:
Bonjour, tout le monde.
J'ouvre maintenant la séance.
Je vous souhaite la bienvenue à la 25e réunion du Comité permanent des comptes publics de la Chambre des communes.
[Traduction]
La réunion d'aujourd'hui se déroule selon un format hybride conformément au Règlement. Les députés sont tous ici présents, et aucun n'utilise l'application Zoom.
J'aimerais rappeler aux participants les points suivants.
Veuillez attendre que je vous nomme avant de prendre la parole. Tous les commentaires doivent être adressés à la présidence.
Mesdames et messieurs, s'il y a un débat ou une interaction en dehors des questions habituelles, veuillez lever la main si vous souhaitez prendre la parole, que ce soit dans la salle ou à distance sur Zoom. La greffière et moi-même gérerons de notre mieux l'ordre des interventions.
[Français]
Conformément à l'article 108(3)g) du Règlement et à la motion adoptée par le Comité le mardi 21 octobre 2025, le Comité reprend l'examen du rapport sur les centres de communication de l'Agence du revenu du Canada, tiré des rapports d'automne 2025 de la vérificatrice régionale du Canada.
[Traduction]
J'ai également une information d'ordre administratif, pour ceux qui ne le savent pas; la réunion de lundi a été soudainement annulée pour attribuer la salle en priorité au Comité des finances pour l'étude du projet de loi . Je voulais vous expliquer pourquoi cela s'est produit. Les témoins seront à nouveau convoqués plus tard dans le mois ou en avril. Bien sûr, le projet de loi C‑15 est la Loi d'exécution du budget, alors si vous avez des questions, le témoin d'aujourd'hui peut aider à y répondre.
À ce propos, je vais maintenant passer aux deux témoins.
Nous accueillons l'honorable François-Philippe Champagne, ministre des Finances et du Revenu national.
Merci d'être ici aujourd'hui, monsieur le ministre.
Nous accueillons Mme Melanie Serjak, sous-commissaire de la Direction générale de cotisation, de prestation et de service de l'Agence du revenu du Canada.
Vous connaissez bien le Comité. Merci d'accompagner le ministre. Nous allons voir s'il connaît bien son sujet. Si ce n'est pas le cas, vous êtes ici pour l'aider, j'en suis sûr.
Monsieur le ministre Champagne, vous avez cinq minutes pour présenter votre déclaration préliminaire, si vous le souhaitez. Vous avez la parole.
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Merci, monsieur le président.
C'est un privilège d'être devant vous aujourd'hui, chers collègues. C'est la première fois que je viens au Comité permanent des comptes publics.
Je veux remercier Mme Serjak de son travail exceptionnel, de même que l'ensemble des employés de l'Agence du revenu du Canada, qui sont là pour servir les Canadiens et les Canadiennes.
Monsieur le président et membres du Comité, je vous remercie de l'invitation.
Je suis heureux de comparaître devant vous aujourd'hui pour vous donner l'état de la situation à l'Agence du revenu du Canada.
Vous vous rappellerez que, le 2 septembre dernier, le secrétaire d'État et moi-même avons demandé à l'Agence du revenu du Canada de mettre en œuvre, sans délai, un plan d'amélioration des services en 100 jours. L'objectif était clair: restaurer la confiance du public, renforcer les services, améliorer l'accès et, surtout, réduire les délais qui pesaient sur les contribuables.
Comme nous l'avons indiqué lors de notre première proposition de comparaître devant le Comité pour discuter de ces questions, les Canadiens s'attendent à recevoir un service fiable et rapide de l'Agence du revenu du Canada, et ils le méritent. Malgré le dévouement des employés de l'Agence du revenu du Canada, il est devenu de plus en plus évident que l'Agence a actuellement du mal à respecter cette norme. C'est dans cet esprit que nous avons demandé des améliorations et que j'ai parlé à la présidente du conseil de direction de l'Agence pour prendre des mesures appropriées.
Bien que notre travail soit loin d'être terminé — parce que nous devons toujours nous présenter devant les Canadiens et les Canadiennes avec humilité —, je suis heureux quand même de pouvoir témoigner aujourd'hui et souligner que le plan de 100 jours, qui a été mené du 2 au 11 septembre 2025, a généré des résultats tangibles pour les gens qui interagissent avec l'Agence.
L'Agence du revenu du Canada s'est mobilisée en étant d'une rigueur exceptionnelle, et je veux la remercier de son professionnalisme. Je la remercie d'avoir fait preuve d'un sens remarquable de l'innovation et de la collaboration, ce qui a permis une rapidité d'exécution.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes.
Premièrement, en ce qui concerne la capacité d'intervention, l'Agence a doublé sa capacité à répondre aux appels en augmentant le nombre d'agents de première ligne, le faisant passer de 1 500 à 2 750.
Deuxièmement, en ce qui concerne l'accessibilité, l'ARC a dépassé son objectif en faisant passer le taux de réponse aux appelants uniques de 35 %, au début de juillet, à plus de 70 %, au début de septembre.
Troisièmement, au sujet du traitement des dossiers, l'Agence a accéléré le traitement des dossiers latents grâce à l'automatisation de ses processus opérationnels et au redéploiement stratégique de ses équipes. C'est plus de 115 000 demandes de redressement T1 supplémentaires qui ont été traitées par rapport à la même période l'an dernier.
Vous voyez donc des mesures très concrètes pour améliorer les services.
[Traduction]
L'un des volets les plus importants du plan de 100 jours est le déploiement accéléré des services numériques, car c'est de cette façon que nous pouvons améliorer et accélérer les services. Nous passons d'un modèle où la ligne téléphonique est le seul lien vital à un écosystème plus sécurisé et accessible en tout temps. Ces services offrent aux contribuables une gamme d'outils modernes, sécurisés et accessibles en libre-service et libèrent les lignes téléphoniques pour les cas complexes nécessitant l'expertise d'un représentant et nous nous inspirons des pratiques exemplaires d'autres organismes fiscaux partout dans le monde.
Nous recevons plus de 32 millions d'appels par année. Je m'arrête un instant pour ceux qui nous regardent chez eux et pour les membres du Comité. C'est pour cette raison que j'aborde toujours cette question avec humilité. Répondre à 32 millions d'appels par an est un défi de taille, car cela représente en moyenne 300 000 appels par jour durant la période des déclarations d'impôts. Je pense que nous devons tous remercier les personnes qui travaillent en première ligne, parce qu'elles font de leur mieux pour servir les Canadiens. Évidemment, il y a des problèmes relatifs au système, le code fiscal est assez complexe, nous avons hérité de certains systèmes, et nous nous efforçons de nous attaquer à tout cela pour fournir aux Canadiens les meilleurs outils possibles.
J'ai passé une demi-journée dans l'un des centres d'appels avec ces personnes, à écouter des appels à leurs côtés, et je peux vous dire qu'elles font de leur mieux. En tant que parlementaires, nous devrions être là pour les soutenir.
Le calcul est simple. Nous devons promouvoir le libre-service afin de libérer les lignes pour ceux qui ont vraiment besoin de l'expertise et de l'aide d'un représentant. Il est donc essentiel de savoir quand appeler et quand utiliser les outils en ligne afin d'améliorer l'expérience de chacun.
Parmi ces nouvelles options numériques, l'Agence offre maintenant aux Canadiens un système téléphonique repensé qui dirige automatiquement les appels vers les experts appropriés. Le Service de vérification de documents, que M. Stevenson connaît bien, je crois, accélère l'inscription aux comptes grâce à l'utilisation de l'IA — notamment la reconnaissance faciale — combinée à des mesures de sécurité robustes. Encore une fois, à ce chapitre, nous nous inspirons du secteur bancaire pour qui la sécurité est essentielle. Ces innovations devraient réduire considérablement les centaines de milliers d'appels annuels liés aux comptes verrouillés.
Pour renforcer davantage ces efforts, une nouvelle fonction de récupération des justificatifs d'identité en libre-service permet désormais aux utilisateurs ayant oublié leurs renseignements de connexion de retrouver l'accès à leur compte de manière autonome. De plus, on m'a dit que les Canadiens apprécient beaucoup notre système de rappel prioritaire. Au lieu de devoir passer du temps en ligne, ils reçoivent un appel de l'Agence. Cela s'est révélé être un véritable succès.
Entre septembre et décembre 2025, notre service d'appel prioritaire en ligne a aidé 79 766 Canadiens et a traité plus de 5 000 appels par semaine. Cela comprenait un projet pilote spécialisé que nous avons lancé concernant les demandes de renseignements relatives au crédit d'impôt pour personnes handicapées, avec lequel nous avons réussi à traiter environ 4 000 demandes, afin de garantir que les contribuables soient contactés dans un délai de deux jours ouvrables.
La manière dont l'Agence a relevé les défis du plan de 100 jours met en lumière une réalité essentielle: la main-d'œuvre doit être appuyée par la technologie. C'est ce que nous devons faire, et c'est pourquoi nous nous efforçons de fournir aux employés davantage d'outils dans leur boîte à outils pour servir les Canadiens.
Soyons clairs: l'Agence est une administration fiscale et de prestations de calibre mondial. Elle demeure résolue à fournir aux Canadiens les prestations qu'ils méritent et à veiller à ce que les services fiscaux soient solides, modernes et manifestement adaptés aux besoins évolutifs de la population canadienne.
[Français]
Les améliorations évoquées aujourd'hui ne représentent qu'une partie des mesures mises en place par l'Agence dans le cadre du plan de 100 jours. Depuis, de nombreuses autres initiatives ont été déployées, notamment pour nous préparer à la période annuelle de production des déclarations de revenus.
Je vous remercie de m'avoir invité. Ça me fera plaisir de répondre aux questions de mes collègues.
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Bonjour, chers collègues. Bienvenue à ce comité.
Monsieur le ministre, soyez le bienvenu.
Madame Serjak, je vous remercie beaucoup de votre travail pour les Canadiens à l'Agence du revenu du Canada. Nous aurons l'occasion d'aller au fond des choses aujourd'hui.
Monsieur le ministre, vous avez parlé des 100 jours. Pour ma part, je vais vous parler des 10 ans. Vous êtes député depuis 10 ans et, essentiellement, vous avez été ministre pendant quasiment 95 % de ce temps. Pendant 10 ans, le service aux contribuables a diminué radicalement. Quand les gens font une erreur, ils paient. Quand les gens sont en retard, ils paient. Cependant, pendant 10 ans, votre gouvernement a laissé la situation à l'Agence du revenu du Canada se détériorer de façon épouvantable. Quel en a été le résultat? L'Agence répondait à 18 % des appels téléphoniques selon les normes et, pire encore, 83 % des informations qui étaient données n'étaient pas bonnes.
Monsieur le ministre, j'ai consulté des gens dans ma circonscription. Des centaines de citoyens m'ont écrit pour me dire précisément qu'ils voulaient des délais raisonnables, des réponses claires et un accompagnement humain, parce qu'ils n'avaient pas eu ça pendant 10 ans.
Comment se fait-il que ça vous ait pris 10 ans pour agir, en présentant votre plan de 100 jours, alors que, pendant 10 ans, vous avez laissé la situation se détériorer?
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Merci beaucoup, monsieur le président, et merci, monsieur le ministre, de comparaître aujourd'hui. Je vous en remercie.
J'aimerais simplement apporter quelques précisions aux commentaires de mon distingué collègue. Mon époux a dirigé une petite entreprise pendant environ 20 ans, et je suis aussi entrepreneure. Bien que personne ne nie que l'ARC pouvait s'améliorer, j'ai eu de très bonnes expériences avec les gens qui y travaillent. Même quand les agents ne pouvaient pas nous donner des réponses immédiates, ils étaient toujours polis, respectueux et travaillaient dur. Je sentais qu'ils étaient fiers de leur poste et du travail qu'ils accomplissaient pour les Canadiens. C'était généralement le cas. J'ai toujours senti que j'étais respectée, même si parfois les informations que je recevais n'étaient pas aussi complètes ou précises qu'elles auraient pu l'être.
Je tiens simplement à le dire à toutes les personnes qui nous regardent et qui ont travaillé ou travaillent pour l'ARC. Nous apprécions vraiment le travail que vous faites.
Monsieur le ministre, quand le , était ici en décembre, il nous a parlé du plan de 100 jours, lequel était alors déjà bien amorcé. Je suppose que vous avez eu le temps d'examiner les résultats, et vous nous avez présenté quelques points. J'aimerais savoir ce qui, d'après votre expérience ou d'après les données, vous semble avoir le plus d'impact. Quelle est la transformation la plus marquante qui a découlé du plan de 100 jours?
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Je veux vous remercier de ce que vous avez dit.
J'aurais dû dire dès le départ que je tiens à remercier tous les fonctionnaires qui travaillent à l'Agence, en particulier ceux à Shawinigan, comme vous pouviez vous y attendre. Je suis de tout cœur avec eux. Je tiens à les remercier. Je connais bon nombre d'entre eux, et comme vous l'avez dit, ce sont de bonnes personnes. Ils s'efforcent de faire de leur mieux dans un système désuet.
Pour revenir à ce que M. Deltell demandait, si je devais me concentrer sur un point, je dirais que c'est l'utilisation de la technologie, car il s'agit d'améliorer les services. J'ai passé une demi-journée aux côtés d'un agent. Évidemment, je ne pouvais pas répondre moi-même aux appels, mais je pouvais écouter. Quand je me suis rendu compte qu'il fallait parfois une demi-heure pour identifier une personne, j'ai commencé à comprendre pourquoi nous avons autant de retard. C'est en raison d'une partie de la technologie. J'en ai été témoin. J'étais à côté d'eux. Quand on appelle une banque, il y a d'autres moyens pour vous identifier de sorte que, quand vous parlez à un représentant, il peut gérer les situations complexes.
Je vais vous donner un exemple. L'Agence a reçu 300 000 appels de personnes qui avaient perdu leur mot de passe. Leur compte était verrouillé. Pensez‑y… 300 000 personnes. Nous avons des professionnels dévoués au service des Canadiens. Vous et moi serions d'accord pour dire — et je pense que les membres du Comité aussi, puisque je les vois acquiescer et sourire — qu'il y a une meilleure façon de faire. Quand on perd son mot de passe pour accéder à son compte bancaire, la plupart des gens se rendent simplement en ligne, et la banque leur envoie par message texte un numéro ou leur envoie un nouveau mot de passe par courriel, et ils ont de nouveau accès à leur compte. Cela permettrait aux professionnels de se consacrer à mieux servir les Canadiens.
Ce que j'ai vu, c'était une technologie qui accélérait les choses. Comme vous le savez, nous passons d'un contrat de service avec IBM, qui est l'ancien système, à un service avec Bell Canada. Nous disposerons du meilleur centre d'appels de sa catégorie doté de fonctions fondées sur l'IA afin d'aider nos collaborateurs à donner le meilleur d'eux-mêmes.
Ce que j'ai vu, c'est que l'on peut demander à ces personnes de traiter les appels plus rapidement, mais cela dépend vraiment du système, de la complexité et de la nature de la question. C'est pourquoi j'ai dit que l'on doit aborder cela avec humilité. C'est pour cela que j'espère que les membres du Comité iront dans l'un de ces centres d'appels pour voir d'eux-mêmes.
On peut également reconnaître que l'Agence s'occupe d'un certain nombre d'avantages. Certains sont nouveaux, comme le crédit d'impôt pour personnes handicapées, par exemple. Il est normal que les gens aient des questions à ce sujet et sur un certain nombre de choses que nous avons faites pendant la pandémie.
Nous nous concentrons vraiment sur la façon dont nous pouvons répondre à davantage d'appels et proposer des options en libre-service. Si l'on consulte le site Web, on verra qu'il existe davantage de moyens pour les gens de gérer en ligne les situations qui les concernent. Nous examinons les causes profondes et la manière dont nous pouvons simplifier le processus.
Je dois dire que Mme Serjak a su trouver des moyens de simplifier le processus. Je dirais cela à M. Stevenson. Nous avons consulté un certain nombre de personnes et avons dit « Quelle est votre expérience? Comment pouvons-nous travailler avec des comptables professionnels agréés et des cabinets comptables au Canada? Quels sont les points sensibles? Que peut‑on faire? » Je dirais que c'est un genre de modernisation.
Nous avons investi dans l'Agence, et je suis très conscient, comme M. Deltell le disait, que certaines personnes qui lui écrivent m'arrêteraient dans la rue pour m'en parler. Je suis très conscient de leurs préoccupations.
Je peux vous dire que chaque fois que quelqu'un m'a arrêté, je me suis assuré d'appeler le commissaire. Son numéro est préenregistré. Chaque fois que quelqu'un m'arrête dans la rue pour me parler de quelque chose qui ne fonctionne pas à l'Agence, j'appelle le commissaire, parce que c'est bien qu'il le sache. Les gens ont tendance à me reconnaître, et ils le connaissent peut-être moins, mais croyez-moi: vous pouvez être sûr que chaque fois que quelqu'un… On peut voir Mme Serjak sourire, parce qu'ils reçoivent un certain nombre d'appels de ma part. Chaque fois que quelqu'un m'arrête pour me parler, je l'oriente vers l'Agence et je dis « Que peut‑on faire? Comment peut‑on régler la situation? »
Je dirais au Comité que bon nombre des causes profondes tiennent à la technologie. J'aimerais remercier toutes les personnes à l'Agence, parce qu'elles ont relevé le défi comme jamais auparavant, mais si on souhaite libérer des agents et réduire le délai de réponse aux appels, on doit confier à la technologie les types de services qui étaient auparavant fournis par un agent. Par exemple, il y a Mon dossier, où les gens peuvent gérer leurs paiements. Bon nombre de ces types de choses sont faites en ligne, et les chiffres parlent d'eux-mêmes.
Comme je l'ai dit, c'est un travail en cours. Je ne suis pas ici pour dire aux Canadiens que tout le travail a été fait, mais je peux vous dire que la personne qui était à côté de moi et les plus de 50 000 agents que compte notre Agence font vraiment de leur mieux pour servir les Canadiens.
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Certains disent que j'ai beaucoup d'énergie, d'autres que je suis impatient. J'aimerais que l'on puisse aller plus vite.
Évidemment, nous avons affaire à un certain niveau de complexité. Le sous-ministre adjoint pourrait vous dire qu'il y a des problèmes liés à la sécurité. Nous avons un ancien système, nous devons veiller à prévenir la fraude. Nous devons nous assurer que nous fournissons des services aux personnes qui, par exemple, pourraient ne pas avoir accès à la technologie parce qu'elles ne connaissent peut-être pas ces outils. Il y a de nombreuses choses.
Malgré mes tentatives pour pousser les gens à aller plus vite, l'adoption d'une technologie prend du temps, et il y a la formation. Par exemple, tout ce système d'intelligence artificielle va nous aider, et nous y arrivons peu à peu, mais si on me demande mon avis, je dirais que ma frustration venait probablement de la vitesse à laquelle nous pouvons faire cela.
Une des choses qui ont été très rapidement faites, c'est le déploiement d'agents pour réduire le temps d'attente. On a pu faire cela, et j'en suis reconnaissant, mais quand on parle de la mise en œuvre et de l'adoption de la technologie et de tous les systèmes de sécurité et de la cybersécurité nécessaires, il y a très peu d'outils prêts à l'emploi que l'on peut seulement brancher et dire: « Voilà. On a une solution miracle. » On doit tester les systèmes. Ils doivent être solides. Ils doivent être adaptés dans un monde où la cybersécurité est une priorité. Nous traitons des données personnelles, nous devons donc être les meilleurs de notre catégorie.
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Merci, monsieur Lemire. Ça me permet de dire quelque chose à ce sujet.
Vous savez, récemment, j'ai eu l'occasion de participer à l'ouverture officielle du centre fiscal de Shawinigan. C'est un des exemples où, quand on fait des investissements, on pérennise les emplois. Nous avions un des plus importants centres où l'Agence fait de la vérification, et le plus bilingue au Canada, je pense. Je me suis assuré que nous allions y faire des investissements. Vous avez raison sur ce point. Dans mon esprit, j'ai toujours essayé de privilégier les emplois en région, et je vais vous dire pourquoi: c'est parce que le taux de rétention est plus élevé. Nous nous en sommes rendu compte. Par exemple, pour le centre fiscal de Shawinigan, notre taux de rétention est aux alentours de 95 %. Dans des grands centres urbains, évidemment, il y a plus de mobilité de la main-d'œuvre. Former un agent de vérification chez nous, ça prend de 6 à 12 mois. Donc, vous voyez qu'il y a un intérêt de développement économique régional, mais il y a aussi un intérêt économique si nous gardons les gens chez nous. De plus, vous savez comme moi qu'en région, les gens en font une carrière. Les gens qui entrent à l'Agence à Shawinigan, dans ma région, y passent 20 ou 30 ans de leur vie.
Je suis tout à fait en accord avec vous: il faut des investissements et une priorisation, parce que ça a du sens.
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Vous pourrez répondre aux conservateurs quand ce sera leur tour de parole, monsieur le ministre.
Les centres d'appels de l'ARC sont gérés comme ceux d'une entreprise privée. Plus on répond vite aux appels et plus on prend d'appels, mieux c'est. Pourtant, le critère le plus important devrait être de fournir la bonne réponse aux contribuables. L'ARC, c'est un service public qui vise à répondre aux contribuables. Quand on accorde plus d'importance au temps moyen d'un appel plutôt qu'à la capacité de fournir la bonne réponse, ce qui est d'ailleurs un des critères de dotation, on ne juge pas la même chose.
Pourquoi le temps moyen des appels dans les centres d'appels du gouvernement est-il si important? Est-ce que vous ne pensez pas que, dans un centre d'appels, fournir la bonne réponse devrait être le premier critère?
Lors de leur passage le 4 décembre dernier, votre secrétaire d'État, , et le commissaire délégué, Jean‑François Fortin, ont tous deux admis que l'exactitude des réponses devait avoir un plus grand poids dans l'évaluation des employés.
Pouvez-vous nous dire, après votre plan de 100 jours, si c'est toujours un critère qui donne plus de points aux employés dans leur évaluation?
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Merci, monsieur le président.
Je serais moi aussi gênée si mon gouvernement dépensait autant d'argent, et je vous assure que c'est pertinent, parce que plus votre gouvernement dépense de l'argent, plus les contribuables devront payer.
Comme je disais, cela comprend 150 millions de dollars de nouveau financement d'exploitation pour CBC/Radio-Canada et 1 milliard de dollars pour Postes Canada. Il y a encore d'autres dépenses qui ne sont incluses dans aucun des deux budgets. Il y a 12 milliards de dollars destinés à votre allocation pour l'épicerie, qui ne réduit pas les coûts d'épicerie, ainsi que 6 milliards de dollars destinés aux incitatifs relatifs aux véhicules électriques.
Dans son analyse du budget, le directeur parlementaire du budget a constaté qu'il n'y avait que 7,5 % de chance que votre objectif de réduction du ratio du déficit au PIB soit réellement atteint, et cette analyse a été effectuée avant que votre gouvernement n'annonce des milliards de dollars de dépenses supplémentaires depuis le budget. Pouvez-vous maintenant être honnête avec les Canadiens et leur dire exactement quelle est la probabilité, en pourcentage, que votre objectif budgétaire soit atteint?
Ma question allait porter sur l'ARC, mais vu que la discussion a pris une autre tournure, je suis ravi de poser une question à ce propos. J'ai demandé au directeur parlementaire du budget, lorsqu'il a comparu devant le comité des opérations gouvernementales et des prévisions budgétaires, s'il avait tenu compte, dans son analogie, du fait que nous étions en train de conclure de nouveaux accords commerciaux, que nous éliminions les barrières au commerce interprovincial et que nous disposions du plan d'infrastructure et de défense nationale en plus de cela. J'ai demandé s'il avait tenu compte de tous ces éléments dans son évaluation de la croissance économique ainsi que dans certains des calculs qu'il avait effectués. Il a avoué que ce n'était pas le cas.
J'ai également interrogé l'ancien directeur parlementaire du budget, qui a commenté ce budget. Il a affirmé qu'il était d'accord avec la tournure des choses, et que ce n'était pas le moment de déposer un budget d'austérité.
Je vais me fonder sur mon expérience passée, où j'ai été responsable de trois budgets à Terre-Neuve, en tant que ministre des Finances. On m'a mis à la tête des Finances à une époque où nous ne pouvions pas emprunter. C'est grâce à certaines de nos dépenses que nous avons pu, par la suite, emprunter à nouveau.
J'ai une grande confiance dans le budget que vous présentez et dans les antécédents du . J'aimerais que vous parliez un peu de la façon dont vous voyez l'avenir, en ce qui concerne ces accords commerciaux, l'élimination de ces obstacles au commerce, les dépenses stratégiques — pour ce qui est de Maisons Canada, par exemple — et la manière dont ces éléments amélioreront l'économie et la vie des Canadiens.
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Madame Kusie. Je m'excuse.
Ce que j'essayais de dire, c'est que, d'un côté, nous avons un budget qui fournit une vision d'ici 2030, avec des investissements stratégiques pour faire croître l'économie, lesquels ont été applaudis par un ancien directeur parlementaire du budget, par les marchés — si vous regardez les marchés obligataires — et par les Canadiens. Selon les deux tiers des Canadiens, le plan… Ils en voient la raison. Nous reconstruisons des logements, et c'est une mesure d'abordabilité essentielle. Si vous pouvez avoir une maison que vous pouvez vous permettre d'acheter, vous n'aurez plus besoin de piocher dans votre revenu disponible.
L'investissement que nous réalisons dans l'infrastructure est absolument nécessaire. Je vais vous donner un ordre de grandeur, parce que je pense que c'est utile pour tout le monde.
Si vous regardez le plus grand plan d'infrastructure dans le G7, beaucoup de personnes faisaient référence au plan de relance allemand, qui était de 500 milliards d'euros sur 12 ans. Si vous convertissez ce chiffre en dollars canadiens, cela correspondrait à 800 milliards de dollars sur 12 ans pour l'Allemagne. Comparez ce plan à celui du Canada. En matière de finances, nous en sommes à 450 milliards de dollars sur cinq ans. Donc nous disposons de l'un des plus grands plans d'infrastructure du G7, et je ne rajusterai même pas ce chiffre en fonction de la taille de l'économie. L'économie allemande fait deux fois la taille de celle du Canada.
C'est la raison pour laquelle le G7 s'est rendu compte — et la raison pour laquelle les institutions internationales ont affirmé — que, si vous avez la capacité financière voulue et une cote de crédit AAA… Il y a deux pays qui peuvent se le permettre: l'Allemagne et le Canada. Ces deux pays ont décidé de faire des choses intelligentes au chapitre de l'infrastructure, du logement, de l'innovation, de la productivité et, dans notre cas, de la défense. Ce sont les éléments de base.
Pourquoi avons-nous créé l'allocation pour l'épicerie? Nous l'avons fait, car cela fait partie de nos valeurs canadiennes, d'une certaine façon. Nous savons que les familles souffrent et qu'il s'agit d'une période difficile, donc nous nous sommes penchés sur l'inflation excédentaire du prix des aliments depuis la pandémie de COVID, et nous avons constaté qu'elle était de 782 $. Nous nous sommes dit que nous allions leur donner un coup de pouce pendant un an, afin que les gens puissent remettre cette somme dans leurs poches. Nous allons bâtir un pont pour eux, leur fournir un financement provisoire, avant que les conséquences économiques de notre plan aient une incidence sur l'économie, car, de toute évidence, cela prend du temps.
Nous avons le Bureau des grands projets et la Loi sur l'unité de l'économie canadienne. Selon un rapport que vous avez vu récemment, si nous éliminions toutes les barrières entre les provinces, nous ajouterions 210 milliards de dollars à l'économie canadienne.
C'est un travail en cours. L'initiative Achetez canadien et la Stratégie industrielle de défense seront les leviers qui serviront à bâtir notre pays. Nous ne pouvons pas contrôler ce qui se passe au sud de la frontière ou à n'importe quel autre endroit, mais ce que nous pouvons faire pour nous-mêmes, c'est bâtir l'économie la plus résiliente et la plus forte du G7. Par ailleurs, nous arrivons au deuxième rang des économies à la croissance la plus rapide du G7.
Lorsque vous regardez ce résultat, je dirais que c'est une question de choix. Je respecte mes collègues qui posaient des questions, mais si vous avez la capacité financière d'aider les personnes dans une période difficile, je pense que vous devez le faire.
Je pense que l'abordabilité et les produits alimentaires sont la clé. Vous avez trois éléments. Vous avez le loyer, le coût du logement et l'épicerie. Ensuite, vous avez les autos et les prêts automobiles, et ensuite les prêts étudiants. Nous avons essayé d'utiliser tous ces leviers pour rendre le logement plus abordable et pour veiller à ce que nous puissions également aider sur le plan structurel.
Mes collègues vont se réjouir du fait que nous avons parlé aux fermiers. Ces derniers m'ont dit: « C'est une bonne chose que vous ayez aidé à financer les améliorations structurelles. » C'est pourquoi nous avons investi 500 millions de dollars pour construire plus d'abattoirs, plus de chambres frigorifiques et de meilleurs systèmes de transport. Ils voulaient que nous ayons une stratégie en matière de sécurité alimentaire nationale et que nous fassions pousser plus de produits agricoles. Le Canada importe environ 30 % de ses produits agricoles. En période hivernale, c'est 80 à 90 %. Les prix bondissent pour une raison. C'est parce que nous sommes confrontés à la fluctuation monétaire, au changement climatique et aux droits de douane, donc nous devons faire pousser plus de produits agricoles au Canada.
Non seulement nous avons fait quelque chose pour les familles, mais nous avons également fait quelque chose sur le plan structurel, ce qui renforcera notre sécurité alimentaire et notre résilience en tant que nation.
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Tout d'abord, je tiens à remercier le Comité et le président de leur travail. Je crois que c'est très important.
Ce que les Canadiens qui nous regardent ce soir doivent retenir, c'est que nous avons constaté que des mesures correctives étaient nécessaires. J'ai demandé, tout comme le , à l'Agence de présenter un plan d'action de 100 jours. L'Agence a pris cette demande très au sérieux. Elle m'a fait rapport, ainsi qu'au secrétaire, à plusieurs reprises.
Mes collègues doivent savoir qu'il s'agit d'un organisme doté d'un conseil d'administration et d'un président du conseil. L'Agence a examiné un certain nombre de mesures visant à améliorer les services, notamment en ce qui concerne le nombre d'appels auxquels on répond ou les délais d'attente, par exemple en offrant de nouvelles options de libre-service, en ajoutant des fonctionnalités et en examinant la manière de moderniser le système informatique qui soutient nos agents.
C'est ainsi qu'un gouvernement responsable agit. Lorsqu'on constate que des améliorations sont nécessaires, on demande aux experts de préparer un plan d'action. On assure le suivi du plan d'action. J'ai insisté pour que les résultats soient rendus publics et présentés de façon transparente, puisqu'il est primordial d'inspirer confiance aux contribuables et aux Canadiens. J'ai mentionné que nous allons publier régulièrement les résultats du travail réalisé par l'Agence.
Je dirais aux Canadiens qui nous regardent ce soir que le travail se poursuit. Je ne suis pas ici pour dire que tout a été réglé. Ce que je dis aux Canadiens, c'est que nous avons pris la situation très au sérieux et que tous les employés de l'Agence — ils sont 51 000 — sont déterminés à servir les Canadiens, surtout à l'approche de la période des impôts.
Grâce aux mesures que nous avons prises, à la technologie que nous avons mise en place et aux ressources que nous avons ajoutées, notre situation est aujourd'hui meilleure que ce qu'elle était au moment où la vérificatrice générale a présenté son rapport. Je veux que les Canadiens sachent que nous avons accompli le travail, que nous allons continuer à accomplir ce travail et que nous mettrons en œuvre des pratiques exemplaires afin que l'Agence soit la meilleure de sa catégorie, de sorte qu'ils puissent être assurés que, lorsqu'ils communiquent avec l'Agence, ils obtiennent des réponses exactes et un service professionnel, et que nous gérons bien les précieux impôts qu'ils envoient à l'Agence.
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J'ai quelques mots à dire à ce sujet, et je suis sûr que Mme Serjak pourra en dire plus.
Cela fait partie des fonctionnalités que nous ajoutons. Les nouveaux arrivants au Canada connaissent parfois moins bien certaines des prestations ou certaines de nos règles fiscales. Nous avons déployé des efforts particuliers pour les soutenir afin qu'ils puissent comprendre leurs obligations et les prestations auxquelles ils pourraient avoir droit. Cela comprend, par exemple, des fonctionnalités permettant de leur offrir un service dans différentes langues selon les régions du pays. Nous en sommes très conscients. Cela fait également partie de notre démarche qui vise à offrir les meilleurs services possibles à chaque Canadien qui communique avec l'Agence.
Je veux dire aux Canadiens qui nous regardent à la maison que nous répondons à 32 millions d'appels par année. Je reconnais que nous n'avons peut-être pas offert un service parfait à chaque appel, mais nous prenons véritablement des mesures pour que l'expérience des Canadiens avec l'Agence soit professionnelle et pour que les Canadiens aient l'impression que leur argent est utilisé à bon escient.
Étant donné que l'on répond à 32 millions d'appels par année, dont 300 000 par jour durant la période des impôts, on s'attend à recevoir un volume élevé d'appels. C'est pourquoi je suis si reconnaissant envers les hommes et les femmes, comme Mme Serjak, qui comparaissent devant le Comité pour répondre aux questions des députés. J'ai rencontré un certain nombre d'entre eux. Ils veulent tous soutenir les Canadiens du mieux qu'ils peuvent, et nous devrions, en tant que députés, nous assurer de les appuyer.
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C'est une très bonne question. M. Stevenson m'en a également parlé avant de comparaître devant le Comité.
Nous devons garder à l'esprit que certains Canadiens connaissent peut-être moins bien la technologie ou n'ont pas accès à Internet dans les régions éloignées ou rurales. La plupart des Canadiens y ont accès, mais il peut être encore difficile d'y avoir accès à certains endroits. Nous en sommes très conscients.
C'est pourquoi nous proposons toujours une solution de rechange. Parfois, nous parlons de « services numériques par défaut » car cela permet d'y accéder plus rapidement... C'est pourquoi je dis que les gens peuvent avoir accès aux services 24 heures sur 24, sept jours sur sept, à tout moment, car ils sont numériques. Mais il s'agit également d'offrir la possibilité de parler à une personne, pour les gens qui préfèrent procéder de la sorte.
Vous comprendrez que, lorsque les comptes de 300 000 personnes se retrouvent bloqués, nous voulons, en tant que bon gestionnaire et administrateur des fonds publics, encourager les gens à effectuer leurs démarches en ligne, comme ils le font avec d'autres appareils. Cela permet à nos agents d'avoir davantage le temps d'offrir du soutien aux personnes âgées et aux gens qui ont besoin le plus, étant donné qu'ils connaissent moins bien les prestations ou le régime fiscal.
Votre temps est écoulé, madame Yip.
Monsieur le ministre, je tiens à vous remercier, vous ainsi que votre collègue de l'ARC, d'être venus aujourd'hui. J'espère que, la prochaine fois que vous répondrez aux appels à l'ARC, vous nous le ferez savoir. Je pourrai m'en servir comme excuse si jamais ma déclaration de revenus a été mal faite après discussion avec vous.
Je tiens à remercier les témoins d'avoir participé à cette étude qui porte sur les centres d'appels de l'Agence du revenu du Canada.
Nous en sommes maintenant à la fin de notre première heure. Je vais suspendre la séance durant environ cinq minutes pour que nous puissions nous préparer. Je demanderais maintenant aux témoins de se retirer.
Encore une fois, merci beaucoup d'être venus.
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Merci beaucoup, monsieur le président. Je suis heureux d'avoir l'occasion d'être ici, ce soir, et d'avoir été invité.
Pour ceux qui nous regardent de chez eux, c'est une expérience étrange pour un député qui habituellement questionne les témoins d'occuper le siège d'un témoin, mais j'ai l'impression que les gens ne seront pas nombreux à regarder. Quoi qu'il en soit, voyons où cela va nous mener.
Je prends cette occasion très au sérieux. Quand un député a l'occasion de modifier des lois, c'est un système de loterie. J'ai été très chanceux à la loterie cette fois‑ci. J'ai aussi eu une chance au cours de la dernière législature — j'ai été assez chanceux —, mais je dirais que j'ai appris de cette expérience. Je croyais avoir un excellent projet de loi à l'époque, et je crois toujours qu'il l'était, mais je n'ai pas fait tout le travail que j'aurais dû faire en coulisse. J'ai beaucoup appris de cette expérience.
Je ne veux pas refaire les mêmes erreurs avec le projet de loi actuel. Je pense que j'ai présenté un projet de loi qui devrait, en principe, être bien accueilli et soutenu en général.
On semble de plus en plus souvent radier des dettes importantes que des personnes morales doivent au Trésor. Nous venons d'entendre le ministre des Finances parler de la santé des finances de la nation. La bonne nouvelle, c'est que je veux apporter mon aide. Je pense que, si nous avions une meilleure compréhension des dettes qui sont radiées par le gouvernement, nous ne serions peut-être pas aussi portés à radier des dettes et nous commencerions plutôt à les recouvrer. Pour les contribuables, cela se traduirait par des recettes fiscales et un revenu plus élevés, et l'argent dans les coffres servirait à soutenir les programmes sociaux, ou peut-être même à baisser les impôts de tout le monde.
Il est tout à fait injuste que l'organisme principal qui perçoit les impôts, l'Agence du revenu du Canada, l'ARC, pourchasse agressivement des citoyens et des entreprises ordinaires qui doivent de très petites sommes. Comme vous le savez, si vous payez vos impôts en retard et que vous devez ne serait‑ce que quelques centaines de dollars, on commence à vous charger des intérêts le jour où il est déterminé que vous devez cette somme d'argent. L'ARC ne vous lâchera pas tant que vous n'aurez pas payé, mais, en coulisse, il radie des dettes de centaines de millions de dollars que des personnes morales doivent au gouvernement. Quand une personne morale doit ce genre de somme au gouvernement et que sa dette est radiée, je pense que l'on ne devrait pas s'attendre à ce que cela soit confidentiel.
Dans les faits, ce sont des fonds publics qui ne sont pas recouvrés au nom des Canadiens. Ce sont des sommes qui ont été déterminées et que ces contribuables doivent, et pour une raison ou une autre, elles sont radiées. Le gouvernement avait l'habitude de divulguer la dette la plus importante qui avait été radiée: juste le montant, mais pas le nom du contribuable. Quelque chose a changé au cours des deux ou trois dernières années, et maintenant, le gouvernement ne répond même plus quand on lui demande à combien s'élevait la dette la plus importante ayant été radiée. On va dans la mauvaise direction.
Quand nous avons eu l'occasion de questionner un ancien ministre de l'ARC et des fonctionnaires, ils ne m'ont pas convaincu qu'ils prenaient la question très au sérieux. C'est pour cette raison que je présente ce projet de loi au Parlement aujourd'hui. Je crois que les contribuables ont droit à plus de transparence, et, dans les faits, je pense que ce projet de loi aidera toutes les personnes ici présentes à faire un meilleur travail. Nous pouvons demander des comptes aux gens qui prennent les décisions et nous pouvons aider à recouvrer l'argent qui est dû au gouvernement et bien sûr aux Canadiens.
Sur ce, il me fera plaisir de répondre aux questions de mes collègues.
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Je dois dire que je suis un peu impressionné de poser des questions à mon collègue M. Chambers, parce qu'il est mon prédécesseur en tant que porte-parole en matière de revenu. Je me sens donc un peu impressionné par le témoin qui est devant moi maintenant.
J'aimerais continuer la réflexion de M. Lemire concernant une transaction avec un garage fictif. Évidemment, on vise des personnes morales, mais prenons l'exemple où une famille aurait été propriétaire d'un garage et où survient le décès du fondateur. Disons que la succession, donc les héritiers, découvre qu'il y a une dette très lourde envers l'Agence du revenu du Canada, et que l'entreprise, donc la succession, s'entend avec l'Agence.
J'ai pris un cas vraiment extrême, mais, comme l'a si bien dit M. Lemire tantôt, 1 million de dollars, ce n'est plus aussi gros que ce l'était il y a une dizaine d'années. Est-ce qu'à ce moment-là, la famille, qui n'est pas en soi une entreprise, devrait être obligée de rendre public le fait que l'entreprise familiale avait une dette?
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Merci, monsieur le président.
Merci, monsieur Chambers.
En 2023, il y a eu un total de 5 milliards de dollars en radiations, dont 1 milliard de dollars étaient liés à cinq cas.
En 2024, un article du Globe and Mail a démontré que 11 entreprises étaient associées à 1,25 milliard de dollars en radiations ou renonciations de dettes accordées par l'ARC.
Dans les Comptes publics du Canada 2025, à la section 2 du volume III, on présente les différentes créances par loi. Au bout du compte, on arrive à un total de 7 milliards de dollars de dettes qui ont été radiées ou qui ont été visées par une renonciation, et ce, sans aucune autre information.
Votre projet de loi propose de dévoiler le nom de ces entreprises dans un registre, ce qui apparaît pertinent. Or, de quelle façon est-ce que le fait que les gens aient accès à cette information va aider le gouvernement ou les contribuables? Est-ce que, dans notre travail de parlementaire, ça nous aiderait aussi? De quelle façon est-ce que ça nous aiderait?
J'aurais même le goût de vous poser la question suivante: est-ce que le fait de savoir ça pourrait alimenter le cynisme ou jouer sur la confiance de la population envers le gouvernement? Ça pourrait créer un effet de cynisme. Est-ce que vous êtes conscient de ça?