:
J'ouvre maintenant la séance.
Bonjour, tout le monde. Je vous souhaite la bienvenue à la 29e réunion du Comité permanent des comptes publics de la Chambre des communes.
[Traduction]
La réunion d'aujourd'hui se déroule en format hybride, conformément au Règlement. Je crois que tous les députés sont dans la pièce, mais il est évidemment toujours possible de participer en se servant de l'application Zoom.
J'aimerais rappeler les points suivants aux participants. Veuillez attendre que je vous nomme avant de prendre la parole. Toutes les observations doivent être adressées à la présidence. Si nous commençons à débattre, veuillez lever la main et attirer mon attention ou l'attention de la greffière. Nous allons nous efforcer de garder une liste d'intervenants exacte.
[Français]
Conformément à l'ordre de renvoi du lundi 9 février, le Comité reprend l'examen du projet de loi .
[Traduction]
Nous avons parmi nous aujourd'hui les fonctionnaires qui ont comparu à notre dernière réunion lundi. Ils ont réussi à réorganiser leurs horaires du jour au lendemain. Nous avons les fonctionnaires de l'Agence du revenu du Canada, du ministère des Finances et du Secrétariat du Conseil du Trésor. Je vous remercie tous d'être ici. J'espère que ce sera bref. Je pense que cela pourrait être le cas, mais dans la négative, nous sommes heureux que vous soyez ici pour répondre à nos questions.
Nous allons reprendre où nous nous sommes arrêtés le lundi 23 mars, alors que nous examinions l'amendement G‑3.
(Article 1)
Le président: Monsieur Chambers, je vous ai dit que j'allais tout de suite me tourner vers vous. Je crois comprendre que vous allez céder la parole, mais allez‑y, s'il vous plaît.
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Oui. Merci, monsieur le président.
Je suis très heureux que nous ayons pu résoudre la question qui a fait l'objet d'une controverse à la dernière réunion. Je ne pensais pas que nos opinions divergeaient à ce point‑là, mais nous avons cherché une solution. C'est maintenant réglé.
Le greffier législatif m'a indiqué qu'il y avait une petite chose à éclaircir dans la traduction française de la version que nous avons transmise, et nous avons maintenant une nouvelle version légèrement révisée qui apporte cette précision. Je vais dire en quoi consiste le problème que le greffier a porté à mon attention juste avant la réunion, pour que tout le monde sache à quoi s'en tenir. Essentiellement, la solution que nous avons trouvée consiste à spécifier la raison qui explique chaque suppression dans le registre, à savoir qu'il s'agit de renseignements personnels, confidentiels ou de nature délicate. Ce serait indiqué. Je pense que c'est la solution à laquelle nous sommes parvenus, et le libellé devrait donc en tenir compte en anglais et en français.
Avec votre permission, monsieur le président, je pense que nous avons besoin d'un moment pour nous assurer que j'ai reçu la nouvelle version. Je ne peux pas la lire pour le compte rendu, et je vais donc demander à ma collègue, Mme Tesser Derksen, de la lire, car je ne peux pas modifier mon propre amendement.
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Merci. On a transmis le sous-amendement à tout le monde par courriel pour que vous puissiez l'examiner.
Madame Tesser Derksen, si vous avez d'autres observations à ce sujet, je vous donne la parole, mais je pense que le sous-amendement se passe d'explications.
Je vais d'abord m'adresser à M. Chambers. Êtes-vous satisfait du sous-amendement? D'accord.
Quelqu'un veut‑il débattre du sous-amendement proposé par Mme Tesser Derksen?
[Français]
Notre collègue du Bloc québécois souhaite intervenir.
:
Juste dans l'esprit de la chose, un renseignement étant une entreprise, est-ce que l'expression « renseignement » est la bonne?
Le renseignement que je cherchais, moi, c'était la raison ou la justification. Si une entreprise est exclue du registre en vertu du paragraphe 3, le président du Conseil du Trésor doit l'indiquer dans le registre et en donner la raison. Donc, si une information est exclue du registre, est-ce qu'on peut savoir si elle a été exclue pour des raisons qui sont liées à la protection de renseignements confidentiels, personnels ou sensibles, ou si elle a été exclue pour les raisons qui sont demandées dans le projet de loi?
Je ne sais pas si c'est une question de langage et parce que je ne me sens pas habile pour pouvoir comparer la proposition en anglais, mais pour moi, l'esprit est de m'assurer qu'une entreprise qui est exclue est identifiable et qu'on a une justification de la raison pour laquelle elle est exclue.
:
C'est plus affirmatif que clair, je pense, mais on peut vivre avec ça.
Aussi, je pense que dans la version française, on devrait plutôt dire « si une information est exclue », parce que c'est du cas par cas en ce qui concerne les entreprises. Je le mettrais davantage au singulier. Chaque fois que ça arrive, on veut savoir quelle est la justification, et la justification est un des trois éléments qui sont mentionnés là.
Si les greffiers législatifs sont à l'aise pour pouvoir assurer l'information qu'on veut, je ne suis pas spécialiste, donc je peux me rallier à ça.
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Nous reprenons nos travaux.
Le changement grammatical de M. Lemire consiste à retirer le « s » à « exclues » dans la version française, compte tenu de ce que nous avons dit, de la discussion avec le greffier législatif puis de la vérification qui a été faite pour s'assurer que c'était correct.
Êtes-vous d'accord pour apporter cette modification? Est‑ce que j'ai votre approbation? Un vote oral suffit, à moins qu'il y ait des votes contre ce changement. Nous allons tenir un vote oral pour approuver le sous-amendement qui comprend le changement grammatical dans la version française.
(Le sous-amendement est adopté. [Voir le Procès-verbal])
(L'amendement modifié est adopté. [Voir le Procès-verbal])
Le président: Cela peut sembler un peu contre-intuitif lorsque c'est la première fois qu'on procède ainsi. Nous allons maintenant passer en revue le projet de loi et adopter les articles, puis nous allons nous pencher sur un autre amendement, le G‑4, à la fin. Je le signale maintenant, car on pourrait se demander pourquoi nous terminons le projet de loi avant de faire tous les amendements.
L'article 1 est‑il adopté?
(L'article 1 modifié est adopté.)
(Les articles 2 à 7 sont adoptés.)
Le président: Nous arrivons maintenant au projet de loi tel qu'il est rédigé.
Nous passons maintenant à l'amendement G‑4. C'est un nouvel article.
Monsieur Turnbull, voulez-vous dire de quoi il s'agit, s'il vous plaît?
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Merci, monsieur le président.
Je vais lire la motion suivante pour le compte rendu. C'est l'amendement G‑4. Il propose que le projet de loi C‑230 soit modifié par adjonction, après la ligne 14, page 3, du nouvel article suivant:
« Dispositions de coordination
8 (1) Les paragraphes (2) et (3) s'appliquent en cas de sanction du projet de loi C‑15, déposé au cours de la 1re session de la 45e législature et intitulé Loi no 1 d'exécution du budget de 2025 (appelé « autre loi » au présent article).
(2) Si le paragraphe 126(2) de l'autre loi entre en vigueur avant l'article 6 de la présente loi, cet article 6 est réputé ne pas être entré en vigueur et est abrogé.
(3) Si l'entrée en vigueur du paragraphe 126(2) de l'autre loi et celle de l'article 6 de la présente loi sont concomitantes, cet article 6 est réputé ne pas être entré en vigueur et est abrogé. »
Je crois que c'est une disposition de coordination qui tente d'harmoniser les articles du projet de loi et la législation existante, y compris le projet de loi , c'est‑à‑dire la loi d'exécution du budget, afin de garantir une plus grande uniformité. On s'assure ainsi que la législation fonctionne de manière cohérente avec les autres lois en évitant les chevauchements ou les conflits.
Le projet de loi abrogerait également la Loi sur la taxe sur les services numériques, et le paragraphe 126(2) ferait en sorte que l'abrogation s'appliquerait de manière rétrospective, en date du 20 juin 2024, soit la date initiale d'entrée en vigueur de la Loi.
C'est pour ces raisons que nous proposons cet amendement. C'est pour assurer une uniformité.
:
C'est bon alors. Nous allons tenir un vote oral sur l'amendement G‑4, qui créerait un nouvel article, l'article 8.
(L'amendement est adopté.)
Le président: C'est adopté. Très bien.
Le titre est‑il adopté?
Des députés: D'accord.
Le président: Le projet de loi modifié est‑il adopté?
Des députés: D'accord.
Le président: Le président peut‑il faire rapport du projet de loi modifié à la Chambre?
Des députés: D'accord.
Le président: Le Comité doit‑il demander la réimpression du projet de loi modifié pour que la Chambre des communes puisse l'utiliser à l'étape du rapport?
Des députés: D'accord.
Le président: Très bien. Je crois que c'est tout pour le projet de loi .
On m'a dit que c'est la première fois que le Comité examine un projet de loi d'initiative parlementaire depuis 21 ans. Je vous présente donc mes félicitations. Merci.
Les témoins peuvent partir. Merci beaucoup de vous être joints à nous aujourd'hui et de nous avoir permis de régler ce dossier rapidement.
Je m'excuse aussi auprès des greffiers législatifs. Merci beaucoup de votre aide et de vos conseils. Nous espérons ne pas avoir à attendre 21 ans avant de vous revoir.
Des voix: Ha, ha!
Le président: Je vais suspendre la séance environ deux minutes pour donner le temps à tout le monde de s'installer.
Avant de donner la parole à M. Deltell, je veux mentionner quelque chose.
Je ne sais pas combien de temps la présente session va durer, mais je veux juste informer les députés que le comité des comptes publics du Royaume-Uni visitera prochainement le Parlement dans le cadre de son enquête sur le programme de restauration et de renouvellement du palais de Westminster.
Ils doivent nous visiter pendant deux jours à la mi‑avril. Je vais faire le nécessaire pour organiser une réunion non officielle le mardi 14 avril. Lors de son passage à Ottawa, la présidente du comité des comptes publics du Royaume-Uni aimerait discuter avec les membres de notre comité de la réhabilitation de l'édifice du Centre, y compris des progrès réalisés, de la vision à long terme, des coûts et de la gouvernance.
Je voulais tout simplement en informer les membres du Comité. Je m'efforcerai également d'inviter certains des parlementaires qui participent de plus près à la restauration, mais notre comité a évidemment examiné le rapport de la vérificatrice générale. Je vous encourage tous à être présents une fois que j'aurai une plage horaire à cette fin.
Ce serait également une belle occasion de discuter avec les membres du comité des comptes publics du Royaume-Uni. C'est le comité avec lequel j'ai eu le plus d'échanges au cours des dernières années à l'échelle mondiale. Comme il relève du modèle des Parlements, il y a toujours des leçons à retenir. Cependant, dans ce cas‑ci, ils viennent nous parler de la façon dont la restauration se déroule, du bon, du moins bon et, espérons‑le, de ce qui n'a pas été trop mauvais.
Il y a un seul hic, à savoir que leurs parlementaires, les députés de leur chambre des communes, refusent apparemment de quitter le palais de Westminster pendant les rénovations. Nous avons au moins procédé d'une manière plus efficace. Nous avons quitté l'édifice pour pouvoir faire les travaux. Cela dit, certains de leurs députés disent apparemment qu'ils ont le droit d'être là et qu'ils ne quitteront pas leurs bureaux. Nous allons les laisser régler ce problème, mais ils ont certainement quelque chose à apprendre de nous. Je vais vous transmettre les détails à ce sujet pendant la relâche une fois que je les aurai.
:
Merci beaucoup, monsieur le président.
J'aimerais proposer une motion conformément à ce qui a été convenu avec tous nos collègues à la suite de notre entente cordiale, ou ce qu'on pourrait appeler un engagement moral.
[Traduction]
En passant, en anglais, nous pourrions peut-être parler d'un « gentlemen and gentlewomen's agreement ». Ce serait plus précis et respectueux en 2026.
Mais sérieusement, retournons à notre motion.
[Français]
Notre motion vise essentiellement à permettre au maire de Laval et au de faire la lumière sur l'événement qui a énormément choqué les gens qui ont été mis au courant de cette information. Il s'agit du fait que l'ancien maire, reconnu coupable de fraude, avait caché de l'argent dans un autre pays et que, finalement, l'Agence du revenu du Canada demandait à la municipalité de payer un impôt supplémentaire sur ce montant, la faisant payer deux fois, d'une certaine façon, pour la fraude. Cela est tout à fait inacceptable, à notre point de vue.
Nous savons qu'il y a des discussions en cours, mais nous estimons que les Canadiens ont le droit de savoir exactement ce qui s'est passé et ce qui a conduit à ce type d'action. Je rappelle que le gouvernement du Québec a agi de façon plus équitable et plus responsable en mettant de côté cette prérogative. Je rappelle également que celui qui avait fait la démarche, l'ancien ministre des Finances du gouvernement du Québec , s'avère être le secrétaire parlementaire du ministre des Finances du gouvernement fédéral actuel. J'invite donc le gouvernement à s'inspirer de son secrétaire parlementaire, qui avait agi de bonne foi et de façon tout à fait pertinente dès 2016, et d'adopter la même approche.
Maintenant, avant d'aller plus loin, je vous rappelle que nous souhaitons que la lumière soit faite là-dessus.
[Traduction]
De bonne foi, ce que nous voulons, c'est que le et le maire expliquent la situation. N'oublions pas que nous parlons ici d'un problème auquel d'autres villes pourraient se heurter. Cela peut également s'appliquer à d'autres situations semblables.
Par ailleurs, n'oublions pas que nous avons le devoir de poser des questions au ministre, qui, à son tour, a le devoir de régler le problème et de répondre aux questions. C'est un de nos privilèges, mais il y a aussi la protection que nous avons. Nous pouvons dire ici ce que nous devons dire sans avoir peur de représailles devant les tribunaux. C'est un privilège que nous avons, et c'est aussi une responsabilité.
[Français]
C'est pourquoi j'en appelle au sens de la responsabilité de tous les parlementaires. En tant que parlementaires, nous avons des privilèges, et le premier est de pouvoir poser des questions ou faire des commentaires que nous hésiterions peut-être à formuler à l'extérieur de la Chambre, par crainte d'être exposés à des poursuites. Comme parlementaires, nous avons ici le privilège de dire des choses à l'abri de poursuites éventuelles. C'est un privilège, mais c'est également un devoir que nous avons comme parlementaires. J'invite donc tous les parlementaires autour de cette table à appuyer cette proposition.
:
Merci beaucoup. Vous avez raison. De toute évidence, c'est la même personne: , le député de Shawinigan, qui est toujours ravi d'avoir la parole. Je ne pense pas qu'il sera très gêné.
Je suis désolé. Vous avez raison. J'ai parlé dans mon exposé du . Dans ce cas‑ci, nous parlons du
Nous savons aussi que dans le nouveau gouvernement, le a nommé un secrétaire d'État, une autre personne qui aime avoir la parole. Cela ne pose pas problème, mais au bout du compte, malgré tout le respect que j'ai pour le , le véritable responsable est le . Je ne veux surtout pas manquer de respect envers mon collègue, le secrétaire d'État, mais au bout du compte, le vrai responsable, c'est le ministre du Revenu national, c'est‑à‑dire François-Philippe Champagne. Je suis pas mal certain qu'il sera content de comparaître ici.
:
Merci, monsieur le président.
Je remercie le député de sa réponse. Effectivement, il est assez cohérent de recevoir le ministre dans un tel cas. Je viens de relire la motion, et j'aimerais aussi poser une question au député.
Est-ce que ça pourrait aussi être intéressant, justement, d'inviter l'ancien maire Vaillancourt à témoigner devant le Comité, sans que nous ayons nécessairement recours à une assignation, ce que nous avons la capacité de faire? Pourrions-nous lui transmettre une invitation pour qu'il puisse répondre lui-même aux questions que nous nous posons?
Le premier amendement que je recommande — et dans ma version, il compte environ quatre lignes — consiste à supprimer les mots suivants: « le ministre du Revenu national ». Je vais expliquer pourquoi.
Je comprends tout à fait la nécessité de faire preuve de transparence et d'échanger des questions et des réponses au sein de ce comité. Cependant, je comprends que des procédures judiciaires sont en cours et que le ne sera peut-être pas en mesure de donner une réponse aussi complète qu'il le souhaiterait, étant donné la nature délicate de la situation. Je pense qu'il serait frustrant pour nous tous de lui poser des questions auxquelles il ne peut tout simplement pas répondre parce qu'il y a des procédures judiciaires en cours.
C'est le premier amendement que je proposerais.
:
Concernant le premier amendement, je tiens à remercier et à féliciter nos collègues d'avoir repris mot à mot, pour ne pas dire lettre par lettre, notre motion, y compris la coquille du
s au mot « reportage ». Je les invite donc à vérifier l'orthographe correcte de « reportage ».
Cependant, plus sérieusement, nous sommes en total désaccord avec la suggestion du groupe ministériel de ne pas faire venir témoigner le ministre responsable.
Rappelons la séquence des événements. L'Agence du revenu du Canada, ou ARC, qui est sous la direction du canadien, a exigé que la Ville de Laval lui fasse un versement de près d'un million de dollars. Alors, ce n'est pas sorti d'une boîte de Cracker Jack, cette histoire. C'est l'ARC qui a mené une action contre une ville. Il y a un débat politique, et surtout un débat fiscal, très lourd à porter pour la Ville de Laval. C'est la raison pour laquelle le maire ne veut pas faire le versement et veut s'entendre avec l'ARC. D'ailleurs, rappelons que Revenu Québec avait accepté, en 2016, de mettre de côté une telle demande, qui est tout à fait illogique pour des gens qui ont été victimes une fois et qui pourraient être victimes une deuxième fois.
Alors, le gouvernement a le choix de deux options. Soit il trouve un terrain d'entente avec la Ville, soit, au contraire, il met ça de côté, comme le gouvernement provincial l'a fait à Québec il y a une dizaine d'années. Je tiens à rappeler que celui qui a mené le dossier et qui en a été la pierre angulaire pour le gouvernement du Québec, c'est M. , qui est actuellement député de la région de Laval pour le gouvernement et qui est également le secrétaire parlementaire du ministre des Finances. Bref, si le ministre du Revenu national veut avoir des informations pertinentes à ce sujet, il n'a qu'à se tourner sur sa chaise à la Chambre des communes et à parler au député de Marc‑Aurèle‑Fortin, qui va pouvoir lui expliquer en long et en large pourquoi il a pris la bonne décision, lui, et pourquoi l'actuel gouvernement ne prend pas la bonne.
Je tiens aussi à rappeler, comme je l'ai dit tout à l'heure, que c'est notre devoir et notre responsabilité de poser des questions, et que c'est le devoir et la responsabilité du ministre de répondre. On a évoqué tout à l'heure l'idée que le ministre ne peut probablement pas donner toutes les explications. On ne peut pas présumer ni des questions ni des réponses, mais, en effet, j'ai déjà vu des gens ici, à cette table, qui ont refusé complètement de répondre. Ils vivaient en paix avec eux-mêmes, et c'était leur décision. Cependant, il y a une action qui a été prise, et on ne parle pas d'un dossier confidentiel. Je veux juste vous dire clairement que les acteurs sont très bien identifiés. Il y a, d'un côté, des acteurs qui ont déjà été condamnés. De l'autre, il y a une ville qui est prise avec ce problème. Il n'y a donc pas de confidentialité là-dedans.
On peut très bien comprendre qu'on ne mettra pas le ministre ici, dans la boîte, pour qu'il parle du dossier précis de quelqu'un qui n'a pas payé ses impôts il y a 22 ans, ou je ne sais quoi. Non, on parle d'une histoire nationale, on parle de millions de dollars, on parle de l'action de l'ARC qui n'a pas de bon sens, alors que Revenu Québec a adopté la bonne approche. Si le ministre ne veut pas répondre, c'est son choix et c'est son droit. Cependant, justement, parlons du droit. Comme parlementaires, nous avons la protection de l'immunité parlementaire. Ici, je peux dire bien des bêtises, et je ne serai pas poursuivi, mais c'est une question d'honneur et de dignité. C'est la même chose quand on parle d'une histoire réelle avec des conséquences réelles pour les citoyens de Laval. C'est la responsabilité de celui qui a mené l'action, c'est-à-dire le ministre responsable de l'Agence du revenu du Canada, de s'expliquer. Il a sûrement des arguments intéressants.
On connaît bien l'homme en question. M. n'est pas exactement l'homme le plus discret qui soit. À la blague, je dis tout le temps que ce type, quand il arrive dans une salle, se met à parler à la caméra de surveillance. C'est une blague, bien entendu. J'ai beaucoup de respect et d'estime pour M. Champagne. On sait qu'il a de belles ambitions, et pas juste pour le pays, mais un peu pour lui aussi. C'est très bien. En politique, si on n'a pas d'ambition, on n'est peut-être pas à bonne place.
Donc, je suis sûr et certain que M. Champagne a des choses à dire et qu'il a des éclaircissements à donner aux gens de Laval. Il a lui-même reconnu publiquement à la Chambre des communes, quand je l'ai questionné il y a trois semaines, qu'il avait eu des échanges avec le maire de Laval. On ne demandera pas une transcription de la conversation, mais je suis sûr qu'il y a des choses intéressantes qui méritent d'être connues. De plus, on a ici ce privilège parlementaire d'être protégé quand on parle en comité. Cependant, ce privilège vient avec des responsabilités. La responsabilité première d'un ministre, c'est de répondre de ce qui se passe dans la gestion des fonds publics, d'autant plus que cela a une conséquence directe pour une municipalité, et d'autant plus qu'on parle de millions de dollars dans cette situation. Donc, de ce côté de la Chambre, nous n'allons pas soutenir l'amendement tel que présenté par le groupe ministériel.
[Traduction]
Y a‑t‑il d'autres commentaires?
Il semble que non.
Madame la greffière, pourriez-vous procéder au vote, s'il vous plaît?
C'est quatre voix pour et quatre voix contre. Je vais voter contre.
(L'amendement est rejeté par 5 voix contre 4. [Voir le Procès-verbal])
Le président: Madame Tesser Derksen, vous avez de nouveau la parole pour votre prochain amendement à la motion.
:
Merci beaucoup, monsieur le président.
Nous rejetons cet amendement pour les raisons que j'ai expliquées il y a quelques minutes à peine, à la suite de la question de M. Lemire. Comme vous le savez, nous travaillons en équipe et il faut être sûr et certain que tout le monde partage le même point de vue. C'est une façon que nous avons de travailler et j'espère que nous l'aurons toujours.
Alors, nous sommes en désaccord avec cette position, parce que les deux entités qui sont ciblées actuellement sont l'ARC, soit l'Agence du revenu du Canada, et la Ville de Laval. En effet, l'ARC a demandé à la Ville de Laval de payer près d'un million de dollars. Ces deux entités, que l'on veut inviter pour qu'elles puissent s'expliquer, sont les deux entités responsables.
Donc, nous voulons demander à l'ARC d'envoyer des représentants pour nous expliquer les détails techniques, et nous voulons inviter le à comparaître pour qu'il vienne s'expliquer parce que, dans notre système parlementaire, les ministres sont responsables de certains actes, particulièrement un acte comme celui‑là.
De plus, gardons à l'esprit que les victimes, dans tout ça, sont les citoyens de Laval, qui se sont fait voler pendant des années et des années. On a trouvé un dénouement sur le plan juridique, parce que les coupables ont été condamnés et qu'une somme a été saisie et rapatriée. Cependant, on demande maintenant aux citoyens de Laval de payer. Or on ne vole pas deux fois les gens de Laval.
Je suis un peu surpris de voir que les députés ministériels veulent mettre dans la boîte M. Vaillancourt. Dans le cas présent, ça touche directement l'Agence, qui a donné l'ordre d'aller chercher de l'argent, et les victimes, c'est‑à-dire les citoyens de Laval.
Alors, nous voulons faire la lumière là‑dessus, et la lumière doit se faire avec le ministre responsable de l'Agence du revenu du Canada et avec la Ville de Laval, qui est la victime dans cette situation.
Merci, monsieur le président.
(L'amendement est adopté. [Voir le Procès-verbal])
Le président: Débattons maintenant de la motion modifiée.
Monsieur Deltell, je vous donne la parole pour commencer.
[Français]
Monsieur Deltell, nous avons apporté un tout petit amendement.
Nous avons simplement retiré le mot « libéral ».