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Les membres participent par vidéoconférence et en personne. Dans le cas des comparutions par vidéoconférence, les tests de son ont été effectués et approuvés.
Avant de commencer, je rappelle à tous les députés qu'ils ont la possibilité de participer à la réunion d'aujourd'hui dans la langue officielle de leur choix.
Veuillez sélectionner le bon canal avant le début de la réunion pour accéder à la langue de votre choix et éviter toute interruption. S'il y a un problème avec l'interprétation, veuillez m'en informer. Nous suspendrons la séance le temps de le régler. Si vous participez à distance, cliquez sur l'icône du globe au bas de votre ordinateur Surface et choisissez la langue officielle de votre choix.
Veuillez adresser toutes vos questions à la présidence et attendre que je vous nomme avant de prendre la parole. Si vous avez des appareils avec vous, mettez-les en mode silencieux afin qu'ils ne sonnent pas et ne causent pas de problèmes aux interprètes. Veuillez vous abstenir de tapoter le support de votre micro, car cela peut causer des problèmes auditifs pour les interprètes.
Ce matin, pour le premier tour, je souhaite la bienvenue à Cliff Groen, sous-ministre délégué principal et chef de l'exploitation pour Service Canada, et à Brian Hickey, sous-ministre adjoint, Direction générale de la mise en œuvre de la Modernisation du versement des prestations et de la conception des services.
Bienvenue. Vous avez un maximum de cinq minutes pour faire une déclaration préliminaire si vous le souhaitez.
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Merci beaucoup, monsieur le président.
[Français]
Comme vous l'avez mentionné, je m'appelle Cliff Groen. Je suis sous-ministre délégué au ministère de l'Emploi et du Développement social et je suis chef de l'exploitation à Service Canada.
[Traduction]
J'aimerais commencer par reconnaître que le territoire sur lequel nous nous réunissons aujourd'hui est le territoire traditionnel non cédé du peuple algonquin anishinabe.
[Français]
Au nom du ministère, je tiens à vous remercier de me donner la possibilité de comparaître devant le Comité aujourd'hui. C'est un plaisir pour moi d'être ici parce que ce programme est d'une grande importance pour tous les Canadiens. Je suis content d'être ici pour répondre à vos questions.
[Traduction]
Je suis accompagné aujourd'hui de mon collègue Brian Hickey. Comme on l'a dit, il est sous-ministre adjoint à la Direction générale de la mise en œuvre de la Modernisation du versement des prestations et de la conception des services.
Comme ce comité le sait déjà, notre ministère a investi dans la modernisation du versement des prestations pour remplacer les anciennes plateformes technologiques utilisées dans le versement des prestations de sécurité du revenu telles que la Sécurité de la vieillesse, l'assurance-emploi et le Régime de pensions du Canada, car les Canadiens méritent des services efficaces, réactifs et fiables. Les prestations de la Sécurité de la vieillesse, de l'assurance-emploi et du Régime de pensions du Canada constituent le pilier du filet de sécurité sociale du Canada et toute interruption attribuable à des systèmes vieillissants pourrait nuire considérablement à la capacité des prestataires de subvenir à leurs besoins quotidiens de base.
[Français]
Nous savions depuis longtemps que les systèmes informatiques qui soutiennent ces prestations essentielles étaient exposés à des risques sérieux de défaillance. En fait, dès 2010, le Bureau du vérificateur général du Canada avait souligné l'importance d'agir afin de garantir que les Canadiens puissent continuer à recevoir ces importantes prestations.
Ainsi, le programme de la Sécurité de la vieillesse a été le premier à migrer vers la nouvelle plateforme l'an dernier. Le système fonctionne comme prévu et donne déjà des résultats pour les Canadiens.
[Traduction]
En date du 30 avril 2026, le nouveau système avait versé près de 100 millions de paiements à plus de 7,7 millions de Canadiens, pour une valeur totale de près de 87,5 milliards de dollars.
Des travaux ont également déjà commencé pour transférer le programme d'assurance-emploi sur la nouvelle plateforme. À l'automne 2025, la première prestation d'assurance-emploi à être transférée sur la plateforme a été déployée avec succès, dans le cadre d'une série de versions à venir. Il s'agissait des prestations de compassion de l'assurance-emploi pour les travailleurs autonomes.
Le projet de modernisation de la technologie des centres d'appels est également bien engagé. En fait, pas plus tard que le mois dernier, le premier de 14 centres d'appels a été déployé avec succès sur la nouvelle plateforme des centres d'appels.
[Français]
En résumé, le programme de Modernisation du versement des prestations, ou MVP, ne consiste pas seulement à transférer les dossiers de la Sécurité de la vieillesse; il s'agit d'une transformation numérique qui touche plusieurs programmes et secteurs d'activité.
Il est certain que même un seul aîné qui attend des mois pour recevoir ses prestations de la Sécurité de la vieillesse, c'est déjà un aîné de trop. C'est une situation que nous prenons très au sérieux.
[Traduction]
Un plan d'action a été mis en œuvre pour la Sécurité de la vieillesse afin d'améliorer les résultats en matière de prestation de services, de gérer l'arriéré des nouvelles demandes de prestations, ce qui a permis, à la fin avril, de réduire à 50 000 le nombre de clients en attente d'un versement initial au‑delà du premier mois, c'est‑à‑dire une diminution de 35 000 depuis la fin de janvier.
Monsieur le président, je voudrais aussi prendre un instant pour rappeler clairement les coûts liés à ces programmes.
Premièrement, de 2017 — où on a autorisé la planification du programme — au 31 décembre 2025, 1,8 milliard de dollars ont été dépensés pour le programme de la Modernisation du versement des prestations, y compris la migration des dossiers de la Sécurité de la vieillesse achevée l'année dernière. Le projet de la Sécurité de la vieillesse a été accompli en dépensant environ 6 % de moins que ce qui était prévu dans le budget.
Deuxièmement, il faut bien comprendre que le chiffre de 6,6 milliards de dollars représente également une estimation prévisionnelle pluriannuelle globale pour l'ensemble du programme de Modernisation du versement des prestations, jusqu'en 2030‑2031. En plus de la Sécurité de la vieillesse, de l'assurance-emploi et des centres d'appels — qui sont tous terminés ou en cours —, ce travail comprend la migration du Régime de pensions du Canada vers la nouvelle plateforme, ce qui n'a pas encore commencé. Le financement comprend aussi un fonds de prévoyance — qui est essentiel pour tout grand projet de cette envergure — qui n'a pas été nécessaire à ce jour.
Troisièmement, ce qui a évolué, c'est l'estimation du coût total. Il était impossible de connaître dès le départ les innombrables coûts à prendre en compte. Voilà pourquoi la première estimation des coûts était une idée générale de leur ampleur. C'était un choix tout à fait délibéré. L'estimation a été établie, puis les coûts ont évolué comme prévu.
Puisqu'il s'agit de la plus grande transformation de l'histoire du gouvernement du Canada, nous faisons beaucoup de choses pour la première fois. On comprend donc très bien pourquoi, comme on s'y attendait, les coûts ont évolué.
[Français]
Je voudrais maintenant donner des précisions concernant le financement de la Sécurité de la vieillesse annoncé dans la mise à jour économique du printemps.
Un montant de 176 millions de dollars a été proposé dans la mise à jour économique du printemps de 2026 afin d'accroître la capacité de traitement de la Sécurité de la vieillesse pour faire face à l'augmentation de la charge de travail liée à la hausse du nombre de bénéficiaires de la Sécurité de la vieillesse, ainsi que pour l'entretien et le soutien du système. Ce financement ne faisant pas partie des projets de la MVP, l'estimation de 6,6 milliards de dollars n'augmentera pas.
[Traduction]
Je vous prie de m'excuser d'avoir pris autant de temps, monsieur le président.
Cette transformation cruciale a été entreprise de manière responsable et transparente dans le cadre d'une série de phases bien planifiées et prudentes dans le cadre du budget alloué.
Je suis très heureux d'être ici aujourd'hui pour répondre à vos questions.
Merci.
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Merci, monsieur le président. Je vous en suis reconnaissante.
Certains d'entre vous savent peut-être que je suis membre du Comité permanent des comptes publics, qui s'est beaucoup penché sur cette question. Des motions y ont été présentées, et nous en avons longuement débattu. C'est censé être un comité non partisan. À cet égard, nous faisons un assez bon travail au comité des comptes publics. Nous avons de bonnes discussions et nous sommes en mesure de poser de bonnes questions à nos témoins. Je suis heureuse d'avoir l'occasion de faire un peu la même chose ici.
Ma question s'adresse à M. Groen.
Hier, au comité des comptes publics, nous avons reçu certains de vos collègues de Services publics et du Conseil du Trésor, ainsi que la vérificatrice générale. Nous avons reçu de bons renseignements de leur part.
Des thèmes communs sont ressortis tout au long de notre période de questions aux témoins. Selon mon interprétation de ces thèmes, nous avons là un projet très complexe à gérer. Il a été très difficile d'estimer les coûts avec exactitude. C'est peut-être juste mon opinion, mais il semble que les ministères aient en quelque sorte sous-estimé l'ampleur et la portée du projet au fil du temps.
J'aimerais vous parler un peu des coûts. Vous en avez un peu parlé dans votre déclaration préliminaire. Vous avez dit que les estimations initiales étaient une « idée générale de leur ampleur », qui était fondée sur des estimations préliminaires. Il y a eu des augmentations assez importantes.
J'aimerais que vous nous parliez de la complexité de l'estimation initiale des coûts et de la façon dont les ministères budgétisent en fonction d'imprévus qui pourraient survenir.
:
Conformément à la politique du Conseil du Trésor, il faut fournir une estimation des coûts, une idée générale de leur ampleur, pour tout projet mis en œuvre. Donc, en 2017, quand Emploi et Développement social Canada a reçu l'autorisation de mettre en œuvre ce programme, il a fallu fournir cette estimation avant même de pouvoir commencer le travail.
Dans le budget de 2017, en lien avec cette décision, une estimation initiale de 1,8 milliard de dollars a été présentée. C'était avant le début de tout travail de planification du programme, parce que nous n'avions pas l'autorisation. Le budget de 2017 prévoyait 12 millions de dollars pour le travail de planification initial, et il était entendu que nous devions faire le travail de planification détaillé pour avoir une idée des coûts. Tous les documents présentés dans le cadre de cette proposition étaient clairs là‑dessus.
À mesure que les choses ont évolué depuis 2017, les coûts ont changé. Trois raisons principales expliquent cette évolution des coûts.
D'abord, nous avons affaire à des systèmes vieux de 50 et 60 ans. Lorsque nous ouvrons ces systèmes et ces codes élaborés il y a des décennies, il y a des choses que nous ne savons pas. La documentation liée au codage et à l'infrastructure dans les systèmes ne pouvait pas être connue avant de regarder sous le capot. Il était essentiel de décortiquer cette complexité et de veiller à faire les choses correctement.
Ensuite, la portée du programme a changé, puisque, au départ, la migration de 14 centres d'appels d'Emploi et Développement social Canada n'en faisait pas partie. Ce changement a entraîné des modifications supplémentaires à la portée globale et, par conséquent, à l'estimation des coûts du programme.
Enfin, les coûts liés à la cybersécurité ont certainement contribué à l'augmentation des coûts. En 2017, il y avait de vrais problèmes de cybersécurité. Cependant, en 2026, avec l'avènement de nombreuses technologies, dont l'intelligence artificielle, la réalité est que ces technologies présentent toutes sortes de menaces nouvelles. Il en a donc résulté des estimations de coûts supplémentaires pour veiller à ce que ces programmes soient adéquatement protégés, du point de vue de la cybersécurité.
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Je pense que c'est une conclusion juste. Elle correspond également à ce qu'a déclaré la vérificatrice générale en 2023, qui avait conclu que les estimations initiales étaient inférieures à celles de projets similaires.
Le problème avec le programme de Modernisation du versement des prestations, c'est qu'il s'agit du plus grand projet de technologies de l'information, non seulement de l'histoire du gouvernement du Canada, mais aussi du Canada et de toute notre histoire, point barre.
La complexité due à la taille et à la portée de ce projet a rendu très difficile toute estimation initiale. Aurions-nous pu faire mieux en ce qui concerne cette estimation initiale? Bien sûr.
Au fil de l'évolution du programme, de notre planification détaillée et de la mise en œuvre, je suis très fier d'annoncer que nous en sommes arrivés à des estimations beaucoup plus exactes. Pour le programme de la Sécurité de la vieillesse, maintenant terminé, le coût total final est de 6 % inférieur au coût total estimé pour cette composante du programme de Modernisation du versement des prestations.
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Monsieur Groen, monsieur Hickey, je vous remercie d'être avec nous, aujourd'hui, au Comité.
Même si vous dites que vous vous êtes occupés des gens, certains drapeaux rouges ont été levés et ont été ignorés par le ministère. En 2017, vous avez entrepris la modernisation du versement des prestations avec Cúram. Vous pouvez faire dire ce que vous voulez à vos chiffres, messieurs Groen et Hickey, mais il reste que la vérificatrice générale a levé un drapeau rouge sur le dépassement des coûts dans un rapport de 2023. L'an passé, en 2025, c'est l'Alliance de la fonction publique du Canada qui a dit, à la mi-juin, qu'elle prévoyait des retards dans le versement des prestations. On a lu dans les journaux que des employés donnaient la note de 1 sur 10 à la plateforme Cúram.
À la Chambre des communes, au début de cette année, en réponse à mes questions, on a commencé par dire qu'il n'y avait que quelques cas. Finalement, au Comité, on a fini par nous avouer qu'il y avait 85 000 cas. Le nombre a diminué depuis, car c'est sorti dans les médias, notamment grâce au travail que nous avons fait et aux questions que nous avons posées ici et au Comité permanent des comptes publics. Il y a eu de l'obstruction systématique ici, au Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées, ainsi qu'au Comité permanent des comptes publics, pour refuser de produire des documents, et j'y reviendrai.
J'en viens maintenant à ma question.
Plus de 85 000 personnes ont été touchées par les retards liés au système Cúram. Cela a été confirmé au Comité permanent de la condition féminine, lorsqu'on posait des questions dans le cadre d'une étude sur la situation des femmes aînées. C'est l'ancienne présidente de la FADOQ, qui est maintenant à l'Association nationale des retraités fédéraux, qui a dit qu'il y avait des cas dramatiques où les gens n'arrivaient pas à payer leur loyer, leurs médicaments et leur épicerie.
Le gouvernement reconnaît-il aujourd'hui que ce projet a eu des conséquences humaines graves sur des citoyens vulnérables? En fait, oui, vous l'avez reconnu, puisque vous avez été obligés d'ajouter 176 millions de dollars dans la dernière mise à jour économique.
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Je ne sais pas s'il y avait une question à cet égard, mais j'aimerais souligner qu'un seul aîné qui doit attendre un an pour être payé, c'est un de trop.
En ce qui concerne le versement des prestations des différents programmes à des millions de Canadiens, j'aimerais pouvoir dire que chacun est payé à temps, mais malheureusement, ce n'est pas possible et ce n'est pas le cas. L'automne dernier, nous avons mis en place un plan d'action pour remédier aux problèmes qui font que les prestations ne sont pas versées à temps, et nous avons obtenu de bons résultats.
J'aimerais aussi réitérer que ce n'est pas à cause du système que ça ne fonctionne pas. Oui, la transition vers le nouveau système est un grand projet, et il est difficile pour les employés de s'y adapter. Il a fallu que nous leur donnions tout l'appui nécessaire pour les aider à utiliser ce système. Toutefois, 7,7 millions de Canadiens continuent de recevoir des prestations de la Sécurité de la vieillesse, et c'est le défi auquel nous étions confrontés au moment de lancer ce projet. L'ancien système aurait pu tomber en panne, ce qui nous aurait placés dans une situation où nous n'aurions pu payer aucun aîné, ce qui aurait été inacceptable.
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Merci, monsieur le président.
Si vous me le permettez, je vais alléger l'atmosphère, parce que, depuis tantôt, j'entends seulement des gens faire de la récupération politique. Je vais m'adresser à M. Cliff Groen. Nous allons parler des retards.
D'abord, qu'est-ce qui cause ces retards? Est-ce parce que les gens remplissent des formulaires qui contiennent des fautes graves, comme des noms ou des adresses mal écrites, ou encore des cases cochées qui ne devraient pas l'être? À mon avis, dans de tels cas, on ne peut pas traiter le dossier. Il faut renvoyer le formulaire. Pouvez-vous nous en parler un peu?
L'image que l'opposition envoie aux Québécois et aux Canadiens est celle d'un Canada dysfonctionnel. Il faut arrêter de dénigrer le Canada. Nous vivons dans un beau grand pays où il fait bon vivre. À un moment donné, il faut arrêter de faire peur aux Québécois et aux Canadiens en disant que le Canada est dysfonctionnel. Je peux rassurer les gens: le Canada n'est pas dysfonctionnel.
Alors, pouvez-vous nous parler un peu des retards? Sont-ils causés par des formulaires de demande mal remplis?
Prenez tout le temps dont vous avez besoin pour nous expliquer ça.
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Je vous remercie beaucoup de cette question.
La Sécurité de la vieillesse est le plus grand programme prescrit par une loi qui verse des prestations aux Canadiens. L'un des grands problèmes que nous avions auparavant était lié au fait que le système et le processus étaient complètement basés sur le papier. Toutes les demandes étaient faites sur papier. Par conséquent, nous avions beaucoup de difficulté à traiter ces demandes de façon efficace. Parfois, comme vous l'avez mentionné, nous avions de la difficulté à lire ce que les clients avaient écrit, mais il y avait un problème plus important encore: nous recevions des demandes incomplètes de prestations. Dans de tels cas, il faut faire un suivi auprès de ces clients pour obtenir d'autres renseignements.
Le nouveau système étant numérique, les personnes peuvent faire leur demande en ligne. Ainsi, nous avons les contrôles nécessaires pour nous assurer que la demande soumise est complète. Ça nous permet vraiment d'offrir un meilleur service. Présentement, une de nos difficultés concerne le taux d'utilisation de cette application en ligne, qui demeure très bas. Nous encourageons donc les Canadiens à se rendre compte que, maintenant, le programme de la Sécurité de la vieillesse a enfin un système moderne, digne du XXIe siècle; ils peuvent donc l'utiliser pour faire leur demande. Un système numérique permettant aux personnes de faire leur demande en ligne va nous aider à mieux servir les Canadiens.
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Merci, monsieur le président.
Merci d'être de retour devant notre comité, monsieur Groen.
Je vous remercie de nous avoir transmis les réponses aux questions posées lors de la réunion du 26 mars. D'après ces réponses, 53 000 personnes attendaient de recevoir leurs paiements, et ce chiffre est désormais de 50 000. Cela signifie qu'en l'espace de quelques mois, vous avez réussi à réduire l'arriéré de 3 000 personnes. C'est un chiffre assez inquiétant. Je comprends que vous faites de votre mieux, mais cela signifie tout de même qu'il y a 50 000 Canadiens qui n'ont pas reçu leurs fonds.
Voici une question que je me suis posée après notre dernière réunion à ce sujet: que ferais‑je si j'étais une aînée peu familiarisée avec la technologie? Eh bien, je me rendrais probablement dans un bureau de Service Canada.
Il se trouve que je devais faire faire un passeport à mon fils; alors, plutôt que de simplement envoyer les documents, j'ai décidé de me rendre au bureau de Service Canada de Fort McMurray et d'attendre sur place. Avez-vous une idée du temps que j'ai dû passer à attendre le 31 mars au bureau de Service Canada de Fort McMurray juste pour voir quelqu'un?
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J'ai attendu deux heures et 20 minutes.
J'ai vu plusieurs personnes qui ont attendu environ une heure, mais qui ne pouvaient pas se permettre d'attendre plus longtemps. Elles sont donc parties, très frustrées. Il m'a semblé évident, pendant que j'étais là‑bas, que le personnel était stressé parce que de nombreuses personnes étaient là faute d'avoir reçu leurs paiements. Elles attendaient leurs prestations d'assurance-emploi ou d'autres aides de ce genre, et elles n'avaient pas de soutien. À un moment donné, il n'y avait pas assez de chaises dans la salle d'attente pour tout le monde. C'est un problème, et c'est la réalité.
Beaucoup d'aînés sont incapables d'utiliser Internet ou ne possèdent pas les compétences nécessaires pour le faire. Ils se sentent plus à l'aise de se rendre sur place ou de téléphoner. J'ai essayé de téléphoner, mais cela ne fonctionne pas vraiment. Les gens se perdent sans cesse. Nos bureaux reçoivent régulièrement des appels de gens frustrés.
Y a‑t‑il un moyen d'améliorer votre service à la clientèle pour aider les gens qui attendent leur prestation de la Sécurité de la vieillesse, de sorte qu'ils puissent passer en priorité quelque part? Même dans un bureau de Service Canada, ces gens ont dû attendre deux heures et demie.
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Nous avions très peur que le système cesse de fonctionner.
Je vais vous donner un exemple.
Les États‑Unis avaient un système semblable pour les anciens combattants qui était aussi basé sur le langage COBOL. Ils y avaient apporté une petite modification en raison d'un changement de politique et, pendant plusieurs mois, ils n'étaient pas en mesure de payer les anciens combattants. Nous avions très peur que ça arrive ici. C'est le type de risque qu'il fallait gérer, donc on a voulu mettre en place un nouveau système.
Quelqu'un a mentionné Phénix, par exemple. On sait que ce système a causé de grandes difficultés aux fonctionnaires, mais la plupart des Canadiens ne savaient probablement même pas quel était le système de paie des fonctionnaires. Si le système qui verse les prestations de la Sûreté de la vieillesse aux aînés venait à ne plus fonctionner, ce serait une crise pour l'ensemble du Canada. C'était un risque qu'on devait gérer, et c'est pourquoi on est allé de l'avant. Quand on a mis en place le nouveau système, les 7,4 millions de personnes qui recevaient des prestations en mars de l'année précédente ont toutes reçu leurs paiements entre mars en avril.
À mon avis, c'est la preuve que le système a bien été mis en place.
Chers collègues, veuillez prendre place. Nous reprenons nos travaux avec notre deuxième groupe de témoins.
Je ne reviendrai pas sur toutes les indications déjà fournies, mais je vous prierais de vous assurer que vous êtes sur le bon canal pour l'interprétation. Vous pourrez ainsi participer à cette réunion dans la langue officielle de votre choix. Les tests de son pour les témoins qui comparaissent virtuellement ont été effectués et tout est dans l'ordre. Veuillez adresser toutes vos questions à la présidence et attendre que je vous donne la parole.
Nous allons passer sans plus tarder à notre deuxième groupe de témoins avec lesquels nous traiterons des mises en chantier de logements dans le cadre des programmes fédéraux.
Trois témoins sont des nôtres pour ce faire.
De la Building Industry and Land Development Association, nous accueillons David Wilkes, président et chef de la direction. De l'Alliance canadienne pour mettre fin à l'itinérance, Tim Richter, président et chef de la direction, se joint à nous par vidéoconférence. Nous recevons également Raymond Sullivan, directeur général de l'Association canadienne d'habitation et de rénovation urbaine.
Vous disposez chacun de cinq minutes pour nous faire part de vos observations préliminaires.
Nous allons commencer par vous, monsieur Wilkes.
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Bonjour, monsieur le président, et merci de m'avoir invité à comparaître aujourd'hui pour vous faire part du point de vue de notre organisation sur l'incidence des politiques du gouvernement fédéral sur les mises en chantier.
Comme le président l'a mentionné, je m'appelle Dave Wilkes. Je suis président et chef de la direction de la Building Industry and Land Development Association. C'est un plaisir d'être de retour devant le Comité aujourd'hui. Je suis heureux d'avoir l'occasion de m'adresser à vous non seulement en tant que porte-parole de notre association, mais aussi en ma qualité de cofacilitateur de l'Alliance des grands centres urbains, une coalition de grands promoteurs et constructeurs des grandes régions métropolitaines du Canada.
J'ai fourni à votre greffier une copie plus détaillée de mes observations, qui comprend des données récentes sur les ventes dans tout le pays. J'ai d'ailleurs déjà transmis au Comité ces informations dont nous avons pu discuter lors de ma comparution de la semaine dernière.
À l'échelon fédéral, les politiques, les institutions, les exigences réglementaires, les programmes et les autres facteurs qui influent sur l'accès au capital ont une incidence directe et importante sur les types de logements qui arrivent sur le marché.
Alors que le Comité se tourne vers l'avenir et s'ajuste aux changements dans le marché de l'offre de logements neufs et à la façon dont le gouvernement fédéral influe sur ce marché, il est très important de se livrer à cet exercice en sachant que différents programmes fédéraux clés arrivent à maturité. Ainsi, il faut notamment tenir compte de l'expiration de l'interdiction visant les acheteurs étrangers et de la disparition du Fonds pour accélérer la construction de logements à la fin de l'année; de la suppression de l'allégement de la TVH en Ontario qui a été mis en place en avril pour une période d'un an; de la nécessité continue d'envisager une plus grande souplesse pour le test de résistance bancaire; et de la nécessité de mettre à jour les politiques d'immigration du Canada, en particulier dans le contexte de l'interdiction visant les acheteurs étrangers.
Dans ce contexte, nous encourageons le Comité à prendre en considération les cinq éléments suivants.
Premièrement, il est nécessaire d'améliorer les données nationales sur le marché des nouveaux logements. C'est une erreur courante de penser que le Canada a un marché immobilier monolithique et homogène, ce qui nous amène à nous concentrer sur des solutions nationales uniques, plutôt que sur celles qui sont adaptées aux conditions du marché et aux besoins des différentes régions. La SCHL fait un travail admirable en matière de statistiques sur le logement, mais nous devons reconnaître que c'est le meilleur outil à notre disposition, et pas nécessairement le meilleur qui soit. Nous sommes heureux de voir que le gouvernement s'est engagé, dans l'énoncé économique du printemps, à déployer des ressources pour régler ce problème.
Deuxièmement, il nous faut arriver à mieux comprendre l'interaction entre logement et immigration. On pourra ainsi non seulement assurer une offre de logements mieux adaptée aux objectifs d'immigration que le gouvernement a fixés en tenant compte des délais effectivement nécessaires pour accroître cette offre de logements, mais aussi des répercussions de l'immigration sur la main-d'œuvre qualifiée. J'encourage le Comité à examiner les modèles qui existent à l'échelle internationale, comme en Australie, et à voir comment le juste équilibre entre acheteurs étrangers et besoins nationaux peut être atteint.
Troisièmement, il faut pouvoir combler les besoins en capital pour la construction des logements nécessaires. À l'heure actuelle, la SCHL estime qu'un déploiement de capitaux de 2 billions de dollars au cours des cinq prochaines années est nécessaire pour atteindre les objectifs du Canada en matière de logement, tant pour la propriété que pour la location, tout en assurant l'abordabilité et une offre suffisante. Pour ce faire, il faut une stratégie visant à attirer des capitaux privés ainsi qu'un examen des programmes de financement et de prêts du gouvernement afin de s'assurer qu'ils sont dotés de ressources suffisantes pour permettre d'accorder avec stabilité des prêts substantiels afin de répondre à la demande. Nous avons également été encouragés de voir l'engagement à revoir ces mécanismes de financement dans l'énoncé économique du printemps.
Quatrièmement, il est grand temps de régler un problème qui perdure. Dans la région du Grand Toronto, il faut encore 10 ans pour mener à bien un projet de hauteur restreinte et 11 ans pour une tour d'habitation. Une part importante de ces délais, mesurée en années, est attribuable au processus d'approbation des projets à l'échelon municipal. Comme le Comité le sait pertinemment, chaque mois de retard ajoute des milliers de dollars au coût du produit final. Le gouvernement fédéral peut jouer un rôle habilitant en offrant des incitatifs par l'entremise des provinces pour travailler avec les municipalités afin d'accélérer les approbations, mais je tiens à souligner que ces approbations doivent mener à la construction de nouveaux logements.
Cinquièmement, le temps est venu de faire preuve de transparence envers les nouveaux acheteurs en ce qui concerne les frais gouvernementaux, les taxes et les droits d'aménagement des nouvelles maisons. Jusqu'à tout récemment, dans la région du Grand Toronto, les frais et les taxes perçus par tous les ordres de gouvernement représentaient de 25 à 30 % du coût d'une maison neuve. Nous croyons que ces coûts devraient être déclarés et précisés à l'acheteur lorsqu'il fait l'acquisition d'une nouvelle maison, et ce, aussi bien au moment de l'achat qu'à la signature du contrat.
Monsieur le président, je vous remercie encore une fois de m'avoir donné l'occasion de comparaître aujourd'hui. Je suis toujours ravi de pouvoir discuter avec le Comité. L'objectif fédéral de doubler la construction de logements est important. Nos recommandations s'appuient sur celles figurant dans le rapport du Sénat intitulé « Hors de portée ». Nous encourageons le Comité à tenir compte de ces documents, des mémoires présentés par d'autres témoins et de l'ensemble des renseignements disponibles lorsque viendra le temps de rédiger son rapport.
Je me ferai un plaisir de répondre à vos questions.
Merci, monsieur le président, de me donner l'occasion de m'adresser à vous aujourd'hui.
Je vais commencer par faire écho au témoignage que Mike Moffat vous a présenté l'autre jour. Il a dit:
une cible en matière de logement est un moyen. Ce n'est pas une fin en soi. Ce n'est pas un objectif. Une jeune famille à la recherche d'un logement ne se soucie guère du nombre de mises en chantier enregistrées l'année dernière. Ce qui la préoccupe, c'est de trouver un logement abordable qui réponde à ses besoins dans sa collectivité.
L'une des lacunes fondamentales de l'approche du gouvernement fédéral en matière de logement est son manque de clarté quant à ses priorités et aux résultats que l'on souhaite obtenir. La plupart des gouvernements ont tendance à évaluer le succès de leurs politiques à l'aune des résultats directement produits, comme le nombre de logements mis en chantier par rapport aux sommes investies, plutôt qu'en fonction d'une plus grande abordabilité pour les gens.
Je ne veux pas trop insister sur ce point, mais l'abordabilité du logement au Canada s'est détériorée pour presque tous les quintiles de revenu au pays au fil de la mise en œuvre de la première Stratégie nationale sur le logement. Manifestement, quelque chose ne fonctionne pas.
En plus de diriger l'Alliance canadienne pour mettre fin à l'itinérance, je copréside le Conseil national du logement. Le Conseil a publié un rapport proposant un cadre axé sur les résultats pour la politique fédérale en matière de logement et a également envoyé une lettre au définissant une approche axée sur les résultats pour une nouvelle stratégie nationale en matière de logement. Si la chose vous intéresse, je me ferai un plaisir de transmettre des copies de ces documents au Comité.
Dans ces deux documents, le Conseil fait valoir que les politiques en matière de logement qui sont axées sur les résultats permettent au gouvernement de mieux cibler ses interventions en ayant une idée plus précise des options qui s'offrent à lui. L'offre de logements et les politiques nécessaires pour améliorer l'abordabilité pour la jeune famille dans l'exemple de M. Moffat vont différer des mesures nécessaires pour fournir des logements supervisés et très abordables aux personnes qui risquent de se retrouver en situation d'itinérance. Dans les deux cas, les gouvernements peuvent prendre des mesures influant à la fois sur la demande et sur l'offre. On pourrait ainsi réduire les besoins impérieux en matière de logement en améliorant l'Allocation canadienne pour le logement ou en augmentant l'offre, ou encore en combinant ces deux mesures. Pour réduire l'itinérance, il faudra offrir des logements supervisés très abordables en même temps qu'une bonification de l'Allocation canadienne pour le logement, en coordination avec les provinces.
Compte tenu des nombreuses demandes concurrentes qui pèsent sur le Trésor, il est également essentiel que le gouvernement fédéral ait des priorités claires. Je rappelle au Comité que la politique du logement du Canada est énoncée dans la Loi sur la stratégie nationale sur le logement de 2019. Cette loi stipule qu'une telle stratégie doit appuyer « la réalisation progressive du droit à un logement suffisant ». Cet engagement exige que le gouvernement du Canada fasse de la réduction de l'itinérance et des besoins impérieux en matière de logement une priorité dans le cadre de sa politique.
À mon avis, on ne devrait pas considérer que le gouvernement fédéral se concentre exclusivement sur les logements très abordables et hors marché en priorisant ainsi ses actions. Le logement est une vaste mécanique. Ce qui est fait pour la famille dans l'exemple de M. Moffat finira par avoir une incidence sur ce qui se passe pour une famille ayant des besoins impérieux en matière de logement. La question du logement doit être abordée de façon holistique.
Selon moi, la mesure la plus importante que le gouvernement doit prendre en matière de logement consiste à préciser les résultats souhaités et à définir ses priorités en conséquence. En discutant avec des fonctionnaires fédéraux, on comprend rapidement qu'ils ont pour mandat et comme directive de débloquer les fonds prévus à cette fin. Je crains de voir le gouvernement fédéral répéter les erreurs de la première Stratégie nationale sur le logement en se précipitant pour débloquer ces fonds sans savoir clairement ce que l'investissement est censé permettre d'accomplir.
Le succès de la politique en matière de logement ne se mesurera pas en fonction des sommes dépensées ou du nombre de logements construits. Le succès sera déterminé par le nombre de familles qui trouveront dans leur communauté un logement qui répond à leurs besoins et qu'elles peuvent se permettre de payer. Il sera jaugé en fonction de la réduction de l'itinérance et l'amélioration de la sécurité des collectivités. On l'évaluera suivant le nombre de familles qui, à la fin du mois, ne se demandent pas si elles seront en mesure de payer leur loyer.
L'arrivée à échéance de la Stratégie nationale sur le logement et le prochain budget fédéral offrent au gouvernement fédéral l'occasion de prendre du recul et d'énoncer précisément les résultats qu'il veut obtenir, d'établir des priorités claires et de concevoir la nouvelle Stratégie nationale sur le logement et les programmes de logement connexes en fonction de ces résultats escomptés.
Je terminerai par une maxime que j'ai entendue dans l'armée: un travail lent est harmonieux, et un travail harmonieux est rapide. Se précipiter mène à des erreurs qui vont finir par vous ralentir. En agissant de façon plus réfléchie pour miser davantage sur la précision, on finit par agir plus rapidement et plus efficacement. Ces conseils s'appliquent tout autant à la politique fédérale en matière de logement qu'à moi, en tant que jeune soldat.
Merci beaucoup à tous. Je me ferai un plaisir de répondre à vos questions.
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Monsieur le président, membres du Comité, je vous remercie de m'avoir offert l'occasion de me présenter ici ce matin.
Je m'appelle Raymond Sullivan, je suis le directeur de l'ACHRU, soit l'Association canadienne d'habitation et de rénovation urbaine.
[Traduction]
L'Association canadienne d'habitation et de rénovation urbaine représente le secteur du logement communautaire hors marché.
Les mises en chantier ne sont pas la bonne mesure à utiliser. Nous pouvons avoir en même temps un nombre élevé de mises en chantier et une crise du logement qui s'aggrave, et nous le savons parce que, jusqu'à tout récemment, c'est exactement ce qui se passait: des mises en chantier record parallèlement à une augmentation de l'itinérance et de l'inabordabilité du logement. Comment est‑ce possible? La hausse des loyers et des prix d'achat a stimulé la construction.
Il y a deux ans, il y avait pénurie de main-d'œuvre. Nous ne pouvions pas trouver assez de gens de métier qualifiés pour travailler sur les chantiers de construction. Le coût des matériaux augmentait pour la même raison: nous ne pouvions pas répondre à la demande.
Où en sommes-nous aujourd'hui? Eh bien, maintenant, dans de nombreux marchés, il y a une offre excédentaire de logements haut de gamme, mais il y a toujours un manque criant de logements à un prix abordable. Les mises en chantier sont en chute libre dans certaines régions du pays.
Je tiens à souligner que les mises en chantier sont un indicateur différé. Les projets qui commencent maintenant ont été conçus et lancés il y a de cela des années. Il y a encore moins de projets qui sont actuellement mis de l'avant. Pourquoi? C'est parce que les loyers et les prix d'achat se sont stabilisés, ce qui était le résultat escompté des interventions gouvernementales.
Il y a toutefois une conséquence non souhaitée à cette approche. La construction de nouveaux logements s'essouffle; l'industrie ralentit ses activités du fait qu'il lui est impossible d'engranger autant de profits; et le marché se corrige lui-même. Ce cycle va un jour se renverser et les choses vont reprendre, mais les besoins en matière de logement ne sont pas cycliques, ils sont constants. Où en sommes-nous? Eh bien, nous avons constaté une augmentation de l'itinérance, car de plus en plus de gens ont été complètement exclus du marché en raison des prix à la hausse, et c'est encore le cas aujourd'hui. Le coût social, économique et humain de l'itinérance est persistant.
Les travailleurs de la construction voient maintenant leur situation d'emploi fluctuer considérablement. Il y a trois ans, il était difficile de garder les gens de métier sur les chantiers parce qu'ils recevaient toujours de meilleures offres d'autres entrepreneurs, et maintenant, seule la liste A est utilisée alors que les travailleurs figurant sur les listes B et C ont été mis à pied.
Les promoteurs perdent de l'argent, accumulant les stocks invendus et les projets avortés, et nous avons toujours des taux élevés d'itinérance et de besoins impérieux en matière de logement. Est‑ce une façon pour une économie, pour une société, de gérer un besoin fondamental et un droit de la personne comme le logement? Bien sûr que non.
Que doit‑on faire? Une grande partie de la solution consiste à stabiliser le marché du logement, en particulier pour les 50 % des ménages canadiens qui sont les plus vulnérables à ces fluctuations. Les ménages à revenu médian et inférieur doivent avoir accès à un logement n'étant pas tributaire du marché spéculatif, c'est-à-dire à un logement hors marché.
Dans les années 1980 et au début des années 1990, les logements communautaires hors marché comptaient pour 15 à 17 % de toutes les mises en chantier; aujourd'hui, c'est environ 3 ou 4 %. À leur apogée, les logements communautaires hors marché représentaient plus de 5 % du parc de logements du Canada. Au milieu des années 1990, le gouvernement fédéral s'est retiré de ce secteur prioritaire, et la part des logements hors marché diminue lentement depuis.
L'inabordabilité des logements est en hausse. Les taux d'itinérance ont également augmenté. À l'heure actuelle, moins de 4,5 % des logements sont des logements communautaires hors marché, et ce pourcentage ne cesse de diminuer, et ce, malgré les investissements consentis dans le cadre de la Stratégie nationale sur le logement, parce que ces investissements ne visaient pas les besoins en matière de logement et l'abordabilité.
Nous ne suivons même pas la croissance de la population. Les logements communautaires hors marché sont à la traîne, avec moins de 4,5 % du parc de logements, alors que le nombre de ménages ayant des besoins impérieux en matière de logement a grimpé de 15 % . En considérant tous ces éléments, on en arrive à la cible que nous devons viser: les logements abordables hors marché répondant à un besoin social doivent compter pour 20 % de l'offre globale.
Nous pouvons commencer par nous fixer comme objectif de tout au moins doubler la part actuelle du logement communautaire au cours de la prochaine décennie et de quadrupler la taille du parc de logements communautaires gérés par les Autochtones. Nous pourrons ainsi mettre un nombre important de ménages à l'abri du cycle d'expansion et de ralentissement qui caractérise le marché de l'habitation.
Le secteur du logement hors marché nous donne accès à un résultat qui ne pourrait être obtenu en s'en remettant uniquement au marché privé. Il fournit des logements qui demeurent abordables, peu importe les taux d'intérêt ou les cycles du marché. C'est en fait le pilier stabilisateur qui fait actuellement défaut à notre système.
Si vous vous concentrez uniquement sur les mises en chantier — le nombre de logements qui sont construits —, vous ne posez pas les bonnes questions. Pour qui ces logements sont-ils construits? Qui a les moyens d'y vivre? Quels sont les besoins en matière de logement qui ne sont pas comblés? Quand le gouvernement intervient, est‑ce pour faciliter les mises en chantier dont on a vraiment besoin?
Merci.
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Merci, monsieur le président.
Merci aux témoins. Je suis heureux de vous revoir tous.
J'aimerais commencer par vous, monsieur Sullivan, parce que vous avez soulevé un point intéressant. Vous avez commencé par une déclaration assez audacieuse, à savoir que les mises en chantier ne constituent pas une bonne mesure. C'est en partie parce que, comme vous l'avez dit, c'est un indicateur tardif et que, parfois, la façon dont nous comptons les mises en chantier n'est pas tout à fait la meilleure non plus.
Je pense que vous avez tous soulevé un point valable: nous devons également nous assurer de bâtir le bon type de logements.
J'aimerais commencer par vous, monsieur Sullivan. Maisons Canada est un nouvel organisme censé se concentrer très précisément sur le logement hors marché. On ne lui a pas donné de cibles au moment de sa création, et c'est peut-être parce qu'on ne sait pas quelles doivent être les cibles. Si vous deviez donner des objectifs aux responsables de cet organisme, quels seraient-ils?
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Je remercie les témoins d'être encore avec nous aujourd'hui. Je les remercie également de leur collaboration, au cours des dernières années, au sujet des stratégies et des programmes gouvernementaux. C'est très utile.
Vous avez mentionné la Stratégie nationale sur le logement du Canada et les programmes qui vont venir bientôt à échéance. Nous nous apprêtons à lancer des consultations sur le renouvellement de la Stratégie nationale. Alors, évidemment, à cet égard, les conversations que nous avons aujourd'hui seront très utiles.
Vous avez beaucoup parlé des indicateurs. Il y a un projet de loi en cours d'étude qui vise à faire de Maisons Canada une société d'État. Une fois que ce sera en place, il y aura des plans avec des indicateurs et des objectifs très clairs. Par contre, on a déjà dit très nettement qu'au minimum, on voulait doubler l'offre de logements hors marché.
Monsieur Sullivan, je pense que vous avez parlé d'une cible de 20 %. On regarde beaucoup ce qui se fait en Europe pour voir comment on peut y arriver.
Ce qui est clair — vous avez tous mis le doigt dessus —, c'est qu'il faut augmenter l'offre de logements de tous types pour augmenter l'abordabilité, c'est-à-dire pour faire baisser les loyers et les coûts de construction. On dit que de 25 à 30 % des coûts étaient liés aux différents ordres de gouvernement, mais ça, c'est dans le cas des maisons neuves. Il y a quand même des logements qui sont construits depuis des années et qui ont déjà été payés.
Selon vous trois, quel est le plus grand facteur, à part ces coûts, qui fait que les maisons sont si chères aujourd'hui?
Monsieur Wilkes, vous pouvez commencer.
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Je pense qu'il y a plusieurs facteurs qui entraînent des défis en matière d'abordabilité du logement. Notre association de l'industrie se concentre sur les maisons neuves, alors je vais limiter mes commentaires et mes observations à ce type d'habitation.
Je ne saurais trop insister sur le fait que les coûts qui sont intégrés dans les frais et les taxes du gouvernement constituent certains des principaux facteurs. Certaines municipalités ont augmenté ces coûts de 1 000 % au cours des dernières années, bien au‑delà de l'inflation. De plus, il y a les délais de livraison, comme tous les témoins qui ont comparu devant vous aujourd'hui l'ont indiqué, et les coûts pour les financer. C'est pourquoi nous pensons que certains des changements, tant du côté de la location que du côté des capitaux privés, qui visent à examiner comment les programmes gouvernementaux peuvent financer cette nouvelle réalité, sont importants.
Permettez-moi de me concentrer sur une partie du travail qui se fait actuellement au sujet des coûts liés aux droits d'aménagement, par exemple. L'entente actuelle entre le gouvernement de l'Ontario et le gouvernement fédéral, qui vise à réduire ces coûts de 50 %, est fondamentale. Nous pensons qu'il s'agit d'une occasion d'examiner ce qui compose ces droits d'aménagement, comme les réseaux d'aqueducs et les égouts, les types de routes et d'infrastructures, et la façon dont la valeur des terrains est calculée. Cet examen entraînera des changements structurels permettant de réduire ces coûts et de régler le problème de l'abordabilité en général.
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Je remercie beaucoup les témoins d'être avec nous ici, aujourd'hui, pour parler de l'importance de se loger. Cela fait partie des besoins de base de tout être humain et de toute famille.
Cette semaine, j'ai rencontré des représentants de la coopérative Holocie. En fait, ils se sont rendus sur la Colline, et je tiens à le souligner. C'est un organisme de chez nous qui a une vision claire pour développer le logement social et communautaire. C'est ainsi que nous appelons ce type de logement au Québec, puisque nous avons des doutes sur la fameuse définition du logement de type abordable. Qu'est-ce que ça veut dire, « abordable »? Ça peut être interprété de différentes façons.
Cet organisme a plusieurs projets en cours, mais il essaie de voir comment ces projets pourront voir le jour dans le contexte de Maisons Canada. Évidemment, il est bien conscient qu'il doit aussi faire des démarches auprès de la Société d'habitation du Québec, la SHQ, parce que le Québec a conclu une entente selon laquelle il aura le dernier mot sur les projets, mais c'est très intéressant. Je tiens à souligner que cette coopérative contribue directement à la mise en place de logements, ce qui a permis d'augmenter le taux d'inoccupation à Granby particulièrement. C'était l'un des plus bas au Québec, et maintenant, grâce à des projets comme ceux d'Holocie, il y a de plus en plus de logements sociaux et communautaires pour loger des familles qui en ont besoin.
Monsieur Sullivan, qu'est-ce que ça vous dit sur l'effet que pourrait avoir Maisons Canada, par exemple, sur la construction de logements sociaux et communautaires?
J'aimerais aussi que vous me parliez du lien avec l'itinérance, parce que vous en avez parlé. Quand on ne réussit pas à se loger, on se retrouve dans la rue.
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Je suis d'accord avec M. Sullivan pour dire que nous devons nous concentrer sur des logements à prix très abordable et accompagnés de services de soutien.
Je voudrais revenir sur ce point et répondre à une observation précédente avant d'aborder votre question.
Mme Desrochers a soulevé un point essentiel en affirmant que le gouvernement fédéral ne peut y parvenir seul. Quand M. Sullivan évoque le doublement du parc de logements sociaux au Canada, cela représente environ 650 000 logements, soit un investissement d'environ 325 milliards de dollars en travaux de construction, à raison d'environ 500 000 $ par logement.
Il est évident que le gouvernement fédéral ne peut y parvenir seul. Maisons Canada ne peut y parvenir seul. Je dirais que si nous voulons sérieusement réduire, voire éliminer l'itinérance, nous devons commencer par établir un accord national sur le logement et parvenir à un consensus entre le gouvernement fédéral et les provinces sur la manière dont nous allons fixer, à l'échelle du pays, des objectifs visant à réduire l'itinérance et les besoins fondamentaux en matière de logement, ainsi qu'à rétablir l'abordabilité. Il est très important de se fixer ces objectifs et de décider qu'on va éliminer ou réduire l'itinérance chronique.
Ensuite, il faut se coordonner avec les provinces. Pour répondre aux questions posées tout à l'heure concernant les coûts et la nécessité de les réduire, certains des obstacles dont nous parlons relèvent de la compétence des provinces, comme les droits d'aménagement, les taxes provinciales, les délais d'obtention des permis et le zonage.
Nous avons déjà vu le gouvernement fédéral supprimer la TPS sur les logements locatifs, par exemple. Cependant, une municipalité peut alors récupérer cette marge pour l'intégrer aux droits d'aménagement afin de financer la construction d'une usine de traitement des eaux ou d'autres projets de ce type. Il est donc essentiel d'assurer une coordination entre le gouvernement fédéral et les provinces.
Le type de logements qu'il faut construire correspond exactement à ce que dit M. Sullivan: des logements très abordables. Il faut tout de même une stratégie fédérale de lutte contre l'itinérance. Comment le gouvernement fédéral compte‑t‑il mettre fin à l'itinérance chronique ou la prévenir et la réduire?
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Merci, monsieur le président.
Je remercie les témoins d'être venus ici aujourd'hui. J'estime sincèrement tous les points de vue que vous apportez à cette importante discussion.
J'ai travaillé pendant 20 ans dans l'industrie de la construction en tant qu'électricien en bâtiment. Il s'agit d'une industrie extrêmement concurrentielle. Les entrepreneurs, les constructeurs et les promoteurs recherchent activement des projets à réaliser. Cette dynamique fait partie intégrante du modèle économique de cette industrie.
Lorsqu'un projet se présente, les entrepreneurs se bousculent littéralement et se livrent à une surenchère pour remporter le contrat. Ils collaborent souvent avec le promoteur ou le propriétaire de l'immeuble — le client — afin de réduire les coûts ou de trouver des moyens de faire des économies.
Si la demande pour ces projets de construction est si forte — et il est évident que les entrepreneurs vont chercher à construire ces logements —, qu'est‑ce qui freine leur mise en œuvre? Si les constructeurs n'arrivent pas à bâtir quoi que ce soit, alors qu'ils essaient de le faire, c'est qu'il y a manifestement un problème.
Je voudrais poser cette question à chacun d'entre vous. Monsieur Wilkes, je vais commencer par vous, puis ce sera au tour de M. Sullivan et de M. Richter. Vous avez tous des points de vue très différents sur cette question.
Monsieur Wilkes, vous avez la parole.
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Je voudrais rapidement préciser ce que M. Sullivan vient de dire.
Je constate que la construction du bâtiment elle-même n'est pas vraiment le problème quand il s'agit de mener à bien le projet. Certes, on pourrait aller un peu plus vite. Le gouvernement évoque certaines méthodes de construction modernes, que je trouve excellentes.
Il faut également se pencher sur les obstacles dont parle M. Sullivan. Pour les organismes de logement communautaire et de logement social, il s'agit du temps nécessaire pour obtenir les autorisations requises et franchir toutes les étapes et tous les obstacles indispensables pour demander et obtenir du financement.
J'ai entendu dire il y a environ un an — cela date peut-être un peu — que moins de 10 % des logements financés dans le cadre de la Stratégie nationale sur le logement avaient été occupés. Il y a eu toute une série de problèmes liés à des retards dans l'obtention des fonds ou à des contretemps dans le processus. En raison de ces retards, la rentabilité du projet a changé, ce qui oblige les responsables à revoir leur copie et à procéder à des ajustements, ce qui entraîne à son tour de nouveaux retards.
Il faut faire preuve d'une grande prudence quand on réfléchit à la manière de réduire les obstacles pour ces organismes de logement communautaire. Une grande partie de cette démarche consiste à aider certains membres de l'organisation de M. Sullivan à mobiliser des fonds auprès du gouvernement fédéral, des provinces et des municipalités. Il faut réfléchir à la manière de réduire les délais d'obtention des autorisations pour leur permettre d'atteindre leurs objectifs. Encore là, c'est une question qui relève du dialogue entre le gouvernement fédéral et les provinces.
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Merci beaucoup de cette question. Je vois que vous venez de la région du Grand Toronto, et je connais bien certains des défis auxquels elle est confrontée.
C'est exactement ce à quoi serviront les 8,8 milliards de dollars injectés. C'est le financement prévu pour une période de trois ans, mais comme le programme sera conçu et administré par le gouvernement provincial, nous croyons qu'il doit mener à un changement structurel.
Si l'on regarde les responsabilités actuelles liées aux droits d'aménagement — des choses comme l'eau, les eaux usées, les routes régionales, les ponts et diverses choses dont les avantages vont bien au‑delà du secteur aménagé —, on constate qu'il y a un décalage entre le paiement de ces droits ou les coûts des nouveaux développements et les retombées pour la collectivité dans son ensemble et l'espérance de vie de ces actifs. Nous croyons que la municipalité sera dédommagée par le financement offert, mais cela doit s'accompagner d'un changement structurel pour en arriver à ce sur quoi M. Richter, M. Sullivan et moi-même sommes toujours d'accord.
Il y a un problème de coûts dans ce secteur. Si nous ne cherchons pas de nouvelles façons de réduire ces coûts, nous allons faire exactement ce qu'Einstein disait: nous allons continuer de faire la même chose en nous attendant à des résultats différents. Cela ne fonctionnera pas.
C'est pourquoi nous sommes si enthousiastes à l'égard de ce programme: il répond aux besoins à court terme, mais aussi aux besoins à long terme en changeant la façon dont la taxe est appliquée aux nouvelles habitations au moyen des droits d'aménagement.
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Je tiens à préciser que l'abordabilité du logement s'est détériorée pour presque toutes les tranches de revenus au pays. Cette situation échappe évidemment en partie au contrôle du gouvernement, mais c'est tout à fait vrai.
Je pense que le programme Maisons Canada peut jouer un rôle très important si l'on définit clairement ses objectifs. Je reprends ce que d'autres ont dit. Ce qu'il faut retenir, c'est que ce programme n'est pas une panacée et qu'il ne résoudra pas les problèmes à lui seul.
L'une des dernières conversations portait notamment sur les droits d'aménagement. Le gouvernement fédéral a une série de mesures qu'il peut prendre pour aider les communautés à bâtir davantage de logements — il s'agit en partie d'investissements dans les infrastructures et en partie de mesures fiscales.
Si l'on examine les initiatives qui ont vraiment été efficaces au cours des dernières années dans le secteur du logement locatif au pays, on constate un véritable boom de la construction de logements locatifs. C'est directement attribuable à la politique du gouvernement fédéral dans le cadre du plan pour le logement mis en place sous l'ancien ministre Sean Fraser. Le plan utilisait tous les outils à la disposition du gouvernement. Le Fonds pour accélérer la construction de logements a eu recours à des investissements directs, à des réductions de la TPS et à d'autres mesures de la sorte. Cela a stimulé cette croissance dans le secteur du logement locatif.
Je pense que le programme Maisons Canada joue un rôle important, mais qu'il est loin d'être une panacée.
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Merci, monsieur le président.
Bonjour, messieurs.
En tant qu'ancien maire de la Ville de Bromont, en Estrie, au Québec, et habitant d'une région rurale, d'ailleurs, j'ai vécu de près la pénurie de logements et les problèmes d'infrastructure. Je dois vous avouer qu'à l'époque, j'aurais bien aimé qu'un programme comme Maisons Canada existe. Ça aurait pu nous aider beaucoup.
Il y a beaucoup d'organismes qui travaillent actuellement à créer des logements hors marché. Je rencontre leurs représentants sur une base régulière, j'ai rencontré les maires et les mairesses, et je dois dire que l'ensemble des intervenants que je rencontre sont très heureux de Maisons Canada.
Monsieur Richter, on a entendu de la part de certains témoins que la façon dont les mises en chantier sont actuellement comptabilisées ne donne pas toujours un portrait du marché complet et fidèle à la réalité.
Quelles modifications recommanderiez-vous pour améliorer la façon dont ces données sont mesurées et présentées?
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Oui. J'ai trois points à soulever à ce sujet. Dans ma déclaration liminaire, j'ai mentionné que nous avons besoin de meilleures données et d'une meilleure compréhension du marché du logement à l'échelle nationale. Ces données doivent refléter les marchés du logement dans des régions géographiques précises. J'encourage le gouvernement, par l'entremise des investissements qu'il fait et des recommandations de ce comité, à examiner la situation dans son ensemble.
Définissez correctement une mise en chantier. À l'heure actuelle, en ce qui concerne la construction d'immeubles de grande hauteur, la mise en chantier commence au‑dessus du niveau du sol. Je m'égare dans les détails ici. Il faudrait remonter plus en amont pour refléter le moment où le chantier commence vraiment. Il faut examiner les ventes, à mon avis. C'est l'indicateur précoce. C'est à ce moment qu'on voit le témoin lumineux s'allumer sur le tableau de bord. Si les ventes sont en baisse, comme c'est le cas actuellement, on se heurtera à des problèmes avec les mises en chantier dans deux ou trois ans, et vous devrez les régler de manière proactive.
J'ajouterais qu'il faut également examiner quand le nombre de logements augmente. Je sais que la SCHL mène des travaux dans ce domaine. Si le nombre de logements augmente, cela signifie qu'il y a aussi un problème d'abordabilité. Ce pourrait être l'occasion de s'attaquer au problème et d'utiliser ces logements différemment, mais à mesure que les stocks augmentent, il faut les écouler pour pouvoir relancer la construction à l'avenir.
Il faut adopter une approche beaucoup plus globale et précise pour définir une mise en chantier. Je suis ravi de constater que le gouvernement reconnaît la nécessité d'agir en ce sens.