Bienvenue à la neuvième réunion du Comité permanent de la citoyenneté et de l'immigration de la Chambre des communes.
Nous recevons deux groupes de témoins aujourd'hui. Pour les 15 dernières minutes de la deuxième heure, nous allons passer à huis clos pour discuter des travaux du Comité.
J'ai quelques observations générales à formuler avant tout.
La réunion d'aujourd'hui se déroule en format hybride, de sorte qu'il y a une personne parmi nous qui y participe par vidéoconférence. Pour ceux qui participent par vidéoconférence, cliquez sur l'icône du microphone pour activer votre micro et veuillez vous mettre en sourdine quand vous ne parlez pas. Pour ceux qui participent par vidéoconférence ou par Zoom, au bas de votre écran, vous pouvez sélectionner le canal d'interprétation qui vous convient. Vous pouvez choisir « parquet », « anglais » ou « français ». Bien sûr, pour ceux qui sont dans la salle — et ces remarques s'adressent particulièrement aux témoins —, vous pouvez utiliser l'oreillette si vous avez besoin d'entendre le français ou l'anglais.
J'ai deux cartons, que je sortirai de mon sac lorsque l'un d'entre vous commencera à parler. Si je brandis le carton jaune, cela signifie qu'il vous reste une minute. Le rouge signifie que votre temps est écoulé et que votre micro sera éteint.
Veuillez toujours attendre que je vous nomme avant de prendre la parole. Veuillez ne pas parler en même temps. Il serait alors très difficile pour nos interprètes de traduire, et cela rendrait leur travail très difficile. Bien sûr, veuillez vous assurer que tous les commentaires sont adressés à la présidence.
Chers collègues, comme vous le savez, levez la main si vous souhaitez prendre la parole. Le greffier et moi-même ferons de notre mieux pour gérer l'ordre des interventions.
Je vous remercie beaucoup à l'avance de votre coopération.
Je souhaite chaleureusement la bienvenue à M. Fergus, qui remplace .
Conformément à l'article 108(2) du Règlement et à la motion adoptée par le Comité le 16 septembre, le Comité reprend son étude du système d'immigration canadien.
C'est avec grand plaisir que j'annonce nos témoins pour la première heure de la réunion d'aujourd'hui. À titre personnel, nous accueillons Mario Bellissimo, avocat et spécialiste certifié à la Bellissimo Law Group Professional Corporation.
Je pense que vous êtes bien connu du Comité, monsieur. Je vous souhaite la bienvenue.
De Hong Kong Watch, nous accueillons Aileen Calverley, cofondatrice et présidente. De Statistique Canada, nous accueillons Laurent Martel, directeur du Centre de démographie, et Ron Gravel, directeur général, qui se joint à nous par vidéoconférence.
Je suis heureuse de vous souhaiter la bienvenue à tous également.
Chacun d'entre vous —M. Bellissimo, les représentants de Hong Kong Watch et de Statistique Canada — disposera de cinq minutes pour faire une déclaration préliminaire, après quoi nous passerons aux séries de questions.
Je vais demander à M. Bellissimo de commencer. Vous avez cinq minutes.
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Merci, madame la présidente. Je salue les vice-présidents et tous les honorables membres du Comité. C'est un plaisir de comparaître à nouveau devant le Comité aujourd'hui.
Le système d'immigration du Canada se trouve à un point d'inflexion. Les défis sont nombreux. Je parlerai surtout, aujourd'hui, des plus de deux millions de demandes en attente, des délais de traitement qui s'étendent sur des décennies et de l'absence ou de la lenteur des communications. L'absence de recours pour les problèmes mineurs et des années de virages numériques ont eu divers effets en cascade: doublons, diminution de la transparence, pression accrue sur les tribunaux et le Parlement lui-même. Ces problèmes font ressortir un écart croissant entre l'ambition politique et la capacité d'exécution administrative.
IRCC a réalisé de réels progrès grâce à la transformation numérique et aux réformes du service à la clientèle, qui témoignent d'un véritable engagement. Le problème, cependant, n'est pas l'engagement ou le dévouement, mais l'architecture et l'exécution.
Cette étude arrive à un moment charnière. Notre mémoire, qui sera distribué aux membres du Comité une fois traduit, je l'espère, s'inspire du rapport de 2025 de l'Association du Barreau canadien, ou ABC, intitulé Droit, technologie et responsabilisation: Repenser l'immigration canadienne pour le 21e siècle et des recommandations qu'il contient pour renforcer la gouvernance, l'équité et la transparence, une lecture indispensable pour ceux qui sont déterminés à créer conjointement une nouvelle voie. J'encourage le Comité à entendre directement des représentants de l'ABC.
Notre mémoire s'appuie sur ce rapport, ainsi que sur les travaux d'autres organismes comme le COSTI, l'Institut C.D. Howe, la Toronto Metropolitain University, ou TMU, et l'Institut Broadbent.
Nous formulons 10 recommandations réalistes sur le plan financier pour rendre la prestation des services d'immigration plus transparente, plus prévisible et plus responsable. Au cœur de notre proposition se trouvent deux impératifs qui sont souvent considérés comme concurrents, mais qui sont en fait complémentaires: la facilitation et l'application de la loi.
La facilitation exigera une nouvelle culture de communication, de transparence et de diligence à IRCC. L'application de la loi doit être ferme, mais proportionnée et axée sur l'intégrité, et non le contrôle.
Le projet de loi , Loi visant une sécurité rigoureuse à la frontière, illustre le risque de correction excessive. Il viendrait consolider de vastes pouvoirs exécutifs sans surveillance parlementaire adéquate et sans garanties procédurales claires. Il risque d'aggraver l'instabilité même qu'il cherche à corriger, ce qui pourrait avoir de graves conséquences, notamment de créer des vulnérabilités constitutionnelles.
Nous réclamons une surveillance parlementaire accrue, des consultations et une collaboration élargies, ainsi que la désignation d'un ombudsman de l'immigration aux termes de la loi, afin que les demandeurs puissent demander réparation sans avoir à se tourner vers la Cour fédérale simplement pour savoir à quelle étape en est leur demande.
Nous exhortons également le gouvernement à adopter des normes de service contraignantes au moyen de la Loi sur les frais de service et un modèle universel de déclaration d'intérêt afin de lier en toute transparence le nombre de demandes reçues à la prestation des services, pour mettre un terme au cycle d'arriérés galopants, de retards dans les contrôles de sécurité et de décisions cloisonnées. Par exemple, les familles qui ont besoin de soins pour leurs proches âgés ne devraient pas attendre des années avant d'obtenir le soutien nécessaire pour leur offrir une vie dans la dignité.
Nous ne pouvons pas laisser de faux discours sur l'immigration avoir préséance. Nous devons mieux communiquer le rôle essentiel que jouent les immigrants, à tous les niveaux dans notre société, dans la lutte contre la division, la haine et l'ostracisme.
Le Parlement devrait lier les niveaux d'immigration aux indicateurs en matière de logement, de santé et d'emploi, tout en assurant la vitalité des communautés francophones partout au Canada, afin de préserver à la fois la croissance et la cohésion.
De plus, nous proposons un système amélioré pour les réfugiés qui assurerait le respect de nos engagements humanitaires tout en renforçant l'intégrité des frontières rapidement. À mesure que la technologie refaçonne la prise de décisions en matière d'immigration, nous devons renforcer la surveillance législative de l'intelligence artificielle, de l'automatisation et de l'équité numérique. De plus, il est essentiel que les avocats soient reconnus par la loi pour garantir l'équité et l'application régulière de la loi dans le monde de l'immigration.
Ces mesures s'inspirent des pratiques exemplaires observées dans le monde et libéreraient des ressources grâce à une réforme intelligente en amont. Elles ne nécessiteraient pas de nouvelles dépenses importantes, simplement une coordination, une reddition de comptes et une ouverture accrues entre les ministères et entre les ministères et les tribunaux.
Avant de terminer, je tiens à souligner le dévouement de nombreux fonctionnaires, des organismes d'aide à l'établissement et des juristes qui continuent de livrer la marchandise sous une pression immense. Leur engagement n'est pas remis en doute, mais ils ont besoin d'un cadre plus solide et plus cohérent pour tous les Canadiens actuels et futurs.
Merci. Je me ferai un plaisir de répondre à vos questions.
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Monsieur le président, mesdames et messieurs les membres du Comité, je vous remercie de m'avoir invitée à témoigner aujourd'hui.
La voie d'accès pour les Hongkongais est régie par une politique publique spéciale et temporaire établie en 2021 en réponse à la loi sur la sécurité nationale de Hong Kong. Cette politique a été conçue pour offrir une bouée de sauvetage aux Hongkongais en quête de liberté et de sécurité. Avec le visa de citoyen britannique d'outre-mer du Royaume-Uni, elle témoigne d'une collaboration remarquable entre le Canada et le Royaume-Uni, deux pays unis par des valeurs démocratiques communes et la compassion envers ceux qui cherchent refuge.
Cependant, la voie d'accès pour les Hongkongais a été placée dans la catégorie des considérations d'ordre humanitaire, la catégorie CH, de même que plusieurs autres politiques publiques spéciales. Cette structure d'immigration n'est pas viable. Toutes les politiques publiques, que ce soit pour Hong Kong, l'Afghanistan, l'Ukraine ou le Soudan, devraient avoir leurs propres quotas d'admission, plutôt que d'être limitées par les quotas pour considérations d'ordre humanitaire. L'objectif d'admission pour ces motifs n'est que de 10 000 pour 2025.
En ce moment, plus de 20 000 demandes présentées par la voie d'accès pour les Hongkongais demeurent dans l'arriéré, et moins de 2 000 demandes de résidence permanente ont été approuvées en 2025. Selon le site Web d'IRCC, ceux qui ont présenté une demande après juillet 2024 sont maintenant confrontés à des temps d'attente estimés à plus de 10 ans. C'est un contraste marqué par rapport aux 6,5 mois estimés en février 2024, quand les règles de traitement prioritaire s'appliquaient toujours.
L'arriéré dans les approbations des demandes de résidence permanente crée de l'incertitude et du stress pour les personnes dont le permis de travail est expiré. J'ai parlé avec une mère de Markham dont le permis de travail est en attente depuis plus de huit mois, ce qui empêche son fils de 10 ans d'aller à l'école. J'ai vu des familles en larmes dans mon centre communautaire après que leur permis de travail ouvert a été rejeté à tort. Une demanderesse enceinte a même perdu son emploi et son assurance-santé en raison d'un formulaire manquant, l'IMM 5707, un document qui ne figurait pas dans la liste de vérification.
Ce ne sont pas des cas isolés. Ils montrent le coût humain d'un traitement lent et incohérent et le lourd fardeau psychologique imposé à ceux qui attendent dans les limbes.
Il y a aussi des répercussions économiques importantes. Sans la résidence permanente, les Hongkongais ne peuvent pas transférer leur épargne-retraite du MPF de Hong Kong au Canada. J'ai témoigné devant le Comité l'an dernier à ce sujet. Le solde moyen est d'environ 45 000 $ par compte, si bien que des milliards de dollars sont actuellement coincés à Hong Kong, des fonds qui pourraient aider les familles à s'établir et qui pourraient être réinvestis dans l'économie canadienne pour créer des entreprises et des emplois.
De plus, les médecins formés à Hong Kong ne peuvent pas exercer au Canada sans le statut de résident permanent, et pourtant, sans expérience de travail au Canada, ils ne sont pas admissibles au volet économique d'Entrée express, même si le Canada fait face à une pénurie nationale de médecins.
La voie d'accès pour les Hongkongais se voulait une bouée de sauvetage pour ceux qui cherchent la liberté, et le Canada doit veiller à ce que cette bouée de sauvetage parvienne à bon port et tienne sa promesse.
Voici mes recommandations:
Veiller à ce que tous les quotas restants pour considérations d'ordre humanitaire pour la voie d'accès de Hong Kong soient utilisés cette année et allouer des créneaux supplémentaires pour éliminer l'arriéré.
Il faudrait réattribuer une partie des quotas de la catégorie économique aux demandeurs admissibles pour des considérations d'ordre humanitaire et abaisser le seuil de points, comme on l'a fait pour diverses professions de la santé et des domaines des sciences, des technologies, de l'ingénierie et des mathématiques, afin d'accélérer le traitement de ces demandes.
Il faudrait accorder une approbation de principe plus tôt dans le processus, afin de permettre aux demandeurs d'avoir immédiatement accès à l'emploi, aux soins de santé et à l'éducation. Cela permettrait de stabiliser les familles, d'aider les employeurs et de prévenir la perte de statut à cause de retards administratifs. De plus, il faut corriger les erreurs du système à la base de refus injustifiés et mettre en place un système d'appel.
Enfin, l'attribution d'un objectif d'admission de 20 000 personnes à la voie d'accès pour les Hongkongais serait avantageuse pour tous, ce serait conforme aux valeurs humanitaires des Canadiens, cela permettrait de débloquer des milliards de dollars d'économies privées pour stimuler notre économie et cela réaffirmerait l'engagement du Canada envers le peuple de Hong Kong, qui a énormément contribué à notre pays au cours des quatre dernières décennies.
Merci beaucoup.
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Je vous remercie beaucoup de cette invitation à contribuer à vos travaux sur l'immigration et la citoyenneté.
[Français]
À titre d'agence statistique nationale, Statistique Canada a pour mandat de recueillir et de publier des données et des analyses objectives et indépendantes sur une foule de sujets touchant l'économie, la société et la population, y compris l'immigration permanente et temporaire au Canada.
Les données d'immigration utilisées et diffusées par notre agence proviennent de plusieurs sources, comme le recensement de la population réalisé tous les cinq ans, les données administratives d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, ou IRCC, qui est un partenaire important, ainsi que les données d'enquêtes sociales et économiques. Nous faisons également des couplages entre certaines de ces sources de données.
Tous les cinq ans, le recensement de la population permet de brosser un portrait instantané et détaillé de la population immigrante du Canada, y compris à des niveaux géographiques fins. Par exemple, le Recensement de 2021 permettait de montrer que 23 % des personnes vivant au Canada étaient nées à l'étranger, et que cette proportion augmentait à 47 % dans la région métropolitaine de recensement de Toronto. Le recensement permet également de décrire les caractéristiques de la population immigrante, notamment les caractéristiques socioéconomiques, familiales et linguistiques.
Entre les recensements, nous diffusons trimestriellement des estimations démographiques qui permettent de suivre l'évolution de la taille de la population canadienne, y compris la population des immigrants permanents et celle des résidents non permanents. En réponse à des obligations légales, IRCC utilise aussi ces données afin de suivre l'atteinte des cibles exprimées dans le Plan annuel d'immigration.
Les plus récentes estimations démographiques montrent qu'après deux années de croissance démographique record en 2023 et 2024, soit environ 3 % annuellement, cette croissance a ralenti au cours des 12 derniers mois, sous l'effet principal d'une baisse de 100 000 personnes dans le nombre de résidents non permanents.
Il est important de savoir que la population des résidents non permanents calculée par Statistique Canada diffère de celle des résidents temporaires et des demandeurs d'asile consignée par IRCC, les deux organismes poursuivant des objectifs différents. Pour nous, l'objectif est statistique et consiste à bien mesurer la taille et les caractéristiques de la population canadienne, alors qu'IRCC est responsable de l'administration de divers programmes d'immigration.
La Base de données longitudinales sur l'immigration est une autre source importante de données qui permet de mieux comprendre les résultats économiques des immigrants, par exemple leur trajectoire d'intégration sur le marché du travail ou les revenus. Il s'agit d'un couplage entre des données administratives d'IRCC et des données fiscales provenant de l'Agence du revenu du Canada.
Les enquêtes de notre agence permettent aussi de recueillir d'autres informations qui ne sont habituellement pas disponibles dans le cadre du recensement ou dans les données administratives. Pensons, entre autres, à la santé, à la victimisation et à la cohésion sociale.
Enfin, Statistique Canada produit et diffuse des projections démographiques qui sont utilisées comme un outil de planification par plusieurs ministères fédéraux. IRCC, en particulier, utilise ces projections dans la planification des futurs niveaux d'immigration, y compris l'immigration francophone dans le cadre des objectifs de la version modernisée de la Loi sur les langues officielles.
Je termine en mentionnant que nous portons une grande attention à la qualité des informations statistiques, ce qui comprend, bien sûr, les données et analyses sur l'immigration. Si notre agence n'est pas responsable du système d'immigration ni des politiques migratoires, elle travaille en collaboration avec ses partenaires clés pour améliorer de façon continue ses programmes statistiques. À ce titre, Statistique Canada a acquis, au cours des derniers mois, les données d'entrée et de sortie du pays auprès de l'Agence des services frontaliers du Canada. Ces données sont en train d'être évaluées pour nous permettre de comprendre comment elles pourraient contribuer à améliorer davantage la mesure des populations de résidents non permanents et d'immigrants du Canada.
Je vous remercie de votre attention. Nous restons à votre disposition. Mon collègue M. Laurent Martel se fera un plaisir de répondre à vos questions.
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En fait, le problème, ce ne sont pas les ressources. Ce sont les cibles d'admission. C'est l'évidence même. Beaucoup de Hongkongais ont obtenu une approbation de principe. Leurs demandes sont en fait prêtes à être traitées. Il faut seulement qu'il y ait de la place à l'intérieur des contingents établis. Ensuite, IRCC leur envoie la confirmation de présence physique sur le sol canadien et ils peuvent entamer le processus d'accession à la résidence permanente.
Je pense que le problème vient du fait que, lorsque la politique d'intérêt public temporaire a été mise en œuvre en 2021, on nous a dit qu'il n'y avait pas de limite. Je me suis vraiment demandé comment il pouvait être possible qu'il n'y ait pas de limite, car il devait selon moi y en avoir une. Il n'y avait pas de limite pour les permis de travail ou si vous veniez au Canada en tant qu'étudiant. Une fois les exigences remplies, vous devez présenter une demande de résidence permanente dans le cadre du volet A ou du volet B, mais il y a à ce moment‑là une limite qui, soudainement, s'applique. On nous a dit que la limite pour cette année était de 10 000, mais cela couvre également les autres politiques spéciales qui ont suivi la voie d'accès de Hong Kong, comme celles pour le Soudan, l'Ukraine et aussi l'Afghanistan.
On devrait prévoir un contingent distinct pour toutes les politiques d'intérêt public qui sont adoptées, plutôt que de simplement les inclure parmi les cas comportant des considérations humanitaires. Ces cas d'ordre humanitaire ont toujours eu des cibles d'admission très restreintes. L'année dernière, c'était 13 800. Cette année, c'est 10 000. L'année prochaine, ce pourrait être 5 000, mais nous avons au moins 50 000 ou 60 000 dossiers en attente, peut-être davantage, dans le volet des motifs d'ordre humanitaire. C'est insoutenable.
Les Hongkongais ne s'attendaient pas à cela. Lorsqu'ils ont présenté leur demande, si le Canada avait dit que la limite n'était que de 10 000, premier arrivé, premier servi, et on s'arrêtait là, les choses auraient été beaucoup plus simples. On a toutefois indiqué qu'il n'y avait pas de limite. Beaucoup d'entre eux ont déjà passé quatre ans ici. Ils paient des impôts, ils travaillent, ils étudient et ils paient des frais de scolarité. Lorsqu'ils présentent une demande pour des motifs d'ordre humanitaire et qu'ils entament le processus, ils doivent attendre 10 ans. C'est vraiment un gros problème pour tous les demandeurs. De plus, ils n'ont que des permis de travail temporaires.
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Tout retard est tragique pour ces gens‑là. Ainsi, les résidents temporaires n'ont pas accès à certains emplois pour lesquels on exige le statut de résident permanent. Certains demandeurs sont des éléments très prometteurs. Ils ont étudié dans les grandes universités privées des États-Unis. Il y a des Hongkongais qui gagnent 260 000 $ et paient 80 000 $ en impôts dans le cadre d'un emploi qui les oblige à voyager partout dans le monde. Comme un résident temporaire ne peut pas se déplacer ainsi, ce genre d'emploi n'est pas accessible à un Hongkongais tant qu'il n'a pas obtenu la résidence permanente.
Lorsque le permis de travail arrive à expiration au bout d'un maximum de trois ans, la situation de ces personnes devient extrêmement problématique. Dans bien des cas, le permis de travail expire l'an prochain, car la demande a été présentée cette année. Ils doivent alors s'en remettre à la conservation de leur statut. Je pense que certains employeurs auraient besoin d'une formation d'IRCC. Ils sont nombreux à ne pas tenir compte du statut conservé. Ils ne comprennent pas ce concept. Seul le permis de travail les intéresse. Si le permis est expiré, il n'y a plus rien à faire. Il se peut que certains demandeurs souhaitent changer d'emploi. Cela n'est toutefois pas chose possible lorsque votre permis de travail est valide pour moins de six mois. Beaucoup d'employeurs ne l'accepteront pas. Il y a aussi les erreurs d'IRCC qui rejette certaines demandes en invoquant l'évaluation de l'impact sur le marché du travail. Cette évaluation est requise pour la voie d'accès de Hong Kong, mais ces demandes ont été rejetées, et ce, sans mécanisme d'appel, une mesure de protection que j'estime importante. Si vous n'avez pas soumis le formulaire IMM 5707, qui ne figure pas sur la liste de vérification, votre demande est rejetée et vous devez en présenter une nouvelle, un processus qui vous prendra huit mois.
C'est pour toutes ces raisons que de nombreuses familles n'ont pas de statut au Canada. Ces gens‑là ne peuvent pas retourner à Hong Kong pour des motifs politiques ou parce qu'ils attendent toujours d'obtenir la résidence permanente. Ils ne sont pas censés quitter le pays. Où peuvent-ils aller? Ils n'ont aucun statut juridique. Vont-ils devoir attendre encore 10 ans avant d'obtenir la résidence permanente? Une grande partie...
[Français]
Le Canada a connu une croissance démographique record en 2023 et 2024. Il y a seulement quelques moments dans notre histoire où la croissance démographique canadienne a été aussi élevée que ce que nous avons vécu en 2023 et 2024. La majeure partie de cette croissance démographique était liée à l'immigration internationale, et non pas à ce qu'on appelle l'accroissement naturel, c'est-à-dire le mouvement des naissances et des décès.
Depuis trois trimestres, soit depuis le mois d'octobre de l'année dernière, nous enregistrons des baisses considérables du nombre de résidents non permanents au Canada. Les cibles d'immigration permanente ont également été revues à la baisse par IRCC, si bien qu'il en résulte une baisse de la croissance démographique.
Selon nos données les plus récentes, qui portaient sur le deuxième trimestre de l'année 2025, la croissance trimestrielle était de 0,1 %. Si nous exprimons cette croissance sur une base annuelle, nous obtenons une croissance de moins de 0,5 %. Cela montre à quel point la croissance démographique canadienne a diminué tout récemment, au cours des derniers mois.
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Je pense que nous pouvons nous inspirer de la Loi sur l'intelligence artificielle de l'Union européenne. L'Italie vient également d'adopter un ensemble complet de mesures à ce sujet.
Avec des garde-fous législatifs en ce qui concerne l'explicabilité, les avis d'utilisation et le recours à un langage clair, tirer parti de la technologie de belle façon offre des possibilités immenses. Une bonne partie des enjeux dont nous parlons aujourd'hui peut être grandement atténuée par un suivi adéquat, lorsque la technologie le permet.
Cependant, si nous le faisons sans ces garde-fous, il y a maintenant des outils comme les évaluations de l'incidence algorithmique et les évaluations des facteurs relatifs à la vie privée, qui sont formidables. Or, il faut atteindre un niveau universel de masse où tout le monde peut comprendre comment les technologies sont bénéfiques, au lieu de créer un discours selon lequel elles sont à craindre. C'est vraiment le contraire si elles sont déployées de manière éthique et novatrice.
Vous avez comparu ici, je crois, au cours de la dernière législature, il y a un certain nombre d'années. Si je me souviens bien, la discussion portait sur l'approbation de technologie et des choses semblables, qui étaient nécessaires.
Depuis, le gouvernement a échoué lamentablement en ce qui concerne les demandes d'asile et il a mal géré le système, ce qui a presque forcé des gens à demander l'asile.
Ma question est la suivante: pensez-vous qu'une pression est exercée sur le système en partie pour cette raison? Y a‑t‑il des changements technologiques qui devraient être apportés, selon vous?
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Comme je l’ai mentionné dans ma réponse précédente, je pense que nous devons exploiter les outils technologiques pour contrôler les entrées par rapport aux sorties.
Nous pouvons avoir de merveilleuses ambitions politiques, mais si elles ne correspondent pas à la capacité administrative et, essentiellement, à la philosophie opérationnelle de communication, de transparence et de simplification des processus, nous continuerons d’avoir un inventaire galopant, des demandeurs déçus et, essentiellement, une marque mondiale entachée.
Je pense que nous avons une excellente occasion de tirer parti de la technologie pour rectifier le tir et accroître largement la coordination à l’avenir.
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Oui, il y a un système de suivi des sorties et des entrées. C’est surveillé.
L’Agence des services frontaliers du Canada, ou ASFC, est également en train de mettre au point un nouvel outil appelé l’Indicateur de conformité des voyageurs, qui pourrait utiliser l’analytique prédictive afin d’établir si une personne est susceptible de ne pas respecter la loi à son entrée au Canada.
Ce pourraient être des initiatives intéressantes, mais nous avons tiré des leçons d’autres pays, comme la Nouvelle-Zélande, qui ont lancé une technologie semblable. Or, elle a échoué, n’arrivait pas à prédire et était discriminatoire.
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Merci beaucoup, madame la présidente.
Une des choses que j'aime beaucoup dans le travail de député, lorsque je siège à un comité, c'est d'avoir des données probantes et des mises à jour. Alors, je vous remercie d'avoir présenté les données des deux premiers trimestres de 2025, monsieur Martel, car je n'avais que celles du premier trimestre.
Selon les données que j'avais, la population canadienne a augmenté d'un peu plus de 20 000 personnes pendant le premier trimestre, et Statistique Canada attribue la quasi-totalité de cette augmentation à l'immigration. Est-ce que j'ai tort?
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Je vous souhaite un bon retour. J’aimerais faire quelques observations à l’intention de nos nouveaux témoins. La séance se poursuit en format hybride.
Veuillez attendre que je vous nomme avant de prendre la parole. Si vous participez à la séance par Zoom, comme c’est le cas d’une personne, veuillez cliquer sur l’icône du micro pour activer votre micro. Veuillez vous mettre en sourdine lorsque vous ne parlez pas. Au bas de votre écran, vous pouvez sélectionner le parquet, l’anglais ou le français pour l’interprétation. Je vous rappelle que tous les commentaires doivent être adressés à la présidence.
J’aimerais maintenant souhaiter la plus cordiale bienvenue à nos témoins du deuxième groupe. Nous accueillons Mme Rabab Al khatib, administratrice générale des programmes à Rainbow Railroad. Nous recevons les représentants du Projet de défense des droits des Ouïghours: M. Mehmet Tohti, directeur exécutif, et Mme Zaimira Dilimulati, cheffe de projet, M‑62.
Bienvenue à tous. Je vous remercie d’être parmi nous aujourd’hui. Vous disposerez d’un maximum de cinq minutes pour faire votre déclaration préliminaire au nom de Rainbow Railroad et du Projet de défense des droits des Ouïghours, après quoi nous passerons aux questions.
Nous allons commencer par Mme Al Khatib, de Rainbow Railroad. Je vous remercie.
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Merci, madame la présidente.
Membres du Comité, je vous remercie d'avoir invité Rainbow Railroad à présenter son témoignage dans le cadre de l'étude sur le système d'immigration du Canada. Ce témoignage portera plus particulièrement sur les moyens d'améliorer l'ordre, l'équité et l'efficacité du système d'asile.
[Traduction]
Rainbow Railroad fait partie des rares organisations sans but lucratif qui mènent leurs activités à l'échelle mondiale. Ses activités portent à la fois sur les déplacements forcés et sur la persécution des personnes LGBTQI+. Nous offrons des services directs qui prennent la forme d'un accès aux mécanismes d'asile, d'une aide financière, de renseignements essentiels et d'une orientation vers d'autres services, ainsi que d'une aide offerte après la réinstallation.
De plus, nous défendons les droits de la personne avec d'autres organisations sans but lucratif et des gouvernements, y compris le gouvernement du Canada. Nous finançons de plus petites organisations au service des personnes LGBTQI+ à l'échelle internationale. Plus de 123 millions de personnes sont déplacées de force dans le monde, et nous estimons qu'entre 8,6 et 12,3 millions de personnes LGBTQI+ le sont.
Rainbow Railroad publie chaque année des données sur la persécution des personnes LGBTQI+ et la corrélation avec le déplacement forcé. La gravité de cette persécution va de la discrimination à la mort.
Madame la présidente, dans plus de 60 pays, les relations intimes entre personnes de même sexe constituent un crime, et dans des pays comme l'Ouganda et l'Afghanistan, les personnes visées sont passibles de la peine de mort.
Cette année, Rainbow Railroad prévoit que nous recevrons un nombre record de demandes d'aide de la part de personnes LGBTQI+ à risque. Nous recevons actuellement une demande toutes les 26 minutes, et plus de 90 % de ces demandes proviennent d'étrangers qui veulent obtenir de l'aide pour se réinstaller au Canada. Dans ce contexte, l'accès aux voies de demande d'asile est crucial.
Le Canada s'est forgé une solide réputation dans le monde pour ce qui est de faire progresser les droits des personnes 2ELGBTQIA+, y compris en créant des voies d'accès à la protection pour les demandeurs d'asile issus de la communauté LGBTQI+, ce qui contribue à son pouvoir de convaincre. Cette réputation est le résultat direct d'une politique humanitaire qui se traduit par des programmes susceptibles de sauver la vie de personnes LGBTQI+ qui fuient la persécution. L'un de ces programmes est le partenariat pour les réfugiés avec Rainbow Railroad qui est parrainé par le gouvernement et qui offre une protection humanitaire efficace de bout en bout aux personnes LGBTQI+, aux demandeurs d'asile queers et transgenre qui se trouvent à l'étranger.
Madame la présidente du Comité, nous offrons les recommandations suivantes pour améliorer l'équité et l'efficacité. Nous les avons formulées en nous appuyant sur notre expérience de travail avec des demandeurs d'asile LGBTQI+.
Il faut embaucher et former un plus grand nombre de décideurs et mettre en place des procédures de traitement accéléré des dossiers manifestement liés à l'orientation et aux caractères sexuels ainsi qu'à l'identité et à l'expression de genre, ou OCSIEG, ce qui accélérera le traitement des dossiers et réduira l'arriéré actuel sans sacrifier l'équité.
Nous recommandons aussi que les décideurs appliquent uniformément la directive 9 sur les procédures liées à l'OCSIEG de la Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada.
Il faut également étudier les protocoles de vérification de Rainbow Railroad. Ils procurent une perspective nuancée et reposent sur des années d'expertise pour ce qui est de trancher les demandes fondées sur l'OCSIEG, ce qui peut permettre de réduire le nombre de demandes frauduleuses et les coûts associés au rejet de demandes légitimes.
De plus, nous recommandons d'élargir l'accès régional et d'accroître le financement pour le partenariat pour les réfugiés avec Rainbow Railroad qui est parrainé par le gouvernement pour pouvoir traiter un plus grand nombre de demandes d'asile de personnes LGBTQI+ qui se trouvent à l'étranger.
Il faut également supprimer la disposition proposée dans le projet de loi qui rend irrecevables les demandes d'asile des personnes entrées au Canada après le 24 juin 2020 et qui ont présenté leur demande un an après le jour de leur arrivée au pays.
Nous recommandons aussi d'accélérer le traitement des permis de travail des demandeurs d'asile pour réduire la dépendance aux services sociaux pendant qu'ils attendent.
Il faut également garantir un accès universel à l'aide juridique pour les demandeurs d'asile qui sont arrivés par voie terrestre.
Enfin, nous recommandons de nouer un partenariat avec des organisations 2ELGBTQI+- afin d'élaborer et de prodiguer pour les demandeurs d'asile LGBTQI+ des soins, un soutien et des services qui tiennent compte des traumatismes.
Compte tenu du temps limité, nous allons présenter au Comité un mémoire qui fournit plus de contexte.
Merci.
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Merci, madame la présidente.
Je m'appelle Mehmet Tohti et je suis directeur exécutif du Projet de défense des droits des Ouïghours, ou PDDO. Le PDDO est une organisation canadienne de premier plan qui travaille étroitement avec le gouvernement du Canada pour renforcer la réponse nationale au travail forcé, à l'ingérence étrangère et à la répression transnationale, qui peut être définie comme les efforts d'un État pour museler, intimider et contrôler des personnes à l'étranger.
Aujourd'hui, j'aimerais mettre l'accent sur le rôle du PDDO en tant que partenaire de recommandation d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada pour le programme M‑62, par l'entremise duquel le Canada s'est engagé à accueillir 10 000 réfugiés ouïghours d'ici 2026.
Cette motion, adoptée en 2023 avec le consentement unanime, représente un engagement historique. J'aimerais saisir cette occasion pour remercier les députés présents aujourd'hui et leurs chefs respectifs. Merci à vous tous de votre vote et de votre leadership ainsi que de la reconnaissance du génocide des Ouïghours grâce à votre vote unanime sur la réinstallation des réfugiés ouïghours au Canada.
Le refoulement récent de 40 Ouïghours vers la Chine par la Thaïlande nous rappelle avec consternation que la Chine poursuit son expulsion des Ouïghours et qu'il est donc crucial de respecter la volonté du Parlement.
Malgré la condamnation internationale des Nations unies et de dizaines de gouvernements, les camps de concentration de la région ouïghoure demeurent actifs et détiennent des millions de Ouïghours. Au‑delà de ces camps, le travail forcé, la surveillance de masse, la stérilisation forcée et la séparation des familles et des enfants continuent de définir la vie dans la région.
Même les personnes qui ont fui demeurent à risque. Partout dans le monde, les Ouïghours continuent d'être pris pour cibles compte tenu de l'oppression transnationale et des expulsions forcées, alors que le refoulement demeure une menace constante.
Je prends la parole aujourd'hui non seulement en tant que défenseur des droits, mais aussi en tant que victime de l'oppression transnationale. Trente-six membres de ma famille sont portés disparus depuis 2016. Cinq sont décédés, y compris ma mère et deux de mes sœurs. J'ai appris qu'elles étaient décédées seulement deux semaines avant le vote projeté sur le programme M‑62 le 16 janvier 2023, lorsque j'ai reçu un appel de la police d'État chinoise qui a essayé de me menacer en m'informant de la mort tragique de membres de ma famille et en laissant entendre que d'autres subiraient le même sort si je n'arrêtais pas de faire ce que je fais.
Ma situation n'est toutefois pas unique. C'est ce que vivent des milliers de réfugiés ouïghours, qui comptent sur le Canada pour faire respecter la volonté parlementaire en protégeant cette population vulnérable.
Il est encore possible d'atteindre la cible de 10 000 réfugiés d'ici 2026, mais comme nous comptons actuellement 140 nouveaux arrivants, il reste d'importants défis à relever. Le programme M‑62 se heurte à des retards de traitement et maintient un quota et un contingent annuels limités dans les plans des niveaux d'immigration, ce qui fait en sorte qu'il est difficile d'atteindre la cible de 10 000 personnes.
Je sais que l'immigration demeure une question complexe tant pour les Canadiens que pour notre gouvernement. Il est essentiel de veiller à ce que notre infrastructure et nos ressources demeurent viables alors que nous avons un nombre croissant de nouveaux venus, mais nous devons trouver un équilibre entre ces préoccupations d'ordre pratique et la valeur fondamentale de protection humanitaire du Canada.
Le programme M‑62 démontre de façon exemplaire cet équilibre en offrant un modèle de réinstallation gérée de réfugiés ouïghours vulnérables à titre humanitaire. Il est question des meilleurs talents et des personnes ayant des titres de compétences qui contribuent directement au développement du Canada. Pour expliquer comment, j'aimerais présenter brièvement ma collègue, la gestionnaire du programme M‑62, qui parlera de la façon dont les réfugiés qui arrivent représentent les meilleurs talents dont le a parlé dans sa lettre de mandat en mai, une lettre qu'il a adressée au Cabinet pour renforcer l'économie canadienne.
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Bonjour. Je m'appelle Zaimira Dilimulati et je suis cheffe de projet pour le programme M‑62 depuis juillet 2024. Dans ce rôle, je travaille étroitement avec des agents chargés du traitement de cas et avec des membres du personnel administratif pour assurer le succès de l'exécution du processus de recommandation de réfugiés.
Les réfugiés ouïghours sont non seulement des survivants des cmps d'internement, d'une oppression systématique qui se poursuit depuis des dizaines d'années et d'une surveillance généralisée, mais aussi des personnes résilientes qui ont refait leur vie après avoir fui la persécution.
Parmi les 770 demandeurs que nous avons recommandés jusqu'à maintenant, plus de la moitié détiennent des diplômes d'enseignement supérieur dans des domaines comme les affaires, les métiers spécialisés, la science, la technologie, l'ingénierie et les mathématiques, et les sciences sociales. Plus de 80 % sont en âge de travailler, prêts à mettre en pratique leurs compétences et leur expertise dans des entreprises et des institutions canadiennes. De plus, beaucoup d'entre eux parlent les deux langues officielles du Canada et possèdent des compétences dans plusieurs autres langues.
Enfin, au nom des nouveaux arrivants, j'aimerais exprimer leur sincère reconnaissance envers le gouvernement du Canada pour avoir mis sur pied ce programme efficace, le seul programme de réinstallation dans le monde qui donne aux réfugiés ouïghours une bouée de sauvetage et l'occasion de vivre en liberté. Nous demandons au Parlement et à Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada d'augmenter le nombre de réfugiés ouïghours prévu dans le plan des niveaux d'immigration, d'accélérer leur arrivée et de veiller à ce que les personnes les plus à risque puissent se mettre en sécurité au Canada sans plus tarder.
Madame la présidente, honorables membres du Comité, merci. Nous serons heureux de répondre à vos questions.
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Merci, madame la présidente.
Merci à tous nos témoins de comparaître devant nous aujourd'hui.
Monsieur Tohti, tout d'abord, permettez-moi d'exprimer mes condoléances pour les cinq membres de votre famille que vous avez perdus et ma profonde tristesse pour les 36 autres membres de votre famille qui sont introuvables. En fait, comme vous le savez, en 2021, le Parlement du Canada a voté en faveur d'une mesure pour qualifier la situation des Ouïghours de véritable génocide. Comme vous l'avez souligné à juste titre, en 2022, une motion d'initiative parlementaire a été adoptée pour accélérer l'accueil au Canada de 10 000 Ouïghours et d'autres musulmans turciques.
Nous sommes presque en 2026. Ai‑je bien entendu que du nombre de 10 000 réfugiés approuvés par le Parlement en 2022... Il reste environ 70 à 75 jours avant la nouvelle année, 2026, et nous n'en avons accueilli que 140. Est‑ce exact?
Je comprends qu'on trouve cela frustrant, de toute évidence.
Les parlements et les gouvernements peuvent faire des annonces et adopter des mesures, et les gens peuvent y voir une lueur d'espoir, mais au bout du compte, nous parlons de vraies personnes. Dans votre cas, il s'agit de 36 membres de votre famille, et il y en a cinq qui sont décédés. On aurait peut-être pu les sauver en les faisant venir au Canada.
Combien de personnes ayant reçu l'aide des Européens sont-elles arrivées au Canada?
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Si on veut vraiment un métier en Chine, il faut faire concurrence aux autres et posséder beaucoup plus de compétences que le Chinois ordinaire. C'est ce que reflète la situation de la plupart des Ouïghours. Ils travaillent très fort, et ils ont les compétences nécessaires, mais ils ne pouvaient pas vivre en paix dans leur pays d'origine.
Parmi ces nouveaux arrivants, comme vous vous en souvenez, il y avait des ingénieurs, des journalistes, des écrivains et des professionnels des soins à domicile. La plupart d'entre eux détiennent des diplômes universitaires et sont des gens d'affaires prospères. Ce sont des immigrants hautement qualifiés. Certains ont déjà des emplois, après seulement deux ou trois mois, et d'autres ont déjà commencé à exploiter leur petite entreprise.
Je pense que lorsqu'ils voient ce genre d'endroit qui les réconforte, ils déploient un maximum d'efforts pour contribuer à la société qui leur a permis d'être en sécurité. Cette reconnaissance se voit maintenant dans les efforts qu'ils déploient pour devenir de meilleurs Canadiens et pour apporter leur contribution à cette société formidable.
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Merci, madame la présidente.
Je remercie les témoins.
Madame Al Khatib, je suis désolé, mais je vais poursuivre la discussion avec M. Tohti. J'aurai l'occasion de m'adresser à vous plus tard. Moi aussi, j'ai été très impliqué en ce qui concerne la motion M‑62, et je suis très heureux d'avoir mon ami comme témoin aujourd'hui.
Si vous le voulez bien, j'aimerais que vous me confirmiez rapidement certains éléments factuels.
Si je comprends bien, 143 Ouïghours sont arrivés sur le sol canadien grâce au programme de réinstallation des réfugiés. Est‑ce exact?
[Traduction]
Je veux utiliser cette minute et demie de manière intelligente. Nous reconnaissons que le système d'immigration au Canada est soumis à de nombreuses pressions et qu'il est vraiment difficile de trouver comment l'améliorer.
Nous ne cessons de rappeler au gouvernement du Canada qu'un partenariat comme celui qui existe entre le Programme des réfugiés parrainés par le gouvernement et Rainbow Railroad est très apprécié à l'international. C'est un moyen de permettre aux demandeurs d'asile, aux personnes ayant besoin de protection et aux groupes vulnérables comme les personnes LGBTQI+ de trouver la sécurité.
Je ne saurais trop insister sur la gratitude des personnes LGBT du monde entier qui viennent au Canada. Elles sont reconnaissantes des possibilités que leur offre le Canada et du système canadien qui leur permet d'être elles-mêmes et de vivre en paix. Oui, nous pouvons faire beaucoup de choses ensemble, en partenariat avec la société civile.