un investissement dans le transport en commun qui n'entre pas en concurrence avec les autres priorités municipales. Le fait qu'il ait été réduit embête les municipalités partout au pays.
Vous avez parlé un peu de concurrence avec les priorités provinciales. Dans le volet provincial et territorial du Fonds pour bâtir des collectivités fortes, l'une des conditions, pour avoir accès au financement, c'est que la province égale le financement octroyé par le gouvernement fédéral. Il faut également abaisser les droits d'aménagement pour y avoir accès. Le problème, c'est que dans de nombreuses municipalités de l'Ontario et du Québec, les droits d'aménagement servent justement à financer le transport en commun. C'est un double coup dur s'il y a une réduction de 16 % du FTCC et qu'en même temps, la réduction des droits d'aménagement fait probablement diminuer le financement disponible pour le transport en commun dans la municipalité. Cela complexifie la donne pour toutes les municipalités.
Madame Wallace Richmond, je ne sais pas si vous voulez ajouter quelque chose.
L'endroit où c'est le plus visible, c'est près de l'autoroute. Depuis 20, 25 ans, la ville met de la roche en haut de la berge pour éviter l'érosion du bord de la route. La roche a été déplacée quatre fois, de plus en plus près de la route. Au moins 50 pieds ont été emportés par les eaux. On perd de 5 à 10 pieds par année.
J'ai mentionné le phare dans mon exposé. J'ai vu le phare être déplacé deux fois, mais le propriétaire du terrain où il se trouvait dit qu'il a été déplacé trois fois. Il y a aussi une grange, qui se trouve actuellement à 25 pieds de la ligne d'érosion. Elle se trouvait à 50 ou 75 pieds plus loin, avant. Le phare a été retiré de là en 2009, d'après ce qu'il m'a dit, et on ne l'a pas replacé parce que le terrain ne cesse de s'éroder. C'est effectivement un problème. Nos tempêtes se sont aggravées, tout change.
:
Merci à tous les témoins.
Madame Richmond, Salmon Arm est une ville magnifique. Ma belle-mère vit à Andover Terrace, donc je passe assez souvent par là. Je représente Pitt Meadows—Maple Ridge et une partie de Mission. Les inondations présentent toujours un risque. En fait, il ne s'agit pas seulement d'un risque; nous en voyons se produire de temps en temps, de même qu'un peu plus haut, le long du fleuve, à Chilliwack et à Abbotsford.
Pouvez-vous nous parler des digues? Il y a un véritable manque d'investissement dans la prévention, particulièrement dans les digues. Avez-vous des commentaires à faire à ce sujet pour les collectivités situées le long du fleuve Fraser, dans la vallée du bas Fraser et ailleurs au Canada?
Merci, monsieur Payne. Je vous remercie de vous joindre à nous aujourd'hui.
Parson's Pond est représentatif de tellement de collectivités rurales du pays, en ce sens qu'il est peut-être très petit, mais qu'il demeure très important pour le Canada. C'est un point d'accès à une grande partie du reste du pays. La bonne nouvelle, c'est que je ne peux pas imaginer qu'on relocalise Parson's Pond parce qu'à ma connaissance, il n'y a pas d'autre moyen de se rendre dans le reste de la péninsule du Nord.
En 2022, l'ouragan Fiona a frappé la côte Ouest de Terre-Neuve. Port aux Basques, en particulier, a été durement touché.
Je serais curieux de savoir jusqu'où cela s'est rendu. Votre communauté a‑t‑elle été touchée? C'était il y a environ quatre ans. Je serais curieux de connaître l'état des collectivités de votre région qui ont dû reconstruire et réparer les dégâts de l'ouragan Fiona.
:
Le Comité reprend son étude de la protection accordée aux résidants canadiens contre les phénomènes météorologiques extrêmes.
Nous accueillons M. Mathieu Boudreault, professeur au Département de mathématiques de l'Université du Québec à Montréal, qui comparaît à titre personnel et par vidéoconférence.
Je vous souhaite la bienvenue, monsieur Boudreault.
[Traduction]
Nous accueillons Gary Martin, ancien chercheur universitaire. C'est un plaisir de vous voir parmi nous.
Nous accueillons également Rebecca Trowell, directrice du Bassin Nord à la Commission du bassin de la rivière Rouge, qui se joint à nous par vidéoconférence.
Bienvenue à tous.
Vous disposez chacun de cinq minutes pour faire votre déclaration préliminaire.
[Français]
Monsieur Boudreault, vous avez la parole pour cinq minutes.
Bonjour. Je m'adresse à vous en tant que professeur en actuariat à l'Université du Québec à Montréal, ou UQAM, en tant que titulaire de la Chaire de recherche en sciences actuarielles et climatiques de l'UQAM et en tant que membre titulaire de l'Institut canadien des actuaires. J'ai collaboré avec le Groupe de travail sur l'assurance contre les inondations et la réinstallation, et j'ai participé à un partenariat de recherche avec Sécurité publique Canada et le Bureau d'assurance du Canada. Avec la Chaire de recherche, je collabore avec trois des plus importants assureurs de dommages au pays.
Après un bref état des lieux, je discuterai de trois éléments importants pour assurer la viabilité à long terme des programmes d'assurance contre les phénomènes climatiques extrêmes, puis je proposerai une piste de solution pour le gouvernement fédéral basée sur l'expérience internationale.
Selon le Bureau d'assurance du Canada, les pertes assurées ont augmenté d'environ 6 % par année depuis 30 ans, ce qui correspond à une augmentation bien supérieure à l'inflation. Un tel rythme d'augmentation n'est pas soutenable sans que cela affecte l'assurabilité. Le Canada n'est pas le seul à faire face à des augmentations de coûts importantes. Par exemple, en France, la taxe sur l'assurance habitation qui finance le régime d'assurance contre les catastrophes naturelles est passée de 12 % à 20 % en janvier 2025. Alors que le gouvernement fédéral réfléchit à la mise en place d'un programme canadien d'assurance inondation, des questions sur la viabilité d'un partenariat public-privé sont légitimes.
Comment assurer la viabilité à long terme des programmes d'assurance contre les phénomènes climatiques extrêmes? Il faut investir bien davantage en adaptation, car les investissements actuels sont timides. Cependant, pour y arriver, il faut aussi savoir où investir, connaître les mesures les plus économiquement efficaces et, surtout, trouver comment inciter les propriétaires, les municipalités et les provinces à les adopter. J'insisterai donc sur la connaissance du risque, la présence d'incitatifs financiers et un partage adéquat des responsabilités.
Il faut d'abord accroître les efforts de cartographie des zones à risque. Bien qu'il y ait des progrès considérables en matière de cartographie des zones inondables, il reste à cartographier les inondations pluviales et côtières, auxquelles ajouter une cartographie similaire pour les feux de forêt ou la grêle. Le partage des compétences entre les provinces et le gouvernement fédéral complique également la tâche de rassembler et de réconcilier les données importantes pour estimer les risques financiers liés aux phénomènes climatiques extrêmes, alors que des carences rendent difficile l'analyse des coûts et des avantages de plusieurs mesures d'adaptation.
Savoir où, combien et comment investir en adaptation, c'est bien; mettre en place des incitatifs financiers pour investir en adaptation, c'est mieux. Malgré des partenariats publics-privés bien établis en France et aux États‑Unis, leurs programmes d'immunisation demeurent largement sous-utilisés. L'un des éléments importants qui découragent l'adaptation est le plafonnement ou le subventionnement des primes d'assurance, notamment pour les propriétaires à haut risque d'inondation aux États‑Unis, en France et au Royaume‑Uni. La Californie offre également un exemple frappant des conséquences du plafonnement des primes, qui a incité les gens à s'établir près des zones à risque de feux de forêt.
Il est important de comprendre qu'une prime d'assurance élevée dans un marché d'assurance compétitif est bien souvent le symptôme d'un risque trop élevé et que réduire le risque est plus bénéfique à long terme que de plafonner artificiellement les primes. Bien que je sois en faveur du plafonnement ou du subventionnement des primes pour les ménages à faible revenu, ces mesures ne doivent pas être des solutions à long terme pour rendre l'assurance abordable.
J'ajouterais que le partage actuel des responsabilités en matière de gestion financière des inondations peut ralentir les efforts d'adaptation. En effet, les provinces et les municipalités sont responsables de l'aménagement du territoire, alors que le coût de l'aide financière accordée aux sinistrés est, en grande partie, absorbé par les Accords d'aide financière en cas de catastrophe, ou AAFCC. Ce programme est payé également par tous les contribuables canadiens. Cette mutualisation des coûts est louable, mais elle est aussi un possible frein à l'adaptation. Convertir les AAFCC en un programme de réassurance autofinancé par les provinces, où les primes sont proportionnelles au risque, pourrait permettre d'en contrôler l'utilisation et d'encourager des pratiques de gestion des risques saines et viables à long terme.
Je propose également la création d'une société de la Couronne dont le mandat serait d'administrer ce programme de réassurance, en plus de rassurer l'industrie, les provinces et les municipalités. Une société de réassurance publique renforcerait l'industrie de l'assurance canadienne quant à sa capacité de gérer les risques de catastrophes telles que les tremblements de terre et les feux de forêt, et la rendrait moins dépendante du marché international, qui resserre actuellement ses conditions d'accès pour le Canada.
Le gouvernement fédéral devrait également soutenir toute initiative de certification du niveau de résilience des bâtiments. Ces certificats offriraient un signal important au marché pour maintenir l'assurabilité et l'obtention de crédit hypothécaire.
:
Merci, monsieur le président.
Je remercie le Comité de m'avoir invité à contribuer à cette discussion cruciale.
Je commencerai par souligner que le 1er janvier dernier, j'ai terminé un mandat de recherche de cinq ans avec une équipe de l'École de commerce Sprott de l'Université Carleton, qui étudiait les risques d'inondation et la politique entourant la construction de logements au Canada et à l'étranger. Je suis maintenant semi-retraité. Les opinions que je vais exprimer ici sont les miennes.
J'ai regardé les enregistrements de quelques réunions précédentes du Comité. Je ne répéterai pas les données effrayantes que vous avez entendues ni les demandes pour que le gouvernement fédéral finance et mette en place une stratégie pancanadienne d'adaptation aux changements climatiques. J'ai plutôt choisi de parler de gestion des bassins hydrographiques pour accroître la résilience aux inondations au Canada et aux Pays-Bas. J'espère, et je suis sûr que vous aussi, que je ne répéterai pas ce que d'autres ont déjà dit au Comité.
Ces dernières années, j'ai parlé d'inondations et de développement urbain avec des dizaines de représentants des gouvernements canadien et néerlandais et de l'industrie du logement. À la lumière de cette recherche, j'invite le Comité à examiner de près ce que fait l'Office des eaux des Pays-Bas, une institution vieille de 800 ans dotée de conseils élus qui coordonnent la résilience aux inondations, bassin hydrographique par bassin hydrographique. Veuillez noter que la gestion de l'eau, aux Pays-Bas, se fonde sur la géographie, les projections climatiques et les analyses coûts-avantages, ainsi que sur des mandats qui l'emportent sur d'autres priorités politiques.
Il convient également de noter qu'au fil des siècles, un modèle unique de prise de décisions a émergé aux Pays-Bas, qui permet à tout le monde, des propriétaires fonciers locaux aux hauts fonctionnaires du gouvernement fédéral, de négocier des solutions, y compris un retrait géré et de grands projets d'infrastructure sur lesquels tout le monde peut s'entendre.
Tout n'est pas idyllique. Comme vous le savez, la démocratie peut être compliquée et engloutir beaucoup de temps, mais malgré les conditions météorologiques changeantes et quelques accidents évités de justesse, les Pays-Bas n'ont pas connu d'inondation urbaine grave d'une rivière importante ou de la mer depuis 70 ans.
Vous direz peut-être que ce n'est pas juste de comparer le Canada aux Pays-Bas parce que les Pays-Bas ont une histoire beaucoup plus longue que la nôtre de risques d'inondation beaucoup plus élevés. Mais compte tenu de l'explosion des coûts de gestion des catastrophes, ici, j'estime pertinent de faire des comparaisons. Soit dit en passant, nous avons trouvé les Néerlandais très accueillants envers les Canadiens et très généreux de leurs conseils.
Comparons maintenant l'Office des eaux des Pays-Bas avec les 36 offices de protection de la nature de l'Ontario, qui sont également organisés par bassin hydrographique. Ils ont des mandats semblables, qui consistent notamment à limiter le développement dans les zones inondables. Prenez note qu'en 2016, le directeur parlementaire du budget du Canada a déclaré qu'entre 2005 et 2014, l'Ontario avait de loin le montant par habitant le plus faible versé en vertu des Accords d'aide financière en cas de catastrophe pour le rétablissement après une inondation de toutes les provinces et de tous les territoires du Canada.
Le directeur parlementaire du budget a dit que c'était parce que les offices de protection de la nature de l'Ontario avaient empêché le développement dans les zones inondables. Malgré cela, le gouvernement de l'Ontario a récemment réduit leur financement et assoupli son régime réglementaire, apparemment pour accélérer l'approbation de projets de construction de logements. Les critiques prétendent qu'il s'agit d'une action politique malavisée.
Grâce à leurs pouvoirs de réglementation et à leur mandat de protection des maisons et des quartiers, un mandat difficile à politiser, les organismes de gestion des bassins hydrographiques peuvent empêcher le développement dans les zones inondables. Le Canada n'a pas de cadre coordonné de gestion des bassins hydrographiques. Permettez-moi de recommander que le gouvernement fédéral envisage cette stratégie pour réduire les risques d'inondation.
J'ai mentionné le processus décisionnel néerlandais en matière de gestion de l'eau, par lequel les intervenants prennent tout le temps nécessaire, souvent autour de tables de cuisine, pour prendre des décisions difficiles. Cette pratique culturelle, ainsi qu'un véritable respect pour la terre et l'eau, rappellent certains modèles décisionnels de nos Premières Nations. Cette approche de la gestion des inondations par bassin hydrographique s'insèrerait très bien dans les efforts du Canada vers la réconciliation avec les peuples autochtones dans l'intérêt de tous les Canadiens.
Merci de m'avoir écouté.
Je m'appelle Rebecca Trowell. Je suis la directrice du bassin Nord de la Commission du bassin de la rivière Rouge. Je gère notre bureau de Winnipeg, au Manitoba, et je relève de notre directeur général, Ted Preister, qui travaille à notre bureau de Fargo, au Dakota du Nord. Je travaille pour la Commission depuis cinq ans et j'ai travaillé avec de nombreuses organisations formidables et dévouées sur des questions communes.
La Commission du bassin de la rivière Rouge est un organisme de bienfaisance sans but lucratif qui facilite la coopération et la gestion de l'eau entre les administrations. Notre rôle consiste à réunir les gouvernements, les experts techniques et les intervenants pour trouver, élaborer et mettre en œuvre des solutions aux problèmes transfrontaliers liés à l'eau. La Commission est dirigée par 44 directeurs représentant la diversité de ce bassin plurigouvernemental. Elle est composée de représentants des gouvernements locaux, étatiques, provinciaux et des Premières Nations, de la communauté environnementale et d'autres membres. Nous avons des bureaux à Fargo, au Dakota du Nord, et à Winnipeg, au Manitoba.
Le bassin de la rivière Rouge est une région unique et fortement interconnectée. La protection de ses résidents contre les phénomènes météorologiques extrêmes est l'une des priorités centrales de la Commission du bassin de la rivière Rouge. Notre cadre stratégique pour les ressources naturelles est un outil qui contribue à assurer une voix unifiée pour le bassin. Il comprend 13 objectifs à l'échelle du bassin, y compris des programmes d'intervention et de rétablissement en cas d'inondation qui répondent aux besoins de tous les résidents du bassin de la rivière Rouge.
Avec l'augmentation du nombre d'événements météorologiques extrêmes, les répercussions des sécheresses et des inondations sont ressenties par les municipalités, les producteurs agricoles, les communautés autochtones, les entreprises et les ménages dans l'ensemble des Prairies canadiennes. La réduction de ces risques et l'amélioration de notre résilience collective dans le cadre de chaque projet d'infrastructures ou de gestion de l'eau sont au cœur du travail de la Commission.
Les projections climatiques pour les Prairies indiquent que les températures seront plus élevées et que les précipitations seront plus variables. La chaleur domine, ce qui fait que les cultures, les sols et l'atmosphère ont besoin de plus d'eau. Les précipitations généreront moins de ruissellement en moyenne, car l'humidité disparaît dans les fissures du sol et s'évapore dans l'atmosphère... une conséquence des températures plus élevées. Nous observons déjà cette volatilité. Le niveau d'eau du bassin de la Rivière rouge a été très bas en 2021 puis très élevé en 2022; des feux de forêt catastrophiques ont suivi en 2025.
La protection des résidants contre la sécheresse et les inondations exige une réflexion à long terme à l'échelle du bassin. L'investissement dans des infrastructures naturelles qui réduisent le risque d'inondation et de sécheresse représente l'un des outils les plus efficaces à cet égard. De plus, le groupe de travail sur l'approvisionnement en eau de la Commission joue un rôle de préparation très important. Il facilite l'échange de renseignements, améliore la compréhension des parties prenantes quant aux risques associés à la sécheresse et à l'approvisionnement en eau en cas d'urgence, et favorise la coordination des efforts de planification locaux et régionaux.
La Commission du bassin de la rivière Rouge demeure déterminée à soutenir les gouvernements et les collectivités dans le cadre de ces efforts. La protection des résidants contre la sécheresse et les inondations n'est pas simplement une priorité parmi tant d'autres; c'est un principe directeur qui façonne nos programmes, nos partenariats et nos stratégies à long terme. Il est essentiel de comprendre les effets de deuxième et de troisième ordres des projets et du développement. La Commission le rappelle à ses partenaires à chaque réunion. Nous devons travailler à des projets à avantages multiples qui renforcent la résilience, afin d'accroître la protection et d'économiser des fonds précieux qui pourraient autrement être consacrés à l'intervention en cas de catastrophe. Il est important d'être proactif et non réactif.
Je vous remercie de me donner l'occasion de prendre la parole.
Merci, chers témoins, d'avoir pris le temps de venir ici aujourd'hui. Nous vous en sommes reconnaissants.
C'est tellement fascinant. Cette étude porte en réalité sur le rôle joué par le gouvernement fédéral, les provinces et les territoires, les administrations locales et le secteur des assurances, mais nous y ajoutons aussi les États-Unis. Je pense qu'il y a de très bons exemples de partenariats avec les États-Unis en matière de gestion des bassins versants. Les Grands Lacs en sont un exemple. Je suis de Halifax. De nombreux efforts ont été déployés le long de la côte Est et dans les Maritimes. J'espère que cela se produira également dans le bassin de la rivière Rouge. Je sais que ces projets requièrent des efforts concertés à long terme.
Je me demande, madame Trowell, si vous avez quelque chose à dire concernant les assurances. Le bassin de la rivière Rouge est‑il sorti de son lit récemment ou ces dernières années? Le cas échéant, comment les gens ont-ils pu réparer les dommages et reconstruire les infrastructures par après?