:
Chers collègues, je déclare la séance ouverte.
[Français]
Je vous souhaite la bienvenue à la 32e réunion du Comité permanent des pêches et des océans.
[Traduction]
Je vais pour commencer reconnaître que nous nous trouvons sur le territoire ancestral non cédé du peuple algonquin anishinabe, et j'aimerais le remercier de nous laisser effectuer nos travaux sur les terres dont il est l'intendant depuis la nuit des temps.
Conformément à l'article 108 du Règlement, le Comité se réunit pour poursuivre son étude sur les facteurs déterminants et les dates d'ouverture et de fermeture des saisons de pêches.
[Français]
Conformément au Règlement, la réunion d'aujourd'hui se déroule sous forme hybride. Certains députés sont présents dans la salle et d'autres participent à distance à l'aide de l'application Zoom.
[Traduction]
Avant de poursuivre, j'aimerais demander à toutes les personnes ici présentes de consulter les lignes directrices figurant sur la table.
Conformément à nos motions habituelles, je peux confirmer aux membres du Comité que tous nos témoins ont effectué les tests requis.
J'aimerais demander aux membres et aux témoins d'attendre que je les nomme avant d'intervenir. Pour ceux qui se joignent à nous par vidéoconférence, cliquez sur l'icône du microphone pour activer votre micro, et veuillez vous mettre en sourdine quand vous n'intervenez pas.
[Français]
En ce qui concerne l'interprétation, ceux qui participent au moyen de l'application Zoom peuvent choisir, au bas de leur écran, entre le parquet, l'anglais ou le français. Ceux qui sont dans la salle peuvent utiliser l'oreillette et choisir le canal désiré.
[Traduction]
Je tiens à vous rappeler que tous les commentaires doivent être adressés à la présidence.
[Français]
Pour les députés qui sont présents dans la salle, si vous souhaitez prendre la parole, veuillez lever la main. Quant aux députés qui participent au moyen de l'application Zoom, veuillez utiliser la fonction « Lever la main ». Le greffier et moi-même ferons de notre mieux pour maintenir l’ordre de parole, et nous vous remercions de votre patience à cet égard.
[Traduction]
Avant de passer aux témoins, M. Small aimerait soulever un point.
:
Bonjour. Merci de m'avoir invitée parmi vous aujourd'hui.
Je m'appelle Melissa Collier, je suis pêcheuse commerciale. Mon époux et moi pêchons sur notre bateau de 42 pieds, le Lisa Jess. Notre port d'attache est Campbell River et nous habitons à Courtenay, en Colombie-Britannique.
Comme la plupart des pêcheurs de la Colombie-Britannique, nous pêchons plusieurs espèces. Nous pêchons le flétan, la morue-lingue, le pétoncle nageur et le saumon. Je ne suis pas une experte et je ne représente aucune association ni aucun organisme. Je suis ici pour représenter nos familles de pêcheurs et vous faire part de nos expériences personnelles.
La pêche est une industrie imprévisible. Nos vies dépendent des marées, de la météo et du cycle de vie de toutes les espèces que nous pêchons. Il y a de nombreuses variables inconnues, et nous devons souvent prendre des décisions importantes sans préavis et sans aucune information; toutefois, certaines choses sont prévisibles, et nous finissons par en dépendre. Nous savons que la saison de la pêche au flétan commence en mars. Nous savons que la saison de la pêche à la crevette commence en mai. Nous savons que nous passerons l'été à pêcher le saumon et que la pêche au saumon kéta commence au mois d'octobre.
À l'époque, nous pouvions nous fier aux dates d'ouverture des pêches, même si elles pouvaient être déplacées et modifiées. Nous savions à quel moment l'avis serait donné. Nous savions que la pêche ouvrirait à peu près aux mêmes dates que l'année précédente, tant et aussi longtemps qu'il y avait du poisson. L'abondance était synonyme d'accès. Nous pouvions élaborer un plan d'affaires et avoir une idée générale de notre saison de pêche, mais la gestion des pêches a beaucoup changé. Les avis semblent nous parvenir plus tard. La période qui sépare la réception de l'avis et l'ouverture des pêches est plus courte. L'abondance n'est plus synonyme d'accès.
Quand je me préparais pour aujourd'hui, j'ai vraiment eu de la difficulté à mettre le doigt sur ce dont je voulais vous parler. Il y a tellement d'exemples de situations où nous recevons un court préavis, peu clair, qui ne nous dit pas pourquoi, par exemple, la saison de la pêche au saumon kéta qui avait toujours ouvert en septembre ouvre maintenant la plupart du temps au milieu du mois d'octobre, et pourquoi on reçoit l'avis 24 heures plus tôt seulement. Dans le Nord, c'est maintenant devenu chose courante de ne recevoir que deux semaines de préavis, ce qui est loin d'être suffisant quand vous avez besoin d'une semaine ne serait‑ce que pour vous rendre sur le lieu de pêche.
L'histoire qui me revient toujours en tête, c'est notre pêche au saumon rouge de 2022. Ma famille détient deux permis de pêche au saumon, un permis de pêche à la traîne du Nord dans la zone F, qui nous permet de pêcher le saumon dans la région d'Haida Gwaii, et un permis de pêche à la traîne dans la zone H, qui nous permet de pêcher sur la côte Est de l'Île de Vancouver.
À l'époque, il n'y avait qu'un permis pour la pêche au saumon pour toute la côte, mais, dans les années 1990, on en a créé trois. Mon beau-père a été prévoyant et il a investi dans deux permis parce que, à l'époque, la pêche dans le Nord commençait essentiellement en juin et en juillet, et la pêche dans le Sud commençait en août. Avoir les deux permis nous a permis d'accéder aux deux zones durant une même saison et de nous adapter, au besoin, selon les zones qui étaient plus rentables d'une année à l'autre. Cela a changé en 2019. Depuis, l'ouverture de la pêche au saumon chinook a été repoussée à la deuxième ou à la troisième semaine d'août, soit environ un mois plus tard. Compte tenu de cette ouverture tardive, nous ne pouvons plus nous servir de nos deux permis pour pêcher dans le Nord et dans le Sud. Nous devons choisir, et c'est ce que nous avons fait en 2022.
La grande remonte de saumon rouge dans le fleuve Fraser se fait habituellement tous les quatre ans, et, en 2022, on prévoyait qu'elle serait très importante. Les pêches au saumon rouge et au saumon chinook sont très comparables sur le plan financier; toutefois, les zones de pêche au sud sont plus proches, et les ports de déchargement aussi, donc le coût global pour accéder à la pêche est considérablement plus bas, compte tenu surtout du prix de l'essence.
Nous avons choisi de rester au sud. Nous avons préparé notre bateau. Nous avons réuni un équipage. Nous avons fait le plein de nourriture et d'essence, et nous avons observé. À la fin du mois de juillet, nous avons examiné la pêche d'essai. Nous avons communiqué avec des pêcheurs ayant des dizaines d'années d'expérience de plus que nous pour tirer profit de leurs connaissances. Tout semblait prometteur. « La pêche va ouvrir, c'est évident, peut-être plus tard qu'à l'habitude, mais il est évident qu'elle sera ouverte la deuxième semaine d'août. » C'est ce que l'on nous a dit. Les chiffres de la pêche d'essai continuaient d'augmenter. On a ouvert la pêche à des fins alimentaires, sociales et rituelles. Cela avait l'air prometteur, mais nous n'avions toujours pas reçu d'avis.
Les deux ou trois premières semaines, nous avions toujours le temps de changer notre fusil d'épaule. Nous pouvions changer de destination. Nous pouvions aller au nord. C'est pour cela que nous avions plus d'un permis. Nous pouvons changer d'idée et élaborer des plans pour prendre les décisions qui s'imposent pour compenser quand il n'y a tout simplement pas de poisson, mais en 2022, ce n'était pas le cas; les poissons étaient au rendez-vous. Les chiffres de la pêche d'essai étaient bons. Il était déjà arrivé que la pêche ouvre, avec des chiffres inférieurs, donc nous avons attendu. Puis, à la fin du mois d'août, Washington a ouvert sa pêche au saumon. Les données sur les prises ont montré que, pour la pêche à des fins alimentaires, sociales et rituelles, il y avait eu plus de 670 000 prises, et que les pêcheurs commerciaux américains avaient récolté plus de 318 000 poissons. Cumulativement, cela fait plus d'un million de prises; or notre pêche n'avait toujours pas été ouverte.
Après avoir attendu un mois entier une ouverture qui n'est jamais venue, nous avons abandonné et avons commencé à nous préparer pour la prochaine pêche. Le jour où nous avons mis sur notre bateau tout notre équipement pour la nouvelle pêche, de l'équipement complètement différent, on nous a envoyé un avis. Il était horodaté du 7 septembre à 15 h 12, et il y était indiqué que la pêche au saumon rouge ouvrirait le lendemain, le 8 septembre à minuit et une. Cela nous donnait moins de neuf heures. La pêche était seulement permise à l'embouchure du fleuve Fraser, où les poissons ont moins de valeur par rapport à ceux du détroit de Johnstone, en raison d'une mauvaise qualité et de la coloration de l'eau. Le quota était établi à 123 prises par embarcation; la valeur de ces poissons couvrirait à peine le coût de mon carburant.
En 2022, compte tenu de l'ouverture tardive dans le Nord, et puisque nous avons dû choisir entre deux permis et que l'ouverture de la pêche au saumon rouge s'est faite un mois plus tard que prévu, ce n'était pas financièrement viable. Ma famille a perdu les revenus de deux permis et environ un tiers de son revenu prévu pour l'année. Ça, c'est seulement une histoire, mais plein d'autres pêcheurs de tous les secteurs des pêches pourraient vous en raconter d'autres.
J'aimerais pour terminer faire une analogie sur les pêches qui, selon moi, illustre bien notre industrie. Imaginez que vous avez une entreprise, un commerce, disons. Vous achetez l'immeuble, vous payez les factures d'électricité, d'eau, les frais d'entreprise et tous les autres permis dont vous avez besoin pour mener vos activités. Vous avez du personnel et de l'équipement, mais vous n'avez pas la clé pour déverrouiller la porte. Ce n'est pas vous qui choisissez quand vous ouvrez ou vous fermez votre commerce. La plupart du temps, vous ne savez même pas quand on vous fournira les clés. Vous devez seulement être prêts et espérer. C'est ça, le secteur des pêches.
Merci.
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Bonjour monsieur le président, mesdames et messieurs les membres du Comité.
Je vous remercie de nous donner l'occasion de vous présenter la réalité des pêcheurs de crabe de neige que nous représentons dans le sud du golfe. Bien que nous ne parlions pas au nom de l'ensemble des pêcheurs, les préoccupations que nous soulevons aujourd'hui sont largement partagées sur le terrain.
D'entrée de jeu, il est important de reconnaître que le ministère des Pêches et des Océans, le MPO, a fait des progrès importants au fil des années. Aujourd'hui, les plans de pêche sont disponibles plus tôt, les conditions de permis sont émises à temps et les pêcheurs ont accès aux outils nécessaires, notamment le paiement en ligne. Sur le plan administratif, le système est prêt.
Cependant, malgré ces avancées, un défi majeur persiste: la capacité opérationnelle de réaliser le déglaçage à temps. Le système est prêt sur papier, mais pas en mer. Il est aussi important d'être transparent. Cette année, les conditions de glace dans le golfe n'auraient probablement pas permis une ouverture beaucoup plus hâtive, mais de quelques jours, quand même.
Le problème que nous soulevons n'est pas lié à une seule année. Il ne touche pas une année en particulier. C'est la répétition des retards. Chaque printemps, en raison des incertitudes et des retards dans la planification et l'exécution du déglaçage, nous perdons systématiquement entre trois et quatre jours de pêche qui pourraient être récupérés. Nous ne demandons pas l'impossible; nous demandons de récupérer les jours qui sont perdus chaque année.
Cette année est un exemple très concret. Des opérations étaient initialement prévues à la fin mars; elles ont été reportées aux 5 et 6 avril pour finalement se réaliser autour du 11 avril au 13 avril.
Sur le terrain, plusieurs problèmes ont été observés: une coordination difficile de l'équipement; l'utilisation de brise-glaces avec des capacités variables selon les zones et, surtout, l'absence d'un remorqueur, essentiel pour maintenir les chenaux ouverts. Ce remorqueur n'étant pas disponible et aucune solution de rechange n'étant prévue, une partie du travail effectué n'a pas pu être pleinement utilisée et les délais supplémentaires se sont accumulés. Même une fois le déglaçage complété, les pêcheurs doivent encore attendre une fenêtre météo sécuritaire, souvent sous les 20 nœuds de vent, avant de pouvoir sortir en mer.
Donc, les retards s'additionnent, ils ne se remplacent pas. Chaque journée perdue au printemps devient très difficile à récupérer.
Il faut comprendre une réalité simple de notre industrie: une semaine perdue en avril nécessite environ trois semaines en juin pour atteindre les mêmes captures. Cela signifie que chaque retard déplace l'effort de pêche vers une période où les conditions sont moins favorables, où les coûts augmentent, et, surtout, vers l'arrivée des baleines noires qui deviennent de plus en plus présentes. On déplace l'effort de pêche exactement dans la période la plus à risque, et c'est là une incohérence importante. Les baleines noires commencent à arriver dans le sud du golfe dès la première semaine de mai. Or, au cours des deux dernières années, nous n'avons observé aucune interaction avec les baleines. Pourquoi? Parce que la pêche s'est déroulée plus tôt. La protection des baleines passe par une ouverture plus hâtive de la pêche, et non plus tardive. Plus on retarde la pêche, plus on augmente le risque pour la baleine noire.
Un autre élément important concerne l'équité entre les régions. Au Québec, nos havres ne sont généralement pas affectés par les glaces. Nous sommes prêts à pêcher plus tôt. Cependant, l'ouverture est retardée en raison des défis de déglaçage dans certains ports des Maritimes, notamment à Caraquet et Shippagan. Ainsi, on retarde une pêche sécuritaire au Québec à cause d'un manque de planification ailleurs. Les pêcheurs du Nouveau‑Brunswick comprennent cette réalité et partagent nos préoccupations, mais leur dépendance aux opérations du MPO limite leur capacité de contester les décisions.
Un autre défi important concerne la complexité du processus décisionnel. Le comité regroupe aujourd'hui plus d'une centaine d'intervenants, ce qui rend la coordination plus difficile et ralentit la prise de décisions. La diversité des intervenants est essentielle, et nous reconnaissons pleinement l'importance de la participation des communautés autochtones et de l'ensemble des pêcheurs. Le défi que nous soulevons concerne l'efficacité du processus décisionnel, et non la participation elle-même. Il faut s'assurer que cette diversité peut s'exprimer tout en permettant des décisions rapides et efficaces sur le terrain. Le défi n'est pas autour de la table; c'est la capacité de la table de prendre des décisions efficacement.
Dans notre réalité, chaque journée compte, et cette lourdeur a des impacts directs sur le terrain. Plus le processus est lourd, plus il devient difficile de réagir efficacement. Notre position est claire et constructive: nous souhaitons maintenir une ouverture simultanée pour tous, mais, pour que cela fonctionne, il faut que la planification du MPO soit à la hauteur des décisions qu'il impose à l'industrie. Concrètement, cela signifie des ressources garanties — brise-glaces, remorqueurs et autres équipements spécialisés —, une coordination rigoureuse et un plan de contingence en cas de défaillance.
Nous ne demandons pas plus de règles, nous demandons que celles qui sont en place puissent être appliquées. Si ces conditions ne sont pas réunies, il doit exister un mécanisme de flexibilité pour éviter que toute l'industrie soit pénalisée par des problèmes opérationnels.
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Merci, monsieur le président.
Monsieur Desbois, je vous salue de l'autre bord de la baie des Chaleurs. Nous sommes pratiquement l'un en face de l'autre aujourd'hui.
Je pense que vous savez que je suis très au courant du dossier dont vous parlez. C'est depuis 2018 qu'on vit ces défis, dans la zone 12 et dans les autres zones aussi, en matière de déglaçage des ports et d'ouverture de la saison de pêche. Cette dernière doit être la plus hâtive possible, pour qu'on ne soit pas à la même place que les baleines noires quand elles arrivent dans le sud du golfe.
Je suis d'accord à 99,9 % avec vous sur tout ce que vous avez dit aujourd'hui, parce que je le vis chaque année. Comme vous l'avez dit, parfois, c'est un manque de planification de la part de la Garde côtière, mais, parfois, c'est aussi un manque d'outils. Malheureusement, dans certaines de nos régions, surtout dans les ports que vous avez mentionnés comme Caraquet, Shippagan et Lamèque, des ports qui sont dans ma circonscription, on a besoin des outils de la Garde côtière.
Pour que tout le monde ait la même compréhension de la situation, le gros du problème se trouve dans deux ou trois ports de mer et dans les chenaux qui mènent à ces ports de mer. Malheureusement, les outils de la Garde côtière, comme les plus gros brise-glaces qui déglacent plus haut dans le golfe, ne peuvent pas s'y rendre.
Comme vous le savez, monsieur Desbois, l'aéroglisseur n'est pratiquement jamais disponible au moment où on en a besoin. Il y a quand même l'amphibie, aussi appelé la grenouille, qui vient faire un travail à l'intérieur de ces ports, mais, malheureusement, comme les chenaux sont trop étroits et peu profonds, on n'a pas les outils nécessaires pour ouvrir la saison le plus rapidement possible.
Dans le cas présent, de votre côté de la baie, vos ports sont pratiquement toujours libres de glace avant les nôtres.
Est-ce que vous seriez d'accord pour dire que la Garde côtière n'a pas les outils dont on a besoin pour ouvrir le plus rapidement possible ces trois ports de notre région, ceux de Caraquet, de Lamèque et de Shippagan, et avoir une saison de pêche le plus hâtivement possible?
:
D'accord. J'ai deux très bons exemples.
Avant 2019, dans la zone H, l'ouverture de la pêche au saumon kéta se faisait systématiquement le 28 mars. C'était très précis. Les pêches sont gérées en fonction des jours de pêche, et, comme la remonte des poissons atteint un sommet, vous devez pêcher x nombre de jours avant ce sommet et x nombre de jours après. Les gens déterminaient quand ce sommet allait être atteint, et puis se basaient sur les résultats de la pêche expérimentale pour décider s'ils devaient préparer leurs bateaux et pour savoir quand la pêche allait débuter, quand planifier leurs activités et quand y aller.
Après 2019, nous avons connu une remonte de saumon kéta historiquement faible. Depuis ce temps, il semble y avoir une nouvelle date d'ouverture arbitraire, le 12 octobre; ce n'est pas une date officielle, mais c'est ce que disent nos avis. Le délai entre l'envoi des avis et la date d'ouverture effective peut être de cinq jours, de trois jours, de huit heures ou de 10 heures. Cela varie constamment.
Nous ne savons plus où sont les balises; nous ne pouvons pas analyser les résultats de la pêche expérimentale et les utiliser comme mesure fiable, donc nous devons rester là à attendre. Nous ne savons plus du tout si nous pourrons bientôt pêcher, car nous ne savons pas quel est le seuil.
Un autre très bon exemple est la zone F. C'est une zone de pêche à la traîne à Haïda Gwaii. Encore une fois, avant 2019, l'ouverture de la pêche au saumon chinook était toujours à la fin de juin ou à la mi‑juillet, et maintenant, c'est un mois plus tard. Depuis 2019, c'est en août, et cela a d'importantes répercussions économiques. Nous avions l'habitude de pêcher quand la remonte avait atteint son sommet; nous pouvions alors sortir pêcher notre quota en quelques semaines et rentrer chez nous. Aujourd'hui, cela nous prend un mois ou plus, donc le coût global de l'accès est plus élevé, avec le carburant.
Ce n'est plus aussi viable pour les petits bateaux de pêche. Pendant le sommet de la remonte, les poissons se trouvent dans de petites mers qui sont mieux protégées, où les conditions météorologiques sont meilleures et qui sont plus près des ports. Maintenant, plus tard dans la saison, les poissons se trouvent dans de plus grandes mers, où les conditions météorologiques, sont moins bonnes, qui sont davantage exposées et qui sont à des jours du port le plus proche; c'est donc très difficile sur le plan économique pour les petits bateaux. Pour vous donner une idée, notre bateau était autrefois un bateau de taille moyenne, dans la flotte, et il est aujourd'hui le plus petit.
J'ai un autre exemple, pour la zone F, et j'ai des données. Si le temps le permet, j'aimerais parler des conséquences économiques de ces retards.
:
Merci, monsieur le président.
Pour mes collègues qui sont autour de la table, je sais que nous avons beaucoup parlé tantôt des ports de ma région qui ne sont pas ouverts à temps, mais, d'autres années, il y a aussi eu des ports en Nouvelle‑Écosse qui ont été problématiques, et même aussi à l'Île‑du‑Prince‑Édouard. Certaines années, c'était au Québec que la présence de glace dans le golfe faisait que, malheureusement, il n'était parfois pas sécuritaire de sortir en mer.
Monsieur Desbois, nous avons parlé tantôt du manque de planification de la Garde côtière canadienne et d'un processus bureaucratique parfois un peu lourd. Cependant, au bout du compte, si on n'a pas l'équipement nécessaire pour déglacer certaines parties des ports et des chenaux pour permettre des sorties hâtives de pêche, on n'est pas plus avancé.
Je veux donc m'assurer de bien vous entendre: quelles seraient vos recommandations en vue d'une ouverture hâtive de la pêche?
Je voudrais simplement faire quelques remarques à l'intention de nos nouveaux témoins.
Veuillez attendre que je vous nomme avant de prendre la parole. Pour ceux qui participent par vidéoconférence, cliquez sur l'icône du microphone pour activer votre micro. Veuillez le mettre en sourdine lorsque vous ne parlez pas.
[Français]
En ce qui concerne l'interprétation, ceux qui utilisent l'application Zoom ont, au bas de leur écran, le choix entre le parquet, l'anglais ou le français. Ceux qui sont dans la salle peuvent utiliser l'écouteur et choisir le canal désiré.
[Traduction]
Tous les commentaires doivent être adressés à la présidence.
Cela dit, j'aimerais souhaiter la bienvenue à nos nouveaux témoins.
Nous accueillons, par vidéoconférence, M. Michael Griswold, de la British Columbia Salmon Purse Seiners Association.
Nous accueillons également M. David Summers, de Serengeti Fishing Charters, ainsi que M. Warren Barker et M. Ivan Chu, de la Vancouver Sport Fishing Guides Association.
Nous commencerons par les déclarations liminaires des témoins, qui ne devront pas dépasser cinq minutes, en commençant par M. Griswold.
:
Je suis un vieux pêcheur. Pendant 46 ans, j'ai pêché le saumon, le hareng, l'aiguillat, la crevette et d'autres choses. Pendant bon nombre de ces années — depuis 1982, pour être exact —, j'ai cogéré, aux côtés du ministère des Pêches. J'ai travaillé comme conseiller du secteur dans le cadre des négociations entre le Canada et les États-Unis, au terme desquelles le Traité sur le saumon du Pacifique est né. En raison de cela, j'ai été élu au Conseil du fleuve Fraser, lors de sa création en 1985.
J'ai siégé au Conseil du fleuve Fraser pendant environ 40 ans, jusqu'en 2025, où, pour des raisons éthiques, j'ai dû démissionner de ce poste. Des changements importants, au sein du ministère, ont fait qu'une grande part de la communauté des parties prenantes a été exclue de ces décisions. Ma démission était stratégique. Mon objectif était d'attirer l'attention sur ce qui s'est passé en 2025. Il y avait eu une remontée très importante et imprévue du saumon rouge, mais le ministère n'avait trouvé aucun moyen de fournir un accès commercial significatif à ce poisson. À la lumière de toutes mes années de cogestion au Conseil du fleuve Fraser, j'ai trouvé que c'était un changement considérable. C'était une altération à laquelle cette industrie n'allait pas pouvoir résister.
Dans cette industrie des pêches, nous — les pêcheurs à la traîne et à filet maillant de la British Columbia Salmon Purse Seiners Association — dépendons du poisson pour vivre. Depuis quelque temps, nous n'avons pas eu énormément d'occasions de pêche, car il n'y a pas eu beaucoup de poissons. Cette année‑là, en 2025, en raison de l'abondance imprévue, nous avons oublié comment gérer les pêches, et je me disais que le ministère avait besoin d'être rappelé à l'ordre.
Nous amorçons une nouvelle année, en 2026. Cette année est ce qui s'appelle une année dominante dans la rivière Adams, et on s'attend à ce qu'il y ait beaucoup de poissons. Nous avons vu une ouverture du côté de Pêches et Océans Canada et d'autres communautés ayant une influence sur la gestion des pêches en Colombie-Britannique. Ils ont au moins accepté de nous parler, alors que l'année dernière, ce n'était pas le cas. C'est une très bonne chose. Cependant, il n'y a aucune entente officielle.
Pêches et Océans Canada et le gouvernement ont noué des relations avec un groupe d'organismes des Premières Nations au sujet des plans de gestion du saumon, en particulier, le saumon rouge et le saumon chinook du fleuve Fraser. Il s'agit d'une entente officielle. Il y a un protocole d'entente. Ce protocole donne aux Premières Nations la priorité au chapitre de l'établissement des objectifs d'échappées, lequel constitue le fondement sous-jacent de la gestion des pêches.
Nous, les membres des communautés non autochtones, avons besoin que l'on nous rassure et que l'on nous garantisse que nos besoins et nos souhaits seront également pris en considération. Il y aura un jour un changement d'administration. À moins qu'il n'y ait quelque chose d'écrit noir sur blanc, nous n'avons pas les protections qu'ils nous ont fournies cette année, mais pas l'année dernière. Nous voulons que nos besoins et nos souhaits soient pris en considération. Nous sommes prêts à travailler en table ronde avec d'autres parties prenantes, en particulier les Premières Nations, qui ont une très grande influence sur cette ressource. Le fait qu'elles aient cette influence ne devrait pas signifier que cela réduit l'accès des autres parties prenantes aux ressources, comme la communauté de la pêche commerciale et la communauté de la pêche récréative.
Je fais remarquer que, l'année dernière, en 2025, nous avons eu une remonte de 19 millions de saumons roses. L'année dernière, un total de 27 000 saumons roses du fleuve Fraser ont été capturés par des pêcheurs commerciaux. Nous avons eu une remonte d'environ 9,5 millions de saumons rouges, et un total d'environ 150 000 de ces poissons ont été attrapés par des pêcheurs commerciaux. C'est extrêmement peu. Nous ne voulons pas nous retrouver encore une fois dans la même situation.
Je suis prêt à en dire plus sur le sujet, mais je vais m'arrêter là.
:
Merci beaucoup, monsieur le président, et merci aux membres du Comité, de m'avoir invité à comparaître ici, aujourd'hui. Je suis ravi d'être de retour à Ottawa. J'ai obtenu mon diplôme de l'Université Carleton, mais j'aime à penser que c'était il n'y a pas très longtemps.
Je m'appelle David Summers. Je suis propriétaire et gestionnaire de notre entreprise familiale, Serengeti Fishing Charters, à Port Hardy, au nord de l'île de Vancouver, depuis 20 ans. Nous recevons des invités des quatre coins du Canada et des États-Unis, qui viennent pêcher, en particulier le saumon chinook et le flétan, mais aussi la morue lingue, le bar rayé et le saumon coho. J'ai également participé récemment à divers comités et groupes de travail du Conseil consultatif sur la pêche sportive.
Dire que la portée de cette étude s'étend non seulement à mon entreprise, mais également à l'ensemble du secteur, c'est peu dire. Des fermetures incohérentes et inattendues détruiraient véritablement notre secteur, mon entreprise et ma capacité à subvenir aux besoins de ma famille.
Bien que j'ai un amour profond pour la pêche, ma motivation primaire, c'est de subvenir aux besoins de ma famille, c'est‑à‑dire ma femme et mes deux filles: Saige Grace, qui porte le nom d'une canne à pêche, et Kaia Saylor. Comme leur nom l'indique, notre lien avec l'océan et la pêche est profond. Ce n'est pas une simple passion, c'est une partie importante de notre identité. Comme bon nombre de familles de la côte Ouest, nous vivons sur l'océan, non pas à côté.
Alors que, sur la côte Est, la pêche commerciale a d'énormes répercussions sur le tissu social des collectivités, sur la côte Ouest, c'est en fait la pêche récréative — ou la pêche publique, comme je l'appelle — qui est enracinée dans notre culture. En Colombie-Britannique, la pêche publique joue un rôle social considérable, car elle resserre les liens entre les gens et la nature. Pour beaucoup des membres de nos petites collectivités locales, la pêche est plus qu'un passe-temps; c'est un style de vie qui réunit familles et amis. Les activités comme la pêche au saumon sont profondément ancrées dans notre identité côtière. La pêche publique permet également à beaucoup de personnes d'aller dans la nature sauvage et d'assumer plus personnellement la responsabilité de l'environnement, ce qui pourrait augmenter le nombre de personnes soucieuses de l'environnement, à l'avenir.
Pour en dire plus sur l'importance sociale de cette pêche pour la côte, la pêche publique est un moteur économique de l'économie bleue ou de l'économie de l'océan de la Colombie-Britannique. La pêche au saumon dans notre secteur a des retombées économiques similaires à la pêche au crabe des neiges sur la côte Est. Dans l'ensemble, parmi toutes les catégories de pêche, la pêche publique est le deuxième contributeur le plus important au PIB du Canada, derrière la pêche au homard. Nos pêches contribuent le plus à l'économie et ont le moins de conséquences sur l'environnement, en réalité, avec moins de poissons pêchés. Historiquement, notre secteur a pêché seulement 7,02 % du saumon des côtes de la Colombie-Britannique et seulement 15 % du flétan. Pourtant, nous contribuons plus à l'économie que toutes les autres catégories de pêches commerciales, aquaculture et transformation du poisson inclus.
Mon entreprise, à elle seule, compte quatre employés à temps plein et six employés à temps partiel. Chaque année, elle dépense presque trois quarts de million de dollars dans d'autres entreprises de l'île de Vancouver. À Port Hardy, 13 exploitants de bateaux nolisés font la même chose, et littéralement des centaines de personnes viennent avec leur propre bateau et leur famille dans la région. Je parle uniquement de Port Hardy, mais il y a d'autres collectivités côtières dont les activités de pêche publique sont plus importantes, comme Port Renfrew, Bamfield, Gold River et Port Alberni. Je pourrais en nommer des dizaines d'autres.
Ce ne sont pas uniquement les exploitants de bateaux nolisés qui en tirent parti, il y a également les restaurants et les hôtels locaux, les transformateurs, les ateliers mécaniques, les commerces d'articles de pêche, les marinas, les quais de ravitaillement en combustible, les épiceries, et la liste est encore longue. Aucun de ces commerces ne saurait survivre sans cette industrie, dans notre ville, puisqu'elle est devenue un moteur économique pendant que nos autres industries des ressources — les forêts, les mines et l'aquaculture — continuent d'être en difficulté.
Quelle est la plus grande menace économique qui guette ces villes côtières et leurs économies axées sur la pêche publique? Ce sont les fermetures qui n'ont aucun fondement scientifique ou qui ne sont pas étayées par des données, et qui, souvent, surviennent à très court préavis. Que les fermetures soient liées aux épaulards ou aux restrictions sur des stocks préoccupants dans le fleuve Fraser, ces 10 dernières années, Pêches et Océans Canada a adopté des politiques qui, l'une après l'autre, font du tort à la pêche publique. Nous sommes aujourd'hui en train d'examiner une politique de répartition du saumon qui pourrait véritablement ruiner notre pêche publique de saumon, sur la côte de la Colombie-Britannique, et tous les avantages sociaux et économiques qui y sont associés.
Les familles et les invités organisent leurs voyages plus d'un an à l'avance. Il est essentiel que nous ayons de la stabilité dans nos pêches. Les modifications proposées de la politique de répartition vont se traduire par de l'incertitude au chapitre des ouvertures et des fermetures et même des limites minimales de pêche, déjà très basses.
Comme beaucoup d'entre vous, ma famille est tout mon monde. Sans une pêche constante et fiable, je ne peux pas subvenir à ses besoins. Il en va de même pour des milliers de familles sur la côte. Une fermeture complète ou prématurée, que ni la science ni les données ne justifient, m'empêcherait d'assurer la sécurité économique de ma famille comme ce serait le cas de nombreuses autres familles de la côte.
Je vous remercie de votre temps, et j'ai hâte de répondre à vos questions.
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Merci, monsieur le président et membres du Comité.
Je partagerai mon temps de parole avec M. Ivan Chu, qui fait également partie de la Vancouver Sport Fishing Guides Association. Je m'appelle Warren Barker. Je suis le président de la Vancouver Sport Fishing Guides Association. J'ai 20 ans d'expérience en tant que guide et je suis guide de pêche de deuxième génération. Nous représentons les quelque 25 bateaux de pêche à forfait de la Vancouver Sport Fishing Guides Association.
L'importance de la pêche récréative, notamment celle du saumon coho et du saumon chinook, fait partie intégrante de l'identité culturelle, économique et touristique de la Colombie-Britannique. Ces espèces constituent le fondement d'une pêche récréative mondialement reconnue qui attire des visiteurs de partout au Canada et de l'étranger. La Colombie-Britannique est largement considérée comme une destination de choix pour la pêche au saumon, ce qui contribue de manière significative aux recettes touristiques.
Les décisions réglementaires tardives ont des conséquences. Environ 80 % des clients participant à des sorties de pêche à forfait dans la région du Grand Vancouver proviennent de l’extérieur de la Colombie-Britannique. Les retards dans l’annonce des règlements de pêche limitent la capacité des visiteurs de planifier leurs déplacements et leur hébergement, augmentent les coûts en raison de réservations de dernière minute et réduisent l’activité touristique globale.
Pour les exploitants de bateaux de pêche à forfait, l’incertitude empêche une planification efficace des activités et des réservations à l’avance. La demande touristique de pointe survient en juillet et en août, période qui coïncide souvent avec les fermetures visant la rétention du saumon chinook, ce qui réduit davantage les possibilités de revenus.
Il existe des inégalités régionales en matière d'accès à la pêche. Les mesures de gestion actuelles créent d’importantes disparités entre les régions. Les pêches au saumon chinook dans la région de Vancouver, dans le détroit de Géorgie, dans l'inlet Burrard et dans la baie Howe, sont fermées du 1er avril au 31 août, tandis que les pêches du côté est du détroit, p. ex. de Nanaimo jusqu'à proximité de Gibsons, ouvrent dès le 15 juillet. Ces différences placent les exploitants établis dans la région métropolitaine de Vancouver dans une situation de désavantage concurrentiel, parce qu’ils doivent se déplacer dans le détroit et sont limités par les conditions météorologiques, la hausse des coûts du carburant et la capacité financière des clients.
Depuis 2019, à certaines époques de l'année, les entreprises de la région de Vancouver ont connu une baisse de 65 % de leur activité à la suite de ces fermetures de la pêche au saumon chinook.
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Bonjour. Je m'appelle Ivan Chu. Je suis le vice-président de la Vancouver Sport Fishing Guides Association.
Mon parcours dans le secteur de la pêche a commencé quand j'étais enfant, à Stevenston, un village de pêcheurs commerciaux. À l'époque, alors que j'étais adolescent, je travaillais à la conserverie de poisson. Le salaire était si intéressant que mon frère et moi, âgés de 15 et 16 ans, gagnions plus de l'heure que mon père, qui travaillait pour les Lignes aériennes du Canadien Pacifique. Nous travaillions chaque été à la conserverie de poisson. J'allais également pêcher avec mes amis, dont les pères étaient des pêcheurs japonais. Nous avons appris à pêcher. J'ai grandi en pêchant. Je suis devenu agent de police, et j'ai continué de pêcher. J'étais guide de pêche les fins de semaine et pendant mes jours de congé pour subvenir aux besoins de ma famille de trois personnes, car mon épouse a choisi de rester à la maison pour élever nos enfants pendant que je travaillais. J'avais aussi un petit bateau avec lequel je pouvais emmener des gens pêcher.
Je vais parler des données scientifiques et des occasions manquées des pêches expérimentales financées par le MPO. Au cours des deux dernières années, en 2024 et 2025, il y a eu des pêches expérimentales aux mois d'avril et de mai dans la baie Howe. Ils partaient pêcher délibérément pour recueillir des échantillons d'ADN. Parmi tous les poissons pêchés, 90 % des saumons chinooks de taille légale sont issus d'écloseries. Ils étaient marqués, ce qui signifie qu'on leur retirait une partie de leur nageoire adipeuse; ils provenaient donc très probablement d'écloseries américaines ou de certaines écloseries expérimentales qui marquaient les saumons chinooks, car nous ne le faisons pas automatiquement dans le cas du saumon chinook; les écloseries locales n'en marquaient qu'entre 10 et 15 %. Les poissons se situaient dans la fourchette percentile de 90 % des saumons provenant d'écloseries.
Ce qui est important, c'est qu'il existe une pêche sélective à 17 milles de chez nous et au-delà, où il est permis de pêcher en avril et en mai dans le Sud des îles Gulf, dans les zones près de Victoria et plus au nord le long de la côte, pour prendre du saumon chinook provenant d'écloseries. Nous ne sommes pas autorisés à le faire. C'est un lourd fardeau économique pour nos exploitants locaux et pour notre secteur touristique. Les clients potentiels préfèrent prendre le traversier et aller pêcher de l'autre côté, c'est ce que nous leur conseillons de faire. Nous leur disons « Si vous voulez garder vos prises, allez pêcher dans le Sud des îles Gulf. Allez à Victoria, dépensez votre argent là-bas et vous pourrez garder votre saumon. »
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Les prévisions sont généralement communiquées au secteur de la pêche par la Commission du saumon du Pacifique au mois de février. Les prévisions sont issues d'un ensemble d'analyses scientifiques diverses. Elles reposent en grande partie sur les retours des géniteurs des stocks. D'autres facteurs sont pris en compte, tels que les taux de survie prévus en mer et en eau douce. Un petit dénombrement est effectué sur quelques remontes, mais toutes ces données sont regroupées dans un grand mélange dont ressortent les prévisions.
Les prévisions ont été établies principalement parce qu'on estimait que... Comme vous le savez, ces dernières années n'ont pas été très clémentes pour le saumon rouge du fleuve Fraser. Les stocks ne se reconstituaient pas très bien.
L'année 2025 a été une grande surprise, et nous avons commencé à constater les premiers signes de survie, l'augmentation du taux de survie en mer, avec la première partie, celle de la première remonte dans les eaux de la Stuart, qui sont revenus en nombre environ sept fois supérieur aux prévisions.
Les autres montaisons ont ensuite commencé à suivre le mouvement, pas tout à fait dans les mêmes proportions, mais tous les éléments de la remonte du Fraser — les premiers dans les eaux de la Stuart, le début d'été, la remonte estivale et la remonte tardive — ont dépassé de loin les prévisions; ainsi, à la mi‑août, nous avions une remonte importante.
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J'ai dit que, actuellement, une grande partie du bras nord du fleuve Fraser est fermée, nous ne pouvons donc pas pêcher là‑bas pendant la haute saison de pêche. Ils proposent également de fermer le bras sud, puis de nous obliger à nous concentrer au milieu, entre les deux zones fermées, de sorte que tout le monde devra pêcher là‑bas.
Nous devrions nous inspirer de la politique américaine de zone tampon, tel qu'elle est actuellement mise en œuvre au Canada. Auparavant, nous nous situions à 400 mètres, mais désormais, nous nous tenons à 1 000 mètres dès qu'il y a des épaulards. On ne peut pas mettre en place une interdiction statique pendant trois mois en espérant que les baleines viennent s'y nourrir, ce qui nous bloque l'accès, pour ensuite nous obliger à nous éloigner de 1 000 mètres dès qu'un épaulard est présent. Les huit associations de surveillance des baleines n'ont signalé qu'une seule observation d'épaulards résidents du Sud, le 13 septembre 2024. Il n'y en a pas eu dans le bras nord depuis 2019, année où celui‑ci a été fermé. On en a vu un en 2024 pendant notre saison de pêche en septembre, dans le bras sud. À ce jour, aucun épaulard n'a été vu près de l'île Keats, dans la région de la baie Howe; il s'agissait d'épaulards de passage, et non des épaulards résidents du Sud.
Oui, nous voulons protéger les baleines, mais nous devrions passer à la mise en place d'une zone tampon plutôt qu'à des interdictions statiques. C'est ce que nous essayons de faire comprendre au MPO.
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Je l'ai écrit parce que c'est ce que j'ai ressenti.
Essentiellement, j'avais consacré 40 ans de ma vie au processus de gestion du fleuve Fraser, en travaillant au nom du Canada pour le Conseil du fleuve Fraser.
Comme je l'ai dit dans ma déclaration, j'ai travaillé en collaboration avec le MPO. Nous avons négocié des plans de pêche qui reposaient sur la conservation et ainsi de suite. En 2025, les choses ont changé. Un mur s'est dressé devant les perspectives d'avenir quand les conditions le justifiaient. Cette année, ces conditions étaient réunies, puisque la remonte s'est révélée quatre fois supérieure aux prévisions. En temps normal, cela aurait permis d'augmenter les activités de pêche, mais le ministère ne l'a pas autorisé, car il avait conclu un accord avec un groupe appelé le Conseil de gestion du saumon du Fraser. Cet accord a essentiellement compromis et bloqué toute possibilité, car on s'attendait à ce qu'il souhaite introduire un grand nombre de poissons dans les frayères, ce qui est un autre problème.
Mon problème, c'est que le ministère avait considérablement modifié sa façon d'autoriser les activités de pêche et l'ouverture des saisons. Il fallait attirer l'attention sur cette situation. La seule façon que j'ai trouvée pour y parvenir était de démissionner de manière très médiatisée.
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C'est l'une des surprises qui guettent la gestion du saumon du Pacifique. Nous avons de très bonnes surprises et de très mauvaises. La grande inconnue est ce qui se passe dans la survie en mer.
Essentiellement, les saumons passent deux ans en eau douce, puis ils partent en mer. C'était vraiment anodin. Même s'il y avait des signes, aucun signe définitif ne laissait deviner cette augmentation de la survie en mer.
En 2010, nous nous sommes retrouvés avec une remonte de 30 millions de saumons rouges, soit près de deux fois et demie plus que prévu. Il s'agissait également d'un produit de la survie en mer. La survie en mer peut, elle aussi, complètement vider la pêche de sa substance.
Cela faisait un certain temps que nous connaissions un mauvais taux de survie en mer. C'est peut-être ce qui a influencé à la baisse les prévisions, mais pas tant que cela. Personne ne s'attendait vraiment à ce surplus, à l'abondance, qui est revenu l'an dernier. C'était une bonne surprise.