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Bienvenue à la 34
e réunion du Comité permanent de la citoyenneté et de l'immigration de la Chambre des communes. La réunion d'aujourd'hui se déroule selon une formule hybride.
Avant de commencer, je tiens à faire quelques commentaires.
S'il vous plaît, veuillez attendre que je vous nomme avant de prendre la parole.
Je rappelle aux personnes sur Zoom qu'elles doivent respecter les règles de conduite habituelles. Cliquez sur l'icône du microphone pour l'activer et mettez‑le en sourdine quand vous ne parlez pas. Assurez-vous de sélectionner le canal d'interprétation approprié avant que nous commencions la réunion.
Chers collègues, je vous demande d'adresser vos commentaires à la présidence.
Chaque témoin aura cinq minutes pour faire sa déclaration préliminaire. Veuillez vous en tenir à cinq minutes. Je vais essayer de vous faire signe quand il vous reste à peu près une minute.
Chers collègues, nous poursuivons aujourd'hui notre étude sur la répartition provinciale des demandeurs d'asile au Canada.
Je souhaite la bienvenue aux témoins de la réunion d'aujourd'hui; nous accueillons Mme Christina Clark-Kazak, professeure à l'Université d'Ottawa, à titre personnel; nous accueillons M. Randy Donauer, conseiller municipal, à la Ville de Saskatoon; et nous accueillons Mme Kailee Brennan, de Matthew House, Ottawa.
Commençons par Mme Clark-Kazak.
Vous avez cinq minutes pour faire votre déclaration préliminaire.
Merci.
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Merci, madame la présidente, de me donner l'occasion de comparaître devant le Comité.
Les Canadiens vivent une période particulièrement difficile, en raison de la hausse du coût de la vie et du chômage. L'histoire montre que, en période de ralentissement économique, il est facile de faire des nouveaux arrivants des boucs émissaires.
Alors que vous réfléchissez à la meilleure manière d'aider les personnes qui demandent l'asile au Canada, je vous implore de fonder vos recommandations sur les droits et les données probantes. Une politique sur la distribution provinciale doit être fondée sur les droits. Le droit de demander l'asile est protégé par le droit canadien et le droit international. La liberté de circulation est aussi un droit de la personne fondamental. Toute politique de dispersion doit se conformer à la Charte, qui s'applique à toute personne physiquement présente au Canada. La Charte confère des droits socioéconomiques, comme le droit au logement et à l'éducation, ainsi que des droits civils, comme la liberté de religion.
Quand nous devons choisir des lieux d'accueil appropriés pour les demandeurs d'asile, nous devons nous demander quelles collectivités peuvent leur garantir l'accès à ces droits conférés par la Charte. Nous devons aussi reconnaître l'interdépendance des droits. Selon nos recherches sur le logement pour les demandeurs d'asile, par exemple, le fait d'avoir une adresse fixe facilite l'accès à l'éducation, à l'emploi, aux soins de santé et à d'autres droits.
Nous devons aussi tirer des leçons des tentatives précédentes de répartition provinciale des demandeurs d'asile et de réinstallation des réfugiés. En 2024 et en 2025, le gouvernement du Canada a relocalisé plus de 13 000 demandeurs d'asile dans de petites municipalités de l'Ontario et du Québec et dans d'autres provinces. Même si cette relocalisation a allégé la pression sur le logement et les services, à Montréal et à Toronto, les séjours prolongés à l'hôtel étaient coûteux et se sont avérés inefficaces pour mettre les demandeurs d'asile en relation avec les services juridiques et d'établissement.
Il y a aussi d'autres études, menées dans des contextes similaires, sur la réinstallation des réfugiés dans de petites collectivités d'un peu partout au Canada. Par exemple, en 1999, le Canada a lancé l'opération Parasol pour évacuer plus de 7 000 Kosovars. Par l'entremise d'un programme d'aide conjoint, les Kosovars ont été installés dans de petites et moyennes collectivités, partout au Canada.
Selon les recherches, la plupart des Kosovars sont restés dans leurs petites collectivités d'accueil trois ans après leur arrivée au Canada. Toutefois, certains faisaient face à des perspectives d'emploi limitées, au manque de mesures d'aide à l'installation adaptées à la culture et à l'insuffisance des services juridiques. À long terme, cela a mené à une migration vers les grands centres urbains.
Il y a aussi des recherches sur la réinstallation de réfugiés dans les zones rurales du Canada par le biais de parrainages privés. Même si, dans ce contexte, les réfugiés bénéficient de réseaux sociaux plus solides, ils peuvent faire face à des difficultés liées aux limites des transports publics, de l'accès aux soins de santé et de l'enseignement supérieur et des services d'immigration.
Quand nous cherchons où relocaliser les demandeurs d'asile, nous devons examiner les deux aspects de la chose: pas seulement les coûts, mais aussi les contributions. Les demandeurs d'asile paient des impôts et représentent une main-d'œuvre indispensable, qui contribue à la croissance économique.
Le Canada peut aussi tirer des leçons des programmes de longue date de répartition des demandeurs d'asile d'autres pays. Par exemple, depuis 2000, le Royaume-Uni a une politique de répartition régionale, après l'adoption en 1999 de sa loi sur l'immigration et les demandeurs d'asile. Cette politique a donné des résultats inégaux, et certaines recherches indiquent que la répartition des réfugiés n'a pas facilité leur intégration.
Voici les leçons clés que nous pouvons tirer des politiques du Royaume-Uni:
Premièrement, nous devons identifier les quartiers où il y a des logements de bonne qualité.
Deuxièmement, nous devons assurer une aide juridique adéquate.
Troisièmement, nous devons financer et soutenir les organisations non gouvernementales qui offrent une aide sociale.
Quatrièmement, nous devons coordonner ce travail avec les autorités locales et les collectivités.
Pour finir, j'aimerais présenter les recommandations suivantes à l'intention du Comité.
Tout d'abord, une politique de répartition des demandeurs d'asile nécessitera une coordination accrue des services, y compris le développement de partenariats locaux en matière d'immigration financés par le gouvernement fédéral et l'aide juridique.
Puis, les provinces et les municipalités doivent être de la partie. Cette décision ne relève pas seulement du gouvernement fédéral. Lundi, un témoin a parlé de la stratégie de Peel sur les maisons de transition, et il a dit que les besoins des demandeurs d'asile sont mieux pris en charge quand tous les ordres de gouvernement travaillent ensemble.
Ensuite, les demandeurs d'asile doivent pouvoir participer aux décisions, y compris l'adéquation des compétences et des expériences avec les besoins des collectivités d'accueil.
Pour finir, les politiques doivent être fondées sur les droits et les données probantes. Les demandeurs d'asile sont des êtres humains qui ont des droits. On ne peut pas les trimbaler d'un bout à l'autre du pays, comme s'ils étaient des pions sur l'échiquier politique. Il faut un plan bien réfléchi et des ressources suffisantes pour assurer le succès de leur réinstallation.
Merci.
[Français]
J'aurai le plaisir de répondre à vos questions.
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Merci, madame la présidente et merci aux membres du Comité de me donner l'occasion de comparaître aujourd'hui devant le Comité permanent de la citoyenneté et de l'immigration.
Je m'appelle Randy Donauer. Je suis conseiller municipal à Saskatoon, en Saskatchewan, mais aujourd'hui, je m'adresse à vous à titre personnel. Toutefois, je tiens à dire que j'ai discuté avec la mairesse de Saskatoon, Cynthia Block, de l'exposé que je vais vous présenter, et qu'elle me soutient entièrement sans réserve.
D'après ce que j'ai compris, vous débattez de la question de savoir si nous allons répartir de nouveau un nombre important de demandeurs d'asile à l'échelle du Canada, et j'appelle à la prudence.
Saskatoon accueille de nouveaux arrivants, et nous soutenons la tradition canadienne de longue date d'aider et de protéger les réfugiés. Il ne fait aucun doute que le système d'octroi de l'asile du Canada est sous pression. Il y a un énorme arriéré, et ce sont les collectivités qui écopent. Relocaliser les gens n'est pas la solution; nous devons améliorer le système et accélérer le traitement des demandes d'asile légitimes, et ce, de manière plus efficace.
Saskatoon fait face à une grave crise du logement et de l'itinérance, et nous remercions le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux de collaborer avec nous à la recherche de solutions. Dans la dernière décennie, ma ville a connu une croissance de près de 80 000 habitants — une augmentation de 30 % sur 10 ans. Cela peut sembler négligeable pour Montréal et Toronto, mais nous sommes submergés. Malgré tous nos efforts, nous n'avons pas bâti suffisamment de maisons pour répondre à la demande croissante dans notre région. Cela entraîne une hausse artificielle des prix du logement, ce qui fait augmenter le coût de la vie et jette de plus en plus de gens à la rue.
Selon le dénombrement ponctuel effectué à Saskatoon en 2025, nous avons 1 931 itinérants, et nous savons que ce chiffre augmente semaine après semaine. Les statistiques montrent que bon nombre de ces itinérants viennent du nord dans l'espoir de trouver une meilleure vie en ville. De plus, en raison des incendies de forêt et des inondations qui frappent les collectivités nordiques, les évacués sont souvent envoyés à Saskatoon. L'an dernier, nous avons accueilli plus de 8 000 évacués, nous les avons protégés et nous les avons hébergés. Nous ne les avons pas envoyés aux quatre coins du Canada.
Je le dis clairement: nous sommes submergés, et nos systèmes ont dépassé leur capacité maximale. Nous avons besoin d'aide pour prendre soin des personnes que nous accueillons déjà, et nous n'avons pas la capacité d'accueillir un grand nombre de nouveaux arrivants qui ont besoin d'un logement sûr où vivre. Le système de citoyenneté et d'immigration se porte mal. Il y a un énorme arriéré, et il ne cesse de croître. La solution n'est pas de se renvoyer la balle; nous devons régler le problème. Plutôt que d'utiliser des ressources pour relocaliser un grand nombre de personnes de l'autre côté du pays, je recommande de les utiliser pour traiter plus efficacement les demandes d'asile et clore ces dossiers plus rapidement.
Le Canada a besoin d'outils pour réduire le plus possible le nombre de demandes frauduleuses ou pour restreindre l'accès à ses frontières. Nous pouvons y parvenir en imposant une obligation de visa ou par une entente sur les tiers pays sûrs. Un système solide de contrôle et de traitement des demandes d'asile serait plus équitable pour les réfugiés légitimes et permettrait de mieux rendre des comptes aux contribuables. L'accélération des renvois nous éviterait d'avoir à payer pour soutenir les demandeurs d'asile illégitimes pendant des années; une décision rapide est préférable pour tout le monde. Les réfugiés légitimes ne devraient pas attendre des années pour connaître leur avenir.
Saskatoon est une ville magnifique, et ses habitants sont bienveillants et accueillants. Notre population se diversifie, au fil des jours, et nous en sommes fiers. Nous sommes honorés d'accueillir de nouveaux arrivants au Canada, y compris les réfugiés. Toutefois, étant donné la pénurie de main-d'œuvre qualifiée, nous recommandons le maintien du critère de sélection fondé sur les qualifications, pour attirer des immigrants capables de subvenir à leurs besoins qui contribueront à notre assiette fiscale, plutôt que de faire pression sur le logement et notre réseau de soutien social. Si Citoyenneté et Immigration peine à traiter les demandes d'asile, nous vous recommandons de régler le problème.
Merci de votre temps.
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Merci, madame la présidente, et merci aux membres du Comité.
Je m'appelle Kailee Brennan, et je suis directrice exécutive de Matthew House Ottawa, une organisation non gouvernementale locale qui fournit des logements d'accueil provisoires et une aide à l'installation aux demandeurs d'asile. Il y a moins de deux ans, j'ai aussi travaillé en tant que stratège en politique pour la province de la Nouvelle-Écosse, au ministère de l'Immigration, quand la province relocalisait des demandeurs d'asile venant du chemin Roxham; j'ai ensuite coprésidé le groupe de travail fédéral-provincial-territorial sur les demandeurs d'asile, chargé d'étudier la faisabilité d'un modèle national de relocalisation. C'est pourquoi j'examine la question d'un point de vue à la fois politique et opérationnel.
Selon moi, les pressions auxquelles font face l'Ontario et le Québec sont bien réelles, mais la solution n'est pas aussi compliquée que nous voulons le faire croire. Le problème, ce n'est pas la capacité d'accueil du Canada; le problème, c'est la coordination. Partout au Canada, des organisations non gouvernementales chevronnées gèrent déjà des maisons d'accueil et des maisons de transition et offrent des soutiens intégrés aux demandeurs d'asile. La plupart des infrastructures nécessaires à un modèle national d'accueil existent déjà, et elles sont dispersées un peu partout au Canada. Ce qui nous manque, c'est la coordination et des investissements stratégiques.
Je participe à ces discussions depuis 2023, et à mon avis, à l'heure actuelle, il y a un risque bien réel que cette conversation ne devienne qu'un exercice théorique sur la répartition provinciale, plutôt qu'une discussion sérieuse sur la manière de bâtir réellement un système fonctionnel, un système pouvant résister aux débats sur les compétences et aux changements des priorités stratégiques. À vrai dire, bâtir un système d'accueil national coordonné n'a pas à être compliqué.
À Matthew House, ces dernières années, nous sommes passés d'une maison d'accueil à 27, et nous gérons maintenant approximativement 230 places, à Ottawa, pour moins de 3 millions de dollars par année, puisque nous avons déjà l'expertise opérationnelle et les partenariats nécessaires pour croître efficacement. Si vous ventilez nos dépenses, notre programme d'hébergement coûte environ 37 $ par lit, par jour, pour une durée moyenne de séjour d'environ trois mois. C'est un modèle incroyablement efficace. Nous ne sommes pas un cas isolé. Il y a des dizaines de maisons d'accueil comme la nôtre au Canada.
Ce n'est pas un problème de capacité d'accueil; c'est un problème de coordination. Si on s'y prend correctement, la mise en œuvre d'un modèle d'accueil national coûtera beaucoup moins cher que les séjours d'urgence prolongés à l'hôtel, tout en créant un système plus organisé, plus responsable et plus fiable. Le système pourrait inclure des procédures d'aiguillage coordonnées vers les autres provinces et municipalités qui ont la capacité nécessaire, soutenues par des centres d'accueil gérés par des organisations non gouvernementales de confiance, qui existent déjà partout au Canada. L'un des facteurs de la réussite d'une relocalisation, c'est aussi de s'assurer que les demandeurs d'asile sont mis au courant des possibilités offertes à l'extérieur des grands centres urbains, y compris les logements plus abordables et les perspectives d'emploi dans les régions aux prises avec des pénuries de main-d'œuvre.
Le gouvernement devrait avoir pour rôle de définir les objectifs, allouer des ressources stratégiques et soutenir l'infrastructure de coordination. Cela permettra au secteur de faire ce qu'il fait le mieux: collaborer, se développer et fournir des modèles communautaires efficaces. Les provinces et les municipalités doivent absolument travailler en partenariat, dans ce dossier, mais, pour réduire, voire supprimer complètement, les interventions à long terme du gouvernement fédéral dans l'hébergement d'urgence, nous devons d'abord mettre en place des systèmes et des réseaux efficaces.
Avec le renouvellement du programme d'aide au logement provisoire, le Canada pourrait soutenir stratégiquement une organisation de soutien chargée de répertorier les lits existants et de coordonner les procédures d'aiguillage, les normes opérationnelles et la collaboration régionale entre les fournisseurs existants.
L'approche donne déjà des résultats prometteurs. En Colombie-Britannique, le système BC Charms, financé par le gouvernement provincial, a créé un système centralisé d'aiguillage et de coordination en matière d'hébergement pour les organisations soutenant les demandeurs d'asile. À Terre-Neuve-et-Labrador, les initiatives de relocalisation soutenues par le PALP affichent des premiers résultats encourageants en matière de logement et d'intégration. Matthew House poursuit les discussions avec ses partenaires sur le terrain et vise à servir de centre d'aiguillage pour les futures initiatives en matière de migration volontaire.
Le Canada a également un modèle pour ce type de coordination. Quand les Ukrainiens ont été déplacés, l'organisme Opération havre de paix pour les Ukrainiens a réuni des représentants de différents ordres du gouvernement et d'organisations non gouvernementales pour soutenir les efforts d'accueil et d'intégration à l'échelle du pays. Le Canada a déjà pris des mesures significatives pour renforcer et gérer le système d'octroi de l'asile, mais, malgré les changements de politiques, les personnes qui doivent vraiment être protégées continueront de venir au Canada. La question est de savoir si nous allons réagir grâce à une planification coordonnée ou si nous allons toujours gérer des crises. L'une de ces approches est beaucoup moins coûteuse et donne de meilleurs résultats à long terme.
Ma recommandation au Comité est simple. Ne considérez pas la répartition équitable comme un problème de transport. Considérez cela comme un problème d'infrastructure d'accueil. Investissez dans la création d'un organisme national de coordination s'appuyant sur les fournisseurs existants de services d'accueil des réfugiés. Investissez dans des systèmes communs d'aiguillage et de données et une formation normalisée sur le soutien aux demandeurs d'asile et réservez des fonds du PALP pour des modèles d'accueil communautaires coordonnés, et non pas pour des séjours d'urgence à l'hôtel.
Le Canada a déjà une grande partie de l'expertise nécessaire pour faire tout cela. Ce qui lui manque, c'est l'infrastructure de coordination et les investissements stratégiques nécessaires pour donner vie à ce projet. Si nous faisons bien les choses, le Canada pourra créer un système d'accueil des demandeurs d'asile plus équitable, plus efficace et plus humain, qui soutient tant les demandeurs d'asile que leurs collectivités d'accueil.
Merci.
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Oui, c'est ce que j'ai dit. Évidemment, il y a un problème. Il s'est développé au fil des décennies. J'ai travaillé pour le ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration il y a plusieurs dizaines d'années. Le problème existait déjà, et il n'a pas changé. Relocaliser les gens, subvenir à leurs besoins et les soutenir, cela peut représenter des dépenses importantes.
Ma solution, plutôt que de s'adapter au problème... et je ne dis pas que les gens sont le problème. Citoyenneté et Immigration a des problèmes systémiques. Je ne crois pas que se renvoyer la balle soit la meilleure solution.
Je recommande d'utiliser concrètement ces ressources pour régler le problème. Traitez plus rapidement les demandes, pour que les demandeurs d'asile légitimes soient plus rapidement rassurés sur leur avenir. En ce qui concerne les demandeurs d'asile illégitimes — ceux qui n'ont pas suivi le processus officiel de demande d'asile, mais qui se sont présentés ici —, nous pouvons réaliser des économies à long terme, si nous les renvoyons plus rapidement.
Si nous utilisons ces ressources pour traiter plus efficacement les demandes d'asile, nous nous en tirerions mieux, et nous n'aurions plus besoin de chercher où héberger toutes ces personnes pendant une longue période.
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Je peux vous parler des conséquences actuelles. Présentement, Saskatoon fait face à une crise du logement. Le nombre d'itinérants n'a jamais été aussi élevé. Ce chiffre a doublé depuis un an ou deux. Cela exacerberait le problème. Je ne dis pas que tous les réfugiés seraient sans toit, mais ils devraient tous être logés.
À l'heure actuelle, nos logements sont au maximum de leur capacité et il y a des files d'attente à leurs portes. C'est une première pour Saskatoon.
Si Saskatoon devait recevoir un grand nombre de nouveaux arrivants, qui auront probablement besoin d'aide à l'installation et d'un logement, cela créerait beaucoup de problèmes. Comme je l'ai dit dans ma déclaration préliminaire, la saison des évacuations va bientôt être de retour. Il y a déjà eu des inondations, dans le Nord, et Saskatoon a accueilli des centaines de déplacés, et, si c'est la même chose pour les feux de forêt... L'an dernier, Saskatoon a accueilli 8 000 personnes.
Je sais qu'un des témoins a dit que ce n'était pas un problème de capacité. Je vous demande simplement de tenir compte des intérêts et des capacités des collectivités régionales et municipales quand vous examinez ces questions.
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Oui, absolument. D'ailleurs, il y a un an et demi, j'ai fait une allocution à une conférence de la Fédération canadienne des municipalités, à Calgary. Nous avons visité le quartier est du centre-ville de Calgary, le secteur le plus problématique. Il y a beaucoup d'itinérance, dans ce quartier, et il y a aussi beaucoup de refuges, et les fonctionnaires de Calgary expliquaient ce qu'ils faisaient pour répondre aux besoins de ces personnes et leur trouver un refuge sécuritaire et pour améliorer la sécurité du centre-ville.
Pendant la visite, j'ai discuté avec le maire d'une petite collectivité, en Colombie-Britannique, une collectivité insulaire, et il m'a demandé comment se portait Saskatoon. Je lui ai parlé des problèmes d'itinérance, des gens vivant dans la rue et de la criminalité. Il m'a arrêté, et m'a dit: « Tout ce que vous venez de dire en cinq minutes, c'est le sujet des réunions du conseil municipal de ma collectivité. Toute ma collectivité croit que nous sommes les seuls à faire face à ces problèmes, et que c'est entièrement ma faute. »
Cela reflète plus ou moins l'impression des résidents de Saskatoon. Plus je parle à des gens, partout au Canada, et à mes collègues, plus je comprends que c'est un problème généralisé.
Je crois par contre que la situation à Saskatoon est peut-être plus grave que dans d'autres villes, parce que, comme je l'ai dit, nous accueillons souvent les déplacés venus du Nord. Honnêtement, tant et aussi longtemps que...
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Merci. C'est par cela que j'allais commencer.
Je pense qu'il faut se rappeler que ce n'est pas juste une question de choisir des chiffres et de les disperser partout au Canada. Le problème est beaucoup plus complexe. Le financement change selon la province et la ville. Je pense que les grandes villes sont davantage en mesure de s'adapter à ces grands volumes que les petites villes.
Je pense aussi que vous devez réfléchir à ce dont j'ai parlé aujourd'hui, soit que la capacité immédiate d'une municipalité à accueillir un nombre donné de réfugiés dépend de sa situation à ce moment‑là. À un autre moment, ce ne sera peut-être pas un problème à Saskatoon, mais là, ce l'est.
Nous pourrions faire beaucoup de bon travail dans ce dossier. Je me demande seulement si nous faisons le travail que nous devons faire, ou si nous ne devrions pas plutôt régler le problème. Nous pouvons passer des années à chercher une façon d'aider des gens qui sont ici pendant des années à attendre une décision et dépenser pour cela des millions de dollars. Je propose tout simplement de ne pas les laisser attendre une décision pendant des années. Il faut prendre toutes ces ressources pour vraiment régler le problème, plutôt que de chercher des façons de s'adapter au problème et de le déplacer.
Votre poids démographique... et le désir de le répartir est vraiment un facteur dont il faut tenir compte, monsieur. Je pense toutefois que ce n'est pas le seul facteur.
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Merci, madame la présidente.
Merci aux témoins.
Madame Brennan, je vais commencer par vous.
Matthew House fait un travail très important. J'y suis déjà allé. Tout d'abord, merci à vous et à vos collègues de fournir ce service très important pour cette communauté dans laquelle nous vivons.
Si j'ai bien compris votre témoignage, vous avez dit que nous n'avions pas un problème de capacité, mais plutôt un problème de coordination. C'est bien cela? D'accord.
Le Comité aura donc l'impression qu'il y a un problème de coordination, et je veux que vous clarifiiez la chose. Mme Clark-Kazak et vous-même avez mentionné que les ONG avaient traditionnellement joué un rôle très important pour intégrer les demandeurs d'asile. Le Comité pourrait donc avoir l'impression que, ce que vous recommandez, c'est essentiellement que l'on s'assure ou que l'on recommande que le gouvernement alloue des fonds considérables aux ONG pour qu'elles continuent ce travail, des fonds qui dépassent de loin les fonds alloués dans le passé.
Ai‑je saisi l'essentiel de votre argument?
Je pense qu'on a fourni un hébergement d'urgence aux demandeurs d'asile, dans tout le pays, grâce à des investissements considérables, au cours de ces quelques dernières années. Je ne pense pas que cela a toujours été fait de manière efficace ou efficiente dans le passé. Cela coûte de l'argent de fournir des logements temporaires. Cela pourrait nous revenir moins cher de travailler avec les partenaires existants qui fonctionnent, de façon relativement rentable, toujours selon les mêmes modèles.
Je pense qu'il faut continuer d'investir, mais je ne pense pas que les hôtels soient la solution. Nos services coûtent 37 $ par jour. À une certaine époque, on louait des chambres d'hôtel en bloc, essentiellement aux coûts réguliers du marché. Aujourd'hui, les chambres d'hôtel coûtent 200 $, voire 300 $ la nuit. La comparaison est astronomique.
Je ne dis pas que nous devrions complètement couper les vivres aux collectivités qui en ont besoin, aux organismes à but non lucratif et aux municipalités qui fournissent ce service, mais je pense que nous devrions vraiment dépenser intelligemment nos fonds publics.
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Chers collègues, nous reprenons.
J'aimerais formuler quelques commentaires à l'attention des nouveaux témoins.
Veuillez attendre que je vous nomme avant de prendre la parole. Si vous comparaissez par Zoom, au bas de votre écran, vous pouvez sélectionner le canal approprié pour l'interprétation, ce qui vaut également pour les témoins dans la salle. Je vous conseillerais de configurer votre interprétation, si ce n'est déjà fait, car les membres du Comité pourraient vous poser des questions dans l'une ou l'autre des langues officielles.
Je tenterai de vous avertir lorsqu'il vous restera environ une minute, et vous disposez de cinq minutes pour présenter votre déclaration. Tous les commentaires doivent être adressés à la présidence.
J'aimerais maintenant accueillir nos témoins du deuxième groupe.
Nous avons Mme Lisa Kaida, professeure agrégée à l'Université McMaster; nous recevons Mme Karen Kobussen, directrice générale de la Saskatoon West Business Association. Puis, sur Zoom, nous accueillons Mme Alina Murad, directrice des relations gouvernementales au fédéral du Centre de réfugiés. Bienvenue à vous toutes.
Nous allons commencer notre premier tour de déclarations liminaires par Mme Kaida.
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Madame la présidente et mesdames et messieurs, merci de me permettre de comparaître devant le Comité permanent de la citoyenneté et de l'immigration de la Chambre des communes.
Je m'appelle Lisa Kaida. Je suis professeure agrégée en sociologie à l'Université McMaster. En tant que sociologue et sociodémographe étudiant l'intégration des immigrants et des réfugiés depuis plus de 20 ans, je suis honorée d'être ici.
Dans ma déclaration liminaire, je présenterai trois points tirés de ma recherche sur la migration secondaire des réfugiés, dans laquelle j'ai analysé les données de Statistique Canada au sujet des résidents permanents.
Tout d'abord, il convient d'établir une distinction claire entre les réfugiés rétablis et les demandeurs d'asile. Les premiers ont été admis au Canada avant d'arriver au pays et ils se voient accorder le statut de résident permanent à leur arrivée. En comparaison, les demandeurs d'asile sont, au départ, des résidents temporaires. Si leur demande d'asile est acceptée, ils seront approuvés en tant que réfugiés et deviendront donc des résidents permanents. Ce processus peut s'échelonner sur quelques années. Ma recherche passée se concentrait sur l'intégration des réfugiés rétablis.
Je vais maintenant passer à mes trois points.
Premièrement, le principal point à retenir de ma recherche, c'est que les réfugiés rétablis sont plus susceptibles de quitter leur destination initiale que les immigrants économiques, principalement en raison du fait que les réfugiés rétablis sont plus susceptibles de s'établir en premier lieu dans des petites collectivités, mais plus de 50 % de ces réfugiés vont demeurer dans leur destination initiale même s'il s'agit de petites collectivités éloignées.
Deuxièmement, est‑ce que cette situation s'applique aux demandeurs d'asile? Je ne peux répondre directement à la question, car l'expérience des demandeurs d'asile dans les petites collectivités diffère peut-être de cette des réfugiés rétablis. Les réfugiés rétablis sont principalement des réfugiés parrainés par le gouvernement ou par le secteur privé. Les réfugiés parrainés par le gouvernement sont dirigés vers des collectivités désignées à leur arrivée. Dans le cadre du Programme d'aide à la réinstallation, ils reçoivent un soutien au revenu pour une période pouvant aller jusqu'à 12 mois, ainsi que des services de réinstallation immédiate. Les réfugiés parrainés par le secteur privé sont parrainés par des groupes de particuliers ou des groupes religieux ou ethniques. Leurs répondants sont répartis un peu partout au Canada. Ils apportent un soutien financier, un logement et du soutien social aux réfugiés parrainés par le secteur privé au cours de leur première année au Canada. Les demandeurs d'asile n'ont pas droit au même type de soutien social et économique de la part du gouvernement ou des répondants.
Troisièmement, ma recherche ne fournit pas de statistiques sur la migration secondaire des demandeurs d'asile. J'ai défini les destinations initiales des réfugiés rétablis et d'autres catégories d'immigrants comme les lieux où ils ont obtenu le droit d'établissement en tant que résidents permanents. S'ils quittent plus tard la destination initiale, ce déplacement est considéré comme une migration secondaire. Dans ma recherche, si la demande d'asile est accueillie et que les demandeurs d'asile obtiennent le statut de résident permanent, leurs statistiques sont compilées en tant qu'« autres réfugiés », avec les autres catégories de réfugiés, comme ceux admis pour des motifs d'ordre humanitaire.
Ma recherche révèle que plus de 70 % des autres réfugiés se sont initialement établis à Toronto ou à Montréal, mais il est possible que les demandeurs d'asile soient arrivés ailleurs en premier. Lorsqu'ils sont devenus résidents permanents, ils ont peut-être déménagé à Toronto ou à Montréal. Afin de déterminer précisément où les demandeurs d'asile se sont établis au départ, il nous faudrait examiner à quel endroit ils ont présenté leur demande d'asile ou quelles étaient leurs destinations prévues, tel qu'il est consigné dans les données de Statistique Canada sur les résidents non permanents.
Merci, madame la présidente et mesdames et messieurs. Je suis impatiente de répondre à vos questions.
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Merci, madame la présidente et mesdames et messieurs.
Je m'appelle Karen Kobussen et je suis directrice générale de la Saskatoon West Business Association. Nous représentons et défendons les entreprises situées dans la partie ouest de Saskatoon. Notre travail consiste à régler les enjeux qui touchent les propriétaires d'entreprise, leurs clients, leurs employés et ceux qui vivent et travaillent dans les quartiers avoisinants. Ces enjeux comprennent le fait d'attirer et de retenir les entreprises, la sécurité communautaire, le logement, les services publics et la santé et la vitalité globales de la région.
Je suis ici aujourd'hui non pas en tant qu'avocate en immigration ou qu'experte constitutionnelle, mais bien en tant que personne qui travaille en étroite collaboration avec les entreprises locales et les partenaires communautaires, y compris les ONG et les organisations communautaires. Je vois les conséquences de ces décisions stratégiques fédérales sur le terrain.
La motion soumise au Comité porte sur les efforts déployés pour réinstaller les demandeurs d'asile dans d'autres provinces. Du point de vue de Saskatoon, je presse le Comité de ne pas confondre redistribution et solution. Le fait de déplacer les demandeurs d'asile du centre du Canada vers Saskatoon ne règle pas le système brisé. Cela ne fait que déplacer la pression d'un endroit à un autre. Nous avons entendu dire plus tôt que Saskatoon était surchargée, et c'est vrai. Je suis ici aujourd'hui pour le confirmer. Le vrai problème, c'est que notre système d'asile est surchargé, qu'il accumule les retards et qu'il ne fonctionne plus de manière opportune ni crédible.
Lorsqu'il faut des années pour régler des demandes d'asile, les gens restent en attente. C'est injuste, et cela crée de l'incertitude. Pendant cette période, ils ont besoin d'un logement, de soins de santé, d'une éducation, de soutien au revenu, de services juridiques et d'autres ressources communautaires, et ces pressions ne sont assumées ni par Ottawa ni par le gouvernement fédéral dans les faits, au quotidien. Elles sont assumées par les citoyens, les provinces, les écoles, les hôpitaux, les refuges, les organisations locales, les organismes de service, les entreprises et les quartiers.
Saskatoon est une ville généreuse. Nous accueillons de nouveaux arrivants depuis des générations, et ma famille en fait partie. Nos entreprises comprennent l'importance de l'immigration. De nombreux nouveaux arrivants ont démarré des entreprises, occupé des emplois, payé de l'impôt, fondé des familles et renforcé notre communauté. Toutefois, il y a une grande différence entre une immigration ordonnée et un arriéré incontrôlé des demandes d'asile, et il existe une différence de taille entre accueillir les personnes avec succès et transférer ce système fédéral à des collectivités déjà mises à rude épreuve.
Saskatoon fait actuellement face à une grave crise du logement. Certains de nos résidents ont du mal à trouver des lieux abordables où vivre. Notre taux d'inoccupation des unités locatives se situe à moins de 2 %, et ce n'est que pour Saskatoon. Nous faisons face à des campements d'itinérants d'une ampleur exceptionnelle. Vous avez entendu plus tôt que nous avons accueilli les personnes déplacées en raison de la saison des feux de forêt dans le Nord, et nous avons des refuges et des organisations communautaires qui font face à la hausse de la demande. Des employeurs s'inquiètent du fait que leurs travailleurs n'arrivent pas à trouver un logement qu'ils ont les moyens de payer. Se contenter d'ajouter davantage de personnes dans cette cocotte-minute sans d'abord réparer le système n'aidera pas ces demandeurs d'asile et n'aidera pas non plus Saskatoon.
Nous savons que les secteurs des soins de santé et de l'éducation subissent des pressions. Les gens n'arrivent pas à trouver un médecin de famille. L'explosion de la taille des salles de classe, les besoins complexes des étudiants, les barrières linguistiques… La liste est longue. La Saskatchewan et Saskatoon ne sont actuellement pas en mesure d'augmenter cette capacité. Il faut en tenir compte.
Pour cette raison, je pense que le Comité devrait s'attaquer à la cause du problème, soit qu'il faut réparer le système. La solution ne réside pas dans le fait de propager les conséquences de l'échec d'un bout à l'autre du pays. La solution consiste à mettre fin à l'échec.
Le Canada devrait continuer de protéger les réfugiés qui demandent véritablement l'asile pour des motifs légitimes — il s'agit d'une responsabilité très importante — mais nous devons rétablir le principe élémentaire selon lequel nos systèmes d'immigration et d'asile doivent être gérés de manière efficace et efficiente, et non pas au moyen d'arriérés, de failles ou de pressions non maîtrisées. Relocaliser les demandeurs d'asile à Saskatoon n'est pas de la compassion; c'est du délestage, car on demande ainsi aux collectivités d'absorber les conséquences de l'échec d'une politique fédérale.
Merci beaucoup.
Merci, mesdames et messieurs les membres du Comité, de me donner l'occasion de prendre la parole aujourd'hui.
Je m'appelle Alina Murad, et je suis ici au nom du Centre de réfugiés, une organisation à but non lucratif qui accompagne les demandeurs d'asile grâce à des services de soutien, y compris l'assistance juridique, l'aide à l'emploi, des programmes de langue et des services d'intégration communautaire.
Je remercie le Comité de mener cette étude, car les demandeurs d'asile, qui contribuent grandement à la société canadienne et aux collectivités partout au Canada, devraient bénéficier de ces contributions.
La répartition des demandeurs d'asile au Canada est une question intrinsèquement intersectionnelle qui nécessite une réponse tout aussi intersectionnelle. Toutes les discussions relatives à la répartition doivent prendre en considération non seulement l'endroit où s'installent les demandeurs d'asile, mais aussi la question de savoir si ces régions disposent des infrastructures, des services et des possibilités nécessaires pour favoriser la rétention à long terme, un travail décent et une intégration réussie.
La réalité est que les gens sont naturellement attirés par les régions qui ont bénéficié d'investissements soutenus, là où des perspectives s'offrent à eux et à leur famille, où ils peuvent réellement se construire une vie stable. Si certaines régions demeurent sous-peuplées, nous devons nous demander pourquoi il en est ainsi et nous attaquer directement aux causes profondes de ce problème. Il est essentiel que les politiques ou les programmes relatifs à la répartition reposent sur une démarche volontaire et le consentement éclairé du demandeur d'asile.
Les données de Statistique Canada montrent que les tendances migratoires interprovinciales sont fortement influencées par les possibilités d'emploi et l'abordabilité. Historiquement, les gens vont dans des régions où ils sont plus susceptibles de trouver un travail stable, de meilleurs services et des perspectives économiques plus solides. Les demandeurs d'asile ne sont en rien différents. Comme toute autre personne, ils prennent leurs décisions en fonction de l'endroit où ils pourront subvenir aux besoins de leur famille et assurer une stabilité à long terme. C'est pourquoi la question centrale est non pas l'installation elle-même, mais la rétention.
En 2022, le Centre de réfugiés a lancé un programme pilote pour remédier aux pénuries de main-d'œuvre après la COVID, ce qui a facilité l'installation des demandeurs d'asile dans des régions moins peuplées du Canada. Ce programme pilote a fonctionné jusqu'en 2024 et a depuis été suspendu en raison de contraintes budgétaires. Selon notre expérience, dans de nombreuses petites villes et régions en dehors des grands centres urbains, la disponibilité limitée de l'éducation, des possibilités d'emploi, du transport public et des services d'établissement représentent un obstacle majeur à une intégration réussie. Sans des possibilités d'emploi solides, il devient beaucoup plus difficile d'atteindre l'autonomie, ce qui accroît la dépendance à l'égard des services sociaux et communautaires déjà débordés. Ce n'est pas l'objectif de la répartition, et ce n'est pas non plus avantageux pour les demandeurs d'asile, les municipalités ou les provinces. « Pas d'emploi » signifie « pas de rétention ».
Au Centre de réfugiés, nous constatons tous les jours combien l'accès à l'aide à l'emploi, à la formation linguistique, à l'assistance juridique et les liens communautaires améliorent de manière significative les résultats d'intégration. Cependant, je dois souligner une lacune majeure en matière de politiques. De nombreuses organisations non gouvernementales qui reçoivent un financement au titre de l'aide à l'établissement de la part du gouvernement ne sont pas actuellement en mesure de fournir des services aux demandeurs d'asile, parce que l'admissibilité aux fonds est souvent réservée aux résidents permanents, aux réfugiés admis ou aux réfugiés parrainés par le gouvernement. Cela place les organisations communautaires dans une position extrêmement délicate, comme vous l'avez entendu aujourd'hui. Les organisations sont contraintes de se démener pour trouver des sources de financement précaires tout en continuant de répondre aux besoins urgents sur le terrain.
Si le Canada veut déployer des efforts en matière de répartition, l'ouverture de l'accès au financement public aux organisations venant en aide aux demandeurs d'asile devrait figurer parmi les premières mesures à mettre en œuvre. Cela permettrait de renforcer les organisations qui sont déjà présentes en dehors des grandes villes et de mieux les équiper pour aider de plus en plus de demandeurs d'asile à s'installer dans ces régions. Cela améliorerait également la rétention en garantissant que les demandeurs d'asile ont accès aux services nécessaires pour réussir leur intégration dans les collectivités locales.
Pour cette raison, nous recommandons un investissement accru dans les programmes de préparation à l'emploi et la reconnaissance des titres de compétence et les initiatives ciblées visant à favoriser l'adéquation entre l'offre et la demande sur le marché du travail pour les demandeurs d'asile. Nous recommandons également la création ou l'élargissement d'un programme inspiré du Projet pilote sur la voie d'accès à la mobilité économique, ou PVAME, qui permettrait aux demandeurs d'asile déjà présents au Canada de participer volontairement à des initiatives de placement en fonction des besoins économiques régionaux. Un tel programme évaluerait l'expérience professionnelle, les capacités linguistiques, la situation familiale et les antécédents d'emploi d'un demandeur d'asile et le mettrait en relation avec des collectivités qui connaissent des pénuries de main-d'œuvre et qui sont prêtes à soutenir l'intégration à long terme. Les demandeurs d'asile pourraient alors s'installer en ayant l'assurance d'obtenir un emploi stable et décent.
Un tel programme ne peut pas fonctionner en vase clos. Il nécessiterait des appels de propositions fédéraux coordonnés mobilisant des organisations partout au Canada et au Québec, et dont la mise en œuvre relève de Développement économique et social Canada. Cela contribuerait à s'assurer que la répartition ne se limite pas à déplacer des demandeurs d'asile dans tout le pays, et qu'elle vise à créer des parcours constructifs vers l'emploi et l'intégration à long terme. Cela nécessiterait une coordination entre le gouvernement fédéral, les provinces, les municipalités, les employeurs et les organismes communautaires, ainsi que des investissements dans les infrastructures sociales.
Des évaluations de risque pourraient être effectuées en collaboration avec des intervenants locaux pour veiller à ce que les collectivités aient la capacité d'aider les nouveaux arrivants de manière durable et humaine.
Si on aborde la répartition sous l'angle de l'investissement et du partenariat, elle peut devenir une stratégie pertinente dans…
D'après mes recherches sur l'intégration économique des réfugiés rétablis, les réfugiés parrainés par le gouvernement sont envoyés dans un certain nombre de villes, pas seulement à Toronto et à Montréal, mais également dans des villes de taille moyenne comme Hamilton, St. John's, Moncton, et ainsi de suite. Les réfugiés reçoivent un soutien financier, un soutien à l'emploi, un soutien linguistique et un soutien social et culturel très institutionnalisé, pendant une période pouvant aller jusqu'à 12 mois.
Si l'on regarde les réfugiés parrainés par des organismes du secteur privé, on peut voir que ce genre de soutien est fourni par des groupes locaux de personnes ainsi que par des communautés de compatriotes ou des communautés culturelles ou religieuses.
Que ce soit le soutien du gouvernement ou le soutien plus individuel, les réfugiés rétablis reçoivent un soutien systémique.
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Ça ne répond pas tout à fait à ma question. Je vais vous donner mon exemple.
En Gaspésie, dans l'est du Québec, il y a un secteur où il y a plusieurs usines en plein essor. Il est de plus en plus difficile d'avoir accès à des travailleurs étrangers temporaires. J'ai alors recommandé aux entrepreneurs de cette région-là, la région de Matane, d'aller voir des demandeurs d'asile qui ont un permis de travail ouvert et de leur offrir des emplois.
On a travaillé à ce type d'association et on a donc eu des possibilités d'attirer de la main-d'œuvre en région. On l'a entendu, les demandeurs d'asile comptent toutes sortes de gens, des gens qui craignent la persécution. Cependant, vous, à Saskatoon, vous ne voyez pas de possibilités d'emploi du côté des demandeurs d'asile.
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Merci beaucoup, madame la présidente.
Pour commencer, par votre entremise, je tiens à féliciter mon collègue M. Alexis Deschênes qui défend avec ferveur les entreprises de sa région qui subissent une pénurie de main-d'œuvre. Je me propose volontiers pour l'aider à trouver des demandeurs d'asile avec un permis de travail ouvert pour les entreprises dans sa région.
Depuis tantôt, j'ai pu constater que nous parlons de l'immigration d'une autre manière, mais nous ne parlons pas de l'apport de l'immigration. Nous nous concentrons uniquement sur la première génération. Je trouve ça un peu dangereux. J'ai une bonne nouvelle, pour le Québec, surtout. Grâce au travail de notre ministre de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, depuis qu'elle est arrivée à la tête du ministère, il y a eu une diminution de 72 % des demandes d'asile au Québec.
Je vais commencer par vous, madame Kaida. Dans l'heure précédente, un témoin a dit que les demandeurs d'asile n'étaient pas des personnes qui partent de leur pays à cause de la pauvreté. Ces demandeurs d'asile sont des talents, des personnes qualifiées. Les deux tiers d'entre eux sont francophones. De plus, il y a aussi un tiers qui demande à être francisé.
Selon vous, ne pensez-vous pas qu'il y aura une chicane entre les provinces? Admettons que le Québec dise qu'il ne veut pas de demandeurs d'asile, qu'il les envoie en Alberta ou en Ontario, mais que ces deux provinces disent qu'elles n'en veulent pas non plus, comment va-t-on faire, et par quels moyens?
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Tantôt, j'étais assis dans un McDonald's, et j'ai parlé avec une athlète dont les parents sont arrivés au Canada il y a 24 ans en tant que demandeurs d'asile. Tout à l'heure, à la Chambre, je voyais dans les yeux des députés qui applaudissaient les athlètes que certains étaient même à deux doigts de pleurer. Tout ça, c'est pour vous dire que nous allons parler d'immigration autrement dans ce comité parce que, l'immigration, c'est aussi un apport inestimable pour le Canada et pour le Québec.
Allons du côté législatif. Je comprends qu'on peut perdre du côté législatif, et oublier que ce dont on parle peut affecter des vies, car on parle de déplacements. Je ne vais pas y aller franchement, mais si on parle de déplacements, parfois, ça peut être des déplacements forcés.
Il n'y a pas longtemps, dans ma circonscription, j'ai parlé avec une famille de demandeurs d'asile qui ont un permis de travail ouvert, qui travaillent et qui possèdent une maison. Ces demandeurs d'asile n'ont besoin de personne parce qu'ils sont déjà installés. Je leur ai demandé pourquoi ils avaient choisi le Québec. Ils m'ont répondu que ce n'était pas de leur faute si les Québécois étaient gentils, si on parlait le français au Québec et si c'était la plus belle province au Canada. C'est pour ça qu'ils ont choisi le Québec. Je leur ai répondu que c'était une bonne idée.
Ils m'ont dit autre chose concernant les députés, puisqu'ils suivent ce qui se passe, ici, à Ottawa. Pensez-vous qu'il y a aussi amalgame quand on parle d'immigration?
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Merci beaucoup, madame la présidente.
Madame Murad, qui êtes à Montréal, j'ai des questions à vous poser. Je suis content de vous retrouver. J'ai eu la chance de visiter vos locaux.
Abordons ensemble le problème du financement de l'aide aux demandeurs d'asile, dont vous avez parlé brièvement. Je sais que vous avez la chance de pouvoir compter sur des donateurs privés, mais d'autres centres que j'ai visités sont financés par le gouvernement du Québec, et ce, pour s'occuper surtout des résidents permanents.
Donc, qu'en est-il des demandeurs d'asile? Comment les services sont-ils financés pour ceux qui en ont besoin, chez nous, au Québec?
Ici, au Québec, selon le pays d'origine du demandeur d'asile, les soutiens linguistiques et les services sont vraiment nécessaires, ainsi que des choses comme des soutiens à la santé et au bien-être, par exemple. On peut offrir un soutien psychologique aux demandeurs d'asile dans le cadre d'organismes communautaires, tout comme les services d'intégration et d'emploi. Ce sont tous des services que nous fournissons au Centre de réfugiés.
En ce qui concerne nos services d'emploi, nous aidons les demandeurs d'asile clients à préparer leurs entrevues, et à évaluer leurs antécédents professionnels, et à explorer d'autres options, ici, à Montréal.
Une fois de plus, en Saskatchewan, grâce au Programme Candidats immigrants pour la Saskatchewan, ou le PCIS, nous avons réussi à gérer de manière efficiente et efficace les taux d'immigration. Nous avons fait venir des entrepreneurs, en appui aux mesures fédérales de l'époque. Je dirais que cela a eu lieu de 2012 à 2018, à peu près.
Lorsque les seuils fédéraux en matière d'immigration ont augmenté, la Saskatchewan n'était pas tout à fait prête à y faire face. En gros, les seuils fédéraux ont augmenté, mais un plafond a été imposé à ce programme. Donc, des immigrants arrivaient au pays, sans que cela ne soit encadré de manière ordonnée. Plus les arriérés et les goulots d'étranglement s'accumuleront dans le système, plus notre collectivité fera face à des difficultés et plus les services destinés aux immigrants subiront des pressions en raison du traitement inadéquat des demandes d'immigration.
Oui, je crois que le gouvernement fédéral a créé, aggravé et augmenté nos problèmes, en particulier à Saskatoon.
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Merci beaucoup de poser la question.
Le processus d'intégration est essentiel ici. Les services que nous fournissons sont des services de soutien, comme je l'ai mentionné. Il est très important d'adopter une approche globale afin d'assurer la bonne intégration des demandeurs d'asile.
Pour ce qui est du taux élevé d'admission, je n'ai, bien entendu, aucune connaissance du système dorsal ou de ce qui se passe en coulisses. Toutefois, je ne crois pas que le taux habituel d'admission des demandeurs d'asile ou des immigrants est très élevé ici, de manière générale, comparativement à d'autres pays, par exemple.
Les personnes qui cherchent à venir au Canada ont bien conscience des critères d'admission du gouvernement, et il est simplement question de garantir que nous pouvons vraiment tirer parti de ce potentiel et l'utiliser au profit de la société canadienne. Cela nécessiterait une certaine collaboration entre les différents ordres de gouvernement, ainsi qu'avec les organismes communautaires, parce que, comme je l'ai mentionné, les services d'établissement et les services de soutien sont essentiels pour garantir une réussite sur tous les plans.
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Absolument. Merci beaucoup de poser la question.
Grâce à notre programme pilote de relocalisation de réfugiés, dont je fais mention parce que nous parlons ici de répartition, nous avons été témoins de quelques réussites. Je peux vous en mentionner deux.
Nous nous sommes occupés d'une personne qui était tout d'abord arrivée à Vancouver. Il a dû passer par un processus pour faire reconnaître ses titres de compétence d'enseignant. Nous avons été en mesure de le réinstaller dans une réserve autochtone, au Québec, et il enseigne maintenant l'anglais aux enfants de cette réserve. Je crois que c'est très important de raconter cette histoire, parce qu'elle met en lumière la possibilité d'une collaboration entre les collectivités autochtones et les nouveaux arrivants, chose sur laquelle nous devrions tout à fait nous concentrer.
Nous sommes également venus en aide à un certain nombre de personnes qui se sont établies ici, à Montréal, qui ont été en mesure de trouver un logement abordable ainsi que du travail. Ces personnes ne se sont pas seulement contentées de trouver du travail. Elles redonnent également à la société et à leur collectivité également. Bon nombre de personnes que nous avons aidées reviennent à notre centre pour faire du bénévolat et redonner à la société.
Ce que je propose, c'est un programme encadré par le gouvernement fédéral qui reposerait sur une collaboration, comme je l'ai mentionné, non seulement avec les administrations municipales et les organismes communautaires, mais également avec les agences de recrutement.
Ce que j'entrevois ici, c'est un programme semblable au PVAME, doté d'un système dorsal qui permettrait aux demandeurs d'asile de remplir un profil, si l'on veut. Ils pourraient ainsi y inclure leurs études et leur expérience de travail, leurs compétences et leur formation, le lieu de résidence de leur famille au Canada, le cas échéant, ainsi que leur province de préférence, et les raisons de ce choix.
Par ailleurs, cela permettrait également aux employeurs d'accéder au système pour offrir des emplois, des possibilités de formation, si nécessaire, des possibilités d'hébergement au besoin, et des solutions de transport. Ici, un agent pourrait comparer les différents profils et les jumeler selon un système de classification qui permettrait à un demandeur d'asile de sélectionner le profil qui lui convient le mieux et de se réinstaller, et il est très important…