:
Merci beaucoup, monsieur le président.
Je pense qu'après cette suspension, il est important de rappeler aux membres du Comité ce qui s'est passé jusqu'à présent. Si nous débattons de cette motion, c'est parce que le gouvernement libéral, dans sa volonté de faire adopter à toute vitesse un projet de loi qui, de son propre aveu, censurera ce que les Canadiens peuvent dire et publier sur Internet, a décidé de ne pas entendre les témoins qui souhaitaient vivement faire part de leurs réflexions à ce sujet, afin que nous parvenions à un bon projet de loi.
Je tiens simplement à souligner que nous avons proposé plusieurs témoins qui, même dans le cadre des cinq réunions initialement prévues pour notre étude du projet de loi , n'ont jamais reçu d'invitation. Je ne prête aucune mauvaise intention à quiconque à cet égard. Je comprends que l'on ne peut recevoir qu'un nombre limité de personnes à une réunion et, par conséquent, à cinq réunions. Il y avait des représentants de groupes de la société civile de divers horizons politiques et religieux. Ces personnes abordaient le projet de loi C‑9 de points de vue différents et certaines n'ont jamais reçu d'invitation.
Lisa Bildy, avocate très accomplie de London, en Ontario, fait partie de ces oubliés. Elle est directrice générale de la Free Speech Union. Si la Free Speech Union a décidé de présenter un mémoire et souhaitait comparaître comme témoin au sujet du projet de loi , c'est entre autres en raison des répercussions importantes de ce projet de loi sur la liberté d'expression. Comme elle le dit dans son mémoire, « le projet de loi C‑9 criminalisera des propos qui devraient bénéficier d'une protection constitutionnelle ».
Dans ce même mémoire, la Free Speech Union fait référence à plusieurs articles du projet de loi, dont certains portent sur la définition des symboles haineux. Un autre article redéfinit la notion de haine en abaissant le seuil — un seuil qui serait inscrit dans le Code criminel si le projet de loi était adopté — par rapport à celui que la Cour suprême a déjà établi. Le Comité a entendu des témoignages à ce sujet au cours des quelques réunions qu'il a consacrées au sujet. Le projet de loi C‑9 codifie la définition de la haine comme étant un « sentiment plus fort que le dédain ou l’aversion » — le mot « ou » est très important — « et comportant de la détestation ou du dénigrement ».
Quand la Cour suprême s'est prononcée sur cette question dans le passé, dans le cadre de deux affaires qui ont fait jurisprudence et qui ont consacré la liberté d'expression dans le droit canadien, elle a parlé d'« extrême » et de l'intensité de l'émotion qui déclenche la haine. Elle a également parlé de la nécessité de la détestation « et » de la calomnie, montrant ainsi qu'il ne s'agit pas simplement d'un menu sur lequel des régimes autoritaires peuvent choisir les propos qu'ils veulent censurer chez les Canadiens.
Je dis cela en étant très favorable aux arguments avancés par les membres de la communauté juive canadienne selon lesquels il existe un problème de haine important et que les Juifs sont injustement victimes d'antisémitisme, non seulement depuis le 7 octobre, mais depuis des décennies et des millénaires. Nous avons vu que la haine se manifeste de manière beaucoup plus virulente dans ce pays depuis le 7 octobre. Bon nombre des problèmes sont dus à l'incapacité des dirigeants politiques de combattre cette haine.
Lorsque l'on parle avec des personnes qui travaillent dans ce domaine, avec des membres des forces de l'ordre, elles disent qu'il y a un problème d'application de la loi. La question n'est pas de savoir s'il faut de nouveaux pouvoirs judiciaires. Il ne s'agit pas non plus d'abaisser le seuil de la haine. Il s'agit d'appliquer les lois existantes.
Le gouvernement libéral a proposé, par exemple dans le projet de loi , de supprimer le méfait comme infraction lorsqu'il s'agit de biens religieux. Pourquoi? Où est le leadership du Parti libéral quand plus d'une centaine d'églises ont été incendiées et vandalisées au cours des cinq dernières années? Nous avons dit, en ce qui concerne la haine envers les institutions religieuses, que les sanctions devraient être plus sévères — avec des peines minimales obligatoires, peut-être — en cas de vandalisme et d'incendie criminel de biens religieux, qu'il s'agisse d'églises, de synagogues ou de mosquées.
C'est ce qui aurait été proposé, si tous les groupes concernés avaient véritablement été consultés sur le projet de loi . Ils ne supprimeraient pas un article de la loi qui est considéré comme positif.
Voyons d'autres personnes parmi celles qui n'ont pas pu témoigner. Par exemple, nous avions inscrit sur notre liste la très honorable Beverley McLachlin, ancienne juge en chef de la Cour suprême du Canada. Elle a vivement défendu la liberté d'expression dans les arrêts rendus par la Cour suprême sur le sujet. Je ne sais pas si la juge en chef McLachlin a reçu son invitation et si elle l'a acceptée ou déclinée. Il est impossible de le savoir, car nous avons perdu deux séances complètes de témoignages à cause de la volonté des libéraux de condamner quelque chose d'aussi élémentaire qu'une peine minimale obligatoire pour ceux qui regardent et diffusent du matériel qualifié de pornographie juvénile dans la décision, c'est-à-dire du matériel obscène et tout à fait méprisable représentant des agressions et une exploitation sexuelles d'enfants.
Nous avons eu l'occasion d'entendre Christine Van Geyn, de la Canadian Constitution Foundation, et j'en suis très reconnaissant, car cette fondation est une organisation qui accomplit un travail remarquable dans la défense des libertés civiles de tous les Canadiens. Dans ses observations préliminaires, Mme Van Geyn a parlé de l'effet dissuasif que ces mesures auront. Non seulement le projet de loi visera plus de personnes que les lois actuelles en matière de poursuites judiciaires pour propos haineux en vertu de l'article 319, mais surtout, le fait que le gouvernement s'aventure sur ce terrain dissuadera des citoyens d'exprimer librement leurs opinions.
Ce débat est crucial. La liberté d'expression est un droit que l'on pourrait qualifier de plus important. Je dis cela parce que, si toutes les autres libertés, notamment fondamentales, étaient supprimées, à l'exception de celle‑ci, vous pourriez utiliser votre liberté d'expression pour défendre toutes les autres. Vous pouvez utiliser votre liberté d'expression pour défendre vos droits de propriété et votre droit de vote, et tout projet de loi qui touche à cela doit être considéré avec beaucoup de scepticisme.
Je ne partage pas la position du gouvernement libéral selon laquelle ce changement dans la définition de la haine est anodin, qu'il s'agit en réalité d'une simple question grammaticale et non d'une véritable modification de la définition. C'est ce qu'a dit le ministre de la Justice. Encore une fois, lorsque le ministre de la Justice, qui est censé être l'avocat du Canada, ne comprend pas l'importance des mots dans un projet de loi, cela en dit long sur les systèmes de logement et d'immigration, dont ce ministre était auparavant chargé. Je pense que le ministre de la Justice, Sean Fraser, a appliqué à la justice le même degré d'excellence qu'il a apporté à l'immigration et au logement, et le projet de loi en est un parfait exemple. Ce projet de loi est critiqué par... Je crois que toutes les religions abrahamiques ont émis des critiques à son égard. Je crois que des groupes juifs, chrétiens et musulmans ont tous émis beaucoup de critiques.
Nous devons examiner cela dans le contexte plus large de ce que le gouvernement libéral a tenté de faire en matière de propos. Rappelons-nous qu'au cours des deux dernières législatures, les libéraux ont déposé des projets de loi qui, selon eux, visaient les préjudices en ligne, plus précisément les préjudices sur Internet. C'était ce qu'ils disaient cibler. Ces projets de loi ont, en fait, relancé le débat sur l'article 13 de la Loi canadienne sur les droits de la personne, article qui suscitait d'énormes préoccupations et qui a lui-même fait l'objet d'un grand nombre d'affaires très médiatisées.
Les codes des droits de la personne ont un seuil moins élevé que le Code criminel parce qu'ils relèvent du droit civil. C'est important, car en vertu du projet de loi , la nouvelle définition de la haine n'a pas de répercussions que sur le Code criminel seul. Comme mon collègue, M. Baber, l'a souligné avec éloquence, elle a des répercussions sur toutes les lois fédérales, y compris la Loi canadienne sur les droits de la personne. Le projet de loi est, en fait, un moyen détourné de réintroduire les mêmes dispositions auxquelles tellement de personnes dans ce pays se sont si vivement opposées au cours des deux dernières législatures, à propos du projet de loi lors de la 43e législature, puis du projet de loi lors de la 44e législature.
Nous ne savons toujours pas, d'ailleurs, si les libéraux ont l'intention d'en présenter une autre version, mais je crains que ce qu'ils font dans le projet de loi , sous prétexte de prendre au sérieux la haine — une haine qu'ils ont laissée s'envenimer —, c'est dire aux personnes abandonnées par le gouvernement qu'il les soutient. Ce faisant, ils préparent le terrain pour quelque chose que le Canada ne peut pas se permettre et que les Canadiens ne souhaitent pas, à mon avis.
Ensuite, il faut régler la question du calendrier. Pourquoi est‑ce si nécessaire à cette réunion‑ci? Pourquoi les membres du Comité se sont-ils vu imposer soudain un délai de moins de deux jours ouvrables pour soumettre des amendements à un projet de loi complexe modifiant le droit pénal, le Code criminel de ce pays, et pourquoi leur a‑t‑on dit jeudi, à une réunion qui s'est terminée deux heures plus tôt que prévu, qu'ils devaient soumettre ces amendements avant lundi afin de pouvoir les examiner aujourd'hui?
Nous avons respecté ce délai. Nous avons travaillé d'arrache-pied. Ce projet de loi ne peut être adopté que s'il est modifié. Sous sa forme actuelle, il ne peut absolument pas l'être. C'est pourquoi nous avons soulevé tellement de questions à son sujet, tout comme les témoins.
À tout le moins, en tant que députés, nous avons le droit d'entendre les témoins qui souhaitent s'exprimer. Un comité véritablement à l'écoute des Canadiens répondrait à tous les groupes qui se sont manifestés et qui souhaitent témoigner, mais qui ne l'ont pas encore fait: des personnes comme Lisa Bildy, de la Free Speech Union; Mike Fegelman, de Honest Reporting Canada; Arunesh Giri, de la Hindu Canadian Foundation; David Granovsky, de B'nai Brith Canada; Brian Doody, de Doody Counsel Legal Services, et Aislin Jackson, de la B.C. Civil Liberties Association, qui, au fait, n'est jamais passée pour une organisation conservatrice.
Mark Joseph, du Democracy Fund, a fait le voyage depuis Toronto et n'a pas pu témoigner, car les libéraux ont décidé qu'ils ne voulaient pas envoyer un message fort indiquant que nous ne défendrons pas les pédopornographes dans ce comité.
Il y a David Haskell, professeur à l'Université Wilfrid Laurier, où j'ai eu le privilège d'enseigner le journalisme pendant une très courte période, et Talia Klein Leighton, autre témoin remarquable, de Canadian Women Against Antisemitism, que nous n'avons pas eu l'occasion d'entendre.
D'autres partis ont également proposé d'autres témoins. Il ne s'agit pas seulement de faire valoir le droit de témoigner des témoins proposés par les conservateurs. Il y a Stephen Camp, ancien membre du service de lutte contre les crimes haineux de la police d'Edmonton; Michal Jacob, du bureau de l'envoyée spéciale du Canada pour la préservation de la mémoire de l'Holocauste et la lutte contre l'antisémitisme; l'Association des chefs de police de l'Alberta; l'Association canadienne des chefs de police; et des représentants du Groupe de travail sur les crimes haineux de la GRC.
Encore une fois, on pourrait penser que les personnes qui seront chargées d'appliquer les dispositions du projet de loi pourraient témoigner, afin que nous comprenions les conséquences des lois que nous adoptons.
Il y a Deborah Lyons. Elle représente les efforts de lutte contre l'antisémitisme du gouvernement libéral, et je ne pense pas qu'un seul Juif au Canada dise qu'elle a réussi à endiguer ce fléau ou que le gouvernement libéral a la volonté de le faire. Il y a Mark Neufeld, ancien membre du service de lutte contre les crimes haineux de la police de Calgary. Là encore, il s'agit de quelqu'un que les membres du comité de la justice devraient avoir vraiment à cœur d'entendre.
Il y a le rabbin Daniel Mikelberg. Il est le guide spirituel du Temple Israel, à Ottawa. Il est de la région. Je pense qu'il aurait facilement pu trouver le temps de venir ici, si le Comité avait prévu du temps pour entendre des témoins sur le projet de loi . Il y a Mohammed Hashim, de la Fondation canadienne des relations raciales. Autre témoin potentielle, Rosalie Abella, ancienne juge de la Cour suprême du Canada. Je sais que son défunt époux était un éminent spécialiste de l'antisémitisme au Canada.
Je ne connais pas bien les travaux de Brittan Hudson, mais je crois qu'il figurait sur la liste des témoins pour une raison, et les membres du Comité auraient peut-être appris quelque chose. Il y a aussi The 519. J'ai mentionné Benjamin Roebuck. Voilà quelqu'un qui aurait dû, à mon avis, être invité — et il figure dans la motion dont nous débattons à présent — en tant qu'ombudsman fédéral pour les victimes d'actes criminels. Étant donné l'impact des lois libérales sur la mise en liberté sous caution au cours des 10 dernières années, je pense que le nombre de victimes d'actes criminels a tellement augmenté que nous devons probablement trouver des renforts à M. Roebuck.
Michael Levitt, du Friends of Simon Wiesenthal Center, est une autre personne qui aurait eu beaucoup à nous apporter, tout comme Maureen Buchan, de l'Assemblée des Premières Nations de la Colombie-Britannique. En fait, nous n'avons pas vraiment entendu le point de vue des Autochtones sur ce projet de loi. Il y a Jackie Lombardi, des Chefs de l'Ontario, là encore, une autre témoin qui a été proposée, mais que nous n'avons pas eu l'occasion d'entendre. Il y a Jay Jayaraman, de la Hindu Federation.
Nous avons entendu des témoins de la communauté indienne qui ont soulevé des questions très importantes sur la description que le projet de loi fait des symboles haineux, notamment les représentants de la communauté indienne hindoue, jaïniste et bouddhiste. Ils n'aiment pas que l'on utilise le mot « swastika ». Ils n'aiment pas non plus la partie du projet de loi qui concerne la ressemblance, car ils craignent qu'elle porte atteinte à leur liberté de culte. Je le répète, je ne pense pas que nous puissions particulièrement compter sur le gouvernement pour défendre la liberté de culte.
Il y en a d'autres, comme Brian Sauvé, de la Fédération de la police nationale. Il a participé à notre étude sur la mise en liberté sous caution, et il aurait également eu beaucoup à dire sur ce projet de loi. Son syndicat représente les courageux hommes et femmes de la GRC. Nous avons aussi sur la liste Joseph Neuberger, de l'Association canadienne de droit juif.
Il existe une association locale de procureurs en Alberta. L'acronyme en est ALCCA, et Rochelle Direnfeld était l'une des témoins proposés, tout comme Michael Polowin, qui est avocat municipal. Je ne sais pas de quelle municipalité, mais nous l'aurions peut-être appris, ainsi que son opinion sur les répercussions du projet de loi sur les libertés civiles au Canada, s'il avait pu témoigner.
Ted Cohen, président-directeur général de Hillel Lodge, est un témoin clé que nous n'avons pas eu l'occasion d'entendre. David Sachs, spécialiste de l'antisémitisme à la Jewish Federation of Ottawa, est également un témoin local. En fait, si nous voulions entendre des témoins, je suis certain que nous pourrions appeler M. Sachs pour lui demander de venir témoigner tout de suite. Cependant, encore une fois, nous ne pouvons pas le faire, car nous sommes privés de notre droit de députés d'étudier véritablement le projet de loi , et ce, parce que le gouvernement libéral cherche à faire adopter à toute vitesse, avec le moins de contrôle et de responsabilité possible, un texte qui porte atteinte aux libertés civiles.
Terry Teegee, un autre témoin, chef régional de l'Assemblée des Premières Nations de la Colombie-Britannique, était certainement prêt à traverser le pays pour venir témoigner, car il pensait que les députés et les Canadiens auraient la possibilité d'entendre ce qu'il a à dire. Mon collègue du Bloc a proposé Marcel‑Olivier Nadeau, du Barreau du Québec. Je ne connais pas la position du Barreau du Québec sur le projet de loi , et je ne la connaîtrai jamais, à moins que le gouvernement accepte de soumettre le projet de loi C‑9 à l'examen approfondi qu'il mérite et auquel nous avons le droit de nous livrer en tant que députés.
D'autres témoins souhaitaient comparaître. Je n'ai pas lu tous leurs mémoires, je ne sais donc pas si tous ont... Je mentionnerai l'Assemblée des Premières Nations; Husein Panju, de l'Association canadienne des avocats musulmans; James Turk, directeur du Centre for Free Expression; Garrison Settee, grand chef de Manitoba Keewatinowi Okimakanak, la nation Anishinabek et l'Union of Ontario Indians; Khaled Al‑Qazzaz, du Canadian Muslim Public Affairs Council; et Louise Smith, de Voix juives indépendantes. La rhétorique et le ton employés par Voies juives indépendantes m'inquiètent à bien des égards, mais je crois aussi que nous devrions entendre le point de vue de Canadiens de toutes tendances sur ce projet de loi.
Il y a Pe'er Krut, du Canadian Union of Jewish Students; Jeremy Johnson, à titre personnel; Victoria Pruden, autre témoin potentielle que nous n'avons pas pu entendre et présidente du Ralliement national des Métis; Nadia El‑Mabrouk, la présidente du Rassemblement pour la laïcité, autre témoin que nous n'avons pas pu entendre; et l'imam Mohammad Tawhidi, du Global Imams Council, un homme exemplaire dans sa lutte contre le radicalisme et l'extrémisme religieux, non seulement au Canada, mais dans le monde entier. Je crois qu'il est originaire d'Australie. Il y a également Jennifer Boyce, directrice des communications d'Egale Canada, autre témoin que nous n'avons pas pu entendre.
Encore une fois, nous n'avons pas pu entendre tous ces témoins pendant les six heures dont les libéraux nous ont privé en faisant obstruction, mais nous aurions pu entendre certains d'entre eux. Si nous avions mené une étude appropriée sur le projet de loi , une étude qui se soucie plus de bien faire les choses que de faire adopter le texte rapidement, nous aurions pu entendre bon nombre de ces personnes. En fait, certaines parmi celles que j'ai mentionnées n'ont même pas été invitées à présenter des mémoires. Nous avons dû les contacter de manière proactive pour leur dire qu'elles devraient en soumettre, si elles voulaient que leur point de vue soit entendu. J'en ai quelques-uns à portée de main. Je ne sais pas s'ils ont été distribués à tous les membres du Comité, alors j'en citerai deux ou trois.
Le fait est que, lorsqu'il s'agit d'un projet de loi qui touche aux libertés civiles, des délais arbitraires pour les amendements ne permettent à personne d'examiner le projet de loi en détail, d'y réfléchir posément, de débattre de ces questions, de changer le libellé... Nous devions soumettre des idées, et les rédacteurs nous ont juste remis les amendements. Nous n'avons pas eu le temps de faire tellement de révisions. Je ne dis pas qu'ils posent des problèmes. Je souligne simplement que, lorsqu'on impose un délai arbitraire et raccourci comme celui‑ci, il est impossible d'en faire quoi que ce soit, si l'on veut vraiment suivre le processus pour que tout soit correct.
Je fais observer que le Centre consultatif des relations juives et israéliennes a publié cette semaine une déclaration dans laquelle il exprime son souhait de ne pas voir le projet de loi adopté sans discussion, et demande qu'il soit, en fait, le fruit d'un consensus entre les partis. Encore une fois, ce n'est pas...
:
Merci, monsieur le président.
J'étais tout à fait exact, et je peux lire directement la déclaration ici. Je vous remercie de me donner l'occasion de la citer.
Encore une fois, je pense que nous aurions tous dû consulter un certain nombre de parties prenantes à ce sujet. Cependant, ce que le Centre consultatif des relations juives et israéliennes a dit dans sa déclaration, c'est que cela doit être le fruit d'un consensus entre les partis. Ils veulent des amendements ciblés. Il est difficile de proposer des amendements ciblés et de travailler avec tous les partis lorsque nous n'avons que deux jours ouvrables pour le faire. Encore une fois, est‑il préférable de bien faire les choses ou de simplement adopter cette mesure pour que le gouvernement libéral puisse atteindre ses objectifs, c'est‑à‑dire se vanter d'une victoire sans vraiment travailler? Dans certains cas, il va même jusqu'à aggraver les problèmes.
Je suis conscient que nous siégeons ici au Comité permanent de la justice et des droits de la personne de la Chambre des communes. Je pense que cela est extrêmement pertinent, car c'est ce portefeuille de la justice qui aurait dû être mobilisé lorsque le gouvernement libéral a précédemment invoqué la Loi sur les mesures d'urgence. Si cela est pertinent pour la motion dont nous débattons, c'est parce que la Loi sur les mesures d'urgence a permis au gouvernement d'utiliser une loi qui avait été conçue pour une très bonne raison — et certains diront une raison nécessaire —: faire face à des imprévus et à des situations d'urgence pouvant nécessiter des mesures extraordinaires. Ils l'ont utilisée pour faire face à une manifestation.
Le gouvernement Trudeau, le gouvernement libéral, a utilisé la Loi sur les mesures d'urgence pour faire face à une manifestation de personnes qui tenaient des propos désobligeants à l'égard du gouvernement libéral. Ce faisant, il a enfreint la loi. Je ne veux pas dire qu'il a enfreint un règlement municipal. Je ne veux pas dire que le gouvernement a enfreint une loi mineure. Il a en fait enfreint la loi suprême du pays, qui est la Constitution du Canada. Ce n'est pas mon opinion, mais celle de la Cour fédérale, qui a déclaré, dans une décision, que, non seulement le gouvernement libéral a enfreint la loi en invoquant la Loi sur les mesures d'urgence, mais il a également enfreint la loi dans les mesures qu'il a choisies pour appliquer cette loi, à savoir restreindre la mobilité et geler les comptes bancaires des dissidents politiques. Comment pouvons-nous faire confiance au gouvernement?
Au fait, les libéraux contestent cette décision devant les tribunaux. Ils ont interjeté appel. Comment pouvons-nous faire confiance à un gouvernement qui viole de manière aussi flagrante les droits garantis par la Charte aux Canadiens en redéfinissant la haine et, ce faisant, en abaissant le seuil de ce que les gens peuvent dire sur Internet, en abaissant le seuil de ce que les gens peuvent dire en ligne?
Après que le ait témoigné devant le Comité et admis que le projet de loi aura effectivement une incidence sur les interventions en ligne et les publications sur les réseaux sociaux, j'ai constaté sur les réseaux sociaux que de nombreuses personnes du Royaume-Uni voyaient des exemples de policiers cognant littéralement à la porte de personnes en raison de leurs billets en ligne, parce qu'elles avaient publié quelque chose sur les réseaux sociaux. Il ne s'agit même pas forcément de personnes qui ont été inculpées. Certaines l'ont été, ce qui est tout à fait honteux, mais d'autres se sont vues qualifiées d'auteurs d'« incidents haineux non criminels ». Cette expression a fait son apparition au Royaume-Uni pour désigner les cas où personne ne prétend qu'une loi a été enfreinte, mais où l'on veut envoyer un message. L'État, les autorités veulent faire comprendre que l'on ne peut pas s'exprimer librement en tant que citoyen à moins qu'ils ne vous y autorisent.
C'est intéressant. Les libéraux souhaitent prétendre former un front uni. Je sais que a démissionné du Cabinet libéral aujourd'hui. C'est une nouvelle qui vient de tomber, ce qui est assez intéressant. C'est, encore une fois, un autre exemple où les libéraux ont décidé d'ignorer la Constitution de ce pays au sujet de la politique énergétique. S'ils ignorent la Constitution en ce qui concerne la politique énergétique, dans laquelle le gouvernement fédéral a le pouvoir d'approuver les pipelines, comment pouvons-nous espérer qu'ils la respectent en matière de liberté d'expression? Je soupçonne que nous pourrions voir d'un jour à l'autre M. Guilbeault vêtu d'une combinaison orange escalader la Tour de la Paix, donc si les députés souhaitent suspendre la séance pour aller voir cela, ils peuvent le faire.
Si nous débattons ici de la fiabilité du gouvernement, c'est parce que sa volonté de faire adopter à toute vitesse le projet de loi est en soi symptomatique des problèmes que nous avons soulevés et que les témoins ont soulevés.
Bruce Pardy, avocat et professeur de droit accompli de l'Université Queen's, a témoigné devant le Comité. Il a déclaré que, tel qu'il est rédigé, le Code criminel pourrait considérer le fait de se tromper de genre comme un acte criminel de haine dans certaines circonstances si le gouvernement décidait d'aller dans cette direction. Au fait, cela ne signifie en aucun cas que l'on entérine une expression particulière. Cela signifie simplement que, en tant que citoyens libres dans un pays qui valorise la liberté d'expression, nous devrions pouvoir mener un débat rigoureux sur des questions qui font l'objet d'opinions divergentes. Nous devrions pouvoir débattre du genre et de la sexualité. Nous devrions pouvoir débattre de la religion. Nous devrions pouvoir débattre de tout.
Cela ne signifie pas que tout le monde est du même avis dans le pays. En fait, cela signifie tout le contraire. Cela ne signifie certainement pas que l'État a le droit de décider quelles opinions sont correctes et quelles opinions sont incorrectes. Je dis cela en étant pleinement conscient du fait que, compte tenu de mon opinion du projet de loi , certaines formes d'expression vont me mettre très mal à l'aise. Je défends le droit qu'ont les gens de dire des choses que je peux trouver très blessantes et qui visent des croyances qui me sont chères.
:
Merci beaucoup, monsieur le président.
Comme je disais, je reconnais qu'en défendant la liberté d'expression, je défends le droit des gens à tenir des propos haineux à mon égard et à l'égard de ce qui m'est cher. Par exemple, quelqu'un a le droit de dire que certains versets des Écritures sont haineux. Je défendrai ce droit. Je défendrai ce droit parce que je crois qu'il est important. Je crois que nous devrions pouvoir défendre nos opinions et le faire publiquement. Je crois sincèrement au marché des idées. Je ne crois pas que le gouvernement soit capable ou légalement habilité à prendre cette décision.
En ce qui concerne la religion, je ne sais pas quels amendements au projet de loi seront proposés au cours de notre examen article par article. Je sais qu'il existe un projet de loi d'initiative parlementaire présenté par le chef du Bloc québécois, , qui supprimerait l'exemption religieuse, ou plutôt la défense religieuse, qui existe à l'article 319 du Code criminel. Cette défense est d'une importance cruciale, pour deux raisons. Premièrement, elle protège la liberté de culte. Elle explique comment vous pouvez utiliser une défense, si vous êtes inculpé en vertu de l'article 319, en affirmant que vous vous exprimiez d'une manière prévue à l'alinéa 319(3)b), selon lequel nul ne peut être déclaré coupable... « s'il a, de bonne foi, exprimé une opinion sur un sujet religieux ou une opinion fondée sur un texte religieux auquel il croit, ou a tenté d'en établir le bien-fondé par argument ». Je crois que le projet de loi du député fait également référence à l'alinéa 319(3.1)b), qui dit que nul ne peut être déclaré coupable... « s'il a, de bonne foi, exprimé une opinion sur un sujet religieux ou une opinion fondée sur un texte religieux auquel il croit, ou a tenté d'en établir le bien-fondé par argument ». Je peux lire cet article en français, si les députés le souhaitent.
Si je soulève cette question, c'est parce que la suppression de cet élément constituait une atteinte à la liberté de culte, comme le ferait le projet de loi d'initiative parlementaire du Bloc et comme cela a été déclaré dans les témoignages et les délibérations devant ce comité. Cependant, il s'agissait surtout d'un élément essentiel de la décision de la Cour suprême de maintenir l'existence de l'article 319. Même lorsque la Cour suprême a décidé qu'il était justifié d'avoir un article traitant de la propagande haineuse, même lorsqu'elle a pris cette décision, elle a compris qu'il fallait imposer ces restrictions afin que cet article ne soit pas inconstitutionnel.
Je pense que l'opinion dissidente de l'ancienne juge en chef McLachlin dans l'arrêt Keegstra est probablement l'un des meilleurs textes juridiques jamais rédigés au Canada, même s'il s'agit d'une opinion dissidente, du moins en ce qui concerne la liberté d'expression. Nous avons constaté que l'article 319 lui-même n'a été maintenu que parce qu'il comportait ces exceptions et ces protections.
Encore une fois, je ne pense pas qu'on devrait avoir le droit de dire tout et n'importe quoi en se cachant simplement derrière la religion. Ce n'est pas ce que je dis. Surtout, ce n'est pas ce que dit la loi ni ce que dit le Code criminel. Un élément essentiel de l'alinéa 319(3)b) est le qualificatif « de bonne foi ». On ne peut pas qualifier « de bonne foi » l'appel au génocide. On ne peut pas qualifier « de bonne foi » l'appel à l'extermination du peuple juif. On ne peut pas qualifier « de bonne foi » l'appel à la privation en masse des droits civiques et à la violence.
L'idée qu'il faille éroder la liberté de culte et compromettre la constitutionnalité d'un article du droit pénal qui fonctionne au Canada parce que le seuil est très élevé... Il est crucial de préciser que l'on fait cela pour un objectif qui n'a même pas de rapport avec cette suppression. Cela a été proposé au sein de ce comité. Il ne s'agissait pas d'un amendement, mais d'une idée.
Parmi tous les témoignages que nous avons entendus, monsieur le président, c'est la seule fois où vous avez jugé bon d'intervenir. C'est votre prérogative. Je ne la conteste pas, mais cela a beaucoup préoccupé les Canadiens, qui ont des croyances religieuses diverses. Cela explique pourquoi les gens se méfient intrinsèquement de toute volonté du gouvernement de rouvrir le sujet de la haine, surtout lorsqu'il y a un seuil plus bas, une définition plus restrictive.
Pourquoi avons-nous imposé une telle mesure? Pourquoi une telle précipitation alors qu'il y a tant de préoccupations actuelles, tant de préoccupations très réelles, que nous n'avons pas encore eu l'occasion d'aborder en tant que députés?
Encore une fois, je ne partage pas l'avis du selon lequel il n'y a eu aucun changement dans la définition, que l'omission du mot « extrême » et le remplacement de « et » par « ou » étaient purement fortuits, ou qu'il s'agissait peut-être d'une correction automatique. Je n'en suis pas convaincu, et je pense que les Canadiens ne le sont pas non plus.
Cela laisse entendre que l'une des deux choses suivantes s'est produite. Premièrement, le gouvernement tente de réduire subrepticement le seuil à partir duquel un propos est considéré comme haineux et, de ce fait, il abaisserait littéralement le seuil, ce qui signifie qu'il élargit la définition des personnes pouvant être accusées. C'est le premier point. Deuxièmement, ils sont si négligents qu'ils ne jugent pas cela important. Les juristes les plus éminents du pays, que les Canadiens espèrent être ceux qui rédigent et présentent les projets de loi, ne comprennent pas vraiment la différence entre une manifestation qui est extrême et une autre qui ne l'est pas. Ils ne comprennent pas la différence entre « et » et « ou ».
J'ai déjà dit que je ne suis pas francophone, mais, même moi, en français, une langue que je ne prétends pas maîtriser, je pourrais vous expliquer la différence entre « et » et « ou ».
Il y a quelque chose de sournois dans les conséquences du projet de loi , et je reviens à son applicabilité non seulement au Code criminel, mais aussi à la Loi canadienne sur les droits de la personne, la loi qui aurait été modifiée par la , plus précisément l'article 13, si elle avait été adoptée lors de la législature précédente.
Je suis heureux d'apprendre que le a démissionné du Cabinet et qu'il ne sera donc pas là pour déposer ce projet de loi. Je sais qu'il y tenait beaucoup, mais je soupçonne que d'autres se précipiteront pour le faire à sa place, car nous avons constaté une volonté manifeste de la part du gouvernement libéral de restreindre la liberté civile, de restreindre la liberté constitutionnelle des Canadiens et, plus précisément, de restreindre la liberté d'expression, qui est sacro-sainte non seulement au Canada, mais dans toutes les sociétés libres.
Nous venons de passer le jour du Souvenir. Je sais que de nombreux députés, de tous les partis, ont produit des vidéos pour le jour du Souvenir qu'ils ont partagées avec leurs concitoyens. Lorsque j'ai produit ma vidéo et que j'ai parlé aux membres de ma communauté, en particulier aux vétérans, devant un certain nombre de cénotaphes, à St. Thomas, à Vienna, en Ontario, à Port Burwell et dans tous ces endroits, il faisait très froid, mais il était important d'être présent. Il y avait un sentiment général que ceux qui ont combattu et sont morts à la guerre sous le drapeau canadien — ou avant cela, sous le drapeau britannique — l'ont fait parce qu'ils voulaient défendre les libertés qui nous sont chères au Canada. Cela inclut — peut-être pas la plus importante, mais certainement une des plus importantes: la liberté d'expression, la liberté de parole.
Chaque fois que nous abordons ce sujet, des gens disent, surtout lorsqu'ils veulent défendre l'atteinte du gouvernement libéral à la liberté de parole: « Eh bien, la liberté de parole est un concept américain. Ici, au Canada, nous avons la liberté d'expression. » Je conviens que le terme utilisé au Canada est « liberté d'expression », mais, si l'on consulte la jurisprudence à ce sujet, on peut constater que la liberté d'expression est en fait plus large que la liberté de parole. La liberté de parole, c'est ce que vous dites. L'expression, c'est ce que vous dites et ce que vous faites. La liberté d'expression inclut l'art. La liberté d'expression inclut la parole. La liberté d'expression inclut la chanson. Je ne voudrais pas heurter la sensibilité du Comité en me livrant à des chants. Je n'utiliserai pas ma liberté d'expression à cette fin.
:
Oui, voilà. Ce serait légitime, monsieur le président. Je vous remercie.
Il est important de disposer de cette liberté, et je reviens sur la décision de l'ancienne juge en chef McLachlin à ce sujet. Elle inclut en particulier le discours politique, car nous savons que le droit de ne pas être d'accord, en particulier de combattre et de contester l'autorité, est essentiel.
Un des aspects fascinants de cette discussion est que les paroles qu'il faut le plus protéger sont celles qui sont le plus menacées et le plus exposées à la censure. Je pourrais dire ici que j'aime les chiots, et c'est vrai. C'est le cas. Ma femme préfère les chats. Je préfère les chiens. Nous avons trouvé un compromis en n'ayant ni l'un ni l'autre, mais les chiots sont mignons. Pourquoi aurais‑je besoin d'un droit constitutionnel à la parole pour le dire, quand personne ne m'en empêchera? Cependant, lorsque nous commençons à parler d'idées politiques controversées, c'est là que la censure entre en jeu, lorsque nous commençons à dire des choses que les gens ne veulent pas entendre et qu'ils veulent nous priver du droit de dire.
Voilà qui est intéressant, à mon avis. Si nous essayons de présenter cette motion, c'est parce que nous pensons que, si nous voulons faire avancer le dossier du projet de loi , cela doit être fait correctement. Nous ne pouvons pas procéder à l'examen article par article du projet de loi ... En fait, ce n'est pas la question de justice la plus cruciale à laquelle sont confrontés les Canadiens. Le premier article de ma motion vise à donner la priorité à l'étude du projet de loi , la Loi sur des mesures de réforme concernant la mise en liberté sous caution et la détermination de la peine. Les conservateurs ont fait campagne sur la lutte contre la criminalité. Les libéraux ont remporté les élections, et je les félicite. Ils ont dit qu'ils allaient prendre des mesures très sérieuses pour régler les questions relatives à la mise en liberté sous caution et à la détermination de la peine. Lorsque j'ai été nommé au comité de la justice, je m'attendais à ce que la première question que nous traiterions soit celle du projet de loi sur la mise en liberté sous caution et la détermination de la peine. Or, la seule raison pour laquelle le Comité a entrepris une étude sur la mise en liberté sous caution est que les députés conservateurs en ont pris l'initiative. Nous avons demandé une étude sur la mise en liberté sous caution. Nous l'avons menée à bien et sommes sur le point de la terminer. Notre dernière réunion à ce sujet aura lieu lundi.
Plutôt, le premier projet de loi sur la justice présenté par les libéraux a été le projet de loi . Les représentants du ministère n'ont pas pu dire quand ils avaient commencé à travailler sur le projet de loi C‑9 par rapport au moment où ils avaient commencé à travailler sur la mise en liberté sous caution et la détermination de la peine. En fait, à l'époque où nous avons reçu ces représentants du ministère, je ne suis même pas sûr que le projet de loi avait un numéro. On nous a simplement dit qu'il allait être présenté, que quelque chose allait être présenté. Ensuite, nous avons vu un projet de loi qui répondait à bon nombre des préoccupations dont les Canadiens ont fait état — les conservateurs en ont certainement parlé —, mais il n'allait pas assez loin, notamment en ce qui concerne le principe de la retenue. Nous espérons avoir l'occasion d'entendre des témoins parler des lacunes du projet de loi , mais, encore une fois, nous ne pouvons pas le faire, car les libéraux ont décidé de faire de la censure leur priorité absolue. Ils ont décidé de faire du projet de loi leur priorité absolue.
Une fois de plus, ils diront que ce sont les conservateurs qui font obstruction, alors que nous affirmons simplement que nous ne pouvons pas approuver et adopter une mauvaise loi, lui donner le feu vert simplement parce que les libéraux ont imposé des échéances arbitraires.
Il était impossible que nous terminions aujourd'hui l'examen article par article du projet de loi , c'est pourquoi nous avons présenté cette motion, qui relance le travail de ce comité et met fin à l'obstruction libérale sur les véritables questions de justice qui doivent être abordées. Je pense que le projet de loi sur la réforme de la mise en liberté sous caution et la détermination de la peine recevra un consensus plus large entre les partis que le projet de loi C‑9.
Je crois que le Bloc québécois a également présenté une étude très importante, que nous avons fièrement appuyée en tant que conservateurs, sur la nomination des juges. Lorsque des juges sont nommés, on peut souvent voir leur nom dans le site d'Élections Canada et constater que, pure coïncidence, bon nombre d'entre eux sont d'anciens donateurs libéraux. Il y a un petit problème dans le système de nomination des juges. Et, surtout, certaines des décisions odieuses que nous avons entendues de la part de juges concernant la mise en liberté sous caution et la détermination de la peine soulèvent manifestement des questions quant à leur compétence, des questions qui devront être réglées lors de l'étude sur la nomination des juges. Par exemple, j'aimerais savoir pourquoi un juge du Québec a estimé qu'une personne qui possédait des centaines d'images d'enfants âgés d'à peine trois ans en train d'être violés méritait une peine de 90 jours. J'aimerais savoir pourquoi et comment un juge qui prendrait une telle décision a été nommé.
À moins que cette motion ne soit adoptée, entre le projet de loi et le projet de loi et d'autres projets de loi en matière de justice qui seront finalement présentés à ce comité, qu'il s'agisse de projets de loi d'initiative parlementaire ou peut-être de mesures concernant l'exploitation sexuelle des enfants et le matériel pédopornographique, que ce comité a demandé au gouvernement de présenter avant la fin de l'année, il nous sera impossible de mener cette étude. Encore une fois, c'est presque comme si nous avions donné l'autorisation de procéder à une étude que le Comité, c'est‑à‑dire les députés libéraux du Comité, n'a pas l'intention de mener à bien.
Je me souviens également que nous nous attendions à participer aux travaux du Comité mardi et que nous n'avons jamais reçu d'avis de convocation. Je ne sais pas pourquoi. Cela n'a pas d'importance en ce qui concerne ce dont nous parlons ici, mais l'occasion aurait été là. Nous aurions débattu de la mise en liberté sous caution, et c'était un autre obstacle qui nous a empêchés de faire notre travail de députés membres de ce comité.
Nous avons invité le à comparaître devant nous pour parler de son mandat et de ses priorités. Il s'est présenté pour parler du projet de loi et semblait avoir hâte de le faire. Je sais que, lors de nos délibérations en comité, il était intéressant de constater que la priorité était de l'amener à ne parler que du projet de loi C‑9, et nous n'avons toujours pas eu l'occasion de lui parler de son mandat et de ses priorités. Le paragraphe (3) de cette motion prévoit que vous, monsieur le président, êtes chargé de réitérer l'invitation. Je crois que vous l'avez fait. Je crois que le ministre l'a reçue. Je ne sais pas s'il l'a mise dans la corbeille qui imite une déchiqueteuse ou s'il avait l'intention de nous la remettre à un moment donné. Je pense qu'il faudrait lui rappeler qu'il a l'occasion — pas l'obligation, je comprends, mais l'occasion — de comparaître devant nous pour parler de son mandat et de ses priorités.
Il y a un certain nombre de priorités qui me semblent très intéressantes et que j'aimerais explorer, comme la raison pour laquelle la censure de ce que les Canadiens voient et disent en ligne était plus importante pour lui que la question de la mise en liberté sous caution et de la détermination de la peine. J'aimerais beaucoup entendre sa réponse à certains des témoins que nous avons entendus, venant d'associations policières et de services de police, notamment le commissaire de la Police provinciale de l'Ontario, Thomas Carrique, qui fait également partie de l'Association canadienne des chefs de police. Il est venu devant nous et a dit que le programme de confiscation des armes à feu du gouvernement libéral était un gaspillage des ressources policières, alors que les véritables problèmes auxquels la police doit faire face sont les récidivistes violents.
Je serais très intéressé d'entendre le ministre nous dire quelles sont les priorités de ce gouvernement, s'il nous fait la grâce de sa présence pour nous parler de son mandat et de ses priorités. Je tiens simplement à m'assurer qu'il sait que son invitation est toujours valable. Je suis un nouveau député. Je comprends que, parfois, un courriel peut rester longtemps dans la boîte de réception, c'est pourquoi je pense qu'il faut parfois le remonter en début de liste. Cette motion, qui, j'en suis sûr, recevra un soutien multipartite, réitérera cette invitation, et j'espère que le se joindra bientôt à nous.
En ce qui concerne le projet de loi , nous aurons besoin d'entendre le à ce sujet en particulier. J'espère que, lorsqu'il témoignera à ce sujet, il expliquera pourquoi il tente de modifier le principe de la retenue plutôt que de le supprimer et pourquoi il tente de contourner le problème fondamental qui a été signalé par tant de personnes dans ce pays qui ont comparu devant le Comité et d'autres parties prenantes et collectivités partout dans le pays. Il s'agit du fait que l'on peut établir un lien direct entre le principe de la retenue et la porte tournante du système de mise en liberté sous caution, qui a conduit à la remise en liberté répétée de criminels, parfois quelques heures à peine après leur arrestation.
Il est intéressant de noter que, la semaine dernière, le gouvernement de l'Ontario a présenté une approche que je juge importante — et j'aimerais beaucoup entendre le témoignage du solliciteur général de l'Ontario à ce sujet. Il s'agit de réinstaurer le cautionnement en espèces. Cela a été mentionné par deux ou trois témoins lors de notre étude du système de mise en liberté sous caution, et je soupçonne que cela sera abordé dans le cadre du projet de loi , car l'une de ses principales lacunes est de ne pas traiter du système de cautionnement. En fait, il n'apporte aucun changement au système de cautionnement, dans lequel des criminels se portent garants d'autres criminels et où les conditions de mise en liberté sous caution sont inapplicables. Il ne change rien à cela. Il serait important d'entendre cela, car les conditions de mise en liberté sous caution et les cautions sont un élément crucial du système de mise en liberté sous caution. Je dirais même que nous pourrions tirer quelques leçons de ce que font diverses provinces.
Encore une fois, il s'agit d'un consensus multipartite. Wab Kinew, le premier ministre du Manitoba, est un néo-démocrate, donc je suppose que lui et moi sommes en désaccord sur de nombreux points. Il avait une position plus ferme sur ce que nous devrions faire avec les personnes qui font le trafic de matériel pédopornographique. Je crois que sa position exacte était qu'elles devraient être incarcérées à perpétuité.
Les libéraux ont passé six heures à tergiverser et se tordre les mains plutôt qu'adopter une motion très simple. J'ai dit, monsieur le président, que nous devrions inviter ou réitérer notre invitation au . Il semble suivre les débats, car il gazouille à propos de la réunion de Comité en ce moment même. Le ministre Fraser dit: « Les conservateurs font obstruction au Comité de la justice pour l'empêcher de faire avancer les lois visant à lutter contre les crimes haineux ». C'est curieux. Le ministre a le temps de regarder ce comité, mais il n'a pas le temps de venir témoigner sur son mandat et ses priorités.
Nous ne faisons pas obstruction. Nous soulignons ici un point important, à savoir que nous ne pouvons tolérer la censure imposée au nom de l'opportunisme et sous le prétexte de lutter contre la haine, alors que le gouvernement libéral n'a aucune autorité morale pour agir dans le domaine de la liberté d'expression. Il n'a certainement pas l'autorité morale de prendre position contre l'antisémitisme, alors que les libéraux ont été critiqués par des députés de la communauté juive pour avoir toléré l'antisémitisme au sein de leur parti. Je me souviens quand Irwin Cotler, une figure de proue de la politique canadienne et l'un des défenseurs les plus ardents des droits des Juifs et des droits de la personne dans le monde, a fait valoir que M. Anthony Housefather, qui a participé activement à l'étude du projet de loi , devrait quitter le caucus libéral en raison de ses opinions sur ces questions cruciales. Je pense qu'il y a un certain nombre d'éléments qui montrent que, pour citer le , nous n'avons pas de leçons à recevoir des libéraux à ce chapitre.
Si nous voulons engager une véritable discussion sur l'objectif du projet de loi , il faut tenir compte des témoignages que nous avons déjà entendus, qui ont mis en évidence l'atteinte aux libertés civiles qu'il comporte. C'est un aspect très important. Et, ce qui est encore plus important, nous devons entendre d'autres témoins qui ont souhaité s'exprimer et partager de nombreux éléments importants. Une fois encore, les appels proviennent de groupes autochtones, de groupes musulmans, de groupes LGBT, de groupes juifs, de particuliers, de juristes et de militants des libertés civiles.
Mark Joseph, du Democracy Fund, est venu et a présenté un mémoire sur le projet de loi , rédigé en collaboration avec Adam Blake-Gallipeau, avocat principal du Democracy Fund. Mark Joseph est directeur du contentieux de cet organisme. Ils ont présenté des opinions qui, à mon avis, étaient très importantes à entendre concernant l'article du projet de loi C‑9 sur le sujet: fomenter volontairement la haine — symboles liés au terrorisme et à la haine.
Ce qui est intéressant ici — et nous avons entendu un témoignage semblable de la part de l'avocat de l'Association canadienne des libertés civiles qui s'est joint à nous à ce sujet —, c'est qu'il existe déjà une disposition du Code criminel qui permet de poursuivre quelqu'un pour avoir affiché un symbole haineux. Je crois que c'est lorsque j'interrogeais le que j'ai soulevé le cas d'un homme de ma circonscription, juste à l'extérieur de St. Thomas, en Ontario, qui a été inculpé de propagande haineuse ou d'incitation à la haine en vertu de l'article 319 du Code criminel. L'une des raisons pour lesquelles il a été inculpé était qu'il avait fait tondre une croix gammée dans sa pelouse, ce qui avait profondément bouleversé la collectivité, et la police a donc porté des accusations. Non seulement elle a porté des accusations, mais elle l'a fait avec le consentement de la Couronne. Comme il s'agissait d'une accusation en vertu de l'article 319, elle devait obtenir le consentement du procureur général.
Cela nous apprend deux choses très importantes au sujet du projet de loi . Premièrement, les symboles haineux peuvent déjà constituer le contexte utilisé pour porter une accusation de haine contre quelqu'un. Deuxièmement, l'exigence du consentement du procureur général ne constitue pas un veto sur ces accusations. L'exigence du consentement du procureur général fait en réalité partie d'une mesure provisoire nécessaire pour empêcher les abus. Elle donne aux forces de l'ordre la possibilité d'obtenir les conseils dont elles pourraient avoir besoin avant de porter une accusation, sachant à quel point les enjeux sont importants lorsqu'on inculpe quelqu'un pour ce qui pourrait être une expression politique, lorsqu'on inculpe quelqu'un pour ce qu'il dit, ce qu'il fait ou, dans le cas présent, ce qu'il tond dans sa pelouse.
Au Canada, nous avons déjà des pouvoirs en vertu du droit pénal qui n'ont pas été suffisamment appliqués. Nous avons le pouvoir d'empêcher les gens de bloquer l'accès à une synagogue ou à une école. Nous avons le pouvoir de sévir en cas de méfait commis contre des biens religieux. Nous avons le pouvoir de porter des accusations en cas d'incitation au génocide. Je sais que nous avons entendu des témoins parler de certaines de ces incitations au génocide lorsque des personnes se sont levées et ont appelé à l'intifada, ce qui est un discours très violent à l'encontre du peuple juif. Des personnes ont scandé « de la rivière à la mer », ce qui revient littéralement à appeler à l'éradication d'Israël, le seul État juif au monde. Les questions que nous devrions nous poser concernent les raisons pour lesquelles les forces de l'ordre n'ont pas porté les accusations qu'elles sont légalement autorisées à porter. Cela revient en grande partie aux dirigeants politiques.
Pour revenir au mémoire que nous avons reçu du Democracy Fund sur les symboles haineux, j'ai présenté ce contexte afin d'établir que les symboles haineux sont déjà des éléments pouvant faire l'objet d'accusations en vertu de l'article 319. Ce mémoire dit que des particuliers ont été inculpés en vertu de l'article 319 pour avoir affiché un symbole haineux. Il ne s'agissait pas de l'affaire de St. Thomas. Il s'agissait d'une autre affaire, en janvier de l'année dernière, quand un homme qui brandissait ce que la police a qualifié de « drapeau terroriste » lors d'une manifestation a été inculpé de crime haineux en vertu des lois existantes avant même que le projet de loi ne soit envisagé par le gouvernement actuel, avant même que ce gouvernement n'existe, un gouvernement qui nous répète si souvent qu'il est nouveau. En ce qui concerne l'affichage de la croix gammée nazie, je sais qu'il y a une certaine controverse quant à savoir si on peut ou si on doit l'appeler « swastika », mais là encore, c'est un élément qui est souvent un renseignement déterminant dans la décision de la police, avec l'accord du procureur général, de porter des accusations pour incitation à la haine.
Le Democracy Fund a soulevé ce qui est, à mon avis, une des objections les plus cruciales au projet de loi , à savoir la manière dont il redéfinit la haine. C'est là que nous pouvons aller bien au‑delà, et que nous devons aller bien au‑delà, des propos des libéraux qui disent simplement essayer d'épurer certaines lois et d'y apporter plus de clarté. Il n'y a aucune clarté. C'est une toute nouvelle définition. Elle s'écarte considérablement, écrit le Democracy Fund, de la définition utilisée par les tribunaux depuis l'arrêt Keegstra, et je tiens à souligner que la définition Keegstra a été réaffirmée dans des affaires ultérieures. Dans le projet de loi, la haine est définie comme étant un « sentiment plus fort que le dédain ou l'aversion et comportant de la détestation ou du dénigrement ». Selon l'arrêt Keegstra, il s'agit d'une « émotion à la fois intense et extrême » — et non pas simplement « extrême », comme je l'ai dit précédemment — « qui est clairement associée à la calomnie et à la détestation ». Nous avons la distinction « et/ou », et nous avons « intense et extrême » par opposition à la simple émotion.
Je reconnais que ce sont des sujets chargés d'émotion. Je comprends que cela suscite des émotions lorsque nous parlons de personnes qui disent des choses extrêmement blessantes. Je ne prends pas cette position parce que je défends les appels au génocide. Au contraire, je souhaite que les personnes qui enfreignent les lois existantes soient punies avec toute la rigueur de la loi. Cependant, ce que je ne soutiens pas — et aucun Canadien qui apprécie la liberté d'expression ne pourrait jamais dire qu'il soutient cela —, c'est d'essayer d'élargir le champ d'application de l'expression politique qui peut être offensante, mais qui est aussi ce que la liberté d'expression signifie.
Encore une fois, la liberté d'expression n'existe pas pour ce qui est anodin. Elle n'existe pas pour les choses qui ne sont pas controversées. Les protections de la liberté d'expression existent précisément pour les choses qui le sont. Je constate à quel point nous avons évolué, à quel point la société a changé sur tant de normes sociales. Il fut un temps où Tommy Douglas, figure emblématique du socialisme au Canada et du Nouveau Parti démocratique, disait, lors d'un débat ministériel, que l'homosexualité était une maladie mentale. C'était une opinion progressiste à l'époque, mais aujourd'hui, nous sommes tous conscients de l'importance de l'égalité des droits pour les personnes de toutes orientations sexuelles.
Cela montre bien que ce qui est controversé à une époque devient la norme à une autre, et que nous n'y parvenons que lorsque nous avons la possibilité d'en débattre et d'en parler. Là encore, les tribunaux ont également changé d'avis. J'ai mentionné Beverley McLachlin. Il y a environ 30 ans, la Cour suprême a statué que le droit de mourir au moyen de l'aide médicale à mourir n'existait pas. Puis, si l'on passe rapidement de l'arrêt Rodriguez à l'arrêt Carter, on constate que la Cour a changé d'avis, car les normes évoluent avec le temps. Nous ne devrions pas entraver le débat et la discussion, car il s'agit sans doute de la liberté la plus importante dont nous jouissons dans ce pays.
Je passe maintenant à mon deuxième point. Si nous ne prenons pas position maintenant, une position sans équivoque, si nous ne traçons pas une ligne dans le sable et ne défendons pas la liberté d'expression, nous allons permettre à un gouvernement, qui a fait preuve d'un mépris imprudent pour les libertés civiles, d'offrir plus de pouvoir sans contrôle. Ces érosions se produisent progressivement, mais elles sont très difficiles à rattraper. Je note ce que Christine Van Geyn, de la Canadian Constitution Foundation, a avancé, dont j'ai mentionné le témoignage plus tôt.
Il ne s'agit pas seulement du fait que davantage de personnes seront accusées en vertu de l'article 319, ou éventuellement en vertu de la Loi canadienne sur les droits de la personne ou du Code canadien du travail. Mon collègue, M. Baber l'a souligné: le risque est considérable d'appliquer cette définition à toutes les lois fédérales. Cela en soi est assez intéressant. Ce n'est pas un cas où nous devrions confier le pouvoir au gouvernement en espérant simplement qu'il n'en abusera pas. Je crois que cela vient d'une interview de Maya Angelou: « Quand les gens vous montrent qui ils sont, croyez-les ». Le gouvernement libéral nous a montré qui il est à maintes reprises, notamment avec la Loi sur les mesures d'urgence.
J'ai eu le grand privilège d'interviewer la Dre Maya Angelou, à l'époque où je travaillais à la radio, et j'ai aujourd'hui une impression de déjà‑vu. La regrettée poète Maya Angelou avait une vision incroyable de l'esprit humain et de la liberté artistique. Il est intéressant de noter que, lorsqu'on examine la liberté artistique, certains des détracteurs les plus virulents de la Loi sur les préjudices en ligne, lorsqu'elle a été proposée, étaient des personnes de gauche. Margaret Atwood est une personne que je placerais au même niveau que la British Columbia Civil Liberties Association. Je ne pense pas que quiconque n'ait jamais confondu Margaret Atwood avec une conservatrice. Si elle se présentait un jour aux élections, je ne pense pas que je m'assiérais près d'elle de notre côté de l'hémicycle.
Margaret Atwood s'y connaît en matière d'autoritarisme. Elle a écrit La Servante écarlate, un livre qui a été adapté en série télévisée, tournée, je crois, à Cambridge, la circonscription de ma collègue . La Servante écarlate est un exemple extrême de ce qui se passe lorsqu'un État autoritaire étend son pouvoir. Comme nous l'avons vu dans ce livre, cela ne s'est pas produit immédiatement, mais progressivement. Nous devons donc être très prudents face à des choses qui semblent insignifiantes, qui semblent anodines, mais qui ne le sont pas en réalité.
Je vais passer à notre point sur...
:
Ce n'est pas un rappel au Règlement, monsieur le président. C'est un sujet de débat.
Écoutez, si je soulève cette question, c'est parce que nous avons ici des membres de diverses communautés que je n'ai jamais vus témoigner devant notre comité. Si ces témoins ont tellement à cœur le projet de loi , et j'espère que c'est le cas — comme pour nous tous —, pourquoi les libéraux ne nous ont-ils pas permis de mener une étude appropriée sur le projet de loi C‑9? Faites venir ici ces personnes qui n'ont pas témoigné. Cela inclut certaines d'entre elles, même si je ne peux pas voir tout le monde là‑bas. Invitez-les à venir témoigner et menez la consultation sur le projet de loi C‑9 que nous étions censés mener. C'est précisément ce dont nous discutons.
Les libéraux ont maintenant invité toutes ces parties prenantes à un examen article par article, qu'ils ont eux-mêmes imposé, avant que le Comité ait terminé le travail qu'il devait faire sur le projet de loi . Bien que je comprenne parfaitement les circonstances qui ont conduit à l'élaboration de ce projet de loi, je ne crois pas avoir reçu un seul courriel de mes concitoyens demandant l'adoption rapide du projet de loi C‑9. J'ai reçu d'innombrables courriels de mes concitoyens — en ma qualité de député et non de membre du comité de la justice — me demandant de bloquer ce projet de loi. Ils comprennent ce que les députés libéraux refusent de voir: ce projet de loi portera atteinte à la liberté d'expression.
Si vous voulez faire adopter rapidement une mesure qui ne fait pas l'objet d'un consensus entre les partis, c'est uniquement parce que vous craignez ce qui sera révélé si le projet de loi fait l'objet d'un examen et d'une étude approfondis. Je pense que, si vous repensez aux trois séances que nous avons été autorisés à tenir sur le projet de loi , vous constaterez que nos témoins ont très peu appuyé ce qu'il a réellement accompli. Même les témoins qui appuyaient le projet de loi C‑9 sur le plan conceptuel estimaient qu'il devait être amendé, et que ces amendements étaient si fondamentaux qu'ils changeraient la nature même du projet de loi.
Si les libéraux estiment que ce projet de loi doit être adopté immédiatement, ils doivent le remplacer par un projet de loi qui ne contient pas les dispositions qui ont tant alarmé les gens de gauche et de droite ainsi que les groupes religieux représentant diverses confessions. Certains membres de la communauté indienne se sentent personnellement visés par ce projet de loi et estiment que leur liberté religieuse ne sera pas protégée. Au cours du débat, nous avons parlé de modifier le Code criminel — d'ailleurs, au‑delà même de ce que le projet de loi cherche à modifier — afin de supprimer la défense fondée sur la religion prévue à l'article 319. Au cours de la discussion, quand les gens entendent un député qualifier des versets des Écritures de potentiellement haineux, les personnes religieuses au Canada ont soudainement l'impression qu'elles vont être visées par le projet de loi C‑9. Je ne comprends pas comment le gouvernement peut croire qu'un projet de loi visant à lutter contre la haine envers la religion peut y parvenir en incitant à la haine envers la religion et, surtout, envers les personnes qui sont elles-mêmes religieuses, c'est‑à‑dire la majorité des Canadiens.
Vous savez, nous avons souvent entendu Justin Trudeau dire que la diversité était la force de notre pays. Si vous lisez les données du recensement, non seulement dans les circonscriptions que nous représentons, mais dans tout le pays, vous constaterez qu'il existe toute une gamme de croyances et de systèmes de croyances religieuses. Vous découvrirez des confessions dont vous ignoriez l'existence. Cela s'explique par la grande diversité de nos croyances politiques et religieuses, de nos origines culturelles et de nos langues. Si nous défendons la liberté de religion, nous défendons alors la liberté de toutes les religions. Les croyances religieuses des gens influent sur leurs convictions politiques, y compris, dans certains cas, leurs convictions en matière de géopolitique. Nous l'avons constaté dans le contexte des événements qui se déroulent depuis le 7 octobre. Dans une société libre, nous devrions pouvoir avoir ces discussions et ces débats. Nous devrions être autorisés à engager le dialogue nécessaire pour parvenir aux conclusions politiques dont nous avons besoin ou aux normes sociales que nous voulons appliquer.
John Stuart Mill a écrit On Liberty, l'un des ouvrages les plus influents sur la liberté d'expression. Mill était beaucoup plus utilitariste que moi, mais dans On Liberty, il a su exprimer avec éloquence ce que la liberté d'expression nous apporte et l'intérêt de discuter avec quelqu'un avec qui on n'est pas d'accord. Mill a écrit qu'au cours d'une telle discussion, votre interlocuteur vous dira peut-être que vous avez tort. Peut-être que vous adhérerez à son point de vue. Peut-être que vous trouverez un terrain d'entente dont vous ignoriez l'existence. Peut-être que le fait de débattre et de défendre votre position renforcera vos convictions. Personne ne perd lorsque nous avons la liberté d'engager ce dialogue.
Il est intéressant de noter que, ironiquement, nous parlons ici de liberté d'expression, de liberté de parole et du droit des gens à s'exprimer, et Mme Lattanzio écrit sur les réseaux sociaux qu'elle ne veut pas que j'aie le droit de m'exprimer. Elle ne veut pas que je parle de ces questions, des questions que des Canadiens de partout au pays ont soulevées au sujet de leurs préoccupations concernant le projet de loi .
Les libéraux veulent peut-être faire ce qu'ils font pour obtenir des clics sur les réseaux sociaux, mais le fait est que nous ne pouvons pas prendre pour argent comptant ce qu'ils nous disent, car, pour en revenir à la Loi sur les mesures d'urgence, ils ont montré qu'ils n'étaient pas disposés à accepter une décision de la Cour fédérale qui leur disait qu'ils avaient enfreint la loi. Ils ont été reconnus coupables d'avoir violé la loi suprême de ce pays, la Constitution du Canada.
Le projet de loi , sous couvert de nobles intentions, ouvre la voie à une surveillance des médias sociaux à la manière britannique. Le nous a dit qu'il s'applique à ce que vous voyez et dites en ligne. Nous avons vu les libéraux tenter de faire passer en force l'examen article par article tout en nous refusant deux séances cruciales, six heures de témoignages et, de leur propre aveu, de nombreux témoins ici présents, investis dans le projet de loi, qui n'ont pas encore eu l'occasion de témoigner. J'ai parcouru la liste de certains d'entre eux — des dizaines et des dizaines de témoins, des témoins proposés par les libéraux, des témoins proposés par les conservateurs.
Il y a une incohérence interne. L'un de ces témoins potentiels que nous n'avons pas pu entendre, Brian Doody, qui est, je crois, avocat, parle de « l'incohérence interne ». Il dit que certains articles de cette loi devraient figurer dans d'autres articles du Code criminel. Il estime que cela n'a pas été fait correctement.
L'Hindu Canadian Foundation a exprimé ses préoccupations concernant l'emploi du mot « swastika », un mot qui s'approprie un symbole très sacré pour eux, un ancien mot sanskrit, et ses préoccupations concernant des choses qui ressemblent à d'autres choses.
Nous avons également reçu, de la part du groupe Canadian Women Against Antisemitism, un mémoire sur le projet de loi rédigé par Talia Klein Leighton. Dans ce mémoire, elle évoque la crise croissante de l'antisémitisme et de l'antisionisme. Elle affirme que ces phénomènes se sont amplifiés dans les écoles.
Lors d'une de ces trois séances au cours desquelles nous avons entendu des témoignages, nous avons reçu un témoin qui représentait la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants. Je n'avais pas lu son mémoire, donc je ne savais pas au départ pourquoi la Fédération voulait témoigner au sujet du projet de loi . J'ai été assez surpris d'apprendre que c'était parce qu'on craignait que les enseignants soient en fait victimes de haine et que le projet de loi C‑9 allait y remédier. Ce témoin n'avait jamais entendu parler d'un rapport du gouvernement fédéral traitant de la haine dans les écoles, dont une partie provient des écoles elles-mêmes et, dans certains cas, des enseignants. Le témoin n'en avait jamais entendu parler.
Les conservateurs ne contestent pas le fait que la haine est un fléau dans la société. Il existe toutefois des opinions très divergentes sur la manière de la combattre. Les libéraux proposent d'élargir activement les pouvoirs de censure de l'État, tandis que les conservateurs proposent d'appliquer la loi: ne tolérez pas les personnes qui appellent à la violence dans les rues. Ne tolérez pas les personnes qui pensent que l'incitation au génocide relève de la liberté d'expression. Ne tolérez pas les personnes qui terrorisent sans cesse les membres de la communauté juive dans ce pays.
Ayant visité Israël à deux reprises, ayant toujours soutenu le peuple juif et l'État juif, je suis très conscient que certains membres de la communauté juive croient que le projet de loi devrait être adopté, non pas parce qu'ils pensent que c'est un bon projet de loi, mais parce qu'ils attendent désespérément quelque chose de ce gouvernement. C'est le message que j'ai entendu, non seulement de la part de parties prenantes à l'échelle nationale, mais de la part de gens à qui j'ai parlé dans ma circonscription, des gens qui sont extrêmement préoccupés et qui se rendent compte que la communauté est sous le choc.
Encore une fois, ils ne font pas confiance au gouvernement. Ils ne font pas confiance à ce gouvernement. Ils croient simplement qu'il faut que quelque chose se passe, et ils acceptent cette petite miette que les libéraux leur jettent parce que ceux‑ci tentent de masquer leur incapacité à traiter cette question de manière substantielle.
Vous savez quoi, j'applaudis mon collègue M. Baber, qui, je crois, est le prochain à prendre la parole sur la motion dont nous sommes saisis. Il a tenté de traiter cette question de manière responsable et ciblée avec le projet de loi , une loi modifiant le Code criminel en ce qui concerne la promotion d'une activité ou d'un groupe terroriste. Les libéraux devraient appuyer ce projet de loi. Contrairement au projet de loi , le projet de loi ne modifie pas la définition des discours haineux. Il ne permet pas cette incroyable dérive de la part de personnes qui pourraient avoir des pulsions autoritaires pour restreindre la liberté d'expression. Il se limite explicitement à ceux qui encouragent délibérément des activités terroristes, des groupes terroristes ou les activités de groupes terroristes.
Il est choquant qu'en 2025, un tel projet de loi soit nécessaire. Il est choquant que l'on a fermé les yeux dans des collectivités à travers le pays sur le soutien ouvert et manifeste à des terroristes, à des groupes terroristes et au terrorisme.
Je discutais avec un témoin qui comparaissait devant nous. J'oublie le nom de son organisation, mais il a reconnu une faille dans le projet de loi . Je n'étais pas d'accord avec son analyse, mais j'ai estimé qu'il avait le droit d'exprimer son opinion à ce sujet. Il parlait des problèmes que pose l'établissement de liens entre des symboles haineux interdits et la liste des entités terroristes. Selon lui, le processus d'établissement de cette liste était très imparfait. Je lui ai demandé si le Hamas figurait sur cette liste, mais il n'a pas voulu répondre. Il n'a pas voulu dire si le Hamas était un groupe terroriste ou non.
Il existe certes certains systèmes de croyances que nous devons combattre, mais la manière de le faire consiste à engager le débat, la discussion et le dialogue.
C'est intéressant. Le gouvernement libéral tente de nous faire honte pour nous pousser à adopter un projet de loi mauvais et dangereux. Nous ne renoncerons pas à défendre les libertés civiles. Nous ne renoncerons pas à défendre la liberté d'expression. Nous ne renoncerons pas à nous opposer à un projet de loi qui fait exactement ce qu'il prétend empêcher, surtout si des amendements, qui, je suppose, seront proposés compte tenu des discussions que nous avons eues au sein du Comité, viennent encore éroder la liberté religieuse.
Je reviens à l'ancien premier ministre Justin Trudeau qui, fait intéressant, a déclaré qu'il était compréhensible que quelqu'un veuille mettre le feu à une église chrétienne au Canada. Son ancien secrétaire principal, Gerald Butts, a fait écho à cette déclaration. Je crois que ses mots étaient « tout à fait compréhensible ». Je ne pense pas que quiconque à la Chambre des communes dirait la même chose si une synagogue ou une mosquée était incendiée — et ils ne devraient pas le faire — pour justifier les personnes qui veulent causer des dommages importants à des institutions religieuses et, par extension, terroriser les personnes qui adhèrent à ces religions. Certaines de ces idées sont intégrées dans les discussions que nous entendons sur la manière de lutter contre la haine.
Je pense que les libéraux doivent renoncer à leurs jeux partisans sur le projet de loi . Ne forcez pas l'adoption d'une mesure pour laquelle nous ne sommes manifestement pas prêts. Permettez qu'elle soit étudiée comme il se doit. De plus, alignez les priorités sur le mandat du Comité.
La raison pour laquelle nous n'avons pas pu entendre de témoins sur le projet de loi , et la raison pour laquelle nous n'avons pas pu entendre de témoins pendant six heures — et je suis vraiment choqué par cela — est que les libéraux ont décidé de faire obstruction à une motion condamnant la décision de la Cour suprême qui condamnait une peine minimale obligatoire d'un an pour les personnes qui vendent du matériel d’abus et d’exploitation pédosexuels. Bon sang, si j'avais dit à quelqu'un à l'avance que cette motion serait présentée au Comité, on m'aurait répondu: « Tu sais quoi, ça devrait prendre 90 secondes. Tu vas lire la motion, tout le monde va lever la main pour l'approuver, et tu pourras passer au projet de loi . »
Je suis un nouveau député. J'apprends encore les rouages de certaines règles et réglementations qui régissent cet endroit. Je me rends compte que vous disposez d'un temps limité à la Chambre des communes et en comité pour traiter certaines questions. Je comprends qu'il est frustrant d'avoir un ordre du jour prévu pour un sujet et de devoir traiter un autre sujet qui se présente.
Quand nous avons commencé à étudier le projet de loi , nous ne savions pas que la Cour suprême allait se prononcer en faveur des pédophiles comme elle l'a fait. Par extension, nous ne savions pas que le gouvernement libéral allait également se prononcer en faveur des pédophiles, mais c'est ce qui s'est produit. En tant que comité compétent en matière de justice, nous avons dû nous pencher sur cette question. J'aurais espéré que nous pourrions le faire rapidement, au-delà des clivages partisans. C'est le refus des libéraux de soutenir une peine minimale obligatoire d'un an pour l'exploitation et les abus sexuels des enfants qui a fait exploser le calendrier des deux séances sur le projet de loi : trois séances au total et neuf heures pendant lesquelles nous aurions pu traiter de véritables enjeux liés à la justice. Au lieu de cela, nous avons dû composer avec des querelles de procédure, et au bout du compte, pour ceux qui ont vu la dernière séance, les libéraux ont fini par soutenir le projet de loi parce qu'ils pensaient voter sur l'amendement. Ils n'ont même pas réussi à être efficaces dans leur obstruction.
C'est ici que nous examinons nos priorités en tant que pays, nos priorités en tant que parti, nos priorités, en clair, en tant que Canadiens qui se soucient de la justice, qui se soucient de l'ordre public, qui se soucient de la Constitution et des libertés qu'elle protège, et qui comprennent que les victimes ont aussi des droits. Les enfants ont des droits. Les victimes de crimes ont des droits.
Dans ma motion — j'espère que le gouvernement libéral l'adoptera lorsqu'elle sera mise aux voix, et je soupçonne que d'autres voudront peut-être s'exprimer à ce sujet —, nous demandons que le projet de loi soit traité en priorité. Je m'entretiens avec des policiers de ma circonscription et de partout au pays, et lorsqu'ils me demandent quelles sont les questions cruciales en matière de sécurité publique sur lesquelles le Comité doit agir pour protéger les rues et les collectivités, ils ne disent pas: « Nous sommes préoccupés par ce que les gens disent en ligne », mais bien: « Nous sommes préoccupés par le fait que nous arrêtons des gens, qu'un juge de paix les met en liberté sous caution, puis que nous les arrêtons à nouveau quelques heures plus tard. ».
Le projet de loi aurait dû être le tout premier projet de loi sur la justice. En fait, je dirais qu'il aurait dû être le projet de loi . Il est intéressant de noter que le projet de loi C‑2, qui portait sur les libertés civiles, était celui que les libéraux avaient décidé de consacrer à la sécurité frontalière, mais qui, en fin de compte, visait à interdire les opérations en espèces, à autoriser la fouille sans mandat du courrier postal et à instaurer toutes sortes d'autres mesures bizarres qui n'avaient rien à voir avec la sécurité frontalière. Le projet de loi aurait dû être le projet de loi sur la mise en liberté sous caution.
Cela aurait dû être la priorité, mais encore une fois, c'est le gouvernement qui fixe l'ordre du jour. Le gouvernement a décidé de fixer un ordre du jour qui ne correspond pas du tout aux souhaits des Canadiens. Nous ne pouvons pas et ne voulons pas adopter une mauvaise loi qui censure les actions des Canadiens simplement parce que les libéraux nous disent de leur faire confiance. En raison de ce calendrier imposé de manière arbitraire, de l'examen article par article, qui a été imposé sans discussion, sans débat, sans possibilité de débattre, parce que la séance a été ajournée deux heures plus tôt jeudi et que le temps pour entendre les témoins était limité...
Soit dit en passant, je suis autorisé à révéler ceci, car cela allait faire partie de nos motions. Nous avions donné avis d'une motion que nous allions présenter pour prolonger l'étude du projet de loi . Lorsqu'on donne avis d'une motion, celle‑ci n'est pas rendue publique, mais tous les membres du Comité en prennent connaissance. Je me demande si la raison pour laquelle nous avons ajourné la séance plus tôt était que les libéraux ne voulaient pas avoir à rejeter cette motion, qui aurait été présentée, et à voter contre la possibilité d'entendre d'autres témoignages sur le projet de loi . Des témoins m'ont dit qu'ils étaient très préoccupés de ne pas avoir eu l'occasion de s'exprimer. Ce matin même, j'ai reçu un appel d'un intervenant qui espérait pouvoir témoigner et se demandait s'il y avait une dernière chance de le faire, mais qui n'a pas pu le faire en raison, encore une fois, de cette date limite imposée artificiellement.
Encore une fois, nous aurions pu obtenir plus d'information. Nous aurions pu entendre davantage de témoignages. Nous aurions pu avoir plus d'information si les libéraux n'avaient pas décidé qu'une année était une peine trop cruelle et inhabituelle pour les personnes qui font le trafic de matériel pédopornographique. Je trouve choquant qu'ils aient décidé que c'était là leur limite. Ma limite, c'est la liberté d'expression. Le gouvernement libéral a fait preuve d'un mépris irresponsable à cet égard. Quand nous travaillons en comité, nous sommes les gardiens entre les lois qui n'ont pas été examinées, vérifiées ou analysées et celles qui sont adoptées par la Chambre des communes. Si vous essayez d'accélérer de manière agressive et injustifiée la démarche d'un comité, vous privez les Canadiens de la possibilité d'améliorer une mauvaise loi ou, dans certains cas, d'éviscérer une loi terrible. Si vous essayez d'accélérer cette démarche, c'est soit que vous ne vous souciez pas de ce que les Canadiens ont à dire, soit, et pire encore, que vous savez ce qu'ils vont dire. C'est précisément ce qui se passe avec le projet de loi . On nous impose artificiellement un délai que nous ne pouvons pas respecter et que nous ne respecterons pas, car nous ne disposons pas de renseignements adéquats.
Quelle sera la suite, je ne sais pas. J'espère que nous pourrons nous entendre sur la motion de programmation que nous avons présentée, une motion qui nous permettra de redéfinir les priorités du Comité. J'espère que nous pourrons donner la priorité à l'étude du projet de loi , la réforme de la mise en liberté sous caution et de la détermination de la peine, qui nécessitera elle-même un travail considérable. J'espère que, dans un esprit de collaboration, nous pourrons poursuivre cette étude et celle du Bloc sur les nominations judiciaires. Ce faisant, nous les mènerons de front et réitérerons au son invitation à comparaître pour discuter de son mandat et de ses priorités, pas seulement de la priorité dont il souhaite discuter, à savoir le projet de loi , mais de toutes ses priorités.
Je crois que nous avions également lancé une incitation au , qui ne l'a pas encore acceptée. Nous savons que la sécurité publique et la justice sont étroitement liées. Je pense qu'il nous faut entendre le ministre de la Sécurité publique sur plusieurs sujets, notamment de savoir s'il a réussi à comprendre, au cours des derniers mois, ce qu'est un permis d'armes à feu. Ce sont là des questions cruciales qui, à mon avis, devraient être posées au ministre responsable de la confiscation des armes à feu de propriétaires respectueux de la loi et, par extension, de l'affectation de ressources policières à d'autres tâches que le respect des conditions de libération sous caution.
Nous sommes réunis ici parce que les libéraux n'ont pas été capables de voter simplement oui pour dénoncer sans ambiguïté la décision de la Cour suprême, qui a jugé que l'imposition d'une peine minimale obligatoire à toute personne qui utilise du matériel pédopornographique constitue un châtiment cruel et inhabituel. Cela aurait dû être une décision quasi instantanée et unanime du Comité, mais cela n'a pas été le cas.
:
Merci, monsieur Housefather.
J’ose espérer que nos collègues libéraux feront preuve de la même volonté de collaboration que celle qui anime la présentation de ces amendements.
Il convient de rappeler que le projet de loi , édicté sous l’administration Harper, avait instauré des dispositions visant à criminaliser la promotion du terrorisme au sein du Code criminel. Toutefois, en 2017, le gouvernement de Justin Trudeau a abrogé une partie substantielle de ces mesures, ce qui a engendré une lacune juridique au sein du droit pénal canadien, permettant ainsi, dans les faits, la promotion délibérée du terrorisme.
Il m'apparaît que nous faisons trop souvent l'amalgame entre ces agissements et l'incitation à la violence, tel qu'elle se manifeste actuellement dans les rues du Canada. Comme j'ai eu l'occasion de le souligner précédemment devant ce comité, lorsqu'une personne scande des slogans tels que « Viva viva intifada » ou « Mondialiser l'intifada », elle incite en fait à la violence. Néanmoins, nous constatons une certaine réserve de la part des forces de l'ordre à engager de telles accusations.
Nous observons le déploiement de bandeaux et de drapeaux associés à des organisations terroristes. Je souligne que, dans la région du Grand Toronto, des accusations portées à au moins deux reprises concernant l'exhibition de drapeaux — symboles d'entités inscrites — ont été ultérieurement suspendues.
Parallèlement, des appels explicites à la glorification du terrorisme et des événements du 7 octobre sont proférés publiquement, notamment au sein des campus des universités de Toronto et McGill. De tels agissements me semblent incompatibles avec les valeurs de la société canadienne et devraient, par conséquent, être proscrits par notre droit pénal.
C’est précisément cet impératif qui a motivé le dépôt du projet de loi , dont l’objet est de criminaliser la promotion délibérée du terrorisme, en particulier la promotion du terrorisme, d'une activité ou d'un groupe terroriste.
Avant que M. Housefather ne m'interrompe, j'ai été agréablement surpris d'apprendre que l'amendement LIB‑2, proposé par mon collègue Anthony Housefather, qui poursuit un objectif analogue, soit de criminaliser la promotion délibérée du terrorisme ou des activités terroristes. Je le remercie de s'être rallié à cette position selon laquelle l'apologie du terrorisme ne saurait être tolérée dans l'espace public canadien.
J’aimerais maintenant aborder les aspects techniques de cette proposition. Je salue la présence des représentants du ministère, car mon collègue et moi souhaitons éclaircir certaines modalités d’intégration de ces dispositions dans le cadre du projet de loi . Il semble que les deux parties conviennent qu'il devrait être présenté sous une forme ou une autre.
Bien qu'un consensus semble se dessiner sur le fond, il existe des différences notables entre la rédaction initiale du projet de loi , déposé le 17 novembre, et les amendements CPC‑1, CPC‑2 et CPC à CPC‑4.
À cet égard, et sous réserve de l'assentiment de la présidence et du Comité, je suggérerais de regrouper l'examen des amendements CPC‑1, CPC‑2, CPC‑3 et CPC‑4 afin de rationaliser nos délibérations. Si tel est le souhait du Comité, je pense que nous pouvons le faire.
:
Si vous examinez l'article 2 du projet de loi , vous constaterez que la disposition prévoit l'insertion du terme « promotion » dans le libellé de la section consacrée au terrorisme. C'est la disposition clé. L'amendement CPC‑2 vise effectivement à transcrire cette modification terminologique.
L'amendement CPC‑1 est une disposition corrélative essentielle du projet de loi , ajoutant l'article 83.171 proposé à la définition d'une infraction terroriste à l'article 2 du Code criminel. Comme dans la plupart des lois fédérales, nous savons que l'article 2 du Code criminel prescrit les définitions utilisées dans la loi. L'amendement CPC‑1, par exemple, tend à modifier la définition d'« infraction terroriste » figurant à l'article 2 du Code criminel, afin d'y inclure le nouvel article 83.171 proposé. Il s'agit ici d'une mise en conformité des définitions prescrites par la loi.
De la même manière, l'amendement CPC‑3 constitue un amendement corrélatif découlant des dispositions principales du projet de loi . Il vise à modifier la définition de l'article 183 du Code criminel — lequel régit les modalités d'enquête — par adjonction de l'article 83.171 proposé. Je tiens à préciser, pour la clarté de nos débats, que nous ne créons aucune nouvelle procédure d'exception. Nous affirmons simplement que, puisqu'il s'agit d'une infraction pénale, elle doit être traitée comme toutes les autres infractions prévues par le Code criminel.
Plus précisément, cela concerne la détermination de la peine. Je ne propose pas de la réformer; l'amendement CPC‑3 et le projet de loi stipulent simplement que cette nouvelle infraction doit donner lieu à des peines consécutives, à l'instar des autres infractions prévues par le cadre législatif canadien de lutte contre le terrorisme. Il s'agit d'un ajustement accessoire nécessaire à la mise en œuvre de l'amendement CPC‑2.
Enfin, CPC‑4 est également un amendement accessoire ou découlant du projet de loi , modifiant la définition énoncée à l'article 83 du Code criminel par l'ajout de l'article 83.171 proposé. Je crois qu'il s'agit de l'article qui traite des enquêtes sur les infractions terroristes. Je ne me risquerais pas à redéfinir la manière dont les services de sécurité canadiens enquêtent sur le terrorisme. Tout ce que je dis, c'est que c'est le cadre. L'infraction terroriste prévue par l'article 83.171 doit donc être intégrée au cadre existant.
Je pense que c'est essentiellement cela, en ce qui concerne ce que j'essaie de faire.
Par opposition, l'amendement LIB‑2 tend à modifier le projet de loi en s'insérant dans le cadre relatif de lutte contre la haine, notamment par la création des paragraphes 319(2.4) et 319(2.5). Toutefois, ces modifications sont apportées dans le cadre relatif de lutte contre la haine du Code criminel.
Je souligne toutefois qu'il existe des divergences notables dans la proposition de mon collègue et la mienne, figurant à la page 12 de notre liasse. Je remarque qu'il n'y a pas de page 11 après les amendements. Le nouvel amendement LIB‑2 modifie certes le cadre relatif de lutte contre la haine pour y inclure la promotion délibérée du terrorisme, mais il introduit trois distinctions fondamentales qu'il convient d'examiner.
En premier lieu, le projet de loi omet délibérément l'expression « autrement que dans une conversation privée », contrairement à l'amendement déposé par M. Housefather. Le projet de loi a délibérément omis cette expression, car nous essayons de criminaliser la promotion délibérée du terrorisme. Que se passe‑t‑il s'il s'agit d'une conversation privée? Une personne s'adresse à une autre et tente de promouvoir les activités d'une entité inscrite sur la liste. À mon humble avis, le fait que cela se produise dans le cadre d'une conversation privée ne le rend pas excusable ou défendable, compte tenu du contexte dans lequel nous vivons.
Je fais une distinction claire entre cela et fomenter volontairement la haine. Il est important de garder à l'esprit que, pour résister à l'examen constitutionnel, le projet de loi reprend le cadre légal de fomenter volontairement la haine, avec les mêmes moyens de défense, afin d'éviter certaines des critiques formulées au projet de loi .
Si je conçois que les propos haineux tenus en privé puissent échapper à l’intervention de l’État, je soutiens fermement que la promotion délibérée du terrorisme, même dans la sphère privée, doit demeurer dans le champ d’application de la loi.
Une seconde divergence — et j'en vois plusieurs, mais celles‑ci me sautent aux yeux — concerne la peine maximale. L'amendement de mon collègue, M. Housefather, propose deux ans, tandis que le projet de loi et l’amendement CPC‑2 proposent cinq ans. Par souci de cohérence avec l'ensemble des infractions terroristes régies par l'article 83 du Code criminel, lesquelles sont uniformément passibles d'une peine de cinq ans, je préconise le maintien de ce seuil de sévérité de cinq ans.
Enfin, en réfléchissant à la manière dont il devrait être rédigé, le conseiller législatif a veillé à ce que le projet de loi ou les amendements CPC‑1 à CPC‑4, résistent à l'examen constitutionnel. Pour ce faire, l’amendement CPC‑2 s’appuie sur la terminologie éprouvée de « fomenter volontairement la haine » et intègre des moyens de défense spécifiques.
Je comprends que mon collègue du Bloc puisse éprouver des difficultés avec l'un de ces moyens de défense, mais je suggère respectueusement que l'équilibre entre ces moyens soit maintenu. Que ces déclarations soient vraies ou qu'elles concernent un sujet d'intérêt public, ou qu'elles aient été faites de bonne foi, leur objectif était de signaler et de combattre la promotion délibérée du terrorisme. Je crains, à l'inverse, que la proposition de mon collègue ne soit plus vulnérable sur ce point juridique.
Enfin, une quatrième distinction réside dans le fait que le projet de loi et les amendements soutenus par le Parti conservateur du Canada prévoient la criminalisation de la promotion délibérée d'une activité terroriste, d'un groupe terroriste ou de ses activités. À l'inverse, l'amendement LIB‑2 de M. Housefather se limite à criminaliser la promotion des activités terroristes elles-mêmes. Il semble que, par omission ou inadvertance, mon collègue ne criminalise pas la promotion d’un groupe terroriste en tant qu’entité, mais uniquement ses activités. À mon sens, cela constitue une lacune importante.
Je m’excuse de la longueur de mes explications, mais il est crucial que chacun saisisse les enjeux actuels. Un examen rigoureux nous amènera inévitablement à rejeter plusieurs amendements.
La question fondamentale pour les représentants du ministère est la suivante: quel est le cadre d'intervention approprié? Je soutiens respectueusement que, s'agissant d'infractions terroristes, nous devons agir au sein des dispositions relatives au terrorisme du Code criminel.
Les questions de portée générale sont légitimes, en particulier lorsqu'elles concernent les symboles terroristes ou ce qui se passe dans les rues, par exemple à North York. L’amendement de mon collègue vise toutefois l'article relatif à la haine. Or, le fait d'inclure cette proposition dans une section sur la haine ne change pas sa nature profonde: nous traitons ici d'actes terroristes.
Je vous remercie.