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La séance est ouverte. Bonjour, chers collègues.
Bienvenue à la 45 e réunion du Comité permanent des finances de la Chambre des communes. Conformément à l'ordre de renvoi du mardi 26 mai 2026 et à la motion adoptée par le Comité le jeudi 7 mai 2026, le Comité reprend l'examen du projet de loi , Loi portant exécution de certaines dispositions de la mise à jour économique du printemps déposée au Parlement le 28 avril 2026.
[Français]
J'aimerais dire quelques mots aux membres du Comité sur la façon dont le Comité procède à l'étude article par article d'un projet de loi.
Comme son nom l'indique, cet exercice sert à examiner dans l'ordre tous les articles d'un projet de loi. Je vais mettre en délibération chaque article, un par un, et chacun peut faire l'objet d'un débat avant d'être mis aux voix. Si un amendement est proposé à l'article en question, je vais donner la parole au député qui le propose, qui peut l'expliquer, s'il le désire. Les amendements sont examinés dans l'ordre où ils apparaissent dans la liasse que les membres du Comité ont reçue des greffiers.
[Traduction]
Les amendements doivent avoir été rédigés correctement du point de vue juridique et doivent également être jugés recevables sur le plan de la procédure. Le président peut être amené à déclarer irrecevables certains amendements s'ils vont à l'encontre du principe du projet de loi ou s'ils outrepassent la portée du projet de loi, deux critères adoptés par la Chambre à l'étape de la deuxième lecture du projet de loi, ou encore s'ils empiètent sur la prérogative financière de la Couronne.
Pendant le débat sur un amendement, les députés peuvent proposer des sous-amendements. Un seul sous-amendement peut être examiné à la fois, et ce sous-amendement ne peut pas être modifié.
Une fois que tous les articles ont été mis aux voix, le Comité tient un vote sur le titre et le projet de loi proprement dit. Si des amendements ont été adoptés, le Comité doit donner un ordre de réimpression du projet de loi pour que la Chambre dispose d’une version à jour lors de l’étape du rapport.
[Français]
Je remercie les députés de leur attention. Je souhaite au Comité une étude article par article productive quant au projet de loi .
[Traduction]
J'aimerais souhaiter la bienvenue à nos témoins, qui sont disponibles pour répondre aux questions techniques liées au projet de loi. Je ne vais pas les nommer, car les membres du Comité ont reçu la liste. La plupart d'entre eux sont assis à l'arrière, et il y en a peut-être quelques-uns qui sont en ligne, si les députés ont des questions à leur poser.
Sur ce, nous allons commencer l'étude article par article.
Conformément au paragraphe 75(1) du Règlement, l'étude de l'article 1, le titre abrégé, est reportée.
(Article 2)
La présidente: Nous allons commencer par l'article 2, et nous avons l'amendement CPC‑1.
Qui propose l'amendement CPC‑1?
:
C'est également la première fois que je siège au comité des finances. Je suis content de voir autant de collègues ici aujourd'hui parler d'un projet de loi aussi important.
Aujourd'hui, nous débattons du projet de loi . Il est question de cet amendement qui, si je ne me trompe pas, concerne les petits et moyens brasseurs. Je pense que cet amendement est très important, car il est essentiel que nous parlions des petites et moyennes entreprises et de l'allégement de la taxe d'accise dont elles peuvent bénéficier.
Nous savons que les petites et moyennes entreprises n'ont pas les moyens de s'offrir les services de consultants et de lobbyistes réputés et très coûteux qui gravitent autour d'Ottawa et des bureaux des députés, des ministres et des fonctionnaires. Il est très important de leur accorder un allégement, ainsi que de procéder à cette évaluation de l'incidence des articles dont nous discutons, des mesures proposées et de leurs répercussions.
Les petites et moyennes entreprises — qui sont nombreuses à Richmond Hill et dans la région du Grand Toronto — sont toujours laissées pour compte. On trouve des brasseurs un peu partout dans la région du Grand Toronto et dans le Sud de l'Ontario. Je les rencontre régulièrement, et ils me disent constamment qu'ils n'ont pas l'impression d'être entendus.
Certaines entreprises comptent peut-être cinq employés. D'autres en ont 50, 100 ou 200, mais elles ne se sentent pas écoutées. Elles ne font pas partie d'une prestigieuse association de l'industrie, et elles ne sont pas en mesure de produire ces rapports ni d'obtenir ces ensembles de données. Elles doivent parfois compter sur le gouvernement pour obtenir ces renseignements, que ce soit par l'entremise de Statistique Canada... et nous savons à quel point le travail qu'il accomplit est important en fournissant aux Canadiens et aux entreprises des renseignements pertinents.
Selon moi, c'est quelque chose que ce comité et tous les parlementaires... Nous sommes ici pour représenter les Canadiens et non pas pour défendre les intérêts du gouvernement. Nos circonscriptions comptent des propriétaires de petites entreprises, qui sont souvent oubliés. Quand on voit les chèques de centaines de millions de dollars ou de plusieurs milliards de dollars que ce gouvernement émet, cela ressemble, à chaque fois, à de l'aide aux entreprises parasites.
Le gouvernement libéral aime bien dire qu'il s'agit d'un nouveau gouvernement. Or, nous voyons le même genre de communiqués de presse que ceux publiés par le dernier gouvernement libéral au sujet de l'aide sociale aux entreprises parasites et des chèques distribués. On constate que les voix des petites et moyennes entreprises, y compris celles des brasseurs de la région du Grand Toronto, de tout l'Ontario, et, à vrai dire, de tout le pays, ne sont pas entendues.
Je suis d'avis qu'il est tout à fait raisonnable de procéder à cet examen afin de pouvoir disposer régulièrement de renseignements utiles. Je suis en fonction depuis maintenant 13 ou 14 mois. En tant que parlementaire, je ressens la frustration des gens — même des propriétaires d'entreprises — qui n'obtiennent pas toujours les renseignements dont ils ont besoin. J'ai fait des études en administration des affaires. J'ai également exercé la profession d'avocat. Il est question ici d'obtenir des renseignements, mais ceux‑ci ne sont pas facilement accessibles. Il serait donc utile que le gouvernement fournisse ces renseignements, surtout lorsque les petites et moyennes entreprises n'ont pas les ressources nécessaires pour embaucher des consultants pour mener des sondages et influencer l'opinion publique. Elles comptent sur le gouvernement pour obtenir ce type d'informations, qu'il s'agisse d'investissements ou de l'incidence fiscale de ces taxes qui ne cessent, semble‑t‑il, d'augmenter.
Nous traversons une crise du coût de la vie et cette crise ne touche pas seulement les Canadiens, les familles et les consommateurs. Elle touche également les entreprises, qui doivent composer avec une augmentation du coût des intrants. Or, compte tenu des impôts élevés des libéraux et des formalités administratives qui ne cessent de s'alourdir, force est de constater que rien n'est fait pour remédier à cette situation. Il est important que les entreprises, qui créent également des emplois, puissent disposer facilement de ces renseignements.
Il arrive que les gens qui sont au gouvernement depuis trop longtemps oublient que ce n'est pas le gouvernement qui crée les emplois, mais bien les entreprises, les gens et les Canadiens prêts à prendre le risque de se lancer dans l'entrepreneuriat et à créer leur entreprise qui le font. Nous savons que ce sont les petites et moyennes entreprises — et non les grandes entreprises, pas plus que le gouvernement — qui emploient la grande majorité de la main-d'œuvre.
Le gouvernement a pris de l'ampleur. Il n'est pas rare que des députés ministériels se vantent des chiffres sur l'emploi. Or, dans la grande majorité des cas, la croissance enregistrée au cours d'un mois donné pourrait simplement être attribuable aux emplois saisonniers ou à temps partiel. Pire encore, il pourrait s'agir d'emplois dans la fonction publique.
Les petites et moyennes entreprises sont l'épine dorsale de l'économie et il faut les aider. Cela signifie qu'il faut, entre autres, donner les renseignements pertinents disponibles à ces entreprises, surtout à celles qui n'ont pas les moyens d'embaucher de coûteux consultants ou de réaliser des sondages pour obtenir ces données. C'est une demande très raisonnable, qui relève du bon sens...
On parle de souveraineté, etc. C'est un argument que le gouvernement libéral utilise dans un communiqué de presse sur la souveraineté canadienne, l'achat de produits canadiens, etc. On ne comprend pas que, bien souvent, les grandes entreprises appartiennent à des intérêts étrangers et que la plupart des actionnaires...
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Merci beaucoup, madame la présidente.
C'est toujours un plaisir d'être de retour au sein du comité des finances.
Je pense que ce que M. Jackson a souligné dans son sous-amendement à CPC‑13 est très pertinent.
Nous discutions des exigences en matière de rapports, sujet qui a largement occupé notre temps hier, et je croyais que nous commencions à progresser lorsque, malheureusement, la séance a dû être suspendue pour la soirée. Fondamentalement, nous parlions de mesures de transparence, soit d'exigences de rapports à la Chambre des communes et plus de transparence sur, entre autres, l'évolution du Régime de pensions du Canada, le RPC. De nombreux Canadiens se posent ces questions. C'est le contexte.
Si nous parlons du sous-amendement, nous voulons en réalité parler de la viabilité et expliquer clairement en quoi elle consiste. La viabilité signifie‑t‑elle que le fonds du RPC sera disponible pour les 5 ou 10 prochaines années? Ou le sera‑t‑il à perpétuité? Ou encore la viabilité désigne‑t‑elle la viabilité environnementale?
Cela touche aux problèmes que je commençais à évoquer hier, notamment la façon dont les fonds de pension, les dotations et autres placements ont été soumis à certaines clauses — pour être franc — très idéologiques, qui ne servent pas au mieux les intérêts des personnes censées en être les bénéficiaires. Ici, il s'agit des économies de toute une vie des Canadiens, à savoir leur régime de retraite.
Nous cherchons à fournir des explications en langage clair. Cela inclut la question de savoir si les prestations projetées peuvent être versées en totalité en vertu du texte législatif actuel, ainsi que la distinction entre déficits annuels de trésorerie et insolvabilité actuarielle. En fin de compte, nous tentons de comprendre la différence entre déficits de trésorerie — quand les prestations dépassent les cotisations — et insolvabilité actuarielle.
Le rapport indique que les cotisations devraient être inférieures aux dépenses à partir de 2027, donc nous avons déjà un cas qui justifie un tel niveau d'examen. Cela ne signifie pas que le RPC est en difficulté, car les revenus de placement financent une grande partie des prestations.
Les Canadiens bénéficieraient toujours d'une plus grande transparence. Nous devons toujours viser la transparence pour eux. Je crois qu'ils doivent disposer d'informations exactes. Pour mettre cela en contexte, et c'est important, nous avons vu aux États-Unis ce qui s'est passé dans quelques affaires très médiatisées — avec Bernie Madoff notamment — où des gens pensaient leurs économies en sécurité, mais ce n'était pas le cas.
Je ne qualifie aucunement — à moins qu'un collègue libéral ne veuille déclencher un tsunami sur les réseaux sociaux — le RPC de système de Ponzi. Je parle de la nécessité de la transparence pour que les gens soient rassurés. C'est ce en quoi consiste la viabilité. Je ne vois pas pourquoi cela susciterait une opposition parmi nos collègues. J'accueille volontiers toute contribution de leur part au débat.
Nous avons déjà constaté au Canada une prolifération importante de mots savants. Ces mots sont utilisés dans les rapports gouvernementaux et ne correspondent pas à la façon dont s'expriment les Canadiens ordinaires. C'est un langage délibérément conçu pour exclure. En examinant certains documents gouvernementaux, on constate qu'ils ne sont pas rédigés pour que le Canadien moyen sans formation spécialisée puisse les comprendre. Peut-être est‑ce une manœuvre délibérée. Certains fonctionnaires semblent utiliser ce procédé pour dissimuler de l'information. Ils ne veulent pas que les Canadiens concernés puissent réellement lire ces documents.
C'est l'un des points dont nous avons discuté, et notre chef, , a été très clair: il faut utiliser un langage simple que la plupart des Canadiens comprennent quand on traite de sujets qui les concernent directement.
C'était le sous-amendement de M. Jackson. Son génie m'a fait oublier s'il l'avait formellement proposé. Ce sous-amendement est important pour assurer que le langage utilisé dans ces rapports — celui utilisé pour transmettre les informations fondamentales — soit rédigé de manière compréhensible pour les Canadiens.
Si je peux jeter un coup d'œil au rapport actuariel, je dirais que certains passages… Ce n'est pas une critique à l'égard de l'actuaire en chef ni de son bureau, puisque beaucoup des orientations suivies sont dictées par le gouvernement libéral.
Nous n'avons pas instauré, et n'instaurerons pas — sauf si ce sous-amendement est adopté — d'exigence de rédaction en langage clair. Beaucoup de Canadiens pourraient difficilement comprendre certains termes figurant dans ce rapport, et pourraient se demander: « Quel est l'état de mes placements? Quel est l'état du fonds sur lequel je compte pour ma retraite? » Les graphiques, sans le contexte et sans la connaissance requise pour les interpréter, sont très difficiles à comprendre pour le citoyen moyen. Voici un passage qui illustre mon propos:
Le TCM du RPC de base correspond à la somme du taux de cotisation de régime permanent et du taux de capitalisation intégrale des prestations nouvelles ou bonifiées. Le TCM déterminé à l'égard d'une évaluation triennale prend effet après la période d'examen triennal, alors que le taux de cotisation prévu par la loi s'applique pendant la période d'examen. La période d'examen actuelle est de 2025 à 2027.
Supposons que ce soit une politique. L'un d'entre nous serait‑il élu si c'était ainsi que l'on communiquait nos politiques aux électeurs de nos circonscriptions? Je ne pense pas, car ce texte n'est pas rédigé clairement ni simplement pour les personnes concernées. Nous oublions souvent que ces rapports ont une fonction parlementaire. Ce sont des rapports destinés au Parlement, et je crois que nous pouvons les lire, ayant tous acquis un certain savoir avant de venir ici.
Nous savons ce que nous cherchons, mais le Parlement est censé être l'organe qui fait le lien entre le peuple et le gouvernement. Si ces rapports sont écrits d'une manière difficilement compréhensible ou assimilable pour les citoyens, ces derniers dépendent alors de la façon dont leurs députés et leurs responsables politiques choisissent de leur présenter ces documents et informations. Soyons francs: si vous êtes au gouvernement, vous n'avez aucun intérêt à dévoiler la gravité de certaines choses dans ces rapports gouvernementaux.
Je note que la vérificatrice générale donne un bon exemple auquel nous pourrions aspirer dans les rapports actuariels et ministériels. Je souligne aussi le travail de la directrice parlementaire du budget, la DPB. L'actuelle DPB est relativement nouvelle, mais j'ai vu par le passé… La dernière fois que j'ai siégé au comité des finances, nous discutions du travail précieux effectué par le précédent DPB. J'estime qu'on aurait dû lui permettre de continuer ce travail.
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Merci, madame la présidente.
Il y a quelques autres remarques que nous devons formuler concernant les exigences en matière de rapports.
Comme nous l'avons proposé dans notre amendement CPC‑13 à ce projet de loi… Le gouvernement a pris une décision très regrettable en rejetant les dispositions exigeant un langage clair; qu'il soit donc bien établi que les libéraux préfèrent que le langage utilisé reste inaccessible à de nombreux Canadiens à travers ce grand pays plutôt que de les tenir informés du statut de leur régime de retraite.
Pour aborder d'autres préoccupations concernant les exigences en matière de rapports prévues par le projet de loi dans son ensemble, nous estimons qu'il serait utile pour les Canadiens que ces exigences intègrent certains scénarios de crise, sous la forme d'exemples ou de prévisions auxquels ils pourraient facilement avoir accès afin de vérifier la viabilité du système.
Je pense que cela renvoie à certaines des remarques qui ont été formulées. On me pose effectivement des questions, lors des rencontres avec les électeurs, sur la santé du Régime de pensions du Canada, le RPC. De nombreux Canadiens nourrissent un scepticisme croissant, pour une raison ou une autre, quant à leur capacité à en bénéficier un jour. Je comprends que les chiffres présentés aujourd'hui par le gouvernement et l'actuaire en chef indiquent que le régime est en très bonne santé, mais il existe un sentiment général selon lequel ce n'est pas tout à fait vrai ou que ces chiffres sont faussés d'une manière ou d'une autre. Les Canadiens semblent vraiment les remettre en question et s'en méfient.
Au cours de mon mandat au sein du Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre, nous avons constaté que les Canadiens nourrissaient une méfiance croissante à l'égard de nombreuses institutions fondamentales à travers le pays. Il peut s'agir d'une institution aussi respectée qu'Élections Canada et de son rôle dans la garantie du bon déroulement de nos élections, mais on observe néanmoins une méfiance grandissante envers cette institution et la légitimité de nos élections.
Je pense, moi aussi, que le RPC est considéré depuis longtemps par les Canadiens comme un élément central de notre identité nationale et du contrat social de ce pays, au même titre que le système de santé universel et bien d'autres aspects que les Canadiens considèrent comme faisant partie intégrante de leur identité, mais qui sont également reconnus dans le monde entier comme faisant partie de ce que nous sommes.
Nous sommes préoccupés par cette méfiance croissante. Malheureusement, le gouvernement a rejeté le sous-amendement précédent qui aurait imposé l'utilisation d'un langage clair. Peut-être tiendront-ils compte de nos remarques selon lesquelles s'ils n'acceptent pas notre amendement — leurs commentaires d'hier soir laissent penser qu'ils le refuseront —, le projet de loi devrait au moins être modifié pour permettre l'intégration de certains scénarios de crise. Ceux‑ci décriraient les hypothèses dont j'ai entendu parler lors de mes rencontres sur le terrain. Par exemple « Si telle chose se produit, qu'adviendra‑t‑il du RPC? Si telle autre chose se produit, et ainsi de suite ».
Si nous pouvons présenter nos travaux aux personnes très compétentes de l'équipe de l'actuaire en chef, celles‑ci pourront à leur tour exposer leurs analyses quant à la nature de ces répercussions. Cela donnerait aux Canadiens, à mon avis, une plus grande certitude quant à l'existence d'un plan. Si l'une de ces catastrophes économiques venait à se produire, comme l'a décrit M. Lawrence — une récession prolongée, par exemple —, quel en serait exactement l'impact et quelles en seraient les conséquences? Le scénario pourrait inclure une baisse des rendements, une diminution de l'immigration, un ralentissement de la croissance de la productivité ou une augmentation de l'espérance de vie. Ces éléments évoluent. Nous savons que la situation évolue à cet égard. Il pourrait s'agir d'une grave récession. Comme nous en avons discuté précédemment, l'actuaire en chef réalise régulièrement des analyses de sensibilité et des rapports plus complets sur le RPC.
Ce sous-amendement ou cet ajout ne traiterait guère des scénarios défavorables. Je pense que nous devons intégrer certains éléments dans le projet de loi afin de garantir qu'il le fasse. Encore une fois, je pense que cela donnerait aux Canadiens une plus grande certitude qu'il existe un plan et que leurs fonds de pension sont bien gérés. Cela dissiperait ce mythe auquel nous sommes confrontés lors des porte‑à‑porte, du genre: « Il n'y aura tout simplement plus rien quand j'atteindrai l'âge de la retraite. Il ne restera plus aucun fonds pour moi. Le fonds sera vidé de son contenu, vidé de sa substance. » J'ai entendu cela. Je ne suis élu que depuis un an, mais j'ai entendu cette remarque à maintes reprises lors de mes visites de porte‑à‑porte. Les Canadiens sont préoccupés et cherchent à placer leur argent ailleurs, car ils ne croient pas, malgré tous les chiffres — malheureusement, présentés de manière parfois trop complexe pour être compris — qu'il s'agit d'une réalité et que ce fonds sera bien là pour les soutenir une fois qu'ils seront en fin de carrière, qu'ils auront travaillé dur, contribué à la société et qu'ils auront hâte de profiter de leur retraite.
Nous devons trouver un moyen d'améliorer quelque peu cette situation pour les Canadiens, afin qu'ils puissent assimiler les informations fournies par le gouvernement et l'actuaire en chef. Nous pensons qu'il existe plusieurs façons d'y parvenir.
J'invite vivement les députés du parti ministériel à soutenir cette initiative. Je ne pense pas que cela nuise au gouvernement. Cela ne leur demandera vraiment pas beaucoup plus de travail de simplement reformuler certains passages et d'ajouter quelques scénarios très succincts — je ne parle pas de pages entières — sur les conséquences possibles et sur l'impact qu'un incident donné, comme nous l'appellerons, aurait sur le fonds et sur les placements des Canadiens dans celui‑ci.
Je pense que mes collègues ont encore quelques remarques à faire à ce sujet. Je souhaiterais me réinscrire sur la liste des intervenants une fois que mon tour sera terminé.
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Merci, madame la présidente.
Je suis heureux d'être de retour au Comité des finances.
M. Lawton a très bien défendu cet amendement. Il est important d'inclure des scénarios de tests de résistance, notamment parce que cela permet d'améliorer la transparence et de renforcer la confiance des Canadiens à l'égard des rapports que le gouvernement dépose.
Nous avons récemment vu les tests de résistance réalisés par le directeur parlementaire du budget sur la plus récente mise à jour économique du printemps. Ces tests ont révélé que le avait moins de 1 % de chances de respecter le point d'ancrage budgétaire qu'il avait établi dans son énoncé quelques… En fait, le nouveau point d'ancrage a d'abord été présenté dans le budget de l'automne, puis repris dans l'énoncé économique du printemps, avant d'être invalidé quelques semaines plus tard par le directeur parlementaire du budget. C'est pourquoi ces scénarios de tests de résistance sont importants: de nombreux scénarios pourraient avoir une incidence importante sur l'état du Régime de pensions du Canada.
Les éléments que nous avons énumérés ici sont très clairs. Il y a notamment les niveaux d'immigration, qui auront une incidence immédiate sur les niveaux de cotisation; la productivité et la croissance des salaires, qui pourraient avoir une incidence extraordinaire sur la viabilité du Régime à long terme; et surtout l'espérance de vie, qui aura une incidence sur les obligations futures, c'est‑à‑dire les prestations à verser.
N'importe quelle combinaison de ces scénarios pourrait avoir un effet considérable sur le Régime. Nous avons vu que la crédibilité du , qui est ultimement responsable, a été sérieusement ébranlée par le directeur parlementaire du budget et ses tests de résistance. Quand il a parlé de points d'ancrage budgétaires, ceux qu'il a évoqués ne résistent tout simplement pas à la multitude de combinaisons d'événements envisagées par le directeur parlementaire du budget. De la même façon, quand il est question du Régime de pensions du Canada, les Canadiens pourraient très bien avoir la même préoccupation. Ils veulent savoir si la viabilité du Régime résiste à toutes les différentes combinaisons d'événements.
Les combinaisons d'événements iraient bien au-delà de celles qui sont indiquées dans le sous-amendement. Celui‑ci ne fait ressortir que quelques éléments, mais il y a de nombreux facteurs différents, et c'est leur combinaison qui rend très complexe l'évaluation et la gestion adéquates des risques d'un régime d'une telle ampleur. Lorsque non seulement les Canadiens, mais aussi des agents du Parlement remettent en question la crédibilité du , cela ne fait que renforcer la nécessité et l'urgence d'accroître la transparence entourant les rapports, les données et les risques que le ministre des Finances a l'obligation de gérer au nom des Canadiens.
J'appuie pleinement ce sous-amendement, ainsi que l'amendement principal. Je constate que, depuis hier soir, nous n'avons pas vu… rien n'indique davantage, semble‑t‑il, que le gouvernement appuiera l'amendement lui-même. Nous espérons que ce sous-amendement l'amènera peut-être à reconnaître les mérites d'une plus grande transparence, de meilleurs rapports, de meilleures données pour les décideurs et de meilleures données pour que les Canadiens puissent avoir confiance dans leurs institutions.
J'ai vu que M. Lawrence avait levé la main. Je ne veux pas l'empêcher d'intervenir à ce sujet. Je vais donc m'en tenir là. Je ne sais pas si quelqu'un d'autre figurait sur la liste des intervenants avant lui, mais sinon, je cède la parole à M. Lawrence.
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Même moi, je passe avant M. Lawrence.
Je suis désolé, Philip.
Lorsque nous avons traité de cette question précédemment, notre témoin a parlé de l'annexe du rapport du Bureau de l'actuaire en chef qui aborde une partie de ce que nous cherchons à obtenir ici. Je veux expliquer pourquoi, à mon avis, notre sous-amendement irait plus loin.
Je rappelle également que l'amendement lui-même porte sur une obligation distincte de produire un rapport. Il s'agit d'un rapport que le ministre des Finances doit préparer sur les effets projetés de l'amendement sur le Régime de pensions du Canada. Nous ne cherchons pas à permettre au ministre de refiler ces responsabilités à l'actuaire en chef. Nous voulons plutôt nous assurer d'avoir une mesure précise et ciblée.
En ce qui concerne précisément les tests de résistance prévus dans mon sous-amendement à l'amendement CPC‑13, je pense qu'il est important d'expliquer ce que font les données existantes.
L'annexe B parle des données, des hypothèses et de la méthode. Voici ce que dit le rapport:
La présente section décrit les données, hypothèses et méthodes qui sous-tendent les projections financières de la section « Résultats » du présent rapport.
Les flux de trésorerie futurs des Régimes de base et supplémentaire sont projetés sur une longue période, soit plus de 75 ans, et dépendent d’hypothèses comme la fécondité, la mortalité, la migration, les taux d’activité de la population active, la création d’emplois, le taux de chômage, l’inflation, les gains d’emploi et les rendements des placements. Ces hypothèses constituent la base des projections des revenus et dépenses futurs des deux volets du RPC.
Pour revenir à notre sous-amendement, nous examinons des données fondamentales très semblables, comme les niveaux d'immigration, le rendement des placements, la productivité, la croissance des salaires, l'espérance de vie et l'éventualité d'un ralentissement économique prolongé. Or, nous ne faisons pas d'hypothèses. En réalité, nous disons le contraire. Il faut prévoir une fourchette. Cela existe un peu, mais pas au degré que nous proposons.
L'actuaire en chef en convient même dans le rapport:
Bien que les hypothèses démographiques, économiques et de placement représentent les meilleures estimations de l’actuaire en chef, la situation financière subséquente future des Régimes de base et supplémentaire qui est présentée dans le présent rapport doit être interprétée avec prudence. Cette information n’est pas destinée à être utilisée comme des prédictions, mais plutôt comme des projections de la situation financière future des Régimes de base et supplémentaire.
Nous comprenons tous, et je crois que même mes collègues libéraux en conviendraient, du moins je l'espère, que les revenus et les dépenses futurs du Régime de pensions du Canada dépendent d'une série de facteurs économiques. Il faut tenir compte de ce que traverse l'économie canadienne et de ce que traverse l'économie mondiale.
Nous savons qu'un seul changement à une politique fédérale peut avoir des répercussions à long terme sur d'autres éléments. Les lois libérales qui nuisent au développement ont des effets à long terme sur les investissements dans notre secteur de l'énergie. La prolifération et l'élargissement du Programme des travailleurs étrangers temporaires au cours des 10 dernières années ont une incidence sur le chômage chez les jeunes, qui frôle maintenant les 15 %.
Ce ne sont que quelques exemples parmi une multitude qui montrent que, comme pays, nous ne faisons pas que subir les événements. Les décisions stratégiques prises par le gouvernement auront des effets. Lorsqu'on parle d'un rapport qui porte sur une période de 75 ans, comme l'a dit M. Countryman, il s'agit de 75 ans. Cela représente de nombreux gouvernements et de nombreuses décisions stratégiques en cours de route. Chacune de ces décisions actionne des leviers dans un sens ou dans l'autre, sans égard aux facteurs externes, et aura des répercussions importantes sur le Régime.
Je ne vois pas, dans le rapport, de prise en compte de l'éventail des possibilités qui permettrait vraiment de saisir l'essentiel de ce que nous cherchons à faire avec notre sous-amendement. Même le rapport actuariel… Il s'agit de l'annexe B, pour ceux qui veulent suivre. Elle est publiée, comme il se doit, dans les deux langues officielles. Les gens peuvent la trouver sur le site Web du gouvernement, s'ils le souhaitent.
On y lit ce qui suit:
En outre, le vieillissement prévu de la population et la poursuite du départ à la retraite des membres de la génération du baby-boom au cours des prochaines décennies engendreront certainement d’importants changements socioéconomiques. Il se peut que l’évolution de la population en âge de travailler, et surtout de la population active, soit très différente de celle observée jusqu’à maintenant et de ce qui a été présumé aux fins du présent rapport.
L'actuaire en chef fait de son mieux avec l'information disponible. Même là, toutefois, le rapport nous dit qu'il a fallu formuler une hypothèse. Nous ne savons pas.
Nous ne savons pas ce qui va arriver. Pourquoi n'avons-nous pas un rapport qui tient compte de toutes ces possibilités, un rapport qui permet d'envisager les meilleurs scénarios et les pires scénarios?
Fait intéressant, c'est ce que l'on impose aux Canadiens qui essaient d'acheter une maison, mais à plus petite échelle. On ne peut même pas obtenir une hypothèque sans avoir réussi un test de résistance, parce qu'il faut tenir compte du fait que de futures hausses des taux d'intérêt, qui pourraient se produire ou non, influent sur la possibilité d'acheter une maison aujourd'hui.
Si nous nous attendons à ce que les jeunes qui achètent leur première maison et qui essaient de prendre leur envol se soumettent à un test de résistance, pourquoi ne pas appliquer le même degré de rigueur à un rapport qui concerne en réalité le revenu de retraite de l'ensemble du pays, afin de tenir compte des meilleurs et des pires scénarios?
On formule une hypothèse qui pourrait être erronée. C'est possible. Si les libéraux étaient ceux qui faisaient ces prévisions, je pense que la plupart d'entre elles seraient probablement erronées. Quoi qu'il en soit, nous devons maintenant tenir compte des meilleurs et des pires scénarios.
Je suis reconnaissant au Bureau de l'actuaire en chef de surveiller les tendances actuelles et émergentes. Il ajuste les hypothèses au besoin, mais il ne s'agit toujours que d'hypothèses. Je pense qu'il vaudrait mieux que le rapport présente, idéalement en langage clair, mais nous prendrons ce que nous pourrons obtenir, les meilleurs et les pires scénarios tenant compte de tous ces points de divergence que nous ne pouvons pas vraiment prédire efficacement, même dans cinq ans, et encore moins dans 75 ans.
Quand on regarde certaines des hypothèses, les hypothèses démographiques, elles tiennent compte de la population historique et projetée du Canada, moins le Québec. Cela est nécessaire…
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Merci, madame la présidente.
C'est difficile à suivre, avec toutes les interjections des députés ministériels qui me distraient. Je vous remercie beaucoup de vos conseils, madame la présidente. Je veux dire quelques mots de plus… Je vous le dis, c'est très distrayant.
Je pense qu'il est important d'ajouter quelques observations au compte rendu au sujet de CPC‑13 et des exigences de rapport supplémentaires qu'il imposerait au gouvernement, particulièrement en ce qui concerne deux autres sujets de préoccupation que nous avions l'intention d'aborder dans notre amendement, mais que nous n'avons pas réussi à formuler aussi précisément que nous l'aurions souhaité dans les exigences de rapport.
L'une des plus grandes préoccupations du public pour l'avenir, non seulement à l'égard des pensions en particulier, même si les pensions et le RPC en font certainement partie, c'est l'équité intergénérationnelle. J'ai mentionné plus tôt que, lorsque je fais du porte-à-porte, les Canadiens me posent des questions sur le RPC. Il ne s'agit pas seulement d'aînés, mais souvent aussi de jeunes. Ils voient l'argent qu'ils versent au RPC, et ils s'interrogent et s'inquiètent au sujet de la santé du fonds, compte tenu de la situation et de la démographie de notre population, qui forme en quelque sorte une pyramide inversée. Ils se demandent s'il restera quelque chose pour eux lorsqu'ils atteindront l'âge de la retraite, contrairement à la génération sandwich, qui soutient actuellement à la fois les jeunes et les aînés au pays. Ils se demandent aussi si le RPC est conçu adéquatement pour que les fonds auxquels ils cotisent soient toujours là lorsqu'ils atteindront l'âge de la retraite.
Lorsqu'il fait rapport sur la santé du Régime, le gouvernement devrait être tenu, dans la même logique que celle du langage clair, de parler précisément des prévisions établies pour chaque génération. Nous croyons que le rapport pourrait et devrait fournir des estimations pour les retraités actuels, les personnes proches de la retraite, la génération X, les millénariaux et la génération Z.
Le leader parlementaire adjoint du gouvernement me critique souvent, au comité PROC, pour ma façon de prononcer la lettre Z. Je ne sais pas pourquoi. Enfin, je m'égare.
Il est important que les gens puissent se reconnaître dans les rapports produits sur la santé du Régime, selon leur groupe d'âge. Il pourrait s'agir, par exemple, des cotisations viagères prévues et des prestations viagères prévues après la retraite, du taux de rendement interne par cohorte de naissance ou de l'incidence de la réduction du taux de cotisation de 2027 sur chaque cohorte selon l'écart générationnel, si c'est ce que le gouvernement choisit de faire. Il pourrait aussi trouver une autre façon de regrouper les âges, s'il le souhaitait.
Ce seraient des dispositions importantes pour permettre aux gens de comprendre, selon l'étape où ils se trouvent dans le cycle « travailler jusqu'à l'âge de la retraite », l'état de santé du Régime, les répercussions qu'il aura pour eux et les prestations qu'ils recevront lorsqu'ils atteindront l'âge de la retraite.
Sans cette information, nous sommes préoccupés par l'accessibilité ou la facilité d'assimilation de l'information, et nous n'en sommes peut-être pas convaincus. Nous estimons que les lecteurs ne peuvent pas facilement déterminer quels groupes d'âge profiteraient le plus de cotisations plus faibles et lesquels assumeraient le poids du compromis à long terme par rapport aux avantages.
Le fait d'exiger que ces éléments soient inclus dans notre amendement, qui, je l'espère, sera ensuite adopté et intégré au projet de loi, obligerait le gouvernement à en faire rapport au Parlement. L'information serait accessible aux Canadiens, et nous pourrions ensuite l'utiliser lorsque nous discutons de cette question avec nos électeurs en faisant du porte-à-porte partout au pays. Il s'agit de veiller à ce que les Canadiens aient confiance dans le RPC, l'un des nombreux éléments fondamentaux et de longue date de notre filet de sécurité sociale au pays.
Compte tenu de la méfiance croissante du public, de la désinformation, des hypertrucages et de tout ce qui circule sur les médias sociaux, ces programmes gouvernementaux établis de longue date pourraient certainement être remis en question si l'information n'est pas facilement accessible et assimilable. Je pense que ce sous-amendement apporterait une certaine clarté dans un langage très facile à comprendre.
Je vais présenter un sous-amendement. Je sais que mes collègues voudront aussi faire quelques observations à son sujet. Il s'agit, madame la présidente, du sous-amendement que vous avez, je crois, compté comme étant le quatrième. Je propose que l'amendement soit modifié par adjonction, après le paragraphe 43.1(1) proposé, de ce qui suit:
(1.1) Les rapports visés aux paragraphes (1) et (3) comprennent, dans la mesure où les renseignements pertinents sont disponibles, une évaluation des répercussions, sur les retraités, les pré-retraités et les membres des générations X, Y et Z, des modifications apportées au Régime de pensions du Canada par la présente section. Cette évaluation précise notamment les cotisations et prestations à vie estimées, ainsi que les répercussions de la réduction des taux de cotisation à compter de 2027.
Voilà pour le sous-amendement.
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Merci beaucoup, madame la présidente.
Mon collègue M. Jackson a fait un travail brillant. Nous avons été élus la même année, et je n'en attendais pas moins de lui, alors que nous examinons un sous-amendement à l'amendement CPC‑13 portant sur l'incidence intergénérationnelle des changements apportés au RPC.
Cela se rattache aux tests de résistance en ce sens que, si nous examinons la viabilité du programme dans son ensemble, nous devons faire preuve de respect à l'égard des générations suivantes qui en feront partie.
Je ne veux pas brûler les étapes. Le prochain sous-amendement qui, je le soupçonne, devra peut-être être proposé pour nous assurer de saisir tous ces problèmes portera sur certaines comparaisons avec d'autres pays. Je pense que certains pays ont adopté des mesures qui se sont révélées très efficaces pour cet aspect particulier, soit l'incidence intergénérationnelle.
Je veux que mes collègues libéraux comprennent que, lorsque nous parlons de générations, il ne s'agit pas d'un cadre politique; c'est une nécessité actuarielle. Le RPC n'est pas un compte d'épargne. Il s'agit essentiellement d'un mécanisme dans lequel toute modification des taux de cotisation ou de la structure des prestations crée des gagnants et des perdants. C'est vrai pour toute politique. Ces effets sont répartis entre les cohortes d'âge. Lorsque le gouvernement dépose un rapport sur l'incidence des taux de cotisation et sur la situation financière, comme le prévoit l'amendement, sans perspective générationnelle, il ne répond qu'à la moitié de la question.
La situation financière globale du Régime peut être parfaitement saine tout en étant injuste pour une cohorte particulière. Ces deux réalités ne sont pas contradictoires. Une évaluation de la solvabilité du Régime dans son ensemble ne révélera jamais s'il existe bel et bien un problème de répartition. Je pense donc que cela doit faire partie de la discussion.
Le sous-amendement reflète une réalité structurelle. Nous ne demandons rien qui ne devrait pas déjà faire partie du processus. Pour être honnête, je ne pense pas que ce soit le cas actuellement, mais cela ne devrait pas être exclu complètement du processus. Il faut simplement revenir à l'objectif de l'amendement. Lorsque le ministre dit au Parlement comment se porte le Régime, ce qui devrait relever du ministre, et non seulement de l'actuaire en chef, il dit aussi au Parlement comment les différents groupes de Canadiens s'en tirent dans ce régime.
Sur le plan économique, l'un des problèmes, lorsqu'on arrive aux jeunes générations, c'est qu'elles sont les moins susceptibles d'avoir accès à un régime de retraite établi. Autrefois, certainement pour la génération du baby-boom, une personne pouvait occuper un emploi pendant des décennies et bénéficier d'un régime de retraite. Ce n'est plus représentatif de la réalité du travail pour beaucoup de jeunes dans l'économie d'aujourd'hui. Il y a même des emplois à temps plein qui, fondamentalement, n'offrent pas de régime de pension. Il y a des gens qui cumulent des emplois à temps partiel, des gens qui travaillent dans l'économie à la demande et des travailleurs autonomes. Pour ces personnes, si elles ont droit au RPC — ce qui n'est pas nécessairement acquis, du moins pas au niveau dont elles auraient besoin —, il s'agit parfois de leur seule source de revenu de retraite. Si nous ne comprenons pas ces dynamiques générationnelles dans le RPC, nous passons à côté d'une grande partie de ce qui deviendra un problème pour le gouvernement dans quelques décennies, lorsque ces différentes cohortes vieilliront.
Je vais faire un peu d'histoire. La réforme du RPC a toujours eu une dimension générationnelle. Je l'ai appris en faisant des recherches pour la réunion d'aujourd'hui. Lorsque le RPC a été conçu il y a plusieurs décennies, au milieu du siècle dernier, il a été structuré explicitement pour avantager de façon disproportionnée les premiers participants. Ils n'y avaient cotisé que pendant une courte période, mais ils recevaient des prestations calculées comme s'ils y avaient cotisé pendant toute leur carrière. C'était délibéré, et compte tenu des circonstances de… j'oublie l'année exacte, mais c'était dans les années 1960, c'était un choix politique défendable. C'était aussi un choix fait aux dépens des jeunes travailleurs, qui ont ensuite dû en assumer le poids. Ils sont arrivés plus tard et ont dû payer le plein prix pour obtenir des prestations complètes. Le Parlement, à l'époque, comprenait ce compromis. La question dont le Comité est saisi est de savoir si la 45e législature, le Parlement de 2026, devrait être tout aussi bien informée et si, par extension, les Canadiens devraient être bien informés des compromis générationnels que comportent les modifications actuelles.
Nous ne proposons même pas de modifier la structure du RPC. Nous demandons si cela devrait faire partie de ce qui est communiqué aux Canadiens. Cela devrait‑il faire partie des obligations du ministre des Finances?
Lorsque la bonification du RPC a été adoptée, je crois que c'était en 2016, vous étiez là, madame la présidente, vous vous en souviendrez donc mieux que moi, on a reconnu que les jeunes Canadiens qui entraient sur le marché du travail verraient ce que le gouvernement a présenté comme la plus forte augmentation des prestations, parce que le taux de remplacement du revenu du RPC passait, je crois, de 25 % à 33 % des gains ouvrant droit à pension d'un travailleur. Le gouvernement de l'époque a fait valoir cet argument générationnel. C'est un argument sur lequel nos collègues libéraux insistaient alors, mais dont ils semblent maintenant s'éloigner.
Il faut également prendre en compte les cinq cohortes mentionnées dans le sous-amendement. Nous avons les retraités, les préretraités, et les membres des générations X, Y et Z. Les zoomers? J'ai toujours un peu de mal avec celle‑là. Chaque cohorte revêt une importance particulière pour des raisons qui lui sont propres. Par exemple, les retraités ne cotisent plus. Leurs droits à pension sont acquis. Les taux de cotisation peuvent évoluer, mais cela n'aura aucune incidence sur eux. C'est l'une des distinctions que ce sous-amendement cherche à prendre en compte. Je ne pense pas que même cette analyse soit tout à fait exhaustive, car le Régime de pensions du Canada verse des prestations de survivant et des prestations d'invalidité. Il ne s'agit pas uniquement de prestations de retraite. Certains retraités peuvent avoir un conjoint qui travaille encore, ce qui fait que leurs familles sont concernées. Comme nous le savons tous ici, les modifications des taux et des prestations ont une incidence sur la sécurité de la retraite.
Si l'on examine cette question au niveau des ménages, ou des familles, le débat est très différent de celui qui se limite à une perspective individuelle. De plus, les retraités constituent en quelque sorte une cohorte de référence, pourrait‑on dire. Ils représentent le rapport entre les cotisations versées au cours de leur vie et les prestations reçues. Ils servent de référence à partir de laquelle nous pouvons examiner les cohortes suivantes. Si le rapport du ministre ne fait état que de la situation financière du régime et passe à côté de ces cohortes clés, de ces données démographiques essentielles, il ne nous apprend rien sur la question de savoir si le régime traite chaque génération avec le niveau de — je n'aime pas utiliser ce mot, car il prend un sens différent selon les personnes — d'équité ou d'équité intergénérationnelle, si l'on peut dire. C'est ce que ce sous-amendement permettra de mieux faire. Nous comptons également sur nos collègues libéraux pour soutenir cet amendement, afin d'instaurer ces exigences en matière de rapports.
Ensuite, il y a les préretraités, c'est‑à‑dire les personnes qui planifient leur retraite et espèrent avoir la chance de la prendre. En passant, je me suis entretenu avec tant de gens qui, il y a dix ans, au vu de la situation économique laissée par le gouvernement de Stephen Harper, auraient pensé que la retraite était une possibilité. Elles l'attendaient avec impatience, voire espéraient une retraite anticipée. Aujourd'hui, de plus en plus de personnes pensent qu'elles ne prendront jamais leur retraite. Les préretraités constituent un groupe qui, en soi, compte sur une reprise économique que nous ne voyons pas se concrétiser. Je crains que nous ne la voyions pas de sitôt, si le gouvernement maintient le cap actuel.
Les personnes qui envisagent de prendre leur retraite, que ce soit dans 5, 10 ou 15 ans, sont celles qui sont les plus touchées par cette modification du taux, car elles sont suffisamment proches de la retraite pour que le montant de leurs prestations soit largement déterminé par les cotisations qu'elles ont versées jusqu'à présent. Elles bénéficieront d'une réduction des retenues sur salaire pendant les années restantes de leur vie active, mais elles n'auront pas bénéficié d'un taux de cotisation sensiblement plus bas pendant une période suffisamment longue pour que cela ait une incidence, à la hausse ou à la baisse, sur leurs prestations. Si, par hypothèse, une réduction du taux de cotisation se traduisait essentiellement par une baisse des charges salariales sans réduction correspondante des prestations, quel serait le transfert de valeur? D'où provient cet argent?
Les jeunes peuvent facilement craindre — et c'est pourquoi cela doit figurer dans le rapport du ministre — d'être ceux qui financeront cette prestation apparemment majorée dont bénéficieront les préretraités. Encore une fois, c'est un élément qui nous échappe du fait que l'impact générationnel n'est pas abordé ici.
Autre point à retenir lorsque l'on s'intéresse à la génération X — c'est la génération de la série Friends, c'est‑à‑dire les personnes nées entre le milieu des années 1960 et le début des années 1980 —, c'est qu'elle se trouve dans une situation vraiment précaire, car c'est la génération qui a commencé à voir les dynamiques du travail évoluer: on est passé de ce que j'ai décrit plus tôt comme l'approche des baby-boomers et des générations précédentes à une approche davantage axée sur l'économie à la demande. Elle s'est donc trouvée en pleine période de transition. C'est encore une fois pour cette raison que je pense que l'analyse du Régime de pensions du Canada propre à chaque génération est particulièrement importante; les membres de la génération X sont suffisamment âgés pour avoir assisté au déclin des régimes de retraite à prestations déterminées offerts par les employeurs au cours de leur carrière, mais ils sont suffisamment jeunes pour que les améliorations observées par le passé constituent essentiellement la principale source de sécurité financière à la retraite, au‑delà d'autres programmes, comme la Sécurité de la vieillesse. Les régimes de retraite d'employeur sont en déclin depuis pratiquement 50 ans, ce qui signifie que de plus en plus de travailleurs ne disposeront que de la Sécurité de la vieillesse et du Régime de pensions du Canada pour subvenir à leurs besoins à la retraite, à moins qu'ils ne disposent d'une épargne privée.
Nous savons également que les transferts de patrimoine d'une génération à l'autre sont de plus en plus difficiles à réaliser. Les gens vivent plus longtemps. Ils ont davantage de mal à faire face à la hausse des prix du carburant, de l'alimentation et du logement. Ces deux facteurs font qu'ils ont moins à léguer à leurs enfants ou petits-enfants.
Ce n'est même pas comme s'il existait une source de revenus supplémentaire pour la plupart des gens. Il est certain que les membres de la classe moyenne ou les personnes aux revenus moyens, que la plupart d'entre nous représentons, s'attendent à un coup de pouce financier au décès de leurs parents ou grands-parents après une longue vie.
Pour la génération X, le Régime de pensions du Canada n'est pas un complément à une retraite privée robuste. Dans bien des cas, c'est la retraite. C'est le régime de retraite. J'espère que notre comité pourra procéder à une analyse minutieuse de l'évolution de leurs cotisations et de leurs prestations dans le cadre de la nouvelle structure tarifaire. Il ne s'agit pas simplement d'un exercice théorique. Ce n'est certainement pas non plus un exercice politique, car des questions cruciales entrent en jeu.
J'ai du mal à comprendre pourquoi nous ne voudrions pas réfléchir aux répercussions générationnelles de cette mesure, pourquoi nous ne voudrions pas examiner et analyser son incidence sur les générations.
Quand je regarde autour de moi dans cette salle, je vois des représentants de presque toutes les générations concernées. Cette diversité générationnelle est un formidable hommage à notre Parlement. Je vois quelques volontaires pour… Je ne désigne personne en fonction de critères démographiques, mais je vois certaines personnes se porter volontaires pour…
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Merci beaucoup, madame la présidente.
Cela fait un petit moment. Je ne vais pas faire un récapitulatif complet de là où nous en étions. Pour replacer les choses dans leur contexte, nous parlions des répercussions générationnelles des exigences en matière de rapports. Nous estimons qu'il est essentiel que cette disposition figure dans le projet de loi, pour que le ministre des Finances… pour la santé, la vitalité et la viabilité du Régime de pensions du Canada.
Concernant le sous-amendement, j'expliquais pourquoi les effets générationnels du Régime de pensions du Canada sont suffisamment importants pour être pris en compte séparément et de manière indépendante, ainsi que la raison actuarielle pour laquelle cela serait utile. Il ne s'agit pas uniquement d'une raison politique — même si les implications politiques sont certes très importantes. J'ai expliqué en quoi les modifications apportées par le projet de loi affecteraient les différentes générations. J'ai évoqué les personnes déjà à la retraite ou proches de la retraite. J'ai parlé de la génération X. Je crois que, lorsque nous avons dû suspendre la séance pour le vote, je parlais des membres de la génération Y.
Je sais qu'il y avait un certain désaccord, au moment de la suspension, sur la définition de la génération Y. Selon certaines données dont j'ai pris connaissance quand nous analysions les effets du projet de loi … En général, on parle de la période comprise entre 1981 et 1996. Il ne s'agit pas là de règles strictes et immuables. Une personne née en 1996 aura davantage de points communs avec une personne née en 1997 qu'avec une personne née en 1981, mais d'un point de vue démographique, nous devons définir ces catégories distinctes, aussi précisément que possible.
La bonification du Régime de pensions du Canada évoquée précédemment permettra, une fois pleinement mise en œuvre, d'augmenter la pension maximale du RPC d'environ 50 %. Le taux de remplacement passera ainsi de 25 à 33 % des gains ouvrant droit à pension d'un salarié. Les membres de la génération Y figurent parmi les principaux bénéficiaires visés par cette mesure. En effet, ils sont suffisamment jeunes pour cotiser au régime bonifié pendant la majeure partie de leur vie active et suffisamment âgés pour que la date de mise en œuvre, fixée à 2064, tombe pendant leur retraite. C'est là, si l'on peut dire, le public cible idéal auquel ce programme est théoriquement destiné et pour lequel ces modifications ont été conçues.
La baisse du taux prévue pour 2027 vient compliquer ce tableau. Si le taux de cotisation diminue, mais que l'évolution des prestations reste inchangée, vous vous retrouvez, en théorie, dans un scénario où les plus jeunes membres de la génération Y bénéficieront d'un gain inattendu. Les calculs actuariels exigent que les prestations soient recalibrées au fil du temps afin de refléter un taux de cotisation plus faible. Ces personnes vont donc devoir supporter un coût qui n'avait pas été traité de manière transparente dès le départ.
Ce n'est là qu'un exemple parmi d'autres d'une énorme différence générationnelle. Nous avons déjà évoqué les raisons pour lesquelles, ne serait‑ce qu'entre les générations X et Y, les incidences sont fondamentalement différentes et ce que cela implique. C'est pour cette raison que l'amendement exige que nous présentions les répercussions par génération et que nous reconnaissions que ces modifications les toucheraient différemment en fonction de la situation de chacun dans la vie — de son âge. Les conséquences et les implications seraient très différentes.
Vient ensuite la génération Z. Il s'agit des travailleurs nés depuis la fin des années 1990. C'est cette cohorte qui vivra le plus longtemps, quel que soit le système mis en place par le Parlement. Un jeune de 20 ans qui entre sur le marché du travail cette année pourrait très bien cotiser au Régime de pensions du Canada jusqu'en 2071. Cela s'inscrit largement dans la période de projection de 75 ans que nous avons retenue pour les tests de résistance. Les décisions prises au sein du Comité et du Parlement auront une incidence directe sur les revenus de retraite de personnes qui, dans certains cas, n'ont même pas encore l'âge de voter ou qui viennent tout juste d'acquérir ce droit.
Si nous parlons de conséquences à très long terme, nous devons saisir leur nature. Je ne vois pas pourquoi le ministre des Finances hésiterait à inclure ces éléments distinctifs dans le rapport — des éléments qui, selon nous, comme nous l'avons indiqué dans notre amendement initial, sont indispensables. C'est pourquoi je pense que les données démographiques sont si importantes.
Ce sous-amendement comporte un aspect important sur le plan technique. Dans mon exemplaire, la deuxième ligne du sous-amendement stipule: « Les rapports visés aux paragraphes (1) et (3) comprennent, dans la mesure où les renseignements pertinents sont disponibles, une évaluation des répercussions [...] ». Nous avons ajouté cette nuance pour une raison tout à fait légitime.
Comme vous le savez, les données énumérées dans le sous-amendement ne sont pas nécessairement toutes calculables ou disponibles à la date fixée pour le dépôt du rapport initial, surtout qu'un délai de trois mois est prévu à cet effet. Nous voulons nous montrer très raisonnables — et c'est ce que nous essayons de faire tout au long de notre discussion — en accordant une marge de manœuvre au gouvernement s'il ne dispose pas encore de tous les éléments d'information nécessaires.
Je vais être tout à fait franc: cette nuance crée en quelque sorte une soupape de sécurité, si vous voulez, une issue de secours, si elle n'est pas correctement gérée. C'est le gouvernement qui, en dernière analyse, peut décider qu'il ne dispose pas de données suffisantes, et nous ne voulons pas qu'il s'en serve comme prétexte pour ne pas fournir l'information pertinente dont le Comité a besoin.
Nous en arrivons alors à un point plus important et plus fondamental à ce sujet: l'analyse générationnelle est-elle vraiment essentielle à l'examen quinquennal? Mon premier point dans cette intervention était que, oui, elle l'est, car le paragraphe 43.1(3) proposé de l'amendement initial exige un rapport rétrospectif cinq ans après le dépôt du rapport initial. Le sous-amendement applique cette analyse générationnelle — c'est‑à‑dire l'impact intergénérationnel du rapport en général et des modifications en général — au rapport rétrospectif.
C'est bien, en principe, et cinq ans après l'entrée en vigueur de la baisse des cotisations prévue en 2027, nous serons en 2032. C'est à ce moment que les travailleurs les plus âgés de la génération Z auront, je crois, entre le début et le milieu de la trentaine. Ils auront cotisé au nouveau taux pendant environ cinq ans. Les membres de la génération Y auront la mi‑trentaine jusqu'à la fin de la quarantaine. Les membres de la génération X auront la fin de la quarantaine jusqu'à la mi‑soixantaine. Plusieurs d'entre eux, ou du moins certains auront déjà commencé à toucher des prestations du Régime de pensions du Canada, y compris, peut-être, certains membres du Comité — pas moi, mais d'autres. Nous avons déjà établi qu'ils représentent un échantillon représentatif des tranches d'âge et des cohortes démographiques.
Pour les personnes proches de la retraite et les membres de la génération X, soit les personnes qui entrent dans la période où la retraite devient plus imminente avec chaque année qui passe, une fenêtre de cinq ans constitue un horizon très pertinent pour l'évaluation. Ce délai dans l'amendement initial est particulièrement pertinent pour l'analyse générationnelle, simplement parce que ce sont les membres de ces générations qui, à mon avis, vont subir de manière disproportionnée l'impact global des changements envisagés par les libéraux concernant le Régime de pensions du Canada dans le projet de loi . Beaucoup seront retraités. Certains prendront une retraite anticipée. Il sera possible de comparer les niveaux réels des prestations qu'ils touchent avec ces projections actuarielles. Ce sont des données rétrospectives très précieuses pour le Comité au moment où il devra examiner les modifications futures.
Je serai tout à fait honnête: pour certains membres de la génération Y, qui abordent ces questions sous un angle un peu différent, cinq ans pourraient être un délai trop court. Les modèles actuariels feront le travail. L'expérience empirique de la retraite de ces cohortes sera assez limitée. Pour les générations plus jeunes, cela ressemblera presque à un rapport de projection révisé plutôt qu'à un rapport rétrospectif. Nous devons être raisonnables quant à ce que le rapport quinquennal va réellement accomplir. Le rapport lui-même ne s'appliquera pas également à chaque cohorte démographique, mais je pense que tous ces éléments sont importants pour comprendre les effets plus larges.
J'ajouterais simplement un point dérivé — je ne dirais pas qu'il est crucial —, mais il est néanmoins très utile de le considérer ici. Comme vous le savez, le Canada n'est pas seul à faire face à ces changements démographiques. Il faut examiner comment les pays comparables gèrent la situation. Je crois savoir que le Royaume‑Uni procède à des examens quinquennaux du fonds national d'assurance qui incluent des projections intergénérationnelles. Les pays partenaires font donc déjà le travail que les libéraux ne semblent pas disposés à faire à l'heure actuelle, c'est‑à‑dire comprendre comment ces cohortes démographiques sont touchées. Il existe aussi des rapports sur la viabilité financière à long terme — ceux qui, selon nous, vont au‑delà de ce que le bureau de l'actuaire en chef fournit actuellement —, qui devraient être inclus dans un rapport que le ministre des Finances serait tenu de présenter.
En Suède, la célèbre enveloppe orange envoyée à chaque participant au régime de pension inclut une projection des prestations attendues pour toute la durée de vie selon l'historique actuel des cotisations. En Suède, le rapport sur les pensions repose sur le principe que chaque cotisant a le droit de connaître sa propre situation dans le système, pas uniquement la santé globale du système. Cela contraste avec les attentes qu'aurait toute personne disposant d'une pension privée. Quand vous recevez votre rapport annuel, vous obtenez non seulement un compte rendu de la situation générale du fonds de pension, mais aussi de vos objectifs précis et de votre régime de pension personnel.
Dans le Régime de pensions du Canada, cela n'existe pas. Pour de nombreux Canadiens, une grande partie du fonctionnement de ce régime reste en réalité une « boîte noire ». C'est pourquoi, dans un amendement antérieur, nous avons cherché à imposer des exigences de langage clair. L'objectif était que, lorsque les Canadiens consultent le rapport du bureau de l'actuaire en chef — ce que, je présume, la plupart d'entre eux ne font pas — ils obtiennent des renseignements plus précis à ce sujet. L'effet générationnel y est d'une importance capitale.
Je crains de perdre l'attention de certains de mes collègues. Je remarque qu'ils parlent beaucoup plus entre eux. Peut-être veulent-ils approfondir certains points. Je serai heureux d'entendre leurs interventions lorsqu'ils prendront la parole plus tard à ce sujet.
Je tiens à expliquer comment l'amendement et le sous-amendement s'articulent. Le sous-amendement est débattu dans le cadre de l'amendement lui-même, et il s'agit d'un amendement qui, je l'espère, obtiendra l'aval du Comité. C'est en tout cas un amendement que mes collègues conservateurs et moi-même appuyons. L'amendement prévoit un rapport d'impact projeté dans les trois mois, suivi d'un rapport rétrospectif cinq ans plus tard. C'est tout. C'est très simple.
Il s'agit d'une amélioration substantielle à un projet de loi qui, en fait, n'impose aucune obligation au ministre de rendre compte de la réduction des taux du Régime de pensions du Canada. Je ne veux pas simplement déléguer tout le travail au bureau de l'actuaire en chef, qui a un rôle fondamentalement différent de celui du ministre des Finances auprès du Parlement et des Canadiens.
Dans ce projet de loi, aux effets qui s'étendent sur plusieurs décennies, rien n'oblige le ministre à rendre compte de ce qu'il attend ni à préciser si les résultats correspondent à ses attentes...
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Eh bien, si je soulève ce point, c'est en partie pour mettre en évidence certaines différences entre les différentes générations. Il est extrêmement important de le faire quand nous discutons de l'importance de ces amendements et sous-amendements, et des raisons pour lesquelles nous les proposons. C'est précisément parce que les choses changent et évoluent considérablement d'une génération à l'autre. Franchement, si nous ne tirons pas les leçons des erreurs du passé et que nous continuons simplement sur notre lancée, toute modification apportée au Régime de pensions du Canada aura un impact durable sur l'avenir des Canadiens.
Comme nous pouvons le constater actuellement, toute modification apportée au Régime... Nos boîtes de réception ne sont généralement pas remplies de courriels provenant de jeunes de 18 ans qui entrent tout juste sur le marché du travail; elles sont remplies de courriels provenant de retraités ou de pré-retraités. Si j'ai soulevé ce point, c'est pour souligner que, dans la même petite localité et pour la même maison, le changement est remarquable. Comme législateurs, si nous ne reconnaissons pas cette réalité et si nous n'admettons pas que nous devrions probablement examiner ce que cela signifie et l'impact que les modifications que nous proposons vont avoir, alors nous échouons. Nous échouons non seulement comme législateurs aujourd'hui, mais nous manquons également à nos devoirs envers les générations futures.
Je sais que les libéraux n'hésitent pas à signaler tout écart par rapport au sous-amendement, mais, en réalité, je ne pense pas qu'ils écoutent. Je ne pense pas qu'ils écoutent les Canadiens qui s'inquiètent de la portée de ces modifications au Régime de pensions du Canada. Je ne pense pas qu'ils tiennent compte du fait qu'elles pourraient avoir des répercussions très différentes selon les générations et selon les éléments concernés. Je ne comprends pas pourquoi ils ne voudraient pas instaurer une forme d'examen obligatoire. C'est ce qui se fait dans les pays comparables. C'est tout à fait normal. C'est simplement une question de bon sens mathématique. C'est de la bonne science actuarielle. Si nous ne nous penchons pas sur certains de ces éléments, comment allons-nous prendre les meilleures décisions financières à long terme?
Toute modification apportée au Régime de pensions du Canada revêt une importance capitale pour les Canadiens. Pour beaucoup d'entre eux, il s'agit de leur seul et unique régime de retraite. Si l'on prétend que les exigences en matière de rapports ne sont pas nécessaires parce qu'elles représentent trop de travail et qu'on souhaite simplement maintenir le flou autour de cette question, je ne pense pas que cela soit très bien perçu par les Canadiens. C'est pourquoi les conservateurs se battent pour cette cause, et c'est pourquoi ils continueront à le faire.
Franchement, je ne comprends pas. Si les libéraux ont des réserves à ce sujet, pourquoi ne lèvent-ils pas la main pour expliquer pourquoi ils estiment que ce sous-amendement est si mauvais? Ils semblent avoir toutes sortes d'opinions divergentes selon que ce que nous disons correspond ou non à ce qu'ils souhaitent entendre, mais ils ne se sont pas exprimés sur ce point. Je pense que c'est extrêmement important.
La réalité, c'est que les Canadiens méritent d'avoir l'assurance que ce régime leur sera aussi utile qu'il l'a été pour la génération de mon père, celle de mes grands-parents et les générations précédentes. Les gens cotisent à ce régime en pensant qu'il leur apportera quelque chose. Avec le coût de la vie qui ne cesse d'augmenter et une inflation qui s'accélère sans cesse, la réalité est qu'il est extrêmement difficile de vivre avec un revenu fixe, surtout pour les personnes âgées seules qui ne bénéficient pas des mêmes avantages fiscaux ni de la même marge de manœuvre que les couples de personnes âgées. Les disparités sont si nombreuses.
Je siège au comité de la condition féminine, et nous avons beaucoup entendu parler des disparités du régime fiscal entre une personne âgée seule et un couple. Cela a une incidence concrète sur le sujet qui nous occupe. Si nous ne sommes pas disposés à examiner les répercussions générationnelles, alors nous ne prenons pas réellement en compte l'élément qui importe. Quand nous nous attaquons à un problème, nous pouvons soit régler le problème immédiat que nous avons sous les yeux, soit chercher à résoudre un problème qui se posera plus tard. En général, les meilleures solutions ne se limitent pas à l'immédiat; elles fonctionnent parce qu'elles tiennent compte de l'ensemble de la question.
Madame la présidente, je pense qu'il est absolument de notre devoir d'avoir ces rapports et d'examiner la dimension générationnelle. J'aimerais que les libéraux nous fassent part de leur point de vue sur ce sous-amendement en particulier.
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Merci beaucoup, madame la présidente.
Même si je suis déçu par le résultat du vote sur le sous-amendement précédent, nous devons aller de l'avant, dans un esprit de collaboration.
Je voudrais aller droit au cœur du sujet. Ce que nous cherchons à faire, avec cette obligation de rendre compte, c'est de garantir — encore une fois, c'est un point d'une clarté absolue — que des informations précises soient communiquées au Parlement et, par extension, à la population canadienne, concernant des éléments d'une grande pertinence pour la viabilité du RPC.
Lorsque nous évoquons le contenu de ce rapport, je pense que bien des éléments dépendront en fin de compte de la qualité de la gestion et des placements des fonds de pension canadiens. Je ne saurais trop insister sur l'importance de ce point. Je tiens à apaiser les inquiétudes que pourraient avoir les Canadiens.
M. Lawrence a abordé cette question avec beaucoup de finesse, comme il le fait si souvent.
Nous disposons actuellement d'un système qui fonctionne et qui génère de bons résultats pour les Canadiens. Il faut bien comprendre cela. L'un des meilleurs moyens de savoir comment ce système se comporte pour les Canadiens consiste à examiner le fonctionnement d'autres systèmes et les différences entre eux.
À cette fin, je vais présenter un sous-amendement qui, selon moi, renforcerait considérablement les obligations de déclaration prévues ici. Il s'agit en définitive d'un sous-amendement qui mettra en comparaison le RPC avec des systèmes et programmes de retraite à l'étranger. Je suis certain que, lorsque nous entamerons le débat sur ce sous-amendement, nous pourrons approfondir certains de ces points. Je cite quelques pays en particulier dans ce sous-amendement.
Pour mettre les choses en contexte, je dirai ceci à l'intention des autres membres du Comité.
[Français]
L'objectif est simple. Lorsque le ministre présente un rapport au Parlement sur les modifications apportées au Régime de pensions du Canada, ce rapport devrait également indiquer au Parlement comment notre régime se compare aux régimes de retraite publics des États‑Unis, de l'Australie et de la Suède, notamment en ce qui concerne leur niveau de capitalisation, leur dépendance à l'égard des revenus de déplacements et la mesure dans laquelle chacun peut tenir ses promesses faites sur les prestations à long terme.
[Traduction]
Le contexte a son importance. Le RPC n'existe pas en vase clos. Il représente l'une des nombreuses approches adoptées par les pays démocratiques riches pour répondre à la même question: comment garantir aux travailleurs un revenu de retraite sûr? Chaque pays a fait ses choix propres. Ces choix ont donné lieu à des résultats très différents sur le plan de la viabilité.
Les États-Unis, par exemple, disposent d'un système largement fondé sur le principe de la répartition. Ils investissent leurs réserves de manière très prudente. Ils sont confrontés à des pressions de financement à long terme bien documentées. L'Australie a suivi une voie différente. Elle a mis en place un système reposant sur les cotisations obligatoires des employeurs. Il y a ensuite la Suède, qui a restructuré son système de retraite, s'éloignant d'un système de répartition pur et introduisant des stabilisateurs pour maintenir l'équilibre du système...
:
Merci, madame la présidente.
C'est la cinquième fois que nous étudions un sous-amendement proposé à l'amendement CPC‑13.
Moi, je suis Québécois. La portion publique de mon régime de retraite est à la Caisse de dépôt et placement du Québec. On comprendra que, débattre du Régime de pensions du Canada pendant 62 heures, ça ne m'excite pas plus que ça. Cela dit, il faut le faire, puisque nous faisons partie d'un comité du Parlement fédéral. Personnellement, mon argent est à la Caisse de dépôt et placement du Québec. Vous allez voir, madame la présidente, ce que je dis est en lien avec l'amendement.
La Caisse de dépôt et placement du Québec, en ce qui concerne le Régime des rentes du Québec, est un bijou national. Comme M. Leitão a été ministre des Finances au Québec, il peut en témoigner. Évidemment, le régime québécois est arrimé, à bien des égards, au régime fédéral, mais on parle d'éléments comparables. Les taux de cotisation sont différents. Les prestations sont similaires, mais il y a un arrimage.
Une chose est sûre, c'est que nous sommes fiers de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Ça a été un outil de développement important dans l'histoire du Québec. C'est un modèle extraordinaire, et nous en prenons soin. Il y a quelque chose que je trouve étrange. Je vois mal des députés du Parlement du Québec passer 40 heures à dénigrer la Caisse de dépôt et placement du Québec. Chez nous, nous trouvons qu'il s'agit d'un outil structurant très important. C'est un filet de sécurité sociale, un véhicule qui vise à obliger les gens à épargner.
M. Leitão a déjà siégé à Québec, mais je ne sais pas s'il a déjà vu une situation comme celle-là. On passe des dizaines d'heures à dénigrer le Régime des rentes du Québec. Je trouve que c'est un problème. Chez nous, nous sommes trop fiers de notre régime pour ça.
D'un rapport à l'autre, les conservateurs disent que, lorsqu'ils font du porte-à-porte, les gens leur disent être terrorisés à l'idée de ne pas avoir leur pension, et ils se demandent s'ils vont arriver à joindre les deux bouts. Je ne veux pas remettre la parole de qui que ce soit en doute, mais, s'il est vrai que les gens leur disent être terrorisés à cette idée, c'est en lien avec l'amendement. Il nous manque un rapport.
Entre deux voyages à l'épicerie et les cours de natation des enfants, j'aimerais ça, voir des graphiques en trois couleurs pour connaître la structure actuarielle du Régime de pensions du Canada. Si les gens sont terrorisés, c'est peut-être parce que les conservateurs dénigrent le Régime de pensions du Canada. Ils l'attaquent, même. Au Québec, je ne pense pas qu'on tolérerait ça. Nous sommes trop fiers de notre régime. Au Québec, quand je fais du porte-à-porte, les gens me parlent du train à grande vitesse et de toutes sortes de choses, mais ils ne me disent pas qu'ils ont peur de ne pas recevoir leur pension.
Il y a un rapport actuariel qui est fait. En fait, M. Leitão connaît les détails mieux que moi. Je pense qu'un rapport est déposé tous les 36 mois, comme c'est le cas ici. Les taux de cotisation sont ajustés, et les prestations sont indexées. Les régimes d'employeurs sont ajustés, et ils sont complémentaires par rapport aux facteurs établis en matière d'ajustement. Au Québec, personne ne nous dit avoir peur de ne pas recevoir sa pension.
J'aimerais que mon collègue de l'autre côté de la table, qui connaît bien le Régime des rentes du Québec, me dise une chose. Au Québec, les gens ne sont pas terrorisés. Faisons-nous les choses vraiment différemment en matière de publication de l'information?
J'aimerais que mon collègue M. Leitão s'exprime là-dessus. Ça m'intéresse beaucoup. En fait, c'est une des seules choses qui m'ont intéressé dans ce débat. Ça vaudrait la peine que nous passions du temps là-dessus.
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C'est vraiment un honneur. C'est la première fois que je siège au Comité des finances.
J'aimerais vous saluer, madame la présidente. Cela fait un certain temps que nous avons travaillé ensemble, et je suis ravi d'avoir l'occasion de le faire.
Je dois souligner que M. Lavoie a fait d'excellents choix vestimentaires, avec sa chemise rayée et sa cravate unie. J'ai fait le même choix que lui, tandis que M. Leitão a au contraire choisi une chemise unie et une cravate rayée, et je pense que c'est aussi un très bon choix. Je voulais simplement les complimenter pour ce choix printanier. Habituellement, c'est quelque chose qui n'est pas facile pour moi, donc c'est bien de voir que, parfois, je ne me trompe pas.
Bon, je sais que les membres ici présents n'ont aucun intérêt pour les conversations vestimentaires. Je respecte cela, et je veux réellement discuter du contenu du sous-amendement, parce que j'ai, en fait, un peu d'expertise à cet égard. Avant de me lancer en politique, j'ai travaillé pour des cabinets-conseils spécialisés dans les domaines de l'investissement, de l'énergie et de la technologie; c'est comme ça que je gagnais ma vie. Les régimes de retraite et la façon dont les fonds souverains ailleurs dans le monde gèrent les investissements, c'est un sujet de conversation fascinant, vraiment pertinent pour notre comité.
Je suis très enthousiaste par rapport à ce sous-amendement, et je dis cela parce que, comme vous le savez, partout dans le monde, les bassins de capitaux sont en fait assez concentrés, que ce soit à Toronto, à New York, en Scandinavie ou dans les pays du Golfe. En Asie, vous avez Singapour et des gestionnaires de très grandes fortunes familiales en Inde et ailleurs. Le rendement de ces fonds majeurs est essentiel pour les finances internationales, mais il l'est aussi pour les contribuables canadiens, quand il est question du Régime de pensions du Canada.
J'aimerais dire à notre grand et honorable collègue du Bloc que j'admire aussi beaucoup la Caisse de dépôt. La façon dont elle travaille à l'échelle mondiale est emblématique d'un fonds qui tient clairement compte du rendement des actionnaires. Elle a un portefeuille solide, ajusté en fonction du risque, et je crois que le Régime de pensions canadien suit parfois cela dans différents marchés. Cela a été positif de plusieurs façons pour les partenaires d'investissement canadiens les rendements pour nos contribuables et pour le régime de pensions, le régime sacré que nous devons protéger, ont été bons.
Pour bien faire les choses et dans l'intérêt du projet de loi, il faut que le Comité examine ce que font les autres administrations, et je crois que l'amendement sera bien accueilli par le public quand il lira ce témoignage dans le rapport public. J'ai cinq points dont j'aimerais vous parler. J'aimerais ne pas me répéter, mais je le ferai si je vois que mes arguments ne sont pas clairement compris. Ce sont des points distincts, et je pense qu'ils pourraient être utiles quand nous allons comparer le Régime de pensions du Canada, le RPC, avec les régimes des États-Unis, de l'Australie et de la Suède, en vue d'encourager le financement, la fiabilité des revenus de placements et le financement à long terme des rendements promis.
Commençons.
Premièrement, je dirais que le financement anticipé favorise l'équité intergénérationnelle et atténue la pression fiscale future. Comparer le modèle du RPC axé sur le financement anticipé partiel, modèle qui, je le sais, a fait l'objet d'une réforme au milieu des années 1990, aux systèmes obligatoires de retraite entièrement préfinancés de l'Australie montre que l'accumulation d'actifs aujourd'hui protège les futurs retraités et contribuables contre les chocs démographiques. À l'opposé, la structure du système de sécurité sociale américain, financé par répartition, se traduit par des obligations non financées et des prévisions de déficit, ce qui met en relief l'importance du préfinancement et du fait qu'il faut respecter ses promesses sans augmenter les impôts de façon importante ou jouer avec les prestations.
Le Canada devra composer avec des chocs démographiques après avoir si mal géré pendant 10 ans les niveaux de population et les répercussions de l'immigration sur le financement de base du RPC. Ces questions de politique publique font qu'il est de la plus haute importance que nous nous comparions avec d'autres administrations pour voir quelles modifications sont possibles dans ce genre de débâcle et de chaos qu'a créé la gouvernance libérale dans notre pays. Le contrôle laxiste de l'immigration a créé pour le RPC des obligations et un bassin de financement, ce qui aura d'énormes conséquences à long terme.
Nous devons regarder ce que font d'autres administrations pour voir comment elles composent avec les pressions démographiques, quand leur population n'augmente pas seulement par l'immigration, mais aussi par la croissance naturelle, et comprendre les répercussions à long terme possibles sur la façon dont nous envisageons nos régimes de retraite. La communication publique du rapport comparatif est essentielle, à mon avis, pour les finances de notre pays, surtout compte tenu de leur importance dans notre vie nationale. Voici mon premier point.
Le deuxième point, c'est que la comparaison des niveaux de financement fournit aussi des points de repère objectifs sur la durabilité.
Les données internationales sur les ratios actifs-dépenses — on appelle cela un fonds régulateur —, comme on en voit en Suède, et sur les comptes personnels entièrement financés, comme on en voit en Australie, permettent d'évaluer rigoureusement le RPC, qui existe depuis longtemps et qui est actuellement bien financé; elles permettent aussi d'évaluer les conclusions de l'actuaire en chef, qui dit que la durabilité du système est de 75 ans. Cela aide le Comité à faire la différence entre des systèmes qui ont accumulé de saines réserves et ceux qui font face à de plus en plus de déficits actuariels, de façon à pouvoir établir des taux de cotisations et des promesses de rendement fondés sur des données probantes.
On pourrait penser que c'est du charabia comptable, mais au bout du compte, il est essentiel de comprendre comment mettre en place un régime de pensions durable et de comparer son rendement à d'autres.
Vous avez peut-être découvert, madame la présidente, que, quand des députés essaient, au moyen de questions à inscrire au Feuilleton, ou d'une autre façon, d'obtenir de la transparence quant à ce genre de questions sur la durabilité du régime, ils n'obtiennent jamais de réponses. Elles sont loin du gouvernement. Le Parlement ne peut pas obtenir du régime de pensions le genre de transparence que demandent les Canadiens quand il est question de décisions clés sur la durabilité du régime à long terme.
Nous parlons d'une période de 75 ans. Les régimes de pensions ailleurs dans le monde qui sont obligatoires pour la population sont assujettis aux mêmes exigences de communication des données actuarielles. Je crois que le public aurait avantage à pouvoir vraiment comprendre comment le régime de pension protège les intérêts à long terme des Canadiens, des mères et des pères qui doivent pouvoir planifier leur retraite confortablement, y compris en tenant compte de l'inflation et du taux de change. Le sous-amendement parle de cela en proposant de publier cette comparaison.
Mon troisième point, c'est que le fait de s'appuyer sur des rendements de placement professionnels améliore la résilience. Si nous comparons le portefeuille mondial diversifié de l'Office d'investissement du RPC et la contribution de plus en plus importante des revenus de placements, qui, je crois, devraient représenter une part plus grande des revenus, avec les fonds de retraite gérés par des intérêts privés de l'Australie et avec le fonds en fiducie des États-Unis, dont les rendements sont plus limités, nous voyons bien que des stratégies d'investissement bien gérées peuvent être un complément important aux cotisations, qu'elles peuvent diminuer la dépendance à long terme aux cotisations sociales et qu'elles permettent de gérer les risques du marché au moyen d'une supervision professionnelle indépendante.
Un élément clé de l'étalonnage professionnel en ce qui concerne ces fonds est essentiel à leur avenir. Vous entendez des rumeurs, dans différentes administrations, selon lesquelles le gouvernement, peut-être même les libéraux, cherche, au moyen d'une loi, à transférer ou à investir une partie du RPC dans des projets canadiens plutôt que dans des projets internationaux, et examine la façon dont le mélange des structures des investissements mondiaux et nationaux serait géré. Il y a une raison pour laquelle il y a une distinction, ici, entre les intérêts partisans et les intérêts politiques, et il faut penser à la durabilité à long terme.
Le Régime de pensions canadien est une réussite entre autres parce qu'il n'est pas affecté par la corruption qui pourrait toucher d'autres administrations, même si son rendement n'est pas si différent des autres grands indices. Les mesures de sécurité qui visent à s'assurer que les rendements de placements professionnels sont scrutés à la loupe, d'une façon qui protège de toute ingérence politique du parti au pouvoir, sont un aspect critique dont il faut absolument tenir compte quand nous examinons d'autres administrations.
Mon quatrième point, c'est que des leçons sur le financement à long terme protègent les rendements promis des risques politiques et démographiques. Les comparaisons révèlent que le cadre théorique de cotisations définies de la Suède, assorties de mécanismes de contrepoids automatiques et de fonds régulateurs, et les comptes entièrement financés de l'Australie offrent une voie plus claire vers le financement durable que les modèles financés uniquement par répartition, qu'il faut parfois brusquement modifier. Comme vous le voyez avec les prestations des États-Unis, quand le fonds en fiducie est vide, le Comité peut évaluer l'amélioration du RPC préserve la capacité du régime à verser les prestations promises à toutes les générations en fonction de scénarios économiques et démographiques réalistes.
Le Régime de pensions doit essentiellement protéger le Canada contre les risques politiques et démographiques. C'est un point que j'ai soulevé un peu plus tôt. J'ai dit que je ne voulais pas me répéter, mais tout ça est interrelié. Quand la classe politique décide de faire de la macrofinance et dit qu'elle s'occupera du Régime de pensions et des grandes institutions de placement, quand le arrive dans des pays étrangers et agit comme s'il était l'avant-garde, le président de l'Office d'investissement du Régime de pensions canadien, et qu'il peut contrôler l'investissement...
Il tiendra une grande conférence sur l'investissement cet automne. Les invitations ont été envoyées à des investisseurs importants, mais aucun d'entre eux ne comprend l'objectif de cette réunion.
Le agit comme si le Régime de retraite était un fonds d'investissement qu'il peut gérer dans son propre intérêt. Objectivement, c'est le genre d'ingérence politique à laquelle on ne peut pas faire confiance. Même si on essaie de dire qu'un fonds en titres de créance est un fonds en titres de créance souverain, emprunter de l'argent qui coûtera des milliards de dollars d'intérêt...
:
Madame la présidente, j'expose mes arguments. C'est très pertinent. Nous demandons que la gestion du RPC soit comparée à la gestion des fonds souverains et des fonds de pension d'autres administrations.
Si le politise le RPC dans la conduite de la diplomatie internationale, comme il l'a fait au Qatar, aux Émirats arabes unis et en Inde, c'est très préoccupant. Les communiqués de presse donnent tous l'impression que la classe politique décide comment les investissements du Régime de pensions seront déployés et gérés. Il est absolument essentiel de comparer le RPC à d'autres fonds similaires dans d'autres administrations. Je sais que cela peut sembler hors sujet, mais cela concerne de près le sous-amendement, et c'est exactement pour cette raison que nous voulons l'inclure au projet de loi. Nous exposons notre affaire au moyen de modifications empiriques, non pas rhétoriques.
Ce sont tous des faits présentés par le gouvernement fédéral aux fins de notre examen. Ce ne sont pas des choses que nous avons fabriquées de toutes pièces. Laisser entendre que notre préoccupation à l'égard des risques politiques et démographiques liés à la gouvernance du RPC n'est pas pertinente, je trouve cela proprement scandaleux. Nous devons nous assurer de ne pas nous écarter du sujet, et c'est ce que je fais en ne me laissant pas distraire de mon objectif, la reddition de comptes nécessaire quand nous examinons des fonds et la façon dont ils fonctionnent dans d'autres administrations.
Je vais donner plus de détails. Les comparaisons montrent que le cadre théorique des cotisations définies, assorties à des mécanismes de contrepoids automatiques et à des fonds régulateurs... Laissez-moi vous parler des modèles financés uniquement par répartition. Ces modèles sont très vulnérables à l'ajustement en fonction du risque. Regardez ce qui se passe avec les fonds américains. Nous devrions travailler diligemment pour nous protéger de cela. Il est tout à fait pertinent d'examiner les bons comme les mauvais exemples des autres administrations.
Mon cinquième et dernier point, c'est que les pratiques exemplaires mondiales renforcent la gouvernance, la transparence et la discipline fiscale. Il y a beaucoup d'idées clés que j'aimerais graver sur le bureau de tous les législateurs libéraux. Elles concernent l'examen de la gouvernance indépendante des investissements, soit le modèle du RPC; des structures de compte personnel claires, soit le modèle australien; et les rapports publics réguliers, ce qui correspond au modèle suédois, ainsi que des analyses d'experts, comme celle qu'a faite mon bon ami, M. Jack Mintz, le grand cerveau économique du Canada. Il a dit que, pour maintenir un régime de pensions sain, il fallait des rendements élevés corrigés en fonction du risque, et des réformes visant à déterminer des revenus de retraite viables; il nous aide ainsi à cerner les approches qui optimisent les rendements des cotisants. Les rendements atténuent les distorsions politiques et augmentent la confiance du public quant à l'engagement du Canada à financer à long terme le régime de retraite public.
Il est important que le Comité compare cela à des régimes de retraite d'ailleurs dans le monde, et ces cinq points concernent le sous-amendement proposé. Laissez-moi les répéter afin que ceux qui nous écoutent chez eux comprennent ce que j'ai exposé. Je peux être assez loquace, et je m'en excuse. Il y a cinq points importants qui expliquent pourquoi le Comité devrait adopter le sous-amendement.
Premièrement, le financement anticipé favorise l'équité intergénérationnelle et diminue la pression fiscale future. Deuxièmement, comparer le niveau de financement offre des points de repère objectifs sur la durabilité. Troisièmement, le fait de s'appuyer sur des rendements de placements professionnels améliore la résilience du fonds. Quatrièmement, les leçons sur le financement à long terme protègent les prestations promises contre les risques politiques et démographiques, et cinquièmement, les pratiques exemplaires mondiales renforcent la gouvernance, la transparence et la discipline fiscale.
Ce sont les cinq points essentiels pour comprendre pourquoi le rapport doit inclure une comparaison entre le Régime de pensions canadien et les systèmes de financement public d'ailleurs. Je pense qu'il existe des vérités empiriques au cœur de tout cela. Ce ne sont pas des choses que je qualifierais nécessairement de typiquement partisanes. Ce sont tous des arguments valables sur les finances internationales et la gouvernance des régimes de retraite. Ce sont toutes des choses qui aideraient notre régime de retraite et qui aideraient aussi nos fonctionnaires de l'équipe des finances à planifier plus judicieusement et rapidement, au profit des contribuables canadiens.
Ce sont toutes des choses qui protègent contre les risques politiques des partis qui choisissent de se servir de ce fonds comme de leur propre caisse verte pour financer leurs propres projets, cela nous protège aussi contre le genre d'erreurs démographiques que les libéraux ont faites et qui ont créé un véritable bourbier, pour notre pays et nos pensionnés, dont les effets seront durables. Il ne faut pas oublier que le régime de retraite est essentiel pour avoir des finances nationales en santé.
J'ai hâte de poursuivre une discussion saine sur tous ces sujets. J'espère que les membres ont trouvé mon intervention utile. J'aime vraiment avoir l'occasion de faire cela dans des comités comme celui‑ci, lequel est important pour les finances publiques de notre nation.
Je m'arrête ici, madame la présidente.
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Vous savez, c'est difficile d'intervenir après M. Majumdar, mais je vais faire de mon mieux en tant qu'auteur du sous-amendement.
Je vous remercie, madame la présidente. Et je remercie aussi M. Majumdar.
Pour contextualiser l'expertise dont il vient à l'instant de nous faire profiter, j'aimerais préciser que j'ai d'abord rencontré M. Majumdar quand je travaillais dans les médias. Quand vous pouviez le rencontrer — parce qu'il était toujours très occupé à faire son travail —, il était toujours l'un des meilleurs invités qui soient en raison de la façon dont il analysait les dossiers, pas seulement les dossiers à l'échelle mondiale, mais aussi le fonctionnement du régime de pensions. J'ai eu un peu l'impression de revenir en arrière, en écoutant ses commentaires, aujourd'hui, lesquels étaient vraiment les bienvenus et très réfléchis. J'espère qu'ils inciteront nos collègues, qui, jusqu'à maintenant, ne se sont pas montrés très collaboratifs à l'égard de nos sous-amendements, à appuyer ce sous-amendement très important.
Ce que nous voulons ici, c'est un rapport du ministre des Finances, mais nous voulons aussi que ce rapport ait de la valeur et qu'il offre de l'information qui aidera les Canadiens, et par la même occasion, les parlementaires. C'est pourquoi, quand il a été question des sous-amendements, nous nous sommes demandé si nous pouvions être plus, non pas restrictifs — je ne veux pas dire cela —, mais plus normatifs, oui, quant au genre d'information qu'il serait utile d'inclure dans ce rapport. Je pense que notre dernier témoin a fait allusion aux enjeux que vous... Excusez-moi. Je ne veux pas lui faire dire des choses. Il a mentionné le rapport qui avait déjà été préparé par l'actuaire en chef. Quand nous consultons ce rapport, nous voyons à quels égards les Canadiens auraient intérêt à avoir plus d'information, selon moi. On pourrait par exemple faire une comparaison rudimentaire de différents systèmes partout dans le monde.
Certaines informations contenues dans le rapport concerneraient des questions que je ne veux pas qualifier de complexes, parce qu'elles sont assez simples, mais ce sont des questions importantes, comme celle‑ci: le régime est‑il entièrement ou partiellement financé, ou encore financé par répartition?
Nous savons que, dans le contexte canadien, il est financé partiellement au moyen d'actifs importants accumulés d'avance. Si vous regardez le système de sécurité sociale américain, son approche est bien différente. C'est un fonds en fiducie financé par répartition. Vous avez le régime de retraite de l'Australie, qui est financé entièrement au moyen de comptes personnels. Encore une fois, c'est une approche très différente. Puis, en Scandinavie, M. Majumdar en a parlé, vous avez une combinaison de comptes théoriques et de financement. Je dirais que, en Scandinavie, il y a des fonds souverains, mais contrairement au fonds souverain proposé par les libéraux, la Scandinavie peut investir des richesses dans son fonds; donc, il ne faut pas comparer des pommes et des oranges. Le a proposé de financer le nôtre au moyen de dettes, ce qui est tout à fait le contraire de la richesse, disons.
D'autres questions reviennent, quand vous comparez ces systèmes, et ce sont des questions auxquelles on répondrait dans le rapport, si le sous-amendement est adopté — je suis très optimiste, donc je vais dire quand notre amendement sera adopté —, entre autres la question suivante: les cotisations sont-elles investies dans des marchés? Au Canada, oui, c'est le cas, par le truchement de l'Office d'investissement du régime de pensions du Canada. Aux États-Unis, avec la sécurité sociale, c'est très différent. L'investissement dans les marchés est très limité. Vous avez des fonds en fiducie composés essentiellement de titres gouvernementaux. En Australie, oui, il y a des investissements, par le truchement des fonds de retraite privés. En Suède, oui, il y en a, mais seulement pour les pensions fondées sur des primes. Ce point de distinction est très pertinent.
Une autre question: à quel point les revenus de placement sont‑ils importants pour payer les prestations dans l'avenir? Il est intéressant de souligner que c'est l'un des changements. J'y vais peut-être un peu vite en disant que c'est « intéressant », compte tenu des réactions de mes collègues libéraux, mais c'est important, c'est même fascinant et captivant. Au Canada, en fait, l'importance des revenus de placement pour les prestations futures augmente; ce n'est pas vraiment le même risque aux États-Unis. Leur système de sécurité sociale, qui est beaucoup moins stable pour cette raison, disons, est assez limité. En Australie, c'est essentiel: le système n'existe pas sans gains sur les revenus de placement. En Suède, c'est important également, surtout pour la partie financée.
Je crois qu'il faudrait aussi répondre à la question suivante dans le rapport: les prestations futures sont-elles garanties par des actifs accumulés? À cet égard, beaucoup de systèmes se ressemblent. C'est partiellement le cas au Canada, et moins aux États-Unis, tandis que c'est essentiellement le cas en Australie, mais pas complètement. En Suède, je pense que cela ressemble à ce qui se fait au Canada, mais je n'ai pas les chiffres exacts.
J'en reviens maintenant à ce qui est le plus important, la durabilité, et je pense que cela revient au contenu de l'amendement lui-même, dans la mesure où nous voulons que la durabilité soit un élément clé du rapport. Le système demande‑t‑il essentiellement aux travailleurs futurs de payer pour les retraités? Au Canada, heureusement, la réponse, c'est qu'ils payeront moins que dans les régimes traditionnels financés par répartition, mais ce n'est pas un « non » franc. Aux États-Unis, c'est oui sur toute la ligne. C'est l'une des raisons pour lesquelles les calculs démographiques pourraient tant nuire, mais c'est aussi pour cela qu'ils sont très importants.
En Australie, non, parce qu'il s'agit essentiellement d'économies personnelles. C'est là, je crois, que vous aurez sans doute, sur un spectre, des différences marquées — entre l'approche de l'Australie et celle des États-Unis —, tandis qu'en Suède, c'est un peu un mélange de tout.
Une autre question: le système est‑il assorti d'un mécanisme de durabilité automatique? C'est ce qui nous amène, justement, au projet de loi . Nous avons des taux de cotisation qui peuvent être rajustés au moyen du processus d'examen législatif, mais, si ce processus d'examen est important, c'est parce que nous, en tant que parlementaires, devons avoir accès à l'information nécessaire pour changer la loi. Je ne vois pas pourquoi il faudrait limiter la quantité d'information à notre disposition en ne profitant pas de l'occasion pour demander au ministre des Finances de présenter un rapport dans trois mois et dans cinq ans; je pense ici à un examen rétrospectif qui tient compte des leçons retenues et de ce que nous avons pu observer et qui explique ce que nous devons faire ensuite.
Aux États-Unis, il n'y a pas de mécanisme automatique solide. C'est le Congrès qui doit agir, et c'est pour cela qu'il y a des affrontements si rudes, au Congrès américain, à ce sujet. Cela a toujours été décrit comme la troisième voie politique en raison de tout ce que cela englobe. En Australie, cela dépend vraiment des règles de cotisation et du solde des comptes — encore une fois, c'est plus personnalisé —, tandis qu'en Suède, c'est automatique, en fait, puisque le pays a réussi à mettre en place un mécanisme de contrepoids automatique.
Je pense que le rapport devrait aussi répondre à cette autre question: les prestations sont-elles déterminées par la loi ou par les économies accumulées? Eh bien, au Canada, c'est une prestation déterminée, et elle change chaque année.
Évidemment, selon moi, en tant que député, nous devrions tenter d'offrir le meilleur service à la clientèle qui soit à nos électeurs. La question de savoir pour qui ils ont voté ou s'ils ont voté n'a pas d'importance; nous représentons toutes ces personnes, et je pense que nous prenons cette responsabilité très au sérieux. Des électeurs très inquiets à propos de leur retraite viennent nous voir, et ils ne savent pas s'ils peuvent prendre leur retraite; c'est une autre situation critique qui s'est aggravée au cours des 10 dernières années en raison de la mauvaise gestion économique des libéraux.
Les prestations déterminées sont au moins un peu prévisibles; vous savez combien vous allez toucher, et vous savez à quoi cela ressemblera. Toutefois, le problème avec les prestations déterminées, c'est que vous devez les contextualiser et vous assurer qu'il y a suffisamment d'argent dans le fonds pour les verser. Il y a aussi des prestations déterminées dans le système de sécurité sociale américain; tandis qu'en Australie, c'est la cotisation qui est déterminée. Encore une fois, ce sont les deux extrémités du spectre. En Suède, c'est un mélange des deux, et c'est une des choses qui a été relevée.
Ce sont seulement quelques-unes des différences entre les systèmes; il y en a beaucoup d'autres, et j'ai seulement examiné quatre pays. J'ai examiné le Canada, les États-Unis, l'Australie et la Suède. Si mes collègues le souhaitent, je me ferai un plaisir d'examiner d'autres pays, mais je pense que ce sont quatre assez bons piliers qui nous donnent une bonne idée générale de la situation.
Si nous demandons au ministre d'inclure ces données dans le rapport, ce qu'il devrait faire, à mon avis, je lui dirais simplement de comparer le coefficient de capitalisation du Régime de pensions du Canada avec celui des systèmes de pensions publics des pairs. C'est compliqué à dire, « systèmes de pensions publics des pairs », mais je pense que nous pouvons tous le dire. Est‑ce que le RPC ressemble davantage au modèle financé de l'Australie ou à celui par répartition des États-Unis?
Que voulons-nous faire? Quel est l'objectif, ici? Nous devons nous assurer que c'est le cadre qui limite le discours. Quel pourcentage des obligations futures du RPC devrait selon les prévisions être financé par les actifs existants plutôt que par les cotisations futures? Encore une fois, ce sont des questions très instructives pour le ministre, pour tous les Canadiens, essentiellement, et évidemment pour tous les parlementaires.
Puis, pour ce qui est du financement anticipé, quel pourcentage des actifs actuels du RPC ont été accumulés parce que, vers la fin des années 1990, le Canada a délaissé le financement fondé uniquement sur la répartition? Une autre question serait de savoir si le niveau du financement anticipé du RPC est inhabituel par rapport aux autres pays de l'OCDE? Quels pays comparables au nôtre ont accumulé pour les retraités des réserves plus importantes ou moins importantes que les nôtres par rapport aux prestations annuelles?
Vous savez, nous pourrions également poser des questions sur les revenus de placement dans les pays qui s'appuient beaucoup sur cela, comme le Canada. Quel pourcentage des prestations futures du RPC devrait être financé selon les prévisions par des revenus de placement plutôt que par des cotisations? Nous pourrions aussi consulter le rapport pour, espérons‑le, obtenir une réponse à cette question: le RPC s'appuie‑t‑il plus ou moins sur les revenus de placement que la sécurité sociale aux États-Unis? Voici une autre question: le RPC serait‑il toujours durable si le rendement des placements était moins élevé que prévu?
Puis, nous avons les répercussions à long terme. Encore une fois, je crois que tout le monde ici veut un système durable. Nous voulons quelque chose qui va au‑delà des prévisions de 75 ans de l'actuaire en chef.
Sur un horizon de 75 ans, comment la situation actuarielle du RPC se compare‑t‑elle à des systèmes de pension importants comme celui des États-Unis, de l'Australie, de la Suède ou d'autres administrations semblables, même si leur système de pension est structuré d'une autre manière? Quelles administrations ont mis en place des mécanismes automatiques pour maintenir la durabilité, et est‑ce que le Régime de pensions du Canada prévoit des mesures de sécurité similaires? Enfin, pour le moment, quelles leçons le Canada peut‑il tirer des pays qui ont connu un déficit de financement de leur régime de retraite?
Avec la Fête du Canada qui approche dans quelques petites semaines, j'espère que nous comprenons tous que nous vivons dans le meilleur pays du monde. Nous voulons préserver tout ce qui est extraordinaire dans notre pays et continuer de travailler et de prospérer. Cela devrait être notre but commun à tous.
J'ai parlé à des gens d'autres pays, qu'ils habitent ici ou à l'étranger, et nous pouvons tous célébrer et aimer le Canada. Peu importe les désaccords politiques et les débats, nous voulons que notre pays réussisse toujours mieux ce qu'il a à faire pour que nos citoyens puissent exceller. Nous voulons nous assurer que les gens puissent en toute dignité prendre leur retraite, qu'ils puissent passer du temps avec leur famille et avec leurs petits-enfants. Il est primordial d'avoir un système de pension durable.
Au moment d'examiner la structure et la conception de ce système, une conception qui est revue au moyen du projet de loi , nous voulons tout simplement être certains d'avoir la meilleure information disponible. Si nous pouvons en apprendre des autres pays, je crois que nous devrions inclure cela dans le rapport que le ministre des Finances devrait préparer. Si d'autres pays font des choses que nous ne devrions absolument pas faire, c'est aussi quelque chose d'utile à savoir.
Je pense qu'il est important de se tenir très loin de ce que le gouvernement libéral a fait sur le plan économique ces 10 dernières années et qui nous a mis dans ce bourbier, où les Canadiens vieillissants ont beaucoup plus besoin du RPC que par le passé, quand les gens pouvaient s'appuyer sur des économies et un régime de retraite solides. Ce sont des choses qui ont été détruites par...
J'ai de nouveaux collègues libéraux, en face, et les nouveaux ont donc les mains propres, mais il y en a d'autres qui font partie du gouvernement libéral actuel, pour qui ce n'est pas le cas. Certains d'entre eux sont là depuis longtemps. C'est pourquoi nous essayons de protéger les générations futures, et nous devrions tous vouloir faire cela.
Nous avons proposé un rapport, dans ce sous-amendement, qui forcerait tout simplement le ministre à comparer le Régime de pensions du Canada avec celui des États-Unis, de l'Australie, de la Suède et d'autres administrations, au moment de rédiger son rapport au Parlement. Essentiellement, nous voulons un examen assez raisonnable, et je pense que c'est une exigence très raisonnable.
Le sous-amendement cible un enjeu clé. Les comparaisons internationales sont instructives, même si ces différents systèmes sont fondés sur des philosophies fondamentalement différentes. L'objectif n'est pas de changer le système du Canada. Nous voulons simplement prouver que c'est utile pour les Canadiens et pour le Canada et nous renseigner sur ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas.
Si nous faisons cela, et j'espère que nous le ferons et que notre amendement qui demande de faire rapport au Parlement sera adopté, je veux m'assurer que tous ces détails clés figurent dans le rapport pour garantir que les Canadiens ont accès à la meilleure information possible.
Maintenant, si vous, madame la présidente, ou l'un de mes collègues, avez des questions, je serai ravi d'y répondre, mais c'est pour cette raison que j'ai présenté le sous-amendement. J'espère qu'il sera adopté à l'unanimité par notre comité.
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Je crois que c'est un très bon sous-amendement, pour être honnête. Je suis ravi que M. Lawrence l'ait proposé. J'ai hâte d'entendre ce que les libéraux en diront.
Nos sous-amendements s'articulent autour d'un thème. Ils essaient de faire de notre amendement... qui vise à améliorer le projet de loi. M. Strauss a soulevé un point intéressant, à savoir que, si le projet de loi n'avait pas été si précipité, il y aurait peut-être eu moins d'amendements et de sous-amendements à cette étape du processus. Malheureusement, nous en sommes là.
En ce qui concerne le sous-amendement à l'amendement CPC‑13, je crois qu'il est important pour les lecteurs. Cela revient à la question d'un langage accessible et compréhensible pour les Canadiens, qu'il faudrait utiliser pour parler de la marge de sécurité, des marges de sécurité historiques ou encore de la gravité de la détérioration, par exemple, qui justifierait une augmentation des cotisations.
En ce qui concerne les taux prévus par la loi, les taux minimaux et les taux historiques — quel que soit le sujet —, il est important de définir ces notions et de les rendre compréhensibles pour le Canadien moyen, qui souhaite évaluer la santé de son régime de pensions. On fait preuve de résilience financière et de transparence quand on fait connaître les marges de sécurité actuelles et historiques. Cela aiderait les intervenants à mieux comprendre la marge de manœuvre dont ils disposent quand des événements défavorables frappent le marché. Qu'il s'agisse d'un ralentissement du marché ou d'un changement démographique important, cela renforcerait la confiance dans la gestion prudente des fonds, à long terme, par le système.
À notre avis, en incluant cela, nous pouvons repérer les tendances et les signes avant-coureurs qui risqueraient autrement de passer inaperçus. On peut certainement dire que, si la disposition n'est pas adoptée, cela sera moins accessible aux parlementaires et au grand public. Présenter les marges de sécurité historiques permettrait de savoir si la résilience se renforce ou s'affaiblit. Cela garantit que l'information est consignée dans un rapport soumis au Parlement; l'information se trouve de manière permanente dans les archives, et les Canadiens peuvent la consulter quand ils évaluent la santé d'un fonds.
L'analyse des tendances permettrait aux décideurs de cerner les risques émergents plutôt que de se contenter de réagir une fois que le seuil a déjà été franchi; c'est donc bon pour les parlementaires. Trop souvent, le gouvernement se contente de réagir, après que le problème est survenu. Nous ne voyons pas les signes avant-coureurs et laissons la situation se transformer en crise. Puis, tout le monde panique, lève les bras au ciel et dit « oh non! il faut faire quelque chose », alors que nous aurions pu détecter le problème plus tôt et limiter au maximum les répercussions et les dommages subis par les Canadiens.
Madame la présidente, il y a beaucoup d'exemples. Vous les connaissez, donc je ne vais pas entrer dans les détails, mais ils existent certainement.
Inclure ces dispositions dans l'amendement à un projet de loi permettrait de quantifier la tolérance au risque et les éléments déclencheurs. Montrer jusqu'à quel point la situation devrait s'être détériorée avant qu'une augmentation des cotisations ne soit nécessaire permettrait de préciser clairement les seuils de risque. Encore une fois, cela aiderait les Canadiens à comprendre non seulement la probabilité, mais aussi le calendrier des modifications des cotisations, selon différents scénarios; par exemple, si ces modifications doivent être mises en œuvre plus rapidement que ne le permet nécessairement le processus législatif du Parlement. Nous savons que le processus peut être fastidieux.
S'il y a des indicateurs et que ceux‑ci font régulièrement l'objet de rapports, peut-être que les Canadiens pourraient commencer à demander des changements des taux de cotisation avant même que le processus législatif ne soit engagé, compte tenu des travaux préparatoires et du temps nécessaire pour rédiger un projet de loi et le faire passer par toutes les étapes à la Chambre, etc. À mon avis, ces indicateurs permettraient probablement de réagir plus rapidement en cas de crise future.
De plus, cela favoriserait des discussions plus claires sur les politiques et le financement. Il serait plus facile d'établir un lien entre les marges de sécurité et les exigences en matière de cotisations, non seulement pour le ministre des Finances, mais aussi pour tous les parlementaires. Cela nous ramène à ce que je disais tout à l'heure sur les questions que nous posent les gens quand nous cognons à leur porte. S'il s'agit du RPC, ce serait plus facile ainsi d'expliquer les compromis entre la stabilité, les marges plus élevées, les chocs futurs, l'abordabilité et la question de savoir si des cotisations moins élevées aujourd'hui entraîneraient une augmentation des risques demain.
Dans l'ensemble, les conditions que nous avons présentées dans le sous-amendement amélioreraient la communication et les outils mis à la disposition par le ministère des Finances, l'actuaire en chef et les parlementaires, à l'intention des électeurs. Le sous-amendement ne le précisait pas, mais il pourrait peut-être inclure un graphique comparatif du taux prévu par la loi, du taux minimal et des taux historiques. Nous pourrions illustrer cela à l'aide d'un graphique simple, à l'intention des Canadiens, et l'inclure dans le rapport lui-même, quand il est présenté annuellement.
De nos jours, les gens consomment des informations par petites doses. Bienvenue dans le monde des vidéos de 20 secondes sur TikTok. C'est de plus en plus sur ces plateformes que les gens consultent les « nouvelles» » et les « informations ». Cela entraîne toute une série de problèmes que nous devons gérer au Comité de la procédure et des affaires de la Chambre. Je serais ravi d'entendre les commentaires des députés à ce sujet, mais ce n'est pas pour aujourd'hui. Je reconnais que ce n'est pas forcément une façon saine de consommer l'information, mais c'est une réalité, que cela nous plaise ou non.
Inclure un graphique dans les documents du ministère des Finances ou produire ces rapports, comme nous l'avons proposé, serait un pas en avant important pour nous assurer que des informations exactes sont diffusées dans un format accessible, étant donné toute la désinformation qui circule.
En résumé, cela montrerait la capacité du fonds de pension à absorber les chocs, fournirait un aperçu de la discipline du financement à long terme au fil de l'histoire, préciserait à quel moment l'augmentation des cotisations serait et devrait être justifiée et soutiendrait l'équité et la stabilité intergénérationnelles. L'un de nos amendements traitait de cela, mais il a malheureusement été rejeté. Ajouter les dispositions au sous-amendement contribuerait tout de même à favoriser l'équité et la stabilité intergénérationnelles dont nous parlions précédemment, et cela améliorerait la compréhension et l'accessibilité des informations grâce à des comparaisons des taux de financement.
C'est un bon sous-amendement. Cela ne surchargera pas le ministère des Finances. Comme l'ont dit M. Lawrence et M. Strauss, les conservateurs critiquent souvent les projets qui supposent plus de travail. C'est une tâche assez simple que le ministère des Finances pourrait ajouter à sa liste, sans pour autant surcharger les fonctionnaires qui accomplissent un travail important au service des Canadiens.
J'espère sincèrement que les députés soutiendront l'amendement. C'est un bon amendement qui, selon moi, a du sens.
Merci, madame la présidente.
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Le débat me plaît, car, vers la fin de mon intervention, je ne savais toujours pas, honnêtement, comment j'allais voter. Je m'intéresse beaucoup à la question de la bureaucratie. Demain sera...
Un député: Quelle perte de temps.
M. Matt Strauss: Je suis d'accord, moi aussi. Honnêtement, il y a beaucoup de pertes de temps dans les comités et à la Chambre. Même si je suis déçu d'entendre M. Danko parler alors qu'il n'a pas la parole, j'aimerais vraiment entendre ce qu'il a à dire à ce sujet, parce que c'est un point de débat intéressant que M. Turnbull a soulevé hier.
J'écoutais très attentivement mon collègue, M. Jackson, qui disait qu'il ne faudra pas beaucoup de temps pour préparer le rapport. À première vue, on dirait qu'il y aurait peut-être trois ou quatre postes. Je présume qu'un professionnel qualifié du ministère des Finances pourrait le rédiger en cinq ou dix minutes. J'ai tenu compte des commentaires de M. Jackson, et je suis plutôt d'accord avec son point de vue. Pour l'instant, j'envisage de voter pour le sous-amendement, mais je n'ai pas vraiment entendu l'avis des gens d'en face.
Je comprends, même si je viens d'arriver, que la plupart des sous-amendements et des amendements n'ont pas été adoptés. S'il s'agit d'une question de temps de travail professionnel et de bureaucratie, je ne vois pas vraiment en quoi la quantité d'informations requises serait si importante que les deux partis ne pourraient pas voter en faveur de l'amendement. J'espère qu'ils voteront en faveur. Sinon, ils doivent au moins, au bénéfice des Canadiens, lever la main et expliquer leur refus.
Je reconnais que je siège en tant que remplaçant, mais, même en tant que remplaçant, je suis ici depuis maintenant plusieurs heures. Hier, j'ai passé deux heures ici, et c'est la seule préoccupation importante qui a été soulevée par le secrétaire parlementaire. Étant donné que le rapport est beaucoup plus court, ils devraient tous voter pour.
Un dossier aussi important que celui du Régime de pensions du Canada, honnêtement, devrait être sacré. C'est un contrat entre les travailleurs, les retraités et le gouvernement du Canada, il semble donc tout à fait raisonnable que ces informations de base soient accessibles au public et fassent l'objet de rapports annuels. C'est ma décision. Je regarde s'il y a des mains levées, parce que j'aimerais beaucoup entendre le point de vue des gens d'en face, s'ils en ont un, mais, pour l'instant, je vote pour.
Merci, madame la présidente.
Voilà une excellente question, monsieur Turnbull. Je me ferai un plaisir d'essayer d'y répondre.
Nous pensons que c'est important pour plusieurs raisons. Commencer par l'adjonction de « actif prévu... Régime de pensions du Canada, en dollars non indexés et en dollars constants » nous donne un aperçu du pouvoir d'achat réel. Montrer l'actif prévu en dollars non indexés et en dollars constants — ou réels — permet de s'assurer que les Canadiens comprennent non seulement à quel point les fonds semblent croître, mais également ce que cette croissance signifie, au regard de la capacité de verser les prestations, à l'avenir, une fois la valeur réduite par l'inflation.
Cela permettrait également d'avoir une certaine transparence ou d'empêcher une interprétation erronée de la croissance. À elles seules, les valeurs non indexées sont susceptibles d'exagérer la capacité financière perçue sur de longues périodes, donc le fait d'inclure des prévisions en dollars réels permet de distinguer le progrès économique réel et les augmentations causées par l'inflation, ce qui donne une évaluation plus fiable de la durabilité du régime.
Cela tombe à point nommé, compte tenu des prévisions financières que le gouvernement continue de présenter, en général, comme il le fait depuis 11 ans. Ses membres continuent de vanter la grande croissance économique qu'ils ont créée pour le pays, alors qu'en réalité, ils ont créé la plus grosse dette des ménages par habitant de tout le G7, parmi d'autres indicateurs économiques extrêmement préoccupants en dollars réels par rapport aux valeurs prévues, qui, selon ce qu'ils disent pour essayer de vendre leur réussite aux Canadiens, sont les seuls chiffres qui importent.
En ajoutant cette disposition spécifique dans le sous-amendement, nous pouvons au moins montrer aux Canadiens les deux versions possibles du Régime de pensions du Canada. Ce serait au moins un aspect où nous pourrions les protéger des libéraux qui clament leur victoire — disons‑le ainsi — dans d'autres domaines touchant l'économie et les finances des Canadiens.
De plus, les dispositions présentées dans ce sous-amendement amélioreraient la planification des politiques et des cotisations. Les prévisions de rajustements en fonction de l'inflation s'alignent mieux sur la croissance réelle des salaires, l'indexation des prestations et l'indexation au coût de la vie, ce qui aiderait les décideurs et les actuaires à fixer des taux de cotisation et à définir des stratégies de financement appropriées, en termes économiques réels.
De plus, cela fournirait une perspective significative au niveau du participant. Encore une fois, je reviens aux Canadiens, en particulier — eh bien, pas nécessairement en particulier — aux jeunes Canadiens qui cotisent pour la première fois au Régime de pensions du Canada, au moment où ils intègrent la population active. Cela permettrait d'avoir une perspective au niveau du participant.
Faire état de « l'actif par cotisant » soulignerait le soutien financier moyen qui garantit les prestations futures des travailleurs actuels, alors que « l'actif par bénéficiaire » montrerait la suffisance des ressources disponibles pour les indemnités de retraite, ce qui rendrait les chiffres globaux plus pertinents pour chacune des parties prenantes.
Encore une fois, il est important de revenir au profil démographique des cotisants, à ce qui pourrait se passer si des événements catastrophiques se produisaient ou à ce qu'il va rester lorsqu'ils atteindront l'âge de la retraite, en fonction de leurs cotisations pendant qu'ils travaillaient.
Ce sont les deux ou trois amendements importants. Il se pourrait que les gens me demandent, lorsqu'ils verront cette vidéo, pour quelle raison les prévisions « en fonction de l'inflation » sont importantes, ce que cela signifie et pourquoi on l'a inclus dans le sous-amendement. Je pense donc qu'il est important de l'expliquer aux Canadiens. Les prévisions en fonction de l'inflation — les prévisions en dollars réels — montrent la valeur future des actifs des régimes de pensions, une fois les effets de l'inflation corrigés.
Nous avons composé avec une période des niveaux d'inflation préoccupants, après la pandémie. Le coût de la vie n'a pas diminué, même si le gouvernement, j'en suis certain, est sur le point de faire remarquer que la cible d'inflation est en dessous de la limite de la Banque du Canada. Il le mentionne souvent pendant la période des questions. Cela ne veut pas dire pour autant que les Canadiens ne ressentent plus les conséquences de l'inflation — comme pendant et juste après la COVID — et ses effets sur le coût de la vie.
Il est question de montrer la valeur future des actifs du Régime de pensions, plutôt que simplement le montant versé dans le fonds. L'ajout de cette exigence à l'amendement montrerait la valeur de ces dollars, leur pouvoir d'achat, au moment où un Canadien qui voit la prévision y aura accès. Pour expliquer les choses simplement, ces prévisions aideraient les Canadiens à mieux comprendre le véritable pouvoir d'achat, c'est-à-dire ce que chaque dollar dans le Régime de pensions leur permettra d'acheter quand ils commenceront à toucher leurs prestations supposées, au moment où ils viendront demander de les soutenir durant leurs années de retraite.
Un actuaire commencerait par faire une projection de la valeur des actifs. Ensuite, en se servant de taux d'inflation supposés, il corrigerait les effets de l'inflation en traduisant les futures valeurs en valeurs actuelles. Le résultat serait une projection en dollars réels en fonction de l'inflation, laquelle reflète la véritable valeur économique du Régime de pensions. C'est important, car les prestations sont souvent indexées en fonction de l'inflation, ce qui ne reflète pas les défis que nous venons d'exposer. Cela permettrait de comparer des pommes avec des pommes, au fil du temps, puisque toutes les valeurs sont exprimées en dollars constants. Cela montrerait si les actifs du régime croissent vraiment d'une manière significative plutôt que de simplement suivre l'augmentation des prix, ce qui nous permettrait de prévoir les prix sur le long terme. Cela favoriserait de meilleures décisions en matière de politique, puisque les taux de cotisation et la suffisance des fonds devraient être évalués en termes économiques réels.
Madame la présidente, nous pensons que c'est pour toutes ces raisons que ce sous-amendement est important. Nous avons été assez raisonnables dans nos commentaires, ici, en ce qui concerne la raison pour laquelle cet excellent sous-amendement a été présenté. C'est un sous-amendement important. J'ai hâte d'entendre les commentaires des membres du gouvernement sur le sujet. Bien entendu, nous aimerions certainement avoir leur appui, à la fin.
Je pense que certains de mes collègues, ici, ont d'importants commentaires à faire concernant le sous-amendement et les dispositions importantes qui y sont incluses, donc je vais m'arrêter ici pour l'instant et leur laisser la parole.
Merci beaucoup.
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Merci, madame la présidente.
Je tiens à remercier M. Jackson pour ce sous-amendement.
Voilà encore une autre façon dont nous pouvons améliorer le projet de loi. C'est, après tout, pour cela que nous sommes ici en tant que parlementaires: nous sommes ici pour examiner différentes options et différentes façons de renforcer l'efficacité du projet de loi. Juste avant la présentation de l'amendement, M. Lawrence a rappelé au Comité les témoignages portant sur l'inflation que nous avons entendus ici, au Comité des finances, en 2021.
Notre collègue, Marty Morantz, avait brandi le spectre de l'inflation, et moi également, pendant cette séance. J'étais présent, et c'était... Non, il se peut que nous pensions à deux séances différentes, mais l'ancien gouverneur de la Banque du Canada comparaissait, et nous avions expliqué que des taux d'intérêt de 0 % et un assouplissement quantitatif allaient certainement déclencher l'inflation. On nous a assuré que cela n'allait pas se produire. En fait, l'ancien gouverneur a expliqué que, à l'époque, seule la déflation l'inquiétait, et qu'il aurait bien aimé avoir l'inflation comme problème. Selon lui, il était impossible que cela se produise.
Les effets de l'inflation sont dévastateurs, surtout pour les Canadiens vulnérables, les salariés dont le salaire ne suit pas le rythme de l'inflation et les personnes qui touchent un revenu fixe, non indexé à l'inflation. Il est important que nous communiquions — et que le gouvernement du Canada communique — avec les citoyens pour qu'ils comprennent les effets de l'inflation. L'inflation est une chose insidieuse et invisible au quotidien, mais elle s'accumule au fil du temps, surtout si nous parlons des rendements sur le capital investi sur de longs termes. Si les chiffres ne suivent pas dès le début, les effets cumulatifs au fil du temps peuvent être assez dévastateurs pour les Canadiens.
Les Canadiens devraient être en mesure de voir et de lire un rapport qui communique facilement et simplement, dans un langage simple, ce que sera leur pouvoir de dépenser et leur pouvoir d'achat, afin qu'ils puissent planifier en conséquence et être préparés pour leur retraite, lorsqu'il leur restera vraiment des options très limitées. Dans bien des cas, ils n'auront pas l'option de faire demi-tour. Soit les Canadiens se sentiront arrivés à une étape de leur vie où ils souhaitent profiter de leur retraite, soit des problèmes de santé, de mobilité ou peu importe les empêcheront de travailler, ou du moins, feront qu'il ne sera pas indiqué qu'ils le fassent.
S'assurer que les Canadiens connaissent leurs chiffres, qu'ils sachent quand ils pourront prendre leur retraite et qu'ils comprennent ce que sera leur pouvoir d'achat, compte tenu des effets de l'inflation au fil du temps, c'est simplement une bonne politique. C'est la raison pour laquelle nous avons encouragé le gouvernement à prendre cette mesure, au moyen de ce sous-amendement.
Je voulais m'assurer de figurer sur la liste des intervenants, mais je n'étais pas sûr que le gouvernement avait déjà une réponse. J'espère qu'il en a une, maintenant. Sur ce, je vais m'arrêter et voir si M. Turnbull a des commentaires à faire sur cet amendement particulier. J'espère qu'il l'appuiera.
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Merci, madame la présidente.
J'aimerais parler un peu de l'effet que l'inflation aura sur le régime de pensions du Canada, à partir de maintenant. C'est incroyable de voir l'effet que le temps a sur l'argent.
Si l'amendement est adopté et que les cotisations sont réduites de 0,4 %, cela permettra aux contribuables d'économiser environ 3 milliards de dollars, il me semble. Comme l'aurait dit Albert Einstein, les intérêts composés sont la huitième merveille du monde, et cela devient clair lorsque l'on regarde leurs effets. Selon les prévisions, après l'adoption de l'amendement, les actifs baisseront en 2050 de 239 milliards de dollars, ce qui correspond à 8 % du montant total.
D'ici 2100, ils baisseront de 8,3 billions de dollars, ou de 30 %. Vous voyez le fossé, pas juste en termes absolus, ce qui est évidemment énorme, mais le pourcentage augmente également. D'ici 2100, le fonds sera plus petit d'environ 30 % que ce qui est attendu. Cela réduit la réserve disponible pour absorber les futurs chocs, et c'est ce qui est inquiétant.
Jusqu'à présent, je ne suis certainement pas convaincu que la décision de baisser le taux de cotisation est, d'une façon ou d'une autre, imprudente. Compte tenu de la crise de l'abordabilité, du fait que nous avons le taux d'inflation des prix alimentaires le plus élevé du G7, du fait que les Canadiens composent avec la récession depuis trois des quatre derniers trimestres, et du fait que le PIB par habitant, ces 10 dernières années, a atteint son niveau le plus bas depuis la Grande Dépression, je comprends effectivement le besoin de donner du jeu aux Canadiens, même si c'est un jeu relativement modeste de 0,4 %.
Si nous regardons vers l'avenir, encore une fois, parce que nous voulons de l'information supplémentaire avec ce sous-amendement concernant l'inflation, nous pouvons voir que cela affectera également le ratio actifs-dépenses. C'est l'un des principaux paramètres de durabilité que les actuaires regarderont. Ce paramètre permet de voir, d'après un instantané dans le temps, jusqu'à quand nous pourrons soutenir le Régime de pensions du Canada, s'il n'y a plus de cotisations ou de croissance des investissements.
Sans cet amendement ou sans réduction des cotisations, le chiffre en 2050 serait 14,1. Si l'amendement est adopté, selon les projections, ce chiffre serait 13. Maintenant, il y a beaucoup d'hypothèses qui entrent en jeu, et j'en ai mentionnée certaines plus tôt, comme une croissance constante de 4,05 %.
Nous avons la quasi-certitude qu'elle ne sera pas de 4,05, mais ce chiffre semble désormais être une moyenne raisonnable. Ensuite, en 2100, au lieu d'être à 20,7, elle sera réduite à 14,5. Un ratio actifs-dépenses inférieur signifie que le régime a moins de garanties intégrées pour la deuxième moitié du siècle, alors que les pressions démographiques seront plus fortes, c'est-à-dire qu'il y aura plus de retraités par travailleur. Les choses pourraient empirer si l'immigration a récemment décliné. Si la tendance venait à se poursuivre, cela signifierait simplement qu'il y aurait moins de travailleurs par retraité ou moins de cotisants par bénéficiaire. Cela serait un problème de taille, si notre taux de natalité ou de fécondité restait identique ou chutait en même temps que l'immigration. Cela causera une pression considérable à l'avenir.
C'est pour cela qu'il est important — pour en revenir au sous-amendement — de ne pas juste le dire en termes nominaux, mais en termes réels ou en termes de rajustement en fonction de l'inflation, pour que les Canadiens puissent en comprendre l'importance.
Ce qui se passe également avec l'inflation — les chiffres sont plus élevés plus tard, mais on peut soutenir que le levier est plus considérable plus tôt —, c'est qu'il y a une plus grande dépendance au rendement des placements. La part des revenus d'investissement dans le chiffre d'affaires total chute plus que prévu: en 2050, de 1 %, et en 2100, de 7 %. D'ici la fin du siècle, le régime dépendra davantage des revenus de l'Office d'investissement du Régime de pensions du Canada pour rester équilibré. Toute période soutenue de revenus plus bas que prévu aura des conséquences plus lourdes.
Tout cela pour dire que l'inflation est incroyablement importante quand on pense aux investissements à long terme, que vous regardiez le Régime de pensions du Canada, un autre régime de retraite ou votre propre REER. On ne pouvait pas vous dire que, si vous aviez mis de côté 50 $ par mois jusqu'à aujourd'hui, à l'âge de 60 ans — je ne connais pas le chiffre exact, mais disons qu'il atteint 1 million de dollars —, vous diriez « eh bien c'est excellent. Si j'ai 20 ans aujourd'hui, j'aurai 1 million de dollars à ma retraite. » Eh bien, dans 40 ans, 1 million de dollars auront considérablement moins de valeur. Le plus important, c'est d'avoir, selon un taux d'épargne donné, le montant actuel en chiffres rajustés en fonction de l'inflation, pour que vous puissiez mieux juger si cela suffit pour votre retraite.
Maintenant, à 47 ans, ma retraite approche de plus en plus, et donc l'inflation aura moins d'impact. Cependant, s'il y a des membres plus jeunes, ici — disons quelqu'un qui a une ressemblance frappante avec Justin Trudeau —, l'inflation aurait beaucoup plus d'impact, à partir de maintenant.
Sur ce, je pense que j'ai fait du mieux que j'ai pu pour expliquer l'importance du sous-amendement et celle d'inclure l'inflation dans les projections, en ce qui concerne le Régime de pensions du Canada. Sur ce, je m'arrête.
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Je ne veux pas m'appesantir sur ce point, mais M. Kelly vient de mentionner deux ou trois choses que j'aimerais reprendre et expliquer un peu plus.
Les aînés me disent souvent qu'ils ont l'impression d'avoir rempli leur part du marché, dans le pays. Ils ont travaillé dur, ont respecté les règles et ont payé leurs impôts. Maintenant, le RPC ne fait pas assez pour les aider à subvenir à leurs besoins. En réalité, nous savons que, dans le pays, il y a plus d'aînés qui dépendent des banques alimentaires, qui ne peuvent plus rester chez eux ou qui se retrouvent, tout simplement, sans logement, qu'il n'y en a jamais eu. Les gens ne comprennent clairement pas qu'il y a un écart entre les cotisations passées et présentes au Régime de pensions du Canada et la valeur des prestations que le Régime de pensions du Canada versera aux Canadiens.
Les dispositions améliorées du projet de loi, celles que l'on essaie d'amender ici, aujourd'hui, ne régleront peut-être pas le problème du pouvoir d'achat, mais elles donneront au moins aux Canadiens un aperçu de ce qui s'en vient, c'est-à-dire la valeur réelle en dollars de leur pouvoir d'achat, lorsqu'ils auront 65, 75, 85, ou s'ils sont chanceux, 95 ans, par rapport à ce qu'ils pensaient recevoir du Régime de pensions du Canada après y avoir cotisé toute leur vie.
J'entends les Canadiens — et c'est un résultat assez décevant —, et ils me disent qu'ils ont travaillé très dur et ont contribué à leur collectivité et à leur société, mais qu'ils n'arrivent pas à payer l'épicerie, à la fin de la semaine.
Je viens d'entendre l'histoire d'une ancienne employée de Harvest Manitoba. Son rôle au Centre des sciences de la santé de Winnipeg était de conduire les gens aux banques alimentaires. Lorsqu'elle a pris sa retraite, elle n'avait pas assez d'argent pour garder un toit au‑dessus de sa tête et pour payer l'épicerie, même avec ses revenus de pension. Elle dépend à présent elle-même de la banque alimentaire, à la retraite, après avoir eu une carrière dans le secteur de la santé à essayer d'aider les gens à accéder aux banques alimentaires de Winnipeg. En ce qui me concerne, c'est une situation tragique.
Le fait est que cette personne a peut-être fait tout ce qu'elle a pu pour épargner tout ce qu'elle pouvait, et qu'il n'y avait rien d'autre à faire. Cependant, peut-être qu'elle aurait pu épargner plus, si elle avait su que son Régime de pensions n'allait pas en faire plus. Je pense que ce serait une bonne chose s'il y avait des rapports réguliers ou annuels pour mieux expliquer les choses, comme nous le demandons au ministre des Finances, avec notre amendement. Les Canadiens pourront ensuite mieux planifier leurs finances, grâce à l'information mise à leur disposition plus facilement accessible dans un format moins complexe. Je pense que c'est quelque chose d'important pour les Canadiens. Certainement, cette personne aurait tiré parti de cette information pour sa propre planification financière et au lieu de se retrouver dans cette situation tragique.
M. Kelly a soulevé un point important concernant les décisions réalistes sur le plan du financement et des cotisations, mais aussi les comparaisons cohérentes au fil du temps que cela permettrait, ce qui, je pense, aiderait les Canadiens à comprendre la valeur des montants en dollars et la valeur de leur pouvoir d'achat une fois qu'ils auront atteint l'âge de la retraite.
Une réduction de 4,95 % à 4,75 % donne une marge de 0,2 %, mais lorsqu'on combine ces mesures, le taux total de cotisation de l'employeur et de l'employé est réduit de 40 points de base. À court terme, cette mesure sera utile aux travailleurs, car une cotisation un peu moins élevée au RPC sortira de leur chèque de paie.
Elle aidera également les employeurs — comme, j'en suis sûre, mes collègues sont heureux de le souligner — parce que leurs coûts de main-d'œuvre diminueront légèrement. C'est également favorable aux travailleurs autonomes canadiens, parce qu'ils cotisent aux deux parties du RPC, et ils constatent donc directement la réduction complète. Pour ce qui est des petites entreprises, en particulier dans cette économie où les marges sont serrées, même une petite réduction des coûts de la main-d'œuvre peut compter, lorsque les loyers, les salaires, les assurances et d'autres dépenses sont déjà élevés.
Sans aucun doute, mes collègues de l'autre côté présenteront ce sous-amendement comme une mesure liée à l'abordabilité. Toutefois, elle pourrait également nuire aux jeunes travailleurs. L'un des thèmes qui ressortent souvent au gouvernement est qu'il semble y avoir un manque de considération pour les jeunes et pour les générations futures qlui essaient d'économiser pour l'achat d'une maison et pour se constituer un fonds de départ. Cela touchera certainement les personnes qui suivront, parce que si — ou lorsque — la réduction du taux de cotisation laissera le RPC avec moins de revenus, cela exercera inévitablement une pression pour hausser les taux plus tard.
Cette mesure nuit également aux futurs retraités, car si le coussin financier du régime est réduit au fil du temps, cela se fera ressentir à long terme, même si les avantages ne sont pas interrompus maintenant. Elle pourrait également nuire aux cotisants de manière générale si le Parlement n'est pas en mesure de déterminer si le taux réduit est viable. Cela pourrait, par ricochet, miner la confiance envers le RPC si le gouvernement réduit les cotisations sans expliquer clairement les répercussions à long terme.
C'est le point essentiel ici. Le changement ne signifie pas nécessairement que les prestations du RPC sont réduites dès maintenant, mais cela signifie que l'on perçoit maintenant moins d'argent que ce que l'on aurait perçu et soulève la question de savoir si la baisse des revenus est sûre pour le régime à long terme.
Cela m'amène à l'amendement et au sous-amendement, parce que l'on voit maintenant pourquoi ils sont importants. Le gouvernement va dire que la réduction est sûre. Si c'est bien ce qu'il affirme, il devrait pouvoir expliquer les chiffres — pas seulement le chiffre en vedette et les actifs totaux en dollars futurs — mais la valeur réelle de ces actifs après l'inflation et le portrait des actifs par cotisant et par bénéficiaire.
Si cette réduction de 40 points de base est utile pour cotiser aujourd'hui au RPC, mais qu'elle crée des risques pour les gens qui compteront sur le RPC demain, c'est un élément dont le Parlement devrait être conscient et qui mérite tout à fait d'être débattu, car les décisions que nous devons prendre à la Chambre comportent toujours des compromis.
Nous pourrions vouloir ou non aider les travailleurs, employeurs et travailleurs autonomes canadiens d'aujourd'hui avec cette modeste réduction des cotisations, en étant conscients des façons dont cela pourrait nuire aux futurs retraités et aux travailleurs. Si la diminution des taux affaiblit le financement à long terme du RPC ou entraîne des pressions pour augmenter les taux plus tard, c'est quelque chose dont nous devrions tenir compte.
La position responsable ne se limite pas à un oui ou non, à une bonne ou mauvaise mesure. La position responsable consiste à nous montrer l'incidence actuarielle réelle — c'est ce que j'appelle un virelangue — puis à en discuter. Mettons-nous à la tâche afin de faire ce qui est le mieux pour les Canadiens.
Je suis désolée, monsieur Turnbull. Essayez-vous de me dire quelque chose?
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Je sais moi-même que cela relève du débat.
Je disais que ce que le rapport fera, c'est contraindre le ministre à rendre compte des répercussions des modifications que le gouvernement veut apporter dans le projet de loi au Régime de pensions du Canada en dollars non indexés — les chiffres tels qu'ils sont calculés — et en dollars constants. C'est important, parce que même si un gros chiffre futur peut sembler rassurant, l'inflation peut en réduire la portée. Par exemple, dire que le Fonds du RPC contiendra X milliards de dollars en 2040 ne nous en dit en fait pas beaucoup aujourd'hui, à moins que nous sachions également ce que vaut cette somme en dollars d'aujourd'hui. Il est également utile, je suppose, de connaître les taux d'inflation prévus et de savoir à quoi ces chiffres pourraient correspondre à long terme.
Le sous-amendement obligerait également le ministre, lorsque l'information est disponible, à revenir à la Chambre présenter les projections des actifs du RPC par cotisant et par bénéficiaire. C'est important, car la taille totale du fonds n'est pas tout ce qui compte. À mesure que la population canadienne vieillit, nous devons savoir non seulement combien de personnes cotisent, mais aussi combien retireront des prestations. C'est extrêmement important. Nous avons beaucoup discuté au cours des dix dernières années de l'impact majeur que les changements démographiques auront sur le RPC et sur le régime lui-même, d'où l'importance de procéder à cet exercice.
Cela signifie que, même si le fonds pourrait croître en dollars totaux, la somme disponible par travailleur ou par retraité pourrait être moindre. C'est une chose que les Canadiens ont vraiment à cœur, car cela agit sur notre capacité future de soutenir les personnes à la retraite au fil des ans. Très simplement, ce que l'amendement dit, c'est que si le gouvernement souhaite réduire les cotisations au RPC, c'est bon — il peut le présenter aussi avantageusement qu'il le veut — mais nous voulons qu'il rende compte au Parlement de ce que cela signifie pour les finances du RPC. Le sous-amendement précise que, en plus de cela, le rapport ne devrait pas pouvoir utiliser uniquement de grands chiffres vedettes. Il doit démontrer la valeur réelle des actifs du RPC après l'inflation et montrer non seulement ce à quoi le fonds ressemble par personne, mais aussi par cotisant et par bénéficiaire.
Si c'est important et que je suis ici pour soutenir cet amendement, c'est qu'il est question de protéger la transparence. Le RPC n'est pas un programme normal du gouvernement financé à partir des recettes générales. Il s'agit d'un régime de retraite contributif auquel les travailleurs et les employeurs cotisent toute leur vie active. Changer le taux de contribution influence les chèques de paie aujourd'hui, mais aussi la vigueur à long terme du régime.
Cela touche à des questions d'équité intergénérationnelle et de transparence, et ce sont là quelques-uns des enjeux fondamentaux que nous venons ici pour aborder. Un taux de cotisation plus faible pourrait très bien soulager dès maintenant les travailleurs et les employeurs, mais je dois vous dire, madame la présidente, que lorsque le gouvernement puise dans le RPC pour offrir un allègement, il touche vraiment à l'un des piliers fondamentaux qui inquiètent profondément les Canadiens. Ils s'inquiètent de l'état de notre économie. Je reçois à mon bureau beaucoup de courriels de gens qui nous pressent de ne pas toucher au RPC, des courriels de ceux qui s'inquiètent de ce que nous pourrions y faire en cet endroit.
Lorsque nous parlons de toucher à notre coussin financier et de créer un risque supplémentaire pour les jeunes travailleurs... c'est difficile. Ce que permettraient les rapports que nous demandons par l'amendement et le sous-amendement, c'est de rendre les chiffres beaucoup plus difficiles à manipuler. Un rapport qui ne présente que les actifs totaux en dollars non indexés pourrait présenter le programme sous un jour beaucoup plus favorable qu'il ne l'est réellement. Exiger des dollars constants et des chiffres par cotisant et par bénéficiaire fournit aux parlementaires et aux Canadiens un portrait plus clair. Cela renforce la responsabilisation, et c'est, je crois, quelque chose sur quoi nous pouvons tous nous entendre: c'est précisément pour cela que nous sommes ici. C'est pourquoi je suis surprise d'entendre dire que les membres de l'autre côté n'appuieraient peut-être pas cet amendement et ce sous-amendement.
Lorsqu'on explique comme je viens de le faire — en termes simples, que les gens tiennent au Régime de pensions du Canada parce qu'il constitue leur coussin financier à la retraite — cela met vraiment en évidence pourquoi cet amendement et ce sous-amendement sont si importants pour nous. La façon la plus simple de l'expliquer, c'est de dire que l'amendement vise à faire en sorte que le Parlement et les Canadiens sachent si le fait de réduire les cotisations au RPC est vraiment sûr pour la santé à long terme du Régime de pensions, et pas seulement si cela ressemble à une autre bonne annonce à faire à court terme. Je pense que les Canadiens recherchent ce type de garantie. Ils veulent comprendre la situation financière du Régime de pensions du Canada ainsi que les répercussions que les décisions que nous prenons à la Chambre auront sur les taux de cotisation.
L'amendement dit que le rapport doit être déposé « devant chaque chambre du Parlement dans les quinze premiers jours de séance de celle‑ci suivant son établissement ». Par « chaque chambre », nous entendons que le rapport doit être présenté au Parlement et au Sénat. C'est important parce que, bien sûr, cela permet aux deux chambres, qui représentent les Canadiens et traitent de ces enjeux, de contribuer au processus et d'examiner la question selon les perspectives et les dynamiques propres à chacune. C'est un autre élément qui, je l'espère, va rassurer les Canadiens: que nous agissons de manière responsable avec le RPC et avec leur argent, parce que, je le répète, c'est quelque chose que j'entends répété régulièrement.
Les 15 premiers jours de séance sont importants, car nous ne siégerons pas tous les jours de la semaine. Cela fournit au gouvernement un échéancier parlementaire défini, plutôt qu'un simple nombre de jours, pour déposer le rapport. Le sous-amendement ne remplace pas l'obligation redditionnelle ni ne crée de rapport distinct. Il ajoute plus de détails à ce que doit comprendre le rapport du ministre. Il dit que le rapport doit comprendre, comme je crois l'avoir dit, des actifs en dollars non indexés et en dollars constants.
Bien sûr, lorsque nous parlons de projection, nous entendons une estimation de la quantité d'argent ou de la valeur que le RPC est censé avoir dans l'avenir, non seulement les chiffres actuels, mais aussi les chiffres prospectifs qui aideront les parlementaires et les Canadiens à comprendre à quoi le régime pourrait ressembler au fil du temps. Nous demandons au ministre de donner vie au rapport actuariel dont mon collègue a parlé et de transformer ces données en information, je l'espère, hautement accessible, qui sera déposée à la Chambre et au Sénat afin que nous puissions l'examiner.
C'est aussi pourquoi le sous-amendement traite de dollars constants en plus de dollars non indexés. Les dollars constants démontreront la valeur réelle des actifs.
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Merci, madame la présidente.
Le secrétaire parlementaire a dit qu'il les appuierait; donc, c'est une bonne chose.
J'aimerais simplement revenir sur quelques points qu'il a soulevés. Il a affirmé que les commentaires formulés par M. Lake au sujet de l'inflation n'avaient aucun lien avec le sous-amendement. En fait, le sous-amendement précise que le rapport doit faire état des dollars constants et, dans la mesure où les renseignements sont disponibles, des répercussions de l'inflation sur l'actif réel, sur l'actif prévu par cotisant et par bénéficiaire.
Que le secrétaire parlementaire continue de soutenir que l'inflation n'a aucune incidence sur cela… Tout d'abord, je ne crois pas que le sous-amendement aurait été jugé recevable s'il dépassait le cadre du projet de loi. Ensuite, je trouve assez étonnant que le secrétaire parlementaire admette croire que l'inflation n'aurait aucune incidence sur le pouvoir d'achat des prestataires du RPC à l'avenir. J'aimerais simplement lui faire mention de quelques raisons pour lesquelles ce n'est pas le cas, ce qui explique l'inclusion de cette disposition dans le sous-amendement.
L'inflation réduit très certainement le pouvoir d'achat lorsque les prestations ne sont pas indexées, mais l'indexation accroît la pression exercée sur la viabilité du régime. Pour les cotisants, la hausse des salaires par rapport à l'inflation est importante. Si les salaires s'adaptent à l'inflation, les recettes tirées des cotisations augmentent en dollars non indexés. Dans le cas contraire, comme c'est le cas du gouvernement, cela peut causer des difficultés. Si la hausse des salaires tire de l'arrière, les cotisations perdent de leur valeur réelle. C'est un fait évident que tout le monde comprend — ou peut-être pas tout le monde, si l'on tient compte des propos du secrétaire parlementaire — ou, du moins, que la plupart des gens comprennent. Voilà l'incidence de l'inflation sur le régime de retraite.
C'est pourquoi nous avons proposé ce sous-amendement. Il vise à indiquer clairement aux Manitobains — et, en fait, à tous les Canadiens — les répercussions que cela aura, y compris celles qui découleront des mesures prises par le gouvernement à l'égard des politiques en matière de dépenses inflationnistes. C'est exactement ce que M. Lake cherchait à démontrer, mais il a malheureusement été interrompu à de nombreuses reprises. Peut-être que les députés d'en face auraient mieux compris ce qu'il tentait de dire s'ils l'avaient laissé parler et présenter ses arguments d'une traite, mais hélas, nous en sommes là.
En fin de compte, ce que le secrétaire parlementaire et les autres doivent comprendre, c'est que l'inflation constitue l'un des risques les plus importants pour le financement des régimes de retraite. Il s'agit très certainement d'un principe de politique budgétaire sain que tout le monde connaît. Il est tout à fait pertinent d'inclure cet élément dans un sous-amendement à un amendement visant un projet de loi qui concerne la planification budgétaire à long terme du Régime de pensions du Canada.
Les députés d'en face n'en ont toujours pas assez, ce qui montre clairement qu'ils ne comprennent pas que cela a une incidence directe sur la valeur réelle des prestations, sur le montant des passifs et sur l'efficacité des stratégies d'investissement. Je crois que c'est très clair. Tout ce que nous demandons, c'est que des prévisions faisant état de tous ces facteurs soient incluses dans le projet de loi lorsqu'il sera adopté, afin que les Canadiens puissent comprendre ces dispositions. C'est pourquoi ce sous-amendement est à l'étude. Nous espérons qu'ils l'appuieront lorsque viendra le moment de voter.
Merci, madame la présidente.
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D'accord. Pardonnez-moi, chers collègues, et désolé de faire du rattrapage.
La question qui se pose lorsqu'il s'agit du Régime de pensions du Canada est celle de savoir ce à quoi les Canadiens peuvent s'attendre dans les années à venir, puisqu'il s'agit d'un régime dont ils dépendent énormément. L'amendement dont nous parlons ici prévoit, bien entendu, la production de rapports concernant les dollars non indexés et les dollars constants, afin que les gens sachent ce qui se passe.
Comme vous le savez, il s'agit d'un régime de pensions à capital variable. Cela veut dire que les personnes qui cotisent aujourd'hui au régime financent les retraités d'aujourd'hui; elles ne financent pas leur propre régime de pensions. Cela fait partie du problème. Selon des prévisions faites pour 70 ans, ce régime de pensions demeure viable dans un avenir prévisible, et tout cela repose — mon collègue M. Turnbull le sait également — sur des analyses qui ne tiennent pas compte de la possibilité d'imprévus quant aux régimes de pensions canadiens.
Comme je l'ai dit, il s'agit d'une analyse fondée uniquement sur des scénarios. Il serait donc utile d'avoir une idée plus concrète de ce que cela représente, tant en dollars non indexés qu'en dollars constants… Bien entendu, le taux d'inflation est difficile à prévoir, mais le gouvernement parvient assez bien à faire ce genre de prévisions, en se fondant sur les taux des obligations sur 10 et 30 ans. Cela permettrait aux gens d'avoir une meilleure idée des montants auxquels ils peuvent réellement s'attendre ainsi que de la fiabilité à long terme.
À ce stade‑ci, je soulignerai également que la question des régimes de pensions est un sujet sensible pour de nombreuses personnes du secteur financier, qui voient le gouvernement continuer à s'appuyer sur le ratio de la dette au PIB et à considérer les actifs de retraite des Canadiens comme des actifs du gouvernement. Je reçois constamment des messages à ce sujet. Je pense que toute la question des régimes de pensions et de ce que les gens peuvent en attendre doit être très claire, et c'est pour cette raison que cet amendement est proposé.
Qu'est-ce que cela signifie concrètement? Nous avons traversé une période — vous le savez, madame la présidente — durant laquelle nous avons augmenté le montant des cotisations au régime de pensions, puis créé un deuxième palier de cotisation, et maintenant nous réduisons le montant des cotisations. Il est donc difficile pour toutes les personnes concernées de comprendre clairement où ce processus nous mènera. On augmente ce montant, puis on lui impose une surtaxe, en quelque sorte, et, maintenant, on fait marche arrière pour le réduire de nouveau.
Nous procédons chaque fois de la sorte pour garantir la viabilité du régime de pensions. Puis, d'un coup, nous estimons que suffisamment d'argent a été recueilli dans le cadre de ce régime de pensions. Selon une étude que nous venons tout juste de consulter, le régime demeurait viable pendant 70 ans grâce aux montants des cotisations prélevées. Maintenant, nous estimons plutôt qu'il demeure viable même si nous ne percevons pas autant d'argent auprès des Canadiens qu'avant. La situation porte grandement à confusion, et il est nécessaire de procéder à une modélisation financière sérieuse et à une deuxième analyse et d'obtenir d'autres points de vue concernant l'incidence de la situation sur les chiffres qui ont été présentés jusqu'à maintenant, parce que, comme je le dis, il s'agit de prévisions utopiques.
À bien y penser, si on dit que le régime est à peine viable, selon les scénarios financiers les plus optimistes — sans pandémie, sans guerre, sans récession, sans véritable soubresaut dans un avenir prévisible —, ces montants de cotisation assureront la fiabilité du régime de pensions dans un avenir prévisible pour les personnes qui auront réellement besoin de faire des retraits.
Il faut également tenir compte des personnes qui cotisent et de celles qui touchent des prestations. Vous le savez encore une fois, madame la présidente, les cotisants sont généralement des personnes qui travaillent, qui contribuent à l'économie. Le taux de retrait dépend des montants que vous avez cotisés et de la durée de votre vie active pendant laquelle vous avez versé de l'argent dans ce régime. La situation est différente pour les personnes qui ont travaillé pendant des périodes différentes de leur vie, notamment les mères qui peuvent avoir pris congé pour élever leurs enfants. Elles pourraient ne pas avoir droit à une pleine pension dans les années à venir. Il y a aussi les nouveaux Canadiens qui pourraient n'avoir travaillé que quelques années au Canada et dont le pourcentage de cotisation serait moins élevé.
Pour ce qui est de notre taux de natalité au Canada, il s'élève à 1,3 enfant par femme. Cela veut dire que nous n'assurons pas notre propre relève, et que nous allons donc faire venir de la main-d'œuvre qui n'aura pas contribué pleinement au Régime de pensions du Canada, tout en veillant aussi à ce que ces personnes soient soutenues à l'avenir.
Faisons des comparaisons avec d'autres pays, Le Chili a en place un régime de pensions à capital fixe. En effet, votre régime de pensions est basé sur vos propres cotisations: « Voici vos cotisations et ce que vous recevrez à l'avenir ». Il est obligatoire et fonctionne pour l'ensemble du pays. Il s'agit d'un meilleur modèle dans la mesure où, dans le cadre d'un régime à capital variable, comme je l'ai dit plus tôt, les personnes qui cotisent aujourd'hui financent les prestations des retraités d'aujourd'hui. Les prévisions reposent sur un scénario…
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Très bien. Merci. Je comprends. Je voulais simplement que vous me disiez à quel moment je m'étais écarté du sujet.
Nous allons simplement parler du seul aspect qui nous préoccupe maintenant, bien entendu, c'est‑à‑dire les actifs canadiens et l'actif prévu par cotisant et par bénéficiaire. Il s'agit évidemment de la question en jeu.
Pensez au taux actuel de natalité de 1,3 enfant par femme, qui, espérons‑le, augmentera, et à ces personnes qui cotiseront au régime pendant une bonne partie de leur vie active. Il faut également tenir compte du nombre de travailleurs qui devront venir au Canada et qui vont eux aussi y cotiser dans une certaine mesure.
Vous avez aussi visité des résidences pour personnes âgées, madame la présidente. Certaines de ces personnes n'ont pas cotisé au régime durant toute leur vie active ou durant ce qui aurait dû être leur vie active, et elles ont maintenant de la difficulté à joindre les deux bouts. Il s'agit maintenant de savoir comment nous allons aborder la situation en tenant compte de l'expérience personnelle.
J'ai parlé précédemment de pays semblables parce que chaque personne concernée peut savoir clairement à quoi s'attendre quant aux prestations qu'elle recevra. La situation est assez claire dans certains autres pays. C'est la raison pour laquelle j'ai établi cette comparaison.
Le fait que des rapports puissent être produits au sujet de notre régime de pensions et que des actuaires établissent des prévisions à cet égard est essentiel, notamment pour les parlementaires, car, étant donné que le Régime de pensions du Canada est censé être géré de façon indépendante, nous parlons de retenues obligatoires sur les paies des gens. La retenue sur la paie correspond bien sûr à un palier de cotisation qu'ils doivent verser à chaque paie, et ce palier change. Pourquoi change‑t‑il? Quelle incidence cela a‑t‑il sur la fiabilité à long terme du régime de pensions?
Je pense que cet aspect est très important. Je pense que cela nous permet aussi de comprendre où en est le gouvernement à l'égard de sa modélisation portant sur l'inflation à long terme, parce que tout dépend des facteurs dont tient compte la modélisation. Si la modélisation est erronée et prévoit un faible taux d'inflation à perpétuité, alors on peut remettre tout cela en question, et les Canadiens peuvent penser que le gouvernement s'attend à ce qu'il n'y ait aucune augmentation de l'inflation au cours des 70 prochaines années. Il s'agit peut-être d'une analyse erronée, mais c'est le genre de choses au sujet desquelles les Canadiens ont besoin de transparence, notamment lorsqu'il est question de ce que leur apporteront à long terme, à titre individuel, les cotisations qu'ils ont versées au régime de pensions.
Faire preuve d'un peu plus de rigueur aidera les personnes qui préparent ces analyses. Il faut également veiller à avoir en place un système efficace à long terme pour les Canadiens.
À mon avis, la question de la modification de la formule est, à ce stade‑ci, affligeante pour de nombreux professionnels du secteur financier. Cela revient à dire que ce régime de pensions n'était pas viable il y a trois ans. Le gouvernement a dû augmenter le taux et imposer une surtaxe pour le rendre viable. Et maintenant, nous disons qu'il pourrait être viable si nous réduisons le taux. Ce changement de position sème la confusion parmi les Canadiens au sujet de la transparence des renseignements sur ce que leur rapporteront leurs cotisations. Nous devons nous assurer que les choses sont très claires, et l'information doit être accessible.
Si l'information qui porte sur la façon d'établir nos modèles est cohérente avec la manière dont d'autres actifs sont modélisés dans le monde — parce qu'il existe toutes sortes de modèles, dans le secteur privé, qui indiquent les montants que les gens recevront en fonction de leurs cotisations à des régimes à prestations déterminées et montrent les cotisations versées, les prestations qui seront reçues et les facteurs qui déterminent ces montants —, cela voudrait dire que tout repose sur une base actuarielle et que nous pouvons avoir une idée claire des calculs exacts à faire.
J'essaie toujours de rappeler à mes collègues qu'il y a des calculs à faire à l'égard de ces questions, qui doivent, en définitive, tenir compte de l'argent qui entre et de l'argent qui sort. Si c'est le contribuable canadien qui doit renflouer un régime de pensions déficient à long terme, cela nous appauvrit tous. Assurons-nous d'avoir une vision très claire de la situation. Il est important de procéder à une modélisation parce que le taux d'inflation hypothétique est le facteur qui déterminera si le régime répond aux besoins à long terme des Canadiens.
Si nous prévoyons un taux élevé d'inflation, les gens se rendront compte que les dollars qu'ils dépensent aujourd'hui rapporteront moins, en raison de l'inflation, et que leur pouvoir d'achat sera moindre dans 10 ans, au moment de leur retraite, et cela est bien sûr une source d'inquiétude pour tout le monde. Nous avons connu des périodes de forte inflation qui n'avaient pas été prévues par l'analyse actuarielle intégrée au modèle de viabilité qu'avait utilisé l'actuaire en chef, il y a trois ans, lorsqu'il avait déclaré que le régime était viable. Ce sont des facteurs qui peuvent changer en cours de route, mais en fin de compte, les chiffres comptent.
Pour ce qui est des parlementaires, notre rôle consiste à examiner ces chiffres. Si nous utilisons un modèle, nous pouvons dire que le régime est viable à un taux de cotisation donné, en fonction du montant que recevront les gens et du taux d'inflation dont tiennent compte les prévisions. Disons que le taux d'inflation est de 5 %, ce qui est très élevé en réalité, mais il s'avère qu'il est de 10 %. Les gens se rendront compte que leur pouvoir d'achat sera considérablement réduit en raison du taux d'inflation imposé par le gouvernement à ce stade‑là. Ils se diront que le régime de pensions auquel ils cotisent ne leur permet plus de subvenir à leurs besoins à long terme. Nous devons nous assurer que les personnes qui y cotisent le comprennent bien, car elles s'attendent non seulement à recevoir finalement un paiement, mais à recevoir un montant qui leur permettra de subvenir à leurs besoins, qu'il soit question de la nourriture, du loyer ou des soins dont elles auront besoin durant leurs vieux jours. Voilà la raison d'être d'un régime de pensions. Madame la présidente, vous le savez bien.
Nous avons parlé du fait que le gouvernement a mis sur pied le Régime de pensions du Canada grâce à une collaboration avec neuf provinces et à la participation d'actuaires, afin de garantir la viabilité du régime offert aux Canadiens durant leur retraite. Les débuts ont été difficiles. Au départ, les personnes qui cotisaient au régime finançaient les prestations versées à leurs grands-parents qui prenaient leur retraite à ce moment‑là. Il s'agissait d'un système où l'argent entrait et ressortait aussitôt. Au fil des ans, nous avons tenté de constituer un fonds.
Ce sont les mécanismes du marché qui déterminent le taux de rendement. On constate que les taux de rendement reflètent la croissance continue des marchés boursiers. Les actions ont connu une hausse constante pendant un certain nombre d'années, malgré de brefs ralentissements, notamment en 2000, bien entendu, et en 2008 et, dans une moindre mesure, en 2015, qui n'ont toutefois pas touché l'ensemble du marché. Réfléchissons aux répercussions que cela a à long terme.
Mes collègues de ce côté‑ci savent que j'étais gestionnaire de portefeuille avant de travailler ici. Il est très important d'avoir une idée claire de ce qui s'en vient et de ce qui nous attend en matière de rendement. Évaluer son rendement en se comparant au marché est une excellente manière de déterminer si l'on gère efficacement les actifs de ses clients, et je ne suis pas certain que l'on puisse ici le déterminer clairement.
Avoir une meilleure idée du montant que verse chaque personne en cotisations, à la fois en dollars indexés et en dollars constants… J'ai conscience que moins de 1 % de la population consultera ce rapport. Toutefois, ce pourcentage de la population devrait se trouver autour de cette table, car nous avons la responsabilité de nous assurer que, en fin de compte, les fonds que nous mettons de côté servent à atteindre l'objectif prévu et à répondre aux besoins à long terme des Canadiens. C'est la nature même du régime de pensions.
Cela dit, je crois avoir dit tout ce que je pouvais dire à ce sujet, madame la présidente. Je cède la parole à quelqu'un d'autre. Si vous pouviez tenir compte de ces observations, je crois qu'elles pourraient être utiles.