:
C'est assez simple. Le montant demandé pour cette étude est de 5 500 $. Quelqu'un a‑t‑il des questions, ou dois‑je faire appel au greffier...?
Dans la négative, tout le monde est‑il d'accord?
Des députés: Oui.
La présidente: Merci beaucoup. Nous allons maintenant nous concentrer sur ce pour quoi nous sommes tous ici aujourd'hui, à savoir l'examen article par article du projet de loi , Loi modifiant la Loi sur la citoyenneté de 2025.
Conformément à l'ordre de renvoi du lundi 22 septembre, le Comité reprend son étude du projet de loi , Loi modifiant la Loi sur la citoyenneté de 2025.
Je souhaite maintenant la bienvenue aux fonctionnaires qui seront présents aujourd'hui pour répondre aux questions au cours de l'étude article par article.
Veuillez vous joindre à moi pour accueillir chaleureusement, du ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration, Uyen Hoang, directrice générale, Direction générale de la citoyenneté; Stephanie Jay‑Tosh, directrice principale intérimaire, Politique législative en matière de citoyenneté; Alain Laurencelle, gestionnaire d'équipe et avocat principal, unité des Services juridiques — je suis heureuse que nous ayons un avocat parmi nous — Allison Bernard, analyste principale des politiques; et Jody Dewan, analyste principale des politiques.
Bienvenue à tous. Merci de votre présence.
J'aimerais faire quelques commentaires à l'intention des membres du Comité sur la manière dont les comités procèdent à l'étude article par article d'un projet de loi.
Comme son nom l'indique, il s'agit d'une étude de tous les articles dans l'ordre où ils apparaissent dans le projet de loi. J'annoncerai chaque article l'un après l'autre, et chacun fera l'objet d'un débat et d'un vote.
Si un député propose un amendement à l'article en question, je lui donnerai la parole afin qu'il puisse l'expliquer. L'amendement sera ensuite soumis au débat. Lorsque tous les députés qui le souhaitent se seront exprimés, l'amendement sera mis aux voix. Les amendements seront examinés dans l'ordre dans lequel ils apparaissent dans le dossier que le greffier a remis à chaque député. Il existe quelques exceptions, dont nous parlerons dans un instant.
Au cours du débat sur un amendement, les députés peuvent proposer des sous-amendements. Nous ne pouvons examiner qu'un seul sous-amendement à la fois, et ce sous-amendement ne peut être amendé.
Une fois que nous aurons voté sur chaque article, le Comité votera sur le titre et le projet de loi lui-même. Si nous adoptons des amendements, nous devrons peut-être demander une réimpression du projet de loi pour que la Chambre dispose d'une version à jour à l'étape du rapport.
(Article 1)
La présidente: Sur ce, je vais commencer par l'article 1.
Je crois que Mme Rempel Garner souhaite présenter un amendement.
Madame la présidente, le greffier a reçu cet amendement dans les deux langues officielles et va le distribuer à mes collègues.
De plus, j'informe mes collègues d'en face que nous avons apporté une légère modification à deux de nos amendements qui sont similaires et qui portent sur l'âge. Il va également les distribuer. Nous avons également des copies papier dans les deux langues officielles.
Je propose que le projet de loi C‑3, à l'article 1, soit modifié par adjonction, après la ligne 10, page 2, de ce qui suit:
(4.1) Le paragraphe 3(2) de la même loi est replacé par ce qui suit:
(2) L'alinéa (1)a) ne s'applique pas à la personne dont, au moment de la naissance, les parents n'avaient qualité ni de citoyens, ni de résidents permanents, ni de personnes protégées sous le régime de la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés.
Je vais vous exposer brièvement mon raisonnement pendant que l'on distribue cet amendement.
Le projet de loi dont nous sommes saisis modifie fondamentalement la façon dont le Canada applique la citoyenneté par filiation. Si j'ai proposé cet amendement, c'est parce que dix années de la politique d'immigration massive menée par les libéraux ont profondément modifié le système d'immigration canadien et le contexte dans lequel il s'inscrit. Dans ce contexte, la politique canadienne du droit du sol sans restriction, qui accorde la citoyenneté à toute personne née au Canada, même aux enfants de résidents temporaires, pose plusieurs problèmes majeurs.
Tout d'abord, le statu quo pose des problèmes évidents, car les niveaux d'immigration ont dépassé le taux de croissance du logement, des soins de santé et de l'emploi. Il en résulte des tensions sociales, mais les problèmes vont bien au‑delà de ces préoccupations. Depuis une décennie, les libéraux mettent en œuvre la philosophie du postnationalisme, affirmant qu'il n'existe pas d'identité canadienne commune, tout en accueillant de nouveaux arrivants à un rythme tel qu'il est devenu difficile de les intégrer dans le tissu social et économique du Canada. Le résultat de la conjugaison de politiques malavisées et de la mauvaise gestion du système d'immigration a conduit à la rupture du consensus de longue date sur l'immigration au Canada et à une confusion quant aux responsabilités associées à la citoyenneté canadienne. Le sentiment anti-immigrés est également en hausse, ce qui est honteux, car les Canadiens blâment à tort les personnes récemment arrivées au Canada plutôt que le système d'immigration postnational du gouvernement libéral, qui est totalement défaillant.
Ces politiques libérales postnationales font passer le message qu'il n'est pas nécessaire pour les citoyens canadiens de défendre les valeurs pluralistes communes du Canada, comme la liberté de conscience et de religion, la liberté de pensée et de croyance, la liberté d'association et l'égalité entre les hommes et les femmes. Ces pratiques ont également quasiment éliminé l'attente selon laquelle toute personne souhaitant devenir canadienne doit abandonner les préjugés violents, extrêmes ou haineux qu'elle aurait pu avoir auparavant et contribuer à la nation. En d'autres termes, chers collègues, en menant une politique d'immigration postnationaliste et à grande échelle, voire massive, le gouvernement a remis en question la valeur intrinsèque de la citoyenneté canadienne. Sans un revirement immédiat, cette philosophie risque de briser définitivement le pluralisme pacifique du Canada et le consensus de longue date en matière d'immigration... d'où l'amendement qui vous est présenté aujourd'hui. Voilà pourquoi je l'ai proposé.
Aujourd'hui, des millions de personnes vivent au Canada avec un visa temporaire, ce qui représente 7 % de la population du pays, une situation sans précédent dans l'histoire du Canada. On estime à 500 000 le nombre de sans-papiers qui vivent au Canada, auxquels s'ajoutent 300 000 personnes en attente d'asile, dont beaucoup ont présenté des demandes frauduleuses.
Parmi les millions de résidents temporaires, nombreux sont ceux dont le visa est sur le point d'expirer ou a déjà expiré. Dans ce contexte, chers collègues, il n'est pas difficile de prévoir que la pratique canadienne consistant à n'imposer aucune restriction à l'acquisition de la citoyenneté par le droit du sol risque d'être exploitée par des personnes cherchant à rester dans le pays après l'expiration de leur visa ou après le rejet d'une demande d'asile frauduleuse. En effet, bien que le fait d'avoir un enfant sur le sol canadien ne confère en théorie aucun droit de séjour immédiat aux parents qui sont des résidents temporaires, dans la pratique, les décisions judiciaires, un système d'asile profondément défaillant, des recours interminables et des expulsions laborieuses leur permettent de rester. Des vidéos diffusées récemment, en particulier celles qui ont circulé au cours de la fin de semaine sur les réseaux sociaux pour faire la promotion de cette faille, suggèrent que ce pourrait être le cas.
Le nombre de personnes nées au Canada de parents résidents temporaires ou sans-papiers n'est pas publiquement recensé, mais les politiques récemment mises en place par les hôpitaux canadiens, qui facturent les frais d'accouchement aux résidents temporaires, suggèrent qu'il existe un problème. Le tourisme de naissance, pratique consistant pour des non‑résidents, par exemple des personnes titulaires d'un visa de visiteur, à se rendre au Canada pour y accoucher afin que leur enfant puisse obtenir la citoyenneté canadienne, augmente également.
Lorsque l'ancien premier ministre Stephen Harper a quitté ses fonctions en 2015, le tourisme de naissance était inférieur de 590 % au niveau actuel. Le tourisme de naissance atteint aujourd'hui le plus haut niveau jamais enregistré, tant en termes absolus qu'en pourcentage. Ces types de croissance démographique ne sont pas pris en compte dans les niveaux d'immigration. Dans ce contexte, le Canada fait figure d'exception en accordant la citoyenneté par la naissance sans condition et devrait s'aligner sur des pays comme le Royaume‑Uni et l'Allemagne, qui connaissent également des crises d'immigration sans précédent.
Aujourd'hui, chers collègues, je vous propose de limiter le droit à la citoyenneté par la naissance aux résidents permanents, c'est‑à‑dire aux enfants dont au moins l'un des parents est résident permanent ou citoyen. Le Canada s'alignerait ainsi sur d'autres nations paires et nous... Je ne soutiens pas le projet de loi , mais ce changement restaurerait la valeur de la citoyenneté canadienne, qui s'est érodée ces dix dernières années.
Chers collègues, sans modification du système actuel de citoyenneté par la naissance sans restriction, et compte tenu des politiques frontalières relativement laxistes du gouvernement fédéral, le Canada risque d'encourager davantage le tourisme de naissance organisé et la fraude en matière d'immigration, ainsi que d'engorger encore davantage un système de traitement et d'appel déjà surchargé.
La citoyenneté canadienne devrait avoir une signification pour ceux qui l'acquièrent, et cette signification devrait découler de liens suffisamment forts avec notre nation pour que les nouveaux citoyens intègrent pleinement et avec joie les responsabilités associées à leur nouvelle citoyenneté. La législation et la politique canadiennes en matière d'immigration devraient protéger vigoureusement ce principe et ne pas le compromettre.
Je pense que le rejet du projet de loi dont nous sommes saisis serait un bon point de départ, mais il doit être profondément remanié. Nous allons proposer d'autres amendements judicieux à ce projet de loi afin de protéger la valeur de la citoyenneté canadienne aujourd'hui.
Chers collègues, la décennie d'immigration massive sans restriction, l'érosion croissante de notre citoyenneté par des projets de loi comme celui‑ci et le point de vue postnationaliste bien ancré et mis en œuvre par ce gouvernement ont conduit beaucoup de gens à ne plus comprendre ce que signifie le fait d'être Canadien. Honnêtement, nous le constatons chez le . Le ministre de l'Identité nationale a déclaré qu'il n'y avait pas une seule façon d'être Canadien. Il n'a pas parlé du respect de l'État de droit ni de la protection des institutions démocratiques.
Notre ancien premier ministre a déclaré que le Canada était un État postnational. L'actuel n'a pu définir le Canada que comme n'étant pas américain. Si ce sont là les dirigeants de notre pays, nous avons un problème avec la manière dont nous obtenons la citoyenneté.
Si le projet de loi doit être adopté, je pense que nous devrions restreindre le droit à la citoyenneté par la naissance à au moins un parent ayant la résidence permanente ou la citoyenneté et nous aligner sur nos pays pairs.
Merci.
:
Pour que les choses soient claires, nous voulons que le nombre de jours soit de 1 095 au cours des cinq années précédant la naissance de la personne.
Si nous le demandons, c'est parce que la Loi sur la citoyenneté stipule que la citoyenneté par naturalisation nécessite précisément cette disposition. Bien que certaines personnes aient affirmé que la citoyenneté par filiation illimitée, telle que prévue par le projet de loi , ne relève pas de l'immigration, il convient de maintenir la valeur intrinsèque de la citoyenneté canadienne en exigeant que l'acquisition de la citoyenneté soit assortie de liens importants avec le pays. Le processus de naturalisation, tel qu'il est défini dans la Loi sur la citoyenneté, stipule que la période doit être de « trois années sur cinq ».
Nous cherchons ici à harmoniser le projet de loi avec ce qui figure déjà dans la Loi sur la citoyenneté en ce qui concerne la citoyenneté par naturalisation, afin de ne pas créer deux catégories d'acquisition de la citoyenneté. Cette approche me semble fondamentalement contraire aux valeurs canadiennes, et je prévois également des contestations judiciaires s'il n'y a pas d'harmonisation à ce sujet.
De plus, je tiens à souligner une fois de plus à mes collègues que notre comité devrait s'efforcer de veiller à ce que les textes législatifs du gouvernement protègent la valeur intrinsèque de la citoyenneté canadienne. Nous estimons que cet amendement renforcerait cette valeur. Il permettrait également aux personnes concernées de ne pas rester bloquées dans le pays pendant une période trop longue. Il y aurait une certaine souplesse si quelqu'un doit assister à des funérailles ou à un événement similaire, ou en cas d'urgence. Il faudra démontrer que la personne a déployé des efforts concertés pour rester dans le pays pendant une certaine période afin de transmettre sa citoyenneté.
Je tiens à rappeler à mes collègues que, bien que les tribunaux aient rendu une décision à ce sujet, le gouvernement a choisi de ne pas interjeter appel de cette décision et a ensuite rédigé ce projet de loi. Le gouvernement a choisi de nous présenter ce projet de loi. Cet amendement vise à harmoniser les dispositions relatives à l'acquisition de la citoyenneté prévues dans le projet de loi avec celles actuellement prévues dans la Loi sur la citoyenneté relativement à l'acquisition de la citoyenneté par naturalisation. Nous estimons que ce n'est que justice pour les autres catégories d'immigrants qui cherchent à acquérir la citoyenneté canadienne par naturalisation.
Merci.
Je voudrais exposer plus en détail les raisons qui motivent ma proposition, mais je tiens à dire que deux personnes de ma circonscription qui ont adopté à l'étranger sont touchées par cette question. Ces personnes m'ont fait part de leur problème il y a plusieurs années, et je leur ai promis que si j'avais la possibilité de corriger cette situation lorsque la question serait soulevée, je le ferais.
Je ne suis pas membre de ce comité. Je suis ici pour une raison bien précise: je veux m'assurer que cette inquiétude particulière sera prise en compte. La crainte en question, c'est le fait que leurs enfants, dont la seule citoyenneté est la citoyenneté canadienne et dont le seul lien réel est avec le Canada, seront traités différemment des miens. Je crois qu'il s'agit là d'une injustice et je veux prendre le temps d'en expliquer la nature.
Tout d'abord, permettez-moi de lire ce passage d'une lettre écrite par l'un de mes concitoyens: « Les familles formées par l'intermédiaire de l'adoption sont tenues par la loi de remplir toutes les conditions réglementaires nécessaires pour devenir une famille et obtenir la citoyenneté pour leurs enfants. Ces exigences strictes et ardues s'appliquent en propre aux familles qui adoptent alors qu'elles vivent ou travaillent à l'étranger, et aux familles canadiennes qui adoptent à l'étranger alors qu'elles vivent au Canada, ce qui couvre la majorité des adoptions. D'entrée de jeu, un élément fondamental de ce processus est l'attestation parentale selon laquelle nos enfants seront élevés comme des Canadiens. »
Je voudrais regarder cela de plus près, car il s'agit de processus provinciaux et territoriaux. Pour être clair, il s'agit de parents qui, selon les règles établies par les provinces et les territoires, doivent vivre au Canada et s'engager à élever leurs enfants au Canada.
Je tiens à être particulièrement clair. Ces renseignements m'ont été donnés par l'un de mes concitoyens. Cette personne et son conjoint ont adopté un enfant originaire de la Zambie. Ils ont dû confirmer leur résidence en Ontario. Ils ont dû se soumettre à une évaluation du milieu familial par un praticien agréé en adoption de la province de l'Ontario. Cette évaluation consiste, entre autres, en plusieurs visites à domicile pour inspecter le foyer canadien où l'enfant vivra et en des entretiens poussés avec les deux parents sur la façon dont ils veilleront à faire en sorte que leur enfant s'intègre à la vie canadienne et sur la manière dont ils entendent le soutenir. Ils doivent obtenir plusieurs lettres de recommandation d'autres Canadiens qui peuvent attester de leur capacité à être parents et se soumettre à des vérifications des services de protection de l'enfance dans chaque province où ils ont vécu et chaque pays où ils ont vécu pendant plus de six mois. Ils doivent être approuvés par le ministère de l'Ontario en tant que parents adoptifs, à la suite de quoi ils peuvent être inscrits sur la liste d'attente du programme d'aiguillage. À leur retour au Canada, ils ont dû se soumettre à trois ans de visites à domicile par un travailleur social agréé de l'Ontario.
Toutes les provinces et tous les territoires appliquent ce qu'on appelle la Convention de La Haye sur l'adoption internationale. Or, l'une des nombreuses dispositions de cette convention stipule que les enfants adoptés à l'étranger ont les mêmes droits que les enfants adoptés au pays. Permettez-moi de vous lire l'article 26 de la Convention de La Haye sur l'adoption internationale:
Si l'adoption a pour effet de rompre le lien préexistant de filiation, l'enfant jouit, dans l'État d'accueil et dans tout autre État contractant où l'adoption est reconnue, des droits équivalents à ceux résultant d'une adoption produisant cet effet dans chacun de ces États.
Je continue. Ce n'est pas nouveau. Cette question a été étudiée par ce comité en 2009. À l'époque, le Comité avait déclaré ceci:
Le Comité est d’avis que les enfants adoptifs ne devraient pas être traités différemment des enfants nés en sol canadien.
Le Comité recommande que le gouvernement du Canada accorde aux enfants adoptés à l’étranger par des parents canadiens résidant habituellement au Canada le même statut juridique que les enfants nés au Canada.
Je note que ce même comité a également soulevé une objection et déclaré... En ce qui concerne le critère du « lien substantiel » dont nous débattons actuellement, le Comité en a recommandé une version parallèlement à la modification particulière que je préconise.
Je tiens à souligner que cette question a récemment fait l'objet d'une brève étude par le Sénat. Le sénateur Arnot, qui a d'ailleurs été juge, procureur de la Couronne, avocat et chef du comité des droits de la personne de la Saskatchewan, a proposé un amendement qui, en substance, est le même que celui que je propose ici: les enfants qui obtiennent la citoyenneté après leur adoption devraient être exemptés du critère du lien substantiel.
Ce n'est pas seulement au Canada que les législateurs ont recommandé cela, mais aussi au Royaume-Uni. J'ai expliqué que la Convention de La Haye nous y oblige. Nous serions en infraction avec la Convention de La Haye si nous n'adoptions pas cet amendement comme l'ont fait le Royaume-Uni et d'autres pays qui pensent comme nous. Je vais parler plus particulièrement du Royaume-Uni.
Au Royaume-Uni, la règle veut que si l'adoption est « conforme » à la convention, qu'au moins un des parents est britannique et que le parent adoptif réside au Royaume-Uni, l'enfant devienne automatiquement citoyen britannique — autrement que par filiation —, comme s'il était né au Royaume-Uni d'un parent citoyen britannique.
Encore une fois, si cet amendement était adopté, ce serait la règle ici au Canada.
La société civile a écrit à , alors ministre, pour appuyer la proposition du sénateur Arnot. Il s'agissait d'experts en adoption du Conseil canadien de la permanence pour les enfants et les jeunes, du Conseil d'adoption de l'Ontario, d'Adoption Options de l'Alberta, d'Adoption Options du Manitoba, de la Fondation du Nouveau-Brunswick pour l'adoption, et d'autres parties concernées.
Je tiens à être clair sur le problème que nous cherchons à résoudre en ayant recours à un critère de lien substantiel. Je comprends le sens de l'amendement de Mme Rempel Garner, qui vise à assurer une certaine rigueur à cet égard. Vous ne voulez pas d'une situation où une personne née à l'étranger qui a vécu toute sa vie à l'étranger, qui n'a aucun lien avec le Canada et qui fait perpétuellement l'impasse sur le patrimoine canadien. Je comprends cela. Même dans le cas de la proposition plus stricte soutenue par M. Brunelle-Duceppe et présentée par Mme Rempel Garner, je comprends. Encore une fois, vous essayez d'établir un lien réel et substantiel.
Monsieur Redekopp, vous avez dit que nous ne voulons pas de gens qui sont seulement des visiteurs. Voilà une situation où il est impossible d'adopter par l'intermédiaire d'une province... Encore une fois, l'amendement mentionne explicitement le fait que « l'adoption est reconnue par la province ou le territoire de résidence du parent adoptif et qu'elle s'est déroulée dans le respect de la » Convention de La Haye. Il est impossible qu'il n'y ait pas de lien réel et substantiel lorsqu'une personne adopte par l'intermédiaire d'une agence provinciale ou territoriale, car elle est déjà tenue de résider ici et de s'engager à élever son enfant ici. L'amendement garantirait que mes enfants seront traités de la même manière que les leurs et que leurs enfants ne seront pas victimes de discrimination et traités différemment des miens.
Je vous remercie.
:
Merci, madame la présidente.
Merci, monsieur Erskine-Smith, de cet amendement.
Personnellement, je pense qu'il est important de veiller à ce que les enfants adoptés soient traités, comme vous l'avez dit, de la même manière que vos propres enfants. Je crois que les gens de ce côté‑ci partagent ce point de vue.
Après avoir travaillé pendant des années au sein de ce comité et observé les changements apportés à la Loi sur la citoyenneté, je constate que nous nous concentrons toujours sur les lacunes, les failles et les nouveaux problèmes que nous avons créés. La traite des personnes est très présente à l'heure actuelle. Une personne peut se rendre en Afrique, trouver un enfant et ne même pas savoir que ce dernier a été victime de la traite. C'est évidemment quelque chose que nous ne souhaitons ni encourager ni soutenir. Devrions-nous nous en préoccuper? Y a‑t‑il quelque chose ici qui pourrait aider à empêcher cela, et que pouvons-nous faire pour y remédier?
Comme vous le dites, je crois que nous devrions changer les choses pour que les droits liés à l'adoption soient mieux alignés avec ceux qui viennent avec la naissance. Dans ce cas, je suis d'accord, mais je crains les inconvénients potentiels de cette mesure. Je m'inquiète surtout de la manière dont des personnes sans scrupules, toujours à la recherche d'un moyen de gagner de l'argent, trouveront le moyen d'abuser du système. Nous avons vu de nombreux exemples de ces cas d'abus, avec la manière dont le gouvernement libéral a mis en place le système d'immigration, qu'il s'agisse des étudiants, des travailleurs étrangers temporaires ou d'autres personnes. Il y aura toujours des gens pour exploiter le système que vous mettrez en place, alors qu'allez-vous faire pour empêcher cela?
:
Je ne veux pas balayer cette préoccupation du revers de la main. Vous avez peut-être entendu des témoignages devant ce comité au sujet de la traite des personnes par l'intermédiaire de l'adoption. Cela ne m'a pas été signalé par les gens du milieu de l'adoption.
Cela dit, je ne veux pas écarter cette crainte sans connaître les preuves. Je dirai simplement que je respecte l'autorité des provinces et des territoires pour ce qui est de gérer les processus entourant l'adoption. Nous ne contestons pas les règles strictes des provinces. Les provinces peuvent mettre en place des règles strictes pour s'assurer de bien gérer ces processus. J'en ai énuméré certaines en Ontario. Au Québec, je suis convaincu qu'il existe également des règles strictes. Les agences d'adoption y sont encadrées par une réglementation provinciale.
Je n'ai donné qu'un seul exemple, mais j'aurais pu en citer d'autres indiquant qu'il y a de multiples visites, de multiples vérifications et de multiples enquêtes pour corroborer les renseignements auprès d'autres membres de la collectivité. Tout cela est de compétence provinciale.
Tout ce que je dis, c'est que les enfants ne devraient pas faire les frais de ces préoccupations. Il y a aujourd'hui au Canada des milliers d'enfants qui ont été adoptés qui viennent d'ailleurs. Je ne veux pas exagérer l'ampleur du problème. La dernière fois que j'ai vérifié — le ministère aurait des chiffres plus précis —, l'année dernière, j'ai vu un chiffre inférieur à 700. Moins de la moitié d'entre eux ont fait l'objet d'une subvention directe.
Je ne dis pas que c'est un problème énorme, mais toute inégalité entre un enfant adopté à l'étranger et un enfant né et adopté au Canada est inadmissible. Nous devons veiller à ce que cela n'arrive pas. S'il y a des préoccupations liées à la traite des personnes, s'il y a des preuves de cela, nous devons travailler en collaboration avec les agences provinciales et territoriales qui ont la compétence nécessaire pour s'attaquer à cela.
:
Nous n'avons pas entendu... Je ne faisais pas partie du Comité lorsque cela a été dit ici la dernière fois, mais cela a été évoqué dans diverses dispositions. À ce jour, je n'ai entendu aucun témoignage de la part de la ou d'autres témoins suggérant que cela soit nécessaire. Je vais supposer que la ministre ne l'a pas inclus dans la version révisée en raison d'un avis. Je voudrais poser quelques questions supplémentaires au sujet de ce qu'a dit mon collègue.
En tant que députés, nous recevons tous des dossiers dans nos bureaux, et les cas les plus difficiles sont souvent ceux qui ont trait à l'adoption. Ils sont souvent... Au cours de mon mandat de députée, j'ai eu affaire à un couple qui s'était rendu à l'étranger pour adopter un enfant. Ils avaient fait appel à des agences qu'ils considéraient comme légitimes. Ils avaient suivi toutes les étapes du processus, mais il y a eu des questions sur la filiation de l'enfant. On cherchait à savoir si l'enfant était bien celui qu'ils prétendaient être ou s'il était, à défaut d'un meilleur terme, issu d'un trafic. Ce sont les cas les plus déchirants, car ils font souffrir tout le monde. Dans des cas comme ceux‑là, il est très difficile pour la ministre ou pour le gouvernement canadien d'intervenir, car d'un côté, il y a un couple qui s'est attaché à un enfant et, de l'autre, une famille dont l'enfant a été victime de trafic. Entre les deux, il y a un enfant.
Ce qui m'inquiète, si nous adoptons cette mesure sans témoignage — la n'a pas dit que cela était nécessaire — et essentiellement sans tenir compte de l'avis du ministère, c'est que nous allons créer une situation où un enfant possiblement victime du trafic de personnes pourrait obtenir d'office la citoyenneté canadienne, ce qui créerait une situation diplomatique très difficile. Est‑ce quelque chose dont nous aurions raison de nous préoccuper?
Avec tout le respect que je vous dois, les mécanismes de contrôle au sein de Citoyenneté et Immigration ont laissé à désirer ces derniers temps. J'étais justement à la Chambre des communes pour parler d'un cas où un homme inscrit sur la liste des délinquants sexuels du Royaume-Uni avait été autorisé à entrer au Canada. Potentiellement, l'attribution automatique de la citoyenneté canadienne, sans entendre l'avis de la ministre et en sachant qu'il existe actuellement d'importants problèmes en matière de vérification au sein du ministère de l'Immigration, est une source de préoccupation. Je ne crois pas que le ministère puisse gérer ce genre de situations, et cela pourrait même entraîner des répercussions diplomatiques.
Par ailleurs, chers collègues, nous n'avons pas reçu la ministre ou d'autres témoins pour parler de ces préoccupations bien réelles. Je remercie le député d'être ici et de s'intéresser au projet de loi. Il n'est pas un membre permanent et ne participe pas à toutes les réunions. S'il souhaite présenter un projet de loi d'initiative parlementaire ou faire valoir ces arguments auprès des fonctionnaires d'Affaires mondiales Canada et des organismes d'adoption internationale pour examiner ces cas plus difficiles et essayer de trouver des mesures de protection, je serais ouverte à cette idée. Toutefois, certains cas peuvent être lourds de conséquences, d'où le problème que pose le fait d'essayer d'amender un projet de loi sans tenir compte des avis que les fonctionnaires ont fournis à la ministre, qui a décidé de ne pas inclure cette modification.
Je comprends la position du député, mais je pense qu'il serait prudent que les membres du Comité prennent un peu de recul et demandent un peu plus d'information. Le député devrait peut-être déposer un projet de loi d'initiative parlementaire à cet égard, au lieu de présenter un amendement au Comité.
Je vous remercie.
:
Je vais parler en premier, puis je céderai la parole aux fonctionnaires.
Les adoptions internationales sont recensées. Elles étaient plus nombreuses en 2010. Comme je l'ai dit, au cours de la dernière année pour laquelle j'ai consulté les données — je pense que c'était en 2022 ou en 2023 —, le nombre était inférieur à 700, et moins de la moitié de ces cas relevaient de la procédure d'attribution directe, soit l'objet de notre discussion. Je tiens à le souligner parce que Mme Rempel Garner cherche à remettre en question l'ensemble du processus d'adoption internationale. Ce n'est pas ce dont il s'agit. L'argument selon lequel, en raison du risque de traite des personnes associé à l'adoption internationale, nous devrions éviter...
Parlons de ce que nous faisons réellement. La citoyenneté est déjà accordée aux enfants qui sont adoptés. Ce n'est pas le sujet ici. En ce qui concerne la préoccupation liée à l'attribution automatique de la citoyenneté aux enfants adoptés, cela se produit déjà à l'issue d'un processus rigoureux, et j'ai mentionné quelques-unes des étapes. Ce n'est pas ce que nous contestons. Ce dont il est question ici, ce sont les droits de ces enfants: sont-ils traités comme des Canadiens à part entière, et peuvent-ils ensuite transmettre leur canadianité à leurs enfants? C'est là le cœur de notre argument.
Parmi toutes les préoccupations, si vous vous inquiétez de la traite des personnes, pourquoi imposer la punition à un enfant qui ne connaît que la réalité canadienne? Cela me paraît complètement absurde.
J'ajouterai un dernier point: pour une personne qui vient de passer outre aux recommandations des fonctionnaires en présentant un amendement — qui, selon moi, a du bon sens —, alors que leurs avis devraient toujours primer dans le cadre de nos délibérations... Écoutons les familles qui sont directement touchées. Oui, le Parlement s'est prononcé à ce sujet. Je le répète, le Comité s'est exprimé sur la question en 2009 après l'avoir étudiée. Si vous voulez que je distribue le rapport du Comité, je le ferai avec plaisir. Cet enjeu a donc fait l'objet d'une étude par le Comité.
Il n'y a aucune raison de traiter différemment les enfants qui font l'objet d'une adoption internationale. Ils sont tout aussi Canadiens que chacun d'entre nous.
:
Merci, madame la présidente.
Pour donner suite à ce que Mme Rempel Garner vient de dire et à ce que M. Brunelle‑Duceppe a soulevé, j'aimerais faire valoir un point. Il s'agit d'un projet de loi qui est la copie conforme d'un autre. En effet, auparavant le projet de loi est maintenant projet de loi . On a essentiellement changé le titre. Le gouvernement a présenté le même projet de loi sous un autre titre. Cette mesure législative a été présentée au cours de la législature précédente. Le Comité en a débattu en long et en large, d'après ce que je peux comprendre — je n'étais pas là —, et ces dispositions...
M. Erskine‑Smith faisait également partie du gouvernement précédent. C'est lui qui présente cet amendement ici aujourd'hui. Je ne sais pas s'il en avait fait la proposition auparavant.
Vous avez eu l'occasion de discuter assez longuement du projet de loi avec la ministre, je suppose. La n'a pas jugé nécessaire d'apporter une telle modification au projet de loi qu'elle a copié et collé. Vous venez de nous dire que cet amendement au projet de loi ne touchera absolument personne. Je ne vois donc pas l'intérêt d'en discuter davantage. Ce n'est pas un véritable amendement.
Si M. Erskine‑Smith — et je suis d'accord avec Mme Rempel Garner — souhaite en faire un projet de loi d'initiative parlementaire, si c'est une question qui lui tient à cœur, il peut en parler à son gouvernement et trouver un moyen de l'inscrire au Feuilleton afin d'avoir l'occasion de s'en occuper. Il peut procéder ainsi. Cependant, il ne me semble pas logique de venir ici et de se mettre en scène, peut-être pour ceux qui nous écoutent, au sujet d'une proposition qui n'aidera en rien les personnes dont le député parle.
Pourriez-vous nous dire ce que vous en pensez, ou est‑ce là une évaluation juste de la situation?
:
Cet amendement ajouterait à la Loi un nouveau paragraphe qui semble avoir pour but d'exclure les parents eux-mêmes adoptés, de sorte qu'ils ne soient pas touchés par la limite de la première génération, qui est décrite au paragraphe 3(3) de la Loi, si leur adoption est reconnue par la province ou le territoire de résidence de leur parent adoptif ou qu'elle s'est déroulée dans le respect de la Convention de La Haye.
Toutefois, dans sa forme actuelle, l'amendement n'aurait pas d'effet, car il n'est applicable à aucune personne. Le paragraphe 3(3) modifié par le projet de loi ne ferait référence qu'aux personnes décrites à l'alinéa 3(1)b), c'est‑à‑dire les personnes nées à l'extérieur du Canada. L'amendement proposé précise qu'il ne viserait qu'« une personne qui, lorsqu'elle était un enfant mineur, a été adoptée », obtenant ainsi la citoyenneté. C'est contradictoire puisque toute personne qui a été adoptée alors qu'elle était un enfant mineur et qui est devenue citoyenne ne peut pas, par définition, être visée par l'alinéa 3(1)b) de la Loi sur la citoyenneté. Les personnes qui sont adoptées et qui se voient attribuer la citoyenneté en vertu de l'article 5.1 sont plutôt décrites comme des citoyens aux termes de l'alinéa 3(1)c.1). Si elles sont naturalisées et obtiennent la citoyenneté par le processus habituel alors qu'elles sont mineures, elles seront alors visées par l'alinéa 3(1)c).
Les personnes adoptées peuvent relever soit de l'alinéa 3(1)c.1), soit de l'alinéa 3(1)c). L'amendement, dans sa forme actuelle, ne touche que le paragraphe 3(3), qui ne fait référence qu'à l'alinéa 3(1)b). Si la disposition ne renvoie qu'à l'alinéa 3(1)b) et que les personnes adoptées ne sont visées que par l'alinéa 3(1)c.1), il n'y a aucun lien entre les deux. Par conséquent, l'amendement ne touche aucune personne en particulier. C'est pourquoi il n'a aucun effet.
Chers collègues, vous avez reçu le libellé de mon amendement par courriel. J'ai des copies imprimées dans les deux langues officielles à l'avant si vous en avez besoin.
Je propose que le projet de loi , à l'article 1, soit modifié par adjonction, après la ligne 30, page 4, de ce qui suit:
(3.1) L'alinéa (1)b) ne s'applique pas à la personne qui est née à l'étranger à la date d'entrée en vigueur de la Loi modifiant la Loi sur la citoyenneté (2025) ou après cette date si, selon le cas:
a) elle a 18 ans ou plus mais moins de 55 ans et n'a pas une connaissance suffisante de l'une des langues officielles du Canada;
b) elle a 18 ans ou plus mais moins de 55 ans et ne démontre pas dans l’une des langues officielles du Canada qu'elle a une connaissance suffisante du Canada et des responsabilités et avantages conférés par la citoyenneté;
c) elle a 18 ans ou plus et n'a pas fait l'objet d'une évaluation de sécurité visant à établir si elle est interdite de territoire au titre de l'un des articles 34 à 37 de la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés.
Chers collègues, tout comme les amendements que j'ai proposés plus tôt, ces dispositions feraient en sorte qu'une personne obtiendrait la citoyenneté en vertu des dispositions du projet de loi par l'entremise des mêmes dispositions dont elle aurait besoin pour obtenir la citoyenneté par naturalisation. Encore une fois, cela témoigne de la valeur de la citoyenneté canadienne.
Premièrement, toute personne qui obtient la citoyenneté en vertu des dispositions du projet de loi devrait avoir une connaissance adéquate de l'une des langues officielles du Canada. Encore une fois, ce libellé est tiré directement de la Loi sur la citoyenneté. Pour moi, l'une des responsabilités de la citoyenneté est de pouvoir communiquer dans l'une des langues officielles du Canada. Il me semble logique d'harmoniser cela avec la Loi sur la citoyenneté.
Le libellé de l'alinéa b) proposé est celui qui figure également dans la Loi sur la citoyenneté en ce qui concerne l'exigence d'un test de citoyenneté. Il me semble injuste qu'une personne qui obtient la citoyenneté en vertu du projet de loi n'ait pas à passer au travers du même processus d'examen de citoyenneté qu'une personne qui obtient la citoyenneté par naturalisation.
Ensuite, l'alinéa c) proposé est la même exigence en matière de sécurité que celle qui s'appliquerait à une personne qui obtient la citoyenneté par naturalisation.
Cet amendement vise à harmoniser les dispositions du projet de loi avec celles qui se trouvent actuellement dans la Loi sur la citoyenneté afin de préserver la valeur de la citoyenneté canadienne.
Merci.
:
Madame Zahid, posez-vous cette question à nos collègues conservateurs? Quelqu'un veut‑il répondre à cette question? D'accord.
Y a‑t‑il d'autres interventions? Sinon, l'amendement CPC‑2 est‑il adopté? Il s'agit de la nouvelle version, soit le 13635396.
(L'amendement est adopté par 5 voix contre 4.)
(L'article 1 modifié est adopté par 5 voix contre 4.)
(Les articles 2 et 3 sont adoptés avec dissidence.)
(Article 4)
La présidente: Nous en sommes maintenant à l'article 4. Je crois que Mme Rempel Garner souhaite présenter un amendement, le CPC‑3.
Pour les interprètes, il s'agit du numéro 13619759.
Je suis désolée. Je veux m'assurer qu'ils savent de quoi nous parlons.
Madame Rempel Garner, voulez-vous en parler ou M. Redekopp?
:
Je veux simplement reprendre là où nous nous sommes arrêtés avec la question de M. Brunelle-Duceppe. Je veux m'assurer que c'est tout à fait clair dans mon esprit.
Le problème que j'ai exposé dans ma déclaration préliminaire, le problème que je cherche à résoudre, ne concerne pas les enfants qui sont adoptés. Le paragraphe 5.1(4) porte sur les enfants adoptés. C'est juste, mais le problème que j'essaie de résoudre ici, c'est que ces enfants adoptifs de l'époque, lorsqu'ils ont des enfants à l'extérieur du pays, sont traités différemment.
Pour être parfaitement clair, cet amendement réglera ce problème. Un enfant adopté à l'étranger... Vous avez dit tout à l'heure que mon amendement précédent n'aurait aucun effet. Comme je l'ai expliqué, le problème que j'essaie de résoudre concerne un enfant qui est adopté dans le cadre d'une adoption internationale, qui devient citoyen canadien grâce à une subvention directe et qui a un enfant ailleurs. Ils n'adoptent pas un enfant ailleurs; ils ont eux-mêmes un enfant ailleurs. Ils pourront transmettre directement leur citoyenneté si cet amendement est adopté.
Est‑ce le conseil que vous donnez? Je vois des gens hocher la tête, et c'est ce qui me préoccupe.
Pourriez-vous répondre à cette question, s'il vous plaît?
:
Encore une fois, je tiens à souligner que le projet de loi concerne les citoyens canadiens par filiation. Ils sont Canadiens de naissance.
Le gouvernement du Canada n'a pas fait de suivi des naissances à l'étranger depuis 1977. Par conséquent, il n'est pas possible de déterminer avec exactitude combien de personnes obtiendront la citoyenneté en vertu des dispositions proposées si le projet de loi est adopté. De plus, ce ne sont pas toutes ces personnes qui demanderont un certificat de citoyenneté, aussi appelé preuve de citoyenneté.
Avec l'instauration d'une telle exigence de déclaration, le gouvernement serait tenu de mettre en place un mécanisme obligeant les citoyens canadiens à enregistrer la naissance de leurs enfants à l'extérieur du Canada, ce qui imposerait un fardeau supplémentaire aussi bien à ces Canadiens qu'au gouvernement lui-même. En outre, les données recueillies par IRCC pour produire un rapport semblable ne seraient exactes que dans la mesure où l'en rendrait obligatoire une telle inscription ou une communication quelconque avec le ministère concernant les enfants de cette cohorte.
Dans le cas des enfants adoptés, comme ils présentent une demande pour se voir attribuer la citoyenneté en vertu de l'article 5.1, nous pourrions faire rapport à leur sujet parce qu'il y a un processus en place. Ils font la démarche, et nous avons des dossiers les concernant.
:
Il y a quatre points que je voudrais soulever au sujet de l'amendement proposé.
Premièrement, étant donné que la durée de la présence effective est un élément important de ce projet de loi, c'est quelque chose qui serait normalement inscrit directement dans la Loi sur la citoyenneté, et non dans le Règlement.
Deuxièmement, il serait redondant que cela se retrouve à deux endroits. Selon l'amendement proposé, cette disposition figurerait dans la Loi, mais aussi dans le Règlement.
Troisièmement, la Loi prévoit déjà un pouvoir de prendre des règlements pour définir les informations et les attestations qui seraient requises pour que nous puissions déterminer si l'exigence de lien substantiel avec le Canada est satisfaite. Je tiens à souligner que le ministère le fait déjà régulièrement dans divers secteurs d'activité, comme l'évaluation du statut de résident permanent et l'attribution de la citoyenneté pour laquelle on exige 1 095 jours de présence au cours des cinq années précédentes.
Nous en faisons tout autant dans le cadre de la mesure provisoire en vertu de laquelle les parents d'enfants nés le 19 décembre 2023 et après doivent démontrer un lien substantiel avec le Canada en faisant valoir une présence effective d'au moins 1 095 jours. Le ministère a déjà beaucoup d'expérience en la matière et nous avons des processus en place.
Quatrièmement, l'inscription de ces dispositions dans le Règlement, plutôt que dans les directives opérationnelles, les rendrait très restrictives par rapport à la souplesse nécessaire pour déterminer si l'on a satisfait à cette exigence.
S'il n'y a pas d'autres commentaires, passons au vote sur l'amendement CPC‑7.
(L'amendement est adopté par 5 voix contre 4.)
(L'article 7 est adopté avec dissidence.)
La présidente: Bon travail. Nous revenons maintenant au titre, c'est‑à‑dire « Loi modifiant la Loi sur la citoyenneté (2025) ». Le titre est‑il adopté?
Des députés: D'accord.
Un député: Avec dissidence.
La présidente: Le projet de loi modifié est‑il adopté?
Des députés: D'accord.
Un député: Avec dissidence.
La présidente: Puis‑je faire rapport du projet de loi modifié à la Chambre?
Des députés: D'accord.
Un député: Avec dissidence.
La présidente: Le Comité ordonne‑t‑il la réimpression du projet de loi modifié pour l'usage de la Chambre à l'étape du rapport?
Des députés: D'accord.
Un député: Avec dissidence.
La présidente: Merci.
Je tiens à profiter de l'occasion pour exprimer notre reconnaissance aux représentants du ministère. Je vous remercie de votre patience, de vos réponses à nos questions, de votre présence aujourd'hui et de votre travail acharné.
Je pense que cela nous amène à la fin de notre séance.
Comme il n'y a rien d'autre à l'ordre du jour, la séance est levée.