[Traduction]
Je vous souhaite la bienvenue à la neuvième réunion du Comité permanent de l'environnement et du développement durable.
Cette réunion se déroule sous forme hybride et est publique. Nous entendrons des témoins pendant les deux heures qu'elle durera.
Je prie les gens qui participent en personne de suivre les consignes de santé et sécurité relatives à l'utilisation des oreillettes. Elles sont inscrites sur les cartes disposées sur les tables.
[Français]
Le Comité reprend son étude sur l'efficacité, les améliorations possibles et la capacité du Plan de réduction des émissions pour 2030 du Canada.
[Traduction]
Je vous présente les témoins qui seront avec nous ce matin.
Nous accueillons Mme Rachel Doran, directrice exécutive chez Clean Energy Canada.
C'est un plaisir de vous avoir parmi nous.
Nous recevons également M. Renaud Brossard, vice-président, Communications, et M. Gabriel Giguère, analyste principal en politiques publiques, de l'Institut économique de Montréal.
[Français]
Je vous souhaite la bienvenue.
Chaque témoin dispose de cinq minutes pour faire son allocution d'ouverture. Cependant, le greffier m'a informé que les représentants de l'Institut économique de Montréal allaient se partager le temps de parole. Est-ce bien le cas?
:
Je remercie les membres du Comité. Bonjour.
Clean Energy Canada est un groupe de réflexion national basé à l'Université Simon Fraser, qui se concentre sur l'accélération de la transition vers l'énergie propre au pays.
Lorsque le Canada a lancé son plan de lutte contre les changements climatiques, en 2020, il s'est joint à une vague mondiale d'actions caractérisées par une solide coopération internationale, de faibles taux d'intérêt, une politique descendante et un accent particulier sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Ce travail a donné lieu à des progrès. Les politiques déjà en place à tous les paliers de gouvernement devraient entraîner une réduction des émissions de 24 % par rapport aux niveaux de 2005 d'ici 2030. Cependant, comme une grande partie du reste du monde, le Canada se trouve maintenant à un point d'inflexion. D'une part, nous ne pouvons pas tourner le dos à la lutte contre les changements climatiques. Ce n'est plus seulement un impératif moral, mais aussi économique. Cette année, les deux tiers des investissements mondiaux dans l'énergie seront consacrés aux technologies propres. Les 10 plus importants partenaires commerciaux du Canada, mis à part les États-Unis, ont des engagements de carboneutralité et une tarification du carbone, et environ la moitié d'entre eux mettent en place des mécanismes d'ajustement à la frontière pour le carbone et des exigences nationales en matière de véhicules électriques. Par ailleurs, cette nouvelle ère exige une approche renouvelée, qui fait ressortir la façon dont les réductions des émissions peuvent également permettre de réduire les coûts pour les ménages et d'assurer la compétitivité du Canada, mais pour cela, il faut un regroupement, et non pas un repli, avec un nouvel accent sur l'action maintenant, plutôt que sur l'ambition pour l'avenir.
Une nouvelle approche devrait reposer sur les principes suivants.
Premièrement, au Canada, notre devise doit être « Électrifie, chéri, électrifie ». La transition est déjà en cours. Une voiture sur quatre vendue dans le monde cette année sera électrique. Les énergies renouvelables, comme le solaire, l'éolien et l'hydroélectricité, constituent maintenant plus du tiers de l'offre d'électricité à l'échelle mondiale, devançant le charbon, et elles devraient répondre à 95 % de la croissance de la demande d'ici 2027. Les investissements dans les technologies propres sont supérieurs de 50 % aux dépenses totales pour le pétrole, le gaz et le charbon à l'échelle mondiale. Tout cela s'explique par le fait que l'électricité est environ trois fois plus efficace que les combustibles fossiles et que son coût baisse à mesure que l'échelle augmente, l'électrification devenant de plus en plus un choix économique.
Le Canada a ce qu'il faut pour être un chef de file dans ce nouvel environnement: un climat d'investissement stable, une énergie propre, des ressources naturelles abondantes, une capacité d'innovation et une main-d'œuvre qualifiée. Selon une projection de 2021 concernant le secteur canadien de l'énergie propre, celui‑ci devrait représenter 107 milliards de dollars du PIB d'ici 2030, avec 58 milliards de dollars en investissements et 600 000 emplois.
Les investissements dans l'énergie propre rapportent également davantage. Chaque dollar investi dans des bâtiments verts entraîne la création de 2,8 fois plus d'emplois que celui investi dans les combustibles fossiles, et 1,5 fois plus dans le cas de l'énergie solaire.
Au cours des cinq prochaines années, nous devons mettre l'accent sur les technologies qui sont déjà prêtes à être mises en œuvre, et nous devons assurer leur mise à l'échelle, tout en aidant les industries stratégiques à se réorienter pour demeurer concurrentielles dans ce virage mondial. Pour ce faire, il faudra un soutien stratégique approprié, notamment de nouvelles mesures d'aide aux consommateurs, comme des subventions et des prêts pour les aider à adopter les véhicules électriques et les thermopompes, ainsi que des codes du bâtiment mis à jour pour s'assurer que nous bâtissons maintenant en fonction de cet avenir électrifié. Le gouvernement fédéral peut également contribuer à la modernisation et à l'expansion des réseaux électriques en mettant la dernière main au crédit d'impôt à l'investissement dans l'électricité propre, en tirant parti de la Banque de l'infrastructure du Canada et en traitant un réseau canadien unifié comme un projet d'édification nationale moderne.
Deuxièmement, nous devons prioriser une courte liste de politiques rentables à impact élevé, qui peuvent contribuer à faire le gros du travail. Au cours de la dernière décennie, le Canada a mis en place un cadre réglementaire solide. Nous devons en tirer parti, et non pas le démanteler, mais nous pouvons nous concentrer sur les politiques qui contribuent le plus à la réduction des émissions ainsi qu'à la compétitivité et aux économies de coûts pour les Canadiens. Cela signifie qu'il faudra renforcer la tarification du carbone dans le secteur industriel, l'outil le plus rentable dont nous disposons, et appuyer les investissements propres dans des projets comme celui de la société minière Agnico Eagle dans le Nord de l'Ontario. La finalisation de la réglementation sur le méthane peut offrir un moyen rapide et peu coûteux de réduire les émissions de l'un des gaz à effet de serre les plus nocifs à court terme. Le maintien de la norme en ce qui a trait à la disponibilité des véhicules électriques, même avec des cibles à long terme légèrement réduites, peut entraîner la réduction des émissions dans l'un des secteurs les plus polluants, tout en permettant aux Canadiens d'économiser des milliers de dollars à la pompe. Le Règlement sur l'électricité propre est essentiel pour envoyer un signal au marché, afin de s'assurer que l'énergie utilisée pour nous brancher est verte, au fur et à mesure de l'électrification des ménages et des industries.
Troisièmement, nous devons créer une dynamique en mettant à jour la façon dont nous mesurons le succès. Les cinq prochaines années doivent être définies par des solutions et des résultats concrets. Nous devons nous engager dans la transition énergétique avec un sentiment d'optimisme et d'accomplissement, des années de recherche sur l'opinion publique ayant démontré que les Canadiens se soucient davantage des gains réalisés que de ce qui n'est supposément pas à leur portée. Au cours des cinq prochaines années, nous devons nous efforcer de compléter ces cibles d'émissions par des mesures claires et tangibles qui seront pertinentes pour les Canadiens, comme le nombre de thermopompes dans les maisons, le nombre de kilomètres de lignes de transport construites et l'exploitation de mines de minéraux critiques d'ici 2030, ainsi que la somme des investissements directs étrangers dans l'économie propre.
Cela dit, nous continuons d'avoir besoin d'objectifs réalisables et fondés sur la science pour 2035. L'objectif unique de carboneutralité peut se substituer dangereusement à l'action immédiate, les actions tardives pouvant entraîner des coûts plus élevés. Nous ne profiterons pas des occasions qui s'offrent et nous ne serons pas à la hauteur de nos obligations climatiques en agissant moins. Il est maintenant temps de bâtir, d'innover et de veiller à ce que le Canada conserve sa place en tant que superpuissance de l'énergie propre dans un monde qui évolue rapidement, parce que l'avenir est à nos portes.
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Bonjour à tous et à toutes.
Je tiens à vous remercier de nous avoir invités à témoigner. Mon collègue Gabriel Giguère et moi-même sommes très heureux d'être ici afin de discuter de certaines politiques adoptées par le gouvernement canadien pour des motifs environnementaux et des effets anticipés que ces politiques auront sur l'économie, en particulier sur les familles, les travailleurs et les consommateurs canadiens qui la composent.
Sous le motif de la protection de l'environnement, le gouvernement fédéral a adopté une série de nouvelles lois et mis en place une panoplie de nouvelles normes et de nouveaux règlements qui ont une incidence directe sur le quotidien des Canadiens et des Canadiennes, que ce soit en leur qualité de consommateurs, de travailleurs ou de contribuables.
Parmi les mesures mises en avant, l'une des plus coûteuses pour le consommateur est aujourd'hui mise sur pause, alors que le gouvernement fédéral prend le temps de la réviser. Je parle ici de la norme sur la disponibilité des véhicules électriques ou, comme elle est plus communément appelée, l'interdiction graduelle des véhicules à essence. Largement considérée comme irréaliste par les Canadiens et les Canadiennes, cette norme impliquerait de restreindre progressivement la vente de véhicules à essence jusqu'à ce que ceux-ci ne puissent plus être achetés neufs par les consommateurs, et ce, sur un horizon de 10 ans.
Outre le fait que les véhicules électriques qui les remplaceraient coûtent beaucoup plus cher à l'achat, soit autour de 6 720 $ de plus pour une berline ou 11 490 $ de plus pour un véhicule utilitaire sport, selon les calculs du directeur parlementaire du budget, le gouvernement fédéral, en adoptant une telle interdiction, a omis de considérer la capacité des réseaux électriques provinciaux à faire face à l'augmentation de la demande électrique qui en découle. Selon certaines estimations, une telle mesure pourrait accroître la demande en électricité de 7,5 à 15,3 % et imposerait des dépenses allant jusqu'à 294 milliards de dollars pour la mise à niveau des réseaux et des installations de production des compagnies d'électricité du pays.
Soyons clairs, ces 294 milliards de dollars de dépenses additionnelles, ce sont les entreprises et les familles canadiennes reliées aux réseaux électriques qui les absorberont en hausses tarifaires, si l'interdiction de vente des véhicules à essence est maintenue.
Les Canadiens ne sont pas que des consommateurs. Ce sont aussi des travailleurs et des contribuables, pour ne nommer que deux autres des étiquettes qui leur sont apposées.
Sur ces pans, l'adoption d'une politique de plafonnement des émissions dans le secteur énergétique canadien a été particulièrement dommageable et elle n'offre aucun bénéfice concret pour les Canadiens et les Canadiennes. Qu'une tonne de CO2 soit émise par le secteur canadien de l'énergie ou lors de la fabrication d'un nouvel avion dans les installations de Bombardier, à Mirabel, son effet demeure le même. Pourtant, en ce moment, le gouvernement traite ces deux activités différemment, en plafonnant l'une et en laissant libre cours aux projets de l'autre.
Dans le contexte du marché mondial de l'énergie dans lequel nos entreprises évoluent, ni le gouvernement fédéral canadien ni les entreprises canadiennes n'ont d'effet sur la demande globale en énergie. Chaque baril de pétrole canadien ou chaque mètre cube de gaz canadien qui reste dans le sol, résultant d'une législation ou d'un règlement, est systématiquement remplacé par un équivalent en provenance d'autres pays producteurs, tels la Russie, l'Iran et le Venezuela, qui, eux, ne sont pas soumis au strict environnement réglementaire canadien.
De telles politiques bloquent la croissance de l'industrie énergétique canadienne et ont un coût important. Elles empêchent la création d'emplois bien rémunérés d'un océan à l'autre et, par le fait même, l'obtention de revenus fiscaux importants pour les gouvernements fédéral et provinciaux du Canada. Autrement dit, il s'agit d'une politique qui n'a que des coûts sans offrir de bénéfices.
Bien que le gouvernement actuel ait déjà fait quelques bons pas pour redonner un peu de vigueur à l'économie canadienne, en mettant en veilleuse certaines des politiques les plus dommageables des dernières années, on ne peut qu'espérer qu'il ira plus loin et profitera de l'occasion pour réformer le processus d'approbation brisé, qui nous empêche de mener de grands projets. Si le projet de loi aide un peu, il serait préférable que le Canada se dote d'un processus d'approbation qui soit rapide par défaut plutôt que par exception.
Je vous remercie de votre temps et de votre attention.
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Le Canada a un rôle important à jouer à deux égards. Il doit d'abord attirer des investissements au Canada et stimuler ces industries qui, comme je l'ai mentionné dans ma déclaration préliminaire, joueront un rôle de plus en plus important à l'échelle mondiale, peu importe la direction que prendra le Canada. Il faut veiller à avoir un réseau électrique structuré, en vue de stimuler les investissements et la production industrielle ici au Canada.
Comme l'a également mentionné mon collègue dans ses observations, cela est aussi important pour l'abordabilité pour les ménages et la sécurité énergétique. Certaines des technologies que je décris... En ce qui concerne les véhicules électriques, nous avons réalisé de nombreuses études sur le coût total d'en posséder un. La dernière fois que nous avons examiné ces chiffres, nous avons constaté que les Canadiens pouvaient économiser en moyenne 3 000 $ par année pendant toute la période où ils possèdent un tel véhicule. Cette économie pourrait atteindre 30 000 $.
Ces chiffres varient selon les soutiens disponibles, mais il est prouvé statistiquement que l'électricité coûte moins cher que l'essence. Il est vraiment important que le gouvernement réfléchisse aussi à l'autre aspect de la question et à la façon de veiller à ce que les ménages canadiens profitent de cela. Il est prouvé qu'ils cherchent à obtenir le soutien du gouvernement pour pouvoir profiter de la transition énergétique à l'échelle mondiale et passer à l'électrification.
Je pense qu'en s'appuyant sur le genre d'industries qui, de toute évidence... De nombreuses études ont examiné notre potentiel de valeur ajoutée dans le secteur forestier et l'importance des minéraux critiques pour un certain nombre d'industries énergétiques vertes. Le Canada a beaucoup à offrir. Cela ne se limite pas à une chaîne d'approvisionnement, mais en englobe plusieurs. Nous devons vraiment examiner certains des domaines où le Canada peut utiliser ses capacités d'innovation, sa main-d'œuvre et son avantage en amont.
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Encore une fois, je vous remercie de la question.
[Traduction]
Je dirais qu'une chose sur laquelle nous mettons l'accent — et c'est pourquoi j'ai vraiment insisté sur les cinq prochaines années dans mon exposé —, c'est que nous pouvons faire tellement de choses aujourd'hui de façon rentable. Je pense que l'un des défis liés aux conversations sur les émissions, c'est que nous avons tendance à mettre l'accent sur les 10 % restants plutôt que sur les 90 % pour lesquels nous avons des solutions rentables. Nous avons les technologies, et elles sont prêtes à être utilisées. Il suffit de les mettre à l'échelle.
L'objectif de notre organisation est vraiment de réfléchir à la façon dont nous pouvons amplifier le rôle de l'électricité dans les maisons et les immeubles au Canada, au profit des consommateurs et des ménages canadiens. Comment pouvons-nous l'utiliser pour attirer des industries qui seront de plus en plus concurrentielles, compte tenu de cette nouvelle révolution au chapitre des technologies électriques que nous voyons partout dans le monde?
Je pense, en tout respect pour votre question, que nous connaissons la réponse pour atteindre 95 %. À mon avis, c'est l'une des raisons pour lesquelles il est important de ne pas se concentrer uniquement sur 2050 ou sur le genre de solutions finales qui pourraient être remises en question dans 20 ans. Nous avons 90 % des solutions, et il suffit de les déployer.
:
Absolument. Je vous remercie de la question.
Je pense qu'une bonne partie de la réponse est liée à certains éléments dont nous avons parlé dans notre exposé. Si nous examinons des choses comme l'obligation relative aux véhicules électriques, par exemple, les Canadiens sont très clairs. Nous les avons sondés à ce sujet. Ils trouvent irréaliste l'obligation de vendre uniquement des véhicules électriques d'ici 2035.
C'est en partie à cause de nos infrastructures électriques. Si nous voulons imposer quelque chose de ce genre, il nous faudra accroître beaucoup notre capacité de production. Selon certaines estimations, qu'il faudra entre 7,5 et 15,3 % de capacité de production supplémentaire.
La capacité de production n'est pas la seule chose. Nous avons également besoin d'une plus grande capacité de transport des centrales vers les foyers. Nous avons aussi besoin d'un réseau électrique amélioré. Selon certaines estimations, cela pourrait coûter 294 milliards de dollars.
Je ne sais pas pour vous, mais la dernière fois que j'ai examiné le budget fédéral, je n'ai pas vu de réserve de 294 milliards de dollars. Je ne vois pas de telles sommes au niveau provincial non plus. Il s'agira d'un coût important qui sera assumé par les consommateurs d'électricité de toutes les provinces, au fur et à mesure que ce changement se produira. C'est pourquoi nous disons qu'il s'agit d'un non-sens économique.
Il y a une foule d'autres choses. Je pense que le plafond d'émissions est un autre exemple où nous nous privons de beaucoup d'emplois très bien rémunérés, avec très peu d'effet — en fait, aucun effet — sur la demande mondiale pour ces énergies. Essentiellement, c'est comme si nous exportions simplement des emplois bien rémunérés vers d'autres pays qui ne veulent pas adopter de lois pour abolir cette industrie.
Je pourrais continuer, mais ce sont là quelques‑uns des exemples les plus frappants.
:
Oui. Pour commencer, cela dépend de la façon dont vous posez la question.
Nous avons également sondé les Canadiens au sujet de la norme de disponibilité des véhicules électriques, et les deux tiers d'entre eux, soit 66 %, appuient ce règlement tel quel ou moyennant quelques ajustements mineurs. Je crois que c'est parce que la grande majorité des Canadiens savent que les véhicules électriques permettent d'économiser de l'argent à terme.
Certains des arguments présentés ici partent peut-être de l'idée qu'il s'agirait d'un investissement public visant à inciter les gens à se tourner vers les véhicules électriques. Selon les prévisions de cette année, un véhicule sur quatre vendu dans le monde sera électrique. Les gens font ce choix parce qu'ils économiseront de l'argent à terme. C'est ce qui se passe dans des pays comme la Thaïlande et d'autres petits pays moins développés que le Canada.
Les objectifs de la réglementation canadienne sur les émissions sont déjà atteints partout dans le monde. L'Autriche en est à 24 % et la Belgique, à 43 %. Les véhicules électriques y ont déjà été adoptés.
Au Canada, la recharge des voitures électriques se fera dans l'entrée de la maison. Dans environ 80 % des cas, les gens n'auront pas besoin d'aller à une station-service; ils rechargeront leurs véhicules directement chez eux.
Cela étant, l'idée de s'assurer que la norme est... On s'apercevra que cela fait baisser le coût initial des véhicules électriques, et, comme mon collègue l'a rappelé, ce coût est un obstacle à leur adoption. Le règlement peut contribuer à résoudre ce problème moyennant quelques petits ajustements tels que les gens auront le sentiment qu'ils y gagneront au fil du temps et que la norme sera remaniée pour répondre à leurs besoins en matière d'abordabilité. C'est un élément important de l'approche du Canada.
:
Absolument, et je vous remercie de la question.
Je pense que vous avez raison de parler du coût d'opportunité. C'est l'un des principaux enjeux dont on ne tient pas compte, notamment dans les politiques comme le mandat relatif aux véhicules électriques.
Nous imposons une très lourde charge au réseau. L'obligation de vendre exclusivement des véhicules électriques d'ici 2035 exigera davantage d'investissements dans le réseau électrique. Selon certaines estimations, il faudrait 294 milliards de dollars pour seulement répondre aux besoins découlant de la mise en service des VÉ.
Il faut également songer, bien sûr, aux emplois qui ne seront pas créés parce que cette électricité aurait pu servir à alimenter d'autres secteurs d'activité canadiens.
Je suis désolé. J'ai répondu à une partie de votre question et je voudrais bien revenir à la première partie, mais j'ai un trou de mémoire.
:
Vous avez tout à fait raison. En effet, l'intelligence artificielle est très énergivore, et nous voulons que cela passe en partie par l'électricité du Canada, par l'énergie produite par du Canada, mais plus nous avons de politiques contraignant d'autres parties à s'électrifier plus rapidement qu'elles ne le feraient autrement, plus c'est difficile pour le réseau et plus la pression sur le réseau est grande.
Ensuite, bien sûr, comme vous l'avez dit tout à l'heure dans votre question, il y a la question de l'intermittence. Quand on se branche sur des sources d'énergie renouvelables, il y a des moments où elles fonctionnent — et c'est très bien, car elles sont très peu coûteuses —, et d'autres, non, et on a donc toujours besoin d'une alimentation de secours.
Quand on écoute les gens dans la rue, la plupart ne parlent pas d'énergies renouvelables par opposition aux non renouvelables. Ils parlent de la charge de base comparativement à l'intermittence. La plupart des sources d'énergie renouvelable actuelles sont malheureusement des sources intermittentes, mais il en existe d'autres. Il y a le nucléaire. Il y a l'hydroélectricité. Il y a aussi, bien sûr, le pétrole, le gaz et le charbon, qui sont des sources de base et qui restent un élément important du réseau énergétique canadien.
:
Merci beaucoup aux témoins.
Nous discutons d'une étude sur les cibles de réduction des GES au Canada d'ici 2030, et nous nous demandons si nous allons les atteindre et, dans la négative, comment mieux les atteindre. J'ai l'impression que nous sommes presque en train de nous demander s'il faut participer à la lutte contre les changements climatiques, mais ce n'est pas le but de l'étude.
Il y a des chefs de file et des traînards dans tous les secteurs d'activité. Le Canada essaie d'être un chef de file à bien des égards, notamment en matière de compétitivité climatique. On ne peut pas avancer collectivement si c'est « nous contre eux », et on parle beaucoup de... Vous savez, nous avons besoin d'une transition juste vers une économie à faibles émissions de carbone, et je me demande, madame Doran, si vous pourriez nous parler un peu de la réflexion entourant la restructuration des microcertifications et la capacité pour les travailleurs du secteur des combustibles fossiles aujourd'hui de continuer à jouer ce rôle, pour avoir des carrières florissantes et prendre soin de leurs familles dans cette transition vers laquelle nous nous dirigeons.
Nous savons qu'il y aura une diminution globale des emplois dans le secteur des combustibles fossiles d'ici 2050, mais il y aura presque deux fois plus d'emplois dans le secteur de l'énergie propre. J'aimerais savoir ce que vous en pensez.
:
Nous reprenons la séance.
Le Comité reprend son étude sur l'efficacité, les améliorations possibles et la capacité du Plan de réduction des émissions pour 2030 du Canada.
[Traduction]
Cet après-midi, le Comité se réunit avec les témoins suivants.
Du gouvernement de l'Alberta, la première ministre Danielle Smith se joint à nous par vidéoconférence. Soyez la bienvenue, madame.
Nous accueillons Christopher Bataille, chercheur principal chez Net Zero Industry. Nous accueillons également Merran Smith, président de Nouvelle économie Canada, qui se joint à nous par vidéoconférence.
Mesdames et messieurs les témoins, vous me verrez lever ce carton quand votre temps sera presque écoulé. Il vous restera une minute. Quand je l'aurai levé de nouveau, votre temps sera écoulé, et nous nous arrêterons pour passer au prochain interlocuteur.
[Français]
Chaque témoin dispose de cinq minutes pour faire son allocution d'ouverture.
[Traduction]
Nous allons commencer par la première ministre Danielle Smith. Vous avez cinq minutes, madame. Merci.
:
Merci beaucoup, monsieur le président et mesdames et messieurs, de m'avoir invitée à prendre la parole aujourd'hui devant le Comité permanent de l'environnement et du développement durable.
Je suis heureuse d'être ici pour vous fournir des détails précis et de l'information actuelle sur le plan de réduction des émissions et de développement énergétique de l'Alberta. Beaucoup de choses ont changé depuis que mon gouvernement a rédigé ce plan et l'a rendu public en 2023, et il me semble important d'expliquer comment nous nous adaptons aux nouvelles réalités géopolitiques mondiales et comment nous tenons compte de la sécurité énergétique, des préoccupations liées à l'abordabilité et des difficultés économiques auxquelles tous les Canadiens font face aujourd'hui.
Le plan de réduction des émissions et de développement énergétique de l'Alberta a été conçu pour être pragmatique et réalisable et pour faire en sorte que les Albertains aient accès à une énergie abordable et fiable, qu'il s'agisse des entreprises commerciales ou des particuliers. Notre plan vise une économie carboneutre d'ici 2050.
L'Alberta est à l'avant-garde mondiale en matière de réduction des émissions, et la province a fait des progrès importants sur plusieurs fronts. Nous avons été la première province à adopter une tarification du carbone en 2007 et ce que nous appelons notre programme TIER, qui est un programme industriel reconnu pour appuyer l'innovation et la recherche en matière de réduction des émissions dans de nombreux secteurs, dont le pétrole et le gaz. L'Alberta a atteint des cibles de réduction du méthane envisagées de 2014 à 2023 trois ans plus tôt que prévu, et les entreprises continuent d'investir pour réduire nos émissions de méthane. Peu de gens savent que l'Alberta a également éliminé la production d'électricité à partir du charbon en 2024, bien avant la date prévue.
Les entreprises d'exploitation des sables bitumineux de l'Alberta ont réduit les émissions par baril de 25 % depuis 2013, et nous avons maintenu nos émissions globales à un niveau stable tout en augmentant la production. Pour ce faire, nous avons réduit notre consommation de gaz naturel et amélioré les ratios vapeur-pétrole, ainsi que l'extraction assistée par solvant. Tous ces facteurs réduisent l'intensité globale par baril.
Comme chef de file du secteur canadien de l'énergie, nous sommes en voie de doubler la production pétrolière et de permettre au Canada d'attirer des capitaux, d'accroître considérablement son PIB, de réduire sa dépendance envers les États-Unis et de créer des centaines de milliers d'emplois tout en diversifiant ses marchés commerciaux à l'échelle mondiale.
Les ressources naturelles de l'Alberta sont plus abondantes que celles d'un grand nombre des pays du G7, même en en combinant quelques-uns. Nous venons tout juste de terminer un examen des ressources de la province, et nos réserves s'élèvent maintenant à 1,8 billion de barils de pétrole, dont 167 milliards peuvent être récupérés grâce à la technologie moderne. Nous avons aussi 1,36 trillion de pieds cubes de gaz, dont 144 billions de pieds cubes sont récupérables avec la technologie moderne.
Le Canada et l'Alberta peuvent être une superpuissance énergétique mondiale. Nous pouvons débloquer de nouveaux investissements massifs dans les centres de données, les infrastructures et le développement pétrochimique. Le pétrole et le gaz peuvent générer des dizaines, voire des centaines de milliards de dollars en redevances et en impôts, et permettre de créer milliers d'emplois bien rémunérés qui seront source de richesse dans toutes les provinces. Nous réalisons progressivement nos ambitions grâce à un nouvel oléoduc et à la réduction nécessaire des émissions des exploitants des sables bitumineux qui dirigent l'initiative Pathways.
Il y a un problème. Nous devons dissocier et éliminer une foule de lois nuisibles adoptées par le gouvernement Trudeau dans les dix dernières années. Parmi les pires mesures tueuses d'investissements, il y a le plafond des émissions de pétrole et de gaz, le projet de loi , que nous appelons le projet de loi visant à interdire la construction de nouveaux pipelines, le projet de loi , qui interdit la circulation des pétroliers, et le règlement sur l'électricité propre, qui pénalise le secteur de l'énergie de l'Alberta, fera grimper le prix de l'énergie pour les Canadiens et fera du gaz naturel une matière première défavorisée.
Ces règlements et ces politiques ont provoqué une stagnation économique et l'un des pires actes d'automutilation de l'histoire économique du Canada. Ces politiques — et il y en a plus que celles que j'ai énumérées — ont fait en sorte que, depuis 120 jours, des entreprises canadiennes ont annoncé des investissements de capitaux de plus de 20 milliards de dollars aux États-Unis.
Le Canada pourrait être une puissance énergétique mondiale. Nous pouvons fournir à notre population et au monde une énergie fiable et éliminer la pauvreté énergétique pour des milliards de personnes. Nous pouvons et nous devons agir pour attirer des investissements dans tous les grands secteurs des ressources et générer des revenus et de l'activité économique dans l'intérêt de notre grand pays.
Les Canadiens se sont exprimés clairement dans un récent sondage. Ils appuient la construction d'un nouveau pipeline pour exporter notre pétrole vers l'Asie. Le gouvernement fédéral doit faire ce qui s'impose et éliminer ces lois nuisibles.
Je suis heureuse de constater les progrès découlant de la cessation de l'interdiction des voitures à essence et de la suppression de la taxe sur le carbone imposée aux consommateurs, mais il reste encore beaucoup à faire. La viabilité économique de notre pays est en jeu, compte tenu des changements à venir dans le secteur de la fabrication et celui de l'acier et de l'aluminium et d'une renégociation très difficile de l'ACEUM. Nous devons libérer nos forces énergétiques à l'échelle du pays, et l'Alberta est prête si Ottawa collabore avec nous pour faire ce qui s'impose.
Merci. Je me ferai un plaisir de répondre à vos questions.
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Mes propos vont nous mener vers une conclusion légèrement différente.
L'inventaire des gaz à effet de serre du Canada fournit un dossier historique clair sur la taille et l'orientation de nos émissions sectorielles. Bien que notre population et notre économie soient en croissance, les émissions provenant de la production d'électricité ont diminué de façon constante, celles des bâtiments et des transports sont demeurées à peu près inchangées et les émissions des secteurs non pétroliers et gaziers diminuent lentement, tandis que celles du secteur pétrolier et gazier, au cours de ma carrière, ont connu une croissance suffisante pour annuler presque toutes les réductions dans d'autres secteurs. Cette tendance est demeurée constante depuis une trentaine d'années.
Bref, nous avançons trop lentement, mais dans la bonne direction dans la plupart des secteurs, et très rapidement dans la mauvaise direction pour le pétrole et le gaz. Ces dynamiques signifient que nous n'atteindrons presque certainement pas nos cibles de 2030 et que nous n'atteindrons probablement pas les objectifs de l'Accord de Paris pour 2050 sans des changements importants. Nos politiques actuelles sont tout simplement trop faibles ou absentes dans certains secteurs. Comment pouvons-nous nous attaquer à ce problème de façon réaliste sur le plan politique?
Pour commencer, dans la plupart des cas pour les émissions des ménages, des institutions, des transports et de l'industrie légère, nous avons des options pour électrifier proprement le secteur, souvent en apportant certains changements organisationnels et d'infrastructure. Habituellement, cela se traduit par des coûts initiaux qui sont plus élevés, mais qui diminuent au fil du temps, si nous produisons suffisamment d'électricité propre de façon rentable, grâce aux économies globales. Les véhicules électriques, l'efficacité des bâtiments, les thermopompes et les appareils électroménagers en sont tous des exemples.
Étant donné que les ménages prennent souvent leurs décisions en fonction de facteurs autres que le coût, nous avons constaté que la tarification du carbone ne s'est pas révélée très efficace dans ce secteur. Nous ferions peut-être mieux de réglementer ces secteurs en fonction du rendement, par exemple, en octroyant des crédits échangeables de surconformité pour les entreprises fournisseuses et en octroyant des subventions précoces, limitées et décroissantes pour soutenir la demande et l'offre au départ.
Cependant, l'industrie lourde et les grandes entreprises ne sont pas faciles à réglementer. Chaque procédé industriel est différent, et presque toutes les installations industrielles sont adaptées au contexte local. Il n'y a pas de solution universelle, et il y a habituellement beaucoup d'options peu chères, mais compliquées et quelques options chères, mais simples. Les industries sont habituellement, dans une certaine mesure, exposées à l'évolution des politiques commerciales et mondiales, comme nous l'avons vu au cours de la dernière année environ.
Les entreprises assurent également de très près un suivi de tous les revenus et tous les coûts, ce qui signifie que la tarification du carbone fonctionne bien dans ce secteur, moyennant certains ajustements pour protéger la compétitivité, comme dans le cas du système canadien de tarification fondé sur le rendement ou les ajustements carbone à la frontière. Ces politiques doivent être soigneusement calibrées, sinon leur efficacité peut s'effondrer. Ces dynamiques sont bien comprises, mais elles exigent un organisme de surveillance compétent et des attentes claires de rigueur de la part de toutes les parties.
Certaines industries n'ont pas encore de solutions. C'est là‑dessus que se concentrent la plupart de mes recherches. Ces secteurs ont besoin d'aide et de collaboration avec les autres pour développer des technologies propres. Même une fois disponibles, ces technologies peuvent coûter plus cher que leurs équivalents polluants et, bien que le coût final pour le consommateur soit faible, il peut être très élevé pour les entreprises.
Les gouvernements et les entreprises au pays et à l'étranger doivent travailler ensemble de manière à créer des marchés de pointe pour ces produits, avec des marchés publics propres et une réglementation souple du marché principal.
Il est dommage de rater nos cibles de 2030, mais il y a moyen de se reprendre. Ce qui nous coûtera cher, c'est si nous n'arrivons jamais à atteindre la carboneutralité, parce que la température mondiale ne cessera d'augmenter jusqu'à ce que nous y arrivions. La vérité pure et simple, c'est que tous les investissements doivent être à émissions faibles, nettes zéro ou négatives le plus tôt possible. La bonne nouvelle, c'est que le Canada est bien outillé pour tirer profit du virage mondial vers une société à consommation énergétique nette zéro fondée sur l'utilisation de l'électricité propre et sur un minimum de combustibles fossiles inaltérés. Les besoins du Canada sont différents, mais pourquoi les meilleurs véhicules électriques conçus pour être utilisés par temps froid, bâtiments, thermopompes et équipements de production d'énergie propre du monde ne seraient-ils pas conçus, testés et construits ici? Cela s'inscrirait tout à fait dans la lignée de notre historique industriel.
L'atténuation à l'échelle mondiale entraîne non seulement des coûts, mais aussi des possibilités d'exportation. Nous pouvons construire des éoliennes au Labrador et les utiliser pour transformer notre minerai de fer de haute qualité en fer propre qui peut être exporté à trois fois ou plus la valeur pour laquelle nous l'exportons aujourd'hui, tout en réduisant le coût de la décarbonation pour notre secteur sidérurgique.
L'Alberta et la Saskatchewan ont également des possibilités en tant que producteurs de produits chimiques et de combustibles à faibles émissions de GES si elles se préparent maintenant, par exemple avec des contrôles fugitifs stricts, une électrification propre et un système ciblé de captage, d'utilisation et de stockage du carbone, ou CUSC.
En résumé, le Canada et ses provinces se trouvent à la croisée des chemins entre un futur pétro-État de la Rust Belt, avec de profondes tensions régionales, et une transformation en un électro-État compétitif, prospère et équitable. Parmi les recommandations stratégiques précises, mentionnons le maintien de la réglementation sur l'électricité propre dont les provinces ont besoin pour ajouter officiellement des objectifs climatiques aux lois habilitants les services publics ainsi que la planification et le zonage municipaux; le maintien de la norme relative aux véhicules zéro émission et de la tarification du carbone industriel, même si les délais doivent changer, tout en gardant la carboneutralité en vue; l'aide aux provinces pour rendre obligatoires des normes de construction à consommation énergétique nette zéro pour tous les projets de construction, en commençant par le refroidissement et le chauffage des thermopompes hybrides comme standard; et la rationalisation du financement et la création de programmes de transformation industrielle appuyés par l'approvisionnement écologique, en utilisant des contrats d'adjudication inversée pour la différence afin de réduire les coûts le plus possible.
Merci.
I'm Merran Smith, president of New Economy Canada, an initiative uniting more than 60 businesses across mining, construction, cement, steel, clean energy and technology sectors, along with labour and indigenous parties, who are all committed to accelerating investment and creating jobs in Canada's clean economy future.
I'm also a fellow at SFU, a former board member of B.C.'s Crown utility, BC Hydro, and—relevant to today's testimony—I'm currently appointed by the B.C. government to conduct an independent review of their climate plan, CleanBC.
I'm happy to talk in the Q and A about our findings, about what's working, not working and what needs updating, as B.C.'s plan started in 2018, with policies similar to the federal ERP, such as the methane regs, industrial pricing, oil and gas cap, EV mandate and others.
I want to begin by situating Canada's ERP plan in the global economic context, recognizing Canada's urgent need to diversify our trading relationships.
First, global investment in clean energy is soaring and costs are plummeting. Last year, $3 trillion—yes, trillion—went into renewables, nuclear, grids, storage and electrification. That's double what went into fossil fuels. Since 2010, the costs of solar power, lithium batteries and other storage products have dropped by about 90%. Clean energy is now the smart economic choice and the smart energy security choice. That's important, as the world's looking for more security.
This growth is having side benefits for Canada, as we have an abundance of the critical minerals these technologies require.
Second, our trading partners and competitors are already reaping the rewards of this transition. South Korea's clean energy exports are up 35% since 2020, and the EU's renewable energy sector already employs over 1.8 million people and clean energy investments reached about $390 billion USD in 2025. These countries are pairing their climate policy with industrial strategy and it's paying off.
The U.S., moving in the opposite direction, is the real outlier.
Canada's ten largest trading partners, outside the U.S., all have enshrined policy preferences for low-carbon products. The U.K. and the EU have already begun to enact border tariffs on high-carbon goods.
Only growing the low-carbon economy can offer real stability, long-term jobs and value in this new paradigm.
But, to become the investment destination of choice, governments must create the conditions to support Canada's innovators and implementers, and send strong signals to international investors and customers that there's no better time to build in Canada and buy Canadian.
Which brings me to Canada's 2030 emissions reduction plan.... It's typically talked about as environmental policy, but it's also economic policy. I'll give you four examples.
Pricing industrial pollution—that sends a market signal to industry to invest in those technologies that will cut their emissions. It also sends a market signal to innovators to develop those technologies. The end result is cleaner products—that's what the world's looking for—and clean technologies we can sell to the world.
Similarly, the EV availability standard sends the same message, not just to auto makers, but also to battery producers, mining and processing companies and EV charging companies, driving investment, innovation and growth across the whole supply chain.
The clean fuel regulations do it too, spurring investment in Canadian biofuels and other clean fuel productions, and we could do a lot more in this area.
Finally, the ERP's focus on clean electricity is critical. As we diversify trade and build Canada's new economy, clean electricity, battery storage and an interconnected grid will be the foundation of our industrial growth, building off our relatively clean existing grid already.
In closing, the ERP and its policies are working, not just to drive down emissions, but to spur innovation and investment by companies, so that they can compete and win in this low-carbon economy. Maintaining that policy certainty and durability are key to securing and sustaining investment in Canada's economy.
While there's room for some modifications, calibrations and, at times, flexibility, Canada needs to continue with the ERP, and importantly, to create clearer connections between the ERP and industrial policy, to accelerate both emission reductions and economic growth. This is what will build a strong Canada, with long-term, well-paying jobs across the nation.
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Merci, et merci à vous tous de tenir cette audience et de m'avoir invitée à témoigner aujourd'hui.
Pour ce qui est du coût de l'inaction, je ne veux pas commencer par les billions de dollars de coûts attribuables aux feux de forêt, aux inondations, à la sécheresse, et ainsi de suite. Nous qui vivons en Colombie-Britannique, nous connaissons ces coûts, et ils englobent aussi des pertes de vie. Pendant ce dôme de chaleur en Colombie-Britannique, plus de 600 personnes ont péri, et on ne parle ici que d'un seul événement. Les feux de forêt, la destruction de maisons, et ainsi de suite ont coûté des milliards de dollars.
En ce qui concerne le coût pour les citoyens, il y a d'abord le coût de l'assurance. C'est un coût réel que nous avons constaté. Je n'ai pas les statistiques sous la main, mais peut-être que quelqu'un les a, et je peux faire un suivi auprès du Comité au sujet de ce que nous constatons déjà en ce qui concerne les coûts des assurances pour les ménages.
Plus important encore, je dirais que les coûts de l'inaction mettent en péril l'économie canadienne. Comme je l'ai dit, le monde est en train de passer à une économie à faibles émissions de carbone dans laquelle les gens continuent d'appliquer des politiques climatiques et mettent en place des ajustements carbone aux frontières. Il y aura des coûts pour les biens canadiens si nous ne donnons pas suite à ces mesures, et ensuite, il y a les coûts de ce que le monde achètera. J'ai dit plus tôt que la Corée du Sud, qui est l'un des pays que nous considérons comme une cible pour nos exportations de gaz naturel liquéfié, achète peut-être du gaz naturel liquéfié, mais elle développe également son secteur de l'énergie propre et des technologies propres.
Il y a une dizaine d'années, lorsque nous avons entamé ces discussions, c'était vraiment des idées sur la direction que nous pensions prendre. Maintenant, les coûts ont chuté — et je n'exagère pas — de 90 %, puis de nouveau de 90 %, non seulement pour l'énergie solaire et éolienne, mais aussi pour la technologie des batteries et la technologie du stockage. Cela contribue à régler le problème de l'intermittence des énergies renouvelables et entraîne en fait la stabilité du réseau.
Ce que nous risquons, c'est notre avenir économique.
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Eh bien, de quelques éléments... J'ai été heureuse de voir que le premier ministre a remis la question du pipeline Keystone sur la table pour — espérons‑le — conclure une entente au sujet de l'acier et de l'aluminium. Je pense que c'est ainsi que nous pouvons travailler ensemble au pays. Nous devons utiliser tous nos divers avantages pour être en mesure de nous entraider. Cela pourrait représenter un million de barils par jour.
Le réseau principal d'Enbridge, je crois, peut aussi produire quelques centaines de milliers de barils par jour qu'il veut optimiser dans son système actuel. De plus, en ce qui concerne Trans Mountain, j'ai été heureuse de constater que David Eby appuie son optimisation, ce qui pourrait aussi ajouter 300 000 barils par jour.
Ensuite, si nous tirons aussi un million de barils par jour d'un nouveau pipeline, le projet Northern Gateway 2.0, nous obtenons à peu près 2,5 millions de barils supplémentaires par jour, ce qui générerait 55 milliards de dollars de revenus pour l'économie canadienne, dont environ 10 milliards de dollars ou plus iraient au gouvernement fédéral pour aider à payer les engagements à l'OTAN.
C'est une victoire sur toute la ligne.
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Les expressions « pétro-État » et « électro-État » sont apparues dans le secteur financier et dans la presse financière au cours des six derniers mois. Ils désignent l'attitude adoptée par un pays envers le développement à long terme, pas nécessairement ce qu'il fait actuellement avec ses réserves, mais où il oriente ses nouveaux investissements.
La Chine, principalement pour des raisons de sécurité énergétique et de qualité de l'air locale, double ou triple ses investissements dans les véhicules électriques, l'énergie solaire, les batteries et tout le reste. L'approche des États‑Unis est quelque peu schizophrène, parce qu'ils ont mis au point beaucoup de ces technologies, mais il y a évidemment eu des revirements. L'Europe se dirige principalement vers un électro-étatisme et, encore une fois, c'est pour des raisons de sécurité énergétique.
Si nous plaçons tous nos investissements dans l'exploitation pétrolière et gazière — tout ce qui est à notre disposition —, nous pourrions très bien nous retrouver avec une infrastructure construite qui n'est pas adaptée aux exigences des années 2040, 2050 et 2060, alors que ce seront principalement les technologies axées sur l'électricité qui feront bouger l'économie mondiale. Nous pouvons faire les deux pendant un certain temps, mais nous devons vraiment mettre l'accent sur le développement des technologies de l'électricité, de la même manière que nous le faisons pour le développement des combustibles fossiles à l'heure actuelle.