Bienvenue à la 39e réunion du Comité permanent du commerce international. Conformément à l'article 108(2) du Règlement et à la motion adoptée le jeudi 18 septembre 2025, le Comité reprend son étude du Canada et de la prochaine révision de l'ACEUM, que nous attendons tous avec beaucoup d'impatience.
Nous accueillons aujourd'hui Kyle Larkin, président et chef de la direction du Conseil des viandes du Canada.
Bienvenue, monsieur Larkin. Nous vous connaissons tous très bien. Nous parlons de viande et en mangeons tout le temps. C'est donc toujours un plaisir de vous avoir parmi nous.
Nous avons aussi Jamie Neil, directeur financier chez Dajcor Aluminum, de la Canadian Coalition of Aluminum Extruders, par vidéoconférence.
C'est un plaisir de vous voir, monsieur Neil. Je suis heureux que vous ayez pu vous joindre à nous aujourd'hui.
Nous accueillons également Guy Trottier, directeur général de Papiers White Birch.
Bienvenue à vous tous.
Monsieur Larkin, je vous invite à nous présenter votre exposé préliminaire. Vous avez cinq minutes. Allez‑y, je vous en prie.
Merci, madame la présidente et distingués membres du Comité, de nous avoir invités.
Je m'appelle Kyle Larkin. Je suis président et chef de la direction du Conseil des viandes du Canada, autrement appelé le CVC. Le Conseil représente les entreprises du secteur des viandes agréées par le gouvernement fédéral et constitue la composante la plus importante du secteur de la transformation des aliments au Canada, avec un chiffre d'affaires annuel dépassant les 32 milliards de dollars, et près de 300 000 emplois à l'échelle du pays.
Nos entreprises transforment plus de 90 % des viandes produites au Canada, dont le bœuf, le porc, le veau, l'agneau et le bison, et fournissent aux familles canadiennes, ainsi qu'à plus de 90 marchés d'exportation, des protéines sûres, traçables et de grande qualité. Le secteur canadien de la viande rouge est diversifié. Il regroupe de grandes entreprises multinationales ainsi que de nombreuses petites et moyennes entreprises qui forment l'épine dorsale du Canada rural.
Nous vous remercions de nous avoir invités à nous exprimer au sujet de l'Accord Canada—États-Unis—Mexique, car nos principaux clients se trouvent dans ces deux pays. L'ACEUM et l'ALENA qui l'a précédé ont donné lieu à une forte intégration de nos chaînes d'approvisionnement dans les secteurs de la viande et de l'agroalimentaire. Cet accord de libre-échange a également profité aux secteurs de la transformation de la viande dans les trois pays, leur permettant de commercer entre eux de manière concurrentielle et d'exporter vers des marchés à forte valeur ajoutée à travers le monde.
Comme vous le savez peut-être, le secteur canadien de la transformation de la viande dépend fortement des marchés étrangers. Chaque année, nous exportons environ 65 % de la viande de porc et 50 % de la viande de bœuf que nous produisons. Cela représente plus de 10 milliards de dollars d'exportations de produits carnés chaque année, dont les États-Unis et le Mexique sont les principaux destinataires.
Les États-Unis, quant à eux, importent pour 4,2 milliards de dollars de bœuf canadien et 1,5 milliard de dollars de porc canadien, soit un total de 5,7 milliards de dollars. En contrepartie, les États-Unis exportent chaque année pour 2,2 milliards de dollars de produits carnés au Canada. Non seulement ces échanges bilatéraux profitent aux producteurs et aux transformateurs canadiens, mais ils profitent également à leurs homologues américains. Par exemple, notre association sœur aux États-Unis, l'American Meat Institute, rappelle que les exportations de produits carnés américains vers le Canada et le Mexique ont ajouté une valeur de 91 $ par tête de bétail et de 28 $ par porc de boucherie.
Le Mexique est aussi un marché important et en pleine croissance pour la viande canadienne. C'est notre troisième marché pour le bœuf canadien, avec des exportations annuelles qui s'élevaient à 272 millions de dollars en 2025, soit une croissance de plus de 10 % en un an. Pour le porc canadien, le Mexique représente notre quatrième marché, avec des exportations qui s'élevaient à 371 millions de dollars l'année dernière, soit une croissance de plus de 17 % en un an.
Les turbulences politiques provoquées par l'administration américaine ont ouvert des perspectives aux transformateurs et aux exportateurs de viande canadiens. Quand j'ai participé à la mission commerciale d'Équipe Canada au Mexique, j'ai pu constater directement les opportunités de croissance et pris la mesure de la demande de bœuf et de porc canadiens.
Compte tenu de ce volume élevé d'exportations, la pérennité de l'ACEUM revêt une importance capitale pour le secteur canadien de la transformation des aliments. Heureusement, les secteurs agroalimentaires de nos trois pays s'accordent pour réclamer un renouvellement complet de l'entente telle quelle pour une durée de 16 ans.
Le Conseil des viandes du Canada continue de travailler en étroite collaboration avec ses organisations partenaires aux États-Unis et au Mexique pour inciter nos dirigeants à respecter l'entente. En fait, je serai à Washington, D.C., la semaine prochaine pour rencontrer des membres du Congrès, des sénateurs et des représentants de l'administration américaine, ainsi qu'une organisation appelée Agricultural Coalition for USMCA, pour faire valoir les avantages économiques transfrontaliers de l'entente.
Tout en défendant l'ACEUM, nous devons veiller à rester compétitifs sur le marché intérieur canadien. C'est pourquoi le CVC continue de plaider en faveur d'une harmonisation réglementaire avec les États-Unis. Cela suppose notamment d'harmoniser notre programme d'interdiction renforcée frappant les aliments du bétail avec les normes américaines pour éliminer les coûts de conformité inutiles. À elle seule, cette modification réglementaire permettrait au secteur de la transformation d'économiser 25 millions de dollars par an. Cela suppose également d'harmoniser notre réglementation sur le bœuf dégraissé pour permettre au secteur canadien d'obtenir la même quantité de bœuf haché à partir de rognures que le peuvent les entreprises américaines.
Ces deux modifications réglementaires nous permettraient de rester compétitifs tout en favorisant l'accessibilité des prix des denrées alimentaires ici, au Canada. Nous devons également continuer de surveiller les mesures nuisibles, aussi bien aux États-Unis qu'au Mexique, qui pourraient restreindre le commerce transfrontalier, par exemple l'obligation d'indiquer le pays d'origine, connue sous le nom de MCOOL, ainsi que les incohérences en matière d'inspection.
Enfin, la forte intégration des secteurs agroalimentaires entre le Canada, les États-Unis et le Mexique constitue un atout pour nos négociateurs. L'ACEUM, tout comme l'ALENA avant lui, a favorisé le commerce transfrontalier des produits agroalimentaires, garantissant ainsi l'accessibilité financière des aliments, la sécurité alimentaire et la souveraineté alimentaire nord-américaine. Il est primordial que l'ACEUM soit reconduit dans son intégralité. C'est la priorité numéro un pour le secteur canadien de la transformation de la viande rouge.
Merci beaucoup.
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Bonjour, madame la présidente et distingués membres du Comité.
Je m'appelle Jamie Neil. Je suis président par intérim et directeur financier chez Dajcor Aluminum. Je m'adresse à vous aujourd'hui au nom de la Canadian Coalition of Aluminum Extruders. Nous représentons environ 90 % de la capacité d'extrusion d'aluminium au Canada.
Il y a un an, nos entreprises employaient directement 4 000 Canadiens. Aujourd'hui, nous avons perdu 500 emplois et nous employons environ 3 500 Canadiens à travers notre grand pays. Si nous ne faisons rien, nous perdrons encore 500 à 1 000 emplois cette année, et des entreprises commenceront à fermer leurs portes d'ici deux ou trois ans. Les extrusions d'aluminium sont à l'origine de 100 000 emplois supplémentaires dans les PME de nombreux secteurs d'activité de ce pays.
Nos entreprises sont implantées au Canada depuis des décennies. Il ne s'agit pas d'entreprises éphémères, mais bien d'entreprises manufacturières canadiennes de longue date, d'une main-d'œuvre qualifiée, d'importants investissements en équipement et d'un savoir pointu qu'il serait très difficile de remplacer s'il venait à disparaître.
Les extrudeurs d'aluminium canadiens achètent de l'aluminium brut, souvent en provenance du Québec, et le transforment en profilés et en pièces dont d'autres secteurs ont besoin. Ces produits sont utilisés notamment dans le secteur automobile, le secteur ferroviaire, le bâtiment, les panneaux solaires, les centres de données, l'aérospatiale, la défense et de nombreuses autres applications. Nous sommes le maillon qui relie la production canadienne d'aluminium brut au Québec et les produits finis que le Canada veut fabriquer. Ce maillon est aujourd'hui soumis à de fortes pressions.
Il y a trois problèmes majeurs simultanés.
Le premier est la perte du marché américain. Les États-Unis ont toujours importé 40 % de la production canadienne d'extrusions. Les tarifs imposés en vertu de l'article 232 ont rendu l'accès à ce marché beaucoup plus difficile. Plus inquiétant encore, ces droits de douane s'appliquent désormais à la valeur totale du produit, et non plus seulement à l'aluminium. Cela signifie qu'ils s'appliquent à la main-d'œuvre canadienne, aux frais généraux canadiens, à la fabrication canadienne, à la finition canadienne et à d'autres activités de fabrication à valeur ajoutée canadiennes. C'est un problème majeur. Si la situation perdure, nous pensons que les exportations de produits d'extrusion vers les États-Unis se réduiront à zéro.
Le deuxième problème est que le marché canadien est moins important qu'auparavant. La demande d'extrusions d'aluminium au Canada a baissé d'environ 15 % par rapport au maximum atteint en 2023, principalement en raison d'un ralentissement économique et d'une baisse d'activité dans le secteur de la construction. Nous savons que les politiques gouvernementales, comme la politique privilégiant l'achat de produits canadiens, porteront leurs fruits à terme, et nous sommes en faveur de ces mesures, mais ces initiatives mettent souvent des années à atteindre des fabricants comme nous, et elles ne règlent pas le problème immédiat.
Le troisième problème est la forte augmentation des importations au Canada. À mesure que d'autres pays perdent eux aussi l'accès au marché américain, ils cherchent de nouveaux débouchés pour leurs profilés en aluminium, et le Canada est devenu l'une de ces destinations. Nous constatons une forte augmentation des importations en provenance de pays comme le Vietnam, la Turquie, la Thaïlande, les Émirats arabes unis, la Malaisie et bien d'autres. Ce n'est pas tenable.
Nous nous inquiétons aussi des pratiques commerciales déloyales et du fait que des produits transitent par des pays tiers pour contourner les règles commerciales. Des initiés du secteur nous ont fait savoir que l'aluminium russe transite par des pays comme la Turquie avant d'entrer finalement au Canada sous forme de profilés finis. Ce n'est pas rien, car les producteurs canadiens, eux, respectent les règles. Nous employons des Canadiens, nous investissons ici, nous achetons de l'aluminium canadien et nous versons des salaires canadiens, mais on nous demande de rivaliser sur un marché qui devient de plus en plus déloyal.
Il y a également le problème des importations en provenance des États-Unis. Il y a un contre-tarif de 25 % sur les profilés en aluminium américains, mais il a été largement suspendu. Nous sommes confrontés à des barrières à l'entrée sur le marché américain, alors que le marché canadien n'oppose aucun obstacle. Cela crée un déséquilibre.
Si le Canada perd son secteur de l'extrusion d'aluminium, les répercussions ne se limiteront pas à nos entreprises. Les producteurs d'aluminium du Québec perdraient un client canadien important, les fabricants en aval perdraient un approvisionnement local fiable, les collectivités partout au Canada perdraient des emplois qualifiés dans le secteur manufacturier, et le Canada deviendrait plus dépendant de fournisseurs étrangers pour des produits essentiels à sa souveraineté. La réalité est simple: si cette partie de la chaîne d'approvisionnement disparaît, d'autres suivront vraisemblablement.
Nous avons besoin d'aide de toute urgence.
Tout d'abord, le Canada doit rétablir un accès équitable au marché américain. Mardi, nous avons rencontré Janice Charette quand notre groupe s'est rendu à Ottawa, et nous sommes rassurés par sa connaissance de notre secteur et de l'impact de l'application de la version révisée de l'article 232. Nous sommes convaincus qu'elle se battra pour que notre secteur bénéficie d'un accès plus équitable au marché américain.
Deuxièmement, le Canada doit protéger ses marchés intérieurs contre les afflux d'importations. Nous sommes convaincus que des contingents tarifaires comme ceux qui protègent le secteur de la sidérurgie aideraient aussi notre secteur. Le fait que les États-Unis ferment leurs portes aux importations à bas prix ne doit pas avoir pour conséquence que le Canada devienne le débouché de ces produits.
Troisièmement, le Canada a besoin de mesures plus rigoureuses de contrôle et d'application en matière d'importations pour pouvoir mieux retracer les produits d'aluminium qui entrent sur le territoire et prévenir le contournement des règles, le dumping et les pratiques commerciales déloyales. Une procédure commerciale devant le TCCE contre la Chine, engagée en 2008, est actuellement en cours et a récemment été prolongée de cinq ans. Nous savons que le métal chinois continue d'entrer au Canada en passant par d'autres pays à faibles coûts, mais nous n'avons pas encore les moyens nécessaires pour faire appliquer la loi et y mettre fin.
Notre secteur ne demande pas à être soustrait à la concurrence. Nous demandons simplement de pouvoir survivre et rivaliser dans des conditions équitables.
Nous avons la main-d'œuvre, nous avons l'équipement, nous avons l'expérience, nous avons les usines et nous avons les moyens de soutenir l'économie canadienne, mais nous avons besoin de marchés pour écouler notre production. Nous demandons au Comité et au gouvernement d'accorder à cet enjeu une priorité absolue.
Merci. Je suis à votre disposition pour répondre à vos questions.
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Bonjour. Je m'appelle Guy Trottier. Je suis directeur général d'une usine de pâtes et papiers située à Québec. Nous sommes juste à côté du Château Frontenac. Notre usine appartient à Papiers White Birch. Elle est en activité depuis 1927, c'est‑à‑dire depuis 99 ans. J'ai le privilège de faire partie de cette entreprise depuis plus de 35 ans.
Nos activités étaient auparavant axées sur la fabrication de papier journal, dont les produits étaient vendus dans le monde entier. L'Inde était l'un de nos principaux clients, mais elle ne fait plus partie de notre clientèle depuis quelques années, compte tenu des changements survenus dans nos relations commerciales. Face au déclin de la demande de papier journal à l'échelle locale comme à l'échelle internationale, notre site de production a pris d'importantes mesures de diversification pour repositionner notre chaîne de production.
Nous avons désormais trois créneaux: le papier haute brillance, le papier kraft recyclé et le carton recyclé. Nous avons dernièrement converti la machine initialement destinée au papier journal pour qu'elle produise du papier kraft recyclé.
Cette conversion avait plusieurs objectifs. Nous voulions réduire notre consommation de copeaux de bois. La hausse des droits de douane sur le bois d'œuvre a rendu les copeaux de bois québécois moins disponibles et plus coûteux. Notre deuxième objectif était d'orienter notre production vers des produits dont la demande est en hausse, plutôt que vers le papier journal, et de positionner notre site de fabrication pour le différencier des méga-producteurs de produits de base. Nous voulions aussi devenir un grand centre de recyclage et proposer une solution de substitution au plastique.
Cette nouvelle orientation a porté fruit. Quelques mois plus tard, au début de 2025, la menace de droits de douane a surgi aux États-Unis. À l'origine, 90 % de nos produits étaient destinés au marché américain, mais cette situation nous a amenés à revoir notre stratégie et à réorienter nos ventes.
Cela dit, si des droits de douane avaient été imposés à ce moment crucial, c'est‑à‑dire au début de 2025, cela aurait pu anéantir tous nos efforts. Nous avons désormais diversifié notre gamme de produits et pleinement relancé la production et les ventes, et ce succès est le fruit d'un effort considérable de la part de notre équipe.
Ce projet a d'abord été présenté en 2022 et a bénéficié du programme de rabais d'électricité du ministère des Finances du Québec. Cela a été un formidable coup de pouce qui nous a permis de réduire les risques et d'obtenir un retour sur investissement intéressant. Le programme de rabais d'électricité a pris fin à la fin de 2025. C'est très important à rappeler. Il est désormais difficile d'envisager de nouveaux projets.
Notre usine a présenté un nouveau projet visant à consolider l'avenir de notre site de production. Nous cherchons actuellement des moyens de soutenir cette nouvelle initiative. Depuis sept ans, nous avons eu l'occasion de visiter quelques dizaines de sites de production de pâte et papier à travers le monde. À l'heure actuelle, la Chine en est devenue le plus grand producteur. Auparavant, c'était les États-Unis. Aujourd'hui, c'est bel et bien la Chine, et les États-Unis viennent en second.
Partout dans le monde, on assiste à d'importants investissements dans de nouveaux sites de production. On observe également une actualisation massive des sites existants. Les usines du Québec et du Canada, qui bénéficiaient auparavant d'un approvisionnement abondant en copeaux de bois et en sources d'énergie, sont désormais confrontées à la concurrence d'énormes machines, et nous sommes actuellement à la traîne dans ce secteur. La concurrence mondiale est de plus en plus féroce.
Le monde évolue. La manière dont les pays font commerce a également changé. La grande question qui se pose désormais est de savoir comment nous allons collaborer pour offrir aux générations futures la possibilité de poursuivre les activités de production dans ce nouvel environnement.
Merci.
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Merci, madame la présidente.
Je remercie tous les témoins. Je remercie aussi mes collègues de m'avoir invité ce matin.
Monsieur Larkin, rapidement, je veux juste vous saluer de la part de Stéphanie Poitras et de Vincent Breton. Ce sont de très grands transformateurs de porc de ma circonscription; des gens très aimés dans le travail qu'ils font. Par ailleurs, ils offrent de nombreux emplois.
Si vous me le permettez, j'aimerais quand même poser mes questions à M. Trottier pour commencer.
Monsieur Trottier, je suis député de Côte‑du‑Sud—Rivière‑du‑Loup—Kataskomiq—Témiscouata, et vous êtes à l'usine de Québec. Si j'ai bien compris, vous n'étiez pas nécessairement impliqué dans l'usine de Rivière‑du‑Loup, qui a malheureusement fermé ses portes l'automne dernier, mais elle était sous la houlette de votre entreprise. Elle a fait faillite. Si j'ai bien compris, chacune des entités de votre entreprise est indépendante. Il y avait 190 emplois et, malheureusement, ils ont maintenant disparu. C'était une usine qui était là depuis 60 ans.
Quelles étaient les plus grandes difficultés que vous avez vécues à Rivière‑du‑Loup? Je sais que vous avez aussi considéré la possibilité de changer les machines, un peu comme vous l'avez fait à Québec en fin de compte. Pourquoi est-ce que ça n'a pas été possible à Rivière‑du‑Loup, selon vous?
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Il manque deux éléments réglementaires ici au Canada. Nos homologues américains sont plus compétitifs, sur leur propre marché aussi bien qu'à l'échelle internationale, notamment en ce qui concerne l'optimisation du rendement de viande bovine, qui coûte chaque année beaucoup d'argent à nos transformateurs.
Il y a d'abord les matières à risque spécifiées ou l'interdiction renforcée relative aux aliments du bétail. Il y a deux désignations, selon la personne à qui l'on s'adresse. Cette mesure a été prise il y a une vingtaine d'années, quand le Canada a été frappé par l'ESB, l'encéphalopathie spongiforme bovine, une maladie animale d'origine étrangère. À l'époque, les États-Unis ont adopté des modifications réglementaires, mais ils sont allés plus loin et ont permis aux transformateurs de viande bovine américains de tirer davantage de viande des carcasses de bovins, en particulier pour l'alimentation des animaux de compagnie.
Nous n'en sommes pas encore là. Le gouvernement du Canada nous a donné des signes encourageants indiquant que nous y serions vraisemblablement d'ici la fin de l'année, mais il reste encore du travail à faire. Le nouvel enjeu concerne la viande dégraissée. Aux États-Unis, depuis plus de cinq ans, on utilise cette innovation, un procédé d'extraction, qui consiste à prélever les parties maigres — la graisse du bovin — et à les soumettre à un traitement permettant d'extraire davantage de bœuf haché à partir de la carcasse et des parties maigres.
Ici, au Canada, nous n'avons pas le droit d'utiliser ce procédé ni de mélanger le bœuf haché qui en est issu avec celui que nous livrons aux Canadiens, mais nous avons le droit — et c'est là que cela devient absurde — d'extraire du bœuf haché et de l'exporter vers les États-Unis. Nous sommes autorisés à l'exporter, mais nous ne sommes pas autorisés à l'utiliser ici au Canada.
C'est pourquoi nous collaborons avec l'ACIA pour obtenir une mise à jour de notre réglementation sur le bœuf dégraissé, qui nous permettrait de tirer parti de cette innovation et d'obtenir davantage de bœuf haché à partir du cheptel dont nous disposons déjà ici au Canada. Notre étude d'impact économique montre que cela pourrait faire baisser le prix du bœuf haché en magasin de plus de 5 %. Il y a là un réel avantage en termes d'accessibilité financière pour les Canadiens.
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Dans l'ensemble, notre secteur a perdu 500 emplois cette année depuis l'entrée en vigueur des droits de douane. Collectivement, nous commençons à évaluer les nouvelles répercussions des tarifs imposés en vertu de l'article 232. Ceux‑ci s'appliquent désormais à la valeur totale des produits d'extrusion, ce qui revient donc à taxer notre main-d'œuvre. Nous estimons que, cette année seulement, nous perdrons encore entre 500 et 1 000 emplois sur les 3 500 que nous comptons actuellement.
De notre point de vue, ici au Québec, les producteurs de bois brut proposent un produit mondial. Ils bénéficient d'un avantage comparatif en matière d'énergie. Quand il s'agit de fondre et de couler le bois brut, c'est le coût énergétique le plus bas qui l'emportera sur le marché. Nos entreprises — nous prenons ce bois brut, le passons dans une presse, et il en ressort une longue pièce que nous découpons, transformons, colorons, etc. — sont en concurrence à l'échelle régionale. Nous traçons un cercle d'environ 500 miles ou 800 kilomètres autour de nos installations, et c'est là que nous sommes en concurrence.
Les entreprises qui importent des matériaux de Malaisie, de Turquie et du Vietnam les proposent à des prix tellement bas — 30 % ou 40 % inférieurs à ce qu'il nous en coûte pour les produire au Canada — que nous n'avons plus aucun avantage comparatif en matière de main-d'œuvre par rapport à ces pays. Nous n'avons pas d'environnement réglementaire comparable à celui de ces pays, de sorte qu'ils peuvent casser les prix et avoir un impact sur nos emplois au Canada.
Oui, tout à fait, voilà ce que je répondrais spontanément à votre question. Il y a tout juste deux semaines, Bloomberg signalait que le président Trump allait ouvrir les portes et autoriser l'importation de toutes les viandes aux États‑Unis en franchise de droits. Il a entendu l'avis de ses collègues du Parti républicain au Capitole, et le lendemain, Bloomberg faisait savoir qu'ils faisaient marche arrière et qu'ils n'allaient pas mettre ce programme en œuvre.
Aux États‑Unis, le prix des denrées alimentaires et de la viande est une question très sensible, tout comme au Canada, mais cela ne signifie pas pour autant que nous devions céder et nuire à notre secteur bovin. Au Canada, nous avons le choix: importer des produits bon marché, ou conserver un secteur bovin solide et en pleine croissance, un secteur d'activité qui comprend des éleveurs, des agriculteurs et des transformateurs.
En 2025, nous avons importé environ 36 000 tonnes de viande bovine en provenance des pays du Mercosur. De ce nombre, environ 20 000 ont été importées à un taux de droit de douane de 26,5 %. Cela montre à quel point la viande bovine provenant de pays comme le Brésil et l'Argentine peut être compétitive.
Nous entretenons une étroite collaboration avec notre négociateur en chef pour nous assurer que, si un accord est signé avec le Mercosur, nous ne sacrifions pas le secteur du bœuf au profit d'autres secteurs, mais que nous mettions plutôt en place des contingents tarifaires très précis, spécialement destinés aux parures maigres, qui sont en demande au Canada pour la production de bœuf haché extra-maigre et maigre. Les Canadiens ont un appétit insatiable pour le bœuf haché maigre, mais nous ne pouvons pas autoriser l'entrée au Canada de davantage de morceaux de choix, c'est‑à‑dire de filets, de surlonges, etc. Nous avons une ligne rouge stricte à ce sujet et nous la maintiendrons.
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C'est une bonne question.
[Traduction]
Il y a deux réponses à votre question: oui et non.
Tout d'abord, je dirais que si l'ACEUM était simplement reconduit sous sa forme actuelle, nous nous en contenterions largement, surtout s'il s'agissait d'une reconduction pour une durée de 16 ans, ce que notre secteur et les industries agroalimentaires américaines préconisent.
Y a‑t‑il des points susceptibles d'amélioration? Absolument. Je citerais notamment le CCR, le Conseil de coopération en matière de réglementation. Nous devons le remettre sur les rails. Il faut relancer ses travaux. Il existe un vaste potentiel d'harmonisation réglementaire entre le Canada et les États‑Unis.
Quant au Mexique, l'ACIA et le gouvernement du Canada ont un rôle à jouer pour garantir l'équivalence de nos systèmes d'inspection et l'uniformité des contrôles, car il arrive parfois que, lorsque nous exportons des produits de bœuf ou de porc vers ce pays, les décisions des inspecteurs canadien et mexicain divergent. Il a des répercussions concrètes lorsque nos entreprises engagent des frais pour exporter au Mexique des produits qui finissent par être renvoyés au Canada. Il y a environ deux mois, une cargaison de bœuf provenant du Manitoba a été expédiée au Mexique, a atteint la frontière, puis a dû être renvoyée à cause d'incohérences dans les inspections.
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Des démarches ont déjà été entreprises avec le gouvernement fédéral. On parle du Fonds de réponse stratégique, entre autres. Notre compagnie a donc rencontré des gens du gouvernement fédéral, ce qui fait que de bonnes discussions sont déjà entamées.
Il est certain que, du côté provincial, comme vous le savez, le gouvernement est en restructuration puisque M. Legault a quitté ses fonctions. Il y a donc comme une pause de quelques mois du côté du provincial.
Le fameux programme du rabais tarifaire était réellement intéressant, puisqu'il finançait jusqu'à 40 % des projets au moyen de rabais sur l'électricité. Une compagnie comme la nôtre consomme plus de 50 millions de dollars par année d'électricité. C'est donc vraiment utile quand un programme comme ça peut nous aider dans le cadre d'un projet.
Comme je vous l'ai dit tout à l'heure, l'industrie mondiale se modernise, évidemment, et elle devient de plus en plus compétitive. Or, nous devons absolument continuer la modernisation de nos infrastructures, tant pour les produits que nous fabriquons que pour la compétitivité à l'interne. C'est une nécessité que de continuer à s'améliorer parce que, si nous ne nous améliorons pas, les autres vont facilement nous dépasser. C'est ce qu'on est en train de voir dans le monde présentement.
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Je suis tout à fait d'accord avec vous, madame Lapointe. Ce qui influe actuellement sur le prix du bœuf haché, c'est la faiblesse de l'offre de bétail au Canada. Elle n'a jamais été aussi faible depuis des décennies.
Nos amis agriculteurs et éleveurs s'efforcent d'accroître le cheptel. L'année dernière, il a progressé de 2,5 %, alors que les États‑Unis ont enregistré un taux de croissance négatif. C'est la première fois depuis longtemps que c'est au Canada, et non aux États‑Unis, que le cheptel augmente le plus rapidement. Il reste encore du travail à accomplir au cours des deux ou trois prochaines années pour accroître le cheptel, mais à mesure que nous le ferons, le prix du bœuf baissera.
Le dernier point concerne les transformateurs de viande bovine. À l'heure actuelle, ils subissent en effet une perte de 200 à 300 $ par tête à cause du prix élevé du bétail ces quatre dernières années. J'ai des membres du secteur de la transformation de la viande bovine au Manitoba, à Shawinigan et à Charlottetown qui réduisent actuellement le nombre de quarts et le volume de travail, car ils n'ont pas les moyens de transformer davantage de viande bovine.
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D'après ce que j'entends sur le terrain, notamment de la part des membres républicains du Congrès et des sénateurs, le discours a quelque peu évolué au cours des douze derniers mois. Il y a douze mois, le message était le suivant: « Nous laissons une grande marge de manœuvre au président Trump et nous permettons à l'administration de prendre les mesures qui s'imposent en matière de droits de douane. » La dernière fois que j'y étais, en novembre, le message avait changé. La marge de manœuvre s'était un peu réduite, et les membres républicains du Congrès, en particulier, se montraient un peu plus fermes envers l'administration et dans la promotion de l'ACEUM.
Nous avons vu paraître en novembre une lettre rédigée par des membres du Congrès issus des deux partis — démocrates et républicains — et adressée à la Maison-Blanche. Ils y demandaient à la Maison-Blanche de renouveler carrément l'ACEUM pour une durée de 16 ans.
Nous avons de nombreux alliés au Capitole, dans les deux partis. Je m'attends à ce que nos réunions avec eux la semaine prochaine soient très constructives. Lorsque je rencontre les parties intéressées sur le terrain — le Meat Institute et les autres associations agroalimentaires à Washington —, leur message, là encore, est en faveur d'un renouvellement sans modification de l'ACEUM pour une durée de 16 ans. Ils reçoivent des signaux positifs de la Maison-Blanche et de l'administration Trump, indiquant que le secteur agroalimentaire, comme nous l'avons constaté ces 12 à 18 derniers mois, a été largement exclu des discussions sur les droits de douane.
L'administration et le secrétaire à l'Agriculture sont tout à fait conscients du fait que l'imposition de droits de douane sur les denrées alimentaires entraîne une hausse des prix dans les magasins d'alimentation. C'est pourquoi ils sont revenus sur leur décision concernant les droits de douane sur des produits tels que les bananes, le café, etc.
L'ensemble du secteur agroalimentaire reste conforme à l'ACEUM, ce qui, comme je l'ai dit dans mon exposé liminaire, constitue un atout sur lequel nos négociateurs peuvent vraiment s'appuyer. Nous fournissons également la majeure partie des engrais aux États‑Unis, ce qui constitue un véritable atout dans cette relation dont nous devons continuer à tirer parti.
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Je vais poser une ou deux questions, puis je partagerai mon temps de parole avec Mme Khalid pour quelques questions complémentaires.
Monsieur Larkin, merci beaucoup. Je vous suis vraiment reconnaissant de nous avoir communiqué ces renseignements. Le Comité a été très honoré de recevoir les exposés de représentants des secteurs de la viande de porc et de la viande bovine. Leurs points de vue sont assez concordants, et c'est bon à savoir.
Tout à l'heure, nous avons discuté en privé des débouchés qui s'ouvrent dans d'autres régions du monde grâce à nos efforts de diversification commerciale, notamment en Asie. La Chine est un marché important, tout comme l'Asie du Sud-Est.
Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur la nature de ces débouchés? Quels sont les principaux défis à relever pour en tirer pleinement parti dans le secteur des viandes?
La série de questions de M. Naqvi m'amène tout naturellement à la mienne.
Monsieur Larkin, vous représentez environ 90 % de l'ensemble du secteur de la transformation de la viande au Canada. Vous livrez également des produits à plus de 90 marchés différents dans le monde entier et au Canada. Lorsque nous négocions des accords commerciaux avec différents pays, comment vos membres collaborent-ils avec les différentes communautés pour s'assurer non seulement que nous respectons les exigences du contexte, mais aussi que nous respectons les normes et que nous trouvons et exploitons des débouchés commerciaux sur ces nouveaux marchés?
Je vais prendre l'exemple de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande. Pour en revenir à ce qu'a dit M. Naqvi concernant la certification halal, ces pays ont réussi à pénétrer les marchés non seulement du bœuf, mais aussi de l'agneau au Moyen-Orient, dans de nombreuses régions Asie-Pacifique et même au Canada. Certains consommateurs d'ici achètent du bœuf et de l'agneau surgelés en provenance d'Australie et de Nouvelle-Zélande pour servir nos marchés.
Je voudrais vraiment en savoir plus sur ce processus de recherche et développement en matière d'innovation afin de m'assurer que nous sommes en mesure de tenir nos engagements vis-à-vis des marchés avec lesquels nous négocions des contrats.
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Très bonne question. Je ne pense pas avoir assez de temps pour y répondre en détail, mais je voudrais insister sur deux points.
Tout d'abord, nous disposons du Bureau indo-pacifique pour l’agriculture et l’agroalimentaire, installé à Manille, aux Philippines. Il a été créé en 2024 et doté d'un mandat de cinq ans et d'une enveloppe de financement sur la même période. Nous demandons au gouvernement du Canada de rendre ce bureau permanent et de tirer parti de son succès pour le développer.
Vous avez évoqué les Australiens et les Néo-Zélandais. J'ajouterais également les Américains. Les trois pays en question ont, depuis un certain temps déjà, des représentants des autorités de réglementation présents sur l'ensemble de ces marchés en pleine croissance de la région indo-pacifique. Par exemple, des représentants de l'USDA sont présents sur chacun de ces marchés depuis plusieurs années déjà. Nous avons des responsables de la réglementation à Manille, aux Philippines, dont le mandat couvre l'ensemble de la région indo-pacifique, et nous devons pérenniser le financement du bureau de Manille et tirer parti de ce succès. Nous avons besoin de davantage de responsables de la réglementation dans la région indo-pacifique pour nous aider.
Deuxièmement, le Conseil canadien de la viande coordonne chaque année les vérifications menées au Canada par des autorités étrangères. Par exemple, nous venons d'accueillir l'équipe de la République dominicaine il y a quelques semaines. Celle du Japon viendra dans quelques mois. Les responsables de la réglementation viennent au Canada pour inspecter nos établissements afin que nous puissions continuer à exporter — ou même commencer à exporter — vers leurs pays.
De nombreux efforts sont déployés sur la scène internationale, et nous entretenons une étroite collaboration avec nos collègues d'Affaires mondiales, de l'ACIA et d'AAC.
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Nous reprenons nos travaux. Merci beaucoup.
Conformément à l'article 108(2) du Règlement et à la motion adoptée par le Comité le mardi 5 mai 2026, le Comité entreprend son étude des activités liées au commerce international de certaines entités fédérales.
Nous avons aujourd'hui parmi nous M. Robert Kwon, président et chef de la direction de la Corporation commerciale canadienne, et Mme Laurel Broten, présidente-directrice générale d'Investir au Canada.
Je vous souhaite la bienvenue. Veuillez excuser notre léger retard. Nous allons essayer de rattraper le temps perdu.
Madame Broten, si vous le voulez bien, vous avez cinq minutes pour faire votre déclaration préliminaire.
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Bonjour, madame la présidente. Je vous remercie, ainsi que les membres du Comité, de m'avoir invitée à comparaître aujourd'hui.
C'est avec plaisir que je me joins à vous pour discuter du rôle qu'Investir au Canada joue dans le portefeuille commercial du Canada et de l'importance de l'investissement mondial comme moteur du commerce, de la croissance et de la compétitivité.
[Français]
Je vous remercie de me donner l'occasion de participer à vos travaux aujourd'hui.
Investir au Canada a pour mandat de promouvoir, d'attirer et de faciliter des investissements directs étrangers pour accroître la prospérité économique et stimuler l'innovation d'un bout à l'autre de notre pays.
[Traduction]
Notre mandat consiste à organiser avec soin des campagnes mondiales de marketing et de sensibilisation sur les marchés cibles. Nous offrons un guichet unique pour les investisseurs internationaux à la recherche d'investissements transformateurs à grande échelle dans des secteurs clés. Investir au Canada s'attache à attirer des investissements en installations nouvelles ainsi que des capitaux à grande échelle. Nous aidons aussi les entreprises étrangères déjà établies au Canada à réaliser d'importants réinvestissements et à étendre ou à diversifier leurs activités dans notre pays.
Investir au Canada offre son Service aux investisseurs étrangers sur mesure en gérant leurs relations et leurs comptes. Nous travaillons en étroite collaboration avec nos partenaires fédéraux, provinciaux et territoriaux, notamment avec le Service des délégués commerciaux et avec nos partenaires du marché. Nous tenons à leur offrir une proposition de valeur canadienne coordonnée et compétitive ainsi qu'un service et un accompagnement complets et uniformes.
[Français]
Nous sommes fiers de donner à nos partenaires un accès à notre portail de renseignements et de données sur mesure, pour qu'ils aient les outils nécessaires pour orienter leurs activités visant à attirer des investissements.
[Traduction]
Ces outils permettent aux partenaires de présenter un message et un ensemble de données cohérents à l'ensemble des investisseurs étrangers, quel que soit leur point de contact.
Dans l'écosystème du commerce international du Canada, Investir au Canada joue un rôle distinct et complémentaire dans ce portefeuille en se consacrant exclusivement à l'attraction et à la facilitation d'investissements étrangers. Ce travail soutient le commerce en attirant des investisseurs dont les capitaux, les technologies et les réseaux aident les entreprises canadiennes à s'intégrer dans les chaînes de valeur mondiales et à accroître leurs exportations. Ces investisseurs deviennent souvent eux-mêmes des exportateurs mondiaux à partir du Canada. Ainsi, l'attraction des investissements est un catalyseur essentiel pour notre croissance commerciale.
Plus nos relations de commerce et d'investissement évoluent, plus la diversification devient importante. Les grands investisseurs recherchent des portefeuilles résilients et équilibrés. Dans ce contexte, le Canada se distingue comme un partenaire fiable, doté d'une proposition de valeur solide et unique qui trouve un écho auprès des investisseurs étrangers. Il offre la stabilité économique, la primauté du droit, un cadre réglementaire prévisible et de plus en plus simplifié, une main-d'œuvre qualifiée, d'importantes ressources naturelles, le meilleur régime fiscal du G7 pour les nouveaux investissements des entreprises. Il offre aussi l'accès à 1,5 milliard de consommateurs grâce à 16 accords de libre-échange qui génèrent les deux tiers du PIB mondial.
[Français]
Les secteurs prioritaires qui nous intéressent sont les mêmes que ceux auxquels les entreprises ayant un fort potentiel d'exportation s'intéressent, soit la fabrication de pointe, l'extraction de minéraux critiques, l'exploitation d'autres ressources naturelles, l'agriculture à valeur ajoutée et l'énergie, ce qui renforce encore plus le lien entre commerces et investissements.
[Traduction]
Je vais vous citer deux exemples d'investissements récents réalisés par des entreprises étrangères. Ces investissements stimuleront à long terme la croissance économique et les exportations du Canada.
Le premier vient d'une grande entreprise européenne du secteur de l'énergie qui a récemment investi dans une société québécoise spécialisée dans les minéraux critiques. Ce projet représente environ 630 millions de dollars américains en dépenses en capital et a été qualifié d'essentiel pour la sécurité économique et la défense du Canada. Il positionne notre pays comme un fournisseur national fiable de matériaux pour batteries dans le cadre de la transition énergétique mondiale.
Le deuxième est un investissement japonais récent dans une usine de fabrication de caisses de batterie pour véhicules électriques. Cette nouvelle usine devrait créer environ 1 000 emplois directs et s'impose rapidement comme un élément clé de l'écosystème local. Comme toujours, l'approche Équipe Canada a joué un rôle déterminant pour attirer ces investissements.
Malgré ces excellents progrès, n'oublions surtout pas que la concurrence mondiale pour attirer les investissements est féroce. Les investisseurs évaluent l'ensemble de l'écosystème canadien, notamment les compétences, l'énergie, les infrastructures, le cadre réglementaire et l'accès aux chaînes d'approvisionnement. Notre approche coordonnée constitue pour le Canada une proposition de valeur de plus en plus robuste qui demeurera indispensable.
Je conclurai en affirmant que l'investissement est gagnant-gagnant. Le Canada offre ce que les investisseurs étrangers recherchent, et, en les attirant de façon stratégique, il continue à s'intégrer dans les marchés mondiaux, à consolider sa résilience économique, à soutenir sa croissance à long terme et à stimuler la croissance de ses exportations pour les années à venir.
Merci beaucoup. Je me ferai un plaisir de répondre à vos questions.
Madame la présidente, mesdames et messieurs les membres du Comité, je vous remercie de m'avoir invité à comparaître devant vous aujourd'hui.
Dans l'environnement mondial actuel, marqué par un rééquilibrage géopolitique et des perturbations persistantes des chaînes d'approvisionnement essentielles, les pays recherchent activement des partenaires fiables. Le Canada trouve là une excellente occasion de jouer un rôle de premier plan.
Depuis 80 ans, la Corporation commerciale canadienne, la CCC, appuie les exportateurs canadiens et favorise les relations commerciales bilatérales grâce à son modèle de passation de marchés de gouvernement à gouvernement. Forte de son expertise en matière de marchés publics internationaux et de négociations contractuelles, la CCC joue un rôle très particulier au sein du gouvernement du Canada. Nous collaborons avec les services de financement et d'assurance d'Exportation et développement Canada, EDC, ainsi qu'avec le réseau d'Affaires mondiales Canada, pour aider les exportateurs canadiens à vendre leurs produits à des gouvernements étrangers.
Nous accompagnons les exportateurs canadiens du début à la fin de leurs contrats. Nous les aidons à s'orienter dans des marchés complexes et nous rationalisons la gestion de leurs contrats. Nous collaborons étroitement avec eux et avec les acheteurs gouvernementaux de l'étranger afin de cerner et d'atténuer les risques. Nos contrats bénéficient du soutien du gouvernement du Canada, ce qui garantit qu'ils seront fidèlement exécutés.
Nos activités se traduisent par des avantages économiques concrets pour le Canada. Au cours de ces cinq dernières années, la CCC a conclu, pour le compte d'exportateurs canadiens, des contrats d'exportation s'élevant globalement à 17 milliards de dollars, dont plus de 4 milliards l'année dernière seulement. Outre la signature de ces contrats, nous gérons activement un portefeuille de contrats d'environ 10 milliards de dollars. Nous prévoyons que ces exportations permettront de maintenir plus de 41 000 emplois au Canada au cours des cinq prochaines années.
La CCC se concentre sur trois secteurs d'activités. Le premier est l'Accord sur le partage de la production de défense, ou DPSA. Notre principal mandat en matière de politique publique consiste à administrer le DPSA au nom du gouvernement du Canada. Cet accord intègre le Canada à la chaîne d'approvisionnement militaire nationale des États-Unis, ce qui permet aux exportateurs canadiens de vendre des biens et des services au département américain de la Défense sur un pied d'égalité avec leurs concurrents basés aux États-Unis.
Nous bénéficions d'un crédit parlementaire pour ce secteur d'activité, et nos services sont offerts gratuitement aux exportateurs canadiens. L'année dernière, nous avons obtenu un rendement exceptionnel sur ce crédit parlementaire: pour chaque dollar de ces crédits, la CCC a signé pour 139 $ de contrats d'exportation.
Les exportateurs canadiens du secteur de la défense s'appuient sur cet accès privilégié au marché américain de la défense, qui est le plus important au monde, pour renforcer leurs capacités et conquérir de nouveaux marchés internationaux. Grâce à des démarches stratégiques et concertées visant à étendre notre présence au sein des différentes branches du département américain de la Défense, le DPSA a enregistré un taux de croissance annuel composé de 22 % au cours de ces cinq dernières années. Nous offrons ainsi aux exportateurs canadiens des débouchés dans des secteurs aussi variés que l'alimentation, les fournitures médicales, les matériaux de construction et même dans la fabrication des chasse-neiges.
Notre deuxième secteur d'activité est le service de Maître d'œuvre international. Alors que le Canada poursuit la diversification de ses échanges commerciaux, ce service de la CCC occupe une position unique pour aider les exportateurs canadiens à faire face à l'incertitude et à saisir des occasions mondiales à forte valeur ajoutée. Ce service est un moteur clé de la diversification et de la croissance des exportations. Il aide le Canada à atteindre son objectif de doubler ses échanges commerciaux hors des États-Unis d'ici à 2035. Ce service permet la passation de marchés entre gouvernements dans des secteurs d'importance nationale, comme l'aérospatiale, le nucléaire, l'agriculture et la défense.
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Je me concentre sur les flux entrants. Je sais que vous analysez actuellement la situation des flux entrants et sortants au Canada.
Je vous rappellerai que, tous ensemble et partout au pays, nous nous efforçons de faire en sorte que le Canada soit une destination attrayante pour les investissements. Les investisseurs étrangers, et beaucoup d'entre eux sont canadiens, nous font savoir qu'actuellement, ils voudraient vraiment voir davantage d'investissements au Canada. C'est le travail que nous menons avec les fournisseurs étrangers. C'est une discussion que nous tenons depuis de nombreuses années déjà dans tout le pays au sujet des investissements canadiens dans le monde, ce qui est important. Il est important d'être connecté à l'échelle mondiale.
Je vais vous donner un exemple. Ces dix dernières années, la Corée du Sud a augmenté ses investissements au Canada de 479 %. Pour l'Australie, cette augmentation est de 210 %. Quant au Japon, elle s'élève à 42 %. Nous constatons que, de plus en plus, ces étrangers investissent...
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Merci beaucoup, madame la présidente.
Bienvenue, et merci pour le travail que vous et vos organismes accomplissez.
Vous avez fait allusion aux objectifs très ambitieux que le et le gouvernement se sont fixés en matière de diversification commerciale, notamment dans les marchés autres que les États-Unis. La CCC et Investir au Canada participent pleinement à cette démarche. Vous avez reçu des instructions très précises à cet égard.
Monsieur Kwon, je vais d'abord m'adresser à vous.
Ensuite, madame Broten, je vous poserai la même question.
Depuis la mise en œuvre de cette stratégie, quelles tactiques et quels outils appliquez-vous pour atteindre l'objectif de doubler les exportations hors États-Unis grâce à vos activités au Canada et à l'étranger?
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Comme je l'ai dit tout à l'heure, la CCC mène ce type d'activités intergouvernementales depuis environ 80 ans. Nous appliquons notre modèle canadien de relations intergouvernementales, qui est très particulier, à la structure même des contrats afin que nos exportateurs canadiens puissent mieux participer à l'accès aux marchés publics étrangers. Dans ce modèle d'entreprise, la CCC, à titre de maître d'œuvre, garantit la bonne exécution des travaux de l'entrepreneur. Nous réduisons ainsi, pour les acheteurs étrangers, les risques liés à l'approvisionnement.
Dans ce contexte, pour répondre à votre question, monsieur Naqvi, nous avons récemment appliqué un certain nombre de mesures qui se sont révélées très efficaces. L'approche globale que suivent Investir au Canada, Exportation et développement Canada, le Service des délégués commerciaux du Canada et, bien sûr, les nombreux chefs de mission qui cherchent des occasions partout dans le monde, est un effort bien coordonné qui ne cesse de s'améliorer. Tout n'est pas parfait, mais nous sommes présents. L'Équipe Canada s'impose davantage. Elle entame non seulement des discussions axées sur les transactions, mais aussi des solutions concrètes ainsi que des capacités et des idées en matière de coopération et de développement économiques à plus long terme.
Cela s'est traduit par des exemples très concrets. Dans ma déclaration liminaire, j'ai cité l'exemple du programme rescEU et des avions de lutte contre les incendies de De Havilland.
En outre, l'année dernière, nous avons signé un contrat de plus d'un milliard de dollars avec la Marine allemande. Nous mettons à profit la propriété intellectuelle de Lockheed Martin Canada et de la Marine royale canadienne... pour un système de gestion de combat que l'Allemagne acquiert auprès du Canada. Elle désire l'uniformiser dans l'ensemble de sa classe de frégates. Elle va commencer par une classe existante, puis elle l'appliquera à deux ou trois autres flottes. Ce projet s'étendra sur bien plus de 25 ans. Il créera des centaines d'emplois partout au Canada, surtout dans le Canada atlantique. C'est là un autre exemple qui illustre que nous ne nous contentons pas de conclure des transactions à sens unique. Nous cherchons à créer des situations qui avantagent les deux pays.
Je vous citerai un autre exemple, au Bangladesh, dans notre secteur agricole, qui revêt une importance cruciale. Grâce à son modèle intergouvernemental, la CCC fournit à la Bangladesh Agricultural Development Corporation de la potasse provenant de Campotex. Nous le faisons depuis une douzaine d'années. Nous venons de signer le 12e contrat. Pendant toutes ces années, nous avons livré, depuis le Canada, plus de quatre millions de tonnes de ce minéral essentiel. L'agriculture revêt une importance cruciale pour de nombreux pays, notamment pour le Bangladesh, dont l'économie repose en grande partie sur ce secteur.
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Pour illustrer la corrélation entre la capacité d'attirer des investissements et la diversification du commerce, je peux vous donner l'exemple, toujours dans le domaine de la potasse, de l'entreprise allemande K+S qui a investi 3 milliards de dollars à Bethune, en Saskatchewan. La potasse qui y est produite est exportée partout dans le monde.
Je pense aussi à l'entreprise Roquette, à Portage la Prairie, au Manitoba. C'est la plus importante usine de protéines de pois au monde et elle exporte125 000 tonnes de pois jaunes.
Les acteurs mondiaux qui s'implantent au Canada et nous permettent de prendre de l'expansion et d'exporter ensuite dans le monde entier sont étroitement liés aux exportations. Un autre exemple est l'entreprise de production porcine HyLife, de Thaïlande qui est également implantée au Manitoba. Ses produits sont vendus sur des marchés déjà connus de l'entreprise.
Pour faire un lien avec d'autres questions qui viennent d'être posées concernant les efforts déployés pour attirer des investissements, je vous encourage à aller visiter l'installation d'un manufacturier moderne, par exemple LG NextStar avec lequel nous avons eu le privilège de collaborer. Vous constaterez que c'est l'installation la plus moderne, la plus efficace et la plus productive qui soit. À Investir au Canada, nous cherchons à accroître la capacité de production au Canada en attirant ici ces entrepreneurs modernes, qui disposent d'un réseau mondial et qui apportent de nouvelles technologies et des innovations chez nous.
Ce sont là quelques exemples du travail que nous accomplissons pour maintenir cet élan.
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Je vous remercie, madame la présidente.
Merci également à vous, madame Broten et monsieur Kwon. Je vais poursuivre dans la même veine.
Nous voulons absolument bâtir une économie canadienne unifiée. Qu'est‑ce que cela veut dire? Cela veut dire que si un investisseur s'intéresse au Canada, le processus d'investissement sera fluide. Il pourra passer par un guichet unique.
Nous avons des objectifs ambitieux. Nous voulons attirer un billion de dollars d'investissements directs étrangers au cours des cinq prochaines années. Aujourd'hui, le champion du Canada — notre premier ministre, — est à New York. En septembre, il va rencontrer à Toronto une centaine de représentants de fonds souverains — parmi les plus importants — de caisses de retraite et autres fonds du monde entier afin de les convaincre d'investir ici.
Bien entendu, le travail que vous accomplissez tous les deux nous aide à atteindre cet objectif ambitieux.
Mon collègue, M. McKenzie, a décrit certains défis que nous devons relever au Canada. Madame Broten, vous avez eu l'occasion de diriger l'organisme chargé d'attirer des investissements en Nouvelle-Écosse. Vous avez également vécu en Alberta. Je sais que vous avez été ministre en Ontario, et maintenant vous dirigez Investir au Canada.
Quand vous parlez à nos homologues provinciaux de notre objectif d'avoir une économie unifiée... Je peux vous dire que le gouvernement fédéral a supprimé les 53 obstacles qui freinaient l'unification de l'économie canadienne, et nous travaillons fort pour éliminer les obstacles qui persistent entre les provinces, et même au niveau municipal, à cause de la diversité de régimes de réglementation. Je suis certain que de nombreux investisseurs potentiels au Canada vous parlent de ce problème.
Pouvez‑vous m'expliquer votre stratégie, les mesures que vous avez prises et la teneur de vos discussions avec vos homologues provinciaux à ce sujet?
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Nous avons plusieurs sources que nous consultons constamment pour obtenir des renseignements sur le marché. Bien entendu, nous consultons l'ensemble du réseau d'Affaires mondiales — tous les chefs de mission et le service des délégués commerciaux — et, compte tenu de l'intérêt accru pour la défense et la sécurité, nous faisons également appel au réseau des attachés de défense. Nous sommes tous connectés à ce réseau. Et surtout, nous avons des discussions approfondies avec exportateurs canadiens.
Même si l'Afrique n'est pas en tête de nos priorités en ce moment, nous sommes quand même actifs dans quelques projets là‑bas. Par exemple, nous collaborons avec une entreprise canadienne de prospection appelée Sander Geophysics Limited, ou SGL. Cette entreprise fait actuellement des travaux de prospection en Côte d'Ivoire et en Tanzanie dans le domaine de l'exploration minière énergétique. C'est un exemple concret. Nous n'avons pas encore conclu de contrat, mais nous en sommes aux premières étapes de l'exploration. Quand un projet est intéressant et fait appel aux capacités canadiennes, nous sommes présents sur le terrain.
Au Maroc, nous avons un projet de remise en état d'avions De Havilland que nous vendons par la suite. Dans le passé, nous avons contribué à la construction de stades de soccer au Cameroun.
Nous sommes présents sur ce continent quand un projet nous paraît judicieux. À l'heure actuelle, notre présence est moins importante, mais comme je l'ai dit, nous collaborons avec cet exportateur canadien que je viens de citer en exemple, et nous avons ce projet au Maroc.