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Bienvenue à la 29
e séance du Comité permanent de la santé de la Chambre des communes.
Nous soulignons que nous nous réunissons sur le territoire non cédé du peuple algonquin anishinaabe.
La réunion d'aujourd'hui se déroule sous une forme hybride, conformément au Règlement.
Je souhaite rappeler aux participants les points suivants: veuillez attendre que je vous nomme avant de prendre la parole. Pour ceux qui participent par vidéoconférence, veuillez noter la présence d'un petit globe au bas de votre écran qui sert pour l'interprétation. Vous pouvez sélectionner la langue de votre choix. Veuillez mettre votre microphone en sourdine lorsque vous ne parlez pas.
Je rappelle que tous les commentaires doivent être adressés à la présidence. Pour les députés présents dans la salle, bien sûr, si vous souhaitez prendre la parole, veuillez lever la main. La greffière et moi ferons de notre mieux pour gérer l'ordre des interventions.
Nous vous remercions de votre patience et de votre compréhension.
Je tiens également à mentionner quelque chose que les interprètes nous ont dit: vos téléphones ne devraient pas être utilisés pour des enregistrements vidéo ou audio, car cela peut être inconfortable pour leurs oreilles. Je le dis uniquement pour ceux qui envisageraient de le faire dans l'avenir.
Conformément à l'article 108(2) du Règlement et à la motion adoptée le mercredi 15 avril 2026, le Comité commence sa séance d'information sur PrescripTIon.
Avant de poursuivre, j'aimerais informer les membres que la greffière a distribué hier un budget proposé de 1 500 $ pour la réunion que nous tenons aujourd'hui. Il semble que c'était la volonté du Comité de l'adopter. Est‑ce bien le cas?
Des députés: D'accord.
La présidente: Nous tiendrons aujourd'hui une réunion de trois heures. Nous commencerons par notre première heure, de 15 h 30 à 16 h 30, mais avant de le faire, je tiens à vous aviser que nous nous retrouvons devant un genre de dilemme.
Chaque fois que nous recevons une demande du Comité pour obtenir des documents, quelque type de document que ce soit qui ne provient pas d'un ministère — cela pourrait provenir du secteur privé, de particuliers, ou de qui que ce soit d'autre — le Comité doit les traduire. C'est une démarche coûteuse. Nous avons beaucoup de demandes, et cela va nous coûter cher. Je voulais vous demander d'y réfléchir lorsque vous présentez des motions pour demander des renseignements.
Merci beaucoup.
Je vais commencer par un témoin de TELUS Santé aujourd'hui, qui sera présent par vidéoconférence.
Avez-vous une question, monsieur Blanchette-Joncas?
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Je n'ai dit aucune de ces choses, monsieur Blanchette-Joncas. Veuillez ne pas sauter aux conclusions.
J'attire simplement l'attention du Comité sur une question. Si le Comité souhaite demander des millions de documents, il a le loisir de le faire, mais il est de mon devoir de vous en faire part. Nous avons du mal à recevoir les traductions à temps et devons attendre tout ce temps parce que nous ne sommes pas le seul comité permanent. D'autres doivent aussi obtenir des traductions.
Je vous présente la réalité. Je ne dis pas que vous devriez cesser de faire ce que vous faites ni de réduire vos demandes. Je ne fais rien de tout cela. Je vous donne un élément d'information. C'est tout, monsieur Blanchette-Joncas.
Merci.
TELUS est ici aujourd'hui en tant que témoin. Comme vous le voyez, M. Ratcho Batchvarov, vice-président des Solutions pour les professionnels de la santé, est en ligne. Bienvenue.
Nous allons commencer par votre exposé de cinq minutes. Par la suite, je vous ferai signe lorsqu'il vous restera une minute pour que vous puissiez conclure si vous pensez dépasser le temps. Vous aurez ensuite le temps, pendant la période de questions, d'approfondir certains des commentaires que vous n'aurez peut-être pas eu le temps de terminer. Merci beaucoup.
Bienvenue, monsieur Batchvarov. Vous avez cinq minutes.
Bonjour, madame la présidente et mesdames et messieurs.
Je m'appelle Ratcho Batchvarov. Je suis vice-président des Solutions pour les professionnels de la santé chez TELUS Santé. Je suis ingénieur de formation. Pendant près de 20 ans, je me suis concentré sur l'intersection des soins de santé et de l'innovation numérique.
Je suis ravi d'être ici aujourd'hui pour discuter de l'exécution technique et de la valeur durable de la plateforme PrescripTIon. Je n'ai pas pu me joindre en personne, compte tenu des délais. Je m'en excuse.
J'aimerais commencer par présenter un peu qui nous sommes.
TELUS Santé est un chef de file national et mondial dans la technologie de santé, exerçant des activités dans plus de 200 pays et territoires. Notre mission est de créer un monde dans lequel les soins de santé sont plus connectés, plus sécuritaires et plus accessibles. Seulement au Canada, notre technologie soutient des dizaines de milliers de médecins, de pharmaciens et de professionnels de la santé alliés qui comptent sur nos systèmes tous les jours pour fournir des soins à leurs patients. C'est cette expertise profonde dans le paysage des soins de santé canadiens qui a amené TELUS Santé à être sélectionnée comme partenaire technologique et fournisseuse de solutions pour PrescripTIon.
Notre mandat était clair: livrer une plateforme nationale d'ordonnances électroniques, de calibre entreprise, une première du genre. Il s'agissait d'une composante avancée d'infrastructure nationale, conçue pour satisfaire aux normes les plus rigoureuses établies par le gouvernement fédéral et Inforoute Santé du Canada. TELUS est fière du travail accompli pour bâtir cette plateforme selon des normes rigoureuses, en la rendant fiable et sécurisée, et en la mettant au service de la population canadienne.
Dans l'analyse des ressources affectées à ce projet, il importe de les examiner sous l'angle d'un engagement en matière d'infrastructure à long terme. Au cours des neuf années de notre partenariat avec Inforoute Santé du Canada, l'investissement total pour la plateforme et les améliorations progressives subséquentes a totalisé 98 millions de dollars, période durant laquelle TELUS a traité plus de 180 millions de transactions sur PrescripTIon entre prescripteurs et pharmaciens. Cela représente un investissement annualisé d'environ 10,9 millions de dollars, qui tient compte du coût de construction et d'entretien de l'infrastructure. Ce financement a permis non seulement de concevoir un logiciel statique, mais également de soutenir un écosystème évolutif et changeant. Il couvrait l'architecture initiale, le soutien opérationnel continu 24 heures par jour, sept jours par semaine, ainsi que des jalons technologiques importants.
Ce projet s'est assorti d'un ensemble d'exigences rigoureuses. Inforoute exigeait un accès exclusif à notre plateforme TELUS Santé Échange pour les ordonnances électroniques, que les données sensibles sur la santé demeurent sécurisées au Canada et que la plateforme soit indépendante des fournisseurs pour qu'elle puisse s'intégrer harmonieusement avec tous les fournisseurs de logiciels du pays dans l'ensemble des provinces et des territoires.
Ce n'était pas une simple application commerciale. C'était un système robuste, sûr et très complexe conçu pour s'adapter aux exigences du gouvernement fédéral et d'Inforoute Santé du Canada. TELUS Santé a satisfait à ces exigences.
Du point de vue technique, la plateforme est une réussite. Elle a été conçue en fonction de normes rigoureuses. Elle était fiable, sécurisée et conçue pour répondre aux besoins des Canadiens. Elle a fonctionné comme prévu, établissant un lien numérique robuste entre les prescripteurs et les pharmaciens et permettant des millions de transactions d'ordonnances électroniques sécurisées partout au pays.
Nous sommes fiers du travail que nos ingénieurs et les professionnels de la santé ont consacré à cette plateforme. En tirant parti de nos technologies fondamentales, notamment la plateforme TELUS Santé Échange, nous avons pu offrir une base technologique avancée qui a traité avec succès plus de 180 millions de transactions numériques sécurisées pour les Canadiens.
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Merci, madame la présidente.
Aujourd'hui, alors que le gouvernement se tourne vers l'avenir des soins de santé au moyen d'initiatives comme le projet de loi et de pressions en faveur de normes nationales sur l'interopérabilité, le travail accompli dans le cadre de PrescripTIon constitue une base essentielle. La recherche et le développement, les protocoles de sécurité et l'architecture technique mise au point durant ce projet ont permis de créer une feuille de route de ce qui est possible dans un système de santé connecté.
Chez TELUS Santé, nous demeurons engagés envers notre rôle de partenaire dans cette aventure. Nous sommes fiers de ce que nous avons accompli. Nous avons établi une feuille de route impeccable pour l'avenir de l'interopérabilité au pays. Bien que le programme continue d'évoluer, notre contribution technique demeure claire. La technologie a fonctionné. Elle a été conçue selon des normes rigoureuses. Elle a été conçue pour être fiable et sécurisée, et elle a répondu aux attentes de la population canadienne.
Merci, je suis impatient de répondre à vos questions.
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Merci, madame la présidente.
Merci au témoin de comparaître aujourd'hui.
Ma question porte sur le moment de la conception du système. Vous avez dit que TELUS Santé avait commencé à concevoir le système avant même que PrescripTIon ne remporte l'appel d'offres pour les ordonnances électroniques.
Si j'ai bien compris, il y a un enjeu lié à la protection de la propriété intellectuelle. Sans le compromettre, pouvez-vous expliquer la portée complète des travaux liés à l'élaboration et à la conception du système? Qui avez-vous consulté pour concevoir le système? Avez-vous consulté des pharmaciens ou des cliniciens? Avez-vous pris en considération l'éventail des différentes professions?
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Même à l'époque, nous nous sommes rendu compte que la création d'un système de soins connecté et le fait de combler la lacune associée au cloisonnement des données seraient des éléments importants à prendre en considération dans l'avenir. Compte tenu de l'empreinte de TELUS notamment avec des pharmacies, des dossiers médicaux électroniques et même quelques solutions en milieu hospitalier au Québec, nous avons reconnu qu'il s'agirait d'une infrastructure essentielle pour assurer la connectivité.
Quand nous avons lancé le programme, nous avons d'abord examiné les ordonnances électroniques, mais cela ne s'est pas limité à ce service particulier. Comme nous le savons, la communication clinique présente également une valeur importante. L'objectif était vraiment de chercher à réduire les inefficacités pour l'écosystème des soins de santé, en nous attaquant tout particulièrement à la situation des télécopieurs, qui constituent encore aujourd'hui un très grand fléau pour notre système.
La capacité de numériser beaucoup de ces interactions papier était notre solution, lorsque nous avons commencé à mettre au point la plateforme TELUS Santé Échange. Inforoute est devenue une possibilité vers 2017, lorsqu'elle a acquis l'utilisation exclusive de notre technologie, et nous avons fourni cette plateforme dans le cadre de l'entente.
En ce qui concerne l'adoption de la plateforme, on a dit que le taux était assez faible. Qu'est‑ce qui l'explique, selon vous? Était‑ce à cause de la performance du produit ou de la fonctionnalité à proprement parler, et qu'avez-vous fait? Je crois savoir que, dès le début du programme, il y a eu un grand nombre de modifications, d'ordres de modification, dans le cadre du processus, fondés sur les rétroactions reçues de la part des pharmaciens et des médecins. À votre avis, pourquoi le taux d'adoption était‑il si faible?
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Il est très important de séparer les rôles et les responsabilités.
Notre objectif était de fournir une plateforme hautement évolutive, très performante et très sécurisée qui nous permettait de relier de nombreux systèmes différents dans de nombreuses administrations différentes et de traiter des millions de transactions.
Pour ce qui est des objectifs d'adoption, ils étaient principalement ou exclusivement dictés par Inforoute Santé du Canada en ce qui concerne les activités d'intégration provinciale, la signature des ententes et l'intégration des fournisseurs. Par « fournisseurs », j'entends les fournisseurs de logiciels de gestion de pharmacie et de dossiers médicaux électroniques…
Je mentionnais que, au début de notre aventure, nous examinions les tendances du marché concernant la plateforme TELUS Santé Échange lorsque nous la concevions, avant d'être sélectionnés par Inforoute Santé du Canada. On reconnaissait que, pour réduire la dépendance à des technologies désuètes, comme le télécopieur, et que, compte tenu de l'empreinte de TELUS Santé avec les pharmacies et les dossiers médicaux électroniques, il était nécessaire de mettre quelque chose en place pour régler ce problème critique qui constitue toujours à ce jour un fléau pour notre écosystème de soins de santé. C'est pourquoi nous nous sommes engagés dans cette voie.
Nous avons assurément consulté les pharmaciens et les cliniciens. Il y a aussi des directeurs médicaux — des membres de notre propre personnel — qui ont soutenu cette élaboration. En 2017, nous avons remporté l'appel d'offres concurrentiel pour le service d'ordonnances électroniques, qui exigeait l'utilisation exclusive de la plateforme pour livrer le service à Inforoute Santé du Canada, et nous fournissons ce service depuis ce temps.
En 2024, Inforoute Santé du Canada a lancé son processus visant à trouver d'autres exploitants pour le programme. À ce moment-là, les responsables d'Inforoute Santé du Canada connaissaient très bien les résultats que nous avions livrés, et ils savaient ce que ça prend pour exécuter un programme. Donc, ils avaient l'expérience et l'expertise nécessaires pour être capables d'étudier le marché. C'est ce qu'ils ont fait.
Ça n'a pas été concluant, ce qui, à mon avis, montre la complexité du développement d'une infrastructure technologique nationale qui tient compte des différences provinciales à grande échelle.
Le temps est écoulé depuis longtemps, mais j'ai accepté cette réponse, car je pense que c'était celle que tout le monde voulait entendre.
Nous allons maintenant passer à Mme Sidhu pour les libéraux, pour cinq minutes, s'il vous plaît.
Je tiens à vous informer que cette partie de la réunion, y compris les pauses pour suspendre la séance, se terminera à 16 h 44. Nous avons du temps pour Mme Sidhu, et nous passerons ensuite à la deuxième heure.
Merci.
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Je pense que nous allons disposer de ressources pour cela. Je ne pense pas que cela prendra beaucoup de temps. Merci.
Je voudrais maintenant souhaiter la bienvenue au témoin qui se joint à nous pour la deuxième heure. Nous accueillons Michael Green, président et chef de la direction d'Inforoute Santé du Canada, par vidéoconférence.
Bienvenue, monsieur Green, et merci d'être ici.
Je vais rapidement vous expliquer les protocoles. Vous avez cinq minutes pour présenter votre déclaration préliminaire. Je vais vous accorder littéralement une minute pour conclure ce que vous avez à dire, et 30 secondes supplémentaires si je pense que vous en avez besoin. Nous passerons ensuite à une période de questions et réponses. Si vous ne parvenez pas à dire tout ce que vous voulez dire dans votre déclaration préliminaire, vous aurez l'occasion d'en dire davantage pendant la période de questions et réponses.
Vous avez cinq minutes, allez‑y, monsieur Green.
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Madame la présidente, membres du Comité, bonjour.
Je m'appelle Michael Green. Je suis président et chef de la direction à Inforoute Santé du Canada.
[Traduction]
J'aimerais reconnaître que la terre que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de Canada est le territoire traditionnel des Premières Nations, des Inuits et des Métis, qui y vivent depuis des temps immémoriaux, et je reconnais leur présence immuable d'un océan à l'autre, dans un esprit de réconciliation.
Je vous remercie grandement de me donner l'occasion de m'adresser à vous aujourd'hui au nom d'Inforoute Santé du Canada. À titre d'organisation indépendante à but non lucratif financée par le gouvernement fédéral, Inforoute Santé du Canada travaille depuis 2001 en partenariat avec les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux successifs pour faire progresser la santé numérique et les soins connectés partout au pays.
Notre approche est, par nature, collaborative. Nos initiatives et mandats d'envergure nationale ne sont jamais dirigés par une seule organisation agissant de son propre chef. Ils sont le fruit d'une collaboration avec les provinces et les territoires et nos autres partenaires, et menés sous la supervision de notre conseil d'administration, dont certains membres sont des représentants des ministères de la Santé fédéral, provinciaux et territoriaux.
Notre travail est guidé par un objectif clair: veiller à ce que les patients et leurs équipes de soins puissent accéder en toute sécurité et efficacement à la bonne information, au bon moment. Notre rôle est de faciliter la création d'une infrastructure numérique partagée qui permettra au système de santé d'offrir des soins plus sûrs et plus connectés aux patients dans tout le pays.
Nous avions justement lancé la solution PrescripTIon dans le but de moderniser la façon dont l'information essentielle circule dans le système de santé. Elle a reçu le soutien financier des gouvernements fédéraux successifs, et son développement a été réalisé conjointement avec les provinces, les territoires, les cliniciens, les pharmacies et les partenaires technologiques. L'idée était de créer une plateforme sécurisée et moderne pour l'ordonnance électronique au Canada.
À l'aide de PrescripTIon, Inforoute Santé du Canada a jeté les bases techniques de l'ordonnance électronique à l'échelle du pays, bases jusque‑là inexistantes. Nous avons atteint le plus haut degré de préparation technique pour 95 % des pharmacies et des fournisseurs participants, établi des flux de tâches communs, renforcé la confiance numérique et favorisé l'adoption des normes et de l'infrastructure nécessaires à un échange sécurisé des ordonnances à grande échelle.
Nous avons créé un actif pancanadien de grande valeur qui a préparé le système de santé à l'utilisation de l'ordonnance électronique interopérable et réduit les efforts d'implantation futurs pour les gouvernements, les fournisseurs et les professionnels de la santé.
Tout au long de ce processus, les provinces et les territoires ont exprimé des besoins et des points de vue différents quant à la façon dont l'ordonnance électronique devrait continuer d'évoluer. Lorsqu'Inforoute Santé du Canada et ses partenaires ont réfléchi à la suite des choses, ils en sont venus à la conclusion qu'il fallait mettre à profit ces bases techniques d'une manière plus souple, plus adaptable et plus en accord avec les réalités des différents réseaux de la santé au Canada. C'est pourquoi nous avons décidé de faire la transition vers une norme nationale d'ordonnance électronique.
Dans ce contexte, le conseil d'administration d'Inforoute Santé du Canada appuie également cette décision, laquelle a été prise en concertation avec nos partenaires et s'accompagne d'une gestion responsable du travail déjà réalisé. La transition consiste à passer d'un modèle de service exploité de manière centralisée à une approche fondée sur une norme ouverte dirigée par les diverses administrations. Cette norme permet aux provinces et aux territoires, ainsi qu'aux fournisseurs, d'implanter l'ordonnance électronique à leur propre rythme, selon les priorités, les besoins et l'état de préparation des différents utilisateurs locaux.
Les progrès réalisés sur le plan technique, clinique et de la normalisation grâce à PrescripTIon continuent d'améliorer le système de santé. L'objectif est de préserver toute la valeur de ce travail, tout en assurant une transition ordonnée vers un modèle de normes ouvertes. Une norme nationale ouverte permettra d'assurer un échange constant, sécurisé et fiable des données d'ordonnance entre les systèmes informatiques, les fournisseurs et les milieux de soins, et ce, dans le but ultime d'améliorer la sécurité des patients et la qualité des soins.
Inforoute Santé du Canada a pour mandat de collaborer avec les gouvernements et les partenaires du secteur de la santé afin de bâtir des fondations de santé numérique partagées qui contribuent à réduire la fragmentation de l'information sur la santé et à augmenter la qualité des soins et la sécurité des patients. C'est précisément pour cela que PrescripTIon a été conçu, et cette solution représente justement l'une des bases essentielles de la santé numérique.
En résumé, des soins connectés nécessitent des normes communes, une infrastructure fiable, l'interopérabilité des systèmes informatiques et la collaboration des provinces et des territoires. Le travail d'Inforoute Santé du Canada avec PrescripTIon a permis de faire avancer le Canada sur cette voie et de définir la suite logique de l'ordonnance électronique à l'échelle nationale, de manière concrète et responsable.
Je vous remercie, et je répondrai à vos questions avec plaisir.
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Dans le cadre du programme, on a pris plusieurs mesures pour mettre en œuvre le service d'ordonnance. La conception du service lui-même, son fonctionnement, son intégration aux actifs provinciaux, son intégration aux systèmes informatiques de santé utilisés à l'échelle nationale et sa connectivité avec les pharmacies. C'est un processus très complexe.
Nous avons également dû nous assurer que le système est très sûr, qu'il satisfait aux normes de sécurité et de protection des renseignements personnels les plus strictes et qu'il est opérationnel et disponible.
Pour répondre à votre question, les fonds ont été utilisés à de nombreuses fins, notamment pour le fonctionnement annuel du système. Encore une fois, il est possible de fournir certaines des informations. Il n'y a pas de réponse simple à cette question. J'aimerais également ajouter que, à chaque étape, le conseil d'administration avait régulièrement examiné nos dépenses et l'état d'avancement du système, et nous rendions également des comptes dans le cadre de ce mécanisme, au moins une fois par trimestre.
Je dois dire que, de prime abord, le remplacement d'un système de télécopie par un système numérique semble être une proposition extrêmement coûteuse, qui, pour être honnête, me laisse perplexe.
Pourriez-vous nous donner, d'un point de vue pratique, un aperçu de ce que vous avez entendu dire concernant la mise en œuvre et l'adoption de cette mesure par les prestataires. De plus, selon vous, quelles sont les principales raisons qui ont conduit à la fin du programme?
Nous avons entendu parler de quelque 57 ordres de modification. Pourriez-vous peut-être écrire certaines des modifications les plus importantes qui ont été exigées? Est‑ce parce que les modifications à apporter étaient si nombreuses que le conseil d'administration d'Inforoute Santé du Canada a mis fin à la participation de TELUS?
Ce que nous entendions par là, c'est que, plutôt que d'avoir un système unique qui doit être adopté, nous pouvons établir des normes, ce qui est une pratique très courante pour les autres solutions de santé de nos jours. Les systèmes peuvent se connecter à divers autres systèmes informatiques au sein de l'établissement de santé sans nécessiter une grande reprogrammation. C'est une approche plus simple, à l'avenir, qui a été élaborée au cours des dernières années.
Quand PrescripTIon a été lancé il y a 10 ans, le niveau d'excellence technique dont nous avions été témoins relevait d'une approche unique à l'échelle nationale. Aujourd'hui, il s'agit d'une approche plus flexible, fondée sur les normes, à l'avenir.
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Je m'excuse. Il y a tellement de questions qui fusent de tous les côtés que je perds la notion du temps, car tout le monde n'arrête pas de poser des questions et d'exiger des réponses.
Je vais vous demander de poser une question, et si vous n'avez pas la réponse, demandez au témoin de l'envoyer au Comité, s'il vous plaît. Autrement, nous n'allons pas nous en sortir.
Je m'excuse, j'ai passé le tour de M. Eyolfson, mais je vais laisser M. Blanchette-Joncas terminer.
Il vous reste une minute et 59 secondes.
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Ai‑je le consentement unanime du Comité?
(La motion est adoptée. [Voir le procès-verbal])
La présidente: Cela sera dûment consigné dans notre procès-verbal.
Je dois poser une question à M. Green, s'il vous plaît.
Je ne cherche pas à être ridicule, monsieur Green. Je ne suis peut-être pas assez intelligente pour comprendre ce qui se passe.
Je suis médecin. Avant de prescrire quoi que ce soit à mes patients, j'essaie de déterminer ce qui ne va pas chez eux. Je les examine. Je fais des analyses. Je consulte leurs antécédents médicaux. Je fais un examen physique.
Avant de se lancer dans un projet aussi coûteux que celui‑ci, n'aurait‑on pas dû faire des analyses et n'aurait‑on pas constaté que chaque province a des systèmes d'information différents et que les pharmaciens en ont quatre, dans chaque province? N'aurait‑on pas dû prendre cela en considération avant de lancer tout ce programme? N'aurait‑on pas dû faire ce genre d'analyses avant toute chose?
Puis‑je demander si cette analyse a été effectuée? J'ai l'impression que c'est manifestement là qu'il y a eu un problème.
Les nombreuses administrations utilisaient des méthodes très différentes pour communiquer, recevoir leurs ordonnances électroniques et gérer cela. N'aurions-nous pas pu vérifier cela avant de nous lancer dans la recherche d'une solution générique pour faire avancer le projet, plutôt que de consacrer tout ce temps et cet argent pour découvrir que cela ne fonctionnerait pas? Je pourrais dire que l'opération a été un succès, mais que le patient est mort.
Je veux dire que ce travail aurait pu prendre la forme d'une analyse approfondie avant le lancement du programme. Cela a‑t‑il été fait?
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Nous reprenons. C'est maintenant la troisième heure de notre séance.
Je note qu'il est 18 h 7. Nous prendrons cette heure comme point de départ pour calculer le temps.
Je souhaite la bienvenue aux témoins qui se joignent à nous pour cette troisième heure. Ils sont du ministère de la Santé. Nous accueillons Mme Jocelyne Voisin, sous-ministre adjointe principale, Direction générale des politiques de santé, qui a déjà comparu devant nous. Nous accueillons également Mme Elizabeth Toller, directrice générale, Direction des stratégies de soins de santé; ainsi que M. David Jones, directeur, Division de la santé numérique et des systèmes de santé.
Je vais rapidement vous expliquer la procédure. Chacun de vous aura cinq minutes pour présenter son exposé. Nous passerons ensuite à la période de questions et réponses. Je vous préviendrai quand il ne vous restera plus qu'une minute afin que vous puissiez conclure. Vous pourrez ajouter ce que vous souhaitez pendant la période de questions.
Madame Voisin, je vais commencer par vous. Vous avez cinq minutes, s'il vous plaît.
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Merci beaucoup, madame la présidente.
Je remercie les membres du Comité de nous donner l'occasion de comparaître aujourd'hui.
[Traduction]
C'est un plaisir de me joindre à vous aujourd'hui depuis le territoire non cédé des Algonquins anishinabe.
[Français]
Je souhaite d'abord situer PrescripTIon dans le contexte plus large de la santé numérique au Canada.
Le financement de PrescripTIon a débuté en 2016, comme vous l'avez entendu, dans le but de moderniser la transmission des ordonnances entre les prescripteurs et les pharmaciens. À l'époque, l'ordonnance électronique était peu répandue au Canada, et il existait un consensus sur la nécessité de réduire la dépendance au processus sur papier et au télécopieur, qui comportent des risques pour la sécurité des patients et l'efficacité du système.
Dès le départ, PrescripTIon a été conçu comme une infrastructure numérique importante. Son adoption dépendait non seulement de l'existence du service, mais aussi de la préparation des systèmes cliniques, de l'intégration avec les pharmacies, de l'évolution des flux de travail et de l'alignement des environnements numériques provinciaux et territoriaux.
[Traduction]
Grâce à un financement fédéral, Inforoute Santé du Canada a collaboré étroitement avec les gouvernements provinciaux et territoriaux, les pharmacies et les médecins afin de promouvoir l'utilisation et l'adoption de PrescripTIon. Des milliers de professionnels de la santé ont utilisé ce système pour transmettre des millions d'ordonnances.
Il a été conçu selon une vision à long terme, et devait devenir autonome à mesure que son adoption progressait. Les premiers résultats ont été encourageants, mais l'adoption a progressé plus lentement que prévu. Peu à peu, il est devenu évident, grâce au suivi des performances et à la collaboration avec les partenaires, que PrescripTIon avait peu de chances de devenir autonome en tant que service national unique géré de manière centralisée. Cette conclusion ne reflétait pas le manque d'importance des ordonnances électroniques en tant que résultat. En fait, les provinces et territoires ont toujours affirmé la valeur des ordonnances électroniques dans le cadre de la prestation moderne des soins. Ce qui n'est pas ressorti toutefois, c'est une demande commune ou collective visant à garder PrescripTIon comme plateforme nationale financée par le gouvernement fédéral et gérée par Inforoute.
Les provinces et territoires se trouvent à des stades différents de préparation numérique. Ils ont des systèmes existants différents, des voies d'intégration différentes et des considérations de coût différentes. Dans ce contexte, il n'y avait pas de consensus autour d'un modèle de prestation unique, même s'il existait une forte convergence sur l'objectif stratégique.
La décision d'Inforoute Santé du Canada de mettre fin à PrescripTIon reflète l'évolution plutôt que l'abandon des ordonnances électroniques. Comme vous l'avez entendu, l'accent est désormais mis sur la mise en place de normes communes et de l'interopérabilité, afin que les provinces et territoires puissent mettre en œuvre des solutions compatibles avec leurs systèmes tout en continuant à soutenir la connectivité pancanadienne.
Cette approche tient compte des réalités d'un système de santé fédéré. Elle laisse de la flexibilité aux différentes administrations, évite les chevauchements et favorise la viabilité à long terme, tout en continuant à faire progresser l'objectif sous-jacent d'un système d'ordonnances électroniques plus sûr et plus efficace.
[Français]
Il est également important de souligner que l'approche fédérale en matière de santé numérique repose sur la collaboration avec les systèmes de santé provinciaux et territoriaux, et non sur leur direction. Les provinces et territoires participent à l'orientation stratégique des priorités pancanadiennes, notamment en matière de normes et d'interopérabilité. Toutefois, les décisions relatives à l'exploitation ou à la fin de services particuliers relèvent des structures de gouvernance établies, et non d'une directive fédérale ou de demandes collectives des administrations.
Dans le cas de PrescripTIon, les discussions avec les provinces et les territoires ont porté sur la viabilité à long terme, la flexibilité pour les administrations et l'alignement sur le système existant.
[Traduction]
En somme, PrescripTIon a joué un rôle important dans la promotion des ordonnances électroniques au Canada à un moment critique. À mesure que le système de santé évoluait, l'approche fédérale a elle aussi évolué, passant de la gestion d'un service national à la mise en place de solutions interopérables par le truchement de normes. Cette évolution témoigne d'une gestion responsable, et de la capacité d'apprentissage et d'adaptation d'un système de santé fédéral complexe. Il s'agit de concentrer les efforts fédéraux pancanadiens de manière à apporter le plus de valeur ajoutée possible, tout en respectant les rôles des provinces et territoires dans la prestation des soins de santé.
Merci. Nous sommes ravis de répondre à vos questions.
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Lorsque les données de santé ne sont pas communiquées aux patients et aux fournisseurs, cela peut causer beaucoup de tort. Aujourd'hui, au Canada, moins de 13 % des Canadiens peuvent avoir accès à leurs renseignements de santé complets, et cela inclut leurs prescriptions. Bien que bon nombre de fournisseurs utilisent des systèmes de dossiers médicaux électroniques, moins de la moitié d'entre eux communiquent ces dossiers par voie électronique citant le manque d'interopérabilité comme obstacle important.
Lorsque les fournisseurs de soins de santé n'ont pas toutes les informations pour prendre de bonnes décisions concernant les soins de santé, cela peut mener à des erreurs de diagnostic, à l'application de mauvais traitements et à des examens répétés. Pour eux, ce n'est pas un simple inconvénient ou un problème d'inefficacité, car ils passent des millions d'heures à chercher des renseignements, mais il y a aussi le fait que la sécurité des patients est exposée à des risques réels et, dans certains cas rares, les patients risquent même de mourir. La situation est surtout pire pour les patients qui ont des problèmes médicaux complexes, les patients vivant dans des zones rurales et éloignées ou pour les membres des communautés autochtones lorsqu'ils doivent consulter de multiples spécialistes dans différents secteurs, voire dans différentes provinces et dans différents territoires. C'est pourquoi il faut élaborer des normes et améliorer l'interopérabilité afin que les informations de santé puissent mieux circuler.
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L'essentiel du projet de loi porte exactement sur ce que je viens de décrire. Il vise à réduire les risques pour la sécurité du patient, en évitant les préjudices que pourraient causer des soins déconnectés, et a pour objectif d'améliorer l'accès des patients à leurs propres dossiers médicaux et l'accès des fournisseurs à ces dossiers afin qu'ils aient tous les renseignements nécessaires pour fournir des soins coordonnés et de haute qualité, en toute fluidité.
Bien entendu, le secteur pourra également tirer parti du projet de loi. Comme je l'ai fait remarquer plus tôt, à l'heure actuelle, les acteurs de ce secteur doivent travailler dans un environnement d'innovation très complexe. Ils doivent personnaliser 13 ou 14 fois leurs solutions, en fonction des différentes exigences des territoires ou des provinces. Le projet de loi facilitera la création de règles du jeu équitables, s'appuyant sur un ensemble de normes nationales uniformes, alignées sur les normes internationales, déjà imposées ailleurs dans le monde. Cela donnera, au fil du temps, plus de prévisibilité aux fournisseurs et les aidera à réduire leurs coûts. Beaucoup de fournisseurs ont exprimé leur soutien solide aux normes prévues dans le projet de loi.
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Pour que les choses soient claires, en ce qui concerne les étapes, la décision du gouvernement fédéral concernait le financement, alors que la décision d'adopter une approche axée sur les normes a été prise par le conseil d'administration d'Inforoute Santé du Canada.
Comme je l'ai fait remarquer, nous avons procédé à une évaluation en 2023. Lorsque nous avons vu, du côté fédéral, que les taux d'adoption n'étaient pas ce que nous avions anticipé — autrement dit, que le plan initial d'autonomie que nous avions échafaudé n'allait pas se concrétiser —, nous avons entamé une étude. Nous sommes ravis de fournir cette étude au Comité.
Inforoute a ensuite entamé un processus public — une demande de déclaration d'intérêt — pour voir s'il y avait une solution de rechange viable pour PrescripTIon. Le processus a été entrepris par Inforoute et a été examiné par son conseil d'administration. Celui‑ci a fini par conclure qu'aucune des propositions présentées n'était viable, et le conseil d'administration a donc décidé d'adopter une approche axée sur les normes.
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Merci, madame la présidente.
Nous l'avons examinée. C'est une motion longue et verbeuse. Nous pouvons appuyer certains des éléments de la motion, mais, de là à donner notre consentement unanime, à ce stade‑ci, sans avoir plus de temps pour l'examiner en détail...
Pourrions-nous obtenir le consentement unanime pour reporter cette motion à jeudi et en discuter pleinement ce jour‑là, une fois que nous aurons eu le temps de l'examiner, parce que nous venons tout juste de la recevoir. Il est très difficile de demander le consentement unanime à l'égard d'une motion qui vient tout juste d'être présentée. Nous voulons nous assurer de prendre une décision responsable.
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Merci, madame la présidente.
Merci, monsieur Blanchette-Joncas.
Vous avez tout à fait raison, et il est très raisonnable de vouloir obtenir cette information.
C'est une motion longue et complexe. Il y a beaucoup d'éléments à examiner. Nous devons nous assurer de prendre une décision responsable. Après mûre réflexion, nous pourrions proposer des amendements qui seraient acceptables pour tous les partis. Il serait irresponsable, compte tenu du temps dont dispose le Comité et de ses travaux, de prendre une décision prématurée sur un sujet qui, je crois que nous sommes tous d'accord là‑dessus, est très important. Nous voulons tous prendre de bonnes décisions, les bonnes décisions, ici. C'est pourquoi je demande de reporter la motion à jeudi.
Si vous comprenez ce que nous essayons de réaliser et ce vers quoi nous nous dirigeons, nous pourrons alors examiner cela de manière plus approfondie. Nous parlons de l'interopérabilité des systèmes de santé, de la manière dont nous pouvons améliorer ces systèmes et des leçons que nous pouvons tirer du passé. Il s'agit de savoir comment nous pouvons prendre l'information, en tenir compte dans nos délibérations sur ce projet de loi et décider si nous l'accepterons telle quelle ou si nous proposerons des amendements que l'opposition pourrait juger acceptables. Il est du devoir du Comité de prendre les bonnes décisions.
Nous traitons de la question de la technologie médicale et des renseignements médicaux. Au bout du compte, il est question de la sécurité des patients. Nous devons assurer la sécurité, l'exactitude et l'efficacité, dans l'intérêt des patients. Nous voulons éviter de répéter les mêmes erreurs pour demeurer efficaces.
Nous savons que la tenue des dossiers médicaux pose problème, car nous avons une multitude de systèmes. J'ai travaillé dans des régions où, dans une même ville, il y avait plusieurs systèmes de dossiers médicaux. L'hôpital dans lequel j'ai travaillé, au cours de la dernière année, utilise encore des dossiers papier, sur le plancher. Nous n'en avons pas encore terminé. Il nous faut plus d'information et beaucoup plus de temps si nous voulons prendre les bonnes décisions. Il est dans l'intérêt de tous les Canadiens, pour leur sécurité, que nous prenions les bonnes décisions dans toutes les motions à ce sujet.
Le Canada échoue au chapitre de l'interopérabilité des dossiers médicaux, de la tenue des dossiers médicaux et du transfert d'information, et nous devons nous améliorer. PrescripTIon a permis de cerner de nombreuses lacunes de notre système. Il a montré qu'il existe des systèmes provinciaux uniques, et que chacun a ses propres raisons de croire que c'est ainsi que les choses doivent se passer dans sa province.
Les professionnels de la santé évoluent dans différents environnements, et nous ne savons pas dans quelle mesure ils ont été consultés à ce sujet. Nous ne pourrons pas avancer tant que nous ne nous serons pas assurés que tous les faits ont été dûment examinés; ensuite seulement, nous pourrons prendre nos décisions de manière appropriée et en toute sécurité.
Nous avons parlé de l'utilisation des télécopieurs en 2026. J'ai fait mon dernier quart de travail clinique en octobre. Nous envoyons encore par télécopieur des demandes manuscrites au service de radiologie. C'est encore de cette façon que nous demandons des radiographies. Ce n'est pas un inconvénient mineur, c'est une défaillance structurelle de notre système de technologie médicale. Cela nous ramène à la raison pour laquelle il faut prendre les bonnes décisions dans tous les dossiers, y compris sur ces motions.
D'après les témoignages à cet égard, nous savons que des choses ont été faites sans que des consultations suffisantes aient été menées. De toute évidence, bon nombre de fournisseurs de soins de santé ne se sont pas fait poser les bonnes questions, et des décisions ont été prises sans suffisamment d'information, ce qui nous ramène à cette motion.
Si on nous demande de prendre une décision à ce sujet, alors que nous venons juste de recevoir la motion, et de l'accepter telle quelle, sans faire un examen approfondi, alors nous ne faisons qu'ajouter aux erreurs que nous avons déjà commises, et nous ne sommes pas plus avancés.
Un député: Trois cents millions.
Doug Eyolfson: Je prierais le député de ne pas m'interrompre quand j'ai la parole.
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Si nous discutons de la raison pour laquelle nous devons prendre les bonnes décisions, c'est en partie parce que nous allons bientôt débattre du projet de loi , qui fera partie intégrante du développement de notre technologie médicale, et voter.
Nous savons que, et c'est choquant, environ 29 % des médecins au Canada échangent présentement des dossiers médicaux entre différents points de service. C'est un médecin sur trois. Cela veut dire que, dans la très grande majorité des cas, quand un patient est aiguillé vers un médecin de famille ou un spécialiste, transféré d'un hôpital à un autre ou même vu dans une clinique de soins d'urgence, le fournisseur de soins travaille au moins en partie dans le noir. Certains disent que cela revient à travailler les yeux bandés.
Ce n'est pas entre les provinces. C'est au sein des provinces. C'est parfois même au sein d'une même ville. C'est le statu quo que le projet de loi vise à renverser. Ce n'est pas un processus graduel ni une nouvelle série de mesures bien intentionnées mais qui, au bout du compte, manquent d'orientation. Nous le faisons au moyen d'un cadre législatif national contraignant, qui doit faire l'objet d'un débat approfondi et d'un examen minutieux, tout comme cette motion doit être examinée en bonne et due forme avant d'être approuvée parce que cela va plus loin que ce que nous avons vu et entendu pendant les témoignages. PrescripTIon était un exemple concret d'application de la technologie au domaine de la santé qui permettait un transfert efficace des ordonnances entre les fournisseurs de soins et les pharmacies. Cela devrait régler le problème.
Nous avons constaté que, en l'absence de l'étude approfondie qui était nécessaire, ce projet avait des lacunes. Il n'y a pas eu de discussion en bonne et due forme avec les fournisseurs, les utilisateurs finaux, et c'est pourquoi le taux de participation dans certaines provinces n'était que de 5 %, et au plus de 20 %. Cela me montre qu'une initiative qui était très bien intentionnée n'a pas fait l'objet des études approfondies à tous les niveaux qu'elle méritait. Tout ce que nous faisons dans ce comité doit faire l'objet d'une étude en bonne et due forme.
Beaucoup parmi nous, ceux qui ont travaillé sur les dispositions législatives du projet de loi , se sont inspirés de Greg Price, un jeune Albertain qui est décédé en 2021 à l'âge de 31 ans des complications d'une intervention chirurgicale. Il était jeune et en bonne santé et avait été pris en charge par ce que nous considérerions être un système de santé adéquat. Dès le début de son parcours, il a fait face aux problèmes que nous cherchons à corriger. Des dossiers de santé ont été perdus, l'information tardait à arriver et les outils numériques et les systèmes de données utilisés par le personnel soignant ne pouvaient pas communiquer les uns avec les autres. Les fournisseurs de soins, eux-mêmes, malgré leurs meilleures intentions et leur compétence professionnelle, travaillaient sans avoir une vue d'ensemble. Le résultat a été catastrophique et irréversible. Le cas de M. Price n'est pas isolé.
Quand nous débattons de ce genre d'enjeux et que nous élaborons des lois comme le projet de loi , nous devons écouter les Canadiens de partout au pays qui ont fait l'expérience des lacunes du système. Nous devons écouter les fournisseurs de soins de santé, y compris les 80 à 95 % de fournisseurs de soins qui n'ont pas utilisé le système très coûteux qui a été mis en place.
Des professionnels de la santé qui demandent des analyses de laboratoire postopératoires pour leurs patients nous ont signalé qu'ils ne recevaient jamais les résultats. Si ces résultats avaient été reçus à temps, les fournisseurs de soins auraient su qu'un suivi s'imposait de toute urgence. Ils n'ont pas reçu les résultats. L'état du patient s'est détérioré jusqu'à la crise qui a mis sa vie en danger et qui n'aurait jamais dû se produire. Voilà un autre exemple de ce qui arrive quand nous ne faisons pas un examen adéquat des mesures que nous devons prendre, qu'il s'agisse de la loi ou du Comité.
Il y a plusieurs exemples.
Des députés: Oh, oh!
Il ne s'agit pas là de cas isolés ni de mésaventures inventées de toutes pièces pour les documents d'orientation. Ce sont des choses qui se produisent tous les jours au Canada, et elles ont une cause fondamentale commune: l'absence d'une infrastructure de données connectées, normalisées et accessibles sur la santé. Nous sommes ici pour en discuter, et c'est pourquoi nous devons peser chaque décision bien comme il faut.
Au‑delà des préjudices directs causés aux patients, cette déconnexion systémique impose aussi un lourd fardeau aux fournisseurs de soins. Les médecins, les infirmières et les professionnels paramédicaux sont épuisés. L'épuisement professionnel dans le secteur des soins atteint des niveaux que certains qualifieraient de crise nationale.
J'ai travaillé pendant de nombreuses années dans le système; j'étais dans le système, je travaillais dans le système, l'an passé. J'ai été pris en charge par le système quand j'ai eu un événement médical grave et inattendu dans une autre province. Mon médecin a dû envoyer les résultats par téléphone et par télécopieur à Vancouver. Quand j'ai eu mon congé, on m'a donné une enveloppe surdimensionnée, remplie de dossiers médicaux, et on m'a dit de la remettre à mon médecin de famille une fois à la maison. Il n'y avait pas de mécanisme électronique sûr, et on m'a remis une enveloppe de documents à emporter dans l'avion avec moi, pour que mon médecin sache ce qui m'était arrivé.
C'est très réel, et nous avons déjà vu un programme qui n'a pas donné les résultats escomptés. Cela tenait en partie au fait que nous avons pris des décisions sans faire preuve de la diligence et de l'attention requises, comme ce serait le cas si nous adoptions la présente motion sans avoir eu suffisamment de temps pour l'examiner.
Nous devons dire explicitement ce que nous essayons de faire dans des projets de loi comme le projet de loi . C'est un projet de loi très important, et il comblera les lacunes laissées par PrescripTIon, ce qui est crucial.
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Je vais répondre à la question de M. Blanchette-Joncas.
Cela concerne l'enjeu global dont nous discutons et les raisons pour lesquelles il est si important d'avoir des informations pertinentes avant de prendre nos décisions.
Au début du débat, je ne demandais pas de rejeter la motion. Je demandais simplement 48 heures pour l'examiner afin de nous assurer de prendre la bonne décision. L'opposition veut que nous prenions cette décision de manière prématurée alors que nous n'avons pas encore eu le temps d'examiner adéquatement l'information. L'information que je vous donne explique pourquoi il est nécessaire que nous ayons à notre disposition toutes les informations dont nous avons besoin.
Certains députés croient que ce n'est pas nécessaire. Ils croient que nous devrions accepter d'emblée cette motion, la lire une seule fois, puis voter tout de suite. Si cette motion est si importante et si raisonnable, je ne vois pas pourquoi l'opposition s'oppose à ma suggestion d'attendre 48 heures. Nous pouvons reprendre le débat dans 48 heures, une fois que nous aurons examiné en bonne et due forme le projet de loi.
C'est une pratique courante chez les députés de l'opposition qui siègent au Comité; à la toute dernière minute, parfois à la fin d'une réunion, ils envoient dans notre boîte courriel une motion qu'un député commence tout juste à lire. Ils prétendent que c'est une motion simple et nous ne devrions avoir aucun problème à l'adopter, puisqu'elle ne contient rien de déraisonnable.
Eh bien, s'il n'y a rien de déraisonnable dans ces motions, j'aimerais savoir pourquoi l'opposition ne veut pas nous donner le temps de confirmer qu'il s'agit bel et bien de motions raisonnables. Compte tenu de la longueur de la motion, les quelques minutes que nous avons eues ne sont pas suffisantes pour prendre cette décision.
D'accord. Si quelqu'un souhaite intervenir pour suspendre la séance et reprendre le débat vendredi, je serais ouvert à l'idée.
Un député: Je crois que c'est jeudi.
Doug Eyolfson: Désolé. Oui, je voulais dire jeudi.