C'est un honneur de siéger au Comité de la santé.
Je déclare la séance ouverte.
Bienvenue à la 17e réunion du Comité permanent de la santé de la Chambre des communes.
La réunion d'aujourd'hui se déroule en mode hybride et tout le monde connaît les règles.
Tous les intervenants ayant un micro seront interprétés.
Nous avons quelques questions d'ordre administratif à régler. Nous devons adopter un budget de 500 $ pour la réunion d'aujourd'hui.
Des députés: D'accord.
Le président suppléant: Pour ce qui est de nos témoins, nous allons entendre deux ou trois représentants d'organismes différents, à commencer par le ministère de la Santé.
J'invite les représentants du ministère de la Santé à prendre la parole pour cinq minutes.
:
Merci, monsieur le président.
Distingués députés, je suis heureux d'avoir l'occasion de témoigner devant le Comité aujourd'hui.
Je m'appelle Greg Orencsak et je suis sous-ministre de la Santé. Je me réjouis d'être ici au nom de l'honorable Marjorie Michel, , pour vous présenter un aperçu des dépenses proposées par Santé Canada dans le cadre du Budget supplémentaire des dépenses (B) 2025‑2026.
[Français]
Je vais prendre quelques instants pour présenter les principales initiatives associées aux nouvelles dépenses proposées pour Santé Canada.
[Traduction]
Santé Canada demande une augmentation nette de plus de 1,6 milliard de dollars pour le présent exercice grâce à un remaniement des crédits approuvés pour les futurs exercices, ce qui porte les autorisations du ministère à un peu plus de 12,3 milliards de dollars.
[Français]
Ces investissements soutiennent le rôle du ministère dans l'amélioration de l'accès aux soins, la promotion de l'équité et la prestation de services sur lesquels la population canadienne compte.
[Traduction]
Une part importante de cette augmentation correspond à un remaniement des engagements déjà pris...
:
Je parlais du Régime canadien de soins dentaires. Une partie importante de l'augmentation indiquée tient au report de fonds déjà engagés à l'appui du Régime canadien de soins dentaires. Le ministère cherche à avoir accès à ce financement déjà autorisé de 1,6 milliard de dollars pour le plan cette année, qui a déjà aidé des millions de Canadiens à accéder aux soins buccodentaires.
[Français]
Le Régime canadien de soins dentaires est un programme relativement nouveau. Nos prévisions indiquent que la demande sera plus élevée cette année que ce qui était prévu initialement, car de nombreuses personnes qui ont désormais accès à des soins dentaires n'en ont pas bénéficié depuis plusieurs années.
[Traduction]
On s'attend à ce que cette situation se stabilise dans les prochaines années, une fois que les besoins immédiats auront été traités. Nous réaffectons donc les ressources existantes engagées et disponibles afin de mieux les harmoniser avec la vocation des programmes. Au fil du temps, on s'attend à ce que l'amélioration de l'accès aux soins dentaires réduise la pression sur l'ensemble du système de santé, notamment pour ce qui est du nombre de visites aux urgences pour des problèmes mieux traités en dentisterie. De façon plus générale, le Régime canadien de soins dentaires représente un changement structurel dans l'accès aux soins buccodentaires au Canada qui devrait se traduire par des avantages à long terme pour la santé de la population et la viabilité du système.
Un autre transfert ciblé est celui de l'Agence de la santé publique du Canada au montant de 100 000 $ pour appuyer le projet pilote d'harmonisation des indicateurs nationaux de toxicité des médicaments. Ce financement permet au Centre canadien sur les dépendances et l'usage de substances de travailler avec des partenaires provinciaux et territoriaux spécialisés en vérification des drogues afin d'élaborer une approche nationale harmonisée pour la collecte, l'analyse et la déclaration des données de vérification des drogues. Ce projet pilote permettra de tester et de valider des indicateurs comparables, de normaliser la production de rapports à l'échelle nationale et d'appuyer la détermination des tendances en matière d'approvisionnement en médicaments dans différentes régions du Canada.
[Français]
Ce travail renforce la manière dont les risques liés à l'approvisionnement en drogues sont détectés et suivis, ce qui permet des interventions de santé publique plus rapides et mieux coordonnées.
[Traduction]
Monsieur le président, les investissements prévus dans ce budget supplémentaire des dépenses (B) appuient le travail continu de Santé Canada qui consiste à renforcer le système de santé et à protéger la santé et la sécurité des Canadiens.
[Français]
Ils visent à renforcer la capacité du système, c'est-à-dire à renforcer des programmes, des systèmes et des partenariats qui permettent une prestation de services efficace et adaptée aux besoins.
[Traduction]
Je vous remercie de m'avoir donné l'occasion de témoigner devant vous aujourd'hui.
Je suis accompagnée de mes collègues, soit de la Dre Natasha Crowcroft, vice-présidente de la Direction générale des programmes sur les maladies infectieuses et de la vaccination, de Stephen Bent, vice-président de la Direction générale de la réglementation, des opérations et de la gestion des urgences, ainsi que de Rod Greenough, dirigeant principal des finances de l'Agence.
[Français]
C'est un honneur pour nous d'être des vôtres pour parler de certains éléments récemment inscrits dans le budget supplémentaire des dépenses (B) ainsi que des principaux domaines d'intérêt actuels de l'Agence de la santé publique du Canada, ou ASPC.
[Traduction]
Avant d'aborder les éléments du budget supplémentaire des dépenses, je souhaite prendre quelques instants pour saluer et remercier l'équipe extraordinaire de professionnels dévoués avec lesquels j'ai le privilège de travailler à l'Agence de la santé publique du Canada. Chaque jour, nos collègues de l'Agence manifestent un engagement indéfectible à l'égard de la santé publique et du service public, qui oriente le travail que nous effectuons afin d'assurer la santé et le bien-être de toutes les personnes au Canada.
[Français]
L'ASPC cherche à obtenir au total 67,5 millions de dollars par le truchement du Budget supplémentaire des dépenses (B) 2025‑2026. Parmi les principaux éléments, on trouve 47,6 millions de dollars prévus pour la préparation vaccinale en cas de pandémie, plus particulièrement l'approvisionnement en adjuvant AS‑03, un ingrédient essentiel du vaccin contre la grippe pandémique.
Ce financement renforcera la capacité du Canada à faire face à une pandémie ainsi que la sécurité de l'approvisionnement, ce qui protégera la santé et la sécurité des Canadiens grâce à l'accès rapide à des vaccins en cas de pandémie de grippe.
[Traduction]
En outre, ce budget supplémentaire des dépenses prévoit un report de fonds totalisant 16,9 millions de dollars, qui vise à soutenir les priorités stratégiques et le plan d'immobilisations à long terme de l'Association nationale du Programme d'aide préscolaire aux Autochtones. Transférer ce financement à 2025‑2026 est essentiel pour assurer l'exécution ininterrompue de programmes d'apprentissage de grande qualité et adaptés à la culture pour les jeunes enfants autochtones vivant hors réserve dans des collectivités urbaines et nordiques et pour appuyer la mise en œuvre du plan d'immobilisations à long terme de l'Association.
Les investissements prévus dans le budget supplémentaire des dépenses ne représentent toutefois qu'une petite partie du travail important de l'Agence.
Les dépenses proposées permettront de mettre en place un système de santé publique solide apte à contribuer à la sécurité économique et nationale du Canada.
L'objectif de l'ASPC est d'offrir une solide défense contre un large éventail de menaces en santé publique.
[Français]
L'ASPC joue un rôle important en matière de sécurité sanitaire pour assurer la préparation aux situations d'urgence en général, notamment aux incidents chimiques, biologiques ou nucléaires ainsi qu'aux catastrophes naturelles ayant des conséquences sur la santé.
Reconnaissant que la résilience contribue au bien-être général, l'ASPC appuie également des projets d'intervention communautaire novateurs dans plus de 200 collectivités.
[Traduction]
Dotée de laboratoires très spécialisés et de calibre mondial, ainsi que des capacités nécessaires pour détecter et comprendre les menaces pour la santé publique et y réagir, l'Agence de la santé publique du Canada travaille en étroite collaboration avec les provinces, les territoires et des partenaires autochtones pour prévenir les événements de santé publique, s'y préparer et y répondre en temps réel. Pour remplir son rôle important au sein du gouvernement fédéral, l'Agence privilégie une forte participation communautaire afin de stimuler la confiance à l'égard de la santé publique et de répondre aux besoins variés à l'échelle nationale au moyen d'une approche axée sur l'équité en santé et fondée sur les meilleures données scientifiques disponibles.
Monsieur le président, c'est un privilège pour mes collègues et moi de comparaître devant ce comité et de répondre à vos questions sur le travail que nous faisons pour protéger la santé des Canadiens et Canadiennes.
Merci.
:
Bonjour, monsieur le président.
Je m'appelle Robert Ianiro, et je suis vice-président, Politiques et programmes, à l'Agence canadienne d'inspection des aliments.
[Français]
Monsieur le président, mesdames et messieurs les députés, je vous remercie de me donner l'occasion de m'adresser à vous aujourd'hui.
Je suis heureux d'être des vôtres pour présenter un aperçu des dépenses proposées par l'Agence canadienne d'inspection des aliments, ou ACIA, dans le cadre du Budget supplémentaire des dépenses (B) 2025‑2026.
[Traduction]
L'Agence canadienne d'inspection des aliments a pour objectif d'être un chef de file mondial en matière de salubrité des aliments, de protection des végétaux et de santé des animaux. En veillant à la salubrité des aliments au Canada et à la protection des ressources animales et végétales du pays, l'Agence peut aider les entreprises à contribuer à la croissance de l'économie canadienne, et à la soutenir. L'Agence est un organisme de réglementation à vocation scientifique investi d'un double mandat: protéger et favoriser le commerce. Notre principale responsabilité est de protéger l'approvisionnement alimentaire ainsi que les ressources animales et végétales du Canada. Nous jouons également un rôle essentiel dans la facilitation du commerce afin de soutenir la résilience économique du secteur de l'agriculture et de l'agroalimentaire.
Le travail de l'Agence consiste essentiellement à appliquer la réglementation et à s'assurer que celle‑ci soit respectée dans le but de favoriser la salubrité des aliments, la santé des animaux et la protection des végétaux. L'Agence est par ailleurs déterminée à contribuer à la réalisation du programme du gouvernement concernant la réduction du fardeau administratif et à la modernisation de la réglementation.
Le budget de 2025 prévoit des investissements générationnels et transformationnels pour les acteurs du secteur agricole et agroalimentaire. Cela comprend un investissement important de plus de 150 millions de dollars pour permettre à l'Agence de soutenir la stratégie de diversification du commerce du gouvernement. Ce financement permettra de moderniser les outils et les services numériques liés au commerce, notamment grâce à l'intégration de l'intelligence artificielle. Il permettra en outre d'améliorer l'accès aux marchés pour les secteurs canadiens de l'agriculture, de l'agroalimentaire, du poisson et des fruits de mer, de même que de s'attaquer aux obstacles au commerce, d'améliorer la coopération en matière de réglementation et de favoriser une plus grande pénétration des marchés.
Afin de tirer parti de cet investissement important et de mieux appuyer les engagements pris dans le budget de 2025 au titre de la transformation, nous avons présenté le budget supplémentaire des dépenses qui se décline comme suit.
L'Agence propose une augmentation nette de 9,1 millions de dollars, ce qui porte le total de ses autorisations à un peu plus de 959,7 millions de dollars. Ce montant comprend 1,4 million de dollars de nouveaux fonds destinés à promouvoir le commerce interprovincial et interterritorial des aliments au Canada. Le budget supplémentaire des dépenses de l'Agence prévoit également des transferts nets à l'Agence de 7,7 millions de dollars pour des activités dans les domaines de la protection des végétaux et du soutien à l'accès aux marchés.
[Français]
Les investissements décrits dans le budget supplémentaire des dépenses (B) témoignent de notre engagement continu à obtenir des résultats concrets pour les Canadiennes et les Canadiens.
Ces investissements aideront l'ACIA à poursuivre son travail essentiel, qui consiste à assurer la salubrité des aliments que nous consommons, à protéger nos ressources végétales et animales, et à soutenir le commerce et l'accès aux marchés, contribuant ainsi à solidifier les assises du Canada pour demain.
L'ACIA s'engage à participer à l'édification d'un Canada fort et à aider nos producteurs alimentaires, nos producteurs de végétaux et nos producteurs d'animaux de classe mondiale à offrir leurs produits partout dans le monde.
Je vous remercie encore de m'avoir donné l'occasion de m'adresser au Comité. Je répondrai à vos questions avec plaisir.

:
Dans ce budget supplémentaire, les IRSC demandent une augmentation de 3,4 millions de dollars, ce qui porte leurs autorisations proposées à ce jour à près de 1,4 milliard de dollars. Cette hausse s'explique par plusieurs transferts d'autres ministères et organismes fédéraux visant à renforcer la recherche qui améliore directement la vie de la population canadienne. De ces transferts, notons une somme de 1,3 million de dollars provenant du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie visant à accroître nos capacités à innover par l'intermédiaire du Programme d'innovation dans les collèges et la communauté. Une autre somme de 1 million de dollars provenant d'Emploi et Développement social Canada permettra d'appuyer la recherche sur l'incidence des programmes d'alimentation dans les écoles sur la santé et le bien-être des enfants de partout au pays. Quant à Services aux Autochtones Canada, ce ministère transférera une somme de 500 000 $ aux IRSC afin de soutenir le travail d'un réseau de services pour les jeunes autochtones, qui s'inscrit dans un nouveau système de santé pancanadien pour apprenant, axé sur les services intégrés pour les jeunes. De plus, le ministère du Patrimoine canadien transférera 400 000 $ aux IRSC pour mobiliser la recherche sur la santé des athlètes féminines, ainsi que 250 000 $ pour appuyer la recherche en santé qui profite aux communautés francophones au Canada.
Monsieur le président, les investissements énoncés dans le budget supplémentaire illustrent parfaitement l'engagement des IRSC à appuyer la recherche à grande portée qui améliore la santé de toute la population canadienne et permet aux communautés d'un océan à l'autre de s'épanouir.
[Français]
Ces investissements montrent également la vision renouvelée de l'organisme, à savoir collaborer pour maximiser les retombées, ainsi que son rôle de leader, de partenaire et de rassembleur pour le milieu canadien de la recherche en santé et des sciences de la vie.
Les IRSC acceptent volontiers de soutenir davantage le Comité dans les travaux en cours et de discuter des avenues possibles pour améliorer la santé et accroître la prospérité au Canada.
Encore une fois, je vous remercie de m'avoir invité à comparaître devant vous. Je suis maintenant prêt à répondre à vos questions.
:
Je vous remercie beaucoup de la question.
En ce qui concerne le recalibrage des activités de l'ASPC, il y a eu une coupe totale de 10 %, mais le LNM en a eu moins que le restant de l'organisation, à savoir environ 4 %. Ce recalibrage est lié au fonds temporaire concernant la COVID‑19. Maintenant que nous avons moins de pression liée à la réponse à la COVID‑19, nous avons achevé les contrats à durée déterminée de ces employés. Ces employés n'avaient pas de contrats à durée indéterminée, mais des contrats à durée déterminée qui se sont conclus le 31 mars.
En ce qui concerne le fonctionnement et la capacité du LNM, les coupes budgétaires ont été faites dans les domaines où il n'y a pas de responsabilité évidente du gouvernement fédéral ou bien dans des domaines où il y a des doublons avec d'autres organismes provinciaux ou territoriaux.
Nous sommes certains que les coupes n'ont pas eu d'effets importants sur nos activités.
:
Non, c'est une statistique provinciale, de l'Alberta, plus exactement.
Santé Canada encourage la désintoxication, et les provinces en font la promotion. En Alberta, nous avons constaté que ces centres d'injection supervisée ne favorisent pas la désintoxication. Vous dites qu'ils contribuent à la réduction des méfaits, mais à Red Deer, dans ma circonscription, le centre d'injection supervisée a décimé le centre-ville. Nous avons perdu des centaines d'entreprises. Il y reste une entreprise qui perd 8 500 $ par jour à cause du vol à l'étalage des visiteurs de ce centre d'injection supervisée.
J'aimerais savoir en quoi cela réduit vraiment les méfaits, car tout ce que nous voyons, c'est plus de blessures par piqûres d'aiguilles. Pour ce qui est des pipes à crack, je ne vois pas en quoi elles réduisent les méfaits.
Je peux vous dire que certains des exemples... Combien de signalements de menaces à la santé ou à la sécurité publique Santé Canada a‑t‑il reçus au sujet des sites de consommation de drogues dures illégales?
:
La désinformation représente un défi de taille pour les programmes d’immunisation, pour la santé publique en général et pour la sécurité de la santé. On a nous l'a décrite comme un problème majeur.
L’Agence de la santé publique du Canada finance des campagnes d’information à l'intention des parents en vue de contrer la désinformation. Nous sommes également prêts à diffuser des informations advenant que de nouvelles affaires fassent la une des médias, surtout si elles suscitent des inquiétudes ou des préoccupations. À cet égard, nous agissons en partenariat avec d’autres, parce que nous faisons tout dans le cadre de partenariats.
Par exemple, quand l’histoire du lien entre l’acétaminophène et l’autisme est sortie, Santé Canada a immédiatement publié des données factuelles, parce que nous étions prêts à le faire. Nous veillons à être agiles pour réagir rapidement. Nous savons qu’il y a encore du travail à faire.
Disons‑le, la personne en qui les parents ont le plus confiance est leur fournisseur de soins de santé, et c’est de cette personne que doivent venir les messages. Nous mettons vraiment l’accent sur ce niveau du système.
Merci.
:
Merci beaucoup, monsieur le président. Je suis heureuse de prononcer la première déclaration. Je céderai ensuite le micro à ma collègue, la Dre Kaushic, des Instituts de recherche en santé du Canada.
Nous sommes heureux d’être ici aujourd’hui pour contribuer à votre importante étude sur la résistance aux antimicrobiens, ou RAM.
La RAM constitue l’une des dix plus graves menaces pour la santé au monde. Les microbes, qui comprennent les bactéries, les virus, les champignons et les parasites, peuvent évoluer de telle sorte que les antimicrobiens sont moins efficaces. Il s’agit d’un processus naturel, mais la résistance survient plus rapidement quand des antimicrobiens, comme des antibiotiques, sont utilisés trop souvent ou à mauvais escient chez les humains, les animaux ou les cultures.
Le Canada possède plus de 20 ans d’expérience en surveillance intégrée de la RAM. Le Système canadien de surveillance de la résistance aux antimicrobiens, ou SCSRA, suit les tendances en matière de résistance et d’utilisation des antibiotiques chez les humains, les animaux, les aliments et l’environnement afin d’orienter les mesures nationales.
[Français]
À l'échelle mondiale, la résistance aux antimicrobiens, ou RAM, représente maintenant la principale cause de décès en ayant provoqué 1,14 million de décès en 2021. Au Canada, en 2018, chaque jour, près de 15 % de personnes auraient perdu la vie après avoir contracté une infection résistante aux antimicrobiens. Les pays à revenu faible ou moyen sont touchés de façon disproportionnée, et la menace de la RAM traverse les frontières en raison du déplacement des personnes, des animaux et des biens partout dans le monde.
[Traduction]
Au Canada, les effets de la RAM sur la population sont évidents, avec 26 % des infections qui sont déjà résistantes aux antibiothérapies de première intention. L’Agence de la santé publique du Canada estime qu'un patient sur 220 admis en soins intensifs présente une infection résistante. En 2018, la RAM aurait causé la mort de 5 400 personnes, coûté au système de soins de santé environ 1,4 milliard de dollars et réduit le PIB de 2 milliards de dollars. Les données montrent également que la RAM a des effets disproportionnés sur certaines populations au Canada, notamment sur les résidents d’établissements de soins de longue durée.
Comme les organismes résistants peuvent apparaître et se transmettre entre les personnes, les animaux, les systèmes d’alimentation et l’environnement, la RAM est abordée selon l’approche « Une seule santé », qui exige une collaboration intergouvernementale et multisectorielle.
[Français]
Au Canada, la lutte contre la RAM est coordonnée par l'ASPC, qui collabore avec d'autres ministères fédéraux, des gouvernements provinciaux et territoriaux, des peuples autochtones, des intervenants multisectoriels et d'autres partenaires.
En 2023, le ministre de la Santé et la ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire du Canada ont publié conjointement le Plan d'action pancanadien sur la résistance aux antimicrobiens. Il s'agit d'un plan d'action quinquennal visant à renforcer la réponse et le leadership collectif du Canada à l'égard de la RAM grâce à une approche Une seule santé.
[Traduction]
Nous sommes à mi‑chemin de la mise en œuvre du Plan d’action et nous continuons de réaliser des progrès. Cet hiver, l’ASPC publiera le rapport d’étape de la deuxième année, qui présente les réalisations dans les différents domaines d’action, dont la recherche et l’innovation, l’intendance et le leadership.
[Français]
Il y a quelques semaines, le gouvernement du Canada a participé à la Semaine mondiale de sensibilisation à la RAM. Pendant cette semaine, nous avons eu l'occasion de souligner certains des progrès accomplis jusqu'à présent qui montrent bien que, comme l'indique le thème de cette année, nous agissons maintenant, nous protégeons notre présent et nous sécurisons notre avenir.
Le Canada continue d'améliorer la surveillance de la RAM et de l'utilisation des antimicrobiens, mais la situation évolue. Au pays, nous observons une hausse des tendances liées à plusieurs agents pathogènes chez les humains qui sont considérés comme résistants et prioritaires, notamment des infections résistantes courantes dans les hôpitaux ainsi que des infections transmissibles sexuellement résistantes aux médicaments.
[Traduction]
Le renforcement de l’intendance des antimicrobiens, le maintien de mesures rigoureuses de prévention et de contrôle des infections ainsi que des efforts de vaccination soutenus sont tous essentiels pour réduire le fardeau de la RAM et préserver l’efficacité des traitements dont nous disposons actuellement. L’ASPC travaille avec les différentes administrations pour faire progresser ces mesures et établir des plans concernant les nouvelles priorités, comme les liens qui existent entre la RAM et la sécurité sanitaire.
Ce travail s’étend au‑delà des frontières canadiennes. Ces dernières années, le gouvernement du Canada s’est engagé à mettre en œuvre plusieurs initiatives internationales concernant la RAM, notamment la Déclaration politique sur la RAM adoptée lors de l’Assemblée générale de 2024 des Nations Unies. Le Canada collabore avec des partenaires du monde entier à l’atteinte des objectifs énoncés dans cette déclaration, reconnaissant que les menaces liées à la RAM traversent les frontières entre les pays et les continents. Les progrès réalisés à l’échelle internationale contribuent à limiter la propagation d’organismes résistants et, ainsi, à protéger la santé des Canadiens au pays.
Je vous remercie à nouveau de m’avoir donné l’occasion de parler au Comité de cet important problème aujourd’hui. L’Agence de la santé publique du Canada reconnaît que la RAM constitue une menace grandissante qui nécessite une attention et une action soutenues de la part de nous tous.
:
Merci beaucoup, monsieur le président.
Monsieur le président, merci de m’avoir invitée à contribuer à l’étude menée par votre comité sur la résistance aux antimicrobiens qui est une menace planétaire. Je suis heureuse d’être parmi vous aujourd’hui à titre de directrice scientifique de l’Institut des maladies infectieuses et immunitaires des Instituts de recherche en santé du Canada.
Comme l'a indiqué ma collègue de l’Agence de la santé publique du Canada, la résistance aux antimicrobiens menace notre capacité à traiter des maladies courantes et à exécuter des interventions médicales de routine, sans compter qu’elle cause une quinzaine de décès par jour au Canada. Malheureusement, les frontières n’empêchent pas les microbes de se propager. Pour intervenir face à cette réalité, des mesures d’urgence s’imposent à l’échelle planétaire, et le Canada doit faire partie de la solution.
En tant qu’organisme fédéral de financement de la recherche, les Instituts de recherche en santé du Canada, ou IRSC, sont déterminés à faire progresser la recherche sur la résistance aux antimicrobiens ainsi qu’à renforcer les capacités et le leadership du Canada dans ce domaine, tant au pays qu’à l’international. Le Canada dispose de scientifiques de calibre mondial dans les domaines de la biologie appliquée aux antimicrobiens, du diagnostic et des traitements non conventionnels. Or, financer la recherche ne suffit pas. C’est pourquoi les IRSC réitèrent leur engagement à collaborer pour maximiser les retombées de leurs investissements, l’un des principes fondateurs de leur mandat.
Afin de maximiser les retombées de nos investissements, nous travaillons de concert avec des partenaires à l'amélioration de ce qu’on appelle la « mobilisation des connaissances », y compris la filière de la commercialisation. Nous évitons ainsi que les innovations canadiennes se retrouvent dans un cul-de-sac avant de générer des bienfaits pour les patients. Notre objectif est simple: transposer les découvertes prometteuses en solutions concrètes.
Au cours des cinq dernières années, les IRSC ont investi environ 96,3 millions de dollars dans la recherche sur la résistance aux antimicrobiens menée au pays ou découlant de la contribution du Canada à des collaborations internationales. Ces investissements ont permis d’appuyer des initiatives d’avant-garde, comme, par exemple: le plus important essai clinique sur les infections sanguines, lequel fait progresser les stratégies de traitement antibiotique afin d’améliorer l’état de santé des patients et de lutter contre la résistance aux antimicrobiens; le financement de la formation de la relève sur la collaboration interdisciplinaire, intersectorielle et transfrontalière nécessaire pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens selon l’approche « Une seule santé », un problème complexe et global qui touche les humains, les animaux et l’environnement.
Les IRSC sont fiers de se porter garants de l’élaboration d’une stratégie nationale de recherche qui s’inscrit dans le Plan d’action pancanadien sur la résistance aux antimicrobiens. Cette collaboration vise à harmoniser les priorités de recherche avec les politiques et les pratiques. Les IRSC cherchent ainsi à instaurer une approche coordonnée d’un océan à l’autre qui permettra d’accélérer la mise en place de solutions.
Grâce aux IRSC, le Canada joue également un rôle de premier plan sur la scène internationale. Outre la Commission européenne, les IRSC sont un partenaire clé au sein d’une collaboration décennale entre 53 organisations provenant de 30 pays différents. Ensemble, ils se donnent pour objectifs de réduire à long terme les taux de résistance aux antimicrobiens et d’améliorer les résultats en santé publique.
Ces efforts concertés donnent suite à des investissements multinationaux qui visaient à encourager la collaboration internationale afin d’améliorer concrètement la gestion des antibiotiques et de stimuler l’innovation dans le domaine. Les investissements encouragent en outre l’étude de méthodes de pointe, notamment le renforcement des défenses immunitaires; l'amélioration des outils de suivi des infections; la mise au point des traitements à l’aide de certains microbes; et l'élaboration des stratégies suivant l’approche « Une seule santé » pour les humains, les animaux et l’environnement. Les IRSC contribuent également à une collaboration transatlantique qui appuie la mise en commun des données, le lancement de campagnes de sensibilisation et la recherche concertée pour améliorer l’utilisation des antibiotiques et devenir un moteur d’innovation.
La recherche est essentielle, mais celle‑ci doit s’accompagner d’un plan de mise en œuvre clair. Les IRSC aspirent à nouer des partenariats avec les acteurs de l’industrie, les cliniciens et les responsables de la réglementation dès le début du processus. Les innovations qui découlent de ces partenariats sont pensées de sorte à garantir non seulement la publication de leurs résultats, mais aussi leur mise en œuvre et des retombées. Ces efforts se traduisent notamment par le soutien d’une filière au Canada qui est axée sur les antimicrobiens, le diagnostic et les traitements non conventionnels.
En bref, les chercheurs canadiens figurent parmi les meilleurs au monde. Il faut mettre à profit leur talent et mobiliser les connaissances avec rapidité et efficacité pour que les dirigeants du système de santé puissent prendre des décisions éclairées quant à la voie à suivre pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens.
Je conclurai en disant qu'en tant que bailleurs de fonds de la recherche en santé du Canada, les IRSC ont à cœur d’améliorer la santé et d’accroître la prospérité de toute la population canadienne. Pour réaliser cette mission, il faut impérativement s’attaquer à la résistance aux antimicrobiens. Grâce à une collaboration axée sur les résultats et au soutien que nous apportons à la recherche pour faire progresser les interventions — qu'il s'agisse de nouveaux médicaments, de stratégies non pharmacologiques ou de diagnostics de nouvelle génération —, nous aidons le Canada et le monde entier à faire face à cette menace urgente.
Merci. Il me fera plaisir de répondre à vos questions.
Je m'appelle Dhurata Ikonomi et je suis directrice exécutive du Groupe de travail sur la résistance aux antimicrobiens, qui relève de l'Agence de la santé publique du Canada. Il s'agit de l'organisme central qui a été mis sur pied en 2021, d'abord pour élaborer le Plan d'action pancanadien, et qui dirige maintenant la coordination et la mise en œuvre du Plan d'action pancanadien partout au Canada.
Comme Mme Hamzawi l'a dit, une solide gouvernance de la RAM est établie avec les comités qui ont été mentionnés précédemment. Nous avons également mis sur pied un comité consultatif composé de membres qui sont des experts de différentes administrations et de différents secteurs. En fait, la moitié de ces membres ont comparu devant le comité ou devant le comité des sciences et de l'innovation. Tous nos travaux et toutes les mesures prises dans le cadre des cinq piliers sont coordonnés du point de vue de l'approche « Une seule santé » en ce qui a trait aux politiques, à la surveillance ou à l'intendance, et nous coordonnons nos efforts avec nos partenaires provinciaux et territoriaux.
:
Merci beaucoup, monsieur le président.
Je remercie beaucoup les témoins d'être des nôtres aujourd'hui pour cette étude importante sur la résistance aux antimicrobiens.
Madame Hamzawi, si j'ai bien compris votre présentation, vous avez parlé de liens avec l'ACIA pour veiller à la salubrité et vérifier la conformité.
Plus globalement, lors de réunions précédentes, nous avons aussi reçu des témoignages mentionnant l'importance de la réciprocité des normes et les répercussions de l'entrée au Canada de produits agroalimentaires en provenance de pays qui n'ont pas les mêmes normes que nous.
Quelles sont exactement les répercussions de ça sur la résistance aux antimicrobiens?
Pourquoi est-il important de travailler en collaboration avec l'ACIA?
Quelles sont les répercussions de l'arrivée de ces produits agricoles au Canada?
:
Je vous remercie beaucoup de la question.
Comme je l'ai dit dans ma présentation, l'approche Une seule santé est très importante par rapport aux liens entre les humains et les animaux. C'est important de nous assurer d'avoir cette capacité, et les liens sont évidents dans nos approches. Par exemple, le comité des sous-ministres est coprésidé par un membre de l'ASPC et le sous-ministre d'Agriculture et Agroalimentaire Canada. Notre gouvernance reflète l'importance de ces liens.
Nous avons nos engagements par rapport à ces comités, mais également par rapport à notre travail sur les maladies ou instances qui présentent un risque élevé. Nous sommes toujours en contact avec nos collègues de l'ACIA. Cette semaine, nous l'étions pour communiquer sur la situation de la grippe aviaire. Nous travaillons donc très étroitement avec l'ACIA.
[Traduction]
Ma collègue a peut-être quelque chose à ajouter.
:
Merci beaucoup, monsieur le président.
Je remercie les témoins de leur participation.
Madame Hamzawi, nous pourrions peut-être commencer par la surveillance.
Notre comité et, comme vous le savez probablement, le comité de la science et de la recherche, qui a entrepris une étude sur la résistance aux antimicrobiens, nous ont dit qu'il devrait y avoir une surveillance accrue dans les milieux communautaires et dans les établissements de soins de longue durée. Je crois que Mme Ikonomi en a parlé.
J'aimerais d'abord savoir quels progrès vous réalisez avec les provinces et les territoires pour ce qui est d'étendre la surveillance à l'échelle du pays.
:
Je peux peut-être commencer, puis vous pourrez prendre le relais, madame Ikonomi.
Le Programme canadien de surveillance des infections nosocomiales, le PCSIN, a récemment — je crois que c'était en novembre — lancé officiellement l'expansion de son champ d'activité au‑delà des hôpitaux de soins actifs afin de combler une importante lacune dans les connaissances sur les foyers de soins de longue durée. C'était un domaine.
Un projet pilote de surveillance des infections symptomatiques des voies urinaires a également été lancé. Il s'agit d'explorer la possibilité de surveiller les infections au‑delà des milieux hospitaliers, en assurant une approche plus complète de la prévention des infections dans tout le continuum des soins.
Le PCSIN a également démontré sa capacité d'adaptation pendant la pandémie de COVID‑19 en mettant rapidement en œuvre une surveillance des infections liées à la COVID. Il continue de jouer un rôle essentiel dans la surveillance des menaces émergentes, comme les agents pathogènes fongiques résistants aux médicaments, ce qui renforce son importance dans l'état de préparation et l'intervention à l'échelle nationale.
Je ne sais pas si vous voulez ajouter quelque chose.