:
Bonjour, tout le monde.
J'ouvre maintenant la séance.
[Traduction]
Bienvenue à la troisième réunion du Comité permanent de la santé de la Chambre des communes.
[Français]
Nous reconnaissons que nous nous réunissons sur le territoire traditionnel non cédé du peuple anishinabe algonquin.
[Traduction]
La séance d'aujourd'hui se déroulera sous forme hybride, conformément au Règlement.
Je tiens à rappeler aux participants les consignes suivantes.
Veuillez attendre que je vous nomme avant de prendre la parole. Je tiens à vous rappeler que vos observations doivent être adressées à la présidence. Je tiens également à vous rappeler de faire attention à votre communication audio, car nous ne voulons pas qu'un retour sonore endommage les oreilles de qui que ce soit.
Il y a un petit autocollant sur votre bureau sur lequel vous ne devez pas oublier de déposer votre téléphone afin d'éviter toute perturbation sonore.
Je prie les députés présents dans la salle de lever la main lorsqu'ils souhaitent prendre la parole. Je vous donnerai alors la parole. Comme il s'agit d'une réunion dont l'ordre d'intervention nous est connu, je tiens simplement à vous rappeler que, pendant la première série de questions, les interventions dureront six minutes. Pendant la deuxième série de questions, il y aura deux interventions de cinq minutes, et une intervention deux minutes et demie pour le Bloc. Ces interventions seront suivies de deux autres interventions de cinq minutes. Nous verrons combien de séries de questions nous aurons le temps de mener.
Comme tous les participants à la réunion sont présents dans la salle, je propose que nous passions directement aux deux heures d'audition sans les diviser en deux segments d'une heure.
Nous allons commencer l'audition.
Conformément à la motion adoptée le mardi 23 septembre, le Comité entamera la séance d'information en entendant les hauts fonctionnaires de Santé Canada...
:
Oui? C'est bien. Comme personne ne s'y oppose, c'est ce que nous ferons.
Je vous remercie, monsieur Thériault.
Je tiens à préciser que, conformément à la motion adoptée le mardi 23 septembre, le Comité commencera la séance d'information en entendant les hauts fonctionnaires de Santé Canada et la présidente de l'Agence de la santé publique du Canada.
Je souhaite la bienvenue à nos témoins. Je vais accorder cinq minutes de temps de parole aux représentants du ministère de la Santé, puis cinq minutes de temps de parole aux représentants de l'Agence de la santé publique du Canada. Je commencerai par donner la parole aux représentants du ministère de la Santé.
Aujourd'hui, nous accueillons Greg Orencsak, sous-ministre; Jocelyne Voisin, sous-ministre adjointe principale, Direction générale des politiques de santé; Pamela Aung-Thin, sous-ministre adjointe, Direction générale des produits de santé et des aliments; Matt Jones, sous-ministre adjoint, Direction générale de la santé environnementale et de la sécurité des consommateurs; Kendal Weber, sous-ministre adjointe, Direction générale des substances contrôlées et du cannabis; et Dre Supriya Sharma, conseillère médicale en chef.
Nous recevons également des représentants de l'Agence de la santé publique du Canada, notamment Nancy Hamzawi, présidente; Stephen Bent, vice-président, Direction générale de la réglementation, des opérations et de la gestion des urgences; et Michael Collins, vice-président, Direction générale de la promotion de la santé et de la prévention des maladies chroniques.
Les deux principaux responsables ont chacun cinq minutes pour faire leur déclaration préliminaire. Je vous donnerai un avertissement deux minutes avant la fin de votre intervention afin que vous puissiez commencer à conclure vos propos, puis un autre avertissement 30 secondes avant la fin de votre intervention.
Si tout le monde est d'accord, nous allons commencer à entendre les interventions en cédant la parole à M. Orencsak.
Veuillez commencer votre déclaration, monsieur.
:
Merci, madame la présidente. Merci, chers députés. Nous vous remercions de nous avoir invités à comparaître devant le Comité aujourd'hui. Nous sommes heureux d'avoir l'occasion de discuter des priorités de Santé Canada et d'expliquer comment notre travail appuie les priorités du gouvernement du Canada.
[Français]
Au printemps dernier, le a remis aux ministres une lettre de mandat commune énonçant sept priorités fondamentales. Aujourd'hui, je suis heureux de vous faire part de la manière dont Santé Canada contribue à la réalisation de ces objectifs.
[Traduction]
Je commencerai par parler de notre travail de modernisation de la réglementation.
Le gouvernement a lancé un examen des formalités administratives cet été. Dans notre cas, l'objectif consiste à éliminer les règles désuètes ou trop complexes et à réduire les dédoublements et les chevauchements de processus qui retardent la prise de décision, tout en continuant à accorder la priorité à la santé et à la sécurité.
[Français]
Le rapport de Santé Canada indique 42 mesures que le ministère et l'Agence de la santé publique du Canada prennent pour réduire le fardeau administratif, tout en continuant à protéger la santé et la sécurité de la population canadienne.
[Traduction]
Les principaux domaines d'intervention comprennent la réduction des barrières commerciales par l'harmonisation des normes internationales, l'amélioration de l'expérience client et de la prestation des services, l'adoption d'approches fondées sur les risques, la rationalisation des réglementations et la simplification des règles, ainsi que la promotion de nouveaux produits et de nouvelles technologies.
[Français]
Je vais maintenant aborder la question de l'approvisionnement en drogues illégales toxiques et de la crise des surdoses.
[Traduction]
Dans le cadre du Plan frontalier du Canada, Santé Canada collabore avec des partenaires de l'ensemble du gouvernement afin de perturber la production et la distribution illégales de drogues. Par exemple, nous fournissons des capacités nationales supplémentaires pour offrir aux organismes d'application de la loi et de santé publique du Canada des renseignements et des services de qualité relatifs au profil des drogues, afin de leur permettre de cibler de manière plus stratégique les mesures qu'ils prennent pour lutter contre la menace que représentent les drogues synthétiques.
Santé Canada a également mis sur pied une nouvelle unité de gestion des risques liés aux précurseurs chimiques afin de renforcer la surveillance et d'améliorer le contrôle pour favoriser la prise de mesures législatives et douanières en temps opportun. Plus tôt cette année, le Canada a mis en place de nouvelles mesures de contrôle pour trois précurseurs du fentanyl, en procédant en urgence à leur inscription dans les annexes de médicaments. Nous continuerons à faire progresser ces efforts.
[Français]
Du point de vue de la santé publique, nos efforts pour lutter contre la crise des surdoses et les risques liés à la consommation de substances sont guidés par la Stratégie canadienne sur les drogues et autres substances.
[Traduction]
La solidité d'un système de santé dépend de la disponibilité d'une main-d'œuvre compétente qui bénéficie d'un soutien adéquat. C'est pourquoi nous prenons des mesures concrètes pour aider un plus grand nombre de professionnels de la santé formés à l'étranger à mettre leurs compétences à profit ici, au Canada. Le but n'est pas seulement de recruter les meilleurs talents, mais aussi de leur fournir les outils, les ressources et le soutien dont ils ont besoin pour réussir leur intégration dans le monde du travail et commencer à soigner des patients le plus rapidement possible.
[Français]
La technologie joue également un rôle clé dans l'amélioration de l'accès. Nous nous efforçons de faire en sorte que chacun reçoive les soins dont il a besoin, et les outils numériques nous aident à concrétiser cet objectif. L'accès aux renseignements personnels sur la santé est essentiel. C'est pourquoi nous continuons à faire progresser le programme de données sur la santé avec les provinces et les territoires.
[Traduction]
La santé mentale est une autre priorité clé de Santé Canada. Nous travaillons avec nos partenaires des provinces et des territoires pour soutenir l'expansion des services intégrés destinés aux jeunes et des initiatives communautaires en matière de santé mentale grâce au Fonds pour la santé mentale des jeunes.
[Français]
Santé Canada continue également d'administrer des programmes qui contribuent à rendre la vie plus abordable pour la population canadienne.
[Traduction]
Par exemple, le Régime canadien de soins dentaires continue de prendre de l'ampleur, et plus de cinq millions de Canadiens sont désormais admissibles à cette couverture.
Nous continuons de nous concentrer sur notre mandat principal, qui consiste à aider les Canadiens à préserver et à améliorer leur santé.
Cette démarche est essentielle à la réussite du Canada, car lorsque les Canadiens sont en bonne santé, ils peuvent participer plus pleinement à la vie civique et économique de notre pays.
Je tiens à remercier le Comité pour le travail qu'il a accompli afin de nous aider à concrétiser nos priorités et, en fin de compte, à améliorer la santé de tous les Canadiens.
Voilà qui conclut mes observations liminaires. Je vous remercie de m'avoir donné l'occasion de m'exprimer..
:
Madame la présidente et honorables députés, merci de nous avoir invités à comparaître devant le Comité aujourd'hui. C'est un honneur d'être ici pour discuter du mandat et des priorités de l'Agence de la santé publique du Canada.
Un système de santé publique solide contribue à assurer la sécurité économique et nationale du Canada et est essentiel pour soutenir une main-d'œuvre saine et productive, la prospérité sociale et économique, ainsi que le bien-être à long terme de notre société.
[Français]
Le mandat de l'Agence de la santé publique du Canada consiste à améliorer la santé de toutes les personnes et les communautés au Canada en réagissant aux menaces pour la santé publique, en prévenant les maladies et les blessures, ainsi qu'en favorisant une bonne santé physique et mentale. Il s'agit notamment d'atténuer les répercussions des éclosions de maladies infectieuses et des urgences sanitaires, comme les pandémies et les catastrophes naturelles, sur la santé publique.
[Traduction]
Dans un contexte géopolitique de plus en plus complexe, l'Agence se concentre sur le renforcement de la résilience et de la préparation, ainsi que sur la contribution à la posture de défense du Canada.
Bien que le champ d'action de l'Agence soit vaste, trois préoccupations de santé publique sont au cœur de ses préoccupations cet automne: l'influenza aviaire hautement pathogène, les épidémies de rougeole en cours et la crise des drogues toxiques.
[Français]
En ce qui concerne la grippe aviaire, l'Agence, en collaboration avec les ministères et organismes du portefeuille de la Santé, ainsi qu'avec ses partenaires provinciaux et territoriaux, continue d'accroître les efforts liés à l'évaluation des risques, à la surveillance, à l'intervention, à la coordination et aux contre-mesures médicales, afin que nous soyons mieux préparés à protéger le public.
[Traduction]
Bien que le risque actuel pour la population reste faible, l'influenza aviaire peut provoquer des maladies graves chez les humains. Le Canada adopte une approche proactive et s'est déjà procuré 870 000 doses de vaccin contre l'influenza aviaire pour les humains afin d'aider les provinces et les territoires à protéger les Canadiens contre cette nouvelle menace mondiale.
Je vais maintenant parler de la rougeole. Ces 30 dernières années, l'Organisation mondiale de la santé estimait que le Canada avait officiellement éliminé la rougeole. Le Canada risque de perdre son statut de pays ayant éliminé la rougeole dès ce mois‑ci, étant donné que la transmission se poursuit depuis plus d'un an.
Au 26 septembre, un total de 5 449 cas avaient été signalés à l'Agence. La majorité de ceux‑ci sont liés à une épidémie qui a débuté en octobre 2024 et qui touche plusieurs administrations.
Globalement, le risque reste le plus élevé chez les personnes non vaccinées — 93 % des cas n'étaient pas vaccinés ou n'avaient pas d'antécédents vaccinaux connus — et chez les enfants, puisque dans 70 % des cas, les personnes touchées avaient moins de 18 ans.
[Français]
L'Agence surveille attentivement l'augmentation récente du nombre de cas de rougeole détectés à l'échelle mondiale et aide les provinces et les territoires, au besoin, à gérer les nouveaux cas au Canada.
[Traduction]
Le Canada déploie également des efforts considérables pour lutter contre la crise des drogues toxiques, qui a des répercussions sanitaires, sociales et économiques importantes et tragiques sur la société canadienne.
Au cours des 12 mois compris entre avril 2024 et mars 2025, notre dernière période de référence, nous avons enregistré une moyenne quotidienne de 18 décès liés à une intoxication aux opioïdes, 15 hospitalisations liées aux opioïdes, 64 visites aux urgences pour des intoxications liées aux opioïdes et 95 interventions des services médicaux d'urgence pour des surdoses suspectées d'être liées aux opioïdes. Il s'agit là de moyennes quotidiennes.
L'Agence surveille attentivement cette situation en constante évolution et propose des activités visant à faire progresser les politiques gouvernementales relatives aux drogues grâce à la surveillance et à la recherche appliquée, à des approches de prévention en amont et à des campagnes de sensibilisation du public ciblées.
L'excellence scientifique est au cœur de toutes les activités de l'Agence.
L'Agence dispose désormais d'un comité consultatif scientifique, composé d'experts externes chargés de fournir des avis scientifiques impartiaux et opportuns sur son calendrier scientifique et de recherche.
[Français]
Ce comité a pour mission de présenter des évaluations critiques des activités scientifiques proposées, notamment ce qui concerne la planification scientifique, l'innovation en matière de science et de recherche en santé publique, ainsi que la promotion de l'équité en santé.
[Traduction]
Vous avez peut-être vu dans les médias que l'Agence est en pleine transformation, puisqu'elle continue de réduire ses activités liées à la pandémie en vue d'adopter une posture durable axée sur son mandat en matière de sécurité sanitaire.
Au cours de cette période de recalibrage, nous restons fidèles à notre engagement envers les Canadiens, et nous poursuivons la réalisation de notre mandat en mettant davantage l'accent sur les répercussions sur la santé publique et l'harmonisation avec le mandat et les missions du gouvernement. C'est l'engagement indéfectible envers la santé publique et le service public de tous les employés de l'ASPC qui motive le travail que nous accomplissons pour tous les Canadiens. J'ai le privilège d'observer et de constater cet engagement chaque jour.
C'est un privilège pour mes collègues et moi-même de comparaître aujourd'hui devant ce comité afin de vous parler de tous les travaux...
:
Merci beaucoup de la question.
Je veux souligner que nous avons été très sérieux dans notre prise de décisions visant l'ajustement des programmes de l'Agence, laquelle a été créée à la suite d'une crise pandémique. Notre priorité, c'est la sécurité sanitaire.
Nos compressions portant plutôt sur la réduction des effectifs, nous allons maintenir le spectre d'activités de l'Agence. Par exemple, la direction générale de la promotion de la santé et de la prévention des maladies chroniques continuera ses activités réglementaires. Grâce aux leçons que nous avons apprises de la pandémie de la COVID‑19, nous allons renforcer nos capacités dans quelques domaines, par exemple la surveillance des eaux usées et la génomique. Ce sont des capacités que nous n'avions pas avant la pandémie. Il y aura des compressions dans plusieurs domaines mais, jusqu'à maintenant, l'Agence ne cessera aucune activité en particulier.
:
Merci beaucoup, madame la présidente.
Merci à tous les experts présents dans la salle. Je suis impatiente d'en savoir plus sur vos priorités.
Je pense que je vais poser ma première question à Mme Weber.
En 2023, le gouvernement de la Colombie-Britannique et le gouvernement fédéral ont créé un programme pilote permettant à toute personne adulte de posséder des drogues dures illicites en Colombie-Britannique. Depuis lors, plus de 6 000 personnes — maris, femmes, filles, fils — sont décédées de causes liées aux drogues. C'est un phénomène qui a ravagé nos collectivités.
Ce programme pilote de décriminalisation prendra fin en janvier 2026. À ce jour, avez-vous reçu une demande du gouvernement de la Colombie-Britannique visant à prolonger cette expérience mortifère?
:
Il y a un problème: vous n'avez pas l'intention d'appliquer la recommandation du comité d'experts, mais même les autorités policières ne peuvent pas intervenir étant donné que la loi est ainsi faite. Or, quand les policiers doivent intervenir, ils doivent intervenir parce qu'on est allé au-delà de ce qui était permis par la loi.
Cela dit, j'aimerais aussi vous parler de la recommandation 42 du comité d'experts, selon laquelle on devrait permettre aux pharmaciens de distribuer des produits du cannabis aux personnes qui détiennent une autorisation médicale. L'Association québécoise des pharmaciens propriétaires nous dit que les pharmaciens sont les mieux placés pour assurer la surveillance thérapeutique du cannabis à des fins médicales. Les patients pourraient ainsi bénéficier de leurs conseils professionnels, notamment en lien avec les interactions. En effet, les gens qui prennent du cannabis à des fins médicales prennent souvent d'autres médicaments aussi.
Est-ce que vous avez l'intention d'appliquer cette recommandation en permettant la distribution de cannabis à des fins médicales par les pharmaciens propriétaires? Ça se fait en Australie, en France, en Allemagne, en Israël, en Italie et au Royaume‑Uni.
:
Plusieurs d'entre nous faisaient partie du Comité lors de l'éclosion de la COVID‑19, notamment M. Thériault et Mme Sidhu. Je vois Todd Doherty assis là‑bas; je pense qu'il y siégeait aussi à ce moment‑là.
Dans les semaines qui ont précédé la COVID‑19, nous avons reçu la Dre Tam et le Dr Njoo, je crois. Nous leur avons demandé d'évaluer le niveau de risque. À peine quelques semaines avant le confinement de notre société, on nous a dit à maintes reprises que le risque était faible. Cependant, si on s'était rendu dans n'importe quel vestiaire ou aréna à Thunder Bay pour poser la question à une équipe de hockey amateur, la majorité aurait répondu: « Oui, ça s'en vient. »
Selon moi, l'Agence de la santé publique du Canada et Santé Canada ont sous-estimé le risque. Je pense que notre réponse à la première vague de l'épidémie a été sous-optimale. Plusieurs enquêtes ont d'ailleurs été menées pour en comprendre les raisons.
Le Globe and Mail a publié un article d'enquête dans lequel de nombreuses personnes ont été interrogées pour comprendre les problèmes au sein de l'ASPC. Je sais que la vérificatrice générale a également publié un rapport. Chose certaine, une des critiques faites par le Globe and Mail concernait la forte présence de bureaucrates, plutôt que de professionnels de la santé, au sein de l'ASPC et de Santé Canada. Cette tendance, qui existe depuis un certain nombre d'années, semble avoir contribué à notre réponse sous-optimale.
Je tiens à souligner que Mme Hamzawi, la nouvelle dirigeante de l'Agence de la santé publique du Canada, n'est pas médecin. La Dre Tam, qui est médecin, travaillait là auparavant.
Je ne pense pas qu'il faille être médecin pour être à la tête de l'Agence de la santé publique du Canada, mais que pouvez-vous faire pour rassurer les gens comme moi et la population canadienne sur le fait que notre gouvernement a donné suite à la préoccupation concernant le manque de personnel médical?
Je suis heureux que la Dre Sharma soit présente, car elle est médecin.
Comment pouvez-vous nous donner l'assurance que vous tenez réellement compte des avis médicaux et des meilleures données scientifiques pour prendre vos décisions?
:
Tout d'abord, je dois préciser que la Loi sur l'Agence de la santé publique du Canada est très claire: l'Agence est dirigée par un président, en l'occurrence moi. Au fond, j'agis à titre de directrice générale de l'organisation. Il y a aussi un administrateur en chef de la santé publique, qui fait également partie de la direction de l'Agence. Ce sont deux postes distincts. D'ailleurs, dans la Loi, il y a quatre dispositions de plus pour l'administrateur en chef de la santé publique qu'il n'y en a pour le président. Voilà qui témoigne de la grande importance du rôle de l'administrateur en chef de la santé publique.
À l'heure actuelle, l'administrateur en chef intérimaire de la santé publique est le Dr Howard Njoo. Nous menons actuellement un processus de nomination par voie de concours, et nous attendons avec impatience son aboutissement prochain.
Ce que je peux vous assurer, c'est que l'Agence continue de placer les avis scientifiques et médicaux au cœur de son travail, et nous continuons d'en tirer parti dans toute la mesure du possible. Comme je l'ai mentionné plus tôt en ce qui concerne les réductions, nous avons pris grand soin de les limiter dans ces domaines. Par exemple, le laboratoire est celui qui est le moins touché par les changements.
Permettez-moi de souligner quelques faits, et cela nous ramène à une question posée plus tôt, madame la présidente. Pendant la pandémie de COVID‑19, sans les mesures de santé publique ou les vaccins, il y aurait eu jusqu'à 800 000 décès. Le nombre de décès observés, en date du 24 avril 2022, s'élevait à 38 783. En l'absence de mesures de santé publique ou de vaccins pendant la pandémie, jusqu'à 2 millions d'hospitalisations étaient prévues, mais il y en a eu 150 602. Sans les mesures de santé publique ou les vaccins, il y aurait eu jusqu'à 34 millions de cas, mais 3,3 millions de cas ont été signalés. Voilà les faits concernant ce qui s'est passé pendant la pandémie, et c'est ce que montre la modélisation.
:
Merci, madame la présidente.
Merci aux fonctionnaires de témoigner devant notre comité. Je travaillais moi-même dans le domaine de la santé publique, et je devais faire de représentations devant le conseil d'administration. C'est toujours un moment stressant, alors je vous remercie du travail que vous faites et d'être ici aujourd'hui.
Mes questions s'adressent à Mme Hamzawi.
Avant tout, je tiens à dire qu'au moment de votre nomination, j'ai remarqué que certains faisaient des commentaires, pour tout dire, absolument injustes, odieux et inappropriés. Je trouve que vous avez géré cette situation avec beaucoup de grâce et de sang-froid, alors merci de votre excellent travail.
J'ai examiné ce document sur la stratégie de l'Agence de la santé publique du Canada en matière de science. Je sais qu'il a été produit avant que vous n'entriez en poste. Je ne sais pas si vous avez eu le temps de le parcourir, mais j'ai trouvé certaines sections très intéressantes. J'aurais quelques questions à vous poser là‑dessus.
Dans ce document, l'agence parle à plusieurs occasions de décolonisation et de science. À votre avis, est‑ce que la stratégie scientifique que déploie l'ASPC actuellement est colonisée?
:
Merci aux fonctionnaires de témoigner ici aujourd'hui. Merci de nous laisser vous questionner sur ces divers enjeux.
Comme nous le savons bien, les Canadiens comprennent que la santé mentale est un aspect capital de la santé globale et qu'il importe tout autant de soutenir le bien-être des Canadiens que leur santé physique en cas de maladie.
Du point de vue de l'économie, une mauvaise santé mentale cause l'absentéisme, une faible productivité et peut même mettre un terme à une carrière de façon prématurée, mais quand les gens ont accès à du soutien et à des ressources par l'intermédiaire de leur médecin de famille, d'un groupe de soutien ou des services offerts directement en milieu de travail, ils sont plus résilients et plus productifs au travail. C'est particulièrement important compte tenu des défis démographiques et des pressions sur le marché du travail qui attendent les Canadiens au cours des prochaines années.
Pourriez-vous nous expliquer comment les initiatives en santé mentale de Santé Canada aident les Canadiens à demeurer actifs sur le marché du travail et à soutenir leur participation à l'économie canadienne? Que faites-vous en collaboration avec les provinces, les territoires et vos partenaires pour vous assurer que les Canadiens aient accès au soutien dont ils ont besoin de manière opportune?
:
Bien sûr, il n'y aucun problème.
Ces données proviennent d'une publication intitulée Scénarios contrefactuels des effets de la vaccination et des mesures de santé publique sur les cas de COVID‑19 au Canada : qu'est‑ce qui aurait pu arriver? C'est avec plaisir que nous allons vous fournir ce document.
Concernant les nombres qu'on peut voir au tableau 1 de cette publication, sans les mesures de santé publique et les vaccins, il y aurait pu y avoir jusqu'à 800 000 morts, mais avec les mesures de santé publique et les vaccins, ce chiffre s'élevait à 38 783 en date du 24 avril 2022. Sans ces mesures et sans les vaccins, il y aurait eu jusqu'à 2 millions d'hospitalisations, mais il y en a eu 150 602. Sans ces mesures de santé publique, il y aurait eu 34 millions de cas; avec les mesures prises par les gouvernements, il y en a eu 3,3 millions.
Je pense que nous pouvons faire un autre tour.
C'est M. Mazier, du Parti conservateur, qui commence.
Vous disposez de cinq minutes.
Oh, je suis désolée, j'ai oublié M. Eyolfson.
Excusez-moi, monsieur Eyolfson.
:
On a certainement réclamé la mise en place d'un régime national d'octroi de permis d'exercice. Je pense que l'Australie est passée d'un régime d'octroi de permis par les États à un régime national. Au Canada, il a beaucoup été question d'en mettre un en place.
Quels progrès ont été réalisés dans ce sens, le cas échéant?
Je vais vous donner un exemple qui illustre très bien le problème.
M. Eyolfson ici présent est urgentologue à Winnipeg. Une salle d'urgence de Kenora manquait de médecins et envisageait de fermer. Une personne de Winnipeg, bien qu'à deux heures de route de Kenora, ne pouvait s'y rendre sans avoir obtenu au préalable un permis d'exercice en Ontario. Cette situation n'avait pas beaucoup de sens pour moi qui, en tant qu'urgentologue à Thunder Bay... Sommes-nous différents? Non, je ne pense pas, et Thunder Bay se trouve à six heures de route de là.
Y a‑t‑il eu des progrès dans ce dossier?
:
Ça fait six ans qu'il y a des problèmes d'homologation. Je pourrais vous donner une liste de médicaments.
Je vous demande si vous manquez d'effectifs, mais vous ne répondez pas à la question. Votre ministère manque-t-il, oui ou non, d'effectifs pour être compétitif par rapport aux organismes de réglementation étrangers, comme la Food and Drug Administration américaine? Quand un médicament est autorisé par cette dernière, pourquoi ne faites-vous pas une étude en continu, plutôt que d'attendre à la fin de son processus pour commencer l'évaluation?
Il y a plein de solutions. Cela fait six ans que je vous en propose, mais rien ne change. Faites-vous quelque chose de plus, à Santé Canada, que les autres pays ne font pas et qu'ils devraient faire? Qu'est-ce que vous faites?
Nous déployons du personnel et des ressources pour assurer l'approbation des médicaments. Nous sommes convaincus que nous disposons des capacités nécessaires pour le faire, mais nous cherchons toujours à les renforcer, dans la mesure du possible.
Nous travaillons avec d'autres partenaires de confiance pour favoriser la confiance mutuelle, de sorte que si un organisme de réglementation approuve un produit, nous puissions nous fier à son approbation, ce qui contribuerait à accélérer le processus d'approbation des médicaments.
J'ajouterais également que la mise à disposition des produits aux patients ne dépend pas uniquement de Santé Canada. Nous travaillons avec les provinces et les territoires en ce qui concerne leurs processus d'inscription aux listes, et c'est souvent ce qui prend le plus de temps.
En effet, plus de deux adultes sur cinq âgés de plus de 18 ans et vivant au Canada souffrent d'au moins une maladie chronique, comme le diabète, le cancer ou une maladie cardiaque. La proportion est encore plus grande parmi les populations défavorisées sur le plan social et économique. Oui, la prévalence augmente.
L'Agence travaille avec ses partenaires, comme les provinces, les territoires et les organismes communautaires. Nous travaillons en trois volets. Le premier concerne la surveillance et la recherche, que vous pouvez trouver en ligne dans l'infobase santé. L'outil le plus notable est le Système canadien de surveillance des maladies chroniques, qui est un réseau collaboratif de systèmes de surveillance provinciaux et territoriaux appuyé par l'Agence. Il tient compte de problèmes de santé comme les maladies cardiovasculaires et musculosquelettiques, et un certain nombre d'autres maladies. Pour analyser les données nationales et surveiller les tendances, nous nous servons par exemple du programme Cancer chez les jeunes au Canada.
Nous dirigeons également l'Initiative pancanadienne sur les inégalités en santé afin de renforcer la mesure, la surveillance et le signalement des inégalités en santé. Nous recensons des indicateurs de comportements individuels, comme l'activité physique, la sédentarité et le sommeil.
Un deuxième volet clé est notre travail d'orientation, par exemple les efforts du Groupe d'étude canadien sur les soins de santé préventifs. Ce groupe est en train d'être modernisé, et nous avons hâte qu'il soit remis sur pied sous un nouveau jour. Il y a aussi d'autres lignes directrices, comme je l'ai dit, par exemple les Directives canadiennes en matière de mouvement sur 24 heures.
Du côté des programmes de financement, mentionnons le Fonds pour la santé des Canadiens et des communautés, qui promeut les modes de vie sains dans la population confrontée à des inégalités et qui est la plus sujette à développer des maladies chroniques majeures, comme le diabète, les maladies cardiovasculaires et le cancer. Le Fonds fournit environ 20 millions de dollars par année, mobilise des fonds supplémentaires auprès d'autres partenaires et soutient des projets axés sur les facteurs de risque comportementaux menant à des maladies chroniques.
Nous avons également un Fonds d'action intersectorielle, qui soutient le milieu communautaire dans la prise de mesures collaboratives en amont pour remédier à des problèmes comme la pauvreté et l'insécurité alimentaire. Ce fonds soutient aussi les mesures de santé préventives réduisant les facteurs de risque qui causent des maladies chroniques ou qui les aggravent. Je souligne aussi le travail qui se fait sur le diabète — y compris l'investissement de 35 millions de dollars sur cinq ans par le gouvernement pour la recherche, la surveillance et la prévention du diabète — ainsi que nos efforts liés au Cadre sur le diabète au Canada.
Nous avons également un partenariat important avec ParticipACTION, ainsi que d'autres programmes, comme le Programme d'action communautaire pour les enfants et le Programme canadien de nutrition prénatale. Près de 80 millions de dollars sont versés de ce côté.
J'aimerais maintenant remercier les témoins d'être venus et d'avoir dû répondre à un déluge de questions. Bravo.
Je vais vous demander de bien vouloir quitter la salle, afin que nous puissions passer à huis clos pour discuter des travaux du Comité. Je vous demanderais d'être rapides; nous avons cinq minutes.
Merci.
Devons-nous passer à huis clos?
Une voix: Non.
La présidente: Nous ne discuterons pas à huis clos, chers collègues. Ce serait trop long.
Réglons la question rapidement.
Nous reprenons la partie de la réunion consacrée aux travaux du Comité. Veuillez vous asseoir, s'il vous plaît, afin que nous puissions clore la question. Nous avons cinq minutes pour le faire. Merci.
Nous avons trois études budgétaires. On vous a envoyé le calendrier, ainsi que d'autres détails, avec les trois études budgétaires. J'ai besoin de votre consentement pour adopter les budgets. L'un concerne l'étude sur la santé des femmes, et l'autre, notre prochaine réunion avec la . Le troisième concerne notre réunion d'aujourd'hui avec Santé Canada.
Je les ai signés. Est‑ce qu'ils vous conviennent?
Des députés: Oui.
La présidente: Vous avez devant vous un projet de calendrier s'appuyant sur les motions adoptées lors de la dernière réunion, et qui indique les études que le Comité entreprendra ainsi que la priorité de ces études. Le calendrier a été distribué.
Nous vous demandons de respecter la date limite pour fournir les listes de témoins pour l'étude à venir proposée par M. Mazier. Je tiens à vous rappeler que vous avez jusqu'au vendredi 10 octobre, à 17 heures pour soumettre des listes pour l'étude sur les effets de la politique d'immigration sur les soins de santé et les défis d'intégration des professionnels de la santé formés à l'étranger. Je demande à tous de soumettre les noms de témoins à temps pour que nous puissions commencer les études.
Je propose que les mémoires soumis ne dépassent pas 2 000 mots.
Y a‑t‑il des objections ou des commentaires?
Non. Est‑ce que le tout vous convient?
Notre prochaine réunion aura lieu le 7 octobre à 11 heures et portera sur l'étude...