:
J'ouvre maintenant la séance.
Bonjour, tout le monde.
Bienvenue à la 35e réunion du Comité permanent de la citoyenneté et de l'immigration de la Chambre des communes. D'entrée de jeu, permettez-moi de faire quelques commentaires.
La réunion d'aujourd'hui se déroule sous forme hybride. Pour garantir le bon déroulement de la réunion, j'aimerais transmettre certaines consignes aux témoins et aux députés.
D'abord, avant de prendre la parole, attendez que je vous nomme. Si vous participez par vidéoconférence, veuillez cliquer sur l'icône du microphone pour activer votre micro et vous mettre en sourdine lorsque vous ne parlez pas.
Ensuite, en ce qui concerne l'interprétation, pour ceux qui utilisent Zoom, vous avez le choix, au bas de votre écran, entre le parquet, l'anglais ou le français. Si vous êtes dans la salle, vous pouvez utiliser l'écouteur et choisir le canal désiré.
Je tiens à rappeler aux témoins que les membres du Comité peuvent poser leurs questions en français ou en anglais. Si vous avez besoin de l'interprétation, veuillez prendre un moment maintenant pour préparer votre oreillette et sélectionner le canal d'écoute dont vous aurez besoin, afin que nous puissions profiter au maximum du temps réservé aux questions et aux réponses.
Je vous rappelle que toutes les observations des députés et des témoins doivent être adressées à la présidence. Les députés qui souhaitent prendre la parole sont priés de lever la main. Le greffier du Comité et moi-même ferons de notre mieux pour maintenir l'ordre de parole. Je veux rappeler à tout le monde qu'il est important d'éviter de parler en même temps, car cela complique la tâche à nos interprètes. J'aviserai les députés et les témoins quand il leur restera seulement une minute.
Je vous remercie de votre collaboration.
Conformément à l'article 108(2) du Règlement et à la motion adoptée le 27 avril 2026, le Comité reprend son étude sur la répartition provinciale des demandeurs d'asile au Canada. Voici le texte de la motion:
Que, considérant que le Québec et l'Ontario accueille une part disproportionnée des demandeurs d'asile présents au Canada, alors que les efforts de relocalisation vers les autres provinces demeurent marginaux, conformément à l'article 108(2) du Règlement, le Comité entreprenne une étude portant spécifiquement;
a. sur les impacts de cette répartition inéquitable sur les services publics et les finances publiques des provinces;
b. sur les moyens de rendre le système plus équitable;
c. sur les pratiques qui ont cours dans les autres pays et regroupement de pays telle que l'Union européenne pour répartir les demandeurs d'asiles;
que le Comité invite des experts, des avocats spécialisés en immigration et en droit constitutionnel, des représentants des organismes qui travaille auprès des demandeurs d'asile, ainsi que tout témoin jugé pertinent, à comparaître; que le Comité formule des recommandations visant à rendre le système de demandeurs d'asile plus équitable; que le Comité consacre un minimum de trois réunions à cette étude; que conformément à l'article 109 du Règlement, le Comité demande au gouvernement de déposer une réponse complète à son rapport.
J'aimerais maintenant souhaiter la bienvenue aux témoins que nous accueillons aujourd'hui.
D'abord, nous avons M. Landon Johnston, conseiller municipal à la Ville de Calgary, qui se joint à nous de façon virtuelle.
Ensuite, nous avons Me Adam Bercovitch Sadinsky, vice-président de l'Association canadienne des avocats et avocates en droit des réfugiés.
Finalement, nous avons Mme Gauri Sreenivasan, codirectrice générale du Conseil canadien pour les réfugiés.
Bonjour et bienvenue au Comité.
Vous disposerez de cinq minutes chacun pour faire votre déclaration d'ouverture. Par la suite, nous procéderons aux questions des députés.
Pour débuter, j'invite M. Johnston à faire sa déclaration.
:
Je vous remercie de m'accueillir.
Bonjour, monsieur le président et honorables membres du Comité permanent de la citoyenneté et de l'immigration. Je m'appelle Landon Johnston. Je suis le conseiller municipal élu du quartier 14 à Calgary.
Je comparais aujourd'hui non pas en tant que représentant de la Ville de Calgary, mais en tant que citoyen canadien, en tant qu'Albertain et en tant que personne qui a vu de ses propres yeux la pression à laquelle nos collectivités sont confrontées.
Je suis ici pour parler des répercussions sur le budget et les services pour les municipalités et les provinces de toute redistribution forcée des demandeurs d'asile du Québec à l'Alberta et à Calgary. Je présenterai également une brève comparaison des mesures de soutien aux résidents à faible revenu et aux nouveaux arrivants entre nos administrations.
Le programme d'accès équitable de Calgary est une subvention pour les personnes à faible revenu qui aide les résidents à accéder aux services essentiels. Depuis 2018, les demandes ont augmenté de 52 %, alors que la population de Calgary a augmenté d'environ 23 %. Tout indique qu'il y a de plus en plus d'immigrants qui utilisent ces services. L'élargissement du programme pour absorber beaucoup plus d'utilisateurs sans revenus supplémentaires exercera une pression sur les activités de transport en commun et d'autres services où les coûts subventionnés dépassent déjà les revenus.
À l'échelle provinciale, les écoles publiques de l'Alberta subissent de fortes pressions. La croissance démographique rapide a contribué à une grève dommageable des enseignants en octobre 2025. Le gouvernement a invoqué la disposition de dérogation pour rétablir les services et a annoncé un nouveau financement important pour les équipes de soutien à la complexité dans les écoles touchées. Une vérification en classe a révélé que 91 000 élèves des systèmes publics de l'Alberta ne parlent pas l'anglais à un niveau qui justifie des attentes raisonnables en matière de réussite scolaire.
Pour régler ce problème, la province a augmenté sa part des impôts fonciers résidentiels et emprunté pour construire et rénover des écoles. L'ajout forcé d'étudiants qui ont besoin d'un soutien linguistique et d'intégration intensif aggravera les tensions existantes et ralentira l'intégration de ceux qui sont déjà ici.
Le Québec, quant à lui, a adopté une approche différente. Dans son processus budgétaire de 2025, la province a mis en œuvre des compressions en éducation, y compris une réduction initiale de 200 millions de dollars touchant les programmes linguistiques et de soutien, alors que la construction d'écoles accusait un retard. Si les systèmes du Québec sont vraiment à un point de rupture et qu'ils nécessitent une redistribution, pourquoi y a‑t‑il eu si peu de pression interne sur les gouvernements du Québec pour qu'ils augmentent d'abord la capacité?
Ma question pour les partisans de la redistribution est simple: comment peut‑il être raisonnable de demander à l'Alberta et à Calgary d'absorber une plus grande part des demandeurs d'asile alors que le Québec, tant au niveau provincial que municipal, n'a pas égalé les niveaux d'investissement et de soutien que nous fournissons à nos propres résidents et aux nouveaux arrivants?
L'Alberta a fait et continuera de faire sa juste part pour ceux qui sont déjà dans nos collectivités. Nous demandons clairement que les autres provinces respectent la même norme. Elles doivent construire des écoles, financer les subventions au transport en commun, investir dans la formation linguistique et soutenir l'intégration. Ne vous attendez pas à ce que l'Alberta absorbe les conséquences des choix faits ailleurs.
Merci. Je serai heureux de répondre à vos questions.
:
Monsieur le président, mesdames et messieurs les membres du Comité, je vous remercie de me donner l'occasion de comparaître devant le Comité ce matin au nom de l'Association canadienne des avocats et avocates en droit des réfugiés, une voix nationale des réfugiés et des migrants de tout le Canada.
Je tiens à souligner que nous nous réunissons ici sur le territoire historique non cédé du peuple anishinabe, ce que nous devons garder à l'esprit lorsque nous discutons de la répartition des demandeurs d'asile dans tout le pays.
D'entrée de jeu, je tiens à souligner que nous ne nous opposons pas à une redistribution équitable des demandeurs d'asile partout au Canada. Cependant, comme de nombreux intervenants l'ont déjà souligné au cours de l'étude, cela doit se faire d'abord avec le consentement et de manière à garantir que les demandeurs d'asile demeurent soutenus et aient accès aux piliers de soutien qui les aident à s'établir et à s'épanouir dans leurs nouvelles collectivités.
L'un de ces piliers est l'accès aux services juridiques pour ce qui est de la disponibilité des avocats et du financement de l'aide juridique pour les services de droit des réfugiés. Même si la détermination du statut de réfugié se fait devant un tribunal fédéral et qu'il s'agit d'une responsabilité fédérale constitutionnelle, l'accès aux services d'aide juridique pour les réfugiés est disparate d'un bout à l'autre du pays. Deux provinces, le Nouveau‑Brunswick et l'Île‑du‑Prince-Édouard, n'ont aucun financement pour l'aide juridique aux réfugiés. D'autres ne financent pas des aspects clés du processus de détermination du statut de réfugié, tandis que d'autres ont un financement si limité que de nombreux avocats ne peuvent pas se permettre de prendre en charge des dossiers d'aide juridique.
Le document de base de chaque demande d'asile est le formulaire de fondement de la demande d'asile. C'est la première occasion pour un demandeur de raconter son histoire et de décrire la persécution à laquelle il ferait face dans son pays d'origine. Pour mettre les choses en contexte, un formulaire de fondement de la demande d'asile me demande généralement environ neuf heures de travail avec le client. L'Alberta ne finance pas l'aide juridique pour remplir ce formulaire essentiel. Au Québec, les avocats sont payés 300 $ au total. Au Nouveau‑Brunswick, il y a actuellement un seul stagiaire en droit qui représente les demandeurs d'asile qui, autrement, n'auraient pas les moyens de se payer un avocat.
En 2023, le gouvernement fédéral a transféré des centaines de demandeurs d'asile du chemin Roxham au Nouveau‑Brunswick avec très peu de préavis, forçant les fournisseurs de services et la CISR à réagir en toute hâte. Au Nouveau‑Brunswick, il n'y avait presque pas d'avocats en droit des réfugiés et il n'y avait pas de financement pour l'aide juridique, mis à part un très petit cabinet. Les fournisseurs de services juridiques des Maritimes ont eu du mal à répondre à la demande, et de nombreux demandeurs ont dû présenter leur demande sans avocat. Beaucoup ont fini par partir pour les centres urbains.
L'accès aux services juridiques est un droit. Cela met également tout le monde sur un pied d'égalité. Les demandeurs d'asile accompagnés d'un avocat présentent des demandes en bonne et due forme dans les délais prescrits, ce qui leur permet de cheminer comme il se doit dans le système et de s'intégrer plus facilement. On peut même chiffrer cette situation. Un rapport de l'Association du Barreau canadien cite des études du Royaume‑Uni, de l'Australie et des États‑Unis, selon lesquelles chaque dollar dépensé en aide juridique équivaut à un rendement social moyen de six dollars. D'autre part, un financement insuffisant ou un accès insuffisant aux services entraîne un nombre accru d'appels, ce qui crée des arriérés et des retards et, au bout du compte, coûte plus cher aux contribuables.
C'est d'autant plus important maintenant que le projet de loi est devenu loi, rendant des dizaines de milliers de demandeurs inadmissibles au renvoi à la CISR et les transférant à l'ERAR, le processus d'examen des risques avant renvoi. Les décisions de l'ERAR sont prises presque entièrement sur papier. Imaginez être un demandeur d'asile traumatisé et nouvellement inadmissible qui ne parle ni anglais ni français et à qui on demande de présenter l'ensemble de sa demande d'asile et des éléments de preuve dans les 30 jours sans l'aide d'un professionnel qui comprend le processus et les questions juridiques complexes auxquelles on s'attend à ce que vous répondiez. Si un agent commet une erreur — et c'est humain, après tout, et cela arrive — et que vous devez contester cette décision devant les tribunaux, il est essentiel d'avoir un avocat pour le faire.
Ce qu'il faut, c'est une stratégie nationale coordonnée d'aide juridique qui fasse en sorte que l'endroit où vous vivez n'ait pas d'importance dans la détermination des types de services que vous recevez. Qu'il s'agisse d'une augmentation du financement par habitant du gouvernement fédéral liée à des normes nationales ou à des accords de coordination permettant aux avocats d'une province de représenter des clients dans une autre, une telle stratégie doit être au cœur des discussions sur l'endroit où distribuer les demandeurs et la façon de le faire.
Je vous remercie de vos questions.
[Français]
Le Conseil canadien pour les réfugiés, ou CCR, est la voix nationale de plus de 200 organismes membres qui travaillent avec et pour les communautés de réfugiés et d'immigrants partout au Canada.
[Traduction]
Je vous remercie de me donner l'occasion de parler du système d'asile du Canada. C'est une question qui doit faire l'objet d'une conversation nationale renouvelée, qui nous fait passer d'une situation où l'on blâme les réfugiés et où tous les ordres de gouvernement se renvoient la balle à une conversation sur les solutions.
[Français]
Les gens au Canada entendent de plus en plus souvent dire que les demandeurs d'asile provoquent une crise, une situation que le Canada serait incapable de gérer. Ce n'est absolument pas le cas. Notre pays dispose des infrastructures, du savoir-faire et des ressources nécessaires.
[Traduction]
La bonne nouvelle, c'est que partout au Canada, nous avons les compétences, l'expérience et la base solide d'infrastructures nécessaires pour améliorer grandement les résultats pour les demandeurs d'asile et le Canada. N'oubliez pas que le Canada est un chef de file mondial en matière de réinstallation des réfugiés désignés par les Nations unies. Nous avons un vaste système national d'accueil qui, bien qu'il ne soit pas parfait, prépare ces réfugiés à la réussite en leur fournissant de l'information, des services et un soutien logistique afin qu'ils puissent trouver un logement, un travail et une communauté.
Malheureusement, il n'existe pas de système semblable pour ceux qui demandent l'asile à nos frontières ou à l'intérieur de nos frontières. Le droit de demander l'asile est un droit international fondamental, et la grande majorité des personnes qui présentent une demande au Canada sont ultimement considérées comme des réfugiés fuyant la persécution. L'absence d'un plan national pour assurer une réponse coordonnée des trois ordres de gouvernement à ces demandeurs d'asile laisse tomber ceux qui ont droit à l'asile, place les administrations locales et les groupes communautaires en mode de réaction coûteux et à court terme et laisse les Canadiens choqués et contrariés par le fait qu'un si grand nombre de demandeurs se retrouvent sans-abri dans un pays qui se targue d'être ouvert aux réfugiés.
Nous n'avons pas besoin de nous tourner vers l'Europe pour obtenir des suggestions. Nous n'avons qu'à étendre les modèles efficaces au Canada et à travailler de manière plus systématique et coordonnée dans tout le pays, en nous appuyant sur ce que nous savons déjà et sur l'expérience importante des groupes de la société civile canadienne qui se sont mobilisés pour combler le vide depuis des décennies. La proposition du CCR concernant un système national d'octroi de l'asile dans la dignité a été lancée avec les membres il y a trois ans, et elle est toujours pertinente aujourd'hui.
Un plan national coordonné devrait garantir la prise de mesures en fonction de cinq piliers clés.
Premièrement, il faut établir des centres d'accueil dans les villes où il y a un grand nombre de demandeurs pour offrir des services d'orientation et d'aiguillage et pour faciliter le déplacement des demandeurs à l'intérieur d'une ville ou dans les régions où il y a des capacités. Nous avons établi un bon précédent à Peel, mais ces centres d'accueil devraient être établis dans d'autres villes, puis reliés à un cadre national d'échange de renseignements avec les autorités locales et la société civile afin de permettre aux demandeurs d'asile de faire un choix éclairé.
Deuxièmement, nous avons besoin d'un financement fédéral soutenu pour les logements de transition, afin de renforcer les expériences réussies des ONG et des groupes communautaires de la diaspora. On ne devrait pas loger les demandeurs dans des hôtels coûteux où ils sont isolés. Il devrait y avoir des options de logement avec des services complets où les réfugiés sont intégrés à la communauté et conservent leur droit à la mobilité.
Faisant un pas dans la bonne direction, le gouvernement fédéral a renouvelé le financement du Programme d'aide au logement provisoire, ou PALP. C'est une histoire incroyablement positive que nous pourrions tous raconter aux Canadiens dès maintenant au sujet de l'élaboration de solutions pour les réfugiés et le pays. Le cycle précédent de financement du PALP a été complètement sursouscrit. Cela signifie qu'il y a des provinces, des collectivités et des groupes dans tout le pays qui sont prêts et disposés à construire des logements spécialisés avec des services de soutien pour les demandeurs d'asile, de sorte que le financement du PALP doit être augmenté. Il doit être garanti à long terme pour être prévisible et, surtout, ouvert directement aux organisations de la société civile. Il y a des dizaines de groupes au pays qui peuvent agir rapidement et qui sont prêts à créer des solutions de logement qui allégeront la pression sur les refuges pour sans‑abri et fourniront aux réfugiés le soutien dont ils ont besoin.
Troisièmement, nous devons mettre fin aux restrictions qui empêchent les demandeurs d'asile d'accéder aux services de soutien à l'établissement qui sont offerts aux autres nouveaux arrivants et qui, nous le savons, amélioreront les résultats à court et à long terme.
Quatrièmement, comme nous venons de l'entendre, nous devons veiller à ce que les demandeurs d'asile de toutes les régions du pays aient accès à une aide juridique adéquate, soutenue par un financement pluriannuel.
Cinquièmement, nous devons continuer à travailler pour assurer un processus de demande d'asile équitable, rationalisé et efficace. Les réformes récentes prévues dans le projet de loi ont rendu le système beaucoup moins équitable et ont créé de nouvelles inefficacités et de nouveaux arriérés. Je me ferai un plaisir de répondre à vos questions sur les mesures immédiates qui peuvent être prises pour améliorer les résultats, y compris dans la réglementation.
En conclusion, le Comité devrait recommander l'élaboration et le financement d'un plan national coordonné pour l'asile dans la dignité qui répondra aux attentes du public à l'égard d'un système de demande d'asile équitable qui respecte les droits de la personne et la solide tradition d'accueil des réfugiés dont les Canadiens sont fiers, à juste titre. C'est tout à fait faisable et il est plus que temps, et les membres du Conseil canadien pour les réfugiés, ou CCR, sont prêts à aider.
Merci.
:
Un centre d'accueil serait le premier endroit où se rendrait un demandeur d'asile, un lieu où il serait orienté vers les services disponibles et où il pourrait, par exemple, savoir où se trouvent les logements vacants. Certains demandeurs d'asile ont déjà un logement. D'autres non. Un centre d'accueil pourrait fournir un hébergement immédiat et à très court terme, si nécessaire, mais en général, les demandeurs doivent ensuite emménager dans un logement provisoire avant de trouver un logement à long terme.
Un centre d'accueil joue un rôle de triage. Il pourrait déterminer où se trouvent les capacités et mettre les demandeurs d'asile en contact avec les prestataires de services. Quant aux logements provisoires, il s'agit généralement de logements qui offrent des services complets où les demandeurs d'asile peuvent séjourner pendant trois mois. Précédemment, une représentante de la Matthew House vous a expliqué que les demandeurs y restent souvent environ trois mois. En Colombie-Britannique, leur séjour peut être plus long et durer jusqu'à six mois.
Ils sont hébergés au sein de la collectivité et ils bénéficient d'un accompagnement pour savoir comment entrer en contact avec un avocat spécialisé dans l'aide aux réfugiés, quelles sont leurs perspectives d'emploi et comment obtenir un permis de travail. Il s'agit davantage d'une étape transitoire.
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Je suis désolé. J'ai peu de temps. Je comprends.
Dans votre exposé, vous avez parlé de la nécessité d'améliorer l'ensemble des services pour que le système fonctionne mieux. Cependant, comme je tiens à ce que l'argent des contribuables soit utilisé à bon escient, je trouve qu'il y a un problème fondamental à ce que le gouvernement fédéral finance l'achat de biens immobiliers.
À Ottawa, deux installations ont été achetées dans le cadre du Programme d'aide au logement provisoire. À Pickering, un motel a été acheté pour accueillir des demandeurs d'asile.
Qu'en pensez-vous? L'achat de biens immobiliers constitue‑t‑il une bonne utilisation de l'argent des contribuables?
:
Comme le Comité le sait sans doute, les organisations spécialisées dans l'aide aux réfugiés et les avocats en droit des réfugiés ont exprimé de vives inquiétudes à propos des modifications apportées dans le cadre du projet de loi . Le projet de loi a maintenant été adopté, mais nous avons encore des occasions importantes de nous pencher sur les moyens de réduire l'inefficacité et les retards qu'il causera.
Par exemple, la question de l'équité des audiences d'examen des risques avant renvoi, ou d'ERAR, nous préoccupe. Il pourrait en résulter un arriéré des examens à la Cour fédérale par la suite. Nous sommes également préoccupés par le sort des familles en raison de la nature des conditions d'irrecevabilité complexes prévues dans le projet de loi. Elles seront séparées, les parents devant passer par le processus de l'ERAR et les enfants par celui de la CISR. Ou bien un certain nombre de personnes se retrouveront dans l'incertitude pendant de longues périodes, sans statut, incapables de passer à autre chose et dans une situation bien plus difficile pour s'intégrer et contribuer à la société canadienne.
La réglementation offre une occasion au gouvernement, qui s'est engagé à examiner certains types d'exemptions importantes qui pourraient être introduites pour certaines catégories de demandeurs d'asile qui ne se verraient pas interdire l'accès à la CISR. Le Conseil canadien pour les réfugiés croit fermement qu'en plus de l'exemption pour les mineurs non accompagnés, la devrait envisager des exemptions dans quelques autres situations.
Entre autres, il faut prévoir une exemption aux nouvelles conditions d'irrecevabilité pour un contexte où la situation d'un pays évolue rapidement. Cela n'a rien à voir avec la durée du séjour d'une personne au pays, mais il y aurait ainsi un processus plus efficace pour une personne qui souhaite agir à titre de demandeur devant la CISR, ce qui réduirait le nombre d'examens devant la Cour fédérale par la suite.
Nous pensons également qu'il serait vraiment important de prévoir des exemptions pour les personnes provenant de pays visés par un moratoire, c'est‑à‑dire des pays vers lesquels le Canada ne peut pas renvoyer de personnes, ce qui signifie qu'elles n'auraient pas accès à l'ERAR.
Nous estimons aussi qu'il serait important de tenir compte du principe de la réunification des familles et de l'intérêt de l'enfant, de sorte que lorsqu'un membre de la famille a déjà accès à la CISR, il ne soit pas séparé de sa famille, qui serait alors orientée vers un processus distinct dans le cadre de l'ERAR.
Ces trois scénarios pourraient conduire à une révision des dossiers, car on pourrait estimer qu'il s'agit de cas où, essentiellement, les principes de la justice n'ont pas été respectés.
Je pense qu'en ce qui concerne le projet de loi , un certain nombre d'exceptions permettraient de rendre le processus plus efficace et plus rapide et constitueraient un élément important du système national.
:
Votre temps de parole est écoulé.
Je vais prendre le prochain tour de parole, étant le seul représentant du Bloc québécois ici.
Je commencerais par vous, madame Sreenivasan. Je vous remercie de votre présence et de votre témoignage.
Vous avez bien mentionné les conditions pour qu'une répartition puisse se faire correctement. Avant d'en parler, commençons par le début.
Si je comprends bien, le Conseil canadien pour les réfugiés est ouvert à ce que nous travaillions à assurer une répartition plus équitable des demandeurs d'asile entre les provinces. Est-ce bien le cas?
:
Notre position est que le système actuel exerce une pression sur beaucoup de villes et d'endroits. Toutefois, le problème, c'est plutôt le fait qu'il n'y a pas assez d'investissements dans les infrastructures et dans les services. Dans certains endroits, on coupe dans les cours de langue, par exemple, on n'offre pas de soutien pour la garde d'enfants ou on ne fait pas assez d'investissements dans des logements provisoires. Il y a donc des lacunes partout au pays en matière d'infrastructures et de services.
Si on rebâtit ces infrastructures et qu'on crée des modèles qui connaissent du succès, les demandeurs d'asile auront beaucoup plus de choix lorsqu'il s'agira de trouver une communauté où ils pourront trouver un emploi et du soutien, y compris de l'aide juridique, pour aller de l'avant dans leur vie.
Selon moi, si on améliore les services et les infrastructures, on va constater une meilleure répartition. On ne commence pas par se demander comment assurer une meilleure répartition. Ce n'est pas que nous nous y opposons, nous disons juste qu'il y a beaucoup plus d'options si les services sont plus complets.
J'espère que c'est clair.
:
Idéalement, il faudrait que le niveau des services offerts soit le même dans toutes les provinces du pays. J'ai mentionné certains des endroits où c'est plus difficile pour les demandeurs. Il s'agit d'endroits où il n'y a pas d'aide juridique ou où les services sont si limités que les demandeurs risquent de ne pas pouvoir trouver d'avocat.
D'autres provinces s'en sortent bien. En Ontario, il existe un bon système d'aide juridique. Je tiens toutefois à préciser qu'en 2018, le gouvernement de l'Ontario a cessé complètement de financer les services d'aide juridique aux réfugiés. Le gouvernement fédéral est intervenu et il assure désormais l'entièreté de ce financement. C'était une mesure essentielle, étant donné que la plus grande partie des demandeurs d'asile du pays se rend en Ontario. Le gouvernement fédéral a pris le relais, a fourni un financement fédéral et a permis à Aide juridique Ontario de continuer à financer ces services là où le gouvernement provincial avait décidé de ne pas le faire.
En Ontario, on peut dire que le financement pour les services juridiques est adéquat. Le nombre d'heures que les avocats peuvent consacrer aux demandes d'asile est suffisant. Des fonds sont également prévus pour la traduction de documents. En Colombie-Britannique, par exemple, l'aide juridique ne prend en charge que 400 $ pour la traduction de documents. Or, ce sont des documents essentiels pour une demande d'asile et ils permettent à la personne d'étayer ses dires. Si l'on cherche à déterminer qui est un véritable réfugié, le meilleur moyen pour une personne de prouver ce à quoi elle a été confrontée, en plus de son propre témoignage, réside dans les preuves fournies par des tiers. Lorsque ces documents sont rédigés dans d'autres langues et qu'ils doivent être traduits, le coût peut parfois être trop élevé pour les clients. Ils doivent alors faire un choix parmi les documents essentiels dont ils disposent — déterminer lesquels ils peuvent se permettre de faire traduire et lesquels ils ne peuvent pas se permettre de faire traduire.
En ce qui concerne un cadre national, on souhaite que la même chose s'applique partout au pays.
:
Ce n'est pas sous cet angle qu'il faut aborder la question. Je pense que la plupart des Canadiens souhaitent que personne ne se retrouve à la rue. Pour alléger la pression sur le système de refuges, il est essentiel de créer des logements réservés aux demandeurs d'asile.
En fait, les demandeurs d'asile vivent la même crise de l'itinérance que celle que vivent de nombreuses personnes au Canada. Les preuves et les données montrent qu'il est bien plus efficace, sur le plan financier — et lorsqu'il s'agit de faire preuve de compassion et de sauver des vies —, de veiller à prévoir des refuges de transition pour les demandeurs, dotés de toute la gamme de services de soutien nécessaires mis en place par des personnes qui connaissent les besoins de ces populations. Nous venons tout juste d'entendre que ces populations ont besoin de certains services précis.
J'ai été profondément touchée par les témoignages des personnes qui gèrent des refuges pour sans-abri dans les villes canadiennes. Elles veulent aider les demandeurs d'asile, mais elles ne se sentent pas suffisamment outillées pour le faire, car elles s'occupent habituellement d'autres types de populations itinérantes. Nous savons que les mêmes fonds consacrés à des logements pour les demandeurs d'asile peuvent contribuer à résoudre la crise de l'itinérance en réduisant la pression sur les refuges en milieu urbain. Ces fonds seraient ainsi dépensés beaucoup plus efficacement que lorsqu'ils le sont pour des hôtels d'urgence.
Je pense qu'il s'agit en réalité d'une fausse compétition. Nous devons plutôt utiliser les ressources de façon judicieuse pour répondre aux besoins des populations là où elles se trouvent. Cela nécessitera des logements de transition réservés aux demandeurs d'asile, ainsi que des mesures de soutien pour nos refuges en milieu urbain.
:
C'est à mon tour de prendre la parole, pour deux minutes et demie.
Monsieur Johnston, j'ai compris de votre témoignage que les services publics à Calgary sont très sollicités et que, s'il y avait davantage de demandeurs d'asile, vous craindriez que ça implique un effort supplémentaire. Comme vous le savez, il y a une crise de l'itinérance à Montréal, ainsi qu'une crise du logement.
J'aimerais savoir si vous êtes d'accord sur le principe voulant que chaque province, suivant son devoir de solidarité, accueille une part équitable du nombre de demandeurs d'asile, proportionnelle au poids de sa population dans la fédération canadienne, par exemple. Avez-vous un argument contre ce principe?
:
Merci beaucoup, monsieur le président.
Je remercie les témoins d'être avec nous aujourd'hui.
Je remercie le Comité de me permettre de poser des questions. Ce n'est pas le comité auquel je siège habituellement, mais je suis heureuse d'être ici avec vous aujourd'hui.
Dans un bureau de circonscription, le travail qu'on doit faire sur des dossiers d'immigration et des demandes d'asile est quand même très demandant.
Madame Sreenivasan, je vais vous poser ma première question. Vous semblez avoir de très bonnes connaissances sur les organismes communautaires.
Pour qu'une répartition soit durable, il ne suffit pas de déplacer des personnes d'une province à l'autre. Il faut aussi qu'elles puissent avoir accès, comme vous l'avez mentionné tantôt, à des services, à du logement, à des possibilités d'emploi et à des réseaux communautaires. Vous avez parlé de financement. J'aimerais entendre votre avis là-dessus.
Vous avez aussi parlé de prévisibilité. Vous avez dit qu'il y avait une entente d'une durée de trois ans seulement. J'aimerais que vous m'expliquiez ça un peu plus en détail.
Selon vous, quels devraient être les facteurs à prendre en compte pour favoriser une intégration réussie des demandeurs d'asile dans les différentes régions du pays?
Par ailleurs, vous avez parlé des résidences. Sachez que je viens du Québec, où les demandeurs d'asile représentent un très grand enjeu depuis 10 ans. J'aimerais que vous en parliez davantage également.
:
Je vous remercie beaucoup pour vos questions.
Il y a plusieurs éléments.
En ce qui concerne la structure de financement, il faut que ça dure plus que trois ans, afin qu'il y ait plus de prévisibilité, comme vous l'avez dit. C'est très important. Il est vrai que le volume de demandes d'asile monte et diminue parfois. On voit qu'il a diminué au cours des dernières années, mais il faut avoir un système pour être prêt à gérer le volume de demandes qu'on reçoit.
[Traduction]
Comme on dit souvent, sans plan, on se retrouve en plan.
[Français]
En 2024, par exemple, on avait fait de grands investissements en matière de logement, qui avaient nourri les espoirs et encouragé la planification d'engagements. Les provinces, les organismes et les municipalités avaient tous soumis des propositions pour obtenir du financement afin de construire des logements, et plusieurs d'entre eux n'en ont pas reçu. Ça veut dire que l'intérêt est là, qu'on a l'espace nécessaire et même la capacité de construire des logements, mais qu'il manque de financement.
À la dernière minute, dans le budget des dépenses de 2026, on a vu que le financement a été renouvelé, mais à un niveau encore plus bas. Je pense que c'est à peu près 188 millions de dollars par année pour trois ans. Or ça prend une planification à beaucoup plus long terme. On ne peut pas prévoir un financement pour trois ans seulement et, à la dernière minute, le renouveler pour trois ans de plus.
Voilà les frustrations que j'entends de la part des maires d'Edmonton, des villes du Québec et même des villes de l'Ontario. La Fédération canadienne des municipalités a adopté des résolutions pour avoir un financement à plus long terme et beaucoup plus élevé. C'est important pour qu'on puisse établir les structures des logements provisoires et réduire la pression qui s'exerce sur ceux-ci.
Quelle était votre autre question?
:
Nous reprenons la séance.
Je veux remercier les témoins qui sont avec nous et leur souhaiter la bienvenue.
Tout d'abord, du ministère de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, nous avons Catherine Scott, sous-ministre adjointe, Établissement, intégration et affaires francophones, ainsi que M. Jason Hollmann, directeur général, Politique en matière d'asile.
Nous allons commencer par les remarques introductives. Vous disposerez de cinq minutes chacun pour faire votre déclaration et, ensuite, nous commencerons la période de questions.
Madame Scott, je vous invite à faire votre déclaration d'ouverture, d'un maximum...
Bonjour.
Nous vous remercions de nous donner l'occasion de discuter de la répartition provinciale des demandeurs d'asile au Canada.
[Traduction]
Suivant l'adoption récente de la Loi visant à renforcer le système d'immigration et la frontière du Canada, c'est‑à‑dire le projet de loi , le gouvernement met en oeuvre des réformes ciblées pour renforcer la protection des personnes dans le besoin, gérer l'immigration de manière responsable et maintenir la confiance de la population canadienne à l'égard d'un système qui fonctionne pour tout le monde. Cela signifie un système qui protège les personnes vulnérables, attire les talents recherchés et prévient les abus.
Les demandeurs d'asile sont déjà au Canada et demandent notre protection. Nous savons qu'un volume accru de demandeurs d'asile arrivés depuis 2021 a créé des pressions pour nos partenaires, les provinces, les municipalités et les organismes de la société civile.
[Français]
Nous voyons actuellement une baisse du nombre de demandes d'asile, grâce aux efforts déployés pour renforcer l'intégrité et l'équité de notre système d'asile. En date du 31 mars 2026, les demandes d'asile avaient diminué de 35 % par rapport à la même période l'année dernière, et de 59 % depuis 2024.
Nous savons que les demandes d'asile continuent d'être déposées de façon disproportionnée en Ontario et au Québec. Depuis 2021, le nombre important de demandeurs d'asile a exercé des pressions supplémentaires sur les refuges d'urgence et les services de soutien de ces provinces, ce qui a entraîné des demandes d'aide fédérale. Nous prenons cette situation très au sérieux.
[Traduction]
Dans le cadre du Programme d'aide au logement provisoire, le gouvernement a investi environ 1,9 milliard de dollars depuis 2019. Cela s'est traduit par des solutions en matière de logement plus durables et plus économiques pour les demandeurs d'asile. En finançant des structures comme les centres d'accueil et les logements de transition, ce programme a réduit le recours aux refuges d'urgence et aux hôtels, tout en aidant les demandeurs à trouver plus rapidement un logement stable.
[Français]
Nous adoptons une approche collaborative qui encourage la réinstallation des demandeurs d'asile et veille à ce que les provinces qui les accueillent aient la capacité de les recevoir.
[Traduction]
En 2024, le Forum des ministres responsables de l'immigration a mis sur pied un groupe de travail chargé de trouver des moyens concrets de gérer l'afflux de demandeurs d'asile d'un bout à l'autre du Canada. IRCC a poursuivi ces travaux en discutant directement avec les provinces et les territoires qui souhaitent participer à la réinstallation volontaire.
[Français]
Ces conversations ont mené à des ententes avec le Nouveau‑Brunswick et Terre‑Neuve‑et‑Labrador afin qu'elles aident à la réinstallation volontaire des demandeurs d'asile. Ces deux provinces ont accepté de recevoir 290 et 400 demandeurs d'asile, respectivement, au cours des deux années suivantes. Ces efforts de réinstallation visent à favoriser l'autonomie en matière de logement tout en comblant les besoins de main-d'œuvre. En date du 31 mars 2026, plus de 290 demandeurs d'asile avaient déménagé volontairement dans ces deux provinces.
IRCC continue de collaborer avec les provinces et les territoires afin d'encourager la conclusion d'ententes de réinstallation volontaire supplémentaires.
[Traduction]
Je tiens à souligner que ces ententes ne constituent pas une distribution obligatoire ou une imposition fédérale. Toute réinstallation dépend entièrement de la volonté des demandeurs et des provinces et territoires d'accueil, en fonction des capacités locales, des soutiens offerts et des besoins du marché du travail.
Le gouvernement du Canada reconnaît le rôle important que jouent les partenaires provinciaux et municipaux, ainsi que les organismes de la société civile, pour fournir des refuges temporaires et des services de soutien aux demandeurs d'asile. Nous nous efforçons d'adopter une approche durable qui fonctionne pour tous les ordres de gouvernement et tous les partenaires.
[Français]
Merci. Nous attendons avec intérêt vos questions.
Au lieu de déplacer les gens, le gouvernement pourrait en fait renvoyer des personnes comme il s'est engagé à le faire. La , Mme Diab, a confirmé en comité plénier la semaine dernière que, selon les hypothèses de planification, deux millions de résidents temporaires doivent quitter le Canada au cours de cette année civile, ce qui, après un calcul rapide, représente environ 160 000 personnes par mois.
Pouvez-vous confirmer que c'est bien l'ordre de grandeur sur lequel travaille le ministère?
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Je vais vous demander de produire cet avis juridique pour le Comité.
Quelles questions avez-vous posées aux avocats? Quelle formule avez-vous testée?
Vous n'êtes pas sans savoir qu'en Allemagne, par exemple, ce qui est proposé pour répartir les demandeurs d'asile, c'est de leur expliquer que les services seront offerts dans certains länder. Alors, c'est à eux de choisir, mais il y a un incitatif.
Est-ce que c'est cette formule que vous avez testée, ou est-ce celle de l'Union européenne?
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Merci, monsieur le président.
Nous sommes heureux d'accueillir des représentants des directions générales des programmes sociaux et de la politique en matière d'asile du ministère de l'Immigration.
Je veux parler du Programme fédéral de santé intérimaire qui offre une couverture de soins de santé plus généreuse encore que celle à laquelle ont droit les Canadiens eux-mêmes.
Le PFSI devait être un programme de santé de portée limitée et de durée temporaire pour les ressortissants étrangers vulnérables qui ne sont pas admissibles à l'assurance-maladie provinciale. Le dernier rapport de la directrice parlementaire du budget a été publié le mois dernier. Il prévoit que les coûts du programme s'élèveront à plus de 1,5 milliard de dollars d'ici 2029‑2030.
Nos témoins seraient-ils d'accord pour dire qu'il ne s'agit plus d'un petit programme d'urgence à court terme, mais d'un important centre de coûts permanents pour les contribuables?
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Merci beaucoup, madame Scott. Malheureusement, c'est tout le temps qu'il restait au député.
J'ai maintenant la parole pour deux minutes et demie.
Monsieur Hollmann, je m'intéresse à la légalité des ententes actuelles que vous avez signées avec Terre‑Neuve‑et‑Labrador et avec le Nouveau‑Brunswick. Par le truchement de ces ententes, selon ce que je comprends, ces provinces ont volontairement accepté d'ouvrir leurs portes. C'est minime, mais c'est déjà un début.
Les demandeurs d'asile qui sont relocalisés doivent-ils être consentants et volontaires?