:
Je vous remercie de votre présence.
[Français]
J'ouvre maintenant la séance.
Bienvenue à la neuvième réunion du Comité permanent des comptes publics de la Chambre des communes.
[Traduction]
La réunion d'aujourd'hui se déroule en format hybride. Conformément au Règlement, les députés participent en personne, même si certains témoins se joignent à nous en ligne au moyen de l'application Zoom.
J'aimerais rappeler aux participants les points suivants: veuillez attendre que je vous nomme avant de prendre la parole. Tous les commentaires doivent être adressés à la présidence. Chers collègues, veuillez lever la main si vous souhaitez prendre la parole, que vous participiez en personne ou par Zoom, et la greffière et moi-même nous efforcerons de vous la donner.
[Français]
Conformément à l'article 108(3)g) du Règlement, le Comité entreprend l'examen du rapport 5, intitulé « Les contrats de services professionnels », tiré des rapports 5 à 7 de la vérificatrice générale du Canada de 2024, qui a été renvoyé au Comité le mardi 4 juin 2024.
[Traduction]
J'aimerais souhaiter la bienvenue à nos témoins. Je suis heureux que nous ayons une grande table pour vous recevoir.
Du Bureau du vérificateur général, nous accueillons Andrew Hayes, sous-vérificateur général. Nous accueillons aussi Aliya Haji, directrice, et Nicholas Swales, directeur principal.
De la Banque de l'infrastructure du Canada, nous accueillons en ligne Ehren Cory, président-directeur général, et Frédéric Duguay, avocat général et secrétaire de la Société.
Du ministère de la Défense nationale, nous accueillons Stefanie Beck, sous-ministre, et le lieutenant-général Paul Prévost, chef, Conduite professionnelle et culture.
Du ministère des Travaux publics et des Services gouvernementaux, nous accueillons Arianne Reza, sous-ministre. Nous accueillons également Catherine Poulin, sous-ministre adjointe, Direction générale de la surveillance, et Dominic Laporte, sous-ministre adjoint, Direction générale de l'approvisionnement.
C'est un plaisir de vous voir tous ici.
Je crois comprendre qu'il y aura une série de déclarations préliminaires.
Nous allons commencer par le sous-vérificateur général.
Monsieur Hayes, vous avez la parole.
:
Monsieur le président, je vous remercie de nous donner l'occasion de discuter de notre rapport sur les contrats de services professionnels, qui a été déposé au Parlement en juin 2024.
Je tiens d'abord à souligner que nous sommes réunis sur le territoire traditionnel non cédé du peuple algonquin anishinabe.
Je suis accompagné aujourd'hui de Nicholas Swales, directeur principal, et d'Aliya Haji, directrice.
Cet audit visait à déterminer si les contrats fédéraux attribués à McKinsey & Company entre 2011 et 2023 étaient conformes aux politiques applicables et si les Canadiens en avaient eu pour leur argent. Ces contrats concernaient 20 organisations fédérales, dont 10 sociétés d'État. La valeur totale des contrats attribués à McKinsey & Company au cours de cette période s'élevait à 209 millions de dollars, dont environ 200 millions de dollars ont été dépensés.
Nous avons constaté que les organisations qui ont attribué les contrats avaient fréquemment fait fi des politiques et des directives fédérales en matière de passation de marchés et d'approvisionnement. Nous avons également constaté que les pratiques propres à chaque organisation ne démontraient souvent pas une optimisation des ressources.
L'ampleur de la non-conformité et des risques pour l'optimisation des ressources variaient d'une organisation à l'autre. Par exemple, pour 10 des 28 contrats attribués dans le cadre d'un processus concurrentiel, les évaluations des soumissions ne contenaient pas suffisamment d'information pour appuyer le choix de McKinsey & Company comme soumissionnaire retenu.
[Français]
Nous avons aussi constaté que la justification exigée pour attribuer un contrat sans processus concurrentiel était souvent manquante. Environ 70 % des 97 contrats attribués à McKinsey & Company que nous avons examinés étaient des marchés non concurrentiels et leur valeur était d'environ 118 millions de dollars.
Nous avons également prélevé un échantillon de 33 contrats, que nous avons examinés pour évaluer l'optimisation des ressources. Nous avons constaté que près de la moitié des contrats ne décrivaient pas le besoin ou la lacune que le contrat visait à combler. Pour 15 % des contrats, l'énoncé des produits livrables prévus au contrat n'était pas clair. Pour 18 % des contrats, il n'y avait pas de confirmation que le gouvernement avait obtenu tous les produits livrables prévus.
Services publics et Approvisionnement Canada, en tant qu'organisme central responsable des achats et des marchés et expert en la matière pour le gouvernement du Canada, ne s'était pas posé de questions sur les décisions des organisations fédérales lorsque le ministère avait attribué certains contrats en leur nom. Le ministère n'a pas cherché à vérifier le caractère approprié de la stratégie d'approvisionnement lorsque l'organisation a demandé de multiples contrats à la firme McKinsey & Company à des fins similaires et sur une période rapprochée.
Notre seule recommandation portait sur la nécessité de régler de manière proactive les conflits d'intérêts dans le processus d'approvisionnement des organisations fédérales. D'autres éléments de nos constatations ont été abordés dans les observations et les recommandations que nous avons formulées dans nos récents rapports d'audit. Depuis, ces éléments ont été renforcés par des recommandations présentées par les fonctions d'audit interne.
Le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada a pris les mesures qu'il s'était engagé à prendre, au nom des ministères et des organisations, en réponse à notre recommandation.
[Traduction]
Bien que cet audit ait porté principalement sur les contrats attribués à McKinsey & Company, il met en évidence les exigences de base et les bonnes pratiques que toutes les organisations fédérales devraient suivre lorsqu'elles font appel à des services professionnels au nom du gouvernement du Canada. Nos audits des contrats attribués à GC Strategies Inc. pendant une grande partie de la même période ont révélé bon nombre des mêmes faiblesses dans le respect des règles de passation de marchés par les organisations fédérales et dans leur capacité à démontrer l'optimisation des ressources.
Les politiques et les règles fédérales en matière de passation de marchés et d'approvisionnement visent à garantir l'équité, la transparence et l'optimisation des ressources, mais elles ne fonctionnent que si elles sont respectées. La solution ne consiste pas nécessairement à créer de nouvelles règles, mais plutôt à s'assurer qu'elles sont bien comprises et appliquées.
Monsieur le président, ceci conclut ma déclaration d'ouverture. Nous serons heureux de répondre à toutes les questions que le comité pourrait avoir.
:
Merci, Monsieur le président.
Permettez-moi tout d'abord de souligner que nous sommes réunis aujourd'hui sur le territoire non cédé du peuple algonquin Anishinabe.
Je remercie le Comité d'avoir donné à Services publics et Approvisionnement Canada l'occasion de parler du rapport numéro cinq de la vérificatrice générale sur les services professionnels liés à McKinsey & Company. Ce rapport fait en fait partie d'une série de rapports d'audit.
En 2023, le premier ministre de l'époque a demandé à la et au de mener un examen des contrats attribués à McKinsey. Le Bureau de l'ombudsman de l'approvisionnement a lui aussi mené son propre examen indépendant.
Considérées dans leur ensemble, les conclusions et les recommandations de ces examens font état de trois points à améliorer: premièrement, il faut que les règles d'approvisionnement existantes soient mieux respectées. Deuxièmement, il faut que les décisions d'approvisionnement soient documentées de manière adéquate. Et troisièmement, il faut améliorer le contrôle de la qualité globale de nos pratiques d'approvisionnement.
Ces domaines d'amélioration ne sont en aucun cas uniques à l'objet des vérifications des contrats de McKinsey, mais s'appliquent plutôt à tous les produits et à la fonction d'approvisionnement. Il y a un besoin fondamental d'établir et de maintenir la confiance du public dans le système d'approvisionnement.
[Français]
Depuis ma plus récente comparution devant le Comité permanent des comptes publics, Services publics et Approvisionnement Canada, ou SPAC, a déployé des efforts considérables pour renforcer le processus d'approvisionnement dans toute sa continuité. Par « continuité », j'entends la mobilisation dès les premières étapes, lorsqu'un ministère client détermine un besoin pour la première fois, depuis la planification de la stratégie d'approvisionnement jusqu'à l'attribution, l'administration et la clôture du contrat.
Nous avons mis en place de nouvelles listes de vérification obligatoires pour les autorisations de tâches et le remplissage des dossiers d'approvisionnement. Nous avons mis davantage l'accent sur la formation des agents d'approvisionnement, augmenté les interactions et ajouté des exigences en matière d'attestations avec les fournisseurs.
Par ailleurs, SPAC a créé le poste de chef du Bureau d'assurance de la qualité des contrats et de la conformité des dossiers, axé sur la conformité de la gestion de l'information. Depuis sa création en 2024, le Bureau a examiné plus de 1 200 dossiers d'approvisionnement et formé plus de 600 agents d'approvisionnement.
[Traduction]
Passons maintenant au rapport qui nous occupe. La portée du rapport de la vérificatrice générale est vaste puisqu'il a examiné les pratiques d'approvisionnement des ministères et des organismes et le rapport qualité-prix. Ce sont les deux faces d'une même médaille.
En ce qui concerne le rapport qualité-prix, les ministères clients sont tenus de faire preuve d'une saine intendance et d'obtenir le meilleur rapport qualité-prix dans leurs actions et décisions en matière d'achats. De l'autre côté, les activités d'approvisionnement doivent être gérées, d'une manière équitable, ouverte et transparente, qui répond aux attentes du public en matière de prudence et d'intégrité.
SPAC est d'accord avec la recommandation de ce rapport de la vérificatrice générale. Le ministère a mis en place des mesures concrètes pour renforcer les mesures de protection contre les conflits d'intérêts. En plus de notre déclaration annuelle obligatoire de conflit d'intérêts pour tous les employés de SPAC, nous avons précisé explicitement l'exigence selon laquelle un évaluateur doit remplir une attestation de confidentialité et de conflit d'intérêts pour notre processus d'appel d'offres. Cette mesure permet de s'assurer que les évaluateurs attestent explicitement qu'ils ne sont pas en conflit d'intérêts à diverses étapes du processus d'attribution des contrats. La certification sera automatiquement incluse dans la documentation du dossier.
[Français]
En ce qui concerne d'autres observations du rapport, SPAC a déjà modifié l'administration des offres à commandes principales et nationales non concurrentielles en exigeant une justification claire de la part des ministères clients. SPAC a également imposé des limites à la valeur, à la durée et aux modifications afin de réduire le plus possible les risques financiers et d'encourager les approches axées sur les solutions. J'ai personnellement écrit à tous mes collègues administrateurs généraux au sujet de la gestion de l'approvisionnement en services professionnels pour souligner l'importance de saines pratiques d'approvisionnement dans le but d'obtenir le meilleur rapport qualité-prix et de rendre compte des résultats.
Une fois de plus, je tiens à remercier la vérificatrice générale et son équipe des rapports sur ces questions. Ceux-ci nous ont aidés à améliorer nos façons de faire et, ultimement, à renforcer l'intégrité de l'acquisition des services professionnels.
Les changements que nous avons apportés cadrent avec l'engagement de SPAC à améliorer continuellement les pratiques fédérales d'approvisionnement.
Merci.
:
Monsieur le président et membres du Comité, c'est un honneur de m'adresser à vous aujourd'hui au nom du ministère de la Défense nationale et des Forces armées canadiennes aux côtés de mon collègue, le lieutenant-général Paul Prévost.
Je tiens à rassurer les Canadiens et les Canadiennes, comme l'a fait ma collègue de SPAC, que le ministère prend très au sérieux ses responsabilités à l'égard de la défense et de la sécurité de notre pays et de la gestion prudente des fonds publics. Nous nous efforçons toujours d'obtenir le meilleur rapport qualité-prix pour les contribuables tout en répondant à nos besoins complexes et changeants en matière de défense et de sécurité. Cela est devenu encore plus crucial avec la récente augmentation des investissements dans le domaine de la défense.
Nous accueillons favorablement la surveillance supplémentaire et les recommandations d'experts externes, notamment la vérificatrice générale et le présent comité, qui nous permettent d'améliorer continuellement nos programmes, nos politiques et nos processus afin d'obtenir les meilleurs résultats pour la population canadienne.
[Français]
Comme l'explique le rapport de la vérificatrice générale, quinze de ces contrats, d'une valeur totale de 29,6 millions de dollars, ont été attribués par le ministère de la Défense nationale. De ce nombre, 12 étaient des commandes subséquentes à l'offre à commandes principale et nationale de SPAC, et un a été attribué à l'issue d'un processus non concurrentiel du ministère de la Défense nationale. Les deux autres étaient des commandes subséquentes dans le cadre d'un arrangement en matière d'approvisionnement concurrentiel.
Une grande partie de ce que nous faisons aujourd'hui s'appuie sur l'expertise que nous avons pu intégrer au sein du ministère et qui a amené nos alliés à se tourner régulièrement vers nous pour obtenir des conseils, par exemple en matière de changement de culture.
[Traduction]
Dans son rapport, la vérificatrice générale présente une seule recommandation: que les ministères s'assurent de façon proactive de l'absence de conflits d'intérêts, réels ou perçus, parmi les personnes participant au le processus d'approvisionnement. Elle conseille également au MDN de continuer à mettre en œuvre les recommandations de deux examens antérieurs, soit la vérification interne de mars 2023 et le rapport de l'ombudsman de l'approvisionnement de mars 2024. J'ai le plaisir de vous annoncer que tous les plans d'action de la direction liés à ces examens ont été menés à bien.
Le MDN tient à ce que ses processus d'approvisionnement soient justes, ouverts et transparents, et nous travaillons avec diligence pour respecter les exigences et les normes du gouvernement du Canada en matière de passation de contrats et d'approvisionnement. Nous collaborons étroitement avec SPAC, l'autorité contractante du gouvernement du Canada, afin de nous assurer de suivre les politiques et les procédures établies. Au cours des dernières années, nous avons réalisé un travail considérable pour renforcer nos politiques et la surveillance en matière de passation de contrats, en mettant à jour les cadres de conformité, les procédures, les directives et la formation, en renforçant nos politiques et nos procédures en matière de gestion de l'information, et en établissant de nouvelles mesures de contrôle de la qualité.
[Français]
Le rapport de la vérificatrice générale du Canada nous a également incités à examiner de près la façon dont nous communiquons au sujet des conflits d'intérêts à tous les niveaux, mais aussi au sein du ministère.
Un questionnaire de contrôle doit être rempli pour toutes les nouvelles embauches et mesures de dotation en personnel. Nous avons également adopté une procédure de sélection proactive qui comprend un questionnaire obligatoire sur les conflits d'intérêts.
Dans le cadre du cycle de gestion du rendement, les employés doivent maintenant confirmer qu'ils comprennent les valeurs et le code d'éthique, y compris les politiques sur les conflits d'intérêts, et qu'ils acceptent de s'y conformer.
[Traduction]
En conclusion, monsieur le président, membres du Comité, l'engagement du ministère de la Défense nationale à l'égard de la transparence, de la responsabilité et de la rigueur demeure ferme alors que nous accomplissons notre devoir de protéger le Canada tout en optimisant l'utilisation des fonds publics qui nous sont confiés. Nous avons donné suite aux recommandations qui nous ont été présentées et nous continuerons à nous améliorer et à évoluer afin que les Canadiens et les Canadiennes puissent avoir une confiance absolue dans la façon dont nous gérons les ressources de la Défense.
Merci beaucoup.
:
Merci, monsieur le président.
[Traduction]
Mesdames et messieurs, membres du Comité, par l'entremise de la présidence, nous nous excusons de ne pas être là avec vous en personne, ce qui est toujours préférable. Nous vous remercions de votre compréhension.
[Français]
Je m'appelle Ehren Cory. Je suis le président-directeur général de la Banque de l'infrastructure du Canada, ou la BIC.
Je suis heureux d'être parmi vous aujourd'hui au nom de notre organisation, qui a été mentionnée dans le rapport sur les contrats de services professionnels de 2024 du Bureau du vérificateur général du Canada.
[Traduction]
Je suis accompagné de mon collègue Frédéric Duguay, avocat général et secrétaire de la Société.
La Banque de l'infrastructure du Canada, la BIC est une société d'État, comme vous le savez sûrement. Elle a été créée en 2017 par la Loi sur la Banque de l'infrastructure du Canada. Je suis fier d'annoncer que nous avons maintenant investi près de 17 milliards de dollars dans plus de 100 projets. Ces projets ont une valeur totale en capital de près de 50 milliards de dollars. Soixante et onze de ces projets sont en cours de construction et sept sont désormais achevés ou sont déjà en service.
Ces faits sont importants pour comprendre comment nous utilisons les services professionnels en général. Il s'agit d'investissements percutants dans des ports et des aéroports, dans des systèmes d'énergie propre partout au pays, ou dans des infrastructures d'irrigation, qui sont tous conçus pour stimuler la productivité et la croissance économiques dans un monde en rapide évolution.
Chacun de ces investissements a été fait sous forme de prêts ou d'investissement en capital remboursés avec intérêts. Ces capitaux seront réinvestis dans des projets ultérieurs. Je tiens à souligner que, depuis l'an dernier, la BIC est devenue autonome financièrement, ce qui signifie que ses coûts d'exploitation sont plus que couverts par les intérêts qu'elle perçoit, et qu'elle n'a donc pas besoin de crédits de fonctionnement.
Avant de faire des investissements, la BIC fait preuve de la diligence raisonnable qui est attendue pour les investissements à grande échelle. Comme la plupart des organismes de gestion d'actifs, elle fait appel à divers conseillers financiers, juridiques et techniques pour l'aider à prendre ses décisions d'investissement. La BIC dispose d'une équipe relativement petite pour l'ampleur de ses activités. Il s'agit d'environ 150 personnes, et nous comptons donc sur des conseillers externes pour soutenir notre travail en fournissant des conseils techniques et en appuyant la diligence raisonnable. Pour mettre les choses en contexte, à la fin du dernier exercice, les services professionnels représentaient moins de 1 % du montant total de nos investissements.
Je vais maintenant passer au rapport à l'étude aujourd'hui.
Dans tous les cas d'approvisionnement entrepris par la BIC, l'équipe s'engage à suivre des pratiques robustes, y compris en matière de conflits d'intérêts, et à assurer la valeur pour les contribuables. J'aborderai plus précisément ces pratiques dans un instant en relation avec les deux questions soulevées par le Bureau du vérificateur général.
Le rapport a identifié trois contrats conclus par la BIC avec McKinsey. Ils ont tous eu lieu entre 2018 et 2020, avant mon arrivée au poste de PDG. Les trois contrats, d'une valeur totale de 1,4 million de dollars, ont été conclus tout au début de la BIC, à une époque où elle commençait à prendre de l'expansion et comptait un très petit nombre d'employés. Les trois contrats ont suivi les politiques d'approvisionnement de l'époque. Depuis, la BIC n'a pas conclu de contrat avec McKinsey.
[Français]
Je me réjouis de l'occasion qui m'est donnée de souligner le travail accompli par la BIC pour s'assurer de mettre en place des politiques et des pratiques solides, proactives et transparentes.
Les politiques en matière d'approvisionnement et de conflits d'intérêts visent à assurer de l'équité, de la transparence et de la valeur pour la population du Canada.
[Traduction]
En tant que société d'État fédérale, la BIC s'engage à suivre des pratiques exemplaires lorsqu'elle fait appel à des professionnels.
Nous remercions le Bureau du vérificateur général de sa recommandation et je suis heureux de vous faire part des mesures que la BIC a prises pour y donner suite. Notre politique d'approvisionnement et notre code de conduite ont été peaufinés et mis à jour depuis 2020, et nous sommes constamment à la recherche de possibilités d'amélioration. Aujourd'hui, la BIC dispose de pratiques solides pour recenser et gérer les marchés publics et cerner les conflits d'intérêts réels ou perçus. La politique d'approvisionnement de la BIC prévoit que l'approvisionnement en biens et services doit être effectué de façon responsable et selon les normes les plus élevées en matière d'intégrité. Ces politiques se trouvent sur notre site Web.
Pour donner suite à la recommandation du BVG, les titulaires de contrats et le personnel concerné de la BIC doivent maintenant confirmer qu'ils n'ont aucun conflit d'intérêts avant que tout processus d'approvisionnement aille de l'avant. Cette exigence a été ajoutée aux modèles d'approbation des investissements et de demande de signature en septembre 2024. Cela s'ajoute aux mesures existantes visant à assurer la transparence, notamment le fait que les membres du personnel de la BIC doivent remplir des attestations annuelles qui couvrent la conformité au code de conduite et comprennent la divulgation proactive des conflits d'intérêts. Comme indiqué dans notre code de conduite, les membres du personnel et les entrepreneurs doivent nous aviser rapidement en cas de conflit d'intérêts — réels ou perçus —, pour que nous puissions nous en occuper de manière appropriée.
Je remercie le Comité de son attention. Je serai heureux de répondre à vos questions.
:
Je vous remercie. Permettez-moi maintenant de passer au rapport dont nous sommes saisis.
Madame Reza, votre ministère a toujours fait preuve d'un grand professionnalisme. J'ai toujours beaucoup aimé travailler avec vous et les représentants de votre ministère. J'aimerais savoir comment les choses pourraient fonctionner différemment désormais, étant donné certains éléments contenus dans ce rapport.
Par exemple, le paragraphe 5.39 du rapport mentionne que le ministère avait mis en place une offre à commandes principale et nationale avec McKinsey en 2021 sans fournir assez de raisons pour justifier son choix. Puis, 19 contrats non concurrentiels ont été attribués par divers ministères au moyen de cette offre à commandes nationale. Pour 18 des 19 contrats, il n'y avait pas assez de raisons consignées pour justifier le recours à un processus non concurrentiel. On précise que SPAC n'a pas assez interrogé les ministères.
Je sais qu'il est toujours bien difficile de s'occuper de la surveillance sans toutefois disposer d'un pouvoir direct sur chacun des ministères. Pouvez-vous nous parler des changements que SPAC a apportés aux procédures pour régler le problème de l'attribution d'offres à commandes non concurrentielles sans justification suffisante et celui de l'absence de pouvoir sur les ministères?
:
Vous soulevez deux éléments intéressants ici. Tout d'abord, ces offres à commandes nationales non concurrentielles permettent aux ministères de se servir de dispositions ou faire le nécessaire pour avoir recours aux services professionnels... McKinsey était l'un de cinq sous-traitants. Nous utilisons cette méthode d'approvisionnement depuis de nombreuses années, depuis les années 1990 ou le début des années 2000. Elle était conforme à notre interprétation selon laquelle les règles gouvernementales en matière d'attribution de marchés nous permettaient d'appliquer cette exemption, si la propriété intellectuelle appartenait à une seule entreprise, comme c'était le cas pour McKinsey.
En fait, ce processus était en place. Il ne s'agissait pas d'un traitement préférentiel accordé à McKinsey. D'autres entreprises bénéficiaient de cette méthode d'approvisionnement depuis bien plus longtemps. On a attribué le contrat à McKinsey parce que l'on utilisait ses ensembles de données et ses outils d'analyse comparative au gouvernement. C'est là où nous avons fait fausse route, selon moi. Puisque ce processus avait déjà été employé par le passé, nous étions d'avis qu'il constituait une façon cohérente de faire les choses.
Après la publication de ce rapport et celui de l'ombud de l'approvisionnement, qui avançaient que même si la propriété intellectuelle appartenait à McKinsey, les ministères n'étaient en aucun cas dispensés de l'obligation de justifier son utilisation, nous avons lancé une demande de renseignements — que nous avons envoyé à 5 000 fournisseurs — et avons obtenu de nombreuses réponses. En conséquence, nous avons mis fin à toutes les offres à commandes principales et nationales non concurrentielles relatives aux services d'analyse comparative. Nous avons mis en place un nouveau processus, car nous convenons que l'ancien n'était pas assez rigoureux et n'était pas assorti d'une fonction d'examen critique assez robuste.
Je vais m'arrêter ici, car dans la deuxième partie de votre question, vous nous demandiez de vous donner des exemples de ce qui a changé. Je vais donc demander à M. Laporte de m'aider à répondre.
:
Oui, beaucoup de choses ont changé depuis McKinsey. Je suis très reconnaissant également envers le Bureau du vérificateur général de nous avoir communiqué certaines des leçons retenues.
Nous voulons que la concurrence soit la norme. À l'avenir, pour tous les services professionnels d'analyse comparative dont nous avons besoin ou dont les ministères clients ont besoin, nous allons veiller à ce qu'il y ait un processus concurrentiel et à ce qu'un de nos arrangements concurrentiels en matière d'approvisionnement ou une de nos offres à commandes soit utilisé.
Je dirais que même ces offres à commandes nationales non concurrentielles demeurent exceptionnelles. Elles nécessitent maintenant l'approbation du sous-ministre adjoint. Ce n'est pas quelque chose que je veux utiliser à l'avenir. Nous l'avons très clairement indiqué.
Pour ce qui est de la fonction d'examen critique, c'était presque une bénédiction de la part du Bureau du vérificateur général. Il arrive souvent que le titulaire d'un poste PG‑03 doive faire affaire avec le client au niveau du directeur général. Il n'est pas si facile de dire: « Nous allons contester la stratégie d'approvisionnement que vous voulez présenter. Vous ne devriez pas utiliser une seule source ici. Nous voulons un appel d'offres, et cela demandera plus de temps. »
Notre personnel a bien accueilli les déclarations reçues dans le contexte du rapport du Bureau du vérificateur général. Cela nous donne cette latitude pour dire non au client. Nous pouvons lui dire que ce n'est pas la bonne stratégie d'approvisionnement, qu'il ne peut pas procéder sans appel d'offres et que nous allons avoir un processus concurrentiel complet.
Ce sont des exemples de choses qui ont changé compte tenu de ces rapports et des recommandations du Bureau du vérificateur général.
:
Je vais commencer puis céder la parole à M. Laporte pour terminer.
Je pense que c'est une question super intéressante, car ce que nous voyons sans cesse dans les rapports de la vérificatrice générale, c'est la fonction d'examen critique de SPAC.
Dans ma déclaration liminaire, j'ai parlé de la confiance du public à l'égard de l'approvisionnement, et je suis très sincère à ce sujet, monsieur le président. Je dois aborder la question en tenant compte de nombreuses considérations, comme l'abus et la fraude, et en suivant les règles établies, mais la fonction d'examen critique est la troisième considération qui retient mon attention. Dans les rapports de la vérificatrice générale et en raison de ma propre expérience en tant qu'administratrice générale, je vois que c'est un aspect pour lequel nous avons une responsabilité à assumer, mais il est très difficile d'utiliser la fonction d'examen critique. Nous nous occupons de 20 % des approvisionnements. Même dans le contexte de ce rapport, nous nous étions occupés que de 24 des 97 approvisionnements examinés. Voilà le problème.
En ayant la fonction d'examen critique, en étant capable de nous en servir plus et en ayant la visibilité de... Dans le rapport, nous parlons des chaînes de contrats. Nous n'avons peut-être pas cette visibilité, et nous avons donc besoin d'avoir les bons outils relativement à la fonction d'examen critique.
Vous avez posé une question sur la réglementation. Nous nous sommes récemment adressés au Conseil du Trésor, et une chose qui n'était pas évidente selon moi pour beaucoup de monde, c'est que jusqu'au mois de juin, le ministre des Travaux publics et de l'Approvisionnement n'était pas responsable des services. Nous avions le pouvoir de déléguer pour ce qui est des biens et de la construction, mais pas des services. Nous avons commencé à centraliser cela.
Je vais maintenant me tourner vers M. Laporte.
Avez-vous quelque chose à ajouter?
:
Bien sûr. C'est un excellent point.
Nous aimerions pouvoir imposer une exigence beaucoup plus élevée aux clients à l'avenir. Par exemple, pour l'utilisation de notre instrument d'approvisionnement, notre offre à commandes, nous aimerions poser des conditions, et aussi qu'on présente des rapports. Il y a déjà des rapports de qualité pour ce qui est de l'utilisation qui a été faite de notre offre à commandes principale nationale.
Le Secrétariat du Conseil du Trésor s'est révélé très utile. Il joue un rôle essentiel lorsqu'il est question du client ou du propriétaire de l'entreprise. Il a modifié la direction sur la gestion de l'approvisionnement pour inclure de nouvelles exigences lorsqu'un gestionnaire ou un ministère client veut se procurer des services: une justification de leur nécessité et une explication, par exemple, de la raison pour laquelle le personnel à l'interne ne peut pas s'acquitter de ces fonctions. Cela fait maintenant partie de la directive. C'est extrêmement utile pour SPAC. De plus, le Secrétariat du Conseil du Trésor fournit des conseils aux propriétaires d'entreprise.
Je dois dire que nous encourageons notre personnel. Par exemple, lorsqu'on remet en question l'approche d'un client et qu'on ne réussit pas nécessairement à obtenir le résultat voulu, on peut passer à un autre niveau, et c'est quelque chose qui a été bien accueilli.
Merci.
Une fois de plus, en tant que président du Comité, je vais procéder d'une certaine façon. Vous pouvez poser votre question jusqu'à la fin de votre temps de parole. Je vais ensuite habituellement permettre aux témoins de répondre complètement, sauf si la réponse traîne en longueur.
Monsieur Housefather, vous n'avez certainement plus de temps, mais je vous remercie quand même de m'avoir posé la question.
[Français]
Monsieur Lemire, vous avez la parole pour six minutes.
:
Merci, monsieur le président. Je vous rappelle que votre façon de procéder est très appréciée, notamment par le Bloc québécois et moi.
Madame Reza, en 2023, le gouvernement a annoncé qu'il diminuerait les budgets alloués aux firmes de consultants, laissant entrevoir une économie de 7,2 milliards de dollars sur cinq ans.
Cette année, le budget principal des dépenses, adopté en juin par la Chambre des communes, indiquait que les enveloppes destinées à des consultants pour des services professionnels et spéciaux augmenteraient de 7 milliards de dollars.
Comment est-ce possible?
:
C'est quelque chose dont nous sommes en train de discuter au sein du ministère. De fait, je peux seulement parler de ce que nous faisons, au sein de SPAC, en ce qui concerne les consultants.
Tout d'abord, nous avons diminué notre dépendance envers les consultants qui travaillent dans le domaine des technologies de l'information, par exemple.
Cela dit, mon ministère comprend également tout le volet de la construction. Par exemple, on compte présentement 800 travailleurs simplement pour le chantier ici, sur la Colline. On est en train de construire des ponts. Bien sûr, l'objectif est de diminuer les coûts, mais il faut comprendre qu'il y a aussi de grands projets en cours pour lesquels il n'est pas possible de réduire les coûts. On ne peut pas demander de creuser un tunnel ou de construire un pont pour la moitié du coût.
Nous faisons beaucoup d'efforts en ce moment pour réduire les coûts. À cet égard, je pense que M. Laporte a des chiffres qu'il aimerait vous transmettre.
Je vais vous donner cette information rapidement.
En ce qui concerne SPAC, notre budget est passé de 3,8 milliards de dollars à 2,5 milliards de dollars en 2023‑2024. C'est donc une diminution de 1,1 milliard de dollars.
Comme Mme Reza le mentionnait, ça inclut vraiment tous les services professionnels, qu'il s'agisse d'architecture ou d'ingénierie, par exemple. Dans le fond, il s'agit de tous les projets en services immobiliers partout au Canada. Quand on regarde tout ça dans son ensemble, on voit que la portion de services professionnels dans les secteurs des technologies de l'information ou de l'analyse comparative, par exemple, est très faible.
C'est pour cette raison qu'il faut vraiment avoir une vue d'ensemble et mettre les choses en perspective.
:
Je suis content de l'entendre. Ça répond en partie à ma deuxième question, mais j'aimerais quand même ajouter quelque chose.
A-t-on, au sein du ministère, l'expertise nécessaire pour contester certaines choses de la part de ces compagnies?
Évidemment, s'il n'y a pas d'ingénieurs au ministre pour examiner les travaux et remettre en question certaines données, il est facile pour une entreprise de gonfler des factures et de faire des tâches qui n'ont pas besoin d'être faites.
J'aimerais donc vous demander si ça demeure une expertise au sein du ministère.
Faute de ressources, c'est souvent ce qu'on peut observer, même dans la fonction publique au Québec. Si on se fie trop à ces compagnies, au bout du compte, on se retrouve dans des situations où elles font des tâches qui n'avaient pas besoin d'être faites.
:
Pour ma part, je crois qu'il faut énormément valoriser le rôle de la fonction publique. Ça fait partie de mes valeurs.
En ce qui concerne les contrats qui ont été signés, je peux donner l'exemple du contrat de 1,75 milliard de dollars accordé à la firme IBM en avril 2021 pour le programme de Modernisation du versement des prestations. En 2024, le coût de ce contrat a atteint 4,4 milliards de dollars. Où va cet argent? Comment les coûts peuvent-ils augmenter de la sorte? C'est de la dépendance à l'égard des sous-traitants. De plus, on sait qu'IBM était derrière l'histoire de Phénix.
Comment se fait-il qu'on ne développe pas cette expertise au sein de la fonction publique et qu'on n'ait pas appris davantage de leçons de ce qui est arrivé dans le cas de Phénix? Non seulement on a perdu l'expertise, mais ça a causé tout un dérapage.
Pourrait-on améliorer les conditions de travail afin qu'il soit plus attrayant de travailler pour la fonction publique?
:
Merci beaucoup, monsieur le président.
Bonjour, chers collègues.
Mesdames et messieurs, soyez les bienvenus à votre Chambre des communes.
Lieutenant-général Prévost, merci beaucoup d'avoir si bien servi le Canada, notamment dans des missions périlleuses en Afghanistan, en Italie et ailleurs, ainsi qu'au sein du NORAD, et de continuer à le faire.
Le Comité permanent des comptes publics est celui qui touche le plus le porte-monnaie des contribuables, celles et ceux qui nous écoutent actuellement. On a vu, au cours des dernières années, un laxisme tout à fait déshonorant, qui a été très bien illustré par ce rapport du Bureau du vérificateur général.
Cela dit, un autre élément a attiré l'attention au cours des dernières années: c'est ce qu'on a appelé le scandale ArriveCAN, où des dizaines de millions de dollars ont été gérés n'importe comment. C'est ça, la réalité.
Il y a quelques mois à peine, en juin, la Chambre des communes a adopté une motion qui demandait que l'entreprise responsable, GC Strategies, rembourse 64 millions de dollars.
Où en sommes-nous maintenant?
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Ces 64 millions de dollars ont été très mal utilisés. Cet argent vient des poches des contribuables, alors la moindre des choses serait d'agir le plus promptement possible, particulièrement dans le contexte où un Parlement nouvellement élu exige le remboursement de cette somme. Il faut que l'État agisse correctement pour le bien du porte-monnaie des contribuables.
À propos du porte-monnaie des contribuables, le rapport de la vérificatrice générale du Canada concernant l'entreprise McKinsey est tout à fait cinglant. Neuf ministères sur dix et huit sociétés d'État sur dix n'ont pas adopté les comportements adéquats auxquels nous nous attendons pour la gestion des fonds publics quand il est question de contrats. Le rapport est cinglant et comporte des mots très durs. On n'a pas respecté les politiques d'approvisionnement ni optimisé l'argent des contribuables. Le processus était souvent non concurrentiel et la justification manquante. Il n'y a pas eu de confirmation que les produits avaient été livrés comme convenu. C'est ce qui est écrit noir sur blanc, et je pourrais continuer ainsi longtemps.
Madame Beck, il y a deux jours à peine, vous avez eu un témoignage très intéressant concernant la saine gestion des fonds publics. Comment accueillez-vous un rapport aussi cinglant?
Le rapport que nous examinons aujourd'hui ne concerne peut-être pas uniquement votre ministère, mais il le fait en grande partie. Comment expliquez-vous ce qui s'est passé dans votre ministère?
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Nous pensons que c'est très important à cause de ce qui s'en vient. L'exigence vise à avoir une base très solide pour assurer la conformité, un cadre de gestion de la fraude et de solides mesures relatives aux conflits d'intérêts.
Vous avez parlé de la sécurité. Nous avons consacré beaucoup de temps et d'argent dans le but d'accroître les niveaux d'attestation de sécurité pour nos gens, nos collègues partout en ville et les installations proprement dites.
Entre le travail que nous avons fait pour avoir un meilleur cadre de surveillance et de conformité pour la fraude — avec des interventions régulières aux paliers supérieurs — et une approche à plusieurs volets pour déterminer, prévenir et résoudre les conflits d'intérêts, nous pensons que nous sommes dans une bien meilleure position maintenant.
Comme je l'ai dit plus tôt, nous apprécions beaucoup les interventions de la vérificatrice générale et de votre comité.
On sait qu'un contrat de 1,75 milliard de dollars a été signé avec la firme IBM en avril 2021, comme je le disais tantôt. En 2024, ce contrat était évalué à 4,4 milliards de dollars. J'aimerais obtenir de l'information à cet égard également. Qui sont les sous-traitants de ce projet, étant donné que la firme IBM s'est départie de son logiciel en 2023? Je vous laisserai fournir cette information plus tard au Comité.
La question de la propriété intellectuelle m'apparaît particulièrement importante. Selon moi, on devrait développer davantage ces projets informatiques au sein de la fonction publique.
Je veux donner l'exemple du Québec et de la dépendance envers la firme informatique SAP dans le cadre du projet SAAQclic. On voit une explosion des coûts des services informatiques aussi au fédéral. Pourtant, le fédéral ne semble pas appliquer la même rigueur que le gouvernement du Québec, qui a lancé une commission d'enquête sur le sujet. On ne sent pas le même sentiment d'urgence, au fédéral. Or, quand on fait une règle de trois, on constate que le coût du programme de Modernisation du versement des prestations est l'équivalent du coût de quatre projets SAAQclic. Concrètement, ça coûte très cher.
Le Bureau du vérificateur général du Canada avait souligné, dans un de ses rapports, que les nombreux systèmes de technologies de l'information étaient déficients. On a aussi eu l'exemple du ministère de la Sécurité publique, qui est incapable de déterminer où va l'argent dans le Programme des services de police des Premières Nations et des Inuit.
La modernisation du système de versement des prestations va probablement coûter plus de 5 milliards de dollars. Pourquoi le ministère n'a-t-il pas effectué une transformation numérique, ou même fait la gestion des coûts à l'intérieur du ministère? Où est l'expertise du ministère en ce qui concerne les contrats de services informatiques?
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Je suis absolument d'accord.
Si vous me le permettez, monsieur le président, je demanderais aux témoins de nous fournir des réponses écrites à mes prochaines questions, au lieu d'y répondre de vive voix.
Madame Reza, j'aimerais que vous fassiez parvenir au Comité la liste des projets informatiques en cours détaillant leurs coûts et l'estimation des dépenses projetées.
J'aimerais également que vos ministères respectifs nous fassent parvenir par écrit les montants engagés en services professionnels ainsi qu'en services spéciaux, en indiquant s'il y a eu une augmentation de ces services par rapport à l'an dernier.
Aussi, je crois qu'il serait d'intérêt public de savoir si vous faites toujours affaire avec McKinsey.
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Merci, monsieur le président.
Merci aux témoins.
Par votre intermédiaire, monsieur le président, je poserai quelques questions pour faire suite aux questions de mon collègue M. Kuruc.
Nous parlons un peu des soumissionnaires qui soulèvent des préoccupations au sujet d'appels d'offres. Je suis curieuse d'en savoir un peu plus sur la mesure dans laquelle un ministère doit faire preuve de déférence à l'égard des soumissionnaires. Si un soumissionnaire critique le caractère restrictif d'une demande de propositions en particulier, combien de temps, d'employés, d'énergie et d'efforts consacrez-vous à répondre au soumissionnaire avant que cela ne devienne, par exemple, déraisonnable?
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Je vais juste parler un peu du processus.
Habituellement, SPAC s'occupe des approvisionnements importants, pas des petits. Comme il s'agit de grands projets et qu'ils constituent un moteur économique pour le Canada, nous avons tendance à procéder à un processus de demande de renseignements, dans le but d'évaluer le marché au préalable. Nous essayons d'intégrer les questions que nous voulons poser, afin de pouvoir déterminer s'il s'agira d'une préqualification, d'une présélection ou d'une demande de propositions. Cela donne aux soumissionnaires de nombreuses occasions de faire valoir leurs idées et leurs points de vue.
Souvent, nous procédons individuellement et en toute confidentialité, car les informations partagées sont de nature délicate sur le plan commercial. Nous essayons de travailler avec le client, ainsi qu'avec le fournisseur, lorsque nous estimons que c'est trop restrictif.
L'une des choses que SPAC préconise, c'est la concurrence. Nous voulons des appels d'offres concurrentiels, mais il y a un problème à cet égard. S'il n'y a qu'un seul soumissionnaire, nous revoyons l'appel d'offres pour nous assurer d'obtenir plus de soumissionnaires, et nous discutons avec les ministères clients. Nous leur disons: « Si vous assouplissez ceci, si vous modifiez cela, vous favoriserez une concurrence accrue, ce qui vous permettra d'obtenir un meilleur rapport qualité-prix. »
Je pense qu'il est important que les Canadiens et les parlementaires sachent que nous avons du mal à attirer des soumissionnaires. Les fournisseurs sont nerveux, et je crois que c'est un élément important. Nous voulons nous assurer que l'écosystème fédéral est perçu comme favorisant l'intégrité et la concurrence. C'est en raison de ces éléments que le caractère restrictif doit être remis en question.
Vous avez probablement une autre question, mais je vais demander à M. Laporte s'il veut aborder ce sujet.
Je ne dispose pas de cette information. Cela s'explique en partie par le fait que nous nous attendions à obtenir des documents expliquant pourquoi les ministères ont effectivement attendu. Ils ont cerné un besoin, ils ont attendu un an et ils ont utilisé ce mécanisme.
Je pense que ce que nous voulons vraiment, c'est que toutes les décisions prises dans le cadre d'un processus d'approvisionnement soient documentées. Je reconnais que, dans le cas qui nous occupe, il s'agissait d'une décision stratégique et qu'il pouvait y avoir d'autres raisons. Nous ne nous attendions pas à une montagne de preuves expliquant pourquoi une telle décision stratégique avait été prise, mais nous n'avons obtenu aucun document justifiant cette décision.
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Eh bien, si vous voulez parler des décisions qui ont été prises de choisir certaines stratégies d'approvisionnement en particulier, je peux dire que, dans certains cas, les raisons sont diverses.
Un des points que nous avons soulevés dans le rapport concerne la fin du processus d'approvisionnement. Pourquoi un soumissionnaire a-t-il été invité à présenter une facture avant que le travail ne soit effectué? Ce genre de demandes peut être motivé par différents facteurs, par exemple la fin de l'exercice financier, dans le but d'inscrire les montants avant la fin de l'année.
Ce que je voudrais vous dire à ce sujet, c'est qu'il s'agit d'un élément crucial. Il faut déterminer pourquoi les règles ne sont pas respectées. Ce qui importe, c'est déterminer où des gains d'efficacité peuvent être réalisés. Comme la vérificatrice générale et moi-même l'avons dit à maintes reprises, nous n'avons pas nécessairement besoin de plus de règles. Nous devons respecter les règles qui s'imposent et qui..
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C'est en grande partie exact. Si je peux me permettre, je vais vous parler du monde de l'approvisionnement, car je pense que cela sera utile.
Lorsque nous recevons des soumissions, les différentes parties sont séparées. Celles concernant les aspects financiers sont examinées par SPAC, et celles relatives aux aspects techniques sont évaluées par les ministères clients. Chaque ministère dispose de sa propre équipe d'évaluation et rempli ses propres documents administratifs, et je pense que, jusqu'à récemment, les différentes parties des soumissions étaient remises ensemble, mais les documents administratifs permettant de documenter la décision — si tous ont rempli la déclaration de conflit d'intérêts et les documents concernant la sécurité — étaient regroupés dans un dossier papier.
Qu'est-ce qui a changé? Nous sommes passés à l'approvisionnement électronique. Nous avons mis en place de nombreuses listes de contrôle. Nous avons nommé un directeur de la conformité, qui vérifie que chaque dossier est complet.
Pour répondre à votre question, la documentation permettrait de mieux déterminer la raison pour laquelle les règles n'ont pas été respectées ou de voir si elles n'ont pas été suivies.
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Nous pouvons aborder la question sous deux angles différents.
Le a récemment annoncé la politique « Achetez canadien », qui vise à garantir que les fournisseurs canadiens aient la possibilité d'être concurrentiels, que ce soit par l'entremise du contenu canadien, des intrants canadiens ou d'un nombre plus élevé de petites et moyennes entreprises. Nous tentons de bâtir cet écosystème et à cette fin, nous devons être stables dans tous les domaines que nous venons de décrire, qu'il s'agisse de veiller au respect des règles ou de la fonction de remise en question de notre processus d'acquisition. Je n'ai pas réussi à aborder mon quatrième cadre, mais c'est un aspect auquel je pense souvent lorsqu'il s'agit d'approvisionnement.
Le a aussi annoncé la création de l'Agence de l'investissement pour la défense, qui est conçue pour se pencher sur les besoins actuels en matière d'écosystème des fournitures militaires canadiennes, ainsi que sur certaines ventes militaires à l'étranger.
Avez-vous quelque chose à ajouter?
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Je parlerai d'abord de SPAC, qui a mis en place de nombreuses mesures. Mme Reza a parlé du Bureau de l'intégrité et de la conformité des fournisseurs. Je pense que c'est essentiel dans le cadre de la question qui a été abordée.
Comment pouvons-nous nous assurer, par exemple, que nous pourrons toujours revenir au dossier et voir exactement ce qui s'est passé dans le cadre de la stratégie en matière d'approvisionnement? Nous avons une équipe et une directrice principale responsable. Ces gens ont examiné 1 600 dossiers. Nous voulons nous assurer que les directeurs communiquent également avec leur bureau d'approvisionnement, ce qui signifie qu'ils doivent toujours les considérer de manière constructive. Que manque‑t‑il ? Pourquoi cet élément ne figurait‑il pas dans le dossier? Comment pouvons-nous corriger cela à l'avenir?
Ce groupe fait un travail impressionnant dans ce domaine.
Je dirais également qu'il y a beaucoup de formation. Dans un module, par exemple, même si la concurrence est la norme, nous avons abordé le processus d'approvisionnement non concurrentiel et les situations précises pour lesquelles ce processus devrait être réservé.
Nous avons également parlé de la nouvelle mesure que nous avons mise en place le 1er juillet. Nous avons mis en place de nombreuses nouvelles mesures afin de renforcer les services professionnels. Si un client souhaite conclure un contrat de services professionnels d'une valeur supérieure à 20 millions de dollars, il doit d'abord obtenir l'approbation du sous-ministre adjoint. Cette décision était souvent laissée à la discrétion du gestionnaire. Il se peut que le directeur général ou le sous-ministre adjoint n'ait pas été informé que le ministère était sur le point de conclure un contrat de plus de 20 millions de dollars. C'est donc un exemple de la mesure qui a été mise en place.
Nous voulions également nous assurer de limiter la valeur de ces contrats. Ils sont désormais plafonnés à un certain montant. Nous avons parlé de la situation où nous n'avons qu'un seul soumissionnaire. Si, à l'avenir, par exemple, nous lançons un processus concurrentiel et qu'il n'y a qu'un seul soumissionnaire, cela déclenchera à nouveau une certaine procédure. Nous devrons confirmer auprès du sous-ministre adjoint du ministère client que les exigences techniques n'étaient pas trop restrictives dans ce cas.
Ce sont là des exemples de procédures mises en place par SPAC pour s'assurer que nous avons tiré des leçons des conclusions du Bureau du vérificateur du Canada et du Bureau de l'ombud de l'approvisionnement. En outre, nous travaillons en étroite collaboration avec le SCT, car à titre d'autorité contractante, nous pouvons influencer le processus d'approvisionnement. Souvent, comme l'a expliqué la Mme Reza, bon nombre des décisions liées à la définition des besoins incombent au propriétaire de l'entreprise, et c'est la raison pour laquelle le SCT a mis certaines mesures en place. Par exemple, s'il s'agit d'un contrat de TI, il faut vérifier auprès du DPI que le ministère ne dispose pas des ressources et de l'expertise nécessaires pour faire le travail à l'interne. De nombreux mécanismes de vérification et de contrôle ont donc été mis en place à cet égard. Ainsi, lorsqu'un nouveau gestionnaire souhaite conclure un contrat de services professionnels, il doit d'abord déterminer que son service ne dispose pas de personnel en mesure de le faire.
La collaboration entre SPAC et le SCT en vue d'établir un nouveau cadre beaucoup plus solide en matière d'approvisionnement en services professionnels a donc produit des résultats très positifs.
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Je vous remercie beaucoup, monsieur le président. Je serai bref.
En réponse à votre question, la seule chose que j'ajouterais, c'est qu'avec les nouvelles règles et exigences relatives aux processus et les pressions qui s'exercent pour accélérer les choses, il est important que tout le monde comprenne pourquoi ces règles existent et comment elles doivent être appliquées au quotidien. De plus, il est important que les nouveaux intervenants qui arrivent dans ce domaine soient conscients des exigences et de leurs obligations en matière de reddition de comptes.
Nous auditerons le nouvel organisme. Nous examinerons comment se déroule le processus d'approvisionnement en matière de défense.
J'encourage tout le monde à étudier les raisons de certains des échecs que nous avons observés. Je tiens également à mentionner que les fonctions de vérification interne de tous ces ministères et les vérifications menées par le contrôleur général du Canada représentent également des outils très importants pour améliorer les choses.
Je vous remercie.
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Merci, monsieur le président.
J'aimerais m'adresser tout d'abord à M. Cory, de la Banque de l'infrastructure du Canada.
Par ailleurs, je voudrais souligner qu'habituellement, dans la salle de réunion, nous avons un autre écran qui nous permet de voir les témoins qui sont présents par vidéoconférence. Le fait de ne pas l'avoir aujourd'hui a peut-être eu comme conséquence que personne n'a posé de questions à M. Cory.
Monsieur Cory, je vais être un peu plate, mais je n'ai pas assez de temps de parole pour vous permettre de répondre verbalement à ma question. C'est pourquoi je vous demanderais de fournir une réponse écrite. Pourriez-vous me faire parvenir votre vision du développement économique régional et décrire ce qui constitue, selon vous, une région rurale ou éloignée?
Je constate, selon ce que je vois sur la carte que j'ai en main, que beaucoup de projets de la Banque de l'infrastructure du Canada se font uniquement dans les grandes villes. J'estime qu'une région comme l'Abitibi‑Témiscamingue, ou même le Nord‑Est de l'Ontario, représente au moins de 2 à 5 % du PIB du Canada. Pourtant, on ne sent pas que la Banque de l'infrastructure du Canada est présente dans les régions. Je crois cependant que ce serait tout à son avantage.
Le temps me manque et j'en suis désolé. Si vous pouviez fournir cette réponse par écrit au Comité, ce serait bien.
Je voudrais aussi poser à M. Laporte une question que j'avais sous-entendue.
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Je suis content de l'entendre. Cette perception venait de réponses que j'avais reçues à une question que j'avais posée de façon plus globale. Certains avaient répondu que, dans leur ministère, ce n'était pas comme ça. J'espère effectivement que la réalité correspond à ce que vous dites.
Je me permets aussi d'aborder la question des processus en matière de conflits d'intérêts, parce que ça a été soulevé.
Dans le cas de McKinsey, le conflit d'intérêts ne semblait pas nécessairement être le problème. Le problème était plutôt que les ministères accordaient des contrats l'un après l'autre à McKinsey, ce qui a fait que son emprise sur les actions des différents ministères était finalement presque aussi forte que celle du gouvernement.
Comment peut-on s'assurer que, dorénavant, une firme ne sera plus capable d'avoir autant d'emprise ou autant de contrats au sein des différents ministères? En effet, les gens d'une firme comme celle-là ont une vision globale des choses, et, si on n'a pas la même vision au sein du gouvernement, les choses finissent par coûter peut-être plus cher ou on finit par être trop dépendant d'une telle firme.
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Bien sûr, puisque notre audit de McKinsey et notre audit des contrats de services professionnels accordés à GCStrategies couvraient la même période, il n'est pas surprenant que nous ayons constaté des lacunes similaires. En toute honnêteté, je pense qu'elles existent possiblement ailleurs dans la fonction publique.
Ce que nous espérons, à partir des recommandations que nous avons formulées dans de précédents rapports, de celles que nous formulons ici en matière de conflits d'intérêts et de celles que les services d'audit interne et le contrôleur général ont faites, c'est qu'en renforçant les contrôles et en documentant de manière plus rigoureuse, d'une part, les raisons pour lesquelles des contrats sont conclus, le travail ne peut être effectué par des fonctionnaires et un entrepreneur particulier a été choisi et, d'autre part, en fin de compte, les produits livrables, nous verrons une amélioration des processus, des approches et du rapport qualité-prix.
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Encore une fois, pour revenir à cette question, que la Chambre ait adopté ou non une motion disant que les 64 millions de dollars doivent être récupérés, s'il n'existe aucun fondement juridique pour récupérer les sommes que la Chambre exige que l'on récupère, je ne vois pas comment le gouvernement du Canada pourrait intenter une poursuite.
Il y a peut-être certaines sommes, parmi les 64 millions de dollars, qui pourraient être récupérées une fois que SPAC et l'ASFC auront terminé leur examen, mais bien sûr, la totalité des 64 millions de dollars n'est pas récupérable, car une partie de cette somme a clairement été versée à des sous-traitants de GC Strategies.
Encore une fois, madame Reza, pour revenir à ma question, un sous-traitant de GC Strategies a‑t‑il déjà communiqué avec le gouvernement pour dire qu'on ne l'avait pas payé?
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Je pense que la question comporte deux volets.
Je crois que certaines questions portaient surtout sur le respect du processus d'approvisionnement et je pense que Mme Beck y a déjà répondu. En ce qui concerne tout ce qui s'est passé, nous prenons évidemment très au sérieux la gestion des fonds publics. En tant que sous-ministre adjoint responsable de la conduite professionnelle et de l'éthique au sein du ministère, la responsabilité et l'intégrité sont des questions qui me tiennent à cœur.
Si la question porte sur le travail que nous avons accompli au chapitre de la conduite professionnelle et de la culture en faisant appel à McKinsey, monsieur le président, si nous en avons le temps, je vais vous expliquer brièvement pourquoi nous avons recours à McKinsey pour les contrats.
Je suis chef de la conduite professionnelle et de la culture. Mon organisation a été créée au printemps 2021 à la suite d'une série de graves allégations d'inconduite sexuelle. L'institution a été mise sur pied cet été‑là, avec seulement 11 personnes. La générale Carignan, qui est aujourd'hui notre cheffe d'état-major de la défense, a été la première personne à la diriger. Elle l'a fait pendant trois ans, avec seulement 11 personnes pour s'occuper d'une crise sans précédent, d'une ampleur et d'une nature que nous ne comprenions pas très bien, même si divers rapports avaient déjà été produits auparavant.
Nous n'avons pas beaucoup parlé aujourd'hui du fait que nous faisons parfois appel à des entrepreneurs externes lorsque nous mettons une organisation sur pied et que nous n'avons pas l'expertise nécessaire pour résoudre le problème qui nous occupe ou la capacité de le faire. Avec seulement 11 personnes, la générale Carignan avait pour mission, tout d'abord, de mettre en place une organisation — qui compte aujourd'hui 400 personnes — chargée de se pencher non seulement sur la conduite et la culture, mais aussi sur l'expertise, que nous n'avions pas. Nous ne disposions pas de cette expertise et nous n'avons pas pu en trouver beaucoup sur la culture militaire auprès d'intervenants du milieu universitaire.
C'est pourquoi nous avons fait appel à des entreprises externes pour nous aider. Comme on l'a mentionné à plusieurs reprises, l'entreprise McKinsey a été choisie dans le cadre d'une OCPN, une offre à commandes principale et nationale. Sur la base des travaux qu'elle avait déjà réalisés dans le domaine des outils d'analyse comparative exclusifs pour les secteurs privé et public, nous avons compris qu'il s'agissait d'une bonne entreprise pour démarrer notre projet.
Nos deux premiers contrats ont été conclus cet été‑là. Si vous vous en souvenez bien, à l'époque, il y avait un manque de confiance à l'égard de la chaîne de commandement et des mécanismes de signalement. Le premier contrat visait donc à faire appel à McKinsey pour comprendre quels étaient les processus de plainte dans le système de défense et comment ils s'articulaient. C'est un système de plaintes assez complexe, qui va des plaintes relatives aux droits de la personne et des griefs jusqu'à la prévention du harcèlement en milieu de travail. Il existait 23 systèmes de plainte différents et nous devions donc dresser un tableau de la situation. Sur les 11 personnes dont on disposait au départ, certaines venant de l'extérieur, aucune n'avait l'expertise nécessaire et McKinsey nous a donc aidés sur ce plan.
Le deuxième contrat était... Cinq cents recommandations au sujet de la culture avaient été formulées dans divers rapports. Nous n'avions pas la capacité d'analyser les 500 recommandations. Lesquelles ont été choisies? Elles provenaient de divers auteurs: le juge Fish était l'un d'entre eux, la juge Arbour plus tard, mais il y avait eu auparavant la juge Deschamps. Nous avons fait appel à McKinsey pour recenser les thèmes récurrents dans ces recommandations et les solutions communes et divergentes proposées par les différents auteurs.
Cela nous a permis de présenter au gouvernement, en 2023, notre PGMO, le Plan global de mise en œuvre, qui est maintenant le plan de travail que suit la Défense nationale pour changer la culture. Il y a 206 recommandations, dont 48 de Mme Arbour. Nous avons maintenant mis en œuvre 50 % de ces recommandations, et ce pourcentage augmentera à 70 % d'ici la fin de l'année. De même, Mme Arbour présentera son rapport d'ici la fin de l'année et le projet de loi a maintenant été déposé au Parlement.
Dans l'ensemble, une grande partie du travail n'aurait pas pu être accomplie sans l'aide d'entrepreneurs externes. Si nous avons fait appel à McKinsey, c'est parce que l'entreprise répondait à nos exigences et qu'elle était disponible parmi les outils d'approvisionnement dont nous disposions à l'époque. De plus, nous n'avions pas d'alliés...