:
J'ouvre maintenant la séance.
Bonjour, tout le monde. Bienvenue à la 11e réunion du Comité permanent des comptes publics de la Chambre des communes.
[Traduction]
La réunion d'aujourd'hui se déroule dans un format hybride, conformément au Règlement. Les députés participent en personne dans la salle, ou à distance en utilisant l'application Zoom.
Je rappelle aux participants les points suivants. Veuillez attendre que je vous nomme avant de prendre la parole. Tous les commentaires doivent s'adresser à la présidence. Cela ne s'applique évidemment pas pendant les périodes de questions où vous échangez avec les témoins. Je donne aux membres une grande marge de manœuvre pour échanger directement avec les témoins, par mon entremise, bien entendu.
Levez la main si vous voulez parler, que vous soyez présents dans la salle ou virtuellement.
[Français]
Conformément à l'article 108(3)g) du Règlement et à la motion adoptée par le Comité le mardi 21 octobre, le Comité entreprend l'examen du rapport sur les centres de communication de l'Agence du revenu du Canada, tiré des rapports de l'automne 2025 de la vérificatrice générale du Canada.
[Traduction]
Sans plus tarder, j'aimerais accueillir nos témoins.
Du Bureau du vérificateur général, nous accueillons Mme Karen Hogan, vérificatrice générale du Canada, que nous sommes heureux de revoir aujourd'hui, ainsi que Andrew Hayes, sous-vérificateur général, et Mathieu Lequain, directeur. Nous sommes ravis de vous revoir tous les trois.
Nous recevons M. Bob Hamilton, commissaire du revenu et premier dirigeant de l'Agence du revenu du Canada. Nous sommes heureux de vous revoir également. Nous accueillons aussi, par vidéoconférence, Maxime Guénette, sous-commissaire, Direction générale du service, de l'innovation et de l'intégration. Nous sommes heureux de vous voir. Nous recevons également Hugo Pagé, sous-commissaire et administrateur supérieur des affaires financières, Direction générale des finances et de l'administration, et Melanie Serjak, sous-commissaire de la Direction générale de cotisation, de prestation et de service.
Je crois comprendre que deux d'entre vous feront des déclarations préliminaires. Mme Hogan commencera et sera suivie de M. Hamilton.
Je vais maintenant céder la parole à Mme Hogan. Vous disposez de cinq minutes environ.
:
Bonjour, monsieur le président. Merci de me donner l'occasion de comparaître devant le Comité afin de discuter de notre rapport sur les centres de contact de l'Agence du revenu du Canada, ou l'ARC, qui a été déposé plus tôt cette semaine.
Je tiens d'abord à reconnaître que nous nous réunissons sur le territoire traditionnel non cédé de la nation algonquine anishinabe.
[Français]
Dans le cadre de notre audit, nous avons examiné si les centres de communication de l'Agence du revenu du Canada fournissaient aux Canadiennes et aux Canadiens des renseignements exacts et opportuns au sujet de leur impôt personnel, des prestations et de l'impôt des entreprises.
L'Agence du revenu du Canada a le devoir d'aider les particuliers et les entreprises à s'acquitter de leurs obligations fiscales et à se prévaloir de prestations. Je crains que, malgré un nouveau système de téléphonie et d'autres améliorations, les Canadiennes et les Canadiens attendent encore trop longtemps pour obtenir des réponses à leurs questions sur l'impôt.
La norme de service appliquée par l'Agence consistait à répondre à 65 % des appels en 15 minutes ou moins. En 2024‑2025, les appelants qui avaient choisi de parler à un agent avaient attendu environ 31 minutes en moyenne, et seulement 18 % d'entre eux avaient été en mesure de joindre un agent dans le délai prévu par la norme. De plus, les appelants ne recevaient pas de mises à jour en temps réel relativement à leur position dans la file d'attente, ce qui limitait leur capacité à évaluer correctement s'il était préférable d'attendre, d'avoir recours aux options en libre-service ou de mettre fin à l'appel.
[Traduction]
Des auditeurs de notre bureau ont appelé aux centres de contact et ont posé des questions générales sur l'impôt et les prestations. Nous avons constaté que les réponses fournies par les agents aux questions sur l'impôt des particuliers étaient exactes dans 17 % des cas, tandis que les réponses aux questions touchant l'impôt des sociétés ou les prestations étaient exactes dans à peine plus de la moitié des cas.
Afin de mettre à l'épreuve l'exactitude des réponses des agents aux questions sur un compte, nous avons examiné un échantillon de conversations enregistrées. Nous avons constaté que l'exactitude était beaucoup plus élevée lorsque les questions portaient sur des comptes précis.
L'audit a aussi conclu que dans l'évaluation du rendement des agents des centres de contact, l'ARC accordait plus d'importance à la mesure dans laquelle ils respectaient leur horaire de quarts et de pauses qu'à l'exactitude et à l'intégralité des renseignements qu'ils fournissent aux appelants. Cela ne favorise pas un engagement profond en faveur d'un service de qualité.
Monsieur le président, c'est ainsi que se termine ma déclaration préliminaire. Nous répondrons avec plaisir aux questions du Comité.
Merci.
Merci de me donner l'occasion de présenter les mesures prises par l'Agence du revenu du Canada à la suite de l'audit de ses centres de contact par le Bureau du vérificateur général.
Permettez-moi de dire d'entrée de jeu que l'Agence accepte les conclusions et les recommandations formulées dans l'audit et qu'elle reconnaît l'importance d'offrir un service rapide et de qualité à la population canadienne.
Avec près de 200 millions d'interactions de service par année, la prestation de services est au cœur du mandat de l'Agence. À cet égard, je tiens à dire à quel point nous sommes reconnaissants à tous nos employés, y compris les agents des centres de contact, des efforts qu'ils déploient, de leur détermination et de leur dévouement à l'égard du service qu'ils doivent fournir, dans certains cas, dans des situations très difficiles. Nous sommes déterminés à les soutenir et à leur fournir de meilleurs outils pour accomplir leur mission, à mesure que la technologie et d'autres processus évoluent.
[Français]
Pour donner suite aux recommandations de la vérificatrice générale, l'Agence du revenu du Canada s'appuie sur le Plan d'amélioration des services de 100 jours. Ce plan repose sur quatre piliers clés: accroître la capacité de répondre aux appels, élargir les options de libre-service numérique, s'attaquer aux causes profondes des problèmes de service, et accélérer la modernisation des services.
[Traduction]
Les piliers 1 et 2 visent des résultats à court terme, tandis que les piliers 3 et 4 ciblent des améliorations à plus long terme, parce que la vie suivra son cours en matière de prestation de services à l'ARC après le plan de 100 jours.
Nous sommes déterminés à obtenir des résultats à court terme. Permettez-moi d'en dire un peu plus à ce sujet. Le plan de 100 jours prévoit une augmentation du nombre de représentants dans les centres de contact afin de répondre aux appels. En conséquence, le pourcentage d'appels répondus a dépassé l'objectif de 70 %, ce qui est une bonne chose. L'Agence améliore également ses options de libre-service numérique, notamment en optimisant son site Web, en ajoutant des fonctionnalités à Mon dossier et en élargissant le soutien par clavardage basé sur l'intelligence artificielle. Grâce à ces améliorations, nous faisons mieux que ce qui est indiqué dans le plan de 100 jours.
À ce jour, des améliorations ont été apportées. Le soutien par clavardage en direct dans Mon dossier est maintenant offert de 8 heures à 20 heures. Les utilisateurs dont le compte est verrouillé peuvent désormais le réactiver en se réinscrivant, sans avoir à appeler. Les contribuables ayant une dette de 1 000 $ ou plus peuvent maintenant établir une entente de paiement directement dans Mon dossier, sans parler à un agent de recouvrement. D'ici le début de novembre, le robot conversationnel d'intelligence artificielle sur le site Canada.ca pourra répondre à davantage de questions, passant de 6 000 pages Web actuelles de contenu de l'Agence à plus de 18 000 pages Web. Comme vous pouvez le constater, un certain nombre de facteurs contribuent à l'amélioration du rendement à court terme. Nous espérons faire fond sur ceux‑ci à long terme.
Je veux parler de l'exactitude. À court terme, des efforts sont également en cours pour améliorer la précision des réponses fournies par nos centres de contact. Bien que nous soyons en accord avec les conclusions de la vérificatrice générale, il est important de souligner certains facteurs reliés à la question de l'exactitude qui, nous l'espérons, rassureront les Canadiens.
En 2018, l'Agence a mis en place un nouveau système téléphonique avec enregistrement des appels, un programme d'assurance de la qualité, une formation ciblée et une surveillance technologique. Au cours du dernier exercice financier, l'Agence a évalué plus de 100 000 appels dans le cadre de ce programme d'assurance de la qualité. De ce nombre, 80 % étaient liés à des dossiers fiscaux précis de contribuables. La vérificatrice générale a parlé de ce groupe. Selon nos résultats, ces appels ont obtenu un taux de précision de 94 %, La vérificatrice générale a confirmé ce taux plus élevé de qualité et d'exactitude dans le rapport.
Cela dit, pour les 20 % d'appels restants, qui portent sur des demandes d'ordre général et qui ne sont pas propres à un compte, la vérificatrice générale a mené une enquête sur environ 167 questions. Les conclusions tirées ici — on parle de 17 % pour les particuliers — nous préoccupent tous. Loin de moi l'idée de réduire l'importance de ce fait, mais je veux mettre les choses en contexte. Dans la grande majorité de nos appels, qui portent sur un compte précis, nous avons de bons processus en place pour vérifier l'exactitude. La vérificatrice générale a relevé un problème lié aux comptes généraux et nous nous servons de l'étude qu'elle a faite afin de cerner des domaines d'améliorations à cet égard. Nous prenons le problème très au sérieux.
[Français]
Pour répondre aux constats de la vérificatrice générale, le programme d'assurance de la qualité de l'Agence du revenu du Canada recentre ses critères d'évaluation afin de mettre l'accent sur l'exactitude et l'exhaustivité de l'information transmise aux appelants. Ces évaluations permettront d'orienter plus efficacement les améliorations, notamment la mise à jour du matériel de formation, la révision des procédures et l'accompagnement professionnel individualisé.
[Traduction]
Dans le cadre du pilier 3, il était aussi essentiel pour l'Agence de cerner les causes profondes des problèmes liés au service et d'y remédier. À cet égard, nous recevons souvent des appels pour des raisons en amont. Il y a un problème dans le traitement, les gens cherchent à obtenir de l'information et ils appellent. Nous cherchons à éliminer ces problèmes en amont afin que les gens n'aient pas à appeler.
Parmi les causes, on note que le volume élevé d'appels est attribuable à la croissance démographique, à la complexité croissante du régime fiscal et au manque d'outils libre-service largement accessibles. De plus en plus de Canadiens recherchent un soutien personnalisé, notamment pour des sujets complexes, ce qui entraîne des appels plus longs et plus détaillés. Plusieurs situations nécessitent l'expertise d'un agent, ce qui souligne l'importance de canaux de service accessibles et réactifs.
[Français]
Pour relever ces défis, l'Agence du revenu du Canada réduit les arriérés de demandes de redressement fiscal en encourageant l'utilisation des outils numériques pour un traitement plus rapide. Elle réaffecte également des ressources vers les secteurs à forte demande, comme celui des demandes de prestations pour l'Allocation canadienne pour enfants et celui des demandes relatives au crédit d'impôt pour personnes handicapées. De plus, elle recourt à l'analyse et à la mobilisation de son expertise pour identifier comment la technologie et des processus simplifiés — comme les options en ligne et libre-service — peuvent résoudre les problèmes avant que les personnes ne ressentent le besoin d'appeler.
[Traduction]
Enfin, dans le cadre du pilier 4, et de sa stratégie de modernisation à long terme, l'Agence a appuyé Services partagés Canada dans l'attribution d'un nouveau contrat concurrentiel pour une plateforme de type « centre de contact en tant que service » — une technologie infonuagique de pointe, sécuritaire et fiable, utilisée par les grandes organisations à l'échelle mondiale. L'Agence appuiera également Services partagés Canada dans l'amélioration des processus et la clarification des rôles et responsabilités afin de renforcer la surveillance et la gestion des coûts liés aux contrats, avec une entente révisée qui sera finalisée en janvier. Cette nouvelle plateforme infonuagique offrira une base solide aux représentants des centres de contact, qui disposeront d'outils à la fine pointe pour remplir leur mandat. Elle permettra aux Canadiens de naviguer aisément entre les différents canaux de service, améliorant ainsi leur expérience.
Le Plan d'amélioration des services de 100 jours a déjà donné des résultats concrets à court terme, comme je l'ai mentionné. Pour obtenir ces résultats, nous avons embauché des employés supplémentaires, exploité à fond la technologie et investi dans des processus numériques pour prévenir les appels ou accélérer leur résolution. Beaucoup de progrès sont réalisés, mais nous regardons au‑delà de la marque de 100 jours pour prendre des mesures qui nous aideront à long terme, à l'approche d'une nouvelle période de production des déclarations, à nous préparer. Certaines de ces mesures peuvent nous aider à cet égard.
Je m'arrête ici. Nous sommes prêts à répondre à vos questions.
:
Merci beaucoup, monsieur le président.
Je présente mes salutations à mes collègues et aux témoins.
Je tiens d'abord à remercier et à saluer les honnêtes Canadiens qui paient leurs taxes et impôts dans les délais prescrits. Je tiens aussi à saluer sincèrement tous les travailleurs de l'Agence du revenu du Canada qui se présentent tous les jours pour servir l'intérêt commun des Canadiens.
Cependant, j'en ai beaucoup à dire contre l'organisation de l'Agence du revenu du Canada. Je suis en politique depuis 17 ans et j'ai vu des dizaines de rapports de vérificateurs généraux, mais je n'avais encore jamais vu un rapport aussi dévastateur que celui-ci. Les problèmes qu'il met en évidence touchent directement les plus humbles d'entre nous. Ils touchent les citoyens qui n'ont pas accès aux services d'un comptable professionnel, parce qu'ils n'en ont pas les moyens. Ils touchent directement les aînés, qui sont toujours un peu craintifs quand vient le temps de remplir leur déclaration de revenus. Ils touchent directement les familles qui vivent d'une paie à l'autre et qui ont besoin de l'aide du gouvernement.
Dans ce rapport, on apprend qu'en juin dernier, 95 % des appels dirigés à l'Agence du revenu du Canada n'ont pas reçu de réponse dans un délai qui respectait la norme de service. Pire, quand les gens réussissaient à parler à quelqu'un, on leur donnait une information qui n'était pas la bonne quatre fois sur cinq. C'est terrible. On ne parle pas d'un hamburger qui manque de ketchup. On parle d'informations précises sur la déclaration de revenus des gens. Déjà, tout le monde est nerveux en appelant l'Agence du revenu du Canada, mais voilà qu'on ne leur donne pas la bonne réponse quatre fois sur cinq.
N'avez-vous pas honte, monsieur Hamilton?
:
Nous sommes déçus de la performance de l'Agence au cours des derniers mois et durant la période qui a fait l'objet d'un examen par la vérificatrice générale. Nous avons fait beaucoup d'efforts pour améliorer la situation. Il est important que les personnes aient la possibilité de communiquer avec l'Agence.
Durant cette période, nous avons certainement cherché des façons de rendre notre système d'information plus efficace. Par exemple, avant qu'un appel soit fait à l'Agence, il serait possible d'obtenir des informations plus précises sur le Web ainsi qu'à partir des options libre-service du système de reconnaissance vocale. Au bout du compte, cependant, il est nécessaire d'avoir du personnel capable de répondre aux appels.
Je veux souligner le fait que dans plus de 80 % des appels portant sur le compte d'un contribuable, l'Agence a enregistré une bonne performance, ce qui n'est pas négligeable. Cela dit, il ne s'agit pas de minimiser l'étude menée par la vérificatrice générale. Nous avons testé un petit échantillonnage de 167 personnes et les résultats de 20 % de ces appels n'étaient pas très bons, comme vous l'avez mentionné. Toutefois, nous nous engageons à trouver la source de ces problèmes et à les corriger, parce que cet aspect est important.
Il est important que les Canadiens sachent que la plupart de nos agents des centres d'appels fournissent de bonnes réponses. Nous ne sommes pas parfaits. Le système est très complexe, et les circonstances et la situation des personnes sont complexes. Cependant, je considère que nous avons une bonne performance pour ce qui est de ces appels. Nous nous engageons à continuer d'améliorer la situation.
:
Je ne crois pas que nous avons été en mesure de mettre en lumière toutes les causes profondes auxquelles il faut s'attaquer pour améliorer le service. De toute évidence, le nombre d'agents disponibles pour répondre aux appels à une incidence sur la rapidité et la capacité, mais il y a aussi les outils que l'on fournit aux agents.
L'une de nos conclusions était liée au fait qu'une fois que l'on avait réussi à joindre un agent, l'appel durait environ 17 minutes. L'appelant passait toutefois 30 % de ce temps en attente pendant que l'agent cherchait des réponses. Selon moi, le service serait de meilleure qualité et plus rapide si les outils étaient améliorés. Plus l'on met fin rapidement à l'appel, plus on peut passer rapidement au prochain appelant.
Je crois que le processus d'authentification ralentissait parfois la capacité et augmentait probablement la frustration de certaines personnes. Si un agent est incapable d'authentifier l'appelant, il doit poser des questions générales, ce qui peut être encore plus frustrant lorsqu'une personne appelle à une fin très précise.
Enfin, même si des efforts considérables ont été déployés pour examiner la qualité des appels en analysant des appels enregistrés, nous avons conclu que ces rapports d'évaluation de la qualité offraient peu d'information exploitable ou d'encadrement. Par conséquent, le personnel n'était pas vraiment encadré ou formé.
Selon moi, les appelants auraient une meilleure expérience si l'on parvenait à améliorer tous ces éléments.
:
Le Plan de 100 jours couvre ces éléments. Comme je l'ai mentionné dans ma déclaration, nous nous intéressons aussi à ce qui se passera après 100 jours et nous tentons d'apporter des changements qui nous aideront au cours de cette période et par la suite.
Vous avez demandé quand il a été lancé. Il a été lancé le 2 septembre et il se termine le 11 décembre, je crois, ce qui signifie que nous sommes environ à mi‑chemin des 100 jours.
Je répéterai en grande partie les propos de la vérificatrice générale sur ce que nous devons faire pour corriger la situation. Elle a entre autres dit que le fait d'avoir plus d'agents est une bonne chose. On peut voir une corrélation entre le nombre de représentants téléphoniques que nous avons et le nombre d'appels auxquels on a répondu, et nous avons constaté que la prolongation de la période d'emploi de certains employés a eu des répercussions à court terme.
Il y a aussi d'autres volets à cela, comme la vérificatrice générale l'a mentionné. Il y a les outils que nous donnons aux gens. Il est vrai que la nouvelle plateforme des centres de contact sera plus sophistiquée. Elle permettra aux agents d'en faire plus et plus rapidement, ce qui est une bonne chose. Nous pouvons aussi fournir à nos agents des outils technologiques, comme le traitement robotisé et l'intelligence artificielle, pour les aider à mieux trouver l'information dont ils ont besoin pour répondre avec rapidité, efficacité et exactitude au contribuable.
C'est un ensemble de choses. On aurait tort à mon avis de croire que nous n'avons qu'à embaucher plus d'agents. Je crois que nous devons aussi examiner nos processus et technologies afin de garantir qu'ils sont les plus efficaces possibles. Cependant, les agents sont assurément au cœur de ces efforts et si nous en avons plus, nous pouvons répondre à un plus grand nombre d'appels.
En ce qui concerne la formation, nous prenons cette rétroaction au sérieux. Il y a des choses que nous pouvons faire pour nous améliorer, comme enregistrer les appels et mieux former nos employés. Nous croyons que nous faisons un très bon travail, mais nous pouvons toujours nous améliorer et nous profitons de cette occasion qu'offre le rapport de la vérificatrice générale pour nous pencher sur ce que nous faisons sur ce front et sur la façon dont nous pouvons aider davantage nos employés.
:
Merci, monsieur le président.
Je vous remercie, madame Hogan, ainsi que votre équipe.
Monsieur Hamilton, j'aimerais parler avec vous de l'exactitude des informations et des services.
Récapitulons pour les gens qui suivent nos travaux. Le rapport de la vérificatrice générale met en lumière un énorme problème systémique concernant, notamment, les évaluations de rendement d'une agente ou d'un agent qui répond à des appels.
Ainsi, un employé de l'Agence du revenu du Canada peut obtenir une note de passage sur son évaluation s'il travaille le nombre d'heures attendu, s'il prend sa pause au bon moment et s'il met fin à l'appel au bon moment, soit le plus vite possible. Lorsqu'il répond rapidement, il doit avoir un bon comportement mais, s'il ne réussit pas à fournir la bonne réponse, ce n'est pas grave, comme c'est le cas dans plus de 80 % des questions d'ordre général concernant l'impôt des particuliers. Si les clients sont insatisfaits de l'information obtenue, mais que l'employé communique bien et applique les procédures et les politiques, il obtient une note de plus de 60 %, ce qui est supérieur à la note de passage, et peut ainsi progresser dans sa carrière.
On ne valorise donc pas l'exactitude des données et le rendement. Y voyez-vous un problème?
:
Je veux parler des constats publiés dans le rapport de la vérificatrice générale sur l'évaluation du rendement.
Vous dites que la cote allouée pour la qualité du service fourni est de 45 %, mais qu'elle n'est que de 9 % pour l'exhaustivité ou l'exactitude de la réponse. Dans la qualité du service, vous incluez l'authentification. Vous accordez ainsi beaucoup plus de valeur à la capacité de bien identifier un client qu'à celle de lui fournir la bonne information. À mes yeux, la communication, le respect des politiques et de la procédure, tout comme l'authentification, sont davantage des compétences d'ordre général. Je pense que ces critères mériteraient une certaine évaluation.
On sent que la gestion se fait comme dans une entreprise privée, c'est-à-dire que, plus l'agent répond vite et qu'il prend une grande quantité d'appels, plus il obtient un bon rendement et peut progresser dans sa carrière au sein de l'Agence. Le critère le plus important n'est donc pas la fourniture de la bonne réponse au contribuable et, selon moi, tout ça est le signe d'un problème systémique.
Revoir votre grille d'évaluation de rendement fait-il partie du Plan d'amélioration des services de 100 jours? Dans l'affirmative, pourrez-vous la fournir au Comité dès qu'elle sera disponible?
:
Oui, absolument, cela fait partie de notre plan de 100 jours.
J'aimerais préciser que le projet bêta d'agent conversationnel alimenté par l'intelligence artificielle générative, qui est sur le site Web du gouvernement du Canada, n'était pas visé par l'étude de la vérificatrice générale du Canada parce que c'est un projet pilote.
Comme toute organisation responsable, nous ne voulions pas déployer à grande échelle un outil d'intelligence artificielle que nous étions en train de tester. Quand les Canadiens l'utilisent à l'heure actuelle, ils savent que c'est une version bêta, parce que c'est écrit. Cela fait environ sept mois que nous testons cet outil et que nous recevons des commentaires des Canadiens, qui nous disent s'il fonctionne bien ou non en cliquant sur une icône de pouce vers le haut ou vers le bas.
Durant l'étude de la vérificatrice générale, nous avons expliqué que le contenu reconnu par le moteur de recherche alimenté par l'intelligence artificielle était très limité. C'est pourquoi il n'a pas réussi à répondre de manière satisfaisante aux questions posées durant l'étude. Par contre, dès le mois prochain, nous allons élargir l'éventail de sujets sur lesquels il pourra fournir des réponses. Cela va inclure des sujets concernant les entreprises, par exemple.
:
Merci beaucoup, monsieur le président, et merci à tous.
Je vais déposer une motion. Je crois en avoir remis une copie à tout le monde et je suis désolée de ne pas vous avoir parlé à tous au préalable.
Puis‑je me lancer, monsieur le président? Merci.
À titre d'introduction rapide, je dépose cette motion dans un esprit de transparence et de reddition de comptes, et en vertu du rôle impartial que joue le Comité en tant que gardien des deniers publics. Je la dépose dans l'objectif sans fin d'améliorer le service aux Canadiens et pour garantir qu'ils en ont pour leur argent.
Je reconnais, monsieur Hamilton, que de grandes améliorations ont été apportées récemment, conformément au plan de 100 jours du gouvernement. C'est louable, certes, mais notre travail à ce comité est de faire une rétrospective et il nous incombe d'examiner de près les faux pas faits par le passé pour éviter de les refaire à l'avenir et d'améliorer sans cesse les services cruciaux sur lesquels les Canadiens comptent.
C'est dans cet esprit que je dépose la motion suivante, qui se lit ainsi:
Étant donné que le ministre des Finances et du Revenu national et le secrétaire d'État à l'Agence du revenu du Canada et aux Institutions financières ont écrit au Comité permanent des finances le 2 septembre pour proposer de se présenter devant le comité dès que possible afin de discuter du plan de 100 jours de l'ARC visant à remédier aux retards dans les services et aux difficultés d'accès;
Dans le cadre de son étude du rapport du vérificateur général sur les centres de contact de l'ARC, le comité invite le ministre des Finances et du Revenu national et le secrétaire d'État à l'Agence du revenu du Canada et aux Institutions financières à comparaître devant le comité afin de faire le point sur les progrès réalisés à ce jour dans le cadre du plan de 100 jours de l'ARC.
J'espère que mes collègues du Comité appuieront cette motion. Je répondrai à vos questions avec plaisir.
J'ai arrêté le chronomètre. Nous allons débattre de cette motion. J'espère que nous parviendrons rapidement à nous entendre.
J'aimerais préciser que le comité auquel Mme Tesser Derksen fait référence dans le premier paragraphe est celui des finances. Le comité auquel elle fait référence dans le deuxième paragraphe est, je suppose, le Comité des comptes publics, et je ne crois pas que nous devons proposer un amendement pour cela. Nous allons donc poursuivre.
Madame Tesser Derksen, ai‑je raison? Oui, j'ai raison.
Y a‑t‑il matière à débat à ce sujet?
Avant de nous lancer dans un grand débat, je tiens à dire que nous allons terminer les quatre tours. Si nous débattons rapidement de la motion, nous aurons terminé d'ici 13 heures. Si le débat s'étire, nous serons ici après 13 heures, et il y aura en plus la réunion à huis clos de 15 minutes par la suite. Veuillez donc agir en conséquence.
Monsieur Lemire, la parole est à vous.
Je tiens d'abord à dire que j'ai eu d'excellentes expériences avec l'ARC, sur le plan personnel et par l'intermédiaire de mon entreprise. Les agents ont toujours été très polis et il me semble qu'ils tentent réellement de faire de leur mieux quand j'appelle. Je me suis aussi trouvée dans des situations où, par exemple, deux appels différents sur la même question ont donné lieu à deux réponses différentes. Il y a de toute évidence des améliorations à apporter.
Je veux d'abord parler de l'ampleur des connaissances que les agents doivent posséder pour répondre efficacement aux appels qu'ils reçoivent. Je suppose que les appels ont de multiples niveaux de complexité, allant de questions très simples à des questions très complexes.
J'adresse cette question à Mme Hogan en premier.
Dans votre audit, avez-vous utilisé une grille critériée pour classer les appels selon leur complexité? Je sais que vous les avez classés selon qu'il s'agissait d'appels de nature générale et d'appels propres à un compte ou à un particulier, mais dans ces catégories, avez-vous utilisé une échelle de complexité quelconque pour classer les questions auxquelles les agents doivent répondre?
:
Il est possible que je demande à M. Lequain de m'aider à répondre, mais je ferai de mon mieux.
Nous avons classé les appels que nous avons faits, comme vous le dites, dans les trois catégories de l'impôt des particuliers, de l'impôt des sociétés et des prestations.
J'estime qu'il est important de dire à tous les parlementaires et à tous les Canadiens que même s'il a beaucoup été question de la taille de l'échantillon, ils peuvent nous croire quand nous disons que lorsque nous décidons d'un échantillon, nous le faisons avec une grande rigueur. Nous parlons à des spécialistes et à des experts en statistique, et nous veillons à ce que l'échantillon que nous examinons soit suffisant pour nous permettre de formuler une opinion avec confiance. Autrement, nous ne le présenterions pas dans notre rapport et nous n'en discuterions pas avec vous.
Les appels que nous avons faits couvraient toutes les heures d'ouverture. Nous avons appelé chaque jour de la semaine afin de pouvoir répartir les appels. Nous avons parlé à 158 agents différents. Nous avons fait 167 appels, mais nous avons posé plus de 1 000 questions à ces agents durant ces appels. C'est ainsi que nous avons établi notre stratégie. Les appels allaient de questions simples, comme une question facile sur une date d'échéance, à des questions plus complexes. Nous voulions couvrir toute la gamme de questions possibles qu'un agent pouvait se faire poser. C'est inquiétant parce qu'un taux d'exactitude de 17 % lorsqu'il est question de l'impôt sur le revenu des particuliers est loin d'un taux qui serait acceptable.
Dans les appels que nous avons échantillonnés, nous avons en fait examiné des appels enregistrés parce que nous voulions analyser des questions individuelles et uniques nécessitant que l'appelant s'identifie et qui étaient propres à sa situation. Nous avons choisi un échantillon représentatif, ce qui signifie que nous connaissions la population. Fait intéressant, cet échantillon a presque la même taille que le nombre d'appels que nous avons fait, ce qui soutient une fois de plus la rigueur derrière les 167 appels.
Pour ce qui est de ces appels, qui n'étaient pas triés en fonction de leur complexité, nous pouvions seulement écouter la conversation. Nous avons constaté qu'un agent pouvait répondre à cinq ou six questions pendant un appel, et que certaines réponses étaient exactes, d'autres non. C'est l'une des inquiétudes que nous avions au sujet des évaluations: on ne parlait pas de certaines des lacunes au moment de la rétroaction.
J'espère que cela répond à votre question sur la rigueur.
:
Merci, monsieur le président.
Monsieur Hamilton, je vous pose une question de Claude Flamand, le président de la section locale de l'Alliance de la fonction publique du Canada en Abitibi‑Témiscamingue. J'en profite pour saluer son engagement pour des services de qualité offerts aux citoyens.
Il mentionne que le nombre d'employés des centres d'appel à l'Agence du revenu du Canada a diminué de plus de 2 000 personnes. Ce faisant, la norme de service n'est plus respectée. Pourtant, en 2022‑2023, l'ARC comptait plus de 7 000 employés, et elle respectait cette norme de service.
Depuis, le Canada a connu un boom démographique, une augmentation majeure de sa population. Cela demande logiquement plus de services. Pourquoi réduit-on les effectifs alors qu'on a besoin de plus de services? Deux ans plus tard, on se retrouve dans une situation de crise.
:
Il est important de reconnaître les circonstances propres aux diverses périodes.
En 2019, avant la pandémie, un certain nombre d'agents devaient répondre à un certain nombre de demandes. Pendant la pandémie, il y a eu beaucoup plus d'activités et d'appels, et donc beaucoup plus de ressources à l'Agence, qui devait alors relever un très grand défi pour répondre aux appels et fournir des services aux Canadiens.
Après la pandémie, en période de restrictions fiscales, nous avons dû nous ajuster pour nous assurer d'avoir les personnes ou les technologies nécessaires pour répondre aux besoins. Cela n'a donc pas été une période stable et sans changements. Il est important de reconnaître que chaque année, chaque période représente un défi différent pour l'Agence.
Nous tentons maintenant d'ajuster nos efforts en fonction des particularités de telle ou telle période. Les technologies sont très performantes maintenant. Les résultats qu'elles produisent démontrent qu'il est très utile de s'en servir pour aider davantage les employés à servir les Canadiens.
Je crois que Mme Serjak allait y répondre au cours du tour précédent. Je la laisserai donc vous en dire plus à ce sujet. Je dirais seulement que, de façon générale, nous savons que nous devons veiller à faire une place suffisante à la qualité dans l'évaluation. Comme je l'ai mentionné, il doit s'agir d'une combinaison, et il en est de même pour n'importe quelle organisation. Il faut s'assurer que les gens travaillent lorsqu'ils sont censés le faire, mais aussi qu'ils donnent des renseignements exacts et fournissent un service de grande qualité. Nous sommes en train d'examiner ce processus, de l'évaluer, afin de voir si nous pouvons l'améliorer, mais nous devrons vérifier les deux aspects.
Cela touche à d'autres questions que l'on m'a posées. L'une des choses que nous avons constatées depuis le début de la pandémie, c'est que les temps de traitement des appels ont considérablement augmenté. Avant la pandémie, un appel durait en moyenne neuf minutes environ. Depuis la pandémie, la durée dépasse les 15 minutes. Elle a donc augmenté de 50 %. Nous devons porter attention à ce qui prend du temps dans ces appels. En toute honnêteté, nous avons entre autres constaté — en raison de l'augmentation des cas de fraude depuis la pandémie — qu'un agent doit déployer beaucoup d'efforts pour confirmer qu'il parle bien à la personne qui affirme être qui elle est, et ce processus d'identification peut prendre plus de temps.
Mme Serjak et son équipe travaillent justement à tenter de comprendre ces facteurs pour ensuite essayer d'adapter nos procédures. Je la laisserai toutefois vous parler brièvement de la formation.
:
Je vais commencer et Mme Serjak prendra la parole ensuite.
C'est ce que nous sommes en train d'analyser en ce moment. La vérificatrice générale a eu l'amabilité de nous transmettre les questions et les réponses. Nous pouvons les examiner afin de voir le genre d'erreurs qui ont été commises. C'est ce que nous allons faire pour comprendre ces erreurs.
Il pourrait s'agir d'un cas où la réponse n'était peut-être pas complète, alors il ne manque qu'un élément. C'est l'un des types de problèmes que nous devons régler. C'est peut-être aussi que l'agent ignorait tout simplement la réponse à la question pour une raison quelconque et qu'il a donné la mauvaise date ou les mauvais critères d'admissibilité.
Nous devons examiner ces cas, comme nous le faisons avec la grande majorité de nos appels, et nous demander comment faire en sorte que les agents aient les réponses ou, s'ils ne les ont pas, qu'ils puissent les trouver. Nos employés ont des niveaux de compétences variés. Nous avons des superviseurs qui peuvent les aider. Le processus doit fonctionner de manière à ce que la personne qui possède les connaissances sur le problème en question puisse répondre à l'appelant. C'est ce que nous faisons à l'heure actuelle. J'ai hâte d'analyser les résultats en profondeur justement pour comprendre la question que vous soulevez, à savoir l'origine de ce problème. On serait porté à croire que les réponses générales seraient habituellement plus simples que celles propres à une situation fiscale personnelle, mais ce n'est peut-être pas le cas.
L'autre aspect, c'est que les gens doivent comprendre que ce n'est pas un travail facile de tenter d'expliquer à une personne sa situation fiscale au téléphone. C'est une responsabilité, et nous nous en acquittons extrêmement bien. Cependant, on a toutefois affaire à une Loi de l'impôt sur le revenu qui devient toujours plus complexe. Chaque personne a une situation unique.
Ayant moi-même écouté bon nombre de ces appels au fil des ans, je lève mon chapeau à ces gens. Je sais qu'ils tentent de faire de leur mieux. Je crois toutefois que nous ne pouvons insister suffisamment sur le fait qu'il s'agit d'emplois difficiles, et, en toute honnêteté, c'est pourquoi les personnes qui ont une expérience dans les centres de contact de l'Agence sont habituellement très estimées au sein de l'organisation dans d'autres fonctions.
:
Madame Serjak, j'ai eu un échange avec Yves Dumulon, responsable des services aux citoyens, chez nous. Il est directement impacté par l'incapacité de joindre quelqu'un par téléphone à l'Agence du revenu du Canada.
Yves Dumulon a travaillé pendant une dizaine d'années à Service Canada. Son poste avait été supprimé par le gouvernement Harper, je le rappelle. À ce moment-là, je pense que vous avez perdu le Mario Lemieux des fonctionnaires, mais ça, c'est une évaluation personnelle. Cela étant dit, il me rappelait que Service Canada avait été créé pour être la porte d'entrée du gouvernement.
Or, encore aujourd'hui, il faut parler à telle personne pour la pension de la Sécurité de la vieillesse, telle autre personne pour le régime de soins dentaires, telle autre encore pour l'impôt, telle autre pour tel autre problème. Finalement, la question est la suivante: à quoi sert maintenant Service Canada? Pourquoi, quand on appelle ce ministère, n'y a-t-il personne pouvant accompagner les Canadiens au sujet des services dont ils ont besoin? À la base, c'était ça, la vision de Service Canada.
Pourquoi n'avez-vous pas une meilleure solution, ou des services partagés, au sein de l'Agence du revenu du Canada?
:
Je peux vous parler de trois choses que nous faisons pour servir les aînés. Je reviendrais à votre question d'une ligne dédiée pour les aînés à la fin.
Premièrement, j'ai déjà mentionné les 6 000 organisations partout au Canada avec lesquelles nous travaillons, en partenariat avec Emploi et Développement social Canada. Environ 1 000 de ces organisations ciblent les personnes âgées pour mieux les sensibiliser à la manière de communiquer avec l'Agence du revenu du Canada et de faire leur déclaration de revenus.
Deuxièmement, nous avons un programme très robuste qui s'appelle le Programme communautaire des bénévoles en matière d'impôt. Ce programme cible aussi les populations les plus vulnérables, notamment les personnes âgées, qui ont accès à ce service gratuit qui les aide à faire leur déclaration de revenus. L'année dernière, plus d'un million de déclarations de revenus ont été soumises par l'entremise de ce service.
Troisièmement, chaque année, nous invitons des gens plus vulnérables à faire leurs déclarations de revenus de façon plus automatisée, notamment en répondant à des questions par téléphone. Presque la moitié des invitations que nous avons envoyées aux Canadiens ciblaient des personnes âgées. Si leur situation financière respectait certains paramètres, elles avaient l'occasion de faire leur déclaration de manière très simple, par téléphone, en à peu près 10 minutes.
Je voulais juste insister là-dessus.
Pour ce qui est d'une ligne dédiée, en ce moment, tout est sur la table. Nous étudions les services que nous pouvons donner aux Canadiens tout en nous assurant d'un rendement de l'investissement et d'une amélioration de nos services.
Par contre, je tiens à préciser que la fraude est une grosse partie de notre écosystème. Une ligne dédiée qui cible une population vulnérable pourrait aussi créer des problèmes de fraude. C'est pour ça que nous disons que tout est sur la table, mais que nous avons besoin d'analyses plus approfondies.
:
C'est la base, c'est le minimum qu'on peut demander. Ces gens-là veulent travailler et servir les Canadiens, mais encore faut-il les informer correctement pour qu'ils puissent, à leur tour, donner de la bonne information.
Malgré tout le respect que j'ai pour vous, ce qui s'est passé au cours des dernières années n'a pas de bon sens. Pourquoi avez-vous laissé les choses traîner? Pourquoi avez-vous eu besoin que Mme Hogan dépose un rapport, ce qui a poussé le ministre à se réveiller, pour agir?
Pendant 10 ans, des ministres ont dormi au gaz, et c'est uniquement parce que Mme Hogan et nous, les députés, avons fait notre travail que vous avez décidé d'agir. Nous étions inondés d'appels, et je pèse mes mots. Peu importe notre parti ou notre région, nous recevions des dizaines d'appels par semaine de gens qui avaient des problèmes concernant l'Agence du revenu du Canada, alors que c'est votre travail.
Pourquoi avez-vous attendu que Mme Hogan dépose son rapport pour agir correctement?
:
Il y a deux problèmes ici. L'un est que la personne nous a appelés et n'a pas obtenu un bon service lors de l'appel, d'après ce que vous dites. Il y a cependant un autre problème qui est assez important, et c'est l'arriéré dans les dossiers de la SV, je crois. Peu importe la prestation ou la mesure fiscale, il y a un arriéré dans ce programme parce que nous ne traitons pas les dossiers aussi vite que nous le pourrions.
Comme je l'ai mentionné, l'un de nos objectifs pendant les 100 jours et sans aucun doute par la suite, est de nous attaquer aux causes profondes qui font que les gens doivent nous appeler. Dans ce cas, s'il n'y avait pas de problème en amont, par exemple, que les gens ignorent où se trouve leur demande ou leur formulaire fiscal, ils n'auraient pas à nous appeler. Ce sont des choses que nous tentons réellement de régler. On ne peut pas le faire du jour au lendemain parce que nous recevons beaucoup plus de demandes à ce sujet, compte tenu de la croissance démographique et de la complexité fiscale.
Prenons l'exemple du crédit d'impôt pour personnes handicapées, qui est devenu l'outil qui permet d'accéder à la Prestation canadienne pour les personnes handicapées, et qui a donné lieu à une augmentation de nos activités dans ce domaine. De plus en plus de gens produisent leur déclaration de revenus et ils peuvent en fait revenir 10 ans en arrière pour produire de nouveau leurs déclarations si leur demande est acceptée.
Tous ces facteurs contribuent au ralentissement des délais de traitement et nous voulons réellement nous attaquer à ce problème avant le début de la prochaine période de production des déclarations de revenus, car cela offrira un avantage double. Les gens seront plus heureux parce que les choses progresseront plus vite et ils n'auront pas à nous appeler. Cela nous aidera avec le rendement de nos centres d'appels.
Ces causes profondes sont très importantes pour nous, mais elles sont difficiles à régler. Nous avons de très bons systèmes numériques à l'Agence et 95 % des gens produisent leur déclaration de revenus par voie électronique. Nous sommes une organisation très axée sur le numérique, mais, dans certains cas — et les rajustements d'impôt sur le revenu peuvent en être un —, les gens produisent leurs déclarations par voie électronique, mais leurs rajustements sur papier. Et lorsqu'on entre dans un processus manuel, tout devient plus long. Si nous travaillons de façon numérique, les choses peuvent progresser rapidement, mais si un processus manuel est utilisé, il nous faut plus de temps, ce qui peut créer des arriérés.
Ce n'est pas facile à régler, mais ce sont certaines des choses sur lesquelles nous travaillons, ce qui nous aidera en fin de compte dans les centres de contact.
:
Merci, monsieur le président.
Je veux revenir aux premières questions que j'ai posées, qui portaient sur la formation.
Il est assez évident que la législation fiscale est devenue plus imposante et plus complexe au fil des ans. J'ai étudié cette législation pendant un an. C'est très complexe. Je songe aux semaines de formation que vos agents peuvent avoir. La Loi de l'impôt sur le revenu compte plus de 3 000 pages et elle est imprimée sur du papier qui ressemble à du papier mouchoir. Elle est complexe et le devient encore plus.
Cela étant dit, quel plan avez-vous pour assurer la réussite de ces agents?
À l'heure actuelle, ils ne satisfont pas à la norme. Il est possible d'apporter beaucoup d'améliorations et il y a un fort potentiel de succès, mais ces agents se tourneront vers leurs superviseurs, leurs formateurs et vous, en fin de compte, pour leur donner les moyens de réussir à l'avenir, à mesure que les lois et règlements fiscaux deviennent encore plus complexes.
:
Le Comité l'ignore peut-être, mais je travaille à l'Agence depuis neuf ans. Avant cela, j'ai passé une grande partie de ma carrière au ministère des Finances dans le secteur des politiques, où l'on rédige des lois. J'ai sans aucun doute plaidé en faveur de la simplification du régime fiscal afin de nous faciliter la vie à tous.
Cela étant dit, la situation a évolué dans la direction inverse, et le problème que vous soulevez est très réel. Nos employés ne traitent pas uniquement de l'impôt sur le revenu. Il y a aussi d'autres taxes, comme les taxes d'accise, entre autres, et ce sont des situations complexes.
Que faisons-nous à ce sujet? Voici un domaine où la technologie peut nous aider. Il faudra toujours avoir un humain dans l'équation, mais est‑ce qu'un outil comme l'intelligence artificielle pourrait passer toute cette information au crible et transmettre l'essence à l'agent pour qu'il puisse le vérifier? Ce genre d'outil peut passer le Web complexe au crible et aider l'agent. L'intelligence artificielle peut-elle nous aider à trouver des façons de traiter directement avec le contribuable et de lui dire « Je sais que vous ne comprendrez peut-être pas ces 10 pages d'alinéas et de sous-alinéas, mais permettez-moi de vous expliquer ce qui se passe réellement », et de demander ensuite à la technologie de faire cette simplification pour nous? En fin de compte, la plupart des contribuables n'ont pas besoin de connaître de la loi de fond en comble. Ils ont seulement besoin de comprendre la base parce que leur situation est peut-être simple. Il y a un domaine où la technologie peut nous aider.
Ce que nous faisons également, c'est adapter notre programme de formation afin de garantir que nos agents sont formés au maximum en ce qui concerne les questions fiscales complexes qui peuvent leur être posées. Dans un certain sens, elles deviennent de plus en plus complexes.
En ce qui concerne la durée des appels, j'ajouterais que nous avons connu une période d'immigration rapide. Des gens arrivent de l'étranger et ne connaissent parfois pas le régime fiscal canadien aussi bien que d'autres. Il s'agit d'individus qui exigent davantage d'interactions avec nous. Ils ont besoin que nous les aidions un peu plus, et nous avons la responsabilité de leur fournir cette aide.
Nous formons nos agents pour faire tout cela, et c'est une quête sans fin. Il faudra seulement que nous continuions de nous améliorer et de trouver des outils qui nous aideront à donner à nos agents une chance de mieux faire et d'expliquer un peu plus simplement ce qui se passe aux contribuables.
:
Merci, monsieur le président.
Monsieur Hamilton, en vous remerciant d'avance, pouvez-vous fournir au Comité les dépenses réelles engagées, ventilées par types de coûts, notamment le coût des salaires des services professionnels, les frais de services professionnels et de déplacement, le coût des logiciels et des infrastructures informatiques, le coût des services internes, les coûts additionnels de Services partagés Canada et le coût de la taxe sur les produits et services pour les solutions de centre de contact hébergé pour chaque année depuis 2020? Vous avez renouvelé ce contrat en 2025. Pouvez-vous fournir au Comité une estimation des coûts totaux et des dépenses réelles engagées par types de coûts, comprenant les mêmes informations que ma demande précédente?
J'ai maintenant une question rapide. Vous évaluez vos agents selon certains critères. À quel point votre équipe de sous-commissaires et vous-même êtes évalués selon les mêmes critères? Est-ce que votre rémunération ou votre prime sont liées à votre ponctualité ou à votre capacité à répondre rapidement à nos questions? Je sais que c'est votre travail et que vous en êtes responsable. Toutefois, si un employé prend trop de temps pour répondre, il va avoir une formation, ou peut-être que son poste va être en danger. Pourquoi ne sent-on pas la même obligation de reddition de compte vis-à-vis de la qualité des services? La vérificatrice générale l'a souligné dans son rapport très percutant qui a été publié mardi, mais ce fiasco est en cours depuis 2017.
Ce serait un euphémisme de vous dire que je ne suis pas heureux depuis que j'ai reçu ce rapport. L'une des principales raisons est que lorsque les Canadiens ne parviennent pas à s'y retrouver dans les méandres de l'ARC — ou, comme nous le savons maintenant, lorsqu'ils reçoivent beaucoup de mauvaises informations —, cela leur coûte très cher. Ils doivent embaucher un comptable pour les aider à s'y retrouver, ce qui représente une dépense très élevée. Nous traversons actuellement une crise du coût de la vie, et la plupart des Canadiens ne peuvent pas se le permettre.
Ce qui est formidable quand on est député, c'est que les gens peuvent venir nous voir. Nous pouvons les aider. Je sais que tous les députés présents dans cette salle, avec leur personnel, le font volontiers et avec plaisir, et c'est ce que nous avons fait jusqu'à présent.
Je vais vous donner un exemple de ce que les gens doivent subir. Dans ma circonscription, il y a une mère célibataire qui a un fils autiste non verbal. Elle a reçu une lettre terrifiante lui indiquant qu'elle devait 16 000 $. Elle ne savait pas à qui s'adresser. Elle n'avait pas les moyens de payer un comptable. Heureusement, elle s'est présentée à notre bureau. Après avoir soumis à nouveau tous ses documents et collaboré avec l'ARC, nous avons pu conclure qu'elle avait en fait reçu 2 400 $.
À mon avis, la mauvaise gestion s'équilibre par la reddition de comptes. Ma question est la suivante: l'ARC a‑t-elle publié une correction ou présenté des excuses aux contribuables touchés par la mésinformation, et les contribuables qui se sont fiés à de mauvais conseils devraient-ils recevoir un remboursement des intérêts et des pénalités causés par les erreurs de l'ARC?
:
Je préfère un monde où ce sont les autres qui m'évaluent, mais je dirais entre un B et un C, et je vais en donner la raison et les facteurs.
Quand j'ai l'occasion d'observer les défis que nous devons relever, à savoir fournir des services à 32 millions de Canadiens dans un environnement complexe où les attentes sont de plus en plus élevées, j'estime que les efforts, l'innovation et l'engagement sont bien présents, ce qui m'amène plutôt vers un B. En revanche, lorsque nous parlons des longs délais d'attente téléphonique et des inquiétudes quant à l'exactitude dans une partie du système, cela me porte peut-être davantage à attribuer un C. J'aspire à un A ou à un B, car nous avons commencé à nous concentrer en grande partie sur le service. Nous avions un dirigeant principal des services. Il s'agissait de Maxime Guénette, qui est ici aujourd'hui. Nous avons attaché de l'importance au service. Nous avons essayé de faire tout notre possible.
Nous vivons aujourd'hui dans un monde où nous ne disposons peut-être pas des ressources nécessaires pour atteindre cet objectif. Nous devons donc nous concentrer sur les innovations, les processus et la technologie. Je pense que nous y parviendrons. Il y a une chose que j'ai apprise au sujet de l'Agence depuis que j'y travaille: lorsque nous sommes confrontés à un défi, nous le relevons. Cela peut parfois nous prendre un peu de temps pour y parvenir, car c'est une grosse machine, mais nous sommes une agence hautement numérisée et très innovante.
Je pense que c'est peut-être un B ou un C avec une flèche pointant vers le haut. Nous connaissons de très bons progrès et nous allons surmonter ce problème. Je sais que l'Agence est très enthousiaste à cette idée. C'est ainsi que je m'évaluerais.
Monsieur Hamilton, c'est un problème sérieux. Tous nos bureaux ont été inondés d'appels à ce sujet. Nous vous exhortons donc de prendre cette question très au sérieux à l'avenir. Cela est pénible pour nos électeurs, qui, franchement, considèrent souvent le gouvernement comme une entité lointaine dotée d'immenses pouvoirs d'imposition de frais et de pénalités. La grande majorité de mes électeurs, si ce n'est la totalité, veulent simplement respecter les règles. Ils travaillent fort et veulent respecter les règles et payer leurs impôts. Cependant, lorsqu'ils ne peuvent pas le faire et qu'ils doivent en assumer les conséquences, cela leur pose problème, et nous en entendons parler. Voilà pourquoi cette question a tant suscité l'intérêt du Parlement.
Sur ce, je tiens à remercier tous les témoins d'être venus nous aider avec cette étude du rapport sur les centres de contact de l'Agence du revenu du Canada. Je sais que le travail va se poursuivre. Nous avons adopté une motion là‑dessus. Nous en avons adopté une autre aujourd'hui, alors vous risquez d'entendre encore parler de nous. Je sais que la vérificatrice et son équipe reviendront nous parler.
Sur ce, vous pouvez tous vous retirer. Je suspends la séance afin que nous puissions nous préparer pour notre discussion à huis clos.
Merci beaucoup. La séance est suspendue.
[Les délibérations se poursuivent à huis clos.]