Je déclare la séance ouverte. Bienvenue à la huitième réunion du Comité permanent de la citoyenneté et de l'immigration de la Chambre des communes.
Nous accueillons deux groupes de témoins aujourd'hui, et je suis convaincue que nous aurons beaucoup de questions à leur poser.
Avant de les présenter, je me propose de faire quelques rappels.
Tout d'abord, veuillez attendre que je vous donne la parole nommément avant d'intervenir. Je vous rappelle aussi de ne pas tous parler en même temps, car cela complique la tâche de nos interprètes.
Comme je sais que nous avons des tonnes de questions et jamais assez de temps pour les poser, je vais utiliser deux cartes que je montrerai avant que la première question ne soit posée. Le carton jaune veut dire qu'il reste une minute de parole et le carton rouge que le temps de parole est écoulé et que le microphone sera coupé.
Bien sûr, veillez à adresser toutes vos remarques à la présidence. Chers collègues, veuillez lever la main si vous souhaitez prendre la parole. Le greffier et moi gérerons de notre mieux l'ordre des interventions. Je vous remercie d'avance de votre collaboration.
J'ai deux petits rappels à faire aux membres du Comité. Premièrement, lors d'une prochaine réunion, nous devrons sans doute discuter de la date limite pour soumettre des mémoires concernant le système d'immigration du Canada. Comme il est prudent de fixer une date, je tiens à informer tout le monde que c'est quelque chose dont nous devrions discuter.
Deuxièmement, nous allons devoir réserver du temps, disons 10 ou 15 minutes, pour donner des instructions de rédaction aux analystes à propos de l'étude sur le programme des étudiants étrangers et les permis d'études. Je tenais à vous en prévenir, car il y a seulement quelques points nécessitant que l'on réserve un peu de temps dans un proche avenir.
Sur ce, nous allons commencer notre étude.
Conformément à l'article 108(2) du Règlement et à la motion adoptée par le Comité le 16 septembre, le Comité entreprend son étude du système d'immigration du Canada. Je souhaite la bienvenue à nos témoins pour la réunion d'aujourd'hui.
Du ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration, nous accueillons Harpreet Kochhar, sous-ministre; Louise Baird, sous-ministre adjointe principale, Politique stratégique; Pemi Gill, sous-ministre adjointe, Prestation des services; et Jean-Marc Gionet, sous-ministre adjoint par intérim, Secteur des Programmes de protection et de la famille.
Bienvenue à toutes et tous.
De la Commission de l'immigration et du statut de réfugié, nous accueillerons Manon Brassard, présidente; Roula Eatrides, vice-présidente, Section de la protection des réfugiés; et Roger Ermuth, secrétaire général.
Les témoins s'exprimant au nom d'IRCC et de la Commission de l'immigration et du statut de réfugié disposeront d'un maximum de cinq minutes pour leurs déclarations liminaires, après quoi nous passerons aux questions.
Bienvenue, monsieur Harpreet Kochhar. Je vous invite maintenant à faire votre déclaration liminaire et à ne pas dépasser cinq minutes. Merci.
:
Merci, madame la présidente, et bonjour tout le monde.
Je tiens à souligner que nous sommes réunis sur le territoire traditionnel non cédé du peuple algonquin anishinabe.
[Français]
Je vous remercie d'avoir entrepris cette étude sur le système d'immigration du Canada. Mes collègues et moi nous réjouissons de cette conversation.
[Traduction]
Nous poursuivons le même objectif: un système auquel la population canadienne peut faire confiance, dont la clarté rend l'utilisation facile pour les personnes nouvellement arrivées et qui continue à renforcer notre pays.
Au cours de la dernière décennie, le ministère a subi une transformation majeure. Nous avons modernisé nos systèmes et nos processus pour les rendre plus efficaces, plus transparents et plus axés sur la clientèle. Ainsi, les demandes simples sont traitées plus rapidement, les erreurs sont réduites et les agents et agentes peuvent consacrer plus de temps aux cas complexes. Les personnes demandeuses obtiennent également des renseignements en ligne plus clairs sur l'état d'avancement de leur dossier.
[Français]
Malgré la fierté que nous inspirent ces programmes, nous savons que le système subit toujours des pressions.
Nous avons constaté une augmentation considérable des demandes d'asile, de même qu'une croissance rapide de la population étudiante étrangère et de la main-d'œuvre temporaire.
[Traduction]
Cette situation a entraîné une hausse de la demande en matière de logement, de soins de santé et de services sociaux et a mis à l'épreuve l'opinion publique concernant l'immigration. Pour rétablir l'équilibre et la confiance, nous adaptons nos programmes et nos politiques.
Nous avons fixé des plafonds et des objectifs pour les résidents temporaires et nous renforçons les critères d'admissibilité et les mesures de protection de l'intégrité afin que la proportion de cette population revienne à un niveau viable.
Les modifications apportées à nos programmes de permis de travail et des étudiants étrangers ont déjà entraîné une diminution du nombre de nouvelles arrivées, soit une baisse de plus de 235 000 entre janvier et juillet par rapport à la même période l'année dernière.
[Français]
Nous cherchons également à trouver un équilibre entre la protection des personnes vulnérables et un système d'asile solide et équitable.
[Traduction]
En 2023, l'Entente sur les tiers pays sûrs a été étendue à l'ensemble de notre frontière terrestre commune, ce qui a entraîné une baisse significative des passages irréguliers.
[Français]
Les demandes d'asile ont diminué de plus de 30 % depuis le début de l'année, et des baisses notables ont été enregistrées dans les aéroports et à l'intérieur du pays.
Nous travaillons sur d'autres moyens de renforcer le système d'asile.
[Traduction]
Les nouvelles règles du projet de loi feraient en sorte qu'une demande d'asile ne puisse être déférée à la Commission de l'immigration et du statut de réfugié si elle est présentée plus d'un an après l'arrivée initiale de la personne au Canada, ou si la personne traverse la frontière entre les points d'entrée et présente sa demande après la période de deux semaines prévue dans l'Entente sur les tiers pays sûrs. Ces réformes décourageraient l'utilisation abusive du système et le protégeraient d'éventuelles vagues de demandes.
De manière plus générale, IRCC accorde la priorité absolue à la sécurité et à l'intégrité de tous ses programmes. Toutes les personnes demandant à entrer au Canada font l'objet d'un filtrage minutieux. Nous travaillons avec l'ASFC, le SCRS et la GRC pour gérer le contrôle de l'immigration, la sécurité et l'application de la loi.
[Français]
Nous continuons à mettre à jour les indicateurs de risque, à élargir l'échange d'informations avec les partenaires et à améliorer les outils permettant à nos agentes et agents de prendre des décisions avisées.
[Traduction]
Le gouvernement présentera bientôt son rapport annuel sur l'immigration. Celui‑ci contiendra nos objectifs en matière de niveaux d'immigration pour 2026 et les projections pour 2027 et 2028, tant pour la résidence permanente que pour la résidence temporaire. L'objectif de notre ministère demeure de maintenir le nombre de personnes nouvellement arrivées à un niveau viable.
Pour terminer, je souhaite aborder la question de l'immigration francophone.
[Français]
Nous disposons de diverses stratégies pour accroître le nombre de personnes francophones nouvellement arrivées dans l'ensemble du Canada, ce qui est essentiel pour maintenir la dualité linguistique et favoriser le dynamisme des communautés, de Moncton à Whitehorse.
[Traduction]
Madame la présidente, distingués membres du Comité, notre ministère continue de s'adapter et de se moderniser pour répondre aux besoins du Canada, tout en gardant l'équité et la confiance du public au cœur de toutes ses activités.
Merci. Je me ferai un plaisir de répondre à vos questions.
:
Je vous remercie, madame la présidente et distingués membres du Comité, de nous avoir invités pour parler de la Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada, la CISR.
La CISR est un tribunal indépendant, établi par le Parlement en 1989. Son mandat consiste à régler de manière efficace, équitable et conforme à la loi les questions d'immigration et d'octroi de l'asile.
[Français]
Les décisions que nous rendons doivent respecter non seulement la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés, la Charte canadienne des droits et libertés et la jurisprudence des cours fédérales et de la Cour suprême du Canada, mais aussi les conventions internationales dont le Canada est signataire.
[Traduction]
L'année dernière, la CISR a rendu 102 000 décisions, ce qui est un niveau de productivité historique. De ce nombre, plus de 78 000 l'ont été par la Section de la protection des réfugiés. Il est important de le mentionner, étant donné que la CISR a reçu un financement pour traiter 60 000 dossiers l'an dernier. Les 78 000 décisions ont représenté une hausse de 42 % de la productivité par rapport à l'année précédente. Ce n'était pas une question de chance, mais le fruit d'un travail acharné, mettant l'accent sur la simplification de nos processus, l'automatisation de processus dans la mesure du possible et une gestion des cas rigoureuse.
Aujourd'hui, nous prévoyons près de 310 audiences de réfugiés par jour. Nous visons jusqu'à 85 000 cas réglés cette année. Pour ce faire, nous devons poursuivre notre transformation, ce qui nous permettra de gérer notre charge de travail comme un seul répertoire national et de maximiser les gains d'efficience offerts en devenant de plus en plus un tribunal numérique.
[Français]
Ces résultats ont un peu été éclipsés par le fait que 176 000 demandes d'asile ont été déférées à la CISR l'année dernière et 155 000 autres l'année précédente. À titre de comparaison, nous en avions reçu 79 400 en 2022‑2023 et 32 500 l'année d'avant. Ces hauts niveaux sont donc relativement nouveaux. Nous nous attendons à recevoir autour de 100 000 demandes d'asile pour cette année. Au 30 septembre, 296 000 demandes d'asile sont encore à traiter, dont 103 000 ne sont pas prêtes à être instruites parce qu'elles sont incomplètes.
Pour un cas tranché aujourd'hui, il aura fallu attendre 22 mois, en moyenne. Autrement dit, pour une décision rendue aujourd'hui, le revendicateur aura attendu ici 22 mois. De ce nombre, 16 mois sont attribuables au temps d'attente de la CISR, tandis que les 6 autres mois sont attribuables aux partenaires, en raison de dossiers incomplets.
[Traduction]
Nous avons fait et continuons de faire des progrès pour augmenter le nombre de cas réglés et maintenir la qualité de nos décisions afin de répondre aux critères de la Cour fédérale.
[Français]
Nous avons fait beaucoup de progrès pour atteindre notre but, c'est-à-dire rendre autant de décisions qu'il y a de demandes d'asile déférées en une année, mais nous n'y sommes pas pour l'instant.
[Traduction]
Dans mes observations, j'ai commencé par souligner la nature des droits en jeu et les obligations correspondantes d'instruire et de trancher les cas dont il est question. Je conclurai en disant qu'à l'instar de tous les commissaires de la CISR, je suis très consciente de la tâche qui nous incombe — soit rendre des décisions transparentes, justifiées, compréhensibles, rapides, efficaces et conformes à la loi.
Madame la présidente, je m'arrête ici et je suis prête à répondre à vos questions.
:
Merci, madame la présidente.
Je remercie les témoins de comparaître devant le Comité.
Ma première question s'adresse aux représentants d'IRCC.
J'aimerais parler du processus de résidence temporaire pour les Palestiniens à Gaza qui ont des liens familiaux avec le Canada. Ce programme, lorsqu'il a été lancé, était rempli de promesses et d'espoir, mais il n'a permis qu'à très peu de gens de venir au Canada. Certaines personnes qui ont pu se rendre en Égypte ont été bloquées là‑bas et elles n'ont pas pu en sortir.
Dans le contexte du cessez‑le-feu en place, que fait votre ministère pour faciliter le transfert sécuritaire au Canada des familles élargies admissibles de Canadiens qui cherchent refuge temporairement?
:
Il y avait un élément clé dans ce cas‑ci. Nous avons créé un programme spécial conçu pour permettre à près de 5 000 personnes de présenter une demande pour venir au Canada. Ce qui est malheureux, c'est que nous avons dû passer par des niveaux de surveillance et de sécurité du COGAT, l'organisme de contrôle de la défense israélienne, qui devait vérifier les noms des personnes et, selon le cas, les libérer ensuite à la frontière à Rafah.
Il n'y avait que deux frontières ouvertes, soit Kerem Shalom et Rafah. Depuis ce temps, comme Rafah a été fermée il y a quelques mois, les gens n'ont pas pu sortir à cet endroit. Cependant, pour ceux qui se sont frayé un chemin par d'autres moyens — par exemple, les cas consulaires et d'autres —, nous avons traité les demandes au Caire, en Égypte. Nous faisons établir les données biométriques et nous faisons venir les gens ici.
Des données montrent que nous avons fait venir près de 700 personnes au Canada, mais il s'agit d'une combinaison de cas consulaires et de ceux qui sont sortis par leurs propres moyens.
La dernière chose que j'aimerais dire, c'est que la frontière de Kerem Shalom n'a jamais été conçue pour assurer le passage de particuliers. C'était plutôt un lieu d'approvisionnement. Nous avons pu faciliter le passage de certaines personnes avec l'aide d'Israël et d'Amman, en Jordanie. Certains avaient besoin de soins médicaux avancés, il y avait des urgences ou des gens qui avaient besoin de soins immédiats, par exemple des enfants et des familles vulnérables. C'est ce qui a été fait.
Depuis le cessez‑le-feu, nous attendons toujours qu'on nous donne un signal clair pour que nous puissions appliquer notre plan, comme nous l'avons fait pour les 5 000 autres personnes.
:
Merci, madame la présidente.
Je remercie les fonctionnaires d'être ici aujourd'hui.
J'aimerais poursuivre avec le sous-ministre et commencer par parler d'un vote à la Chambre des communes sur les Ouïghours vulnérables qui a été adopté à l'unanimité par notre ancien premier ministre et par tous les partis. Tous ceux qui ont voté ont appuyé la motion visant à accueillir au Canada 10 000 Ouïghours, qui sont victimes d'une grande oppression en Chine.
Je suis très heureux que, dans le Plan des niveaux d'immigration 2023, le gouvernement ait indiqué que les Ouïghours qui sont extrêmement vulnérables seraient réinstallés au Canada. J'en ai rencontré qui sont venus au Canada grâce à ce programme. Ils sont extrêmement reconnaissants envers le Canada et les Canadiens d'assurer leur sécurité, qu'ils goûtent, m'ont-ils dit, pour la première fois de leur vie dans certains cas.
J'aimerais savoir où en est la mise en œuvre de la motion M‑62, qui prévoyait la réinstallation au Canada de 10 000 Ouïghours vulnérables provenant de pays tiers. Quels sont les progrès réalisés et quelles sont les attentes à l'égard de la mise en œuvre de cette motion et de la volonté du Parlement?
:
D'accord. Ce n'était pas compliqué comme question.
Ce n'est donc pas aux universités ni aux provinces de le faire.
Cela dit, un reportage à ce sujet a été diffusé dernièrement à l'émission Enquête. J'espère que vous l'avez vu, même si je comprends que les informations ne circulent pas beaucoup dans votre ministère. Ce dossier a eu un grand retentissement au Québec, où un réseau criminel international utilise le système de permis d'études. Ça a fait l'objet du premier épisode d'Enquête cette année. C'est une émission extrêmement écoutée au Québec. Je comprends qu'il y a parfois un manque de sensibilité envers ce qui se passe chez nous. Quoi qu'il en soit, ces groupes criminels utilisent le système de permis d'études pour faire entrer des gens sur le territoire. On parle de près de 500 millions de dollars de profits de la criminalité résultant de fraude amoureuse, d'usurpation d'identité, de vol de stupéfiants, de vol de voitures, etc. La réponse du porte-parole d'IRCC a été de dire qu'il fallait rejeter la faute sur les universités et le gouvernement du Québec.
Comment expliquez-vous une telle réponse alors que vous venez de me dire que c'est votre responsabilité de faire ces démarches?
:
Comme c'est le cas chaque année, nous établissons un plan des niveaux de résidence permanente qui établit la catégorie économique, la réunification des familles et la catégorie des motifs d'ordre humanitaire. Nous affectons à chacune un certain nombre, qui est ensuite présenté au Parlement. C'est ainsi que nous procédons. L'an dernier, ce chiffre était de 485 000 et nous en avons eu 483 000. Cette année, le chiffre est de 395 000, et c'est ce que nous allons faire.
Dans cette catégorie, il y a aussi une sous-classification du nombre de personnes qui entrent dans la catégorie des motifs d'ordre humanitaire et celle des personnes protégées. En fonction de ces données, les niveaux sont attribués à des groupes vulnérables particuliers qui se trouvent au Canada. Par conséquent, les personnes de Hong Kong, du Soudan et toutes les autres personnes qui souhaitent participer à ces programmes seront incluses dans les places qui y sont prévues.
Les places sont limitées. Cependant, il y a des gens qui sont en attente. Si nous avons la possibilité de les déplacer rapidement, s'il y a une place dans les niveaux prévus, c'est ainsi que nous pourrons gérer la situation. Autrement, c'est le premier arrivé, premier sorti. C'est ainsi que nous déterminons le nombre de personnes qui obtiennent la résidence permanente selon un modèle de capacité fixe.
En ce qui concerne les étudiants et les travailleurs nouvellement arrivés au Canada, cette information se trouve sur notre site Web. Nous la publions chaque mois. Elle est à jour en date du 31 août. Ce que nous montrons, c'est que dans le cadre du plan des niveaux pour 2025, nous avons un objectif ou un niveau d'admission prévu pouvant atteindre 673 650 nouveaux étudiants et travailleurs qui arrivent au Canada. Cependant, ce chiffre ne correspond pas au nombre de personnes qui ont été approuvées au cours de l'année, et qui obtiennent ensuite un permis les autorisant à venir au Canada. C'est compté seulement à l'arrivée au Canada.
Par exemple, un étudiant peut avoir présenté une demande en juillet ou en août de cette année. Nous avons ensuite évalué sa demande et nous l'avons approuvée. Cependant, il ne commencera pas ses études avant l'année prochaine. Il n'arrivera pas au Canada avant 2026. À ce moment‑là, nous le compterons par rapport à la cible d'arrivées, qui correspond à l'objectif fixé dans le plan des niveaux.
Il est important de distinguer le nombre de permis délivrés de celui des arrivées...
:
Merci, madame la présidente.
Madame Brassard, bienvenue au Comité.
Plusieurs groupes de défense des droits des migrants nous ont contactés, récemment, après le dépôt par le gouvernement du projet de loi . Si ce projet de loi est adopté tel qu'il est rédigé présentement, les changements proposés auront d'importantes répercussions sur votre façon d'agir.
Je comprends que vous ne pouvez pas nécessairement nous faire part de votre opinion sur un projet de loi du gouvernement, mais j'imagine que vous avez quand même analysé ce document. Pouvez-vous dire au Comité quels changements vous devriez apporter à la structure de votre organisation si le projet de loi C‑12 était adopté?
J'aimerais maintenant souhaiter la bienvenue à nos témoins du deuxième groupe.
De l'Agence des services frontaliers du Canada, nous accueillons Aaron McCrorie, vice-président du Renseignement et de l'exécution de la loi. Du ministère de la Sécurité publique et de la Protection civile, nous accueillons Mike McGuire, directeur général, Politiques internationales et frontalières. De la Gendarmerie royale du Canada, nous accueillons Richard Baylin, commissaire adjoint, Police fédérale, et Jennifer Gates-Flaherty, directrice générale, Services canadiens d'identification criminelle en temps réel.
Je vous souhaite à tous une chaleureuse bienvenue.
Chaque groupe disposera de cinq minutes pour faire sa déclaration préliminaire, après quoi nous passerons aux questions.
Je crois que M. McGuire va commencer pour les cinq premières minutes. Monsieur McGuire, vous avez la parole.
:
Merci beaucoup, madame la présidente.
Je remercie les membres du Comité de nous avoir invités aujourd'hui.
Je m'appelle Mike McGuire. Je suis le directeur général, Politiques internationales et frontalières, à Sécurité publique Canada.
[Français]
Je suis très heureux d'être ici aujourd'hui, en compagnie de mes collègues en matière de sécurité publique, pour parler du travail que nous accomplissons pour gérer notre système frontalier et notre système d'immigration en étroite collaboration avec Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, ou IRCC.
[Traduction]
L'administration de la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés, ou LIPR, est une responsabilité partagée entre la ministre de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté et le ministre de la Sécurité publique.
En vertu de la LIPR, le ministre de la Sécurité publique dispose de pouvoirs précis qui sont principalement liés à l'interdiction de territoire grave pour des raisons de sécurité et à l'application de la LIPR et des lois frontalières à la frontière et au pays. Ces responsabilités comprennent le soutien du processus de filtrage de sécurité de l'immigration au moment du renvoi des demandes d'IRCC, l'exécution des mesures de détention et de renvoi pour les personnes interdites de territoire au Canada et l'élaboration de politiques liées à l'immigration et à la sécurité.
Les motifs précis d'interdiction de territoire dont le ministre de la Sécurité publique est responsable comprennent les motifs liés à la sécurité nationale, y compris l'espionnage actif, la subversion, le terrorisme ou la violence contre le Canada, ou le fait d'être membre d'une organisation qui se livre à de telles activités; les violations des droits de la personne ou du droit international, y compris les violations graves des droits de la personne, le génocide, les crimes de guerre ou les crimes contre l'humanité; la criminalité organisée, y compris le passage de clandestins, la traite de personnes ou le blanchiment d'argent ou d'autres produits de la criminalité; et la criminalité transfrontalière à l'entrée au Canada pour des infractions désignées.
J'aimerais prendre un instant pour parler en détail du rôle que joue le portefeuille de la Sécurité publique pour empêcher les acteurs malveillants de venir au Canada dans le cadre de son programme de filtrage de sécurité de l'immigration. Avec l'appui de la GRC, l'Agence des services frontaliers du Canada et le Service canadien du renseignement de sécurité dirigent les efforts du portefeuille pour veiller à ce que les personnes qui entrent au Canada fassent l'objet d'un filtrage de sécurité approprié et ne constituent pas une menace pour la sécurité du Canada.
Voici comment cela se déroule: IRCC effectue une évaluation initiale de tous les ressortissants étrangers qui présentent une demande de l'extérieur du Canada. Cette évaluation initiale comprend un examen des bases de données ministérielles et des indices de risque. À la lumière des résultats de cette évaluation, IRCC détermine les demandes qui justifient un filtrage de sécurité plus poussé par le portefeuille de la Sécurité publique. À la suite d'un filtrage de sécurité portant sur les critères d'interdiction de territoire dont j'ai parlé plus tôt, l'ASFC formule une recommandation non contraignante pour appuyer une décision finale des agents d'IRCC ou de la Commission de l'immigration et du statut de réfugié. La décision finale d'accorder un statut à un ressortissant étranger, y compris après avoir examiné les résultats du filtrage de sécurité, relève d'IRCC.
[Français]
Je vais maintenant prendre un moment pour parler des liens entre l'immigration et le Plan frontalier du gouvernement du Canada.
Le Plan prévoit un investissement de 1,3 milliard de dollars et introduit une série de mesures concrètes pour renforcer davantage la sécurité des frontières, pour perturber le commerce illégal de fentanyl et d'autres drogues et pour améliorer la coordination opérationnelle et l'échange d'informations.
Permettez-moi de mettre en lumière quelques-uns des principaux résultats et mesures du Plan concernant l'immigration.
Depuis juillet 2024, il y a eu une réduction de 99 % des déplacements illégaux du Canada vers les États‑Unis par rapport au pic de juin 2024. Cela s'explique par les mesures prises par nos collègues d'IRCC pour renforcer l'intégrité des visas, par une meilleure application de la loi le long de la frontière et par l'échange accru de renseignements entre le Canada et les États‑Unis.
De plus, la sécurité aux points d'entrée et entre ceux-ci a été renforcée grâce à une surveillance accrue menée à l'aide de drones, de tours et d'hélicoptères et grâce au déploiement de ressources supplémentaires. Cela a permis d'avoir une surveillance continue, de patrouiller, de détecter les menaces le long de la frontière, d'intervenir au besoin et d'enquêter sur ces menaces.
[Traduction]
Des ressources supplémentaires ont été affectées au renvoi de personnes interdites de territoire du Canada. Au cours du dernier exercice, plus de 18 000 renvois ont été effectués, le plus grand nombre depuis plus d'une décennie.
Enfin, comme vous le savez, le projet de loi propose plusieurs nouvelles mesures visant à accroître l'intégrité du système d'immigration.
Sécurité publique Canada continue de jouer un rôle stratégique dans la gestion frontalière, en mettant l'accent sur le leadership et la coordination des politiques, en étroite collaboration avec les partenaires du portefeuille et IRCC.
[Français]
Sur ce, je me tourne vers mes collègues, qui expliqueront en détail le rôle que jouent leurs agences dans l'application quotidienne des pouvoirs du ministre de la Sécurité publique en vertu de la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés.
Merci.
:
Merci, madame la présidente, et bonjour.
Je m'appelle Aaron McCrorie et je suis vice-président du Renseignement et de l'exécution de la loi à l'Agence des services frontaliers du Canada. Je suis heureux d'être ici aujourd'hui avec mes collègues de la Sécurité publique et de la GRC.
Le travail de l'ASFC contribue à plusieurs des objectifs de la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés, ou LIPR. Il s'agit notamment de protéger la sécurité publique en refusant l'accès au Canada aux criminels ou aux personnes qui présentent un risque pour la sécurité, tout en facilitant l'entrée des voyageurs légitimes. Ce faisant, nous maximisons les avantages de l'immigration, renforçons le tissu multiculturel du Canada et protégeons la sécurité publique.
Pour aider à maintenir l'intégrité de notre système d'immigration et assurer la sécurité du Canada, l'ASFC exerce son mandat avant la frontière, à la frontière, aux points d'entrée officiels et après la frontière.
Comme l'a fait remarquer mon collègue de la Sécurité publique, l'ASFC collabore avec IRCC et le SCRS pour filtrer les demandeurs de visa et tous les demandeurs du statut de réfugié avant leur arrivée. Lorsque nous identifions les personnes qui sont interdites de territoire pour des motifs graves comme la criminalité, la complicité dans des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité et des menaces à la sécurité nationale, nous faisons une recommandation non favorable à IRCC, qui est le décideur. Jusqu'à maintenant, au cours du présent exercice, nous avons clos plus de 37 465 dossiers, dont 394 recommandations non favorables.
De plus, notre Centre national de ciblage évalue tous les voyageurs qui arrivent par voie aérienne au Canada afin de déceler les menaces à la sécurité ou d'identifier les personnes qui pourraient être interdites de territoire. Depuis le début de l'année civile, le Centre national de ciblage, en collaboration avec notre réseau d'agents de liaison à l'étranger, a aidé à empêcher 2 480 personnes interdites de territoire d'entrer au Canada. Jusqu'à maintenant en 2025, environ 64 millions de voyageurs sont arrivés aux points d'entrée du Canada, où l'ASFC facilite la circulation des voyageurs légitimes, accorde le statut de résident temporaire, appuie l'acquisition du statut de résident permanent et traite les demandes d'asile.
Nos agents des services frontaliers identifient également les personnes qui pourraient être interdites de territoire et soit ils leur permettent de quitter le pays, soit ils rédigent une déclaration d'interdiction de territoire. À ce jour, 5 512 personnes ont été déclarées interdites de territoire aux points d'entrée.
Au pays, ou après le passage à la frontière, l'ASFC mène des enquêtes criminelles et des enquêtes en matière d'immigration. L'Agence emploie plus de 200 enquêteurs criminels dont le mandat comprend des enquêtes sur ceux qui organisent ou facilitent la fraude en matière d'immigration, ceux qui agissent illégalement à titre de consultants et ceux qui sont soupçonnés d'avoir commis une infraction relativement à l'emploi illégal de ressortissants étrangers. Par exemple, en 2024, un ressortissant indien a été déclaré coupable par les tribunaux et condamné à trois ans de prison à la suite d'une enquête de l'ASFC sur des allégations d'infraction en matière de fausses présentations, d'avoir fait de fausses déclarations et d'avoir donné des conseils à un grand nombre d'étudiants étrangers sans être un consultant autorisé.
Comme deuxième exemple, à la suite d'une enquête conjointe de l'ASFC et de la Police provinciale de l'Ontario en avril 2025, trois entreprises de l'Ontario ont été reconnues coupables et condamnées à payer des amendes totalisant 450 000 $ pour avoir employé un grand nombre de ressortissants étrangers sans autorisation.
L'Agence emploie également environ 550 personnes qui se consacrent aux enquêtes en matière d'immigration et aux renvois. Leur travail consiste notamment à enquêter sur les allégations d'interdiction de territoire et de séjour indûment prolongé, ainsi qu'à faire respecter la LIPR, y compris au moyen du renvoi des personnes interdites de territoire. En vertu de nos lois sur l'immigration, les personnes interdites de territoire qui font l'objet d'une mesure de renvoi exécutoire doivent quitter le Canada immédiatement. Le renvoi de ressortissants étrangers jugés interdits de territoire préserve et protège l'intégrité et l'équité du système d'immigration du Canada. C'est aussi l'un des moyens les plus efficaces de dissuader d'autres personnes qui pourraient chercher à abuser du système.
Il est également important pour moi de souligner que le processus de renvoi comporte plusieurs étapes visant à assurer l'équité procédurale. Nous ne donnons suite à une ordonnance de renvoi qu'une fois que tous les recours juridiques qui constituent un sursis ont été épuisés.
Au cours du dernier exercice, l'ASFC a renvoyé plus de 18 000 personnes interdites de territoire, le nombre le plus élevé en une décennie. Le plan frontalier du Canada prévoyait l'octroi de fonds à l'ASFC pour qu'augmente son taux de renvoi des personnes interdites de territoire. L'objectif est de faire appliquer 20 000 renvois dans chacun des deux prochains exercices.
Enfin, nous gérons également un programme de détention qui est essentiel pour appuyer notre programme de renvoi. La détention est toujours une mesure de dernier recours. Il y a actuellement 156 détenus dans nos quatre établissements, alors qu'il y a 14 227 personnes qui font l'objet de mesures autres que la détention. Toutefois, la détention est nécessaire pour les personnes qui présentent un risque pour la sécurité publique ou un risque de fuite.
Le Canada tire d'importants avantages sociaux et économiques de l'immigration. L'ASFC aide le Canada à tirer parti de ces avantages en appliquant la LIPR, qui contribue à assurer l'intégrité du système et à protéger les Canadiens.
Je vous remercie de me donner l'occasion de comparaître devant vous. Je me ferai un plaisir de répondre à vos questions.
Bonjour, madame la présidente et membres du Comité.
Je tiens tout d'abord à souligner que je m’adresse à vous aujourd’hui depuis le territoire traditionnel et non cédé du peuple algonquin Anishinaabe.
Je vous remercie de m'avoir invité à comparaître devant ce comité pour parler du rôle de la GRC dans le soutien à la citoyenneté et à l'immigration, ainsi que dans la gestion de la frontière canado-américaine.
Je m'appelle Richard Baylin et je suis commissaire adjoint du Programme d'intégrité des frontières de la GRC au sein de la Gendarmerie royale du Canada. Je suis accompagné de ma collègue Jennifer Gates-Flaherty, directrice générale des Services canadiens d'identification criminelle en temps réel.
Je commencerai par vous donner quelques informations générales sur les responsabilités de la GRC en matière de frontières canadiennes. Les fonctions et les pouvoirs de la GRC en matière de sécurité frontalière découlent du Règlement de la Gendarmerie royale du Canada, de la Loi sur les douanes et de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés.
La GRC est chargée d'assurer la sécurité des frontières canadiennes entre les points d'entrée officiels, ou PEO, contre les menaces criminelles à l'arrivée et au départ dans tous les domaines: aérien, terrestre, maritime et arctique.
Afin de délimiter les domaines de responsabilité partagée et de coopération en matière de sécurité frontalière, divers protocoles d'entente, ou PE, ont été conclus entre la GRC et l'ASFC. Les PE entre l'ASFC et la GRC précisent la répartition des responsabilités et les domaines spécifiques de coopération et de responsabilité en matière d'enquête liés à l'application et à l'administration des lois à la frontière, à la sécurité publique et au soutien des résultats en matière de sécurité nationale.
L'intégrité des frontières est une priorité pour la GRC. Je peux assurer aux membres de ce comité que nous continuons de travailler avec nos partenaires du portefeuille, les forces de l'ordre et les Autochtones de tout le pays afin de nous assurer que nous sommes prêts à faire face à toute préoccupation frontalière.
La GRC participe également à de nombreuses initiatives transfrontalières avec les États-Unis qui permettent des opérations et des enquêtes conjointes. Des équipes transfrontalières hautement intégrées et multimodales enquêtent sur les menaces criminelles à la frontière canado-américaine, notamment la migration irrégulière et le trafic d'êtres humains. Ces équipes permettent un partage des communications, une amélioration des délais d'intervention en cas d'incursion à la frontière et un renforcement des capacités d'enquête.
La GRC est responsable de la gestion du Répertoire national des casiers judiciaires, qui contient principalement des informations sur les accusations portées au Canada, mais aussi sur les accusations étrangères si elles sont signalées par le FBI ou INTERPOL, lorsqu'elles sont étayées par des empreintes digitales et équivalentes à une accusation fédérale au Canada.
Au nom d'IRCC, la GRC effectue des vérifications de casiers judiciaires et des analyses d'empreintes digitales pour les personnes qui demandent l'immigration, le statut de réfugié ou la citoyenneté. Ces vérifications aident IRCC à évaluer si un demandeur présente un risque pour la sécurité ou a des antécédents criminels qui pourraient affecter son admissibilité au Canada.
Au cours de l'exercice 2024-2025, la GRC a traité plus de trois millions de vérifications de casiers judiciaires à partir d'empreintes digitales dans le cadre des demandes d'IRCC. Le processus de vérification des antécédents judiciaires est en grande partie automatisé et s'effectue en quelques minutes à compter de la demande de recherche. Les résultats de la recherche sont transmis à IRCC par l'intermédiaire de son système mondial de gestion des cas.
De plus, la GRC envoie des notifications automatisées à IRCC lorsqu'une soumission ultérieure d'empreintes digitales criminelles par un organisme d'application de la loi permet d'identifier de manière positive un dossier d'immigration. Cela permet à IRCC et/ou à l'ASFC d'assurer le suivi et d'enquêter si nécessaire à des fins d'application de la loi et de prise de décision.
Bien que l'ASFC soit le principal organisme chargé de l'application de la loi aux frontières, la GRC soutient l'ASFC dans ses enquêtes sur le trafic de personnes, la traite des êtres humains et le crime organisé liés à l'immigration, ainsi que dans l'application des lois dans les zones frontalières éloignées où l'ASFC n'est pas nécessairement présente.
Je vous remercie de m'avoir donné l'occasion de m'adresser à vous aujourd'hui et je serais heureux de répondre à vos questions.
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Si je comprends bien la question, la décision est prise par la CISR. Nous intervenons auprès de la CISR pour justifier l'interdiction de territoire.
Nous nous attendons à ce que les gens respectent la loi. En vertu de la loi, vous êtes censé quitter le pays dans les 30 jours suivant une ordonnance d'interdiction de territoire. Nous n'assurons pas nécessairement le suivi de chaque personne. Nous le faisons pour certaines personnes et nous intervenons en cas de besoin. Nous adoptons une approche fondée sur le risque pour déterminer les personnes sur lesquelles nous concentrons nos efforts en matière de renvoi.
Je signale également que la décision initiale de la CISR sera souvent portée en appel devant la CISR elle-même. Elle peut être portée en appel devant la Cour fédérale, et une demande d'examen des risques avant le renvoi peut être présentée.
Ce ne serait pas une utilisation efficace de nos ressources que de suivre chaque personne lorsque nous recevons la décision de la CISR et que nous suivons le processus. Nous le gérons au moyen de nos systèmes.
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Merci, madame la présidente, et merci aux témoins d'être ici.
J'ai déjà été réserviste dans le Black Watch et j'ai servi cinq ans en uniforme. Je tiens donc à saluer tous ceux qui sont en uniforme et qui travaillent au service et à la protection de notre pays.
Je vais commencer par une question sur le filtrage de sécurité.
Dans nos bureaux, nous recevons de nombreuses demandes de dossiers d'immigration. À l'occasion, certaines sont bloquées à l'étape du filtrage de sécurité. Notre gouvernement s'est engagé à augmenter le nombre d'agents de la GRC et de l'ASFC d'au moins 1 000.
Premièrement, ces nouvelles ressources seront-elles affectées à l'allégement du problème de filtrage de sécurité? Deuxièmement, que faites-vous pour réduire ces temps d'attente?
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Il est prématuré de dire si l'un des 1 000 agents de première ligne de l'ASFC sera affecté au filtrage de sécurité.
Avec un programme comme celui‑ci, il y a une tension constante entre la rapidité de nos réponses et le temps que nous devons prendre pour bien faire les choses. Nous pouvons généralement traiter un cas simple et facile en quelques jours; les cas plus complexes peuvent prendre plus de temps. Nous cherchons toujours à améliorer notre efficacité sans sacrifier cette diligence. Si vous regardez au cours des deux dernières années, notre productivité a en fait augmenté de façon assez impressionnante. Le défi est que nos volumes ont augmenté en même temps, nous n'avons donc pas pu suivre le rythme.
Cela ne signifie pas que nous avons abandonné. Nous continuons d'examiner comment nous pouvons réaliser de nouveaux gains d'efficacité dans le programme. Par exemple, environ 50 % de notre inventaire actuel de 195 000 dossiers concernent des demandeurs d'asile au Canada. Nous cherchons donc à nous éloigner d'un processus « premier entré, premier sorti » pour trouver et identifier les cas simples et moins complexes afin que nous puissions les retirer plus rapidement de l'inventaire. Cela a deux effets: les gens obtiennent des décisions plus rapidement, et cela réduit également le volume dans l'inventaire et permet à notre personnel de travailler sur les autres cas.
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Je vous remercie de cette réponse.
Je comprends que vous n'avez pas encore déterminé comment ces nouvelles ressources seront allouées et où elles travailleront.
Je veux changer de sujet et parler des zones de conflit. Avec le premier groupe de témoins, nous avons parlé du Soudan et de Gaza. Les familles et les proches de certains Canadiens et Canadiennes traversent des situations très difficiles, y compris, dans certains cas, des pertes de vie, et ils veulent que leurs proches soient ici.
Nous comprenons que, dans les zones de conflit, il faut procéder à des filtrages de sécurité. Très brièvement, je suppose que tout le monde passe par un filtrage de sécurité rigoureux, mais que vous consacrez également des ressources pour qu'ils soient effectués en temps opportun.
Est‑ce exact sur les deux fronts?
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Merci, madame la présidente.
Je remercie les témoins d'être ici aujourd'hui.
Je vais poser la même question aux représentants de toutes les organisations et je m'attends à des réponses simples, par exemple « oui » ou « non ». J'accepterai aussi « Je ne le sais pas » comme réponse. Il n'y a pas là de mauvaise réponse ou de faute. Je vais commencer par l'Agence des services frontaliers du Canada.
Monsieur McCrorie, pouvez-vous me dire si le gouvernement fédéral, après la fermeture du chemin Roxham en 2023, a mis fin au contrat octroyé à M. Pierre Guay pour la location de ses terrains?
[Traduction]
Dans le contexte de ce que nous avons vu au cours des 12 derniers mois à Lacolle… Contrairement à d'autres points de passage frontaliers terrestres, nous avons constaté un nombre croissant de personnes venant présenter des demandes d'asile à Lacolle. Sur la base du principe de précaution, un peu comme lorsque le chemin Roxham était ouvert, nous avons commencé à augmenter notre capacité à Lacolle pour faire face à tout afflux important de personnes.
Après avoir mené un processus d'approvisionnement très rigoureux, fortement régi au sein de l'Agence, et en collaboration avec Services publics et Approvisionnement Canada, un appel d'offres a été lancé. Je crois comprendre que la compagnie Industry Guay Limited a remporté ce processus. Ce n'est pas mon domaine d'expertise, mais je crois comprendre qu'un contrat a été signé et qu'il a fait l'objet d'un processus d'approvisionnement rigoureux.
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Je veux être certain de bien comprendre. Cet appel d'offres avait été fait lorsque le chemin Roxham était ouvert. Vous aviez besoin de terrains quelque part pour vos activités, en raison de l'afflux croissant de migrants. C'est donc avant la fermeture du chemin Roxham que vous avez fait cet appel d'offres.
À ma connaissance, c'est lorsque M. Biden est venu ici qu'il y a eu le renouvellement de l'Entente sur les tiers pays sûrs conclue entre le Canada et les États‑Unis, et on a ensuite fermé le chemin Roxham, puisqu'on n'autorisait plus les entrées irrégulières. Jusqu'ici, vous me suivez, n'est-ce pas?
Vous me dites qu'on a quand même continué à payer la location de ces terrains, même si le chemin Roxham était fermé. Si je comprends bien votre logique, on a fait un appel d'offres parce que le chemin Roxham était ouvert, et on a continué à louer ces terrains après la fermeture du chemin Roxham, parce qu'on ne savait pas si on allait les utiliser plus tard.
C'est quand même fascinant. Aujourd'hui, nous avons reçu une réponse officielle du gouvernement du Canada. C'est tout frais, alors il se peut que vous n'ayez pas eu le temps d'en prendre connaissance. Il reste que le gouvernement était au courant, et tant le ministère que les agences en matière de sécurité publique ont des activités sur des terrains loués par contrat à Pierre Guay. Aujourd'hui, on nous dit que ces contrats n'ont jamais pris fin et qu'ils sont en vigueur jusqu'en 2027.
Tout cela me semble surréel. Le gouvernement fédéral semble avoir un problème abyssal de communication entre ses différents ministères et organismes. Je ne jette la pierre à personne en disant ça; je vise principalement le gouvernement fédéral.
Nous avons appris aujourd'hui que les baux qui ont été signés par la voie des contrats attribués à Pierre Guay, un grand donateur du Parti libéral, soit dit en passant, sont toujours en vigueur malgré la fermeture du chemin Roxham. De plus, nous avons appris que des activités avaient repris récemment sur ces terrains, mais on ne peut pas me dire pendant combien de temps ces contrats ont continué d'être en vigueur sans qu'on occupe ces terrains.
La situation me renverse complètement. Encore une fois, je ne veux en rejeter la faute sur personne.
Monsieur McGuire, peut-être pouvez-vous me dire si le ministère de la Sécurité publique et de la Protection civile a encore des activités en lien avec ces contrats accordés à M. Pierre Guay?
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Merci, madame la présidente.
Merci à tous les témoins.
J'ai posé cette question à Immigration, et j'aimerais maintenant la poser aux représentants de l'ASFC.
Comme la plupart de nos députés, je constate que de nombreux dossiers d'immigration sont au point mort en raison des longs délais du filtrage de sécurité. Certains cas sont en attente depuis des années. Cela vaut pour toutes les catégories. Je ne parle pas seulement des réfugiés ou des demandeurs d'asile. Cela va des visas de résident temporaire aux demandes de parrainage conjugal.
Je reconnais l'importance d'un filtrage de sécurité approfondi, mais le processus semble être un trou noir sans reddition de comptes ni transparence. Que peut‑on faire pour améliorer ce processus? Que faites-vous pour l'améliorer?
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Comme je l'ai indiqué précédemment, la gestion de ce programme constitue un défi constant, entre les volumes auxquels nous sommes confrontés et la nécessité de prendre des décisions rapides. Nous sommes très conscients de l'importance de ces décisions rapides par rapport au temps qu'il nous faut pour bien faire les choses.
Comme je l'ai dit, pour un cas simple et facile, nous pouvons le faire en quelques jours. Les cas plus complexes prendront plus de temps. Ils peuvent être plus complexes parce qu'il nous manque des renseignements, ou en fonction de l'endroit d'où quelqu'un vient. C'est peut-être parce que nous attendons des renseignements de partenaires et que nous n'avons aucun contrôle là‑dessus.
Cela ne signifie pas que nous ne nous efforçons pas constamment d'améliorer notre niveau d'efficacité. J'ai constaté des améliorations significatives de notre productivité au cours des deux ou trois dernières années, mais comme je l'ai noté, nos volumes ont également augmenté. Les améliorations que nous avons apportées à la productivité ont été dépassées par l'augmentation du volume. Nous avions environ 50 000 personnes dans notre inventaire il y a trois ou quatre ans, et nous en avons environ 195 000 maintenant. Je dirais qu'environ la moitié d'entre elles sont des demandeurs d'asile au Canada, donc elles sont ici au pays. L'autre moitié est constituée de demandeurs de visa de résident temporaire et d'autres types de visas.
Nous en recevons une partie. La toute première étape consiste à adopter cette approche axée sur les risques et à permettre aux décideurs d'IRCC, en fonction de nos indicateurs thématiques, de décider si un filtrage de sécurité est requis. Si le dossier nous est transmis, nous devons prendre le temps de bien faire les choses.
Je m'excuse si je me répète, mais nous examinons, pour les demandeurs d'asile au Canada, comment nous pouvons accélérer le traitement de ces dossiers. Nous passerons probablement d'un processus « premier entré, premier sorti » à l'identification des cas simples et moins complexes qui nous permettent de les retirer plus rapidement de l'inventaire. Cela aura deux effets: des décisions plus rapides pour certaines personnes, et la libération de ressources pour travailler sur l'inventaire dans son ensemble et traiter certaines des demandes de visa.
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Merci, madame la présidente.
J'ai trouvé sur Internet qu'entre 2017 et 2022, les contrats passés avec Pierre Guay simplement pour la location de ses terrains ont coûté autour de 30 millions de dollars au gouvernement fédéral. J'imagine que le renouvellement des contrats pour la période allant de 2023 à 2027, selon ce que nous pouvons en comprendre, coûte encore plus cher.
Aujourd'hui, j'ai posé la question aux représentants du ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration, de la Gendarmerie royale du Canada et du ministère de la Sécurité publique et de la Protection civile, et ils m'ont tous dit qu'ils ne savaient pas si ces contrats étaient toujours en vigueur.
En revanche, j'ai eu une belle réponse de la part de M. McCrorie, à savoir que les terrains recommencent à être utilisés depuis 2025 pour des activités. Je le remercie de sa réponse.
Toutefois, j'aimerais comprendre quelque chose. Si vous savez que vous utilisez ces terrains depuis cette année, vous devez donc être au courant de ce qui s'est passé sur ces terrains durant la période de 2023 à 2025 couverte par les contrats, c'est-à-dire depuis la fermeture du chemin Roxham jusqu'à la reprise de vos activités tout récemment.
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Parfait. Merci, madame la présidente.
Merci à nos témoins d'être ici aujourd'hui.
Ma question s'adresse à l'un ou l'autre des témoins.
Contrairement au gouvernement Harper, qui a mis à pied plus de 100 agents de l'ASFC pendant son mandat, notre nouveau gouvernement, par l'entremise du projet de loi , s'est engagé à embaucher 1 000 nouveaux agents de l'ASFC et 1 000 nouveaux agents de la GRC et à améliorer les capacités d'échange de renseignements d'IRCC.
Pouvez-vous nous dire comment ces mesures et d'autres introduites dans le projet de loi amélioreront la capacité de vos agences à protéger et à maintenir la sécurité publique pour la population canadienne?
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Merci, monsieur Baylin.
Merci, monsieur Brunelle‑Duceppe.
C'est ainsi que se termine notre deuxième heure de témoignages.
Je tiens à remercier sincèrement tous nos témoins pour leur contribution. Votre témoignage a été très utile alors que nous entamons notre étude sur l'immigration aujourd'hui.
Chers collègues, notre prochaine réunion aura lieu le jeudi 23 octobre. Au plaisir de vous y retrouver.
L'ordre du jour étant épuisé, je déclare la séance levée.