Je vais maintenant présenter une motion. Tous les membres du comité l'ont reçue. Je vais la lire et vous l'expliquer.
Le Bloc québécois propose deux réunions, où nous inviterions des historiens et des spécialistes pour présenter les faits sur l'histoire, sur les mesures assimilationnistes, à partir de la bataille des plaines d'Abraham jusqu'à aujourd'hui, et sur l'évolution de l'assimilation des francophones.
Monsieur le président, laisser entendre que l'histoire du Canada est marquée par la collaboration et le partenariat avec les francophones plutôt que par la domination et les mesures assimilationnistes, c'est fausser l'histoire. À partir de la Proclamation royale de 1763, qui a fait de la Nouvelle‑France la Province of Quebec, en passant par l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, et durant une bonne partie du XXe siècle, les gouvernements britannique et canadien ont utilisé la répression militaire, l'immigration anglophone, l'interdiction des écoles françaises et une série de mesures pour assimiler et minoriser les francophones.
Le discours du revient à une tentative de faire oublier, d'une part, toutes les violences de la bataille des plaines d'Abraham, toutes les victimes dans la guerre de la Conquête, qui a tué quand même 10 % de la population de la Nouvelle‑France, ainsi que les villages, les fermes incendiées, la déportation des Acadiens, les garnisons militaires, les Métis francophones, la pendaison de Louis Riel, la répression sanglante des patriotes de 1837‑1838, le rapport Durham et l'Acte d'Union pour assimiler les francophones. On peut penser à l'Acte de l'Amérique du Nord britannique, toujours en vigueur, qui a été suivi par des lois qui interdisaient l'enseignement du français dans toutes les provinces aujourd'hui anglophones, sans que le gouvernement fédéral lève le petit doigt. Il y a le sous-financement de l'éducation en français qui se poursuit encore aujourd'hui, même au Québec. Le résultat, c'est que, hors Québec, selon les dernières évaluations de Statistique Canada, l'assimilation cumulative des citoyens d'origine française était à 70 %. Il reste 2,1 % des personnes, au Canada, hors Québec, qui utilisent principalement le français à la maison. Leur nombre atteignait 4,3 % en 1971, au début de l'application de la Loi sur les langues officielles. Au Québec, nous sommes rendus sous les 80 %, et les études prévisionnelles de Statistique Canada indiquent que nous allons tomber en bas de 74 % d'ici les 10 prochaines années, soit d'ici 2036.
Alors, l'impact du révisionnisme historique tel que l'a véhiculé le , c'est notamment ça qui permet à la majorité canadienne-anglaise de continuer à fermer les yeux, non seulement sur le droit de réparation qui n'est pas respecté, mais en laissant l'assimilation se poursuivre. Nous l'avons vu, ici, au Comité. Il y a eu une étude sur le continuum en éducation. Les associations scolaires hors Québec sont venues, une à une, nous dire qu'il n'y avait pas assez d'écoles. Les moyens de transport sont insuffisants. Elles obtiennent les écoles vétustes des anglophones. Les francophones sont encore traitées comme des citoyens de deuxième ordre. Au Québec, le fédéral continue de financer l'anglicisation, de surfinancer les établissements anglophones. C'est pour ça qu'il est important de connaître notre histoire et d'établir un portrait objectif de la situation. Pour savoir où aller, il faut savoir d'où nous venons.