:
J'ouvre maintenant la séance.
Je vous souhaite la bienvenue à la 27e réunion du Comité permanent des anciens combattants de la Chambre des communes.
Avant de débuter, au nom de tout le Comité, j'aimerais juste prendre un moment pour souligner que, plus tôt cette semaine, on a appris que les restes humains découverts à Loos-en-Gohelle, en France, appartiennent au soldat Albert Henry Detmold.
[Traduction]
Le 15 août 1917, à l'âge de 33 ans, il a été tué au combat alors qu'il creusait une tranchée le premier jour de la bataille de la côte 70. Malgré les efforts déployés par ses camarades, sous des attaques au gaz moutarde, son corps n'a jamais été retrouvé.
[Français]
Découverts en août 2020 lors de travaux d'excavation, les restes de son corps n'ont été formellement identifiés qu'en décembre 2025.
[Traduction]
Plus de 100 ans après son décès, l'identification du soldat Detmold souligne l'importance de réunir les soldats tombés au combat avec leur famille, leur unité militaire et leur pays.
Je trouvais donc important de commencer la séance d'aujourd'hui en rendant hommage au sacrifice des Canadiens qui n'ont toujours pas été identifiés et aux familles qui continuent de porter le deuil.
Je tenais simplement à transmettre ce message. N'oublions jamais.
Merci beaucoup.
[Français]
Conformément à l'article 108(2) du Règlement et à la motion adoptée le 25 novembre 2025, le Comité se réunit dans le cadre de son étude sur le suivi du contrat des services de réadaptation accordé à Partenaires des services de réadaptation aux vétérans canadiens, ou PSRVC.
[Traduction]
La réunion d'aujourd'hui se déroule en mode hybride, conformément au Règlement. Avant de poursuivre, je demanderais à tous les participants présents dans la salle de consulter les lignes directrices inscrites sur les cartes qui se trouvent sur la table. Ces mesures visent à prévenir les incidents acoustiques et à protéger la santé et la sécurité de tous les participants, y compris des interprètes.
Vous remarquerez également un code QR sur la carte, qui renvoie à une courte vidéo de sensibilisation.
[Français]
Pour garantir le bon déroulement de la réunion, j'aimerais transmettre certaines consignes aux témoins et aux députés.
Avant de prendre la parole, attendez que je vous nomme.
En ce qui concerne l'interprétation, pour ceux qui sont dans la salle, vous pouvez utiliser l'écouteur et choisir le canal désiré.
Je vous rappelle que toutes les observations des députés et des témoins doivent être adressées à la présidence.
[Traduction]
Les députés présents dans la salle qui souhaitent prendre la parole doivent lever la main. Le greffier et moi-même ferons de notre mieux pour gérer l'ordre des interventions, et nous vous remercions de votre patience et de votre compréhension à cet égard.
[Français]
J'aimerais maintenant souhaiter la bienvenue à nos témoins pour la première heure de la réunion.
Du Bureau de l'ombudsman des vétérans, nous recevons la colonelle à la retraite Nishika Jardine, ombudsman des vétérans, et M. Duane Schippers, ombudsman adjoint des vétérans.
Nous allons commencer par l'allocution de l'ombudsman, après quoi nous procéderons à une série de questions de la part des membres du Comité.
Colonelle Jardine, je vous invite à prendre la parole pour cinq minutes.
:
Madame la présidente, membres du Comité, bonjour.
Merci de nous avoir invités à vous faire part de nos observations au sujet du contrat des services de réadaptation accordé à Partenaires des services de réadaptation aux vétérans canadiens.
[Traduction]
Depuis la mise en œuvre du contrat en novembre 2022, nous avons reçu 100 plaintes au sujet de PSRVC, ce qui représente moins de 2 % de l'ensemble des plaintes reçues au cours de cette période. Dans la plupart des cas, nous avons renvoyé directement le dossier au ministère, car Anciens Combattants Canada doit d'abord avoir la possibilité de corriger les problèmes. Lorsque nous avons mené des enquêtes, nous avons conclu qu'il y avait eu injustice dans six cas. Cinq d'entre eux ont été réglés à la suite de notre intervention, et un autre l'a été par le ministère avant que nous puissions intervenir. Il est important de souligner que ces six plaintes validées ne révélaient aucun problème systémique sous-jacent; elles étaient plutôt liées à des circonstances particulières.
Je surveille de près les plaintes que nous recevons au sujet de PSRVC afin de déceler toute tendance qui indiquerait une injustice systémique dans la façon dont les services de réadaptation sont fournis par l'entrepreneur. Cela dit, je peux affirmer que j'ai entendu de nombreuses plaintes informelles à propos de PSRVC, tant de la part de vétérans que de fournisseurs de soins de santé mentale. Les vétérans se plaignent principalement des problèmes de communication ou des retards qui entraînent de la confusion quant aux prochaines étapes, aux échéanciers et aux exigences du programme, ou encore des piètres compétences en communication de certains membres du personnel de PSRVC. Ils m'ont aussi parlé du nombre élevé d'évaluations qu'on leur demande de subir. Remplir des questionnaires peut prendre des heures ou raviver le traumatisme des vétérans, car on leur demande de répéter leur histoire à de multiples évaluateurs, même si l'information est facilement accessible dans leur dossier. Par exemple, certains survivants de la purge LGBT se sont plaints à nous de la manière dont ils avaient été abordés, en expliquant que cela avait déclenché en eux des sentiments particulièrement traumatisants associés aux interrogatoires menés par les Forces canadiennes.
Toutefois, pour entreprendre un examen systémique, nous nous appuyons principalement sur les éléments de preuve que nous recueillons à partir des plaintes officielles qui indiquent l'existence possible d'obstacles à un accès équitable aux programmes et aux prestations prévus par la loi pour les vétérans et leur famille. J'ai encouragé, et je continue d'encourager, les vétérans à présenter des plaintes officielles à notre bureau lorsqu'ils estiment être traités de manière inéquitable.
J'ajouterais que nous savons que la Direction générale de la vérification et de l'évaluation du ministère a récemment terminé une évaluation du programme de réadaptation, en bénéficiant d'un accès aux dossiers des vétérans — accès auquel notre bureau n'a pas eu droit au cours des dernières années. Cela dit, j'ai hâte de voir comment le ministère donnera suite aux recommandations de la Direction générale de la vérification et de l'évaluation, notamment celles visant à faire en sorte que le programme cible les vétérans qui sont des candidats appropriés pour la réadaptation et à prévoir d'autres mesures de soutien pour ceux qui ne le sont pas.
Au cours des trois dernières années, j'en suis venue à m'inquiéter de ce que j'ai pu observer et entendre au sujet du programme de réadaptation dans son ensemble. Nous nous posons de nombreuses questions sur la structure du programme et la façon dont il est mis en œuvre. Par exemple, des vétérans qui n'ont aucune chance réaliste de retourner sur le marché du travail sont-ils inscrits au programme de réadaptation principalement pour obtenir la prestation de remplacement du revenu? Les résultats en matière de réadaptation s'améliorent-ils? Les vétérans vont-ils mieux? Sont-ils plus nombreux à retourner au travail? Le contrat avec PSRVC permet‑il d'économiser des fonds publics par rapport à ce que le ministère déboursait auparavant, et les vétérans bénéficient-ils d'un meilleur service?
Nous continuerons de surveiller les plaintes reçues concernant PSRVC et le programme de réadaptation, et nous les traiterons au cas par cas. Nous n'hésiterons pas à entreprendre un examen systémique si nous cernons des tendances susceptibles de révéler un problème systémique dans l'administration du programme de réadaptation. Jusqu'ici, cela n'a pas été le cas.
Au bout du compte, notre objectif commun doit être de veiller à ce que les programmes soient conçus et administrés de manière à mieux servir les vétérans dans leur transition réussie de la vie militaire à la vie civile.
[Français]
Merci, madame la présidente.
J'ai deux questions complémentaires à ce sujet. Je vais commencer par l'une, puis je reviendrai à l'autre.
Premièrement, lors de notre séance de lundi — que vous avez sûrement suivie —, nous avons entendu un message à plusieurs reprises de la part des représentants d'Anciens Combattants Canada, de PSRVC et d'autres organismes connexes. Ils ont cité un sondage mené auprès des participants au programme, selon lequel 74 % des répondants ayant terminé le programme affirmaient avoir une meilleure qualité de vie.
Or, il se trouve qu'environ 732 personnes sur plus de 23 000 participants ont répondu au sondage, ce qui représente moins de 3 % des vétérans inscrits au programme. Diriez-vous que cela suffit pour conclure que le programme a été un succès, ou s'agit‑il d'un échantillon insuffisant? Qu'en pensez-vous?
:
Je vous remercie de la question.
Je ne suis pas la personne la mieux placée pour commenter ce sondage, car nous n'y avons ni contribué, ni participé, ni eu accès.
Toutefois, en ce qui concerne la satisfaction, cherchez-vous à savoir si les vétérans sont satisfaits du programme?
Comme je l'ai dit dans ma déclaration, j'ai rencontré de nombreux vétérans partout au pays, et ceux qui sont satisfaits du programme ne viennent pas me voir. Ils ne viennent pas me dire qu'ils en sont ravis. Ils ne le font tout simplement pas.
Ce que nous entendons — et évidemment, en tant qu'ombud, je suis là pour entendre les plaintes —, ce sont surtout des commentaires informels de personnes qui se disent insatisfaites, pour diverses raisons. Je ne suis donc pas en mesure de me prononcer sur le sondage. Je ne peux que vous relater ce que j'ai entendu de façon informelle.
Permettez-moi de passer à l'autre piste de réflexion que je voulais aborder. Vous avez parlé de ce que vous entendez de façon informelle et, je vous l'accorde, c'est probablement la même chose pour nous aussi. Nous entendons les vétérans qui ne sont pas satisfaits de la situation. C'est compréhensible. Or, ce qu'ils nous rapportent correspond clairement, selon moi, à des problèmes de nature systémique.
Vous avez mentionné les réévaluations constantes. Pour ma part, je qualifierais cela de problème systémique. Nous entendons également parler de la lourdeur bureaucratique déjà existante à Anciens Combattants Canada, à laquelle s'ajoute maintenant une deuxième bureaucratie parallèle, si bien que les vétérans ne savent plus à qui s'adresser. En fait, j'ai même l'impression que les deux structures ont parfois du mal à déterminer qui est responsable de quoi. Comment un vétéran est‑il censé s'y retrouver? Là encore, il s'agit selon moi d'un problème systémique.
Le troisième enjeu qui revient souvent — surtout de la part des fournisseurs de services, mais aussi des vétérans — concerne le fait que ces derniers ne peuvent pas consulter le fournisseur de services de leur choix lorsque celui‑ci n'est pas inscrit au programme. On nous répète sans cesse que les fournisseurs peuvent facilement s'y inscrire, mais ce n'est certainement pas ce que nous disent ces derniers.
J'aimerais savoir ce que vous en pensez. Seriez-vous d'avis qu'il s'agit là de problèmes systémiques? Avez-vous des recommandations quant aux mesures qui pourraient être prises pour améliorer la situation?
:
Merci beaucoup, madame la présidente.
Je remercie les témoins d'être ici.
Quand on visite un ombudsman, c'est le dernier recours. Ça a été mentionné, et j'en suis très consciente. Ça permet à des gens, comme les vétérans, de signaler que les choses ne fonctionnent pas.
Sur votre site Web, il est écrit qu'il y a de longs délais et des retards en raison d'un volume élevé de plaintes. Comme vous êtes le dernier recours des vétérans, je me mets dans leur peau et je me demande quel message on leur envoie en disant: « Désolé, c'est la dernière option, mais ça se peut que ce soit long. »
:
Merci, madame la présidente.
Bienvenue, colonelle Jardine.
En 2023, ce comité a mené une étude sur le contrat des Partenaires des services de réadaptation aux vétérans canadiens — qui, à l'époque, était tout nouveau — et a formulé 10 recommandations à l’intention du gouvernement. La recommandation n° 10 s’adressait à votre bureau. Je comprends parfaitement que votre bureau n'est pas tenu de suivre les directives du Comité. Ce n'est pas ainsi qu'il fonctionne. Je présume que vous en êtes consciente. Toutefois, si vous me le permettez, j'aimerais revenir sur cette recommandation du rapport, qui disait: « Que l'on demande au Bureau de l'ombudsman des vétérans de publier, dans un an, un rapport sur les effets du contrat sur les vétérans, les employés d'ACC et les fournisseurs de services. » Le gouvernement a répondu à cette recommandation.
Ma première question à votre intention est de savoir si un tel rapport a été publié.
:
La principale plainte que nous recevons aujourd’hui concerne le rejet de demandes de prestations de soins.
En deuxième position — ils ont reculé à la deuxième place —, il y a les délais d’attente pour les demandes de prestations d’invalidité, des plaintes pour lesquelles nous ne pouvons pas intervenir directement, mais que nous pouvons examiner. Souvent, nous sommes en mesure d’aider l’ancien combattant à comprendre pourquoi, peut-être, sa demande est en attente, chose dont il n’était peut-être pas au courant.
La plainte numéro un que nous recevons concerne le rejet de demandes de prestations de soins. Imaginons que la demande d’invalidité d’un ancien combattant pour son genou droit soit approuvée. Il obtient l’approbation de sa demande. Son médecin lui prescrit un traitement, mais le ministère lui refuse l’accès à ce traitement ou décide de ne pas le rembourser. C’est ce type de plainte qui arrive au sommet des plaintes que nous recevons.
:
Si je peux me permettre, si vous avez présenté une demande de prestations d'invalidité, disons pour des raisons de santé mentale, et qu'elle a été approuvée, vous bénéficiez désormais d'une prise en charge de vos soins de santé mentale pour le reste de votre vie, et vous pouvez choisir le fournisseur de services de votre choix. Ces services représentent un ensemble de prestations, alors que le programme de réadaptation offre un ensemble de prestations totalement distinct. Il n'y a aucun chevauchement entre ces deux ensembles.
Le programme de réadaptation a pour but d'aider les vétérans à retrouver un emploi dans le cadre de leur vie civile. Il vise à leur permettre d'avancer dans leur vie civile, de toucher un salaire et de retrouver ce mode de vie. S'ils ont l'impression de se heurter à des obstacles dans cette démarche, le programme est là pour les aider. Pour connaître les détails du contrat, il faudrait vous adresser au ministère.
À mon avis, le problème tient principalement au fait que cet ensemble de prestations est lié à la Prestation de remplacement du revenu. Un lien existe entre les deux, et cela peut poser des problèmes.
En ce qui concerne les fournisseurs de services et la façon dont le contrat avec PSRVC a été établi, si ces fournisseurs décident de ne pas souscrire aux modalités de ce contrat, c'est leur choix. Le vétéran peut encore avoir accès à son propre fournisseur de services s'il a présenté une demande de prise en charge de vos soins de santé mentale, et qu'il a droit à des soins pour le reste de sa vie. Cet enjeu est distinct.
Le programme de réadaptation est conçu pour être de courte durée. Il dure au plus deux ans, après quoi les participants font l'objet d'une nouvelle évaluation visant à déterminer s'ils vont quitter le programme ou s'ils sont reconnus comme ayant une capacité de gain réduite, auquel cas ils percevront la Prestation de remplacement du revenu à vie.
La structure du programme et la manière dont ces deux enjeux, c'est‑à‑dire le remplacement du revenu et la participation au programme de réadaptation, sont reliés sont un sujet que les vétérans abordent souvent lorsqu'ils me parlent. L'audit et l'évaluation ont mis l'accent sur cet aspect.
:
Je voudrais prendre un instant pour rappeler au Comité le projet de loi , que j'ai présenté en 2010 et qui visait à vous obliger à rendre des comptes au Parlement. Il se peut qu'un jour, lorsque je serai vieux, je le dépose de nouveau.
Je le mentionne par immense respect pour votre bureau, car j'estime qu'il n'y a pas de bureau plus important que le vôtre au sein du gouvernement du Canada. Le travail que vous accomplissez est d'une importance capitale, et il découle de l'engagement sacré que nous avons pris envers les personnes qui se sont engagées dans les Forces armées canadiennes et ont servi notre pays. Ils jouissent sans aucun doute des droits énoncés dans la Déclaration des droits des anciens combattants.
Une partie de votre mandat découle du projet de loi, qui ne traite pas seulement d'équité, mais aussi de dignité et de respect. Je tenais à ce que cela figure aussi dans le compte rendu, car il ne s'agit pas seulement de justice et d'équité procédurale. Il s'agit de garantir que le ministère traite nos vétérans avec respect et dignité.
On dirait que je parle comme un membre de l'opposition en ce moment.
Un député: Nous aimons cela.
Colonelle Jardine, je vous remercie.
Mesdames et messieurs les députés, nous allons mettre fin à la première partie de la séance, car nous allons recevoir un autre invité par la suite.
Colonelle Jardine, au nom du Comité, je vous remercie de vous être jointe à nous.
[Français]
Je vous remercie encore une fois pour vos services au Canada.
[Traduction]
Monsieur Schippers, c'est toujours un plaisir de vous revoir.
Cela dit, nous allons suspendre la séance pour dire au revoir à nos témoins.
:
Nous reprenons la séance.
J'aimerais maintenant souhaiter la bienvenue aux témoins pour la deuxième heure de la réunion.
Nous avons ici l'honorable Jill McKnight, ministre des Anciens Combattants. Elle est accompagnée de Mme Nancy Gardiner, sous-ministre, et de Mme Jane Hicks, sous-ministre adjointe principale par intérim, Prestation des services.
Bienvenue à nouveau, madame Hicks.
Nous recevons aussi M. Pierre Tessier, sous-ministre adjoint, Secteur de la dirigeante principale des finances et services ministériels.
Monsieur Tessier, c'est toujours un plaisir de vous voir.
Il y a aussi M. Mitch Freeman, sous-ministre adjoint par intérim, Secteur des politiques stratégiques, de la planification et du rendement.
[Traduction]
Monsieur Freeman, c'est aussi un plaisir de vous voir.
[Français]
Madame la ministre, je vous souhaite la bienvenue au Comité. Vous aurez cinq minutes pour faire votre allocution. Nous procéderons ensuite à une série de questions posées par les membres du Comité.
:
Merci, madame la présidente.
Collègues, merci de me donner l'occasion de comparaître aujourd'hui.
[Traduction]
Comme vous le savez, le ministère des Anciens Combattants du Canada a pour mission de veiller au bien-être des vétérans et de leurs familles. Il a également pour mission de promouvoir la reconnaissance et le souvenir des exploits et des sacrifices de ceux qui ont servi le Canada en temps de guerre, de conflit armé et de paix. Cette mission est remplie en partie grâce à toute une gamme de programmes et de services que le ministère gère et met en œuvre.
[Français]
Ceux-ci peuvent comprendre des prestations d'invalidité ou d'aide financière, la défense des droits en matière de pension, de l'aide à l'éducation et à la formation et, bien sûr, des programmes de réadaptation.
[Traduction]
Lorsque les vétérans quittent l'armée, la réadaptation revêt une importance particulière. Pour bon nombre d'entre eux, elle constitue le lien entre leur service militaire et la prochaine étape de leur vie. Grâce à des traitements cliniques, à un accompagnement psychosocial et à des services de réadaptation professionnelle, les vétérans sont en mesure de gérer les blessures et les maladies liées à leur service, de retrouver leur autonomie et de saisir de nouvelles occasions au sein de leur collectivité et sur le marché du travail civil.
Pendant que mon ministère déploie des efforts plus vastes pour moderniser la prestation des programmes et des services, le programme de réadaptation bénéficiera également de ces initiatives. Qu'il s'agisse de lancer de nouveaux outils ou technologies numériques pour aider le personnel à prendre des décisions plus efficacement, de simplifier les processus ou de mettre à jour les systèmes, chaque mesure de modernisation vise à garantir que les vétérans reçoivent des soins et un soutien de la manière la plus rapide, la plus efficace et la plus coordonnée possible. Dans ce contexte de modernisation, Partenaires des services de réadaptation aux vétérans canadiens, ou PSRVC, s'est vu attribuer le contrat d'exécution du Programme de services de réadaptation et d'assistance professionnelle, ou PSRAP, en 2021.
Le fait de confier à un seul entrepreneur national la gestion de l'ensemble des services de réadaptation médicale, psychosociale et professionnelle nous permet d'améliorer l'évaluation du rendement et de la normalisation de ces services à l'échelle du programme. Cela fait désormais plus de deux ans que le contrat de PSRVC est pleinement opérationnel. Au cours de cette période, nous avons observé des progrès considérables en matière de normalisation des soins, d'élargissement de l'accès et de mise en œuvre de nouvelles technologies et de nouveaux outils destinés à soutenir tant les vétérans que le personnel.
En même temps, nous sommes conscients qu'un changement de cette ampleur nécessite une évaluation et une rétroaction continues afin de garantir que le nouveau modèle répond bien aux attentes. Votre étude est donc la bienvenue et revêt une grande importance.
Nos données montrent que, si de nombreux vétérans se déclarent satisfaits du programme offert par PSRVC, d'autres nous ont fait part de leurs préoccupations à ce sujet. Nous sommes à l'écoute de ces commentaires. Le modèle de prestation des services a été conçu en accordant la priorité à la qualité et au rendement des services. Le nouveau cadre de gestion de la qualité et de mesure du rendement fournit des rapports quotidiens sur le rendement de l'entrepreneur et d'ACC, tout en évaluant la qualité des services fournis. De plus, les commentaires des participants sont recueillis à trois moments donnés du plan de réadaptation, et ces commentaires portent sur divers aspects des expériences qu'ils ont vécues dans le cadre de la prestation des services.
Étant donné que le contrat arrive au terme de sa durée initiale de cinq ans et demi, j'ai demandé à mon ministère de procéder à un examen indépendant du programme de réadaptation et de PSRVC. L'objectif de cet examen sera de nous permettre de prendre des décisions fondées sur des données et de déterminer comment nous pouvons mieux aider les vétérans à atteindre leurs objectifs de réadaptation. Nous accordons une grande importance à tous les commentaires que nous recevons de la part des vétérans, et nous nous efforcerons toujours de veiller à ce que ce problème soit réglé. Ce faisant, nous reconnaissons également que les vétérans ne forment pas un groupe homogène et que les expériences qu'ils vivent varient. Les efforts déployés pour répondre aux besoins diversifiés des vétérans de l'ensemble du pays sont un processus itératif, et nous nous engageons à le mener à bien.
Je tiens également à préciser que, dans le cadre du modèle de PSRVC, le rôle des gestionnaires de cas d'ACC n'a pas changé. Ils continuent de jouer un rôle central dans le programme de réadaptation, et ce sont toujours eux qui prennent les décisions définitives en ce qui concerne tous les services qui découlent de la gestion des cas, y compris la réadaptation. Les gestionnaires de cas sont au cœur du soutien que le ministère apporte aux vétérans et à leurs familles, en leur fournissant des conseils et une aide essentiels. Leur autorité en tant que décideurs est maintenue dans le cadre du modèle actuel de prestation des services. Les recommandations de PSRVC éclairent le processus, mais ne prévalent pas sur les décisions ou les compétences des gestionnaires de cas.
La prestation et la facturation des services de réadaptation sont gérées par l'entrepreneur externe, comme c'était déjà le cas avant la signature du contrat avec PSRVC.
Madame la présidente et mesdames et messieurs les députés, Anciens Combattants Canada continue de collaborer avec PSRVC afin de peaufiner les processus de service, d'améliorer l'expérience de transition et d'adapter le soutien aux besoins particuliers de chaque vétéran et de chaque membre de sa famille.
Avant tout, les services de première ligne restent accessibles, personnalisés et adaptés aux besoins de chacun.
[Français]
À l'avenir, la modernisation des services va continuer, afin de garantir des programmes durables, fiables et vraiment axés sur les vétérans.
[Traduction]
Les vétérans canadiens et leurs familles méritent un système de soutien moderne, efficace et accessible. Le programme de réadaptation proposé par PSRVC constitue une étape importante du continuum de soins, mais il ne représente qu'une partie d'un effort plus vaste visant à transformer et à améliorer tous les aspects de la prestation de nos services et de nos soins.
[Français]
Je salue vos commentaires et vos recommandations, alors que nous continuons ce travail ensemble.
[Traduction]
C'est avec plaisir que je répondrai à vos questions, et je vous remercie de votre attention.
:
J'ai l'impression que vous voulez dire qu'ils ont vécu cette expérience différemment, ce qu'avait également déclaré un ancien premier ministre de votre parti, comme nous nous en souvenons. Quoi qu'il en soit, examinons de plus près certains des détails qui sous-tendent cet article.
Les fournisseurs de services affirment qu'ils ne sont plus en mesure de fournir les services qu'ils proposaient auparavant ou qu'ils souhaiteraient offrir aux vétérans. Les vétérans nous font part du même constat: ils ne parviennent pas à consulter les fournisseurs de services de leur choix. Vos représentants, ainsi que ceux de PSRVC et des organismes affiliés, nous ont répété à maintes reprises l'autre jour que les vétérans pouvaient présenter une demande et bénéficier de ce programme.
Eh bien, nous disposons des renseignements suivants qui proviennent d'un fournisseur de services assez important. Il a déposé sa demande pour la première fois le 15 février 2023, et c'est finalement le 27 juin 2025 qu'il a été accepté dans le programme. Cela s'est produit 28 mois plus tard, après des dizaines d'échanges et toutes sortes de démarches administratives. Puis, le fournisseur de services a appris que, comme il était considéré comme un fournisseur hors réseau, il ne recevrait aucune demande de consultation.
Cela nous montre clairement que ce qu'on nous a raconté est tout à fait inexact. Est‑ce que ce résultat vous semble être une réussite?
:
Attendez. Laisse‑moi terminer.
Je fais référence à un fournisseur très important. Il ne m'a pas autorisé à divulguer son nom, mais il s'agit d'un fournisseur de premier plan. S'il lui a fallu 28 mois, je n'ose pas imaginer le temps qu'il faudrait pour un petit prestataire de services qui souhaite aider quelques anciens combattants de sa région.
Le système ne fonctionne pas. Les anciens combattants ne parviennent pas à accéder aux prestataires de soins auxquels ils souhaitent faire appel. Vous avez dit que l'on procéderait à une sorte d'examen avant le renouvellement du contrat, et j'espère vraiment que l'on se penchera sérieusement sur la question, car il y a un véritable problème.
L'autre jour, les représentants de Lifemark ont eux‑mêmes reconnu, après avoir entendu les observations de ce comité, qu'il y avait manifestement un problème lorsque l'on a déclaré qu'il fallait utiliser le mot « et » et non « ou », ils ont clairement admis qu'il s'agissait bien d'un « ou ».
Passons maintenant à la communication. En ce qui concerne les recommandations formulées par ce comité il y a quelques années, on nous a affirmé, de manière assez inexacte, qu'elles avaient toutes été mises en œuvre. Le syndicat faisait partie des groupes que l'on devait consulter davantage. Un exemple récent montre clairement que cela ne s'est pas produit. Il y a quelques semaines, lors d'une autre réunion de comité parlementaire, lorsque j'ai demandé au président du Syndicat des employé(e)s des Anciens Combattants si on l'avait consulté avant de procéder aux coupes budgétaires au Bureau de services juridiques de pensions, il m'a répondu: « Pas du tout ».
Je dois dire que le 15 janvier, nous avons eu une réunion nationale entre la direction et les syndicats, et aucun des participants ne nous a informés que le Bureau de services juridiques de pensions allait être supprimé, alors qu'ils le savaient.
:
Moi aussi, je dois souligner l'étape franchie. Je suis très heureuse de constater que la ministre s'est exprimée en français. Bravo! Je tenais à le souligner. Pour ma part, ça fait six ans que je pratique mon anglais.
D'entrée de jeu, en ce qui concerne les chiffres, je veux être sûre de quelque chose. On mentionne que 74 % des répondants ont dit qu'il y avait eu une amélioration des services. Toutefois, si on se base sur le nombre de répondants, à moins que je n'aie pas les bons chiffres, il est indiqué selon les chiffres que j'ai que 732 personnes sur 23 000 ont répondu au sondage. Il faut faire attention à l'interprétation de ces chiffres, parce que ce ne sont pas les 23 000 vétérans qui ont été sondés. Sur ce point, j'ai un petit bémol.
Cela dit, je viens d'apprendre des choses à la suite de l'audit, et je ne doute absolument pas du souhait d'améliorer la cause des vétérans.
Ma première question est la suivante: dans combien de temps le ministère vous a-t-il dit que vous alliez avoir les éléments pour arriver à une conclusion? Est-ce qu'on vous a donné un délai? Le but, c'est que ça prend un an, puis ça recommence; c'est une roue qui tourne. Est-ce que le ministère vous a donné un échéancier?
:
Merci, madame la présidente.
Madame la ministre, votre personnel serait probablement mieux placé pour répondre aux deux ou trois prochaines questions que je vais poser. Ne vous en offusquez pas; les conservateurs ne semblaient pas particulièrement intéressés à entendre le personnel, même s'ils posaient des questions auxquelles il aurait été préférable que celui‑ci réponde.
Madame Hicks, nous avons entendu plus tôt que M. Richards n'était pas satisfait de l'exactitude des renseignements que vous avez fournis lors de votre dernière comparution. Selon lui, ce que vous avez dit au sujet des recommandations lors de la dernière réunion était inexact.
J'aimerais savoir si vous avez réfléchi à votre dernière comparution et s'il y a quelque chose que vous aimeriez ajouter ou corriger, en fonction de l'évaluation non spécifique de votre témoignage par M. Richards.
:
Merci, madame la présidente.
Madame la ministre, j'ai une requête. J'aimerais vraiment avoir le chiffre exact. Il est sûr que si c'est 2 500 personnes au lieu de 23 000, l'écart est important. Donc, vous devriez le savoir. Excellent.
Voici ma seule question. Depuis l'automne dernier, nous rencontrons des psychologues, des sexologues et des chercheurs. Je suis convaincue que vous êtes au courant de tout ça. Ils dénoncent le programme. Quand nous avons eu notre rencontre, il était clair qu'il y avait un consentement, bien qu'il y ait beaucoup de choses à apporter. Cependant, ça avait l'air très beau quand même.
Là, quand nous recevons des gens — et nous ne leur demandons pas d'exagérer —, ceux-ci nous disent qu'ils ont dû recommencer à parler de leurs problèmes deux, trois, quatre ou même cinq fois. On a parlé de la centralisation des gestionnaires de cas. Ce sont là des faits.
Je me demande donc si vous êtes bien au courant qu'il y a des gens qui sont traumatisés à nouveau dans le cadre d'un processus de réhabilitation.
:
Merci beaucoup, madame la présidente.
Madame la ministre, je vous remercie de votre présence.
Nous avons discuté avec vos représentants de ce qui fonctionne et de ce qui ne fonctionne pas avec PSRVC. Un certain nombre d'anciens combattants m'ont fait part de leurs préoccupations au sujet de l'évaluation qui est faite au début. Ils ne peuvent pas la voir. Un ancien combattant a communiqué avec moi parce qu'on lui avait dit qu'il n'obtiendrait pas sa prestation de remplacement du revenu s'il ne faisait pas cette évaluation. Il a donné beaucoup de renseignements, même sur les membres et la dynamique de sa famille, qui se sont retrouvés dans son rapport.
La seule raison pour laquelle il le sait, c'est qu'il a insisté pour signer son évaluation, ce qui me semble logique. Cependant, nous avons appris qu'il avait signé son évaluation alors qu'elle avait déjà été transmise.
Cet examen indépendant garantira‑t‑il que la dynamique sera réévaluée et que les anciens combattants pourront voir les résultats auxquels on s'attend pour eux, et que l'information ne sera pas communiquée aux fournisseurs ou à quiconque au sein de PSRVC avant que les anciens combattants aient eu l'occasion de la lire et de l'approuver? Je vous demande de vous assurer que cela fasse partie de votre examen indépendant, parce qu'en raison de sa nature, cet examen devra miser sur des renseignements qui ne proviennent pas de PSRVC en grande partie, puisqu'il s'agit du programme dont le travail est examiné. Je vous demande de bien vouloir en tenir compte. C'est ma première demande.
Deuxièmement, on nous a dit aujourd'hui que le programme de réadaptation était offert aux conjoints veufs, aux autres membres et à leurs partenaires, mais qu'ils devaient être veufs. Toutefois, un autre rapport indique que les conjoints des anciens combattants grièvement blessés et des survivants sont autorisés à participer au programme de réadaptation d'Anciens Combattants Canada. Quelle est la réponse? Les conjoints peuvent-ils également...? Je vois un hochement de tête. Est‑ce exact?