:
Je déclare la séance ouverte.
Bienvenue à la 30e réunion du Comité permanent de la santé de la Chambre des communes. La réunion d'aujourd'hui se déroule sous une forme hybride conformément au Règlement.
J'aimerais rappeler les points suivants aux participants.
Veuillez attendre que je vous nomme avant de prendre la parole. Pour ceux qui participent par vidéoconférence, veuillez cliquer sur l'icône du micro pour l'activer, et mettez-vous en sourdine lorsque vous ne parlez pas. Je vous rappelle que tous les commentaires doivent être adressés à la présidence.
Pour les membres présents dans la salle, si vous souhaitez prendre la parole, veuillez lever la main. Pour ceux qui sont sur Zoom, veuillez utiliser la fonction de main levée. La greffière et moi ferons de notre mieux pour gérer l'ordre des interventions. Vous pouvez également regarder la carte qui figure sur la table.
J'invite les honorables députés à porter attention au fait qu'il n'est pas permis de parler en même temps que quelqu'un d'autre. C'est une question de santé pour les interprètes et cela permet aussi à chaque député d'obtenir le temps qui lui revient — des deux côtés, pas seulement d'un côté.
Lorsque nous recevons des témoins, il arrive parfois qu'un témoin prenne un peu trop de temps. Si un honorable député veut arrêter un témoin, je l'invite à lever la main, et j'arrêterai l'horloge pour que nous n'enlevions pas de temps à ce député. Nous laisserons le témoin terminer, puis nous reviendrons à l'honorable député. J'espère que cela convient à tout le monde. C'est une question de bon sens. C'est ainsi que j'ai procédé dans le passé.
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Par ailleurs, concernant notre réunion du 5 mai, le PDG d'Inforoute Santé du Canada n'occupe plus ses fonctions.
Un député: Qu'est‑ce qui s'est passé?
Le président: Laissez-moi terminer. Les choses sont ce qu'elles sont, et je le pense. Cela ne relève pas de moi. Ma responsabilité consiste à veiller au bon déroulement de la réunion.
Les députés acceptent-ils que Peter Vaughan, président du conseil d'administration, soit le seul à comparaître au nom d'Inforoute Santé du Canada? Par ailleurs, M. Vaughan a demandé à être accompagné par Mme Tania Ensor pour l'aider à répondre aux questions concernant les aspects techniques. Cela vous convient‑il?
:
Merci, monsieur le président.
Pour que tout le monde comprenne bien, nous étions tous ici les journées où Inforoute Santé du Canada, M. Green et TELUS Santé étaient présents. Nous connaissons tous l'intention. Ne cherchons pas à brouiller les cartes ni à tout camoufler. Nous avons tous été également frustrés par l'information fournie par ces messieurs, ces personnes, ce jour‑là.
Ne me dites pas que vous ne saviez pas quelle était l'intention et ces genres de choses. Je comprends que ce n'était peut-être pas clair pour vous, mais il était question de 300 millions de dollars, et nous avons tous découvert ce jour‑là que cet argent était parti en fumée et que M. Green en était entièrement responsable. Il n'a même pas pu répondre à la question concernant son salaire. Comme nous l'avons appris, celui‑ci était de plus de 600 000 $. Il a reçu la prime maximale pour ce programme déplorable, qui n'était rien de plus qu'une catastrophe.
Nous connaissons tous l'intention. Elle est très claire pour nous. Depuis qu'il a démissionné, je suppose, qu'il a quitté son poste ou quoi que ce soit qu'il ait fait, il tente évidemment de se cacher. Je ne sais pas pourquoi il essaierait de faire cela. Comme mon collègue ici présent l'a affirmé, c'est la seule chance qu'il obtiendra, en vertu du privilège parlementaire, de mettre les choses au clair.
Je propose que nous convoquions Michael Green, ancien PDG d'Inforoute Santé du Canada.
Un député: J'invoque le Règlement.
:
Merci, monsieur le président.
Je suis heureux d'être ici aujourd'hui pour parler du mandat de l'ACIA et de la façon dont l'Agence évolue pour relever les défis actuels.
[Français]
Créée en 1997, l'Agence canadienne d'inspection des aliments, ou ACIA, est un organisme de réglementation à vocation scientifique qui se consacre à la santé et au bien-être des Canadiennes et des Canadiens, à la protection de notre environnement et à la vitalité de l'économie canadienne.
Jusqu'en 2013, l'Agence relevait du ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire. Par la suite, elle a aussi commencé à relever du ministre de la Santé en tant que membre clé du portfolio de la santé. En étroite collaboration avec les deux ministres, l'Agence fournit des conseils fondés sur des données scientifiques solides concernant son secteur de responsabilité.
[Traduction]
Chaque jour, les employés de l'ACIA travaillent d'arrache-pied pour aider les entreprises à comprendre et à vérifier leur conformité avec les règlements fédéraux canadiens liés à la sécurité alimentaire, à la santé végétale et à la santé animale. En retour, nous pouvons ouvrir des marchés d'exportation pour nos produits canadiens de haute qualité. Nos inspecteurs, vétérinaires et scientifiques de l'ensemble du pays inspectent des aliments pour en vérifier les risques pour la sécurité, protéger les plantes contre les ravageurs et réagir aux maladies animales qui pourraient menacer la santé animale et humaine du Canada.
[Français]
Le résultat est que les aliments du Canada demeurent conformes aux normes de salubrité les plus élevées, ce qui se traduit par une excellente réputation internationale.
[Traduction]
L'ACIA joue également un rôle essentiel pour faire avancer le programme commercial interprovincial et international du Canada. D'autres pays ouvrent leurs portes aux produits alimentaires canadiens parce qu'ils ont confiance en notre système. Ils ont confiance que nous assumons correctement notre rôle de réglementation et que nos produits sont de calibre mondial.
Bien que l'ACIA ait un rôle d'organisme de réglementation, ce sont des secteurs comme les entreprises alimentaires ainsi que les importateurs et les agriculteurs qui sont responsables en vertu de la loi fédérale de produire des aliments sûrs et correctement libellés. L'ACIA applique les exigences que les industries doivent respecter, mais elle fournit également des orientations claires pour les aider à comprendre les règles et à s'y conformer. L'agence prend des mesures d'application de la loi décisives comme les rappels, les amendes et l'annulation des permis lorsque les entreprises ou les particuliers ne se conforment pas aux règles fédérales mises en place pour protéger la santé végétale et le bien-être animal au Canada.
Le travail réalisé par l'ACIA renforce la confiance envers le système alimentaire canadien. Selon la recherche sur l'opinion publique menée cette année, 88 % des consommateurs jugent que les aliments vendus au Canada sont sécuritaires.
L'ACIA cherche continuellement à renforcer son approche de prévention à l'égard de la santé végétale et animale et de la sécurité alimentaire. Cela exige une surveillance constante, des interventions, ainsi qu'une préparation et une intervention d'urgence — comme dans le cas de la grippe aviaire hautement pathogène — lorsqu'il existe des menaces pour l'approvisionnement alimentaire du Canada.
Il importe aussi de comprendre que les aliments ne seront jamais exempts de risque. Ils peuvent être contaminés lors de la croissance, de la récolte, de la transformation, de l'expédition, de l'entreposage ou de la manutention.
[Français]
La prise de décision fondée sur le risque est au cœur du travail quotidien de l'ACIA. Cela signifie qu'il s'agit d'un exercice constant visant à cerner les problèmes émergents et changeants qui pourraient représenter une menace pour la salubrité des aliments, la santé des végétaux et la santé des animaux, ce qui peut avoir une incidence sur l'accès aux marchés.
[Traduction]
L'agence s'engage également à adopter une approche « Une seule santé », qui vise à équilibrer la santé des personnes, des animaux et de l'écosystème. C'est important pour s'attaquer aux enjeux mondiaux comme la résistance aux antimicrobiens. Parallèlement, l'ACIA joue également un rôle important pour définir les normes internationales visant à maintenir les marchés existants et à créer un nouvel accès.
De plus, l'ACIA s'engage à moderniser son initiative et à transformer la manière dont elle s'acquitte de son mandat en éliminant les formalités administratives inutiles pour les entreprises canadiennes et en se concentrant sur les résultats. L'agence a maintenant entrepris une transition vers un nouveau modèle de secteur d'activité, axé sur la salubrité des aliments, la santé des animaux et la santé des végétaux. Ce modèle est soutenu par la direction générale des politiques, du commerce et du soutien aux activités. Ce changement permettra de mieux harmoniser notre organisation avec les risques auxquels nous faisons face et les attentes des Canadiens.
Pour l'avenir, nous nous attachons à rendre la réglementation simple et pratique, afin de pouvoir répondre aux besoins réels des Canadiens ainsi que du secteur agricole et agroalimentaire. Nous continuerons de fournir des directives claires aux entreprises et d'assurer une surveillance réglementaire rigoureuse. Cela signifie que nous chercherons à faciliter la navigation des entreprises dans le système, tout en maintenant les normes auxquelles les Canadiens s'attendent.
Merci de m'avoir fourni l'occasion de comparaître devant vous, monsieur le président. Je répondrai maintenant volontiers à vos questions.
:
J'excelle dans ce domaine.
Essentiellement, ce n'est pas le sujet, monsieur Bailey, parce que les représentants ne sont pas ici pour jouer à des jeux politiques. Si vous pouviez vous concentrer sur le sujet à l'étude, je vous en serais très reconnaissant. J'aimerais que la séance du Comité se déroule de façon très cordiale. Je n'arrête pas les gens. J'ai accordé tout le temps possible à tous les députés qui l'ont réclamé par rapport à l'autre question, et je le ferai pour cette même question, mais veuillez vous en tenir au sujet.
S'il n'y a pas d'autres rappels au Règlement, je vais céder la…
:
Merci, monsieur le président.
Le gouvernement libéral affirme vouloir édifier le Canada et protéger notre souveraineté, or ses actions montrent exactement le contraire. Pour ce qui est de l'agriculture et de la protection de notre sécurité alimentaire, les libéraux courent à contresens.
Je suis sûr que vous êtes tous au courant des fermetures de nos centres de recherche en agriculture un peu partout au Canada, dont celui à Lacombe, près de ma circonscription. Si le vous demandait aujourd'hui conseil concernant la fermeture des centres de recherche et de développement, quelle serait votre position?
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Merci, monsieur le président.
Lorsque votre ministère a annoncé le changement de nom — qui est passé de l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire à la Direction de la réglementation des pesticides — il a utilisé le dicton « autre nom, même esprit ». Cela n'inspire pas beaucoup confiance, ni à moi — ni d'ailleurs aux intervenants et aux entreprises qui interagiront avec votre agence dans l'avenir.
Si rien n'a changé à l'interne sauf le nom, quand le mandat finira‑t‑il par changer? Quelles mesures mettez-vous en place pour changer la culture militante qui s'est enracinée au sein de votre agence et qui a rendu plus difficiles l'exploitation, la croissance et la réussite des entreprises canadiennes dans ce pays?
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Monsieur Kochhar, je suis vraiment heureuse de vous voir à ce poste. Félicitations pour votre nomination au poste de président de l'ACIA. Vous connaissant et connaissant une partie de votre parcours, je sais que vous êtes très bien qualifié pour ce poste.
Cela étant dit, j'aimerais faire suite à certains points dont M. Bailey parlait.
On a annoncé dans la mise à jour économique du printemps que le gouvernement avait l'intention de modifier la Loi sur l'Agence canadienne d'inspection des aliments et la Loi sur les produits antiparasitaires pour tenir compte de la sécurité alimentaire et du coût des produits alimentaires. Pourriez-vous, s'il vous plaît, nous éclairer à ce sujet? En pratique, que signifie précisément ce changement? En quoi les choses seront-elles différentes? Quels sont les éléments que vous prendrez en considération?
:
Je dirais deux choses. Premièrement, il est question de soutenir l'abordabilité des aliments pour les Canadiens sans compromettre leur santé et leur sécurité. C'est un point important pour nous.
C'est ce que nous cherchons à réaliser, quand nous adoptons une approche économique. Même si, dans nos règlements de l'ACIA et notre approche économique, nous avons toujours tenu compte des répercussions économiques, cet amendement sera présenté dans le projet de loi futur et sera examiné et étudié dans le cadre du processus parlementaire, et nous nous appuierons sur celui-ci à l'avenir.
Je vais vous donner un exemple simple. Nous avons créé à l'interne un groupe de soutien aux entreprises. Il permettra d'aider les entrepreneurs canadiens qui souhaitent se conformer à la norme fédérale relative à la licence pour la salubrité des aliments au Canada. Nous leur offrons un service sur mesure pour les aider à atteindre cet objectif, en leur fournissant des conseils économiques qui sont bien plus indispensables qu'un simple rôle d'exécution.
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C'est l'une des mesures que nous avons commencé à mettre en œuvre: comment évoluer avec notre temps en modernisant la manière dont la réglementation est élaborée? Comme je l'ai dit dans ma déclaration préliminaire, l'Agence a été créée en 1997, et nous avons eu plusieurs phases au cours desquelles nous avons renforcé notre surveillance, et dans lesquelles le rôle de la réglementation a évolué. Nous poursuivons dans cette voie en veillant à moderniser nos lois et nos mesures législatives.
Je vais vous donner un exemple simple. Au Canada, le renforcement de l'interdiction visant les aliments du bétail est en vigueur depuis l'encéphalopathie spongiforme bovine, l'ESB. Cependant, étant donné que nous sommes passés dans la catégorie des risques négligeables, ce qui signifie que le risque pour l'homme et le risque de transmission de l'ESB aux bovins canadiens sont très faibles, nous avons désormais commencé à envisager de moderniser ce système et de le faire évoluer afin d'autoriser certaines matières à risque spécifié.
Le règlement sur les semences serait un autre bon exemple. À ce sujet, nous avons mené de vastes consultations et examiné les lois, qui datent de plusieurs décennies.
Nous nous efforçons d'adapter ces mesures afin qu'elles soient conformes aux normes actuelles du secteur.
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Je salue M. Kochhar, qui est avec nous aujourd'hui. Je le félicite tout d'abord pour sa nomination.
Monsieur Kochhar, à la fin de janvier, les employés du laboratoire de Longueuil de l'Agence canadienne d'inspection des aliments ont été avisés que, dans le contexte d'une fermeture qui était prévue pour la fin d'avril 2026, selon les informations publiques, le laboratoire devait cesser ses activités à ce moment.
Votre collègue M. Ianiro est venu témoigner au Comité permanent de la santé le 12 mars dernier. Il nous a dit qu'il n'y avait aucun risque, aucune conséquence. Il s'était engagé à répondre à mes questions et à nous transmettre les analyses qui avaient mené à la fermeture de ce centre.
Aujourd'hui, nous sommes le 30 avril, et les documents n'ont pas été fournis. Il y a quelques jours, soit le 24 avril dernier, on a remarqué que la fermeture a finalement été reportée à mars 2028. Nous voulons comprendre ce qui s'est réellement passé.
Confirmez-vous que le laboratoire de Longueuil devait cesser ses activités à la fin d'avril 2026, oui ou non?
:
Monsieur le président, je remercie le député de sa question.
Je vous dirais d'abord que, dans le cadre de l'examen exhaustif des dépenses, l'Agence canadienne d'inspection des aliments mettra fin aux activités du laboratoire de Longueuil en 2028. C'est vraiment le cas.
[Traduction]
Nous avons en fait commencé à examiner la façon dont nous pouvons consolider le travail accompli à ce chapitre.
[Français]
Il y a, par exemple, les tests d'allergènes et...
:
Je dois dire que ce travail est effectué dans plusieurs laboratoires. Comme je l'ai dit, nous avons un réseau de laboratoires.
Pour être plus clair, je vais vous donner un exemple. Le laboratoire de Longueuil s'occupe de la détection des biotoxines marines. Nous avons des capacités à Burnaby et à Dartmouth, deux laboratoires qui assurent des fonctions similaires. Essentiellement, le transfert de ces activités vers ces laboratoires serait une étape importante pour nous. Nous y travaillons actuellement. De même, les tests d'allergènes sont effectués au laboratoire de Burnaby et dans d'autres laboratoires de l'Ouest. Nous ferons donc appel à ce réseau de laboratoires.
Il y aura d'autres éléments que nous ne pourrons peut-être pas déterminer immédiatement et qui ne figureront peut-être pas dans le mandat. Nous y travaillons, dans le cadre de notre planification.
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Merci, monsieur le président.
Merci au député d'avoir présenté cette motion. Je suppose que c'est ainsi que la transparence va fonctionner.
Je n'arrive pas à croire qu'il faille réellement prendre le temps de déposer une motion au Comité pour obtenir des informations sur ce qui se passe ici. Je vous félicite de tout cœur d'avoir pris cette initiative.
Cela fait 10 ans que l'on étouffe l'affaire. Depuis combien d'années les libéraux ont-ils eu le temps de faire cela? Même le nouveau gouvernement — du moins, c'est ce qu'il prétend, puisqu'il se présente comme tel — a eu un an pour fournir ces informations. C'est incroyable.
Nous verrons ce qui se passe ici, mais je soutiens de tout cœur cette motion. J'espère que nous aurons quelques réponses à nos questions et que nous irons au fond des choses.
:
Dans le même ordre d'idées, je tiens à souligner que, lorsque le Comité demande des informations et de la transparence, nous devrions recevoir ces informations ou ces documents. Nous avons demandé, en tant que Comité, de nombreux documents que nous n'avons pas encore reçus, ou nos demandes à ce sujet ont été rejetées par nos collègues libéraux.
Il est important que nous recevions autant de documents que possible afin de pouvoir informer les Canadiens de la manière dont leur argent est dépensé, en particulier dans le domaine des soins de santé. Évidemment, depuis notre première année en tant que Comité, nous constatons qu'il nous manque énormément de choses dans le domaine des soins de santé, comme des médecins, des centres de santé et des spécialistes.
C'est important. Le Comité devrait voter en faveur de la transmission de tout document requis ou demandé par un député afin que nous puissions les recevoir.
:
Merci, monsieur le président.
J'aimerais remercier mon collègue d'avoir présenté une motion. D'après ce que j'ai entendu, c'est une motion de fond, et nous n'avons pas encore eu le temps de la lire de notre côté. Ce serait une bonne idée d'examiner les articles de la motion. Je pense que le député — qui est en ligne — et les personnes autour de cette table seraient d'accord avec cela. Quand nous examinons certaines questions, ce serait bien de les avoir sous les yeux, surtout quand il s'agit de questions de fond.
Il y a des témoins ici aujourd'hui. Nous venons à peine de finir d'entendre un témoin, et un autre attend dans la salle d'attente du Comité. Par respect pour les témoins d'aujourd'hui, je propose d'ajourner le débat.
:
Je vous remercie de respecter mon temps de parole, monsieur le président.
Monsieur Kochhar, à défaut d'avoir des réponses qui nous appuient de la part du gouvernement, je veux vous poser la question suivante.
Un ancien gestionnaire national de l'Agence canadienne d'inspection des aliments affirme que, le fait de fermer le laboratoire de Longueuil tout en maintenant la sécurité alimentaire, c'est irréaliste.
Contestez-vous cette évaluation, oui ou non?
:
Merci, monsieur le président.
Monsieur Kochhar, félicitations pour votre poste, et merci d'être ici. J'espère pouvoir poser deux questions rapides, et en réalité, aucune des deux n'est rapide, mais nous ne disposons que de peu de temps.
J'ai entendu l'un des producteurs d'œufs locaux du Yukon dire que l'accès à l'inspection de l'ACIA devient plus difficile. Je me demande si vous pouviez nous parler de ce point.
Cela a toujours été difficile. Nous avions un inspecteur à Dawson Creek, un peu plus loin sur l'autoroute, assez loin, en fait. Je crois que ce poste n'existe plus. Je me demande si vous pouviez rapidement pour parler de l'accès à l'inspection pour les régions plus éloignées du pays.
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Permettez-moi de commencer par dire que la capacité du Canada à exporter des produits alimentaires, animaux et végétaux repose sur la très grande confiance que les organismes de réglementation étrangers accordent au système canadien d'inspection, de certification et de surveillance.
L'ACIA assure cette surveillance, et nous pouvons disposer d'une vérification des systèmes en collaboration avec nos partenaires commerciaux. Ils viennent ici et vérifient notre système, l'évaluent et évaluent un établissement, par exemple, en ce qui concerne la viande. Cela leur inspire confiance.
Nous continuons dans cette voie, et nous cherchons à nous implanter sur davantage de marchés. Plusieurs marchés se sont ouverts à nous ces derniers temps.
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Je ne vais pas le lui demander.
C'était ma décision. Je l'ai consultée, et il n'a pas été invité personnellement. Il a été invité en raison de ses fonctions. Ce n'est pas la décision de la greffière, c'est la mienne.
Passons à autre chose. Merci.
Conformément à l'article 111 et à la motion qu'il a adoptée le jeudi 16 avril 2026, le Comité va commencer son étude sur la nomination par décret de Joss Reimer au poste d'administratrice en chef de la santé publique du Canada, Agence de la santé publique du Canada.
Au nom des membres du Comité, j'aimerais accueillir la Dre Reimer pour la deuxième heure.
Docteure Reimer, vous avez cinq minutes pour faire votre déclaration liminaire.
:
Monsieur le président, mesdames et messieurs les députés, je vous remercie de m'avoir invitée à m'adresser au Comité aujourd'hui.
C'est un honneur pour moi d'être ici dans le cadre de mon nouveau poste d'administratrice en chef de la santé publique du Canada. Je vous remercie de m'accorder cette occasion de m'entretenir avec vous dès le début de mon mandat.
Je suis entrée en fonction le 1er avril, à la suite de ma nomination par le gouvernement du Canada. Je suis médecin de santé publique, ancienne médecin-hygiéniste en chef de l'Office régional de la santé de Winnipeg et ancienne présidente de l'Association médicale canadienne.
Ces fonctions m'ont appris que la santé publique fonctionne mieux lorsque les décisions s'appuient sur des données scientifiques, la collaboration et la communauté. Je me réjouis à l'idée d'écouter et d'apprendre auprès de nos partenaires et des parties prenantes, et de mettre mon expérience à profit dans le cadre de mes nouvelles fonctions au sein du gouvernement fédéral.
[Traduction]
En tant qu'administratrice en chef de la santé publique du gouvernement du Canada, mon mandat consiste à fournir des conseils indépendants et fondés sur des données scientifiques au ministre de la Santé et à la présidente de l'Agence de la santé publique du Canada. Pour m'acquitter efficacement de cette tâche, je collaborerai avec des partenaires de toutes les administrations au Canada et à l'échelle internationale sur les questions de santé publique. Je m'adresserai également aux Canadiens, aux professionnels de la santé, aux parties prenantes et au grand public pour échanger avec eux sur les questions de santé de la population. Enfin, je ferai rapport chaque année au Parlement sur l'état de la santé publique au Canada.
Ces premières semaines ont été bien chargées: j'ai écouté les hauts responsables de l'Agence et appris de leurs travaux en cours, de leurs défis et de leurs priorités. J'ai également eu des entretiens avec la ministre de la Santé et la présidente de l'Agence, au cours desquels nous avons discuté des priorités et des attentes liées à mon mandat.
Je m'efforce de nouer des relations solides avec les responsables de la santé publique aux niveaux fédéral, provincial, territorial et autochtone. La semaine dernière, j'ai eu l'occasion d'assister à ma première réunion du Réseau pancanadien de santé publique en tant que coprésidente fédérale. L'un des sujets abordés était la préparation aux situations d'urgence, plus précisément le renforcement de l'état de préparation opérationnelle et de la coordination.
Cette semaine, j'ai eu l'honneur de participer au lancement de la Semaine de la vaccination dans les Amériques de l'Organisation panaméricaine de la santé, qui s'est tenue ici, à Ottawa. Ce fut l'occasion de célébrer l'impact vital des vaccins et de discuter des moyens de pérenniser ces progrès et trouver des solutions pour régler les problèmes auxquels nous faisons face.
La vaccination est un sujet qui me touche profondément. Au Manitoba, j'étais responsable du déploiement du vaccin contre la COVID‑19, et j'ai également grandi dans une communauté rurale qui, à un moment donné au cours des deux dernières années, a enregistré le taux de rougeole le plus élevé des Amériques. Ces enjeux me tiennent à cœur et sont principalement les raisons pour lesquelles j'ai accepté le poste.
Au cours de mon mandat, je me réjouis de collaborer avec mes collègues et partenaires, tant au niveau national qu'international, ainsi qu'avec les communautés de tout le pays, afin de relever les défis urgents en matière de santé publique et de faire progresser l'équité en santé. C'est un moment décisif pour la santé publique.
Le Canada est confronté à une convergence de défis: la réapparition de maladies évitables par la vaccination telles que la rougeole, la crise persistante liée aux drogues toxiques et aux surdoses, les inégalités persistantes en matière de santé, notamment chez les peuples autochtones, et les risques croissants liés aux phénomènes météorologiques extrêmes et aux maladies infectieuses émergentes. Parallèlement, la confiance du public dans les institutions de santé a été mise à rude épreuve à la suite de la pandémie.
Gagner et renforcer la confiance est au cœur de mon approche. Je m'engage à promouvoir la diffusion de conseils et d'informations en matière de santé publique qui soient transparents, cohérents et fiables. Pour y parvenir, je travaillerai en étroite collaboration avec des partenaires et des experts afin de lutter contre la désinformation et les fausses informations dans le domaine de la santé.
[Français]
Je mettrai également l'accent sur le renforcement de la prévention et de la préparation, sur la lutte contre les maladies infectieuses, sur le renforcement de la sécurité sanitaire mondiale, ainsi que sur le soutien aux efforts visant à encourager l'innovation et à renforcer les fonctions fondamentales de santé publique, comme la surveillance des maladies.
Je suis extrêmement honorée d'assumer ce poste.
Monsieur le président, je me réjouis de travailler avec ce comité et avec nos partenaires partout au pays pour protéger et promouvoir la santé de la population canadienne.
Je vous remercie. Je me tiens à votre disposition pour répondre à vos questions.
:
Merci, monsieur le président.
Merci, docteure Reimer, d'être ici aujourd'hui.
Merci pour votre déclaration liminaire. Je croyais bien que vous et moi étions d'accord sur un certain nombre de choses, par exemple, que la mésinformation dans le domaine médical peut être dangereuse et néfaste pour les patients et les populations, et qu'il est très important de vacciner les enfants contre la rougeole.
Vous ne l'avez pas dit dans votre déclaration liminaire, mais j'imagine que vous êtes d'accord avec moi sur le fait que c'est un peu comme recevoir un coup dans le ventre de voir que le Canada a perdu son statut d'élimination de la rougeole. Seriez-vous d'accord avec moi?
:
Vous soulevez un point très important.
Quand je travaillais sur le déploiement du vaccin, les Manitobains m'ont clairement fait comprendre qu'il était importance que je sois transparente, que j'explique clairement ce que je savais et ce que j'ignorais, et que, si nous changions notre approche, nous devions leur expliquer pourquoi. Souvent, c'était en raison de nouvelles informations.
Je veux également fonctionner de cette manière pendant mon mandat pour m'assurer que, quand les Canadiens m'entendent parler d'un sujet, ils soient certains que je leur dis ce que je sais et ce que je ne sais pas, et que, quand nous changeons les approches, je peux leur expliquer pourquoi.
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Je vais être tout à fait franc avec vous. Quand j'étais administrateur de la santé publique, j'entendais des choses comme « Je ne me ferai pas vacciner tant que vous me forcerez à le faire ». On me disait « D'accord. Vous m'avez convaincu de me faire vacciner, mais je ne ferai en aucun cas vacciner mon enfant de 16 ans. »
Quand je regarde les mesures coercitives, franchement, qui ont été prises en lien avec la vaccination obligatoire et au fait que de nombreuses autorités de santé publique ailleurs dans le monde ont déclaré que les risques l'emportaient sur les bénéfices pour les jeunes en santé, je me dis que ce dossier mine grandement la confiance, et ce, de façon continue. Tant que l'on ne le reconnaîtra pas, je ne crois pas que l'on pourra réparer les pots cassés.
J'aimerais savoir ce que vous en pensez. Je tenais à soulever la question alors que vous entamez votre mandat. Il y a un important manque de confiance dans ce dossier, et je pense qu'il faut y voir.
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Merci beaucoup de vos commentaires. Comme je l'ai dit, cela a été une période très difficile pour tout le monde.
Quand nous travaillons dans le secteur de la santé publique, nous essayons toujours de soupeser les avantages et les dangers de n'importe quelle intervention. Ce n'est pas comme quand je prends soin d'un seul patient et que je peux privilégier ses besoins par rapport à ceux des autres. Quand vous prenez soin d'une collectivité, vous savez que les décisions que vous prenez peuvent aider certaines personnes plus que d'autres, et il est difficile de trouver un équilibre. Il y aura toujours des gens qui approuveront les décisions et d'autres pas. C'est quelque chose que je prends très au sérieux.
Je sais que l'Agence de la santé publique du Canada sait très bien que les décisions qu'elle prendra devront toujours tenir compte des bénéfices et des risques pour tous les Canadiens, et qu'elle prend cela très au sérieux. C'est ce qui rend mon travail difficile, mais c'est aussi pour cela qu'il est si important.
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Merci, docteur Reimer, et, encore une fois, je tiens à vous féliciter de votre nomination.
Je vais vous parler de mon rapport très personnel à la vaccination, en particulier pendant la pandémie. J'ai travaillé pendant plus ou moins l'entièreté de la deuxième vague de la COVID, qui a frappé très fort le Manitoba. Je travaillais dans l'unité des soins intensifs. En six mois, j'ai vu plus de décès évitables que durant toute la décennie précédente de ma carrière. C'était une période bouleversante, et c'est pourquoi j'ai grandement apprécié votre rôle dans la campagne de vaccination.
À mesure que le taux de vaccination augmentait, nous avons vu que le nombre d'admissions aux unités de soins intensifs diminuait. Le taux de mortalité a commencé à chuter. Je vous remercie du rôle que vous avez joué à cet égard. Cela a vraiment mis en relief l'importance d'établir la confiance envers la communauté médicale, car celle‑ci a été ébranlée par de nombreuses sources; certaines étaient fiables, mais de nombreuses ne l'étaient pas.
Compte tenu de l'approche que vous avez adoptée pour augmenter la confiance envers la santé publique et ses recommandations, comment comptez-vous utiliser cette stratégie? Lesquelles des stratégies que vous avez employées au Manitoba comptez-vous utiliser à l'échelle nationale pour augmenter la confiance?
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Bâtir la confiance est essentiel pour le travail que je souhaite accomplir dans le cadre de ce nouveau rôle. La confiance a été entamée pour une foule de raisons. Ce que je veux, c'est y réfléchir sous différents angles.
Plus précisément, pour ce qui est de mon rôle, comme je l'ai mentionné, les Manitobains m'ont dit très clairement que ce qui comptait pour eux n'était pas seulement la transparence, mais aussi l'humilité et la capacité de dire ce que je sais et ce que je ne sais pas et d'expliquer pourquoi nous prenons nos décisions.
Je comprends l'importance d'avoir une relation de confiance. C'est quelque chose que je veux soutenir au niveau fédéral pour les fournisseurs de soins de santé de première ligne, qui ont déjà une relation de confiance avec leurs patients et leurs collectivités. Je veux travailler avec les dirigeants communautaires, les chefs religieux et toutes les personnes qui ont déjà établi ces relations de confiance pour leur donner les outils et l'information dont ils ont besoin pour soutenir leurs collectivités et faciliter ces interactions.
Je sais que, peu importe ce que je dis au niveau fédéral, les Canadiens accorderont toujours plus d'importance à ce que disent les personnes avec lesquelles ils entretiennent une relation de confiance. Les gens demandent des conseils à leurs fournisseurs de soins, leurs amis et leur famille; nous devons donc réfléchir à cette question à tous les échelons, du niveau national jusqu'aux interactions avec chaque patient.
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Je peux penser à un certain nombre d’exemples qui ont été utiles pendant cette période.
Une de nos plus grandes réussites a été de travailler en partenariat avec les experts autochtones en santé. Au Manitoba, au départ, le taux de vaccination était plus bas chez les Autochtones, mais, après que nous avons chargé les experts autochtones en santé de déployer le programme de vaccination dans les communautés autochtones, les taux de vaccination ont monté en flèche, ce qui, à mon avis, tenait à la fois à un meilleur accès et à la présence d'une personne de confiance, qui connaissait bien la situation, les aspects culturels et les défis auxquels font face ces communautés.
Faire intervenir des personnes ayant une expérience vécue et des dirigeants de confiance est une stratégie que j'adopterais dans le cadre de mes fonctions actuelles, car je reconnais que les dirigeants des communautés en savent beaucoup plus que moi sur celles‑ci. Je veux développer ces relations à l'échelle du pays pour soutenir les dirigeants des communautés et les fournisseurs de soins de santé de première ligne, pour qu'ils puissent soutenir leurs communautés et leurs patients.
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Il y a quelque chose dans ce que vous avez dit qui m'a interpellé, étant donné ma carrière de médecin urgentiste. C'est à peu près la même chose que vous avez dit: nous savons ce que nous savons et ce que nous ne savons pas. Si nous procédons à une réanimation, nous le savons. Le patient a‑t‑il besoin d'un angiogramme? Nous ne le savons peut-être pas, et c'est pourquoi nous faisons appel à un cardiologue.
C'est très important de savoir quand prendre cette décision. Je crois que c'est important, et que l'humilité permet d'instaurer la confiance. Nous devons le reconnaître, quand nous ne savons pas quelque chose et que nous devons le demander à des personnes qui le sauront.
Nous avons parlé de la chute du taux de vaccination, qui est un enjeu assez important. Je crois que le Manitoba, depuis un certain temps, compte le plus grand nombre de cas de rougeole au Canada, et peut-être même le plus grand nombre de cas de rougeole en Amérique du Nord.
Quelle est votre approche pour ces zones et ces régions? Comment pouvons-nous appliquer cela à l'échelle nationale pour faire augmenter le taux de vaccination dans ces régions particulièrement problématiques?
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Merci, monsieur le président.
Je remercie mon collègue d'avoir proposé cette motion.
Nous avons présentement une témoin. Nous en sommes seulement à la première ronde des questions. Par respect pour les députés qui attendent de poser leurs questions... C'est la première fois que nous avons l'occasion de poser des questions à la Dre Reimer, et elle s'en sort très bien. J'aimerais vraiment que nous puissions finir de poser nos questions à la témoin, pour que les députés présents puissent tout à tour poser leurs questions, et que ce soit équitable pour tous les partis.
Cela étant dit, je propose que le débat soit ajourné.
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Madame Reimer, dans le document que le gouvernement a présenté cette semaine sur la mise à jour économique, on parle de la sécurité alimentaire, de l'abordabilité, de l'épicerie, de la production alimentaire. On voit aussi qu'il y a des réductions des dépenses liées au fonctionnement.
L'Agence de la santé publique du Canada a-t-elle évalué les répercussions possibles sur la capacité de la santé publique de la réduction des ressources qui sont nécessaires à son bon fonctionnement?
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Merci, monsieur le président.
Docteure Reimer, je vous remercie d'être venue témoigner aujourd'hui devant le Comité en tant que témoin experte. Félicitations pour votre nomination.
Récemment, l'Association médicale canadienne a demandé qu'une étude soit menée auprès des Canadiens, et selon cette étude, « 43 % de la population est très susceptible de croire aux fausses informations ». Nous avons vu plusieurs tendances en ligne. C'est assez préoccupant pour n'importe quelle génération.
Vous avez beaucoup travaillé sur ce dossier. Vous avez une grande expertise à cet égard. J'aimerais connaître les stratégies qui, selon vous, sont les plus efficaces pour lutter contre la mésinformation, en particulier la mésinformation en ligne.
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Il y a des préjudices très clairs associés à la mésinformation et à la désinformation. L'étude dont vous parlez montre certains des préjudices que la mésinformation et la désinformation causent aux Canadiens. C'est quelque chose qui me tient à cœur, et c'est l'un des sujets que je souhaite prioriser dans mon mandat et dans le cadre de mes fonctions.
En ce qui concerne la lutte contre la mésinformation et la désinformation, ce travail doit se faire en même temps sur plusieurs niveaux. Je considère que mon rôle est de diffuser des informations transparentes, fondées sur des données probantes et faciles à comprendre pour les Canadiens. Toutefois, il est également important que l'Agence soutienne les provinces, les territoires, les municipalités, les collectivités et les groupes autochtones pour leur donner les outils et l'information dont ils ont besoin pour soutenir leurs collectivités. C'est tout aussi important, voire plus important, que le travail que je vais accomplir au niveau national, en raison de leurs liens avec leurs propres collectivités, de leur connaissance de celles‑ci, des informations qu'ils reçoivent et de leurs besoins.
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Merci, monsieur le président.
Merci, docteure Reimer. Je tiens à vous féliciter de votre nouveau rôle d'administratrice en chef de la santé publique.
Je vais continuer un peu dans le même ordre d'idées.
Nous traversons une période difficile en matière d'information sur la santé. Souvent, les opinions politiques et les valeurs ont plus de poids que l'opinion d'experts. Nous le voyons même au sein du Comité, par exemple. Nous voyons aussi, aux États-Unis, un changement au sein de la direction des CDC. Les Nord-Américains, en général, mais aussi les Canadiens, se fient à ces centres pour ce qui est des informations sur la santé.
Alors que vous naviguez dans ce monde plus difficile, où la désinformation est un problème quotidien, comment allez-vous engager la société civile? À mon avis, toute la société doit intervenir, et votre leadership et celui d'autres responsables du secteur de la santé doivent aider les citoyens à distinguer les informations fiables des fausses informations.
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Je suis d'accord, c'est un enjeu considérable qui affecte les gens qui essaient de prendre les meilleures décisions possibles pour eux-mêmes et pour leurs proches. En tant que médecin, j'ai moi-même vu des patients prendre des décisions fondées sur de la mésinformation et refuser les traitements et les soins vitaux dont ils avaient besoin.
C'est quelque chose dont je souhaite tenir compte dans mon travail, mais je suis d'accord avec l'idée selon laquelle nous devons intervenir à plusieurs niveaux. Cela comprend la collaboration avec les personnes aux premières lignes — les fournisseurs de soins de santé —, mais aussi la collaboration avec les groupes de patients, les organisations religieuses, les dirigeants communautaires et les experts autochtones en santé.
Nous devons établir des partenariats avec toutes sortes de groupes pour lutter contre la mésinformation et la désinformation, car nous savons qu'il y a une véritable vague de fausses informations. Nous savons que les utilisateurs de médias sociaux ont peu de contrôle sur les algorithmes et sur le contenu qu'ils voient en ligne, mais nous savons aussi que les relations de confiance avec les amis, la famille et les membres de la collectivité peuvent faire une grande différence.
Je veux contribuer au partage d'informations à l'échelle nationale, tout en soutenant les leaders dans leurs propres collectivités afin qu'ils aient eux aussi les informations dont ils ont besoin pour soutenir leurs collectivités.
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Merci, monsieur le président.
Madame Reimer, j'aimerais revenir sur la composition du Groupe de travail sur le secteur pharmaceutique et des sciences de la vie.
Dans votre discours d'ouverture, vous avez mentionné que vous alliez mettre en avant la transparence et l'humilité dans vos actions et vos décisions, ce que j'ai beaucoup apprécié. Comme vous le savez, le gouvernement n'a pas rendu publique la composition de ce groupe. Il ne donne pas cette information en ligne. On connaît seulement le nom des deux coprésidents.
Selon vous, le gouvernement fait-il preuve de transparence en ne fournissant pas en ligne la composition de ce comité?
Il a fallu que des parlementaires posent la question directement à la .
[Traduction]
Encore une fois, je n'ai pas d'information sur ce groupe de travail. Cela ne relève pas de mon mandat, mais je peux transmettre votre question à l'Agence pour savoir quel a été son rôle dans la création du groupe de travail.
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Je remercie M. Blanchette-Joncas d'avoir soulevé la question de la souveraineté pharmaceutique, car nous avons eu de nombreuses bonnes discussions à ce sujet entre députés. Il sait que cela m'intéresse aussi beaucoup. J'apprécie vraiment son intérêt pour ce sujet.
Cela étant dit, en tant que comité, nous sommes en train de poser des questions à la Dre Reimer. Même si l'étude sur la souveraineté pharmaceutique a été retardée à maintes reprises, je sais qu'une réunion s'en vient prochainement, donc nous sommes tout à fait disposés à examiner la motion, que nous n'avons pas encore vue, et à en discuter pendant une réunion, au moment approprié.
Cela étant dit, je propose que le débat soit ajourné.
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Encore une fois, nous avons la preuve, aujourd'hui, que le gouvernement ne veut pas faire preuve de transparence. On ajourne le débat, non pas pour une première ou une deuxième fois, mais pour une troisième fois. Le Comité a le droit de savoir qui influe sur les politiques pharmaceutiques et quelle place la santé publique occupe dans ce processus.
Je suis très fier de faire ce travail, aujourd'hui, afin de demander une reddition de comptes au gouvernement, qui, bien sûr, ne veut pas collaborer. Encore une fois, on l'a démontré très clairement aujourd'hui.
Alors, que la population qui nous écoute...
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Merci, monsieur le président.
Docteure Reimer, j'aimerais revenir à la question de M. Mazier, car j'ai été franchement très surpris par votre réponse.
Comme vous, je suis médecin. J'ai été administrateur en chef de la santé publique. Si un patient ou un jeune m'avait demandé, un jour, « Ce n'est pas recommandé d'injecter des substances illicites, n'est‑ce pas? », je lui aurais répondu, sans hésiter « Non, ce n'est pas recommandé, car vous pourriez en mourir, ou contracter une endocardite infectieuse ». Je le dirais avec compassion. Je me ferais du souci pour cette personne. Si je sens qu'elle risque quand même de s'injecter une substance, malgré mon conseil, je lui demanderais de suivre un traitement à la méthadone ou quelque chose du genre.
Pourquoi ne vous sentez-vous pas capable de faire cette recommandation, et je renvoie à notre conversation précédente concernant la confiance que nous souhaitons bâtir envers les institutions de santé publique?
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Merci, monsieur le président.
Félicitations, docteure Reimer, pour votre nomination.
Vu votre parcours, vous avez clairement toute l'expérience requise pour ce poste particulier. Je me souviens vous avoir rencontrée lorsque vous étiez la présidente de l'Association médicale canadienne. Je suis également certaine que vous avez des relations dans tout le pays, maintenant que vous entrez dans ces nouvelles fonctions.
Je vais remonter au début de l'année 2020. J'étais membre du Comité lorsqu'on a déclaré que la COVID‑19 était une pandémie, et nous étions très troublés de découvrir que la réserve que nous avions préparée pour la pandémie était devenue obsolète. Un certain nombre d'articles étaient périmés.
Avez-vous, en tant que nouvelle administratrice en chef, eu l'occasion d'examiner cette situation? Nous savons que nous allons traverser une autre pandémie dans un avenir plus ou moins proche, donc, qu'est‑ce qui est fait, en ce qui concerne la préparation à la pandémie, les réserves et ainsi de suite?
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L'Agence de la santé publique du Canada a tiré beaucoup de leçons de la pandémie. En ce qui concerne la préparation aux situations d'urgence, c'est un domaine de haute priorité pour l'Agence, et j'ai hâte d'y participer.
Par exemple, beaucoup d'efforts ont été faits pour constituer des réserves, pour nous assurer un accès aux médicaments et aux fournitures non médicales et pour veiller à ce que ce soit à jour et tout le temps contrôlé. Je sais que le gouvernement a élaboré des plans de préparation aux urgences, et que l'Agence de la santé publique du Canada a également contribué à ce travail.
On m'en a informée et on m'a mise au courant sommairement du travail relatif à nos réserves d'urgence, mais j'ai hâte de me pencher à fond sur la question afin de savoir quelles réserves nous avons, quelles sont les lacunes possibles et ce que nous pouvons améliorer, en veillant à ce que nous travaillions avec nos partenaires des provinces et des territoires. Je sais que les provinces et les territoires ont rencontré les mêmes problèmes lors de la pandémie; certaines de leurs réserves étaient périmés.
Il serait très important pour la sécurité sanitaire au Canada de continuer d'investir dans la préparation.
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Merci de la question, car cela me donne l'occasion de parler de quelque chose que l'Agence fait vraiment bien, une chose à laquelle j'ai vraiment eu le plaisir de participer. Il s'agit de la capacité de réunir des experts et de rassembler des renseignements afin de les communiquer.
Au Canada, nous avons des maladies à déclaration obligatoire. Toutes les provinces et tous les territoires doivent nous rendre des comptes pour nous informer si ces maladies touchent leurs territoires. De la même manière, nous communiquons à d'autres pays des renseignements sur les maladies à déclaration obligatoire ou sur de nouvelles maladies infectieuses qui surviennent, et ces discussions ont lieu continuellement. Même avant d'avoir une confirmation, nous recevons les informations que plusieurs pays se sont communiquées à propos de ce qu'ils observent, et nous sommes ainsi au courant des risques et des menaces qui sont peut-être en train de se dessiner.
À mesure que nous poursuivons nos efforts de surveillance, une chose essentielle que nous allons faire, c'est de nous préparer aux situations d'urgence non seulement en communiquant des renseignements aux Canadiens, mais aussi en travaillant avec nos homologues de la santé publique de tout le pays, de façon à ce que tout le monde soit au courant de ce que l'on observe dans différentes régions et que tout le monde puisse s'y préparer.