Commençons sans plus attendre — veuillez nous excuser pour les votes à la Chambre des communes.
[Français]
Je déclare la séance ouverte.
Je vous souhaite la bienvenue à la 38e réunion du Comité permanent des comptes publics de la Chambre des communes.
[Traduction]
La réunion d'aujourd'hui se déroule sous forme hybride, conformément au Règlement. Les députés sont présents en personne dans la salle et, pour certains, à distance au moyen de l'application Zoom.
[Français]
Conformément à l'article 108(3)g) du Règlement et à la motion adoptée par le Comité le lundi 23 mars 2026, le Comité entreprend l'examen du rapport sur la modernisation du système de paye, qui fait partie des rapports du printemps 2026 de la vérificatrice générale du Canada.
[Traduction]
Je souhaite la bienvenue à tous nos témoins.
Nous recevons, du Bureau du vérificateur général, Karen Hogan, qui est la vérificatrice générale du Canada. Elle est accompagnée de Jean Goulet et de Jocelyn Matthews. Je suis ravi de tous vous voir ici aujourd'hui.
Nous recevons également, du ministère des Travaux publics et des Services gouvernementaux, Arianne Reza, sous-ministre — ravi de vous revoir —, ainsi que Kim Steele, sous-ministre adjointe. Enfin, nous recevons, du Secrétariat du Conseil du Trésor, Jacqueline Bogden, dirigeante principale des ressources humaines, et Vidya ShankarNarayan, sous-ministre adjointe principale, Personnes et culture, au Bureau de la dirigeante principale des ressources humaines.
Il y aura quelques déclarations préliminaires.
Madame Hogan, nous allons commencer par vous. Vous disposez de cinq minutes environ. Je vous en prie.
:
Merci, monsieur le président.
Je vous remercie de nous donner l'occasion de témoigner devant le Comité pour discuter de notre rapport sur la modernisation du système de paye du gouvernement fédéral, qui a été déposé en mars dernier.
Je tiens d'abord à reconnaître que cette audience se déroule sur le territoire traditionnel non cédé du peuple anishinabe algonquin.
En 2016, le gouvernement a lancé le système de paye Phénix et a centralisé les services de paye de 46 ministères et organismes. Les paiements insuffisants, les paiements en trop et les retards dans le versement de la paye qui ont touché de nombreux fonctionnaires fédéraux ont été bien documentés.
Notre audit a porté sur le projet de transformation des ressources humaines et de la paye visant à remplacer Phénix et 30 systèmes de ressources humaines par un seul système intégré appelé Dayforce. Le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada et Services publics et Approvisionnement Canada ont d'importants rôles à jouer dans l'exécution de ce projet, dont le coût estimatif s'élève à environ 4,2 milliards de dollars à l'heure actuelle.
Dans l'ensemble, nous avons constaté que les deux organisations géraient le projet de manière à s'assurer que la paye des fonctionnaires sera exacte et versée à temps lorsque le nouveau système Dayforce sera lancé. L'audit a relevé trois risques principaux, mais le Secrétariat et le ministère ont le temps d'agir, puisque le projet est encore à l'étape de la planification.
[Traduction]
Premièrement, plusieurs leçons ont été tirées de la mise en œuvre du système de paye Phénix. L’une de ces leçons était la nécessité de simplifier et de normaliser les règles et processus de paye avant le lancement d’un nouveau système pour éviter des personnalisations coûteuses et complexes. Nous avons constaté que la simplification des règles de paye par le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada progressait lentement. Par conséquent, Services publics et Approvisionnement Canada procède à des personnalisations pour assurer le fonctionnement de Dayforce sans règles simplifiées. Selon les estimations, les coûts liés à ces personnalisations entraînent des coûts additionnels de près de 4 millions de dollars par année.
Deuxièmement, même si des progrès ont été réalisés pour résorber l’arriéré de demandes de règlement des problèmes de paye pour les deux premiers ministères qui passeront au système Dayforce, les progrès réalisés pour résorber l’arriéré global ont été limités. En date de septembre 2025, il restait un arriéré de plus de 233 000 mouvements de paye, touchant plus de 133 000 fonctionnaires servis par le centre de paye de Miramichi. Si les erreurs de paye ne sont pas résolues avant le lancement de Dayforce, il y a un risque de les reproduire dans le nouveau système, ce qui pourrait en compromettre l’efficacité dès le départ.
Troisièmement, en janvier 2026, Services publics et Approvisionnement Canada a raccourci de trois ans le calendrier prévu pour la réalisation du projet de transformation de la paye. Cette réduction du délai visait en partie à atténuer les complexités et les coûts associés à l’exploitation en parallèle de deux systèmes de paye pendant plusieurs années. Toutefois, cela raccourcit considérablement le temps disponible pour résoudre les problèmes existants et préparer les ministères à la transition. Il sera donc important pour le ministère de surveiller régulièrement les risques qui pourraient survenir en raison du calendrier de projet raccourci et de les atténuer.
Monsieur le président, je termine ainsi ma déclaration d’ouverture. Nous serions heureux de répondre aux questions des membres du Comité.
Merci.
:
Merci, monsieur le président.
[Traduction]
Je suis accompagnée aujourd'hui de ma collègue Kim Steele, sous-ministre adjointe de la Direction générale des solutions en gestion du capital humain.
[Français]
Nous sommes ici aujourd'hui pour discuter des recommandations formulées par la vérificatrice générale dans son rapport sur la modernisation de la paye.
[Traduction]
Monsieur le président, en ce qui concerne le système de paye actuel, son parcours et son historique sont bien connus. Depuis les premiers jours prometteurs à la période intermédiaire d'erreurs et de dysfonctionnements, jusqu'aux récents changements positifs visant à éliminer l'arriéré des cas en attente et à remplacer Phénix par un système plus fiable et efficace.
[Français]
Au début des années 2000, le gouvernement fédéral subissait des pressions considérables liées à la paye. À l'époque, le gouvernement était aux prises avec un système de paye dépassé et défaillant, et de nombreux ministères composaient avec un roulement important de leurs conseillers en rémunération.
[Traduction]
Pour s'attaquer à ces problèmes, le gouvernement a lancé en 2009 l'Initiative de transformation de l'administration de la paye. L'Initiative comportait deux projets principaux. Premièrement, la modernisation de la paye consistant à remplacer le système en place, vieux de 40 ans, par une option commerciale. Et deuxièmement, le regroupement des services de paye visant à transférer les services de paye de différents ministères à un centre des services de paye unique. En 2012, le nouveau Centre des services de paye a ouvert ses portes à Miramichi, au Nouveau-Brunswick, marquant le transfert des services de paye de 46 ministères à une plus petite équipe centralisée.
La modification du modèle de prestation de services conjuguée à la mise en œuvre d'un nouveau système représentait une entreprise colossale. En fin de compte, c'est la sous-estimation de ces deux transformations effectuées en même temps qui a mené à l'échec de l'Initiative.
[Français]
À mesure qu'on commençait à utiliser le système Phénix, une série de difficultés sont rapidement apparues, notamment des problèmes liés aux heures supplémentaires, au travail par quart, à la rémunération d'intérim et aux mutations d'employés d'un ministère à l'autre.
SPAC a pris des mesures, en collaboration avec le Secrétariat du Conseil du Trésor et d'autres ministères et organismes, pour traiter les demandes de paye en suspens et élaborer un plan intégré des ressources humaines à la paye afin de normaliser les processus opérationnels.
[Traduction]
Depuis le début, SPAC a travaillé sans relâche pour cerner, traiter et éliminer les problèmes de paye. Et nous avons mis en place plusieurs mesures pour améliorer la situation. Nous avons notamment embauché et formé des conseillers en rémunération supplémentaire, augmenté les services de soutien à la clientèle, versé des avances de salaire prioritaires et d'urgence et introduit le traitement en lot. Nous avons également amélioré l'automatisation et le soutien fondé sur l'intelligence artificielle pour réduire la charge de travail manuel et accélérer le traitement.
Monsieur le président, nous avons fait beaucoup de chemin
[Français]
Aujourd'hui, nous sommes ici pour démontrer au Comité que SPAC est sur la bonne voie en ce qui concerne la mise en œuvre d'une nouvelle solution de paye qui servira mieux nos fonctionnaires et répondra aux attentes des contribuables canadiens.
[Traduction]
Au cours des dernières années, grâce à des investissements ciblés, à des réformes opérationnelles et à des outils améliorés, le nombre total de mouvements de paye en suspens a diminué de 66 % depuis la pointe observée en janvier 2018, ce qui représente une réduction de 412 000 mouvements. L'exactitude de la paye s'est également améliorée de manière constante, atteignant une moyenne de 98,6 % à ce jour.
Parallèlement, SPAC se concentre sur la fourniture d'une solution à long terme qui améliorera la qualité des données à la source, simplifiera les processus et réduira le risque d'erreurs. En mai 2025, après des recherches, des essais et une évaluation de faisabilité approfondis, le gouvernement a confirmé que Dayforce remplacera Phénix et plus de 30 systèmes de RH existants.
[Français]
L'approche utilisée est fondée sur les leçons tirées, notamment le renforcement de la gouvernance, une mobilisation solide des ministères et des agents négociateurs, une mise en œuvre progressive et une transparence totale.
[Traduction]
Alors que nous travaillons à l'atteinte de ces objectifs, une surveillance externe est essentielle. Je tiens à remercier la vérificatrice générale et son équipe qui se sont récemment penchées sur les efforts de modernisation de la paye.
SPAC est d'accord avec les recommandations de la vérificatrice générale, selon lesquelles nous devons améliorer notre approche en vue d'éliminer l'arriéré; collaborer avec le Secrétariat du Conseil du Trésor pour combler les lacunes sur le plan des normes de service; et élaborer des indicateurs de rendement clés en vue de déterminer si les coûts de traitement des mouvements de paye avec Dayforce diminueront par rapport à Phénix. Nos mesures et notre planification contribueront à réduire l'arriéré, à accroître la prévisibilité et l'uniformité de la nouvelle solution de paye et à assurer l'exactitude et la transparence de l'ensemble des coûts.
[Français]
Nous reconnaissons qu'il y a eu des conséquences réelles pour les fonctionnaires et leur famille au fil des ans. SPAC continuera d'agir pour remédier à ces répercussions avec attention, urgence et responsabilité.
[Traduction]
Je vous remercie et je me ferai un plaisir de répondre à vos questions.
:
Merci, monsieur le président.
Je suis accompagnée aujourd'hui de Vidya ShankarNarayan, sous-ministre adjointe principale au sein du Bureau du dirigeant principal des ressources humaines.
Monsieur le président, le Secrétariat du Conseil du Trésor accueille favorablement les recommandations de la vérificatrice générale concernant la modernisation du système de paye.
[Français]
Les constatations du rapport appuient les efforts continus du gouvernement pour s'assurer que les fonctionnaires fédéraux sont payés de façon adéquate et à temps pour leur travail.
En tant que responsable des ressources humaines pour l'administration publique centrale, le Secrétariat du Conseil du Trésor établit les politiques et fournit un leadership et des conseils sur les outils et systèmes des ressources humaines. À ce titre, nous assurons la surveillance et le soutien du projet de transformation des ressources humaines et de la paye, en complément des efforts de Services publics et Approvisionnement Canada pour passer à un nouveau système de paye.
[Traduction]
Mon bureau — le Bureau de la dirigeante principale des ressources humaines — travaille sur une série d'initiatives visant à simplifier les RH et la paye afin de réduire les erreurs et retards de paiement et de traitement, ainsi que la charge administrative des ministères.
L'un de nos objectifs est de simplifier les règles relatives à la paye afin de réduire les interventions manuelles au Centre des services de paye dès maintenant et, potentiellement, de réduire le besoin de personnaliser le futur système de RH et de paye.
Le Secrétariat du Conseil du Trésor reconnaît qu'une part importante de ce travail concerne les conditions d'emploi négociées avec les 17 agents négociateurs qui représentent les employés dans 28 conventions collectives différentes.
[Français]
Cela signifie que la fonction publique doit appliquer des milliers de règles relatives à la paye, dont la plupart sont intégrées dans des conventions collectives. Dans ces cas, la simplification de la paye nécessite l'accord des agents négociateurs.
[Traduction]
Nous avons fait de bons progrès lors des précédentes rondes de négociation et continuons de travailler vers des solutions supplémentaires de simplification de la paye avec les agents négociateurs. Ces changements s'ajoutent à de nombreux résultats de simplification de la paye que nous avons générés par des changements de politiques et de processus d'affaires sous nos propres pouvoirs, et nous prenons ce travail au sérieux.
[Français]
Nous déployons également des efforts pour normaliser la manière dont les services des ressources humaines et de la paye sont fournis entre les ministères et les organismes, afin d'optimiser ces opérations et de mieux nous préparer à une transition vers un futur environnement opérationnel des ressources humaines et de la paye. Cela comprend notamment une collaboration étroite avec nos collègues de SPAC pour réduire le nombre de systèmes de ressources humaines et améliorer la surveillance de toute personnalisation ou de tout investissement supplémentaire dans les systèmes de ressources humaines existants.
[Traduction]
Nous travaillons également à soutenir la préparation à la transition de Phénix à Dayforce, notamment en offrant une formation normalisée sur les RH et la paye afin d'aider les gestionnaires et les employés à mieux comprendre et à remplir leurs responsabilités liées aux RH et à la paye.
Enfin, je tiens à souligner la recommandation de la vérificatrice générale selon laquelle le Secrétariat du Conseil du Trésor, en coordination avec SPAC, comble les lacunes dans les normes relatives aux services pour les transactions liées à la paye.
[Français]
Nous sommes entièrement d'accord sur cette recommandation, et nous avons déjà commencé ce travail important pour améliorer notre façon de surveiller le rendement.
[Traduction]
Bien que cela ne soit pas lié au rapport d'audit, je tiens à souligner les défis auxquels de nombreux employés ont été confrontés, directement ou indirectement, à cause de la mise en œuvre du système de paye Phénix.
[Français]
Notre priorité est toujours de nous assurer que les employés sont payés correctement et à temps, tout en bâtissant une solution durable et à long terme.
[Traduction]
Cela conclut mes observations, monsieur le président. Je serais maintenant heureuse de répondre à vos questions.
:
Je vous remercie, monsieur le président, de cette question.
Le système Phénix a été conçu et mis en œuvre selon une approche en cascade. Autrement dit, le système a d'abord été entièrement développé, puis déployé par vagues dans les ministères. Une fois le système mis en œuvre à l'époque, Phénix n'était qu'un système de regroupement des services de paye, et non de regroupement des systèmes de RH. Le gouvernement du Canada a continué d'utiliser plus de 30 systèmes de RH qui alimentaient un seul système de paye, c'est‑à‑dire Phénix.
Avec la nouvelle génération de RH à la paye, soit le système Dayforce actuellement, nous regroupons tous les systèmes de RH en un seul, et la paye est regroupée de manière souple. Je dis « souple » parce que, à mesure que nous concevons les processus normalisés, nous allons mettre à l'essai notre conception de ces processus avec trois ministères pionniers, soit la Commission canadienne de sûreté nucléaire, Services partagés Canada et Services publics et Approvisionnement Canada lui-même.
Nous optons pour un processus souple parce que nous voulons tester notre conception des processus avant de passer à une mise en œuvre intégrale. Si les essais révèlent des problèmes, nous pouvons revenir en arrière et modifier ou réorienter notre conception pour la mettre à jour. C'est là que la souplesse entre en jeu.
Les trois ministères pionniers sont très différents. L'un est un employeur distinct. Services partagés Canada est un ministère tout à fait unique. Enfin, Services publics et Approvisionnement Canada est presque un mini-gouvernement avec un grand nombre de classifications de postes.
Je m'arrêterai là et je cède la parole au président.
:
Tout à fait. Le Passeport pour l'accessibilité figure aussi dans le récent rapport de la vérificatrice générale publié cette semaine, lundi.
Nous avons lancé dernièrement un nouveau passeport numérique, centralisé au Conseil du Trésor. Les employés remplissent le passeport une seule fois pour demander les aménagements particuliers dont ils ont besoin sur leur lieu de travail. Nous savons qu'il nous reste encore beaucoup à faire en matière d'aménagements. Nous sommes donc loin de crier victoire. Plusieurs processus doivent être améliorés.
Cependant, en centralisant le Passeport pour l'accessibilité, les employés n'ont à nous informer qu'une seule fois et, quand ils changent de ministère, le passeport les suit. Ils n'ont pas à informer leur nouveau ministère et à repartir chaque fois de zéro. Nous savons qu'au gouvernement, des employés changent de ministère, ce que nous encourageons également, afin qu'ils puissent acquérir une expérience transversale.
Cinquante-cinq services ont déjà adopté le nouveau passeport numérique, ce qui constitue pour nous la première étape vers un traitement plus efficace des demandes d'aménagements. Il nous reste encore du chemin à parcourir pour être aussi conformes que possible.
Dans l'ancien système, c'est‑à‑dire Phénix, la paye était centralisée, mais les processus des RH ne l'étaient pas. Le dirigeant principal des ressources humaines définissait les politiques et les orientations en matière de RH, mais chaque ministère mettait en place son propre système informatique des RH dans le cadre de ces politiques. Comme chaque ministère et chaque organisme, sous la direction de son administrateur général, mettait en place ses propres systèmes de RH, ceux‑ci étaient configurés en fonction de leurs propres besoins de personnalisation.
Le système Dayforce est un système de RH unique. Ce que nous faisons, au Bureau de la dirigeante principale des ressources humaines, c'est normaliser les processus que les ministères utiliseront pour travailler avec le nouveau système. Le processus en amont, dans lequel les interventions de paye commencent par chaque responsable et ses employés, sera normalisé. Au lieu d'avoir plus de 30 processus, nous n'en aurons qu'un.
:
Merci, monsieur le président.
Je vous remercie, madame la vérificatrice générale, pour votre rapport. Il nous éclaire sur les pratiques.
Je remercie tous les témoins qui se sont déplacés aujourd'hui pour venir comparaître devant nous.
Madame Reza, le système Phénix a été mis en place en 2016. Il a été évalué à 272 millions de dollars. Comme bien d'autres systèmes informatiques, son coût a été énormément sous-estimé. Maintenant qu'on a décidé de le remplacer, c'est plus de 5 milliards de dollars, environ, qu'on va jeter à la poubelle, dont 2 milliards qui ont été investis simplement pour régler les problèmes de Phénix.
Le contrat avec Dayforce a été conclu en 2019. Il a été évalué à 57 millions de dollars, une autre sous-estimation importante. Le 11 juin dernier, le annonçait l'attribution à Dayforce d'un contrat de 10 ans d'une valeur de 350 millions de dollars, avec une possibilité de prolongation à 20 ans.
Dans le rapport de la vérificatrice générale, on constate que ce coût est déjà dépassé, moins d'un an après l'approbation du montant initial, soit 565,9 millions de dollars, pour décembre 2026. On parle déjà de 200 millions de dollars supplémentaires.
Comment expliquez-vous qu'au début d'un projet qui était estimé à 4,2 milliards de dollars, on ait déjà dépassé les coûts de plus de 500 millions de dollars?
Je vais commencer par expliquer qu'on a déjà dépensé 4,2 milliards de dollars pour gérer le système Phénix, pour essayer de mettre toutes les dépenses en ordre et pour voir ce qui se passe. Comme on l'a bien décrit, il y a 100 ministères, et on essaie de gérer les coûts de l'entreprise liés aux ressources humaines et à tous les gens qui doivent travailler pour verser la paye.
Maintenant, pour aller de l'avant, nous avons accordé ce contrat. Je pense que vous notez que les chiffres liés au contrat ont augmenté. C'est parce que Dayforce a été choisie dans le cadre d'un processus concurrentiel auquel d'autres fournisseurs ont participé. Nous avions un contrat initial pour un petit bout de temps, et chaque chose qu'on y ajoute était prévue.
À ce jour, on a déjà dépensé tous les fonds liés au système Phénix, que ce soit pour les rapports ou pour les gens qui nous aident à gérer le système. D'ailleurs, on a posé une question sur ce qu'on fait concernant le système agile. En ce moment, si Phénix doit être mis à jour, on doit faire quelque chose de très technique au même moment. Alors, il n'y a pas assez de souplesse dans le système. Pour en ajouter, on va du côté numérique.
Je vais m'arrêter ici. Mme Steele voudra peut-être ajouter quelque chose.
:
Nous l'espérons tous, effectivement.
Dans l'annexe 1 du budget de 2025, à la page 314, le gouvernement indique qu'il a investi 786 millions de dollars, l'an dernier, dans la modernisation du système de paye. Pourtant, le coût du contrat est actuellement de 565 millions de dollars.
D'où vient ce dépassement de coût de 200 millions de dollars?
De plus, selon ce que je comprends, 786 millions de dollars de plus seront investis cette année, ce qui portera le coût total à 1,5 milliard de dollars sur deux ans.
:
Je comprends, mais le prorata est quand même de 20 000 $ par employé. Je pense que ce chiffre est éloquent.
Madame Hogan, en ce moment, nous parlons évidemment de Dayforce et de Phénix. Nous avons parlé abondamment de Cúram, et je pense que nous en parlerons encore. Aujourd'hui, pendant la période de questions, il était question de PrescripTIon. Par le passé, il y a eu ArriveCAN, et il y en a eu d'autres.
Est‑ce que vous enquêtez ou comptez enquêter sur d'autres programmes informatiques, particulièrement quant à l'aspect des estimations de coûts, lesquels, visiblement, sont toujours sous-estimés?
:
Merci beaucoup, monsieur le président.
Je salue mes collègues.
Mesdames et messieurs les témoins, je vous souhaite la bienvenue à ce comité parlementaire de votre Parlement canadien.
J'aimerais prendre un peu de mon temps de parole, monsieur le président, pour vous poser la question habituelle que je pose au début de chaque rencontre.
Est-ce que nous avons des nouvelles du ministre des Finances et du Revenu national, soit l’hon. François-Philippe Champagne, quant à la demande que nous avons faite il y a déjà 58 jours? La demande visait à obtenir des explications du ministre sur le scandale de Laval, alors que l'Agence du revenu du Canada exige que les gens de Laval paient un million de dollars après avoir été volés par un ancien maire corrompu.
:
C'est quand même remarquable et décevant, monsieur le président. Notre demande a été faite il y a 58 jours. Nous comprenons que le ministre du Revenu est également ministre des Finances. Nous comprenons également qu'il a déposé récemment une mise à jour économique, mais, depuis une semaine, ces choses sont finies. Il a le temps de venir rendre des comptes aux gens de Laval, qui, je le répète, ont été volés par leur maire — je parle de leur ancien maire, celui qui est là aujourd'hui est un bon maire. Leur ancien maire corrompu a volé des millions de dollars aux gens. Aujourd'hui, c'est l'Agence du revenu du Canada, ou ARC, qui leur réclame cette somme. Nous voulons que le ministre vienne s'expliquer.
Maintenant, monsieur le président, avant de parler de la question de Dayforce, mes pensées se tournent vers ces centaines de milliers de travailleurs de l'État qui ont été victimes de la négligence du gouvernement par rapport au système Phénix. Il s'agit de pères et de mères de famille. Ces gens ont vécu des périodes très douloureuses alors qu'ils ne savaient pas du tout comment régler le problème.
Malheureusement, les gestionnaires de l'époque, il y a 10 ans, n'avaient pas non plus de façon intelligente de régler le problème. Nous allons parler de milliards de dollars, de centaines de milliers de personnes, mais il s'agit d'individus. Au‑delà des chiffres, ce sont des hommes et des femmes qui ont souffert et qui souffrent encore.
Avant de parler de Dayforce, j'aimerais vous poser une question, madame Reza ou madame Bogden.
Combien y a-t-il de cas liés au système Phénix qui ne sont pas encore réglés?
:
Merci de la question. Elle est très pertinente.
Nous y réfléchissons chaque jour. Nous voulons éviter de reproduire ce qui s'est passé auparavant.
Notre défi est d'avoir deux systèmes en parallèle. En effet, nous avons un système, pour l'instant, qui couvre un système de paye et 30 systèmes de ressources humaines. C'est un fardeau, pour nous, de gérer les deux systèmes en parallèle. Si nous voyons que le nouveau système ne fonctionne pas, qu'il y a trop de risques, nous allons bien sûr décider de prolonger la période de transition. Le défi, pour nous, est de trouver le bon compromis. Nous voulons optimiser le système ainsi que réduire et atténuer les risques pour les employés et les personnes que nous rémunérons.
:
Nous avons un plan où les ministères utiliseront le système tour à tour.
[Traduction]
L'intégration se déroule en plusieurs étapes. Nous commencerons par une très petite organisation et nous ferons des essais. Si ces essais sont concluants, si nous démontrons que l'intégration de la paye se passe bien, nous passerons à l'étape suivante, qui concernera SPAC et Services partagés Canada. De nouveau, cela concerne plus d'employés, mais pas encore l'ensemble du gouvernement du Canada. Chaque étape, chaque vague, nous permettra d'apprendre, de nous adapter et de changer de cap, si nécessaire. Si les choses ne se passent pas bien, nous ne procédons pas à l'intégration. Nous corrigeons le problème avant de passer à la vague suivante.
D'autres éléments sont très différents par rapport au moment de la mise en service de Phénix. Chaque fonctionnalité sera en place avant que nous commencions l'intégration. Chaque fonctionnalité sera testée. La grande différence est que nous allons gérer deux systèmes de paye en parallèle et les tester. Nous traiterons la paye dans le système de paye Phénix pour les plus de 400 000 employés, et nous traiterons la paye dans Dayforce pour le même groupe d'employés. Nous pourrons comparer les résultats et, ainsi, avoir une grande certitude que le système fonctionne et que les résultats en matière de paye sont corrects.
:
Vous avez entendu ma collègue de SPAC mentionner, au début, que nous avons réalisé une très vaste évaluation de faisabilité avant même de prendre la décision d'adopter Dayforce, qui signifiait essentiellement réunir toutes nos exigences opérationnelles. Par exigences opérationnelles, j'entends des éléments tels que les règles de rémunération énoncées dans les conventions collectives ou les politiques.
À ce jour, je pense que nous en avons environ 6 500. Nous avons réalisé une analyse concordance-écart pour savoir si l'outil Dayforce sera capable de faire tout ce dont nous avons besoin et de répondre à nos exigences opérationnelles. Dayforce peut satisfaire à environ 5 000 de nos exigences opérationnelles sans aucune modification. Nous parlons donc d'un écart d'environ 1 500.
Nous faisons deux choses actuellement: nous avons repéré les lacunes à combler, et nous avons également cerné des évaluations supplémentaires à réaliser. Chaque fois que nous repérons une lacune, nous devons procéder à un petit tri et nous demander de quelles règles nous pouvons nous débarrasser, soit en les supprimant, soit en normalisant les processus ou les règles. Comme vous l'avez mentionné, cela pourrait nécessiter de négocier avec les agents négociateurs pour leur demander si nous pouvons adopter une autre façon de procéder qui simplifie la gestion de la paye.
Le processus que nous avons entrepris avec nos collègues de SPAC consiste à passer en revue ces milliers d'exigences, à les classer par catégories et à décider quoi simplifier et normaliser.
Je rassurerai le Comité sur un point: nous avons pour mode opératoire, pour ce qui est de réfléchir au nouveau système, de tirer les leçons de la dernière fois. Autrement dit, nous devons, dans la mesure du possible, adapter nos méthodes de travail pour adopter le nouveau système. Il faudra peut-être pour cela, comme je l'ai dit, modifier une règle de rémunération, négocier une nouvelle règle de rémunération ou la supprimer totalement, ce qui fait partie du travail que nous menons.
Parfois, il s'agit des processus opérationnels. Vous avez entendu la vérificatrice générale mentionner environ 200 processus opérationnels. C'est un autre aspect important. Il s'agit d'un énorme exercice de simplification et de normalisation, lorsque c'est possible, avant d'adopter la solution Dayforce.
:
La question est, en substance, quelles sont, selon moi, nos chances de réussite.
Nous faisons des progrès qui ne sont peut-être pas aussi rapides que nous le souhaiterions.
Je répondrais en deux temps. D'abord, il y a toutes les règles qui relèvent de notre contrôle, et par « notre », j'entends le Secrétariat du Conseil du Trésor ou le Conseil du Trésor. Nous nous attaquons à celles‑ci. C'est une priorité absolue pour notre organisation. C'est à tous les niveaux de l'organisation que nous devons faire tout notre possible pour simplifier et normaliser. En réalité, nos premières cibles ne sont pas seulement les règles qui nous aident avec Dayforce, mais celles qui constituent l'ensemble des règles qui nous aident à gérer la paie.
Je vais vous donner un exemple. L'an dernier, nous avons apporté quelques changements concernant les cadres supérieurs. Nous avons modifié les règles relatives au report de leurs congés afin de les aligner sur celles des employés syndiqués, puis nous avons automatisé ces transactions au centre de paie afin que le traitement manuel ne soit plus nécessaire. C'est un changement qui nous aide aujourd'hui et qui nous aidera à l'avenir. Nous avons fait de même avec les cotisations syndicales. Ces mesures sont de notre ressort.
Puis, il y a tout un ensemble de domaines liés aux conventions collectives, et c'est là que nous devons négocier avec les agents négociateurs. Nous n'avons pas de compétence exclusive en la matière. Nous le faisons ensemble lors de la négociation des modalités d'emploi. Vous avez sans doute vu que la vérificatrice générale a souligné un changement majeur que nous avons apporté en 2018, sur lequel les agents négociateurs se sont mis d'accord avec nous. Nous n'instaurerons plus d'indemnités nécessitant un paiement rétroactif; tout serait prospectif. Les indemnités seraient mises en place de manière à ce que nous puissions les payer.
Nous avons procédé à d'autres adaptations mineures avec les agents négociateurs. Par exemple, partout au pays, certains groupes avaient des taux de rémunération différents selon le lieu de résidence. Lors de la dernière ronde de négociations collectives avec l'un des agents négociateurs — je vais vous donner l'exemple de nos avocats du ministère de la Justice, que l'on appelle les praticiens du droit —, nous avions des taux différents partout au pays; nous les avons désormais harmonisés en un seul taux.
Il existe des milliers de règles de ce type. Nous simplifions et rationalisons autant que possible.
Un exemple de règle dont nous nous sommes débarrassés est le fait que les civils de la GRC avaient des taux de rémunération différents de ceux des autres employés de la fonction publique qui effectuaient le même travail. L'agent négociateur a collaboré avec nous, et nous avons pu résoudre ce problème en préconisant l'adoption de la même norme qu'ailleurs dans la fonction publique.
Ces...
:
Merci, monsieur le président.
Madame Reza, je veux être certain de bien comprendre. Vous avez dit que le montant de 1,5 milliard de dollars prévu dans le budget de 2025 va servir à régler les problèmes liés à Phénix, système dans lequel on a déjà investi plus de 5 milliards de dollars. On apporte maintenant des modifications à un contrat qui, après une phase de tests, est évalué à 350 millions de dollars. À terme, on va investir 4,2 milliards dans le système Dayforce.
Le montant de 1,5 million de dollars qui était prévu dans le budget pour la modernisation de la paye, à quel système sera-t-il consacré, à Dayforce ou à Phénix?
Si c'est pour Phénix, ça veut dire qu'on investit encore dans quelque chose tout en sachant que le système sera éliminé.
Va-t-on encore une fois annoncer que le coût va de nouveau dépasser les 4,2 milliards?
:
Je vous en serais reconnaissant. Je demanderais même la ventilation des données sur l'estimation totale du projet ainsi que les données sur les dépenses réelles engagées jusqu'à maintenant par type de coût, y compris les salaires internes, les services professionnels, notamment les frais de services professionnels, les frais de déplacement — on sait que, pour le logiciel Cúram, ils ont été très élevés —, les logiciels, les infrastructures en technologies de l'information, les services internes, les coûts supplémentaires de Services partagés Canada et la taxe sur les produits de vente.
Ces éléments sont, à mon sens, très pertinents. J'ajouterais même les contrats accordés à des firmes privées dans le cadre des programmes de modernisation. J'ai l'impression qu'on recourt au secteur privé pour compenser l'expertise qu'on a perdue dans la fonction publique. Cependant, le secteur privé n'a pas nécessairement la meilleure compréhension de nos systèmes, particulièrement au Québec.
Le logiciel Dayforce va-t-il tenir compte des particularités québécoises? Je pense notamment au Régime québécois d'assurance parentale ou aux prestations de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail, au Régime de rentes du Québec ou au fait, simplement, que les Québécois doivent présenter deux déclarations de revenus.
Cela va-t-il être pris en compte dans la création de nouveaux programmes?
Merci à nos invités d'être venus. Beaucoup de questions semblent se répéter, et je vais essayer de ne pas aggraver cette répétition.
Lors de la période de questions, le a déclaré que l'arriéré avait été réduit de 50 %. Aujourd'hui, vous avez dit qu'il a diminué de 66 % depuis son pic, et vous avez également indiqué que vous vous attendiez à ce qu'il chute à environ 76 000 d'ici juillet.
Avez-vous une date à laquelle vous prévoyez que l'arriéré sera résorbé? Je suppose, et j'espère, que tout cet arriéré sera effectivement résorbé avant votre transition complète à Dayforce, mais pouvez-vous me donner une date à ce sujet?
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Je peux vous dire que je vérifie personnellement Phénix depuis 2016. Je travaillais sur les états financiers du gouvernement du Canada au moment du déploiement de Phénix. Les causes des erreurs de paie ont évolué de 2016 à aujourd'hui.
Dans le commentaire financier que nous publions chaque année, nous faisons toujours le point sur la situation. Le commentaire que nous avons publié avec les comptes publics de 2024‑2025 indiquait que les deux tiers des erreurs de paie que nous constations encore étaient des erreurs de saisie de données. C'est en quelque sorte en amont. La paie est un processus complet des ressources humaines à la paie. Ce n'est plus une simple case qui ne calcule pas. Nous avons désormais des retards dans la saisie. Un tiers des erreurs était dû à cela, et les deux tiers étaient liés à la saisie de données. C'est pourquoi la paie pose toujours des problèmes.
Prenons l'arriéré des problèmes de paie — je pense que la sous-ministre l'a bien expliqué —, il y a des demandes d'intervention de paie chaque jour. Il s'agit de trouver le juste équilibre entre traiter les cas faciles et ne pas négliger complètement l'arriéré. Dans notre rapport, nous avons souligné qu'environ 50 % de ces cas sont en suspens depuis plus de deux ans. Ce qui m'inquiète, ce sont les 16 000 dossiers en attente depuis six ans ou plus. Ceux‑là vont être difficiles à résoudre.
Tous ces cas doivent être résolus avant que la transition n'ait lieu. Je pense qu'il s'agit de choisir le bon moment et de disposer de l'expertise nécessaire en matière de rémunération pour venir à bout de l'arriéré.
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Merci, monsieur le président.
Merci aux témoins.
Je pose souvent des questions sur la culture du milieu de travail, comment elle influe sur les différents processus et politiques, comment ceux‑ci sont mis en œuvre, comment ils modifient la façon dont l'argent est dépensé et comment nous en tirons le meilleur parti.
Je vais poser une question à Mme ShankarNarayan, si vous le permettez.
Dans son rapport, la vérificatrice générale fait état de problèmes et de lacunes importantes. Elle formule des recommandations à l'intention du SCT et de SPAC qui, si elles étaient adoptées, comme nous le supposons, mettraient le projet sur la voie du succès. Si vous pouviez nous faire part de vos observations sur les dimensions humaines et culturelles de cette transformation, je vous en serais très reconnaissante, surtout sur la manière dont le SCT soutient les conseillers en rémunération et les fonctionnaires au fil de ce changement.
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Merci pour cette question.
Plus précisément, d'un point de vue culturel — j'en ai parlé tout à l'heure en répondant à la question sur les processus opérationnels —, c'est toujours le Conseil du Trésor qui définit les exigences et l'orientation stratégique, bien sûr. Nous avions plus de 30 systèmes à travers le gouvernement, ce qui entraînait une fragmentation de la culture en ce qui concerne la mise en œuvre de cette politique dans différents ministères sous la direction de différents administrateurs généraux.
En ce moment, nous travaillons à la normalisation de ces processus. C'est une entreprise de grande envergure. Nous avons commencé il y a quelques années. C'est l'amont dont la vérificatrice générale vient de parler. C'est le changement de culture qui s'opère entre un supérieur et ses employés. C'est là que tout commence pour la plupart des mesures d'intervention de paie. Nous travaillons à l'échelle du gouvernement du Canada pour normaliser ces processus de sorte que, lorsqu'ils migrent vers Dayforce, ce ne soit pas 30 processus différents. Ils migrent comme un processus unique et, en parallèle, nous travaillons également sur la formation.
La formation comporte deux volets. Il y a la formation sur le logiciel lui-même, dont ma collègue Kim Steele et son bras droit se chargent. La sous-ministre Bogden et moi-même travaillons sur le contenu de cette formation. Comment les ministères gèrent-ils les différents processus de RH en fonction des politiques en la matière? C'est là que la culture entre en jeu, sous de multiples formes. Il y a la normalisation des processus opérationnels, mais aussi la manière dont nous gérons le changement qui s'opère dans chaque ministère. Le changement peut passer par la formation, mais aussi par la préparation de chaque ministère. Comment chaque ministère se prépare‑t‑il à ces changements et à ces processus tout en impliquant les différents groupes de son service des ressources humaines…? Il s'agit également de travailler avec les responsables, car chaque responsable joue un rôle important dans le processus en amont, avant que les employés ne soient payés par le centre de paie.
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Je veux bien commencer, puis passer la parole à Mme Steele.
Nous en sommes en fait à 98,6 % et travaillons actuellement sur ce qui vient après la virgule. Cela fait partie des normes du secteur dont Dayforce nous a fait part. Nous le faisons pour garantir l'exactitude et la rapidité.
Nous émettons 12 millions de chèques de paie par an. C'est un volume considérable. Nous sommes le plus grand employeur au Canada, dans un environnement très complexe. Nous visons le meilleur scénario possible pour n'importe quel secteur, soit environ 99 %; nous en sommes donc très près. Nous sommes déjà dans cette fourchette, mais il y a encore beaucoup de choses que nous pouvons faire.
Cela nous ramène à la question que vous venez de poser et à bon nombre des points dont nous parlons. En ce qui concerne Phénix, que ce soit au sein du gouvernement, à l'extérieur de celui‑ci ou au Parlement, c'est un continuum. La façon dont nous envisageons nos systèmes de ressources humaines, la manière dont nous saisissons les données et ce que nous faisons pour nous assurer que les données sont fiables — tout cela représente un changement culturel majeur.
En tant que sous-ministre, j'ai la chance de disposer d'un effectif important qui s'occupe de Phénix. C'est comme entrer chaque jour dans une maison en feu. Comme vous l'avez dit tout à l'heure, c'est la vie des gens qui est en cause. Derrière tout cela, il faut assurer le soutien et réfléchir à ce que nous offrons, aux services que nous fournissons aux Canadiens quand nous ne pouvons même pas payer nos propres employés à temps.
Nous sommes très fiers de dire que nous avons atteint maintenant le pourcentage de 98,6 %. Nous allons continuer à nous améliorer. Nous allons nous attaquer au retard accumulé. Moi aussi, je pense à ces 16 000 personnes. J'ai examiné la complexité de ces dossiers pour mieux les comprendre, mais nous devons agir dans l'optique d'une perspective RH. Nous allons persévérer. Pour améliorer ce chiffre, nous devons nous concentrer sur ces processus RH.
Je ne sais pas si madame Bodgen souhaite ajouter quelque chose.
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J'ajouterais que nous avons encore beaucoup de travail à faire pour amener les gens au point où nous devons être — à 100 %. Un aspect de ce travail concerne la formation. Un autre aspect, comme vous l'avez dit, concerne le changement de culture. Dans certains cas, nous n'attendons pas que la culture change. Nous l'orientons et, en fait, nous l'imposons, afin qu'il n'y ait plus de systèmes de ressources humaines gérés de manière autonome. Il y en a un; c'est MesRHGC, jusqu'à Dayforce. Nous orientons le genre de changement dont nous avons besoin.
C'est la même chose pour l'exactitude des mouvements de paie. Vous avez entendu la vérificatrice générale en faire mention lorsqu'elle a dit que, selon leurs tests, il y a encore des inexactitudes. Cela tient en partie à des erreurs de saisie des données. Cela tient aussi en partie à l'écart entre le moment où les données ont été saisies et celui où elles parviennent au centre de la paie. Nous devons corriger ces problèmes. Cela doit être absolument... Nous y travaillons au moyen de la formation et du changement de comportement.
Dans certains cas, nous avons des adjoints, comme mes collègues à mes côtés, qui décrochent le téléphone, appellent un responsable et disent: « Votre nom figure sur une liste et vous n'avez pas approuvé la transaction. Pourquoi? » Cela va inciter les gens à y prêter attention et à changer de comportement. C'est une question de culture, mais le fait est que nous ne pouvons plus attendre que la culture évolue si nous voulons prendre soin de ceux qui ont vraiment besoin de recevoir un salaire exact, en temps voulu.
Merci pour cette question.
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Le calendrier dont il est question était un calendrier très préliminaire que nous avions établi concernant la façon dont nous allions réellement déployer cette nouvelle solution.
Nous avons établi un calendrier initial. C'était il y a près de deux ans. Au fur et à mesure que nous avons traité certains risques et examiné les processus, nous avons continué à ajuster le calendrier, et nous continuerons à le faire. Si, après quelques ministères, nous constatons que nous aurons peut-être besoin d'un peu plus de temps et qu'il faudra peut-être ajuster la vague suivante de ministères, nous le ferons.
Encore une fois, comme Mme ShankarNarayan l'a mentionné, c'est une approche un peu agile. Je n'aime pas forcément utiliser le terme « agile », mais il s'agit vraiment d'une démarche itérative. Au fur et à mesure que nous apprenons, nous continuerons à rajuster le tir. J'appelle ce plan un plan évolutif. Si quelque chose doit changer, nous apporterons les modifications. Peut-être pourrons-nous aller plus vite. C'est une autre option, si tout se passe bien.
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Merci, monsieur le président.
Je vous remercie de nouveau, madame Reza.
Évidemment, notre rôle, c'est de poser des questions. Je vous remercie de votre engagement.
Vous avez accordé un contrat de 29 millions de dollars à la firme McKinsey, de 2020 à 2023, pour rationaliser les processus et standardiser le travail au Centre des services de paye. Pourtant, dans son audit, la vérificatrice générale souligne clairement que les objectifs liés au processus de simplification de la paye n'ont pas été atteints.
Comment justifiez-vous le contrat qui a été accordé à la firme McKinsey?
N'y a-t-il pas quelque chose que les fonctionnaires auraient pu faire eux-mêmes, sans recourir à l'expertise externe? On aurait pu faire confiance à l'expertise interne de la fonction publique.
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Je pense que vous parlez toujours de l'arriéré de cas.
Quand le rapport de la vérificatrice générale a été publié, en septembre, il y avait environ 155 000 cas. Maintenant, nous sommes en mai, et il y a 88 000 cas. Nous espérons que ce sera 76 000 cas en juillet. J'essaie de faire un peu les calculs, et j'espère que d'ici la fin de l'exercice financier, c'est-à-dire en mars 2027, nous serons rendus dans ce camp.
Nous avions eu une autre question au sujet des cas que nous ne connaissons pas. Maintenant, compte tenu du Programme d'incitation à la retraite anticipée, ou IRA, et de l'examen exhaustif des dépenses, ou EED, il y a encore plus de cas qui entrent dans l'inventaire. Il s'agit toujours de trouver un équilibre. C'est ce que nous visons.
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Je vais vous faire part d'un exemple lié à ce que Mme Hogan a dit.
Je parle avec mes gestionnaires. Une tendance se dégage des rapports que nous recevons. Les cas les plus difficiles sont plutôt communs. Il s'agit des cas où les gens sont surpayés. Ils n'ont pas travaillé pendant le temps de travail, mais leur gestionnaire n'a pas entré dans le système l'information selon laquelle ils étaient en congé ou malades. Ça devient alors un défi.
Présentement, nous faisons beaucoup d'efforts et beaucoup de formations pour nous assurer que tout le monde, non seulement les gestionnaires, mais aussi les employés, entrent dans le système la bonne information, selon laquelle ils ont travaillé ou n'ont pas travaillé. Cela dit, nous essayons d'atténuer ce défi.
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C'est le gouvernement qui est responsable. Oui, c'est conjointement le SPAC et le Secrétariat du Conseil du Trésor, mais c'est au SPAC qu'il revient de le mettre en œuvre. Nous en sommes responsables.
Vous avez posé une question tout à l'heure au sujet de la gouvernance. Si vous me le permettez, je pense que c'est extrêmement important. Il est essentiel de disposer d'une fonction de contrôle. Comme nous venons de le discuter ces deux dernières heures, nous ne pouvons pas nous contenter du statu quo. Le processus est extrêmement manuel. Il est extrêmement coûteux. Nous avons entendu plusieurs chiffres différents. Nous devons passer à une solution basée sur le nuage informatique sécurisé, et qui couvre à la fois les ressources humaines et la paie. C'est la première chose.
La deuxième concerne la gouvernance de ce projet. L'une des mesures que nous avons prises, et qui me semble relativement nouvelle depuis quelques années, est la création d'un sous-comité chargé de superviser le processus d'approbation. Je peux vous dire qu'il n'y a probablement aucun autre comité qui attire autant de monde, car nous avons tous désormais un intérêt dans cette affaire. Nous abandonnons ces différents systèmes de responsabilisation, et nous voulons nous assurer qu'il y ait une supervision rigoureuse et une fonction de contrôle, car cela doit fonctionner.
En ce qui concerne les questions relatives aux tiers et à l'indépendance lorsque nous faisons appel à une expertise externe, tout est axé sur la mise en œuvre et l'exécution afin de minimiser les risques. Il s'agit d'une transformation gouvernementale. On entend beaucoup parler de projets informatiques, mais je pense que la terminologie utilisée pour les décrire devrait être réduite et que nous devrions parler de projets de transformation. Il s'agit de projets d'entreprise de grande envergure sur le plan opérationnel. Nous passons de départements cloisonnés et isolés à des initiatives à l'ensemble de l'organisation. La gouvernance et la responsabilisation sont des facteurs essentiels.
Madame Tesser Derksen, souhaitez-vous vous exprimer à ce sujet? Je ne voulais pas vous couper la parole. J'ai simplement vu que M. Osborne avait levé la main en premier.
Est-ce accepté en principe?
(L'amendement est adopté. [Voir le Procès-verbal])
(La motion modifiée est adoptée. [Voir le Procès-verbal])
Le président: Je vais suspendre...
[Français]
M. Lemire, vous avez la parole.