Passer au contenu
Début du contenu

AGRI Rapport du Comité

Si vous avez des questions ou commentaires concernant l'accessibilité à cette publication, veuillez communiquer avec nous à accessible@parl.gc.ca.

PDF

INTRODUCTION


Les agriculteurs forment les assises du secteur.

L’hon. Lyle Vanclief, Allocution prononcée devant le Comité permanent de l’agriculture et de l’agroalimentaire, Ottawa, 6 février 2002, p. 1.

Le gouvernement, à mon avis, doit être un chef de file, un gestionnaire et un membre de l’équipe à laquelle appartiennent l’industrie agricole et d’autres intéressés.

L’hon. Ernest Fage, Comité permanent de l’agriculture et de l’agroalimentaire, Témoignages, 1re session, 37e législature, no 58-09:40, Truro, 19 mars 2002.

L’agriculture est un secteur hautement intensif en capital et fortement concurrentiel; les risques y sont élevés et souvent imprévisibles, les rendements sur l’investissement sont faibles par rapport à ceux d’autres secteurs et l’influence qu’exerce un particulier sur le prix de ses produits y est marginale. Pourtant, il y a des agriculteurs et des agricultrices qui relèvent le défi et acceptent de prendre ces risques élevés parce qu’ils et elles sont convaincus que l’agriculture fait partie non seulement des assises du secteur agroalimentaire, mais aussi des assises d’un pays.

Depuis maintenant plusieurs années, l’agriculture subit chocs après chocs. L’Accord sur l’Agriculture du cycle de l’Uruguay, qui devait rendre les marchés agricoles plus libres et accroître le prix des denrées, n’a pas encore satisfait toutes les attentes, mais il a perturbé les opérations et les décisions d’affaire des agriculteurs. De plus, de nouveaux facteurs, comme la responsabilité écologique, la biotechnologie, la concentration des marchés et une plus grande préoccupation pour la sécurité alimentaire et la salubrité des aliments, se font maintenant jour. À titre d’intendants du sol et d’entrepreneurs, les agriculteurs et les agricultrices sont prêts à faire face à ces nouveaux défis, mais ils s’attendent à ce que le gouvernement joue un rôle de partenaire et de leader. Cette vision du rôle du gouvernement est d’ailleurs partagée par d’autres intervenants du milieu agroalimentaire.

Lorsque le Comité permanent a entamé son voyage de consultation à travers le Canada au mois de février 2002, le plan d’action national pour la création du Cadre stratégique pour l’agriculture (CSA), dévoilé à Whitehorse le 29 juin 2001, venait d’être discuté à la conférence fédérale-provinciale-territoriale des ministres de l’Agriculture, tenue à Toronto le 24 janvier 2002. Il n’est donc pas étonnant que les thèmes du CSA soient revenus dans les discussions. Les rencontres du Comité permanent ont montré que, de façon générale, le concept du CSA, c.-à-d. une politique agricole concertée et globale pour une stratégie à long terme, est bien perçu par les agriculteurs canadiens. Mais qui n’est pas pour la vertu? En fait, un message central est ressorti des discussions : une nouvelle architecture pour une politique agricole canadienne de long terme est nécessaire, mais cette architecture doit faire preuve de flexibilité pour respecter la diversité des secteurs et régions agricoles du Canada. Pour le gouvernement, cette flexibilité signifie aussi que son rôle revient parfois à être simplement moins présent. Toute nouvelle architecture doit aussi reconnaître que les agriculteurs sont les assises —  les fondations — du secteur, et qu’il est impératif de solidifier celles-ci avant d’ériger une nouvelle structure.

En plus de tenir de nombreuses rencontres à Ottawa, le Comité permanent a voyagé d’ouest en est et s’est arrêté dans une quinzaine de régions rurales où ses membres ont rencontré plus de 350 témoins. Certains secteurs agricoles et certaines régions se tirent mieux d’affaire que d’autres, mais il existe des ramifications étroites en agriculture ce qui fait que lorsqu’un secteur, comme celui des céréales, traverse une période de crise trop longue, cela peut avoir à long terme des retombées négatives sur l’ensemble du monde rural. Le gouvernement ne peut laisser s’affaisser un pan de la fondation sans craindre que cela ne crée une fissure dans l’ensemble de la structure.

Le présent rapport se divise en huit chapitres qui traitent des grands thèmes qui sont ressortis lors des rencontres du Comité. Dans chacun d’eux, il est fait état des grandes préoccupations des agriculteurs et des agricultrices et les recommandations qui y sont formulées reflètent les solutions proposées par ceux et celles qui vivent quotidiennement la réalité agricole. Il en résulte donc une vision bien branchée des besoins des agriculteurs canadiens.