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CIIT Réunion de comité

Les Avis de convocation contiennent des renseignements sur le sujet, la date, l’heure et l’endroit de la réunion, ainsi qu’une liste des témoins qui doivent comparaître devant le comité. Les Témoignages sont le compte rendu transcrit, révisé et corrigé de tout ce qui a été dit pendant la séance. Les Procès-verbaux sont le compte rendu officiel des séances.

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Emblème de la Chambre des communes

Comité permanent du commerce international


NUMÉRO 043 
l
1re SESSION 
l
45e LÉGISLATURE 

TÉMOIGNAGES

Le jeudi 11 juin 2026

[Enregistrement électronique]

(1105)

[Traduction]

    Je déclare la séance ouverte. Nous en sommes à la réunion no 43 du Comité permanent du commerce international.
    Je souhaite la bienvenue à tous les membres du Comité ainsi qu'à nos témoins.
    Conformément à l'article 108(2) du Règlement et à la motion adoptée par le Comité le mardi 5 mai 2026, le Comité reprend son étude des activités liées au commerce international de certaines entités fédérales.
    Nous accueillons aujourd'hui Mme Véronique Dorval, cheffe de l'exploitation et vice-présidente exécutive de la Banque de développement du Canada, ainsi que M. Pierre Cléroux, vice-président, Recherche et économiste en chef, qui se joint à nous par vidéoconférence. Nous accueillons également M. Todd Winterhalt, premier vice-président, Marchés internationaux et chef des communications et des affaires publiques à Exportation et développement Canada, ainsi que Mme Joanne De Franco, vice-présidente, Développement du commerce mondial.
    Je rappelle aux témoins de porter leurs oreillettes. Vous aurez des questions en anglais et en français. Si vous avez besoin de l'interprétation, assurez-vous d'être prêts. Je sais que vous êtes très bien outillés pour cela.
    Encore une fois, bienvenue à vous tous. Nous allons entendre les déclarations préliminaires.
    Madame Dorval, je vous invite à faire votre déclaration préliminaire. Vous disposez de cinq minutes.

[Français]

    Madame la présidente et membres du Comité, je vous remercie de m'avoir invitée à vous parler de la Banque de développement du Canada.
    La Banque de développement du Canada est la seule banque qui se consacre exclusivement aux entrepreneurs canadiens. Sa mission est de les appuyer en leur offrant du financement, des services-conseils et du capital de risque.

[Traduction]

    Nous appliquons des principes commerciaux et nous soutenons plus de 107 000 clients partout au pays. De ce nombre, environ 7 % exportent. Conformément à la Loi sur la Banque de développement du Canada, nous nous concentrons sur le marché intérieur, tandis que le rôle de soutien à l'exportation est assuré par des sociétés d'État sœurs, comme EDC.
    Nous estimons que le rôle de la BDC dans la création, la croissance et l'expansion des PME contribue à établir les conditions idéales pour les entreprises exportatrices. Les petites et moyennes entreprises sont l'épine dorsale de l'économie canadienne puisqu'elles représentent 99,7 % de toutes les entreprises et 64 % des emplois du secteur privé.

[Français]

    C'est pourquoi la Banque de développement du Canada est présente partout au pays et compte 109 centres d'affaires. Grâce à cette présence pancanadienne, notre portefeuille de prêts et d'investissements s'élevait, à la fin de l'exercice financier de 2025, à 57 milliards de dollars.
    Ce travail génère des retombées économiques concrètes pour le Canada. Sur la base de l'exercice de 2025, la Banque de développement du Canada estime que ses activités contribueront à hauteur de 25 milliards de dollars au produit intérieur brut du Canada au cours des cinq prochaines années.

[Traduction]

    Nous sommes également déterminés à créer de la valeur pour notre actionnaire, le gouvernement du Canada, en opérant comme une société d'État bien gérée. La BDC demeure rentable, finance entièrement ses activités de base et fonctionne selon des principes commerciaux. Cela garantit que nous ne dépendons pas de l'argent des contribuables. En fait, notre rentabilité nous a permis de verser des dividendes aux Canadiens. Au cours des cinq dernières années, la BDC a versé 1,4 milliard de dollars au gouvernement du Canada.

[Français]

    En matière de commerce international, la Banque de développement du Canada apporte une contribution pertinente à l'ensemble des efforts visant à soutenir les entreprises aux prises avec des droits de douane et l'incertitude persistante qui y est associée.
    Au moyen de nos activités de base, nous fournissons des fonds de roulement pour aider les entreprises à poursuivre leur croissance tout en protégeant leur liquidité. Nous offrons également des services-conseils pour renforcer la stratégie des entreprises, leurs activités et leur productivité.

[Traduction]

    Je suis accompagnée aujourd'hui de notre économiste en chef, Pierre Cléroux, dont l'équipe a présenté plus de 280 exposés partout au pays depuis l'imposition des droits de douane, en plus de développer des recherches et des outils accessibles qui soutiennent les entrepreneurs et les éclairent dans leurs décisions d'affaires.
    Nous jouons également un rôle clé dans la réponse tarifaire générale du gouvernement du Canada, en offrant plusieurs programmes d'allégement tarifaire, assortis d'un financement souple et de services consultatifs qui aident les entreprises à s'adapter et à poursuivre leur croissance. Cela comprend environ 200 millions de dollars en prêts et près de 600 mandats de services-conseils dans le cadre du nouveau programme Pivoter pour se propulser, destiné à soutenir la croissance des petites entreprises directement touchées par les droits de douane américains ou par l'incertitude qu'ils engendrent.
    Pour le secteur du bois d'œuvre, la BDC a garanti plus de 300 millions de dollars en prêts et lettres de crédit par l'entremise d'institutions financières partenaires.

[Français]

    Plus récemment, la Banque de développement du Canada a reçu le mandat de mettre en œuvre une enveloppe de financement de 1 milliard de dollars pour les entreprises des secteurs de l'acier et de l'aluminium afin d'aider les entreprises viables à demeurer en activité et résilientes au cours des prochains mois.
    La Banque de développement du Canada demeure résolument engagée à appuyer les entrepreneurs canadiens en cette période d'incertitude, tout en continuant à exercer ses activités sur une base financièrement durable et à offrir de la valeur aux Canadiens.
    Merci. Je serai heureuse de répondre aux questions des membres du Comité.

[Traduction]

    Merci beaucoup, madame Dorval.
    Nous allons maintenant passer à M. Winterhalt ainsi qu'à Mme De Franco, qui auront au plus cinq minutes pour faire une déclaration liminaire.
(1110)

[Français]

    Madame la présidente et membres du Comité, je vous remercie de m'avoir invité à témoigner.
    Aujourd'hui, je suis accompagné de Mme Joanne De Franco, vice-présidente du développement des affaires et des marchés internationaux.

[Traduction]

    EDC est très heureuse de comparaître à nouveau devant le comité du commerce international et se réjouit à l'idée de contribuer à son étude sur les principaux défis, les possibilités et les outils de soutien offerts aux exportateurs canadiens qui doivent composer avec un paysage commercial difficile et en évolution.

[Français]

    Si vous me le permettez, madame la présidente, j'aimerais, à l'intention de tous ceux qui nous connaissent moins bien, résumer le mandat d'Exportation et développement Canada.
    Nous faisons partie de l'écosystème commercial international du Canada, et notre mission est de soutenir et de développer le commerce international du Canada.

[Traduction]

    Nous soutenons les entreprises canadiennes en leur offrant des solutions d'assurance, des prêts directs et des fonds de roulement afin qu'elles puissent gérer les risques, trouver de nouveaux acheteurs, participer à des projets d'envergure et même s'implanter à l'étranger. En tirant parti de nos 26 bureaux à l'international, nous fournissons également des analyses de marché et un réseau de relations pour aider les exportateurs à trouver de nouveaux partenaires commerciaux. Ensemble, ces initiatives permettent aux exportateurs et aux investisseurs de réduire leurs risques et d'accéder au capital dont ils ont besoin pour conquérir de nouveaux marchés.
    En 2025, EDC a aidé près de 24 000 exportateurs canadiens et facilité un total de plus de 135 milliards de dollars en exportations, en investissements étrangers et en activités de développement du commerce. Les activités d'EDC ont contribué au produit intérieur brut du Canada à hauteur d'environ 97 millions de dollars, soit plus de 3 % du PIB total du Canada. Elle soutenait également environ 580 000 emplois à temps plein dans tout le pays.
    Comme nos collègues de la BDC, nous fonctionnons, selon des modalités commerciales, en complément des banques et des assureurs du secteur privé. Conformément à ce modèle, EDC n'accorde aucune subvention.
    À la base, nous sommes une organisation axée sur les besoins des clients, et en 2026, les exportateurs et les investisseurs canadiens nous indiquent clairement qu'ils cherchent à se diversifier. D'ailleurs, notre enquête sur l'indice de confiance commerciale de 2025 a révélé que plus de 65 % des entreprises canadiennes prévoyaient diversifier leurs marchés dans de nouvelles régions au cours des deux prochaines années. Cette volonté s'inscrit dans une tendance vers une plus grande diversification, une tendance qui s'est nettement affirmée après la fin de la pandémie.
    De plus, au cours des 10 dernières années, les recherches d'EDC ont montré que le parcours d'exportation des entreprises canadiennes a profondément changé. La part des entreprises qui commencent par exporter uniquement vers les États-Unis a diminué de près de moitié. Durant la même période, la proportion de celles qui débutent en exportant vers plusieurs marchés mondiaux a plus que triplé.
    Les États-Unis demeurent et, à notre avis, demeureront toujours le marché le plus important du Canada, avec près des trois quarts des exportateurs qui en dépendent fortement ou modérément. Toutefois, il est essentiel de diversifier nos marchés dès maintenant, en cette période de transformation du commerce mondial. La collaboration avec notre groupe diversifié d'acheteurs et une présence sur de multiples marchés sont depuis longtemps reconnues comme des moyens de stimuler le rendement et d'accroître la prospérité d'un exportateur. C'est désormais une priorité incontournable. L'écosystème commercial canadien a commencé à se mobiliser autour de cet objectif, et nous devons maintenant passer à l'action.
    Les indicateurs de rendement que j'ai présentés plus tôt démontrent la capacité d'EDC à produire des résultats tangibles. Notre objectif principal est d'aider le Canada à devenir une nation commerciale plus résiliente, plus concurrentielle et plus sûre. EDC est fière de jouer un rôle de catalyseur de croissance dans les secteurs les plus prometteurs et tournés vers l'avenir du Canada, comme les minéraux critiques, l'énergie et la transition énergétique, l'agroalimentaire, ainsi que la défense et la sécurité. Grâce à notre présence grandissante dans le monde, nous sommes en mesure de soutenir la croissance des entreprises canadiennes dans des marchés à fort potentiel comme l'Europe et la région de l'Asie-Pacifique.
    Enfin, grâce à notre équipe de financement de projets, l'une des plus grandes et des plus expérimentées au Canada, nous pouvons contribuer à la construction d'infrastructures nationales qui soutiennent le commerce, améliorent la productivité ici au pays et facilitent la diversification à l'échelle nécessaire.

[Français]

    Je vous remercie de m'avoir accordé du temps pour vous donner quelques informations sur EDC et le commerce international.

[Traduction]

    Nous serons ravis de vous fournir plus de renseignements et de répondre à vos questions.
    Merci.
    Merci beaucoup.
    Nous allons maintenant passer à la période des questions.
    Monsieur Mantle, vous avez six minutes.
    Merci, madame la présidente.
    Je remercie nos témoins de leur présence et de leurs précieux témoignages.
    Madame Dorval, vous avez mentionné le programme Pivoter pour se propulser. Si je comprends bien, la BDC offre plusieurs autres programmes liés à ce que j'appellerais généralement des mesures d'allégement ou d'atténuation relativement aux droits de douane: le Programme de soutien à la foresterie; le Programme de soutien aux industries de l'acier et de l'aluminium; le Prêt petites entreprises; le Prêt pour achat d'entreprise; et le Programme de garantie du bois d'œuvre résineux. Est‑ce que cela couvre l'ensemble des programmes?
(1115)
    Nous avons le programme Pivoter pour se propulser, le Programme de garantie du bois d'œuvre résineux, le programme LIFT, ainsi que les programmes de soutien aux industries de l'acier et l'aluminium, et à la foresterie.
    Ces programmes visent à atténuer les effets des droits de douane.
    Oui, c'est exact.
    Excellent.
    Évidemment, le Comité s'intéresse vivement aux programmes que le gouvernement met en œuvre pour aider à atténuer certains des effets des droits de douane que subissent les entreprises canadiennes. Pouvez-vous vous engager à fournir au Comité une liste des entreprises qui ont bénéficié de ces programmes et la hauteur des contributions qu'elles ont reçues?
    Je peux vous donner dès maintenant le nombre d'entreprises qui se sont prévalues du programme. Je n'ai pas le nom de toutes les entreprises, mais si cela peut vous être utile...
    Le programme Pivoter pour se propulser vise à aider les entrepreneurs touchés soit par les droits de douane, soit par l'incertitude économique. Il est doté d'une enveloppe de 500 millions de dollars. Pour l'instant, un peu plus de 200 millions de dollars ont été versés, sous forme de 157 prêts et de plus de 600 mandats de consultation. Il comporte un important volet qui va au‑delà du financement: il aide simplement les entrepreneurs à définir leur stratégie pour s'adapter au contexte.
    Pour gagner du temps, pourriez-vous soumettre par écrit au Comité certains de ces renseignements sur la taille du programme et, surtout, les noms des entreprises qui en ont tiré parti?
    Nous pouvons tout à fait fournir par écrit plus de détails sur ces programmes.
    Merci beaucoup. Je vous en suis reconnaissant.
    J'aimerais vous poser quelques questions sur certaines des analyses économiques que fait la BDC. Je sais que vous rédigez votre lettre économique mensuelle, dans laquelle vous faites des prévisions sur l'état de l'économie.
    D'après ce que je comprends, une récession correspond à deux trimestres de croissance négative ou de stagnation de la croissance. Est‑ce exact?
    Je vais laisser M. Cléroux, notre économiste en chef, répondre à votre question à ce sujet.
    La définition d'une récession est assez complexe. Au Canada, c'est l'Institut C.D. Howe qui détermine, pour le dire ainsi, si le Canada est en récession ou non. Les deux trimestres consécutifs font référence à ce que les médias appellent une récession technique, mais cela ne signifie pas qu'il s'agit d'une récession officielle.
    Pourriez-vous m'expliquer la différence entre une récession officielle et une récession technique?
    Une récession technique correspond, comme vous l'avez dit, à deux trimestres consécutifs de croissance négative. Pour qu'il y ait une récession — et, comme je l'ai dit, au Canada, c'est l'Institut C.D. Howe qui est chargé de trancher si nous sommes en récession ou non —, il faut essentiellement une baisse plus marquée de la croissance économique et davantage de mises à pied. Ces différents facteurs déterminent si un pays est en récession.
    Merci.
    Est-il favorable pour un pays de traverser une récession technique? Une récession technique est-elle un signe d'une économie forte?
    Une récession technique signifie que le PIB a diminué deux trimestres de suite. Voilà la définition réelle d'une récession technique.
    Merci.
    Dans votre mise à jour économique, vous dites que l'investissement résidentiel a une incidence sur la croissance. Votre lettre est cependant muette sur l'investissement non résidentiel. Dans la minute et des poussières qu'il me reste, j'aimerais connaître vos points de vue à ce sujet, car les investissements non résidentiels sont essentiels à la productivité, si j'ai bien compris.
    L'Institut C.D. Howe a récemment publié — en mars, je crois — son analyse selon laquelle nos investissements non résidentiels sont 25 % en deçà du sommet de 2014. Les investissements dans la machinerie, les usines et l'équipement sont inférieurs au taux de remplacement. La BDC est-elle également d'avis que les investissements liés à la productivité sont inférieurs à notre sommet et diminuent?
(1120)
    En 2025, les investissements non résidentiels ont connu une croissance nulle. Cette stagnation est grandement liée à l'économie qui était empreinte d'incertitudes.
    Les entreprises font preuve de beaucoup de prudence avant d'investir davantage. Si les entreprises n'ont pas augmenté leurs investissements en 2025, on peut conclure que les investissements productifs ralentissent probablement.
    Merci beaucoup.
    Monsieur Lavoie, vous avez six minutes.

[Français]

    Merci, madame la présidente.
    Je vous remercie, chers témoins, d'avoir accepté notre invitation. Je pense que vous n'aviez pas d'autre choix, mais nous sommes contents de vous recevoir. L'étude que nous faisons ici est importante. C'est moi qui ai déposé une motion pour que cette étude ait lieu, parce que je voulais pouvoir vous parler. Les deux institutions que vous représentez jouent un rôle essentiel. J'ai travaillé dans les banques dans le domaine commercial, et j'ai vu des projets être réalisés grâce à EDC et à la BDC. Vous jouez un rôle vraiment essentiel pour nos entreprises canadiennes.
    Comme mes collègues le savent, deux des mots qui reviennent le plus souvent depuis que je siège au Comité permanent du commerce international sont « prévisibilité » et « imprévisibilité ». Toutes les entreprises que nous avons rencontrées ne parlent que de ça. Or, le monde a changé. Beaucoup d'experts à l'échelle internationale sont venus nous voir et nous ont dit que ça risquait de rester comme ça pendant très longtemps. Comme j'ai travaillé dans les banques, je sais que ce sont souvent des cycles. Le cycle redescend, puis les investissements repartent. Cependant, dans un tel contexte d'instabilité qui risque de persister longtemps, il va probablement falloir faire des ajustements, que ce soit du côté des banques ou de votre côté.
    J'ai lu vos rapports annuels. Par exemple, j'ai beaucoup aimé celui d'EDC. Il y a une phrase que je vais me permettre de citer. C'est quelque chose que nous avons entendu souvent, mais cette phrase résume bien la situation. C'est sous le titre « L'évolution du commerce mondial ». Elle dit ceci: « Le commerce mondial est le théâtre de forces protectionnistes et libérales, deux tendances opposées qui gagnent en puissance dans plusieurs marchés et régions. » On voit quelles sont vos priorités stratégiques.
    C'est la même chose pour la BDC. Dans la partie intitulée « Redéfinir la notion de projet pouvant être financé », vous comparez des données entre 2020 et 2025. On voit que vous êtes vraiment à l'affût des changements.
    Cela étant dit, je vais poser ma question. Elle s'adresse aux deux organisations, alors vous pourrez y répondre à tour de rôle.
    Il y a un avant et un après. Ce que je veux dire, par exemple, c'est qu'à la BDC, entre 2020 et 2025, vous avez changé des choses, et on voit la tendance entre 2020 et 2025 en ce qui concerne les PME. Cependant, c'est une réflexion qui s'est amorcée en 2018‑2019, avant qu'on en vienne à appliquer ces changements.
    Voici ce que je voudrais savoir aujourd'hui. Étant donné les changements qu'on vit depuis un an et demi ou deux ans, quelles sont les mesures auxquelles vous réfléchissez ou que vous mettez en place aujourd'hui et qui sont différentes de ce que vous faisiez avant pour faire face à ces changements, qui ne sont pas ponctuels et qui risquent d'être permanents?
    Je vais me permettre de faire un dernier commentaire. Si vous n'avez pas les réponses aujourd'hui, ce n'est pas grave, vous pourrez nous fournir des réponses détaillées plus tard. Je vous demanderais de me fournir des réponses concrètes, au niveau du sol. Si je dis ça, c'est parce que, lorsque nous avons reçu des représentants de l'Association des banquiers canadiens et que nous leur avons posé une question similaire, ils étaient à 50 000 pieds dans les airs. C'était trop loin.
    Nous savons que la majorité des entreprises sont des PME que vous pouvez servir. J'aimerais que vous nous parliez des actions concrètes que vous mettez en place présentement ou que vous allez mettre en place, et non de vos actions passées, pour vous ajuster et aider nos entreprises à faire de l'exportation, à diversifier leurs marchés et à aller dans de nouveaux secteurs. Je pense à la BDC, qui peut s'adapter et financer des secteurs qu'on ne finançait pas avant. Je pense à la défense.
    Ma question est vraiment générale. J'espère que ça va nous permettre d'avoir de belles discussions aujourd'hui sur la manière dont vous allez accompagner les PME. Vos deux organisations peuvent agir de façon complémentaire à cet égard.
    Je m'arrête là. Je vous laisse le temps de répondre à la question.
    Qui veut commencer? Ça peut être Mme Dorval ou M. Winterhalt.
    Je peux commencer.
    D'abord, je dirais que nous sommes tout à fait conscients que les changements auxquels nous faisons face sont des changements structurels et non seulement passagers.
    Dans la dernière année et demie, nous nous sommes adaptés avec grande rapidité à ce qui se passait. Beaucoup des programmes dont on parle aujourd'hui ont été lancés en quelques semaines, voire en quelques jours, récemment, pour s'adapter aux défis. En effet, nous nous rendons bien compte que les entrepreneurs doivent aussi s'adapter rapidement.
    Donc, dans ce contexte, nous pensons que notre offre de base est toujours pertinente, mais qu'il faut adapter l'aide aux secteurs touchés tout en investissant dans des éléments qui vont aider les entreprises.
    Par exemple, nous avons récemment lancé le programme LIFT pour aider à investir dans la productivité. Nous voyons que les entreprises doivent investir dans l'intelligence artificielle, dans la robotisation et dans l'automatisation, et nous voulons les accompagner au moyen de services-conseils et de financement pour mettre en place des mesures qui vont changer les choses. Donc, ça, c'est un type d'aide plus structurelle pour améliorer la productivité.
    Vous avez aussi parlé de soutenir davantage les secteurs stratégiques. La défense est un de ces secteurs stratégiques. Nous allons déployer une plateforme de plus de 6 milliards de dollars au cours des prochaines années pour aider ce secteur, qui est essentiel à notre souveraineté économique et à notre sécurité.
    Nous sommes en train de revoir notre stratégie, et nous poursuivrons ce travail au cours des prochains mois pour continuer dans cette direction. Nous allons déterminer quels sont les autres secteurs stratégiques dans lesquels nous voulons nous investir davantage. Je peux vous dire que la productivité va continuer à être un élément vraiment important.
    Le troisième aspect que j'aborderais, c'est la transition des entreprises. Il y a beaucoup de chefs d'entreprise qui arrivent à un moment où ils veulent vendre leur entreprise, et c'est une opportunité essentielle pour créer de la valeur. On sait que ce moment pivot peut détruire de la valeur ou en créer, parce que c'est aussi un moment où on peut améliorer grandement la productivité des organisations. Donc, c'est un autre élément pivot à l'égard duquel nous sommes présents aujourd'hui.
(1125)
    Merci, madame Dorval.
    Je vois que mon temps de parole est écoulé, mais je vais avoir un autre tour de parole et je donnerai peut-être la chance aux représentants d'EDC de répondre à ce moment.

[Traduction]

    Merci.
    Monsieur Simard, nous vous écoutons pendant six minutes.

[Français]

    Merci beaucoup, madame la présidente.
    Madame Dorval, vous savez, le conflit sur le bois d'œuvre a débuté en 2017. Or, à ma connaissance, il n'y a jamais eu de programme de soutien à l'industrie forestière avant 2025, ou plutôt 2026, avant que ce soit mis en place.
    En effet, à la BDC, il n'y a pas eu de programme lié à l'industrie forestière avant 2025.
    C'est la même chose pour EDC. Il n'y a jamais eu de soutien à l'exportation précisément pour le secteur forestier de 2017 à 2025.

[Traduction]

    Oui, nous avons toujours été là pour soutenir le secteur forestier, de...

[Français]

    Parlez-vous bien de la période de 2017 à 2025?

[Traduction]

    Oui, monsieur.

[Français]

    Est-ce que ce serait possible pour vous de nous indiquer par écrit, après la réunion, le type de soutien que vous avez offert, par province, de 2017 à 2025?

[Traduction]

    Il faudrait que nous transmettions l'information au Comité après la réunion.

[Français]

    Merci.
    En 2025, le gouvernement a annoncé qu'il y aurait un programme d'accès aux liquidités pour le secteur forestier. Si je me souviens bien, l'annonce a été faite en août 2025. Le breffage venant de chez vous a été fait à la fin d'octobre ou en novembre. Une présentation a été faite. Cependant, en janvier et en février, des entreprises m'appelaient encore pour me dire qu'elles n'avaient eu accès à rien et que c'était très difficile.
    Ce n'est pas une critique à votre endroit. Cela dit, j'aimerais que vous puissiez nous dire, sans donner le nom des entreprises si ce n'est pas possible de le faire, à quel moment des entreprises ont commencé à avoir accès aux liquidités. Je m'intéresse en particulier au Québec, mais vous pouvez aussi me parler de la situation dans les autres provinces.
    Mon collègue a posé une question similaire tout à l'heure. Vous avez parlé de 300 millions de dollars en prêts. C'est ce que vous auriez accordé en prêts jusqu'à aujourd'hui. Ce serait intéressant si vous pouviez nous envoyer ça par écrit, en indiquant à quel moment ça a débuté et en ventilant ces données par province. Est-ce que, d'emblée, vous avez déjà une idée du moment auquel c'est arrivé?
    Le programme a été officiellement lancé le 15 octobre 2025. Je n'ai pas sous la main la date du premier prêt qui a été fait. Je répète et confirme qu'un peu plus de 300 millions de dollars ont été déployés...
    Ça, c'est pour l'ensemble du Canada.
    Oui, c'est pour l'ensemble du Canada. Cet argent a été déployé sous forme de garanties de prêts et de prêts, parfois directement, parfois par l'intermédiaire d'institutions financières.
    Oui, nous pourrons vous donner l'information par écrit, ventilée par province.
    Par ailleurs, nous aidons ce secteur non seulement dans le cadre de ce programme, mais aussi par l'entremise de notre offre régulière. Nous avons toujours aidé ce secteur.
    Nous pourrons vous donner cette information.
(1130)
    Vous dites que vous avez toujours aidé ce secteur.
    C'est dans le sens où, dans le cadre de notre offre régulière, hors des programmes spéciaux, nous avons toujours...
    Qu'est-ce que vous aviez pour le secteur forestier de 2017 à aujourd'hui? Serait‑il possible de nous transmettre cette information aussi?
    Oui, nous pourrions vous l'envoyer.
    Je parle bien de l'aide qui a été offerte.
    Si je me souviens bien, c'est Mme Isabelle Hudon qui avait dit que les garanties de prêts s'appliquaient surtout aux entreprises qui faisaient du commerce aux États‑Unis. Il y a une certaine logique là-dedans. Toutefois, dans le secteur forestier, une scierie de 300 000 mètres cubes ou moins, par exemple, est généralement considérée comme étant de taille moyenne, et elle se concentre possiblement sur le marché intérieur. Dans le cas d'une entreprise québécoise, par exemple, son marché est au Québec ou ailleurs au Canada, mais elle ne fait pas nécessairement d'exportation.
    Dans les dernières années, en raison de la dynamique, les grosses entreprises du secteur forestier se sont en partie retirées du marché américain et ont commencé à vendre leurs produits de plus en plus sur le marché canadien, de telle sorte qu'elles font concurrence aux petites entreprises. Par contre, ces petites entreprises n'ont pas accès au programme de liquidités, et je me demande si c'est encore le cas.
    J'en ai parlé au ministre Hodgson et il m'a dit qu'il était pour y avoir une réforme dans ce qui avait été fait.
    Est‑ce que le programme s'applique encore uniquement aux entreprises qui ont de l'argent en fidéicommis à la frontière? Est-ce encore le cas?
    Non, ce n'est pas le cas. C'est une excellente question.
    La semaine dernière, nous avons annoncé un élargissement du programme. Pour la partie concernant les garanties de prêts, le montant maximum a été augmenté; il est passé de 30 millions à 50 millions de dollars. Maintenant, nous avons une offre qui couvre l'ensemble de la chaîne de valeur, depuis la récolte jusqu'à la transformation, en passant par le transport. Nous sommes capables de soutenir des entreprises de beaucoup plus petite taille. Bien qu'elles ne soient pas directement touchées par les droits de douane, évidemment, toute la chaîne d'approvisionnement l'est indirectement.
    Les gens qui sont oubliés là-dedans, malheureusement, ce sont les petits entrepreneurs forestiers. Ce sont eux qui font la récolte. Ils sont un maillon essentiel à tout le reste de la chaîne, que ce soit les scieries, les papeteries ou les gens qui font de la transformation. Le secteur forestier est une chaîne; s'il manque un maillon comme la récolte en forêt, tout le reste déraille.
    Je serais curieux de savoir si vous avez offert des formes de soutien à de petits entrepreneurs forestiers, c'est‑à-dire ceux qui font la récolte.
    Nous pourrons vous donner les détails de ce programme qui a été élargi, mais je peux vous confirmer qu'en ce moment, grâce au programme élargi que nous avons pour le secteur forestier, nous sommes capables d'aider les petites entreprises qui font la récolte et le transport, entre autres.
    Vous parlez bien des garanties de prêts et de l'accès à des liquidités, n'est-ce pas?
    En ce qui a trait à l'accès à des liquidités, le programme comprend deux parties. D'une part, il s'agit d'un accès à des liquidités pouvant aller de 1 million à 50 millions de dollars. D'autre part, nous avons un programme axé sur la transformation, dans le cadre duquel nous voulons aider les entrepreneurs qui veulent améliorer leur productivité ou se réorienter. Nous pouvons alors leur offrir une aide allant jusqu'à 25 millions de dollars.
    Dans le programme...

[Traduction]

    Merci beaucoup.

[Français]

    Nous y reviendrons.
    Merci.

[Traduction]

    Vous devrez attendre votre prochain tour.
    Monsieur Chambers, vous avez la parole pendant cinq minutes.
    Merci, madame la présidente.
    Je suis ravi d'être ici. C'est une salle intéressante. Je ne peux m'empêcher de compatir au peu d'espace dont dispose le personnel. Bien sûr, depuis que des députés ministériels se sont ajoutés, nous avons plus de personnel dans la salle, mais pas assez de place pour tout le monde.
    Nous avons pu trouver une salle pour la prochaine réunion.
    Nous avons eu d'excellentes salles jusqu'à présent. Je pense que celle de la prochaine réunion sera plus adéquate.
    Parfois, il faut être reconnaissant de ce que l'on a.
    Monsieur Winterhalt, vous avez mentionné que vous travaillez avec de nombreuses entreprises dont les activités principales sont aux États-Unis. D'après ce que nous avons compris des témoignages de fabricants d'automobiles et d'autres investisseurs devant le Comité, l'accès au marché américain est essentiel pour attirer des investissements ou d'autres activités commerciales de la part d'entreprises internationales, ainsi que pour convaincre les entreprises canadiennes de prendre de l'expansion.
    Est‑ce également votre vision de la situation?
    Oui. Nous partageons tout à fait cette vision.
    Je pourrais peut-être ajouter que les entreprises canadiennes qui exportent vers le marché américain ont connu la plus forte croissance en 2026, leur garantissant ainsi l'accès à ce marché ainsi que des relations d'affaires plus étroites, ici, au Canada.
    D'accord. À votre avis, une négociation réussie de l'accord de libre-échange entre le Canada et les États-Unis est essentielle à la prospérité des entreprises que vous aidez.
    Nous dirions que, comme il s'agit de notre plus grand partenaire aujourd'hui et qu'il le restera probablement dans un avenir prévisible, il est dans l'intérêt de tous d'entretenir une relation solide avec les États-Unis.
(1135)
    Excellent. Merci beaucoup.
    Monsieur Cléroux, je pourrais profiter de la présence d'un économiste technique au Comité. D'après ce que je comprends, malgré les droits de douane sectoriels imposés par les États-Unis, le gouvernement impose un taux tarifaire moyen aux biens canadiens exportés aux États-Unis d'environ 3 %. Diriez-vous que j'ai bien compris la situation?
    Oui, ce pourcentage est exact.
    D'accord.
    Je crois comprendre qu'il s'agit d'une moyenne. Bien que 85 % des biens canadiens sont actuellement exportés aux États-Unis en franchise de droits, certains droits de douance sectoriels punitifs font baisser la moyenne. Est‑ce ainsi qu'on obtient le pourcentage moyen?
    Oui.
    J'ai du mal à comprendre quelque chose, mais peut-être pourriez-vous m'aider à m'y retrouver. Puisque le taux réel moyen des droits de douane est de 3 %, si l'ACEUM disparaissait complètement, le taux réel moyen serait d'environ 1,8 ou 2 %, parce qu'on reviendrait au taux qui était en vigueur sans accord de libre-échange. Pourquoi aucun économiste ou intervenant externe n'envisage‑t‑il pas de scénario dans lequel on paierait simplement une taxe à un taux réel moyen de 1 ou 2 % sur tous les biens exportés aux États-Unis?
    Je n'ai entendu personne dire que c'est une option possible. Y a‑t‑il une raison? Ai‑je tort de croire que ce modèle pourrait être une option?
    Je pense que beaucoup d'options sont possibles. La plupart des analyses s'appuient sur l'effet des droits de douane qui sont actuellement imposés aux différents secteurs de l'économie canadienne. La plupart des analyses économiques s'appuient sur ces données.
    Je comprends, mais si les États-Unis reviennent à un plan économique et à des taxes qui étaient en vigueur avant 1900 et imposent des droits de douane sur les biens importés, ne serait‑il pas logique de répartir le fardeau sur l'ensemble de l'économie et de payer un tarif unique de 1 ou 2 %? J'essaie simplement de comprendre pourquoi personne ne parle de cette solution potentielle pour se soustraire aux droits de douane sectoriels démoralisants et dévastateurs que les États-Unis imposent à des secteurs précis.
    Comme nous l'avons dit, de nombreuses options sont possibles. Jusqu'à présent, nous avons basé notre analyse sur les droits de douane qu'imposent actuellement les États-Unis. Il y en a un certain nombre qui touche différents secteurs. À la BDC, nous effectuons beaucoup d'analyses pour mieux comprendre les répercussions de ces droits de douane sur les entreprises canadiennes. Nous n'avons pas exploré d'autres options en détail parce qu'elles sont si nombreuses. Nous nous concentrons vraiment sur l'effet des droits de douane qui sont imposés en ce moment.
    Je me permets de vous faire une suggestion, si vous n'avez pas envisagé certaines de ces autres options. Il serait utile que vous analysiez les répercussions sur l'ensemble de l'économie si un taux tarifaire de base de 1 ou 2 % était imposé à tous les biens exportés aux États-Unis. Vous devriez aussi analyser les répercussions sur la devise et déterminer si c'est un meilleur modèle que le scénario actuel.
    Merci, monsieur Chambers.
    Nous allons passer à Mme Acan, qui dispose de cinq minutes.
    Merci beaucoup, madame la présidente.
    La BDC a lancé sa plateforme de défense en décembre et l'a depuis bonifiée pour la faire passer de 4 milliards de dollars à 6 milliards de dollars, ce qui témoigne d'une forte demande initiale. Les premiers investissements du Fonds NordFort annoncés le mois dernier sont axés sur des domaines comme l'informatique quantique et la cybersécurité.
    Monsieur Cléroux, que révèle cette demande initiale sur les types de capacités à double usage qui émergent au Canada, et comment les entreprises à fort potentiel peuvent-elles se positionner pour accéder à cette plateforme et en tirer profit?
    À vrai dire, je pense qu'il vaudrait mieux poser la question à ma collègue, Mme Dorval. Je pourrai peut-être renchérir sur sa réponse par la suite.
    Madame Dorval, voulez-vous répondre à la question sur la demande qu'a suscitée le programme jusqu'à présent?
    Je pense que vous avez raison de mentionner que ces deux domaines sont importants en matière de capital de risque, donc en matière de capitaux propres. Nous voyons également de l'intérêt, sur le plan du financement et de la consultation, de la part de plus grandes entreprises manufacturières qui sont déjà actives dans le secteur. Nous constatons une forte demande, par exemple, pour des drones et des véhicules sans pilote terrestres et maritimes. Beaucoup de possibilités s'offrent aux PME pour contribuer à la croissance du secteur et en bénéficier.
(1140)
    Merci beaucoup, madame Dorval.
    Le mois dernier, le gouvernement a annoncé une initiative de 1 milliard de dollars de la BDC pour soutenir les entreprises dans l'ensemble de la chaîne de valeur de l'acier, de l'aluminium et du cuivre. Lors d'une récente table ronde dans ma circonscription, Oakville-Ouest, j'ai rencontré des propriétaires d'entreprise. La Chambre de commerce d'Oakville a indiqué que, bien que ses membres voient l'annonce d'un bon œil, bon nombre d'entre eux cherchent à obtenir des renseignements plus détaillés à son sujet.
    Pouvez-vous nous dire où en est ce programme? Comment la BDC s'assure‑t‑elle que les renseignements pertinents sont communiqués efficacement aux entreprises de toute la chaîne de valeur?
    Le programme pour l'acier et l'aluminium a été lancé il y a cinq semaines. Il est encore relativement récent. Nous avons eu plus de 120 conversations — pour l'instant — avec des entrepreneurs du secteur: nous cherchons à évaluer s'ils sont admissibles et comment ils cadrent avec ce programme ou avec d'autres que nous offrons.
    Pour l'instant, après seulement cinq semaines, deux prêts ont été acceptés par des entrepreneurs. Nous avons communiqué non seulement avec nos clients directs et d'autres clients dans les secteurs, mais aussi avec des associations pour nous assurer que le programme est connu et que ces associations peuvent transmettre l'information à leurs membres.
    Monsieur Winterhalt, dans ses « Prévisions à l'exportation » de 2026, EDC souligne que le secteur de l'énergie représentait environ 20 % des exportations canadiennes en 2025, et devait connaître une croissance de 10 % d'ici 2026.
    L'énergie nucléaire fait manifestement partie de cet éventail. La technologie CANDU appartient à des intérêts canadiens, est soutenue par la chaîne d'approvisionnement nationale et est alimentée par l'uranium canadien. Par ailleurs, des efforts vigoureux sont déployés pour accroître les exportations. Comment EDC structure‑t‑il son financement et son soutien au risque pour les exportations de technologie nucléaire?
    Dans quelle mesure l'ensemble des programmes qu'offre le Canada peut‑il rivaliser avec les programmes de financement offerts par des pays comme la Corée, la Chine, la Russie et les États-Unis?
    L'énergie demeure l'une des plus grandes forces du Canada pour son potentiel d'exportation. Vous avez tout à fait raison. Le nucléaire occupe une place importante si on pense à l'approvisionnement nucléaire de base qu'offre le programme CANDU et, de plus en plus à l'avenir, à la technologie des petits réacteurs modulaires, ou PRM, dont le Canada est le chef de file parmi les pays du G7.
    EDC est prête à offrir du soutien dans ces deux domaines et possède une expérience considérable, en particulier, du côté des réacteurs CANDU. Par le passé, elle a soutenu des transactions en Roumanie, par exemple, avec les réacteurs Cernavoda. Elle participe à leur remise en état. Elle appuie l'industrie nucléaire canadienne et la chaîne de valeur dans ce domaine, et pas seulement les équipementiers.
    De plus, EDC participe à d'autres discussions en ce moment dans de nombreux pays, alors que nous cherchons d'autres pays à qui fournir des réacteurs CANDU. Bon nombre de ces projets sont réalisés en partenariat avec d'autres prêteurs et partenaires internationaux, y compris, comme vous l'avez mentionné, les Coréens. La remise à neuf des réacteurs Cernavoda et les nouveaux réacteurs Cernavoda 3 et 4 en Roumanie représentent des exemples très concrets.
    J'ajouterais que ce sera la voie de l'avenir, compte tenu de la taille de ces projets. Dans certains cas, il faut plusieurs dizaines de milliards de dollars pour les mener à bien. Nous estimons que c'est en nous associant à des pays aux vues similaires comptant des chaînes d'approvisionnement et des chaînes de valeur complémentaires que nous pouvons retirer le plus d'avantages pour les Canadiens.
    Merci beaucoup.
    Nous passons à M. Simard pour deux minutes et demie.

[Français]

    Merci beaucoup, madame la présidente.
    Je veux juste voir quelque chose avec vous. Il y a une mécompréhension persistante dans le secteur de l'aluminium: on ne fait pas la distinction entre les producteurs primaires et ceux qui transforment l'aluminium. Même s'il y a des droits de douane très élevés présentement pour les producteurs primaires, ils s'en sortent plutôt bien, parce qu'ils peuvent refiler au suivant les coûts liés aux droits de douane et à la prime Midwest. Le prix de l'aluminium est très élevé. Il est aux alentours de 6 000 $ la tonne aujourd'hui. Cependant, ce sont les transformateurs d'aluminium qui ont beaucoup plus de difficulté, parce qu'ils ne peuvent pas repousser au suivant les coûts liés aux droits de douane et à la prime. Ils doivent faire avec.
    Dans le cadre du programme que vous avez, faites-vous la distinction entre les producteurs primaires et les transformateurs d'aluminium?
(1145)
    À la base, pour qu'une entreprise soit admissible au programme, ça ne dépend pas de sa position dans la chaîne de valeur. C'est basé sur le fait qu'elle est touchée directement ou non par les droits de douane. Donc, si on est un transformateur, qu'on fait de l'exportation aux États‑Unis et qu'on est exposé aux droits de douane de façon considérable, on a accès au programme.
    Je ne sais pas sur quelle base vous prenez ce genre de décision. Cependant, j'espère que vous êtes conscients de ce que représentent les droits de douane pour les producteurs primaires d'aluminium. Je vous le dis en connaissance de cause, car il y en a dans ma région. Pour eux, c'est une question embêtante, mais ce n'est pas ce qui les met à risque. Ça ne les met pas en danger.
    Donc, je ne sais pas s'ils peuvent vous demander du soutien sous quelque forme que ce soit, mais je ne pense pas qu'il serait judicieux d'offrir à des producteurs primaires un soutien financier dans le contexte actuel, parce que ce ne sont pas eux qui en ont besoin, mais bien les transformateurs.
    Au Saguenay—Lac‑Saint‑Jean, ça fait 30 ans qu'on essaie, de peine et de misère, de créer un écosystème de transformateurs d'aluminium. C'est très complexe. De plus, la prime Midwest ne nous avantage pas. Ces gens, aujourd'hui, sont en train de tout perdre parce qu'ils ne sont plus concurrentiels. Je pense que l'action devrait être concentrée sur eux plutôt que sur les producteurs primaires d'aluminium.
    Comme vous l'avez dit tout à l'heure, ça fait cinq semaines qu'on est en train de mettre ça en place. Je ne sais pas si ça fait partie de votre réflexion.
    Nous concentrons nos efforts surtout sur les petites et moyennes entreprises. Les transformateurs sont beaucoup plus des petites et moyennes entreprises, comparativement aux producteurs primaires, qui ne sont pas des entreprises avec lesquelles nous travaillons de façon directe. Nous mettons donc l'accent sur les transformateurs, mais aussi beaucoup sur les manufacturiers qui ont de l'acier, de l'aluminium ou du cuivre, ou sur les exportateurs finaux.
    Encore une fois, le critère d'admissibilité n'est pas d'être transformateur ou producteur primaire. C'est vraiment basé sur le fait d'avoir des activités d'exportation aux États‑Unis et d'être touché directement par les droits de douane. Je pense que, dans ce contexte, les transformateurs sont admissibles et nous les soutenons ou, du moins, nous en discutons.

[Traduction]

    Merci beaucoup.
    Monsieur Groleau, vous avez cinq minutes.

[Français]

    Bonjour, madame la présidente.
    Madame Dorval, merci d'être ici. Je suis très heureux de vous recevoir ce matin. Je sais que vous travaillez en étroite collaboration avec plusieurs entreprises de ma région, la plus belle au Canada, la Beauce. Vous l'avez mentionné tantôt.
    Dans votre introduction, vous avez parlé de la pression que les entreprises subissent, surtout dans le secteur de l'acier et de l'aluminium, en raison des droits de douane américains. Vous avez aussi mentionné que 1 milliard de dollars avaient été débloqués pour les aider.
    La semaine dernière, j'ai fait une tournée économique partout au Québec, y compris au Saguenay—Lac‑Saint‑Jean, une région dominante dans le secteur de l'aluminium.
    Prenons le cas d'une entreprise qui perd 500 000 $ par semaine. Pensez-vous qu'elle veut des prêts ou qu'elle aimerait mieux un règlement avec les Américains?
    Ce n'est pas mon rôle d'étudier l'ensemble des solutions qu'un entrepreneur pourrait avoir auprès de différentes institutions.
    Chez nous, à la BDC, ce que nous offrons aux entrepreneurs, ce sont des prêts, du service-conseil — c'est très pertinent aussi pour des entreprises de ce secteur — ou des capitaux propres.
    Nous comprenons que l'offre de la BDC ne répond pas à l'ensemble des besoins des entrepreneurs. Nous avons un rôle précis à jouer, et, peu importe le contexte économique, nous serons là pour soutenir les entrepreneurs au moyen des outils dans lesquels nous avons une expertise.
    Vous comprendrez par contre que, lorsqu'on est dans les affaires et qu'on perd 500 000 $ par semaine, à un moment donné, le bénéfice net n'est pas beau et la BDC ne sera plus là pour offrir son soutien. Êtes-vous d'accord là-dessus?
     Pouvez-vous répéter ça? Qu'est-ce qui ne sera plus là?
    Si une entreprise perd 500 000 $ par semaine, à un moment donné, son bénéfice net va être moins joli, vous en conviendrez. Allez-vous être encore là pour la soutenir?
    En ce qui concerne les entrepreneurs avec lesquels nous travaillons aujourd'hui, quand ils passent par des périodes de difficultés, nous essayons de mettre en place toutes les mesures que nous pouvons leur offrir pour les aider.
    Est-ce que notre offre est suffisante pour aider dans des cas comme ça? Elle n'est probablement pas suffisante.
(1150)
    La réponse est qu'à long terme, vous ne serez plus capables de prêter de l'argent à ces entrepreneurs en difficulté. Vous savez que c'est comme ça que ça fonctionne.
    Monsieur Winterhalt, le président Trump a annoncé hier qu'il ne voulait pas nécessairement reconduire l'Accord Canada—États‑Unis—Mexique. Quelles en seraient, selon vous, les répercussions sur les entreprises canadiennes?

[Traduction]

    Vous pourriez peut-être répéter la question. L'interprétation a momentanément été interrompue.

[Français]

    Hier, le président Trump a mentionné qu'il ne voulait pas nécessairement reconduire l'Accord Canada—États‑Unis—Mexique. Quelles en seraient les répercussions sur les entreprises du Canada?

[Traduction]

    Comme on l'a dit plus tôt ce matin, les répercussions seraient considérables. Les États-Unis demeurent notre plus grand marché, et de loin.
    Les efforts déployés par EDC et d'autres organisations pour aider à diversifier nos partenaires et nous éloigner du modèle où les États-Unis constituent notre seul marché aident à atténuer ce risque, mais notre voisin du Sud demeurera notre principal client. Par conséquent, il est essentiel d'entretenir une saine relation commerciale en Amérique du Nord.

[Français]

    Le gouvernement cherche à développer d'autres marchés. Nous sommes tous d'accord sur ça. Par contre, à qui profitent le plus ces développements? Est-ce aux grandes entreprises ou aux PME?

[Traduction]

    D'après notre expérience à EDC, il n'y a pas de catégories. Les entreprises de toutes tailles bénéficient d'une approche diversifiée en matière de commerce international.
    En fait, les petits et moyens exportateurs ont la possibilité d'atténuer leurs risques, en particulier dans un certain nombre de secteurs clés. Un secteur dont nous ne parlons pas souvent est celui des services, où nous sommes déjà assez diversifiés: seulement 51 % des exportations de services canadiens vont aux États-Unis. Il s'agit généralement de petites et moyennes entreprises exportatrices. Il y a là une énorme occasion pour eux de se lancer dans les marchés des accords de libre-échange et d'autres marchés à l'échelle mondiale.

[Français]

    Vous me dites que les PME de Saint‑Georges, en Beauce, vont profiter de l'entente avec le Mercosur, par exemple. C'est ce que vous me dites ce matin. C'est ce que vous pensez. Vous me confirmez ça.

[Traduction]

    Tout à fait. Cela concerne beaucoup plus le secteur d'où vient l'entreprise et les possibilités qui sont ensuite liées à la demande internationale. Encore une fois, ces possibilités existent dans tout le pays.

[Français]

    Au Canada, 99 % des entreprises sont des PME, mais on se concentre sur les grandes entreprises. Ce sont elles qui font les profits. Je peux vous garantir qu'il n'y a pas de PME de la Beauce qui vont faire des affaires dans le cadre de l'entente avec le Mercosur.
    Madame la présidente, il me reste bien une trentaine de secondes, n'est-ce pas?

[Traduction]

    Il vous reste 15 secondes, mais je vais vous en accorder 15 de plus.

[Français]

    L'entreprise Garaga a mentionné la non-conformité de certaines portes importées. Est-ce que vous avez un certain rôle à jouer pour effectuer des vérifications ou pour accompagner les entreprises afin qu'il n'y ait pas de produits toxiques ou non conformes qui entrent ici? Ça a été mentionné à plusieurs occasions. Est-ce que vous avez un rôle à jouer en ce qui a trait à l'importation?

[Traduction]

    Non.

[Français]

    Merci.

[Traduction]

    Merci beaucoup.
    Madame Lapointe, vous avez cinq minutes.

[Français]

    Merci beaucoup, madame la présidente.
    Je souhaite la bienvenue aux témoins et les remercie beaucoup.
    Madame Dorval, je vais continuer un peu dans la même veine que ce dont M. Simard a parlé tantôt, soit les alumineries et les transformateurs.
    Tantôt, vous avez dit, à propos de l'acier et de l'aluminium, que vous étiez là pour les entreprises viables. Nous sommes présentement dans une période d'instabilité très grande. Tantôt, M. Simard y a fait allusion. En principe, ce ne sont pas les grandes alumineries qui ont des besoins, mais plutôt les transformateurs. Vous avez aussi dit tantôt que c'étaient principalement les transformateurs et les manufacturiers qui étaient touchés par les droits de douane imposés présentement au Canada.
    J'aimerais savoir ce que vous vouliez dire par « entreprises viables ». Vous aidez les entreprises soit par des prêts, soit par du financement de fonds de roulement, comme vous le disiez tantôt. J'aimerais pousser cette question un peu plus loin.
    Ce que nous faisons par ce programme, c'est aider des entreprises que nous définissons comme viables avant qu'elles aient été touchées par les droits de douane. Nous remontons dans le temps et nous regardons les états et résultats financiers de ces entreprises avant la période des droits de douane, donc avant 2025, pour voir si, à ce moment-là, elles étaient capables de couvrir leurs charges habituelles. C'est ce que nous voulons dire par « entreprises viables ».
(1155)
    Merci.
    Ma prochaine question s'adresse à M. Winterhalt et à Mme Dorval.
    Comment les mandats de vos différentes agences soutiennent-ils le travail des ministres responsables ainsi que les priorités du gouvernement en matière de diversification commerciale et de création d'occasions?
    Tantôt, monsieur Winterhalt, vous avez parlé des nouveaux marchés. Nous savons qu'il y en a. Quels sont les nouveaux marchés que vous explorez? Comment faites-vous ça?
    Merci beaucoup.

[Traduction]

    Je commencerai peut-être par dire que lorsqu'on examine les nouveaux marchés, il s'agit en fait de ce que nous appellerions des marchés non traditionnels, ce qui signifie en grande partie à l'extérieur de l'Amérique du Nord.
    Au cours des trois dernières années, nous avons doublé notre réseau de bureaux en Asie, par exemple. Dans la région de l'Asie-Pacifique, le soutien d'EDC aux exportations canadiennes a augmenté d'environ 30 % au cours des deux dernières années seulement. Pour faire le lien avec une question précédente, cela concerne tous les segments, de sorte que les petites et moyennes entreprises sont tout à fait incluses dans ce chiffre. En fait, c'est la majorité de ces entreprises qui réussissent maintenant à exporter en Asie.
    La prochaine région sur laquelle nous nous concentrons est l'Europe. Il s'agit d'une réaction directe aux directives du ministre du Commerce international visant à élargir les activités dans ce marché. EDC ouvrira trois nouveaux bureaux en Europe cette année, en 2026, afin d'être sur le terrain pour aider d'autres entreprises, exportateurs et investisseurs canadiens. Nous envisageons de mettre en place une direction générale pleinement opérationnelle pour aider à prêter et pour veiller à ce que les entreprises canadiennes soient soutenues avec succès dans la réalisation des possibilités qui s'offrent à elles en Europe.
    Enfin, tout cela se fait en partenariat. Nous entretenons des liens très étroits avec nos collègues de la BDC. Je sais que vous avez entendu des représentants de la CCC et d'Investir au Canada, ainsi que du Service des délégués commerciaux. Cela fonctionne grâce à l'effet d'Équipe Canada qui nous permet de tirer parti de nos forces uniques. C'est un élément très important du succès que nous verrons à l'avenir.

[Français]

    Voulez-vous ajouter quelque chose, madame Dorval?
    J'ajouterais que le programme Pivoter pour se propulser vise à aider les entrepreneurs, surtout au moyen de nos mandats de service-conseil, à déterminer ce qui a changé dans l'environnement, comment ça les touche et quelles sont leurs options pour faire face à ces changements. Ça inclut entre autres une spécialisation en matière d'exportation afin de savoir quelles sont les possibilités d'exportation. Plus de 600 mandats ont été réalisés dans la dernière année, dont une bonne partie visait à explorer les possibilités en matière d'exportation. C'est comme ça que nous aidons les entrepreneurs.
    Nous avons rencontré plusieurs témoins au sujet de plusieurs accords de libre-échange. Au Canada, nous sommes reconnus pour l'agroalimentaire et la transformation alimentaire. Nous avons fait une étude sur l'Afrique ainsi que sur le Mercosur. En ce qui a trait à la transformation alimentaire, il y a moyen que nous travaillions ensemble pour faire plus d'exportation, mais il y a aussi notre expertise. Vous avez parlé tantôt de 51 % de nos services qui sont exportés. C'est notre expertise.
    J'aimerais que vous nous parliez de ce marché principalement.

[Traduction]

    Bien sûr. Je vais céder la parole à ma collègue, Mme De Franco, dans un instant.
    Je commencerais par dire que l'agroalimentaire — les aliments et les boissons transformés — est l'un des principaux secteurs prioritaires pour Exportation et développement Canada. Nous n'en avons que six. C'est un secteur qui est déjà très présent à l'échelle internationale et qui offre d'énormes possibilités de croissance.
    Mme De Franco pourrait peut-être nous donner un exemple précis pour illustrer la situation.
    Je peux parler un peu du travail que nous faisons sur la base des liens, où nous présentons les fournisseurs canadiens aux acheteurs internationaux avec lesquels EDC a une relation. Nous avons constaté une croissance importante dans le secteur agroalimentaire.
    Prenons l'exemple d'un fournisseur canadien qui fabrique des nouilles ramen. En 2023, on l'a présenté à l'un de nos acheteurs au Mexique, ce qui était un nouveau marché pour lui. Cette possibilité, qui était au départ une commande d'essai, s'est transformée en un chiffre d'affaires de 2,6 millions de dollars pour cette entreprise en particulier. Cela l'a vraiment aidée à aller de l'avant, et elle explore maintenant des possibilités grâce à d'autres relations que nous entretenons en Europe.
    Merci beaucoup.
    Nous allons passer à M. McKenzie. Allez‑y, s'il vous plaît.
    Merci, madame la présidente.
    Madame Dorval, si vous me le permettez, j'aimerais tout d'abord connaître votre orientation générale. Votre travail soutient les entreprises canadiennes au pays. Je m'interroge au sujet d'un article que j'ai lu qui évoquait une lacune en matière de capital de risque qui a été cernée. Pouvez-vous nous en parler?
    Comprenez-vous ce que cela signifie pour les clients de la BDC?
(1200)
    Je pense que mon collègue, M. Cléroux, est le mieux placé pour répondre à cette question. Il faisait partie du groupe de recherche qui a rédigé le rapport.
    Monsieur Cléroux, je vous cède la parole.
    Merci, madame Dorval.
    Nous avons un marché du capital de risque assez solide au Canada, mais il n'est pas aussi dynamique que dans d'autres pays du monde — par exemple, les États-Unis —, surtout depuis quelques années, alors qu'il y a eu beaucoup d'incertitude.
    Ce que nous avons constaté, c'est que l'accès aux capitaux propres pour les entreprises en démarrage au Canada a diminué au cours des dernières années en raison de la situation économique actuelle. Habituellement, lorsqu'il y a plus d'incertitude dans l'économie, le marché du capital de risque ralentit, et c'est exactement ce que nous voyons en ce moment.
    Je suppose donc que cela va de pair avec la fuite générale des capitaux du Canada. En ce qui concerne l'investissement direct étranger, la Banque Royale du Canada a publié un rapport il y a environ deux semaines. Plus de 1 billion de dollars en investissements ont quitté le Canada entre 2015 et 2024, et pour chaque dollar qui entre, deux en sortent. J'ose croire que le manque de capital de risque dans nos petites et moyennes entreprises est essentiellement le reflet de cette fuite de capitaux.
    Cela en fait partie. De plus, nous attirons des investissements étrangers, qui ne sont pas toujours liés au groupe de capital de risque, puisqu'il s'agit d'un outil de financement très spécialisé en raison des risques importants qui y sont associés. Le capital de risque renvoie la plupart du temps à des entreprises en démarrage ou à de très jeunes entreprises.
    Le problème, c'est que le marché devient plus incertain tandis que les investisseurs canadiens — les investisseurs nationaux — ou les investisseurs étrangers deviennent plus prudents. C'est la raison pour laquelle le marché du capital de risque ralentit. C'est vraiment lié au risque et à l'appétit pour le risque, je dirais.
    Je dois donc croire que le fait que l'ACEUM, notre accord de libre-échange nord-américain, soit dans un état inconnu, contribue directement et de façon importante à l'incertitude dont vous parlez. Est‑ce exact?
    Oui. Je suis d'accord. Au cours des 12 ou 18 derniers mois, il ne fait aucun doute que l'imposition des tarifs a créé beaucoup d'incertitude, et cela n'aide pas le marché du capital de risque.
    Monsieur, ce que j'ai lu plus d'une fois, c'est qu'il est important de ne pas se précipiter pour conclure un mauvais accord. Ce que j'essaie de comprendre, c'est pourquoi nous ne travaillons pas fort pour conclure rapidement un bon accord. Je crois que l'incertitude persistante liée à un examen annuel de l'ACEUM ne fera que continuer à refroidir le climat d'investissement des entreprises. N'est‑ce pas?
    C'est un peu en dehors de mon champ de recherche, alors je ne pourrai pas faire de commentaires à ce sujet.
    D'accord.
    Madame Dorval, je reviens à vous. Je me demande si vous pouvez informer le Comité des renseignements que vous obtenez de vos clients et des entreprises que vous aidez sur le terrain. Depuis quelques mois, j'entends dire que les Canadiens créent ou ouvrent actuellement plus de sociétés aux États-Unis qu'ils ne le font au Canada, ce que je trouve très préoccupant. Avez-vous vu cela sur le terrain?
    Je ne peux pas dire que j'ai vu qu'ils ouvraient plus d'entreprises aux États‑Unis qu'au Canada. Je dirais que les entrepreneurs sont très résilients. Pour chaque défi auquel ils ont fait face au cours des cinq dernières années — en raison non seulement des tarifs, mais aussi de la COVID, des enjeux liés à la chaîne d'approvisionnement et de l'inflation —, ils ont fait preuve d'une grande créativité en vue de trouver une solution. Certains d'entre eux ont trouvé une solution pour diversifier leur marché et devenir plus productifs au pays. D'autres ont décidé d'ouvrir un nouveau lieu d'affaires aux États-Unis. J'ajouterais que ce n'est pas nouveau et que cela n'a pas commencé avec les tarifs américains.
    Monsieur Cléroux, vous avez peut-être quelque chose à ajouter. Les entrepreneurs dont l'objectif est l'exportation peuvent continuer de croître en s'établissant dans le pays de destination. C'est ce que j'ai observé.
(1205)
    Merci beaucoup, madame Dorval.
    Monsieur Lavoie, vous avez cinq minutes.

[Français]

    Merci, madame la présidente.
    Vous me voyez venir: j'aimerais revenir sur la première question que j'ai posée. Monsieur Winterhalt, vous n'avez pas eu l'occasion d'y répondre, alors je vous laisse la chance de le faire.
     Merci beaucoup.

[Traduction]

    Je vais aborder trois volets pour répondre à votre question sur la façon dont nous aidons les entreprises canadiennes à se préparer à se diversifier et à relever certains de ces défis. Premièrement, je mentionnerai l'effort géographique; deuxièmement, les secteurs; et troisièmement, les programmes et les partenariats. Il se peut que je fasse appel à Mme De Franco dans un instant.
    Pour faire suite à ce que j'ai dit plus tôt, il est évident que nous avons trop investi dans de nombreux marchés en dehors de la sphère traditionnelle pour les exportateurs canadiens. EDC a maintenant 13 bureaux sur le terrain en Asie, et nous travaillons en vue d'en ouvrir huit en Europe d'ici la fin de l'année. C'est directement lié à la croissance des exportations que nous avons soutenue au cours des deux dernières années. Dans le cas de l'Asie, encore une fois, nous avons constaté une croissance de près de 30 %.
    Ce qui est intéressant, c'est le lien avec les entreprises canadiennes qui sont déjà sur le terrain en Asie. Nos recherches montrent que plus de 2 700 entreprises canadiennes du marché moyen investissent déjà en Asie et y exportent, et il y a une véritable occasion de les aider à en faire plus et à continuer de croître. Nous regardons ce qui s'en vient en Europe dans divers nouveaux secteurs... J'y reviendrai dans un instant. Les entreprises tirent davantage parti de l'AECG, je crois, ce qui représente une occasion importante pour les exportateurs et les investisseurs canadiens, y compris dans de nouveaux secteurs comme la défense et la sécurité. Depuis l'année dernière, EDC est de nouveau en mesure de soutenir les entreprises canadiennes dans ce domaine, tout comme le fait la BDC. Au cours d'une année civile, nous avons facilité environ 1,6 milliard de dollars d'exportations dans le domaine de la défense et de la sécurité pour plus de 60 entreprises, ce qui donne une idée des occasions et de la croissance possible là‑bas.
    Pour répondre à votre première question, les minéraux critiques sont un autre secteur clé où nous faisons les choses différemment. Nous soutenons la mise en valeur des minéraux critiques ici, au Canada, en vue d'une exportation éventuelle. Cela pourrait se faire par l'entremise d'entreprises comme Métaux Torngat, un producteur de terres rares, ou Nouveau Monde Graphite, au Québec. Il y a des investissements importants dans le domaine des minéraux critiques.
    Je vais aussi parler de l'intelligence artificielle et des technologies numériques. Avec nos partenaires ici, nous avons investi dans des entreprises canadiennes comme Cohere pour les aider à prendre de l'expansion et à croître de manière à leur permettre de tirer parti des possibilités internationales qui s'offrent à elles.
    Enfin, je vais parler de deux ou trois programmes. Nous avons mis en place un programme tarifaire, le Programme d'impact commercial d'EDC, il y a maintenant 16 mois environ. Le programme a permis d'offrir un soutien supplémentaire d'environ 2,5 milliards de dollars aux exportateurs et aux investisseurs canadiens dans le cadre de 5 400 transactions. Encore une fois, il s'agit principalement de petits et moyens exportateurs.
    Je vais céder la parole à Mme Wilkinson, qui peut illustrer comment certains de ces petits et moyens exportateurs intègrent différents marchés.
    Merci, monsieur Winterhalt.
    Je vais vous raconter une petite histoire au sujet d'une des entreprises avec lesquelles nous travaillons et qui est basée à Montréal.
    On lui a présenté une entreprise d'IAC en Turquie avec laquelle EDC entretient une relation très solide. C'était une petite entreprise. Nous l'avons depuis soutenue dans une croissance importante, de sorte que les ventes entre les deux entités ont été équivalentes à 145 millions de dollars. Cela a vraiment contribué à propulser la croissance de l'entreprise et lui a permis d'en faire plus sur d'autres marchés et de saisir d'autres occasions.

[Français]

    Vous avez parlé tout à l'heure d'ouvrir des bureaux en Europe, entre autres choses.
    Avant que j'oublie, j'aimerais vous demander une chose, tant à la BDC qu'à EDC. Je suis très visuel, alors pourriez-vous nous envoyer un document qui comparerait la situation d'avant 2025 à celle d'aujourd'hui et qui indiquerait ce que vous avez changé, les marchés que vous avez ouverts et les secteurs dans lesquels vous n'étiez pas présents? Par exemple, je sais qu'il y a des années où la BDC n'était pas présente dans le secteur de la défense, mais vous semblez vouloir y aller. J'aimerais savoir s'il y a des secteurs où les gens ont commencé à vous connaître au fil des années, où vous n'étiez pas présents avant, mais où vous l'êtes maintenant. Il y a aussi des marchés outre-mer où vous n'étiez pas présents avant et où vous l'êtes aujourd'hui. J'aimerais avoir des exemples concrets qui démontrent où vous n'étiez pas présents et où vous l'êtes maintenant, parce que ça évolue rapidement.
    En terminant, puisque je vois le temps filer, j'ai une autre demande à faire. Mme Dorval nous disait que la BDC était capable de pratiquement se retourner sur un dix cennes. Ma question à EDC irait un peu dans le même sens.
    Combien de temps cela vous prend-il, à partir du moment où vous déterminez un secteur dans lequel vous n'êtes pas présents, pour étudier ce secteur et ensuite offrir de l'accompagnement dans ce secteur? Est-ce que ça prend trois mois, six mois, un an ou deux ans pour vous retourner sur un dix cennes comme Mme Dorval?
    Si vous pouviez fournir ces informations au Comité, je vous en serais reconnaissant.
    Merci.
(1210)

[Traduction]

    Ce serait une information très précieuse. Merci beaucoup.
    Nous passons maintenant à M. Simard, qui dispose de deux minutes et demie.

[Français]

    Merci, madame la présidente.
    En fait, j'aimerais revenir là-dessus. J'ai demandé récemment à une de vos collègues de me donner la ventilation par province des sommes qu'EDC avait investies soit en prêts, soit de façon directe. Cependant, il y a quelque chose qui serait encore plus intéressant d'avoir.
    Selon le rapport annuel de 2025, le soutien au secteur du gaz et du pétrole se chiffre à 9,3 milliards de dollars, dont 2 milliards de dollars sous forme de financement direct. Pour 2024, c'est 7,6 milliards de dollars, dont 1 milliard de dollars sous forme de financement direct. Pour 2023, c'est 7,3 milliards de dollars. Je ne mentionnerai pas tous les chiffres, mais vos différents rapports annuels montrent quand même qu'une aide assez imposante a été accordée au secteur gazier et pétrolier. Or, selon moi, le seul secteur qui n'a pas été touché dans la guerre tarifaire, c'est le secteur énergétique.
    Je ne sais pas si vous pouvez nous fournir une ventilation de l'aide que vous fournissez au secteur gazier et pétrolier, au secteur minier et au secteur forestier. Je ne veux pas que vous me donniez cette information au moyen de codes, parce que c'est incompréhensible pour nous. Au Comité permanent des ressources naturelles, on m'a donné des codes SCIAN. Ça nous donne une indication, je le veux bien, mais ça ne montre pas l'aide accordée par secteur. Si votre action repose principalement sur le secteur gazier et pétrolier en période de crise quand ce n'est pas le secteur touché par les droits de douane, il me semble qu'il y a là une occasion ratée.
    Je ne sais pas s'il est possible pour vous de nous fournir la ventilation de l'aide accordée aux différents secteurs de 2022 à 2025. Ça nous donnerait une idée quant à la réponse qui a été donnée également aux droits de douane par secteur d'activité. Est-ce possible pour vous de le faire?

[Traduction]

    Oui, avec plaisir.
    Je peux vous dire que le soutien à ce secteur a diminué à la suite de la décision du gouvernement du Canada à la COP26 de ne pas permettre à EDC de soutenir le secteur pétrolier et gazier international. Ce chiffre a diminué.
    Cependant, vous avez raison; c'était 9,3 milliards de dollars l'an dernier. La majeure partie de cette somme est consacrée à ce qu'on appelle le soutien au commerce de l'électricité, qui consiste littéralement à exporter de l'électricité du Canada, du Québec et d'autres provinces, vers les États-Unis, ainsi qu'à soutenir le pétrole et le gaz... dans ce cas‑ci, principalement les exportations de gaz.
    Je me ferai un plaisir de fournir au Comité une ventilation plus détaillée.

[Français]

    Ça apparaît cependant dans la section...

[Traduction]

    Merci beaucoup.
    Je suis désolée. Allez‑y, monsieur Simard.

[Français]

    Dans votre rapport, ça apparaît cependant dans la section concernant le pétrole et le gaz naturel.

[Traduction]

    Oui.

[Français]

    Merci.

[Traduction]

    Merci beaucoup.
    Nous passons maintenant à M. Arnold, pour cinq minutes, suivi de M. Fonseca.
    Merci, madame la présidente.
    Je suis heureux d'avoir l'occasion de siéger en tant que remplaçant à ce comité. Je ne suis jamais venu ici auparavant.
    J'aimerais aborder quelques points que j'ai relevés au cours des dernières semaines. L'un est la formation professionnelle, et l'autre, les besoins en infrastructure ici au pays.
    J'ai récemment assisté à une présentation sur les exigences en matière de transport maritime au Canada. On a souligné qu'au cours des prochaines années, le Canada ne sera en mesure de répondre qu'à environ 40 % des besoins prévus dans le secteur du transport maritime en ce qui concerne les capitaines, les équipages, les pilotes maritimes et ainsi de suite. Étant donné cette pénurie cernée par l'industrie, est‑ce que l'une ou l'autre de vos organisations peut jouer un rôle pour y remédier, que ce soit par l'entremise d'installations de formation privées ou de partenariats public-privé?
    Avez-vous une idée de l'ampleur de la pénurie à laquelle nous faisons face?
(1215)
    Nous savons qu'il y a une pénurie, mais je ne l'attribuerais pas à ce secteur en particulier. Je pense à d'autres métiers. Par exemple, le soudage représente un grand défi au Canada à l'heure actuelle, et il y a une pénurie de travailleurs qualifiés. Nous soutenons plusieurs entrepreneurs qui ont des écoles de métiers.
    Si je prends la question plus générale dont vous parlez en ce qui concerne l'infrastructure liée au secteur maritime, je peux vous dire que nous essayons actuellement de mieux comprendre le secteur de la défense — largement défini ici —, notamment les véhicules maritimes commerciaux, afin de déterminer où il y a des lacunes importantes par rapport à l'objectif de la stratégie industrielle de défense. L'objectif est de comprendre où la BDC, qui est là pour soutenir principalement les petites et moyennes entreprises, peut aider à développer cette partie de la chaîne de valeur.
    Nous sommes conscients du défi. Nous le cartographions pour mieux comprendre où il y a des lacunes afin de pouvoir ensuite cibler nos interventions.
    Avez-vous quelque chose à ajouter, monsieur Winterhalt?
    J'ajouterais que, dans le cadre du mandat d'EDC, notre rôle est essentiellement d'aider à générer et à accroître le commerce international. Nous pouvons appuyer ces entreprises lorsqu'elles sont prêtes à exporter leur programme de formation. Notre rôle serait davantage axé sur l'élaboration de...
    Non. Là où je veux en venir, c'est que même si ces entreprises sont prêtes à exporter, elles n'ont ni les infrastructures ni la main-d'œuvre nécessaires pour le faire. Nous ne pouvons tout simplement pas combler les besoins.
    J'ai un autre exemple. Ma circonscription, Kamloops—Shuswap—Central Rockies, est traversée par un tronçon de plus de 400 kilomètres de la Transcanadienne et environ 450 kilomètres de la ligne principale du CPKC, le principal corridor de transport de l'Ouest canadien jusqu'au port de Vancouver. Ce n'est pas le seul, mais c'est certainement le plus important.
    Une question inscrite au Feuilleton que j'ai posée visait à savoir combien le gouvernement fédéral avait investi ou dépensé en planification ou en services d'ingénierie pour améliorer les routes dans les parcs nationaux, qui sont exclusivement la responsabilité du gouvernement fédéral. La réponse était que le montant dépensé au cours des 10 dernières années, pour un projet déjà en cours, était essentiellement de zéro. Aucun nouveau projet n'a été proposé, et la phase de conception ou d'ingénierie pour des projets dont la réalisation prendra au moins 10 ans n'a même pas été lancée.
    Près de chez moi, nous assistons à des fermetures d'autoroute une ou deux fois par semaine en raison du mauvais état de la chaussée lié à la vitesse des semi-remorques. Lorsqu'un incident entraîne un décès, l'autoroute reste fermée pendant quatre à six heures. Elle est complètement fermée; aucun détour n'est possible. On estime que ces fermetures au col Rogers coûtent à l'économie canadienne environ 3 millions de dollars par heure.
    Le gouvernement a récemment annoncé que les Forces armées canadiennes ne participeraient plus au contrôle des avalanches, mais il n'a rien prévu pour les remplacer. Nous verrons des fermetures d'autoroutes d'une durée indéterminée tuer notre économie, à raison de 3 millions de dollars par heure.
    J'aimerais savoir ce que font vos organismes respectifs pour veiller à ce que les gens de métier, les entreprises et l'industrie soient prêts à construire les infrastructures dont nous avons besoin si nous voulons être en mesure d'exporter les produits que vous aidez les entrepreneurs à développer.
    Merci, monsieur Arnold. Vous obtiendrez peut-être une réponse au prochain tour.
    Monsieur Fonseca, vous avez la parole pour cinq minutes.
    Merci, madame la présidente.
    Je remercie les représentants de la BDC et d'EDC.
    Je suis ravi que vous travailliez si bien ensemble et que vous appuyiez nos exportateurs et les objectifs que nous essayons d'atteindre.
    Les représentants d'EDC et de la BDC peuvent répondre à la question. Dans quelle mesure cette approche pangouvernementale est-elle importante pour aider les entreprises canadiennes à réussir sur la scène internationale?
    Qui aimerait répondre à cette question?
(1220)
    Je serai heureux de commencer.
    Je dirais que c'est essentiel. Ces deux organismes travaillent ensemble, je pense, de façon assez harmonieuse. Nous examinons où se situe la priorité de chaque organisme. Pour EDC, il s'agit principalement des grandes entreprises canadiennes du marché intermédiaire qui cherchent à tirer parti des débouchés à l'international. Je vais laisser ma collègue donner de brèves explications au sujet de la BDC.
    C'est un continuum, en quelque sorte. D'abord, il y a le soutien de la BDC à plus petite échelle, peut-être du capital de risque ou du capital d'appoint à mesure que les entreprises commencent à croître. Ensuite, à mesure qu'elles prennent de l'expansion, elles partent en quête de débouchés internationaux.
    En outre, il est primordial que nous maintenions des liens étroits avec nos collègues de la Chambre de commerce du Canada et du Service des délégués commerciaux afin de ne pas dédoubler les efforts et de veiller à ce que tous s'acquittent de leur mandat principal.
    Du point de vue de la BDC, notre rôle consiste à aider les entrepreneurs à se forger une base solide au Canada et à atteindre un niveau leur permettant d'exporter. Nous les aidons à élaborer des stratégies concernant leurs méthodes d'exportation et les endroits où ils devraient exporter. Nous avons cet accord et ce programme de référence, si bien que lorsqu'un entrepreneur a besoin d'un soutien précis lié à l'exportation, nous l'orientons vers EDC.
    Merci.
    Nous nous étions fixé un objectif très ambitieux il y a quelques années. Nous voulions doubler nos échanges avec des marchés autres que les États-Unis, et nous y sommes parvenus. Nous nous sommes désormais fixé un autre objectif ambitieux. Nous souhaitons redoubler ces échanges au cours des 10 prochaines années avec des marchés autres que les États-Unis, qu'ils soient en Europe, dans la région indo-pacifique ou d'autres marchés à forte croissance. Pour ce qui est d'atteindre ce prochain objectif, l'avez-vous intégré à vos plans stratégiques? Fait‑il partie de vos plans stratégiques? Comment allons-nous y parvenir?
    Oui, il en fait partie. Nous sommes actuellement en train d'élaborer un plan d'entreprise quinquennal pour 2026 à 2031, qui s'inscrit pleinement dans l'orientation adoptée par le ministre du Commerce international dans le cadre de l'énoncé des priorités et des responsabilités, et qui constitue l'un des principaux objectifs d'EDC.
    C'est donc directement lié à nos investissements sur de nouveaux marchés pour qu'il y ait une présence sur le terrain et de nouveaux programmes afin de nous aider à prendre différents risques que ceux que nous avons peut-être pris dans le passé, dans l'espoir d'atteindre cet objectif qui, je suis d'accord avec vous, est ambitieux, mais qui reste tout à fait réalisable, à mon avis.
    Le premier ministre Carney, le ministre LeBlanc et le ministre Sidhu ont tous parlé de ces objectifs. Nous voulons accroître nos investissements directs à l'étranger d'un billion de dollars au cours des cinq prochaines années et doubler nos échanges commerciaux avec d'autres pays que les États-Unis au cours des 10 prochaines années. Pour y parvenir, nous devons faire ce que nous avons fait il y a plusieurs années, lorsque nous avons entrepris de renouveler l'ALENA, qui est devenu l'ACEUM. Nous y sommes parvenus grâce à une approche « Équipe Canada ». Cela signifie tous les ordres de gouvernement, tous les parlementaires et une approche pangouvernementale. Cette approche a donné de très bons résultats.
    Je dirais qu'il y a des parlementaires qui dénigrent le Canada, qui ne cessent d'évoquer les points négatifs. Pensez-vous que cela aide à fournir à nos intervenants ce dont ils ont besoin pour réussir et dialoguer avec leurs homologues?
    Ce que nos exportateurs, nos investisseurs et nos clients nous disent, c'est qu'ils ont vraiment besoin de disposer de toutes les méthodes de soutien nécessaires pour réussir. C'est un environnement très concurrentiel. Il n'y a pas que le Canada qui recherche de nouveaux marchés. De nombreux pays sont à la recherche de nouveaux marchés. Nous réussirons seulement si nous travaillons ensemble, en tirant parti des outils à notre disposition.
    Je voudrais également évoquer la possibilité pour le secteur privé canadien d'intervenir et de participer à cette démarche. À EDC, pas moins de 85 % de toutes nos transactions sont réalisées en partenariat avec des organisations comme la BDC, mais aussi avec les institutions financières canadiennes et les huit principaux fonds de pension. C'est un objectif national de soutenir la concurrence dans un environnement très dynamique.
    Oui, face à cette menace existentielle, nous comprenons que nous devons être unis en tant que pays et en tant que gouvernement — et je dis « en tant que gouvernement » de façon non partisane.
    J'ai le sentiment, et c'est ce que j'entends dire, que nous devons... Nous pouvons tirer parti des réussites que nous avons connues. Il serait très négatif de les compromettre de quelque manière que ce soit en cherchant à saper l'approche du gouvernement visant à conclure cet accord commercial très important, que ce soit l'ACEUM ou d'autres accords commerciaux partout dans le monde.
(1225)
    Je dirais qu'il y a là une véritable occasion d'aller plus loin ensemble plutôt que chacun de son côté.
    Merci.
    Je vous remercie.
    Nous allons maintenant céder la parole à M. Chambers, s'il vous plaît, pour cinq minutes, puis à M. Naqvi.
    Merci, madame la présidente.
    À la suite de la question de mon collègue concernant la possibilité de vous permettre de répondre à la question qui a été posée à la fin du dernier tour, avez-vous des commentaires à faire à mon collègue au sujet des infrastructures?
    Merci.
    Oui, à EDC, notre engagement à aider le Canada à mettre en place des infrastructures qui favorisent le commerce se concentre véritablement sur ces projets essentiels et sur les éléments clés du réseau d'infrastructures: routes, voies ferrées, aéroports et autres installations de ce genre qui sont directement liés aux exportations. C'est notre mandat et notre rôle principaux. Nous continuons de soutenir très activement ces initiatives à EDC.
    Je vous remercie.
    Dans votre déclaration liminaire, monsieur Winterhalt, vous avez évoqué le mandat d'EDC, qui consiste à fournir des assurances, des prêts et des capitaux directs aux entreprises.
    Madame Dorval, comment qualifieriez-vous le mandat de la BDC?
    Notre mandat consiste à soutenir les entrepreneurs à démarrer une entreprise et à lui faire prendre de l'expansion, en mettant l'accent sur les activités canadiennes de ces entreprises et en veillant à la vitalité de l'écosystème entrepreneurial.
     Je vous remercie.
    Si vos activités se concentrent principalement sur le marché canadien, en quoi le nouveau fonds que vous avez été chargés de distribuer, et qui semble axé sur les exportations, s'inscrit‑il pleinement dans votre mandat?
    Je suis désolée, mais je ne vois pas de quel fonds vous parlez.
    Ne s'agit‑il pas là de votre fonds pour les prêts Pivoter pour se propulser?
    Pour rappeler en quelques mots en quoi consiste l'initiative Pivoter pour se propulser, je précise qu'il s’agit d’un programme qui aide les entreprises touchées par les droits de douane ou par l'incertitude à déterminer la meilleure marche à suivre pour elles. Ce programme n’est pas axé sur l’exportation, mais il peut inclure ce volet. Il peut notamment consister à revoir votre stratégie: où souhaitez-vous être présent? Quel est votre produit? Quel est votre degré d’efficacité opérationnelle? La portée du programme peut être assez large et inclure un volet lié à l’exportation.
    Merci beaucoup. Cela me fait plutôt penser à des services de consultation. Est‑ce exact?
    Le programme Pivoter pour se propulser comporte deux volets. Il y a, d'une part, les services de conseil — ou de consultation — et, d'autre part, le volet financier, qui s'y rattache aussi.
    Merci.
    Monsieur Winterhalt, proposez-vous également des services de consultation?
    Non.
     D'accord. C'est là qu'il semble y avoir une petite distinction, si j'ai bien compris. Vous m'excuserez, car il arrive que les mandats de certaines de ces organisations ne soient pas très clairs, et que leurs activités semblent parfois se chevaucher. Il serait tout à fait envisageable que les deux organisations interviennent auprès du même client, n'est‑ce pas?
     Il est possible que nous ayons le même client. Nous répondrions toutefois à des besoins différents. La BDC l'aidera à se lancer, à se développer et à s'implanter solidement au Canada. EDC l'aidera à gérer le volet d'exportation de ses activités.
     Avez-vous une bonne idée des domaines dans lesquels les activités de vos deux organisations pourraient se recouper? Avez-vous établi une cartographie des relations entre certaines entités avec lesquelles vous travaillez régulièrement? J'essaie simplement de comprendre comment vous pourriez travailler ensemble sur le marché.
    C'est avec plaisir que je répondrai à cette question.
    Nous le faisons certainement. Nous organisons régulièrement des réunions et des échanges entre nos équipes. Un comité, appelé Comité de la relance des entreprises, de l’économie et du commerce, ou REÉC, a également été mis en place; il nous réunit ainsi que plusieurs autres sociétés d’État, et nous permet d’avoir des discussions ouvertes à propos des besoins des clients, des lacunes du marché et de la manière dont nous pouvons tirer parti de nos atouts respectifs plutôt que de dédoubler nos efforts.
    Le domaine dans lequel je dirais que nous collaborons souvent est celui des capitaux propres. EDC intervient plutôt à un stade avancé du développement des entreprises. Lorsque celles‑ci sont prêtes à se développer et à saisir de nouvelles occasions, nous pouvons, par exemple, compléter les fonds que la BDC a déjà investis dans des entreprises canadiennes.
    Merci, madame la présidente.
     Monsieur Naqvi, vous avez la parole pendant cinq minutes.
     Merci, madame la présidente.
    Bienvenue à tous les témoins. Je vous remercie vivement d’avoir pris le temps de consacrer deux heures à cette discussion très importante. Je vous présente mes excuses pour mon absence pendant la première moitié de la réunion, qui était liée à des événements communautaires. Il se peut que je vous pose certaines questions auxquelles vous avez peut-être déjà répondu, mais j’espère que ce sera sous un angle différent et que vous pourrez ainsi apporter des précisions supplémentaires.
    Grâce à votre exposé, je suis certain que mes collègues ont désormais une meilleure idée du rôle qu'EDC et la BDC jouent dans le soutien apporté aux entreprises canadiennes. Mon collègue, M. Fonseca, a évoqué l’objectif déclaré du gouvernement de doubler nos exportations vers d'autres pays que les États-Unis. Je sais et je reconnais que vos organisations respectives se mobilisent vraiment pour aider les entreprises canadiennes à atteindre cet objectif.
    Pourriez-vous nous donner quelques exemples concrets des changements que vous avez apportés à vos activités, à vos offres et à vos programmes? Pourriez-vous aborder plus en détail certains de ces facteurs? Je sais que, dans le secteur de la défense, d’importants efforts sont déployés pour aider le gouvernement à remplir son mandat et pour permettre aux entreprises de se diversifier en s’éloignant du marché américain ou d’intégrer d’autres marchés non américains à leurs débouchés d’exportation.
    Nous allons peut-être commencer par entendre EDC, puis nous passerons à la BDC. Merci.
(1230)
     Je vais peut-être simplement revenir brièvement sur quelques points.
    L’orientation vers de nouveaux marchés a certainement joué un rôle fondamental dans le plan stratégique actuel d’EDC et dans nos activités de ces deux dernières années. Nous avons investi d’importantes ressources supplémentaires — humaines et financières — dans la région de l'Asie. Nous y observons une réelle croissance — d’environ 30 % au cours des deux dernières années. Cette progression est telle qu’elle a désormais atteint un niveau équivalent à celui du soutien à l’exportation vers l’Europe apporté par EDC. C’est une situation que nous n’avions jamais observée auparavant.
     Nous échangeons également beaucoup d’informations concernant les marchés. Dans le cadre de nos activités internationales, nous aidons des entreprises canadiennes qui n'ont peut-être jamais exporté leurs produits dans des pays autres que les États-Unis à comprendre certains des débouchés qui existent en dehors des États-Unis, que ce soit en Amérique du Sud, en Europe ou en Asie, comme je l’ai évoqué. Pour ce faire, nous organisons plusieurs webinaires, et nous proposons des produits d’information que nous sommes ravis de transmettre en partenariat avec le Service des délégués commerciaux, afin de renforcer véritablement leurs efforts.
     Nous nous intéressons notamment à plusieurs secteurs clés en pleine expansion, comme la défense et la sécurité, où le soutien d’EDC est passé de zéro l’année dernière à 1,6 milliard de dollars en l’espace d’une seule année civile. Il y a également le secteur des minéraux critiques, où nous investissons dans le développement de nouveaux sites miniers situés ici, au Canada, afin de les aider à atteindre plus rapidement leur pleine capacité, puis à exporter et à contribuer ainsi à changer la donne.
    Grâce à des domaines tels que l'intelligence artificielle et les technologies numériques, où l'on observe une croissance tout à fait progressive en dehors du Canada et des États-Unis, on doit investir dans ces entreprises et les aider à se développer plus rapidement afin d'engendrer une augmentation des exportations.
    Madame Dorval, la parole est à vous.
     Je dirais que nous avons mené quatre initiatives différentes dans ce domaine.
     Je vais revenir sur le programme Pivoter pour se propulser. Il vise en réalité à aider les entrepreneurs à définir la meilleure façon pour eux de s'adapter à leur environnement, notamment en matière d'exportation. Dans ce cadre, nous avons élargi notre offre et augmenté le nombre de consultants spécialisés dans le secteur de l'exportation.
    Nous apportons notre soutien par l'intermédiaire de programmes sectoriels particuliers qui sont destinés aux exportateurs touchés par les droits de douane. Cela leur permet de mieux s'adapter à ce contexte, surtout du point de vue des liquidités.
    Nous avons mis en place le programme LIFT qui est destiné à soutenir les entrepreneurs qui investissent dans l'IA, la robotisation et l'automatisation, afin de les aider à devenir encore plus compétitifs et plus productifs, et leur permettre ainsi de s'imposer sur la scène internationale.
    Nous mettons également davantage l'accent sur certains secteurs clés qui offriront des possibilités d'exportation, comme celui de la défense. Il s'agit d'un vaste programme — de l'ordre de 6 milliards de dollars — qui a été lancé et qui se développera autour de ce secteur.
    Voilà quatre activités que nous menons.
    En commençant par la BDC, pourriez-vous nous communiquer des renseignements sur les marchés particuliers sur lesquels vous vous concentrez, en dehors des États-Unis? Quelles mesures avez-vous prises à cet égard?
    En ce qui concerne EDC, je sais que vous ouvrez de nouveaux bureaux. Pourriez-vous nous en dire plus sur l'approche plus tactique que vous comptez mettre en œuvre pour aider les entreprises canadiennes à prospérer sur d'autres marchés, qu'ils se trouvent dans la région indo-pacifique, en Amérique latine, etc.?
(1235)
     Je suis ravi de commencer.
    C'est vraiment cette approche pratique qui fait toute la différence.
    Il faut d’abord repérer les débouchés. Mon collègue a évoqué tout à l’heure les partenariats clés que nous entretenons avec de grandes multinationales à l’échelle mondiale. En nous efforçant de comprendre leur chaîne d’approvisionnement et en les aidant à s’approvisionner en biens et équipements canadiens, nous parvenons à nouer des liens qui, sans cela, ne s'établiraient pas souvent avec de petites et moyennes entreprises canadiennes. Ces réseaux internationaux et les relations directes qui se tissent dans les marchés et ici, au Canada, sont absolument essentiels, et ils nous permettent d’asseoir notre présence dans la chaîne d’approvisionnement.
    Nous avons donné précédemment l'exemple d'un fabricant montréalais que nous avions aidé à s'associer à une Entreprise spécialisée dans l'ingénierie, l'approvisionnement et la construction. Ce fabricant a d'ailleurs tiré parti de cette relation pour décrocher un contrat de plusieurs millions de dollars en Afrique du Nord.
    Tout dépend des relations et de la communication mutuelle de débouchés concrets de ce genre.
    Je vous remercie.
    Nous allons maintenant donner la parole à M. Simard pendant deux minutes et demie.

[Français]

    Merci beaucoup, madame la présidente.
    J'aimerais revenir sur une question que mon collègue M. Chambers a effleurée tout à l'heure sur les services-conseils que vous donnez.
    Quand des droits de douane de 25 % ont été ajoutés sur les produits finis qui contiennent de l'aluminium, plusieurs petites entreprises qui ne sont pas habituées à composer avec ça ont été obligées de faire appel à des services qui étaient offerts à l'extérieur, souvent à 300 $ l'heure. Ce sont des coûts considérables pour elles.
    Or, ce sont probablement des informations que vous êtes en mesure d'avoir. Est-ce que c'est un service que vous offrez? Je ne sais pas si c'est possible, mais est-ce que ces gens pourraient avoir accès à une forme de ligne téléphonique?
    Je vous dis ça parce que je sais que, chez nous, c'est AluQuébec qui a fait le travail d'informer les gens. Cet organisme a reçu beaucoup d'appels de gens qui voulaient savoir quelle était la teneur des droits de douane et sur quoi les droits de 25 % allaient s'appliquer.
    Est-ce que ça fait partie de votre rôle de donner ce genre d'information dans un contexte comme celui de la guerre tarifaire actuelle?
    Notre rôle est moins de donner de l'information à un secteur entier que d'aider un entrepreneur à la fois. Nous l'avons fait dans le cadre du programme de prêt Pivoter pour se propulser.
    Du côté des services-conseils, nous avons fait deux choses. Nous sommes très conscients que les entrepreneurs touchés voient leur flux monétaire être contraint. Nous avons donc proposé des tarifs préférentiels de 75 % pour que ce soit plus facile d'avoir accès aux mandats de services-conseils dans ce contexte. De plus, nous avons offert un service très rapide de quatre heures avec un expert. Cette offre est toujours disponible. Ce service consiste notamment à expliquer les droits de douane qui touchent une entreprise, par exemple. À la fin des quatre heures, l'entreprise reçoit un résumé d'une page et des recommandations précises.
    Nous pouvons donc aider les entrepreneurs de cette façon, c'est-à-dire en rendant les services abordables pour eux ou en leur donnant un service très pointu pour un besoin précis.
    Il ne me reste pas beaucoup de temps de parole.
    Monsieur Winterhalt, tout à l'heure, dans notre précédente discussion, nous nous sommes parlé du soutien offert au secteur gazier et pétrolier, et vous avez dit que ce soutien était en décroissance. Je vous ai parlé des années 2022 à 2025. Si vous pouviez, dans votre réponse écrite, nous présenter aussi cette décroissance, je pense que ça pourrait être intéressant. L'objectif est toujours le même: non seulement comprendre quels sont les secteurs à qui on apporte de l'aide dans le contexte de la crise tarifaire, mais aussi voir ce qu'il en est pour l'ensemble des secteurs.

[Traduction]

     Bien sûr.

[Français]

    Merci.

[Traduction]

     Je vous remercie.
    Nous allons maintenant donner la parole à M. McKenzie.
    Merci, madame la présidente.
    Madame la présidente, les interventions de la présente série de questions sont-elles d'une durée de cinq minutes?
    Oui.
    Merci.
    Madame Dorval, vous ai-je bien compris lorsque vous avez indiqué tout à l'heure qu'environ 7 % des clients de la BDC sont actuellement des exportateurs?
    C'est exact.
    Faites-vous actuellement des efforts concrets pour augmenter ce chiffre, et en quoi consistent-ils exactement? Vous avez déjà abordé certains aspects de la question aujourd'hui, je crois, mais je me demandais si vous pourriez nous en dire un peu plus à ce sujet.
     Notre mandat ne met pas l'accent sur l'exportation. Là encore, nous avons une mission complémentaire à celle d'EDC dans ce domaine, et elle consiste à veiller à ce que les entreprises canadiennes soient solides et prospères.
    Toutes les mesures que nous avons prises, et que j'ai évoquées tout à l'heure, s'inscrivent dans une réflexion stratégique. Est-il judicieux pour ces entreprises d'exporter, et vers où? Cela permettrait-il d'assainir la situation de l'entreprise? Comment peut-elle gagner en efficacité et en productivité, et se concentrer sur un secteur particulier dont nous savons qu'il présente un potentiel d'exportation? Notre mandat ne consiste pas à les accompagner dans le volet d'exportation. Il consiste à veiller à ce qu'elles soient solides et saines, et à ce qu'elles bénéficient du soutien nécessaire à cet effet.
(1240)
     Je comprends.
    Les représentants d'EDC auraient-ils quelque chose à ajouter à ce sujet, plus précisément?
     Il est simplement essentiel de travailler ensemble et de considérer cela, je le répète, comme un processus continu. À mesure que les entreprises se développent et se préparent à saisir des occasions à l'échelle internationale, le dialogue reste ouvert, et nous pouvons en quelque sorte nous orienter mutuellement.
     Je suis en train d'examiner certaines données de la Chambre de commerce du Canada, et plus précisément celles de son laboratoire de données sur les entreprises.
    La rubrique ici est « La diversification nécessitera un bassin d'exportateurs plus large », et je me demandais si vous pouviez nous aider à mieux comprendre ce chiffre de 7 %. Est-ce que ces exportateurs ont tendance à être assez concentrés dans des secteurs particuliers? On se demande également s'ils sont concentrés dans des régions urbaines ou s'il s'agit de petites entreprises situées dans des zones géographiques plus restreintes du Canada.
    J'essaie de comprendre comment nous allons parvenir à atteindre l'objectif très ambitieux que notre gouvernement fédéral s'est fixé en matière d'exportations.
     Monsieur Cléroux, vous pourriez peut-être nous donner votre point de vue à ce sujet.
    Notre bassin, qui représente environ 7 % de nos entrepreneurs, est légèrement inférieur à la moyenne canadienne. Je pense que la proportion d'entreprises canadiennes exportatrices avoisine plutôt les 10 %, ce qui est logique étant donné que nos entreprises sont généralement de plus petite taille.
    Monsieur Cléroux, souhaitez-vous nous parler des secteurs représentés et de la répartition géographique de ces entreprises?
    Oui, en effet, nos clients qui exportent sont présents dans de nombreux secteurs de l'économie. Cela dépend parfois davantage de leur taille et de leur capacité à le faire, mais cela tient aussi au leadership de l'entrepreneur. Certains entrepreneurs sont plus enclins que d'autres à développer leurs activités à l'étranger.
    En ce qui concerne les régions, il y a en réalité beaucoup d'exportateurs qui ne sont pas implantés dans de grandes villes, car bon nombre d'entre eux appartiennent au secteur manufacturier. En général, ces entreprises sont situées dans des zones moins peuplées, car c'est là que se concentre une grande partie de l'activité manufacturière. Nous constatons que bon nombre de nos clients issus de petites collectivités exportent leurs produits à l'extérieur du Canada.
    Merci beaucoup.
     Pourriez-vous nous donner votre avis au sujet de l'objectif visant à doubler les exportations canadiennes vers des pays autres que les États-Unis d'ici dix ans? De votre point de vue de membres de la BDC, voyez-vous une voie à suivre pour y parvenir? À quoi ressemblerait-elle? D'où proviendra une croissance de ce genre?
    Monsieur Cléroux, voulez-vous répondre à cette question?
    Je pense qu'il y a beaucoup de débouchés. Le monde est bien plus vaste aujourd'hui qu'il ne l'était par le passé. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'en général, les entreprises au Canada sont de petite taille. Aujourd'hui, une occasion s'offre à nous. On assiste actuellement à de nombreuses transmissions d'entreprises, car la population des entrepreneurs vieillit. De nombreuses possibilités de croissance existent, car, souvent, une entreprise doit atteindre une certaine taille pour pouvoir exporter. Je vois une grande possibilité d'élargir ce bassin en ce moment. À mesure que les entreprises grandiront, elles auront davantage de capacités pour exporter.
     Comme l'a déclaré Mme Dorval, l'un des rôles de la BDC est d'aider les entreprises canadiennes à se renforcer. Nous les aidons à se développer, et lorsqu'elles atteignent un certain stade de croissance, elles souhaitent pénétrer des marchés à l'étranger.
     Je vous remercie.
    Nous donnons la parole à M. Lavoie pendant cinq minutes. Il sera suivi de M. Simard et de Mme Lapointe, et cela marquera la fin du temps qui nous est imparti. Il nous reste 15 minutes, et nous les répartirons de cette manière.
    Monsieur Lavoie, la parole est à vous.

[Français]

    Merci, madame la présidente.
    Je ne pensais pas avoir d'autre temps de parole, mais je suis content d'être avec vous.
    Revenons sur ce que nous disions tout à l'heure. Avez-vous des exemples concrets à nous donner?
    Votre réponse n'était pas à 50 000 pieds dans les airs, mais peut-être à 10 000 pieds. Autrement dit, vous avez parlé de manière générale.
    Je sais que Mme De Franco nous a relaté une anecdote, mais avez-vous des exemples encore plus précis à nous donner, des exemples concernant des entreprises?
    Je vous ai aussi demandé des exemples nous permettant de comparer la situation d'avant avec celle d'après. Y a-t-il quelque chose que vous ne faisiez pas, il y a un an? Par exemple, y a-t-il des secteurs auxquels vous n'accordiez pas de financement, mais que vous financez aujourd'hui?
(1245)
    Je peux vous donner un exemple très concret d'une entreprise du Manitoba, dont j'ai d'ailleurs rencontré des représentants hier. C'est une entreprise dans le secteur de l'acier. Comme on le sait, l'acier se voit imposer des droits de douane. La BDC aide cette entreprise à compenser le fait qu'elle a plus de difficulté à exporter ses produits à cause des droits de douane. Nous l'aidons à se repositionner dans le marché canadien, entre autres dans le secteur de la défense.
    Comme vous le savez, nous avons le mandat d'aider les entreprises à explorer les possibilités dans le secteur de la défense. Cette entreprise fait des pièces en acier, comme des poutrelles, et même de l'équipement principalement composé d'acier. Nous allons donc l'aider à avoir accès à la chaîne d'approvisionnement de la défense. Ça permet à une entreprise qui est touchée par les droits de douane de se repositionner à l'intérieur d'un autre marché. Cette entreprise n'a pas d'activité dans le secteur de la défense présentement, mais nous sommes convaincus qu'en l'aidant à obtenir la certification dont elle a besoin, et peut-être aussi le financement nécessaire, nous serons capables de l'aider à explorer cette possibilité.
    Vous me reprendrez si je me trompe, mais, si je comprends bien, à la BDC, vous n'avez pas toujours été dans le secteur de la défense. Autrement dit, vous n'accordiez pas nécessairement de financement aux entreprises qui avaient des clients dans le secteur de la défense, mais aujourd'hui c'est le cas. Est-ce bien cela?
    Tout à fait. Le secteur de la défense n'était pas un secteur que nous couvrions systématiquement avant.
    Qu'est-ce qui a mené à ce changement? Est-ce seulement parce que le gouvernement ou le ministère a établi de nouvelles orientations et vous a demandé de les suivre? Est-ce plutôt quelque chose qui est venu de vous? Est-ce un peu des deux?
    Par ailleurs, y a-t-il des secteurs que vous décidez d'explorer même si ça ne découle pas d'une directive du gouvernement?
    Assurément, comme organisation, nous sommes toujours à l'affût de ce qui se passe dans le marché et de ce dont les entrepreneurs ont besoin.
    Le mouvement vers le secteur de la défense découle d'une réflexion qui a été amorcée au début par la BDC. Par la suite, nous avons engagé notre actionnaire dans le processus pour nous assurer de l'alignement.
    Nous nous sommes rendu compte que la situation dans laquelle nous étions requérait d'avoir un secteur de la défense beaucoup plus solide et beaucoup plus souverain. Comme banque de développement, nous voyons que nous avons un rôle important à jouer dans ce secteur.
    J'aimerais vous poser une dernière question avant de permettre à M. Winterhalt d'intervenir.
    Si le gouvernement n'avait pas pris cette direction, est-ce que, pour votre part, vous l'auriez prise?
    Selon notre mandat, nous sommes capables de prendre cette direction aussi.
    D'accord. Merci, madame Dorval.
    Monsieur Winterhalt, je vous pose la même question. De votre côté, comment établissez-vous ça?

[Traduction]

    Je commencerais bien sûr par le secteur de la défense et de la sécurité, dans lequel notre actionnaire, le ministre du Commerce international, nous a donné l'instruction de relancer notre soutien. Comme je l'ai mentionné précédemment, cela s'est traduit, en l'espace d'une seule année, par un soutien de plus de 1,6 milliard de dollars en faveur des exportations canadiennes dans le domaine de la défense et de la sécurité. Il s'agit là d'un changement très important et assez rapide.
     J'aimerais également évoquer notre soutien en faveur des minéraux critiques. Nous avons brièvement évoqué des investissements dans des sites miniers nationaux. Ce qui est très différent dans ce secteur — et il s'agit là d'une initiative d'EDC —, c'est le fait d'avoir mis en place ce que l'on appelle un financement antérieur à la décision définitive d'investissement. Le but de cette initiative est de prévoir un apport en capitaux propres ou un soutien financier de la part d'EDC beaucoup plus tôt dans le processus, afin d'aider ces projets à franchir la ligne d'arrivée et à démarrer leur production beaucoup plus tôt. C'est une toute nouvelle approche pour nous, et nous y voyons un fort potentiel de croissance.
    Le dernier exemple que je voudrais citer est la participation d'EDC à l'investissement et au financement d'un port spatial dans la région de l'Atlantique, le premier que le Canada possédera. Ce projet est, là encore, lié dans une certaine mesure aux domaines de la défense et de la sécurité, où nous voyons de nombreuses possibilités, non seulement pour les technologies et les investissements liés à l'espace, mais aussi pour ceux qui ont rapport à la défense et à la sécurité.
    Voici trois exemples simples qui illustrent les nouveaux secteurs de croissance que nous avons observés au cours de l'année.

[Français]

    Je vois que mon temps de parole est écoulé, mais je vous remercie de votre présence aujourd'hui. Vous êtes en quelque sorte le bras financier du gouvernement. Le rôle que vous jouez est important. Je vais attendre avec impatience des exemples de choses que vous ne faisiez pas avant, mais que vous faites maintenant. J'aimerais bien vous revoir dans six mois ou un an pour voir comment les choses ont évolué et comment vous avez accompagné les entreprises.
    Merci.

[Traduction]

     Je vous remercie.
    Monsieur Simard, vous disposez de quatre minutes.

[Français]

    Merci, madame la présidente.
    Je remercie beaucoup mes amis conservateurs de m'aider à répondre à mon problème d'indigence de temps de parole.
    Je veux revenir sur le secteur forestier.
    Comme on le sait, la crise dure depuis 2017. La dernière fois que j'ai regardé les chiffres, une somme de plus de 13 milliards de dollars appartenant aux gens du secteur forestier dormait aux États‑Unis en raison de la combinaison des droits compensateurs et des droits antidumping.
    La première chose que j'aimerais savoir, c'est si vous avez été consultés de quelque façon que ce soit par le gouvernement à la suite de l'annonce qui a été faite, au début du mois, au sujet du groupe de travail. Le rapport déposé par le groupe de travail formé par le gouvernement proposait 10 milliards de dollars sur 10 ans. À mon avis, techniquement, ça tombe dans vos cours respectives.
    Est-ce que vous avez été consultés à cet égard? Est-ce que vous avez été consultés par ce groupe de travail? Est-ce que vous avez eu des discussions avec ces gens?
(1250)
    Je ne peux pas répondre précisément en ce qui concerne ce groupe de travail. Ce que je peux dire, c'est que nous avons des discussions avec le gouvernement, qui est notre actionnaire, concernant ce secteur et le soutien que nous pouvons apporter à ce secteur. Cependant, je ne peux pas dire précisément ce qu'il en est de ce groupe de travail.
    Je ne sais pas si vous avez vu passer une certaine proposition faite par les gens du secteur forestier. La combinaison des droits antidumping et des droits compensateurs fait que la marge de profit des gens du secteur forestier est amputée de 45 %. Pendant longtemps, on a vu circuler une proposition selon laquelle le gouvernement pourrait leur donner accès aux liquidités à partir de l'argent qui dort aux États‑Unis, et récupérer cet argent par la suite, une fois que le conflit serait réglé. Or, les montants sont trop élevés. Les gens en sont venus à un compromis: pourquoi le gouvernement, à la fin de chaque mois, peut-être par l'intermédiaire d'EDC, ne ravalerait-il pas 50 % de la combinaison des droits antidumping et des droits compensateurs, autrement dit 50 % des 45 %? De cette façon, on pourrait toujours avoir accès au marché. Ce ne serait pas une subvention puisque, quand le conflit va finalement être réglé, le gouvernement va pouvoir récupérer cet argent.
    Est-ce que vous avez déjà été informé de cette proposition provenant de gens du secteur et de grandes centrales syndicales? Est-ce que vous avez pris connaissance de ça?

[Traduction]

    Je n'en ai pas été informé.

[Français]

    Ça ne vous dit absolument rien. Dans ce cas, ça me fera plaisir de vous envoyer cette proposition.
    J'aimerais vous parler d'une autre chose, et j'ai hâte de voir comment ça va se développer. Je ne sais pas si c'est la même chose pour vous, mais, quand une entreprise forestière demande de l'aide au gouvernement, l'entreprise est immédiatement dirigée vers Affaires mondiales Canada. Or ce qu'on dit, c'est que, si on soutenait les gens qui font de la première transformation, on irait à l'encontre des accords commerciaux du Canada.
    J'ai vu des cas, dans ma circonscription, où ça n'avait pas de sens. Je pense, par exemple, à des entreprises d'insertion sociale qui n'ont même pas de marché aux États‑Unis, dont le marché se trouve à l'intérieur du Canada, mais qui ne peuvent pas avoir de soutien de la part du gouvernement fédéral, parce qu'on dit qu'elles vont à l'encontre des accords commerciaux du Canada, et ce, même si elles ne font pas d'affaires aux États‑Unis.
    Êtes-vous conscients de cette situation? Avant cette année ou l'année passée, quand une entreprise forestière vous demandait du soutien, est-ce que vous deviez vous-mêmes passer par Affaires mondiales Canada?
    Dans notre cas, quand un entrepreneur nous demande de le soutenir au moyen de financement ou de services-conseils, nous ne passons pas par ce processus. Nous évaluons la demande de financement en nous basant sur l'information financière, le projet de l'entreprise, etc. Ça ne passe donc pas par...
    Est-ce qu'il me reste du temps de parole pour...

[Traduction]

     Monsieur Simard, je suis désolée, mais votre temps de parole est écoulé.
    Nous allons maintenant céder la parole à Mme Lapointe pendant quatre minutes, et cela marquera la fin de la séance.

[Français]

    Merci beaucoup, madame la présidente.
    J'aurais une question pour vous, madame Dorval.
    Tantôt, vous avez beaucoup fait allusion à la défense. Dans les Laurentides, nous avons fait une activité au sujet de la défense et de toutes les occasions que ça peut créer. Nous avons fait ça le 31 mars dernier avec l'organisme Connexion Laurentides, un bras qui organise des événements en lien avec l'activité économique dans les Laurentides. Même avant cet événement, on nous avait dit que la BDC était le bras pour aider les entreprises à entrer dans le système d'approvisionnement en matière de défense.
    Est-ce que c'est l'information que vous avez? C'est parce qu'il faut avoir la certification. Pour entrer dans le secteur de la défense, il faut avoir passé le processus d'acceptation.
    C'est une bonne question. Pour vous expliquer le rôle que nous jouons, je vais revenir sur nos services-conseils, parce qu'ils sont importants dans le secteur de la défense.
    Nous aidons des entrepreneurs de secteurs adjacents à celui de la défense à comprendre ce qui sera requis pour entrer dans le secteur de la défense. Pour entrer dans ce secteur, il y a entre autres des préalables importants en matière de qualité et de cybersécurité. Quand les entrepreneurs sont intéressés, nous les aidons à comprendre ces préalables. Toutefois, nous ne sommes pas la porte d'entrée vers le système d'approvisionnement. Nous pouvons les aider à adapter leur modèle d'affaires et à comprendre ce qui est requis, mais ce n'est pas par nous qu'ils doivent passer pour le processus de validation qui leur permettra ensuite d'avoir accès au secteur de la défense.
(1255)
    À cet effet, j'avais rencontré la présidente et cheffe de la direction de la BDC, Mme Hudon. Le processus pour qu'une entreprise entre dans le système d'approvisionnement de la défense est long, mais on nous a expliqué que, lorsque vous offrez votre aide, ça raccourcit le temps pour entrer dans le système.
     En fait, nous aidons les entrepreneurs à comprendre rapidement ce dont ils ont besoin plutôt que d'errer. Au cours des derniers mois, j'ai rencontré des entrepreneurs qui voyaient les possibilités économiques du secteur et qui étaient très intéressés par celui-ci. Nous essayons de les aider à comprendre rapidement ce qui est requis pour qu'ils soient prêts à être des fournisseurs dans le secteur de la défense. Nous n'avons cependant pas de processus de validation à proprement parler.
     Vous êtes d'accord avec moi pour dire que, la défense, c'est vraiment très large. Ce ne sont pas juste des drones. Comme vous le disiez, c'est toute la chaîne d'approvisionnement. Oui, dans les Laurentides, il y a beaucoup d'entreprises dans le secteur de l'aviation, par exemple. Cela dit, il y a d'autres entreprises qui gravitent autour de tout ça. C'est très large.
    J'ai un exemple à vous donner. Je suis allée visiter l'entreprise Bain magique. Je ne sais pas si c'est une entreprise que vous aidez, mais Bain magique a des succursales aux États‑Unis et dans ma circonscription. Il n'y a qu'à penser aux bases militaires, qu'il va falloir rénover en s'il vous plaît. Étonnamment, des entreprises qui n'y pensent pas nécessairement peuvent entrer dans le secteur de la défense, notamment pour aider à la rénovation des bases militaires. C'est tellement large. Ça, les entrepreneurs ne le voient pas. Ils pensent tous que ce sont des drones et de l'équipement militaire.
    Est-ce que vous faites la promotion de ça?
    Nous nous familiarisons de plus en plus avec ça. Nous nous rendons compte qu'une grande partie du secteur de la défense est soutenue par des entreprises dont seulement 10 ou 20 % du chiffre d'affaires... C'est le cas de Bain magique, par exemple, mais j'ai rencontré aussi des entreprises qui font des lits superposés ou des boulons. Tout ça est requis aussi. Le secteur de la défense est quand même très large.
    Nous prenons beaucoup de place sur la place publique. Nous examinons aussi les industries adjacentes à la défense pour informer les entrepreneurs des possibilités d'étendre leurs services ou leurs produits au secteur de la défense.
    À tout le moins, il faut leur ouvrir les yeux et les amener à voir qu'il y a d'autres possibilités que le marché habituel.
    Tout à fait.

[Traduction]

    Je remercie infiniment nos témoins. Ces deux heures ont été très enrichissantes.
    Pour toutes les réponses en attente, veuillez vous assurer de faire parvenir les informations au greffier afin qu'il les transmette aux membres du Comité.
    Merci à tous. Je vais proposer de lever la séance.
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