:
Je vous souhaite la bienvenue à la 7
e réunion du Comité permanent de l'environnement et du développement durable. La réunion se déroule sous forme hybride et elle est publique. Les deux heures seront consacrées entièrement aux échanges avec les témoins.
Je prie les gens qui participent en personne de suivre les consignes de santé et sécurité relatives à l'utilisation des oreillettes. Elles sont inscrites sur les cartes disposées sur les tables.
[Français]
Le Comité reprend son étude sur l'efficacité, les améliorations possibles et la capacité du Plan de réduction des émissions pour 2030 du Canada.
[Traduction]
Je vous présente les témoins qui seront avec nous ce matin de 11 heures à midi. Aaron Cosbey, de la Commission sur la compétitivité carbone, se joint à nous virtuellement.
Bonjour, monsieur Cosbey. Nous entendez-vous?
:
Monsieur le président, c'est avec plaisir que nous nous présentons devant le Comité ce matin. Je tiens à reconnaître que nous sommes réunis sur le territoire traditionnel non cédé du peuple algonquin anishinabe.
Je suis accompagné aujourd'hui de Kimberley Leach et d'Elsa DaCosta, la directrice principale et la directrice qui ont effectué une grande partie des travaux d'audit sur les changements climatiques que nous avons entrepris au cours des dernières années.
Depuis 1990, le Canada a établi de nombreux plans, mesures et cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre, mais aucune cible n'a été atteinte. Selon Environnement et Changement climatique Canada, les émissions nationales se chiffraient à 694 mégatonnes en 2023. Cela représente une baisse de 8,5 % par rapport à 2005, mais une hausse de 14 % par rapport à 1990. D'après les projections les plus récentes du ministère, le Canada ne respectera pas son engagement à réduire les émissions de 40 à 45 % par rapport aux niveaux de 2005 d'ici 2030. De plus, ces projections n'ont pas été mises à jour depuis que le gouvernement a aboli la tarification carbone destinée aux consommateurs.
Même si les émissions totales du Canada ont augmenté depuis 1990, certains secteurs ont réalisé des réductions; le secteur de l'électricité est en tête de ce peloton. À seulement cinq ans de l'échéance fixée pour atteindre la cible de 2030, un virage important vers la mise en œuvre de mesures efficaces est nécessaire dans certains secteurs tels que celui du pétrole et du gaz. C'est maintenant que nous devons faire le point sur nos politiques et plans existants et nous pencher sur les leçons tirées des efforts passés.
En novembre 2021, j'ai présenté au Parlement un rapport qui exposait huit leçons tirées des résultats du Canada dans le dossier des changements climatiques. Ce rapport se fonde sur trois décennies d'audits portant sur l'action et l'inaction du Canada face à la crise climatique qui perdure. Étant donné les résultats décevants du Canada dans la lutte contre les changements climatiques, nous avons exhorté le gouvernement à tâcher de faire en sorte que ses plans et mesures permettent d'atteindre ses cibles. Dans notre rapport de 2021, nous avons noté que la mise en œuvre des mesures alors en place devrait permettre des réductions de 36 % d'ici 2030.
Pour aider à encadrer les discussions sur les changements climatiques comme celle d'aujourd'hui, le rapport sur les leçons tirées présente aussi des questions clés que les parlementaires peuvent utiliser comme outils pour susciter l'action vers la réalisation des engagements pris. Ces questions sont jointes en annexe, à titre d'information.
[Français]
En vertu de la Loi canadienne sur la responsabilité en matière de carboneutralité, le premier rapport d'Environnement et Changement climatique Canada a été produit en 2023. Il indique que l'écart entre les résultats anticipés des mesures actuelles et l'atteinte de la cible de 2030 persiste. Cette loi, si elle est mise en œuvre avec diligence, devrait aider à établir le cadre de responsabilisation et de surveillance nécessaire pour réduire les émissions et atteindre les cibles.
Depuis 2021, notre bureau a examiné environ 40 mesures parmi plus de 140 mesures présentées dans le Plan de réduction des émissions pour 2030 ou dans le rapport d'étape. Notre dernier rapport sur le sujet, déposé l'automne dernier, a fait état de six thèmes communs qui sont ressortis de nos constatations, notamment les retards dans la mise en œuvre de mesures, le manque de fiabilité des estimations de réductions des émissions et un manque de transparence.
Dans le cadre de nos travaux d'audit, nous avons noté qu'un bon nombre de spécialistes et d'organismes internationaux conviennent qu'un ensemble de politiques comprenant un éventail de mesures, comme l'adoption de règlements et la tarification du carbone, peut contribuer à une réduction importante des émissions si les mesures sont assez rigoureuses et appliquées à grande échelle.
La crise des changements climatiques qui persiste est plus importante que jamais. Nous sommes à la croisée des chemins, tant à l'échelle mondiale qu'à l'échelle nationale, et nous devons prendre des décisions difficiles quant à la manière de gérer les changements climatiques et le type de monde que nous voulons laisser aux générations futures.
Il est clair que la mise en place de nouvelles mesures ou l'amélioration de mesures existantes sont nécessaires pour mettre le Canada sur la bonne voie afin d'atteindre la cible de réduction des émissions d'ici 2030. Dans ce contexte, « être sur la bonne voie » signifie trois choses. D'abord, il faut un plan assorti de mesures concrètes qui permettront d'atteindre ou de dépasser la cible. Ensuite, il doit y avoir une modélisation fiable des réductions que le plan est censé apporter. Enfin, la mise en œuvre des mesures doit être efficace et se traduire par des réductions considérables d'année en année.
[Traduction]
Je termine ainsi ma déclaration préliminaire. Nous serons heureux de répondre aux questions des membres du Comité.
Je vous remercie.
:
Merci, monsieur le commissaire.
[Traduction]
Chers collègues, j'ai conçu un outil qui nous aidera durant toutes nos réunions. C'est très simple. Quand je vous montre ce carton, il vous reste une minute. Quand je le tourne de l'autre côté, votre temps de parole est écoulé. Je l'utiliserai pour l'ensemble des membres du Comité, ainsi que pour nos invités, pour les témoins, etc.
Nous passons maintenant au prochain témoin.
Monsieur Cosbey, je vois que vous trouvez cela très drôle. Vous m'en voyez ravi.
:
Je vous remercie de m'avoir invité à me joindre à vous aujourd'hui. J'aurais aimé participer en personne, mais je témoigne depuis les territoires traditionnels des nations des Sinixt et des Ktunaxa, dans la région de Kootenay-Ouest, en Colombie-Britannique.
Je suis président de la Commission sur la compétitivité carbone, un groupe de 11 experts provenant de différents domaines. Nous réfléchissons profondément à la compétitivité de l'industrie canadienne dans le contexte d'un monde en voie de décarbonation. Je vais vous présenter des constatations tirées de nos trois premiers rapports.
Permettez-moi d'abord un petit détour pour vous expliquer pourquoi nous axons nos travaux sur l'industrie. C'est en partie parce que l'industrie est responsable de plus de 40 % des émissions du Canada, et la réduction de ces émissions est essentielle à l'atteinte de nos objectifs pour 2030 et ultérieurement. C'est aussi parce qu'il s'agit de la dernière frontière des politiques climatiques.
La voie est claire pour l'électricité, pour les transports et même pour les bâtiments. Cependant, l'industrie est en queue de peloton parce qu'elle pose les plus grands défis, notamment puisqu'il s'agit de secteurs où les échanges commerciaux sont extrêmement importants. Il faut éviter que nos politiques climatiques affaiblissent la capacité de ces secteurs à concurrencer les producteurs basés dans des pays où les cibles climatiques sont moins ambitieuses. C'est là un des piliers de la compétitivité carbone.
Un autre pilier est le fait que les marchés et les investisseurs du monde entier se soucient de plus en plus de l'empreinte carbone des biens échangés. Si nous ne réussissons pas à décarboner l'industrie, nous allons perdre des marchés et des emplois. Prenez l'exemple du mécanisme d'ajustement carbone aux frontières de l'Union européenne, ou le MACF, un modèle suivi par d'autres pays; ou encore l'exemple des plus de 100 normes de durabilité en place actuellement ou en cous d'élaboration dans le secteur mondial de l'acier seulement. À nos yeux, la compétitivité carbone n'est pas strictement une préoccupation environnementale; c'est un ingrédient essentiel à la prospérité du Canada pour les années à venir.
Je vais tenter d'extraire trois messages clés des recherches que nous avons effectuées à ce jour, les messages que je trouve les plus pertinents dans le contexte des délibérations du Comité.
Premièrement, les systèmes de tarification de l'industrie du Canada sont critiques, mais ils laissent beaucoup à désirer. Deuxièmement, à long terme, les systèmes de tarification fondés sur le rendement ne suffiront pas pour nous protéger contre les fuites et la perte de compétitivité; il faut donc commencer à réfléchir dès maintenant aux mécanismes comme les ajustements à la frontière pour le carbone. Troisièmement, un système de tarification du carbone pour l'industrie est une mesure nécessaire, mais insuffisante; elle doit être fermement soutenue par d'autres politiques.
Je vais approfondir chacun de ces trois messages.
D'abord, comme d'autres témoins l'ont dit, la modélisation de l'Institut climatique du Canada montre que les systèmes d'échange pour les grands émetteurs, comme les STFR, pourraient compter pour jusqu'à près de la moitié de la réduction progressive des émissions d'ici 2030. Toutefois, au Canada, le système de tarification du carbone pour l'industrie est en crise. Les normes sectorielles de rendement — autrement dit, le niveau à partir duquel le prix du carbone doit être payé — doivent être resserrées. Plus important encore, les normes doivent être beaucoup mieux adaptées aux différents secteurs. Ces normes ont pour but de protéger contre les risques posés par les fuites de carbone et les effets sur la compétitivité. Or, nos recherches montrent clairement que les risques varient énormément d'un secteur à l'autre. L'approche actuelle est trop exigeante pour certains secteurs; en revanche, elle n'a aucun effet incitatif sur d'autres. Par ailleurs, d'autres améliorations sont aussi nécessaires, notamment en ce qui a trait à la transparence du prix, au renforcement des règles relatives à l'équivalence, au prix minimal, aux contrats pour les différences, aux grands marchés, etc. L'essentiel de notre message, c'est qu'il faut traiter tous les secteurs différemment.
Ensuite, à l'heure actuelle, les normes sectorielles fonctionnent plutôt bien pour écarter les risques relatifs à la compétitivité et aux fuites, mais à long terme, elles ne suffiront pas. À mesure que les sociétés décarboneront leurs activités, il faudra resserrer les normes avec précaution pour maintenir l'équilibre des marchés du crédit. C'est un exercice d'équilibre difficile. Par crainte des fuites, les décideurs seront tentés de pêcher par excès de prudence, atténuant ainsi la rigueur et l'effet incitatif des mesures. Cette dynamique est déjà à l'œuvre. À l'approche de l'atteinte de la carboneutralité, d'autres mécanismes devront être mis en place pour réduire les risques de fuites, par exemple des ajustements à la frontière pour le carbone semblables au MACF de l'Union européenne. Il sera difficile pour le Canada d'instaurer un instrument de la sorte — notamment parce que nous ne voulons pas provoquer nos voisins du Sud —; cependant, nous devons commencer dès maintenant à explorer les solutions stratégiques viables.
Finalement, un système de tarification du carbone pour l'industrie est peut-être nécessaire, mais ce n'est pas suffisant. Tous les secteurs feront face à des obstacles qui les empêcheront de réaliser les investissements nécessaires pour s'adapter à la tarification. Pour que la tarification du carbone fonctionne, il faut des politiques habilitantes propres à chaque secteur. C'est vrai non seulement pour les secteurs traditionnels comme l'acier et l'aluminium, mais aussi pour les secteurs émergents de demain, comme la fibre de carbone dérivée du bitume, les minéraux critiques, les batteries et plus encore.
Notre rapport le plus récent, publié en collaboration avec l'Accélérateur de transition, fait la promotion d'une nouvelle stratégie industrielle canadienne d'avant-garde. Il faut s'inspirer des politiques industrielles fructueuses de même que concentrer nos efforts sur un petit nombre de secteurs ou de technologies. Nous ne ferons pas de percées sans ce soutien stratégique proactif.
Pour conclure, l'atteinte des cibles climatiques du Canada englobe autre chose que les considérations environnementales. Les efforts pour y parvenir doivent aussi servir à bâtir un Canada plus fort. Pour employer une analogie sportive, il faut devancer la rondelle, et aller chercher le succès et la prospérité dans les marchés émergents à faibles émissions de carbone de l'avenir.
Merci de votre attention. Je suis prêt à répondre aux questions.
:
Merci, monsieur le président. Je suis heureux d'avoir l'occasion de prendre la parole.
Je remercie les témoins de leur présence parmi nous aujourd'hui. Merci beaucoup.
Monsieur le commissaire, à la réunion du Comité de lundi, Mme Exner-Pirot de l'Institut Macdonald-Laurier a indiqué que la modélisation mise au point par ECCC pour prévoir l'ampleur de la baisse de la production pétrolière et gazière à la suite du plafonnement des émissions reposait sur des données qui ont été infirmées ou qui étaient trop ambitieuses. Les choses ne se sont pas passées conformément aux attentes. Les valeurs prévues ne se sont pas avérées.
Étant donné ce que je viens de dire et les conclusions que vous avez formulées dans votre rapport selon lesquelles les estimations de la réduction des émissions sont rarement fiables et qu'elles manquent de transparence, pourquoi le ministère s'appuie‑t‑il encore sur des données qui ont été infirmées pour orienter ses politiques climatiques? Comment vous assurerez-vous que les modèles d'ECCC seront plus justes à l'avenir?
Ce que vous décrivez est une source de frustration à mon bureau parce qu'il a fallu recommander à plusieurs reprises, pendant mon mandat et ceux de mes prédécesseurs, la nécessité d'accroître la transparence et la justesse de la modélisation. Pourquoi Environnement et Changement climatique Canada en arrache‑t‑il autant? Je ne sais pas. Ce serait une bonne question à poser aux représentants du ministère lorsqu'ils viendront témoigner devant le Comité.
Je suis d'accord pour dire que jusqu'à présent, la qualité de la modélisation et des hypothèses sur lesquelles elle repose est inférieure aux normes et que la transparence n'est pas assez grande. J'ajouterais que l'amélioration de la transparence entraînerait aussi une modélisation plus juste parce que des tiers seraient en mesure d'utiliser les données, de mettre au point des modèles et de faire leur travail, comme cela se passe habituellement dans les communautés scientifiques.
Nous avons recommandé plusieurs fois d'accroître la transparence et la justesse. Il faudrait demander au ministère pourquoi les progrès ne sont pas aussi substantiels que le souhaiterait mon bureau et que vous le souhaiteriez.
:
Je vous remercie de votre témoignage, monsieur le commissaire.
Ma question s'adresse aux trois témoins du Bureau du vérificateur général.
Comme vous le savez, les gouvernements provinciaux jouent un rôle déterminant dans l'atteinte des cibles du Canada. Je suis député au Québec, et même le Québec rate sa cible de 2030, qui est fixée à 37,5 %.
On sait que les provinces ont beaucoup d'outils réglementaires et législatifs pour réduire ces émissions.
Les mesures prises par des provinces comme le Québec ou l'Alberta en matière de réduction des émissions sont-elles à la hauteur?
:
Il faut que tous les ordres de gouvernement, les communautés, le secteur privé et les Canadiens et Canadiennes prennent des mesures pour contrer les changements climatiques.
Le gouvernement fédéral croit-il que les mesures provinciales seront suffisantes? Non, les provinces ont besoin de leadership dans ce dossier.
La Cour suprême du Canada a confirmé que la Loi canadienne sur la protection de l'environnement et la Loi sur la tarification de la pollution causée par les gaz à effet de serre sont de compétence fédérale.
S'il y a une volonté, le gouvernement fédéral peut être un chef de file dans ce domaine, tout en collaborant avec les provinces sur leurs territoires. Or, si on regarde la totalité des mesures fédérales et provinciales prises jusqu'à maintenant, ce n'est pas assez pour atteindre la cible.
:
Merci, monsieur le président.
Monsieur le commissaire, votre rapport montre très clairement que le Canada n'est pas en voie d'atteindre sa cible. Vous avez parlé d'un recul, notamment en ce qui a trait à la tarification du carbone pour les consommateurs, mais il y a aussi d'autres reculs, selon nous.
Je pense, entre autres reculs, à la question de l'approbation de projets de gaz naturel liquéfié. Le gouvernement a mis l'un de ces projets dans la catégorie des projets dits d'intérêt national.
Par ailleurs, parle de pétrole vert, il a fait une annonce concernant l'oléoduc Keystone XL cette semaine, et on n'entend plus parler du plafonnement des émissions du secteur pétrolier et gazier.
Selon vous, quelle incidence ce virage que prend le gouvernement en faveur du pétrole et du gaz aura-t-il sur le plan d'action?
:
Certaines mesures ont été abolies, comme la tarification du carbone pour les consommateurs ainsi que d'autres que vous avez mentionnées.
Selon les résultats du nouveau modèle du ministère, le Canada va arriver à une réduction de moins de 36 %. Je ne connais pas le chiffre exact.
On ne sait pas non plus si le gouvernement va mettre en oeuvre de nouvelles mesures pour remplacer celles qu'il a abolies.
Je ne peux pas faire de calcul, parce que je ne vois pas la totalité du nouveau plan. Je sais que le plan actuel comporte des lacunes, en raison de l'élimination de la tarification du carbone pour les consommateurs, mais je ne connais pas la nouvelle version du plan.
Nous espérons qu'il n'y aura pas que des mesures abolies. J'aimerais voir de nouvelles mesures ou des mesures améliorées.
:
Je comprends votre question.
La Loi canadienne sur la responsabilité en matière de carboneutralité exige maintenant que le gouvernement publie un rapport sur les progrès réalisés. C'est une des choses que nous avons analysées dans notre rapport.
Cela dit, cette loi peut-elle être modifiée de manière à avoir des conséquences sur le plan juridique? Peut-être, mais c'est au Parlement d'en décider. Ce n'est pas à nous de le proposer.
Il est aussi possible de mettre en place des recours devant les tribunaux, comme c'est le cas aux Pays-Bas et à la Cour internationale de justice. Il pourrait donc y avoir des conséquences concernant la responsabilité.
:
Comme je l'ai mentionné dans mes témoignages précédents devant le Comité, le choix des politiques revient au gouvernement. Il connaît les possibilités. Ce sont des choix difficiles. Chaque option affectera des intervenants ou des parties, mais certains autres pourraient en bénéficier.
En fin de compte, il revient au gouvernement de sélectionner des mesures et de les additionner pour atteindre au moins 40 %, en s'appuyant sur des hypothèses plausibles, sans double comptage et sans les problèmes dont nous avons parlé. Le choix parmi la variété d'outils disponibles n'est pas de notre ressort.
Je peux dire que la réglementation, la tarification et les subventions sont les trois principaux outils. Dans une moindre mesure, des choses moins tangibles comme l'éducation et l'approvisionnement en sont d'autres. Certains experts — comme le témoin qui participe à distance aujourd'hui — sont mieux en mesure, dans le cadre de leur mandat, pour recommander des mesures très précises.
Quoi qu'il en soit, les plans établis au cours des 30 dernières années n'ont pas atteint les objectifs. Les enseignements que nous pouvons en tirer seraient d'élaborer des plans plus réalistes, mais surtout, de les mettre en œuvre efficacement.
Merci à tous les témoins d'aujourd'hui. C'est vraiment merveilleux de vous entendre.
J'aimerais commencer par parler un instant des cibles et de la responsabilité à cet égard, parce que nous en discutons depuis de nombreuses séances maintenant et qu'on dit que les libéraux sont responsables de ne pas avoir atteint la cible.
La cible fédérale est le cumul de toutes les émissions produites dans notre pays. En fait, 70 % des émissions proviennent des activités urbaines. Beaucoup de choses sont sous le contrôle des gouvernements provinciaux et territoriaux, des administrations locales, du secteur privé et de l'industrie. Le gouvernement fédéral a un rôle très important à jouer dans l'établissement des exigences et l'élaboration des leviers politiques, des mécanismes et des stratégies, mais au bout du compte, ce n'est pas lui qui produit toutes ces émissions. Tout le monde est en fait responsable d'atteindre ces objectifs.
J'ai travaillé à Halifax pendant 15 ans et je faisais la promotion d'un plan de mise en œuvre d'une stratégie climatique très ambitieuse pour essayer d'atteindre la carboneutralité d'ici 2050. Nous ne faisons pas les progrès voulus à Halifax. Nous ne faisons pas les progrès voulus dans les provinces et les territoires. Nous ne faisons pas les progrès voulus en tant que pays — ou en tant que planète — à cet égard. Cela ne veut pas dire que nous ne fixons pas d'objectifs ambitieux et fondés sur la science. La question est donc de savoir comment vraiment orienter nos actions et les déployer à grande échelle.
J'ai assisté à deux ou trois Conférences des Parties. J'ai discuté avec toutes sortes d'experts, et personne n'a vraiment de réponse. Les solutions sont vraiment complexes. On ne peut pas se contenter de blâmer les autres. Il y a des nuances. Il n'y a pas de solution miracle.
Je suis vraiment curieuse de savoir ce que vous pouvez nous dire, M. DeMarco et M. Cosbey, sur les politiques, le financement ou tout autre outil que peut utiliser le gouvernement fédéral pour mieux diriger la mise en œuvre et l'amplification de solutions. J'aimerais particulièrement vous entendre sur la prochaine stratégie en matière de compétitivité climatique sur laquelle travaille le gouvernement fédéral et sur ce qu'elle devrait vraiment inclure selon vous.
Nous pourrions commencer par M. DeMarco.
Merci.
Nous avons vu que l'Alberta et la Saskatchewan auraient affaibli, ou du moins ne respecteraient plus l'équivalent de la tarification du carbone fédérale.
Quelles sont vos observations là-dessus?
Le fédéral devrait-il intervenir pour obliger l'Alberta à renforcer sa tarification du carbone?
Considérez-vous que le système actuel est équivalent au système de plafonnement et d'échange d'émissions que nous avons au Québec? L'Alberta profiterait-elle d'un avantage par rapport au Québec, ce qui expliquerait que son système soit moins contraignant?
:
Merci, monsieur le président.
Je remercie les deux témoins de leurs exposés. Ils ont été très instructifs.
Monsieur DeMarco, je veux répéter une question qui a été posée par mon collègue. Elle était assez fascinante, parce que la plupart d'entre nous sont assez nouveaux à ce comité et au dossier de l'environnement au niveau fédéral.
Grâce à votre travail, les Canadiens ont appris la vérité sur le fonds Accélérateur net zéro de 8 milliards de dollars du gouvernement libéral, qui a versé l'argent des contribuables à de grandes sociétés sans obligation contraignante de réduire les émissions et sans preuve d'une bonne utilisation de l'argent. Envisageriez-vous de faire un audit subséquent de ce programme?
:
Je vous remercie de la question.
Notre rapport sur l'initiative Accélérateur net zéro de l'an dernier a fait l'objet de réunions de votre comité, entre autres. Avant de répondre directement à votre question, je dois ajouter que nous soulignons, comme l'autre témoin, M. Cosbey, l'absence d'une stratégie industrielle qui aiderait à guider le choix des secteurs à subventionner au niveau fédéral. C'est quelque chose que le rapport mentionne également.
Pour ce qui est d'un suivi, notre bureau a maintenant un système en vertu duquel nous nous sommes engagés à faire rapport annuellement au Parlement sur le dossier des changements climatiques. Nous avons fait deux rapports et nous en ferons un autre en novembre. En vertu de ce cycle, nous sélectionnons des rapports des années précédentes pour faire des suivis. L'Accélérateur net zéro ne fera peut-être pas l'objet d'un suivi individuel, mais ce sujet fait maintenant partie de notre programme de rapports annuels continus. Je peux donc dire que, oui, nous réexaminerons la question, mais peut-être pas dans le cadre d'un rapport à part.
:
Nous avons fait une analyse assez rigoureuse des déterminants de la compétitivité du pétrole et du gaz canadiens dans le cadre de notre analyse sectorielle globale.
En ce qui concerne le pétrole et le gaz, je dois dire que la compétitivité du pétrole et du gaz canadiens, surtout sur le marché américain, n'est pas menacée. Ils sont transportés grâce à des immobilisations. Il s'agit des pipelines. Ils sont principalement destinés aux raffineurs du Midwest qui doivent acheter notre type particulier de pétrole brut lourd sulfureux, parce qu'ils ont investi des milliards de dollars pour pouvoir le traiter. Ils ne peuvent pas simplement passer à l'approvisionnement en pétrole léger du bassin permien. Ce n'est pas possible. Nous disposons essentiellement d'un marché captif là‑bas.
De plus, nos exportations de pétrole par la mer se portent plutôt bien. Nous nous comparons bien à nos concurrents du Venezuela et du Mexique en ce qui concerne le pétrole brut lourd. Encore une fois, il y a des installations dans le monde qui ne veulent que ce type de pétrole brut lourd. Nous sommes bien positionnés. Nous jugeons…
Monsieur Cosbey, il est clair qu'atteindre nos objectifs de lutte contre les changements climatiques coûtera moins cher que de ne pas les atteindre. Nous allons devoir nous y mettre à un moment donné, et plus tôt nous le ferons, plus vite nous bénéficierons d'une plus grande compétitivité pour nos industries et d'une plus grande abordabilité pour les Canadiens.
L'industrie et les gouvernements ont parfois une vision à court terme. On parle ici d'un problème à long terme. J'aimerais savoir comment, à votre avis, nous pouvons encourager l'industrie, dans son intérêt et dans celui des Canadiens, à voir cela comme quelque chose qui peut nécessiter un investissement initial, mais un investissement qui va rapporter au centuple très rapidement.
:
Je vous remercie de la question.
Les questions plus générales comme celles que vous posez en ce moment sont importantes, parce qu'on peut parfois examiner les détails de programmes particuliers, puis oublier qu'il y a des défis sous-jacents qui sont très difficiles à relever. J'en suis à ma deuxième audience cet avant-midi où nous parlons de la nécessité d'adopter une approche à long terme à l'égard de ces questions.
Je dirais qu'il est essentiel — et je ne pense pas que M. Cosbey ait utilisé ce terme — d'obtenir l'acceptabilité sociale pour les activités qui vont changer la vie des gens, leurs moyens de subsistance et leurs revenus. Il faut qu'il y ait une adhésion, et c'est pourquoi l'éducation est importante. C'est en fait l'une des leçons tirées de notre rapport sur les leçons apprises.
Si les mesures ne bénéficient pas d'un soutien — de la part des acteurs gouvernementaux qui négocient, mais aussi de la population —, elles ne dureront pas. Nous avons déjà discuté de la tarification du carbone pour les consommateurs qui a été instaurée, puis abolie. Je dirais que le gouvernement fédéral doit prendre l'initiative et essayer d'encourager une approche collaborative, mais il doit le faire d'une manière qui ne donne pas l'impression qu'il ne fera rien en l'absence de consensus. Il doit y avoir une sorte de seuil pour que ceux qui négocient avec le gouvernement fédéral sachent qu'il y aura des conséquences si on ne parvient pas à une entente.
Dans le cadre des négociations, quelle est la meilleure solution de rechange à un accord négocié? Dans ce cas, le gouvernement fédéral peut intervenir et prendre des mesures que la province ne veut pas. Cela fait partie du défi que doit relever le Canada dans un État fédéral — en plus des administrations municipales et des gouvernements autochtones —, mais ce n'est pas quelque chose d'impossible à surmonter.
:
Nous reprenons la séance.
[Traduction]
Cet après-midi, le Comité se réunit avec les témoins suivants par vidéoconférence.
De la Régie canadienne de l'énergie, nous accueillons M. Jonathan Timlin, vice-président, Activités systémiques; M. Darren Christie, économiste en chef; et M. Sean Maher, spécialiste en chef, Environnement. Du ministère des Ressources naturelles, nous accueillons Jeff Labonté, sous-ministre délégué. Du Bureau des grands projets, nous accueillons Dawn Farrell, première dirigeante, et Sarah Jackson, directrice.
Bienvenue.
[Français]
Chaque témoin disposera de cinq minutes pour prononcer son allocution d'ouverture.
[Traduction]
Nous allons commencer par M. Jonathan Timlin.
Vous avez cinq minutes. Lorsque vous voyez ceci, cela signifie qu'il vous reste une minute, et de l'autre côté, que le temps est écoulé.
Je m'appelle Dawn Farrell. Je suis la première dirigeante du nouveau bureau des grands projets. Je suis accompagnée de mes collègues, M. Labonté et Sarah Jackson, qui ont joué un rôle déterminant dans la création de ce bureau, que j'ai lancé le 1er septembre. Trente-neuf jours plus tard, je peux vous dire que nous sommes déjà à pied d'œuvre. Il y a beaucoup à faire. Nous avons des gens dédiés et un plan. Nous avons vraiment beaucoup de travail en cours, et j'espère que nous pourrons vous en parler aujourd'hui.
Notre travail consiste à faire avancer les grands projets d'intérêt national qui vont créer des débouchés considérables pour notre pays. Nous sommes là pour renforcer le cadre réglementaire et veiller à ce que le cadre de financement de ces projets nous permette de respecter les valeurs des Canadiens et de les mener à bien dans un délai de deux ans.
Nous ne pouvons faire notre travail qu'en collaboration étroite avec les ministères fédéraux, les provinces, les territoires et les peuples autochtones. L'un de nos principaux objectifs est de nous assurer que nous créons suffisamment de certitude pour mobiliser fortement les investisseurs privés. Vous verrez aujourd'hui que nous parlons d'un programme majeur et de milliards de dollars. Beaucoup de capitaux seront nécessaires.
Avant de parler des projets et du travail de notre bureau, voici quelques renseignements généraux. Nous servons de guichet unique pour les grands projets et en assumons la direction. J'ai parlé des partenariats que nous devons être en mesure d'établir à cet égard. Notre bureau se concentre sur l'identification et l'accompagnement des projets d'importance nationale, ce qui veut dire que nous ne gérerons pas tous les projets. Nous voulons être très clairs sur ce point, car beaucoup de promoteurs souhaitent que leurs projets soient gérés par notre entremise. Cela dit, nous croyons toutefois que notre travail fera en sorte que de nombreux projets bénéficieront aussi de la simplification de la réglementation et de la coordination financière que nous ferons.
Pour déterminer si un projet est d'importance nationale, le Bureau évalue divers facteurs, qui sont prévus dans la loi: la contribution potentielle à l'autonomie, à la résilience et à la sécurité du Canada; les avantages économiques; la contribution aux intérêts des peuples autochtones; et l'apport à la croissance propre et à nos objectifs climatiques. S'ajoute à cela la possibilité de le mettre en œuvre dans un délai qui renforce le Canada à court et à long terme.
Lorsqu'un projet est soumis à notre bureau, nous entamons immédiatement le processus et commençons à réfléchir au travail qui doit être fait pour accélérer sa réalisation en respectant les valeurs que nous avons tous. L'objectif du Bureau dans le cadre des projets sur lesquels nous travaillons actuellement est de combler les dernières lacunes en matière de réglementation et de délivrance de permis. Nous aidons à structurer les plans de financement et à offrir vraiment de la certitude pour que les promoteurs puissent prendre des décisions finales en matière d'investissement, financer leurs projets et aller de l'avant.
Ce ne sont pas tous les projets présentés à notre bureau qui seront désignés au titre de la Loi visant à bâtir le Canada, qui constitue l'un des outils que notre bureau peut recommander si nous croyons qu'un projet particulier pourrait en bénéficier. Nous chercherons la meilleure façon de procéder pour faire avancer un projet donné afin que les promoteurs puissent prendre des décisions d'investissement judicieuses.
Cinq projets nous ont été présentés à ce jour. Ils ont des jalons ambitieux et nous y travaillons déjà. De nouveaux projets seront annoncés bientôt.
Nous avons également commencé à travailler sur plusieurs stratégies de transformation que le nous a demandé de préparer. Pour ce faire, nous établissons des chartes de projet, nous réunissons des équipes et nous nous assurons de pouvoir fournir des conseils sur la teneur de la stratégie, afin de pouvoir promouvoir le genre de projets dont nous avons besoin pour bâtir l'avenir du Canada.
Quand on pense aux projets transformateurs, on pense aux minéraux critiques. Il s'agit en fait de notre capacité à répondre à la demande mondiale en matière de production et de stockage d'énergie propre. On pense au nucléaire. On pense à la stratégie énergétique « West Wind », qui concerne en fait l'énergie éolienne dans l'Est. On pense à la stratégie « Pathways Plus », qui vise à continuer de construire notre infrastructure énergétique de manière à réduire les émissions de carbone. On pense, bien sûr, au train à grande vitesse Alto et à la façon de réduire les émissions de CO 2 grâce à différents modes de transport.
Toutes ces stratégies ont un pouvoir de transformation très puissant pour le Canada. Elles renforceront notre compétitivité et feront de nous l'une des économies les plus propres au monde.
Nous ferons preuve de transparence dans nos processus.
Il y a beaucoup de choses à dire. Je me ferai un plaisir de répondre à vos questions.
:
Je suis content des pas supplémentaires que j'ai pu faire cet avant-midi en faisant des allers-retours entre mon bureau et celui de M. Christie. Je remercie donc les membres du Comité et le personnel.
Bonjour, madame Farrell et monsieur Labonté.
[Français]
Je m'appelle Jonathan Timlin. Je suis vice-président aux activités systémiques de la Régie de l'énergie du Canada.
Je suis accompagné de M. Darren Christie, économiste en chef, et de M. Sean Maher, spécialiste en chef, environnement.
[Traduction]
Je tiens d'abord à souligner que je comparais devant vous aujourd'hui depuis Calgary, située sur le territoire du Traité n o 7, le territoire traditionnel de la Confédération des Pieds-Noirs, qui comprend les Premières Nations Siksika, Piikani et Kainai. Le territoire visé par le Traité n o 7 abrite également la Première Nation Tsuut'ina et les Stoney Nakoda, qui comprennent les nations Chiniki, Bearspaw et Goodstoney. Je tiens également à saluer les Métis qui se sont installés dans le sud de l'Alberta et y ont élu domicile.
[Français]
Je vous remercie de me donner l'occasion de vous parler du travail que la Régie accomplit dans le cadre de votre étude.
[Traduction]
Je suis heureux d'avoir l'occasion de vous donner un aperçu du mandat de la Régie, ainsi que de notre façon d'évaluer les émissions de gaz à effet de serre des projets d'infrastructure énergétique, et d'appuyer le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles et le public canadien en leur fournissant des renseignements sur les scénarios futurs possibles concernant la réduction des émissions et le bouquet énergétique du Canada.
Le mandat de la Régie est clair: réglementer l'infrastructure énergétique, les lignes internationales et interprovinciales de transport d'électricité et les projets énergétiques extracôtiers de manière à prévenir les dommages et à garantir une distribution d'énergie sûre, fiable, concurrentielle et durable sur le plan environnemental au Canada et au monde entier. Notre mandat comprend le cycle de vie complet de l'infrastructure énergétique que nous réglementons, de la conception et de l'évaluation à la construction, à l'exploitation et à la fin de vie utile. Nous supervisons environ 73 000 kilomètres de pipelines sous réglementation fédérale et un peu plus de 1 600 kilomètres de lignes électriques.
[Français]
Nous jouons un rôle économique important en ce qui concerne les droits et tarifs pipeliniers ainsi que les exportations d'énergie.
La Régie de l'énergie du Canada a aussi le mandat de fournir de l'information sur l'énergie. Nous fournissons des données et des analyses qui éclairent la prise de décision et le dialogue sur l'énergie au Canada.
[Traduction]
Dans tout ce que nous faisons, la surveillance de la sécurité et de l'environnement est toujours au premier plan. Ce sont les raisons pour lesquelles nous existons. La Régie n'élabore pas et n'établit pas les politiques gouvernementales, y compris les politiques climatiques fédérales. Il est donc préférable de poser les questions à ce sujet à nos collègues de Ressources naturelles Canada et d'Environnement et Changement climatique Canada.
Au sujet de notre mandat, je tiens également à souligner que la réconciliation avec les peuples autochtones du Canada est au cœur de notre travail. Nous mettons en œuvre la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones en renforçant la participation des Autochtones à notre surveillance, en établissant de nouvelles relations fondées sur la reconnaissance de leurs droits, en améliorant la compétence culturelle de la Régie et de son personnel, et en apportant des changements significatifs aux exigences et aux attentes de la Régie à l'égard de l'industrie réglementée.
La Loi sur la Régie canadienne de l'énergie a établi la Commission de la Régie canadienne de l'énergie en tant que cour d'archives responsable de prendre des décisions et de formuler des recommandations indépendantes et arbitrales sur les pipelines, les lignes de transport d'électricité et les projets d'énergie renouvelable en milieu extracôtier relevant de la compétence du Parlement. Pour prendre une décision ou formuler une recommandation sur la question de savoir si une installation proposée est dans l'intérêt public, la Commission tient compte d'un certain nombre de facteurs précis, y compris la mesure dans laquelle le projet nuit ou contribue à la capacité du Canada d'atteindre ses objectifs environnementaux et de respecter ses engagements en matière de lutte contre les changements climatiques.
En évaluant l'ampleur des émissions, la Commission tient également compte de l'incidence des émissions prévues par le projet sur les objectifs de réduction des gaz à effet de serre du Canada. La Commission peut imposer des conditions juridiquement contraignantes dans le cadre de l'autorisation d'un projet, et les conditions peuvent renvoyer à des mesures d'atténuation supplémentaires et à d'autres exigences afin d'éviter ou de réduire les émissions de gaz à effet de serre d'un projet.
En plus de ses fonctions de réglementation, la Régie joue un rôle essentiel en fournissant des analyses et des renseignements pertinents et en temps opportun sur l'énergie pour soutenir les discussions avec l'industrie au Canada. Nous surveillons les marchés de l'énergie de façon continue et produisons une série de publications sur des questions d'actualité liées à l'énergie, comme le commerce de l'énergie, l'offre et la demande d'énergie, les pipelines...
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Si vous regardez les grands projets et les stratégies de transformation que nous examinons aujourd'hui, en plus de ce qui pourrait venir, ils répondent collectivement aux critères établis dans la loi. Ensemble, ils renforcent notre autonomie, notre résilience et notre sécurité. Ils procurent des retombées économiques. Ces projets peuvent être exécutés avec succès. Ils font avancer les intérêts de nos peuples autochtones et contribuent à la croissance verte et à l'atteinte de nos objectifs.
Si vous commencez à les regarder de plus près, vous verrez, par exemple, des choses comme la centrale de Darlington, qui fournit de l'énergie nucléaire propre à la population de l'Ontario. À long terme, vous nous verrez examiner les ressources éoliennes dans l'Est du Canada et la façon dont elles peuvent être mises à profit. Il y a beaucoup de travail sur les minéraux critiques, qui sont essentiels à un réseau d'électricité solide ayant une capacité d'entreposage. Il y a des choses comme le gaz naturel liquéfié, ou GNL, et la stratégie Sentiers autochtones, qui nous permettent d'acheminer du gaz naturel plus vert et un meilleur bitume vers le marché mondial et qui contribuent globalement aux cibles climatiques.
Nous sommes en train d'établir le portefeuille de projets sur lesquels nous allons travailler, et qui contribuent à atteindre tous ces objectifs.
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Encore une fois, c'est une question très intéressante à laquelle nous pourrions consacrer beaucoup de temps. Lorsque nous examinons les projets et travaillons avec les promoteurs — et que nous évaluons leurs atouts économiques et environnementaux à long terme —, les acheteurs des produits issus de ces projets nous font comprendre sans détour à quel point il est important pour le Canada de poursuivre sa transition vers une économie propre.
Par exemple, hier, l'un des acheteurs de notre production de GNL était présent et nous a fait savoir que le Canada devrait produire davantage de GNL, car il le trouvait nettement meilleur que tout autre vendu sur le marché international. C'est une considération à long terme que nous prenons en compte lorsque nous concevons ces projets.
Il en va de même pour les minéraux critiques. Le fait de disposer d'une source à long terme qui nous permet de commercialiser ces minéraux critiques et, en même temps, de développer l'économie canadienne des batteries et d'autres secteurs, change vraiment notre façon de mener à bien ces projets.
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Merci, monsieur le président.
Madame Farrell, vous venez de mentionner le gaz naturel liquéfié, ou GNL, que vous avez qualifié de gaz presque vert.
Pouvez-vous nous parler de l'évaluation que vous avez faite quant aux émissions de gaz à effet de serre dans le cadre du projet de GNL au Canada?
Cette évaluation tient-elle compte de l'ensemble du cycle de vie des projets, c'est-à-dire pendant la production, le transport, la liquéfaction et la combustion?
Avant de poursuivre, j'aimerais dire une chose à tous les membres du Comité.
Afin d'aider les interprètes à faire leur travail, il serait préférable de ne pas poser une question pendant qu'un témoin est en train de répondre, car cela rend l'interprétation un peu plus difficile.
Veuillez poser votre question et laisser le temps aux témoins d'y répondre.
Merci beaucoup.
[Traduction]
Je donne maintenant la parole au Parti conservateur.
Monsieur Ross, vous avez cinq minutes.
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Merci, monsieur le président.
La conversation sur la phase deux de LNG Canada pique ma curiosité.
J'étais conseiller en chef de la nation Haisla, qui a en fait introduit ce projet au Canada, en Colombie-Britannique, et qui a signé une entente sur les répercussions et les avantages avec l'entreprise. J'ai été surpris d'apprendre que le projet devait être réapprouvé. Je suppose que la phase deux doit être approuvée pour une raison quelconque, mais je n'en suis pas sûr. L'Agence d'évaluation d'impact du Canada a déclaré qu'aucune autorisation supplémentaire n'était nécessaire de la part du Canada.
Madame Farrell, vous avez dit quelque chose d'intéressant au sujet de l'ouverture de la phase deux aux Premières Nations afin qu'elles puissent y participer. Je crois me souvenir que notre entente sur les répercussions et les avantages ne contenait aucune disposition de ce genre. En réalité, c'était mutuellement exclu en raison des lois régissant le droit des sociétés et le droit international proposées par LNG Canada.
Pouvez-vous nous en dire plus sur la possibilité pour les Premières Nations de participer à la phase deux?
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Permettez-moi de rectifier le tir, car j'ai probablement semé la confusion chez tout le monde ici.
La phase deux du projet de GNL a été renvoyée à notre bureau. Notre travail consiste à examiner les obstacles qui restent à surmonter pour que le GNL fasse l'objet d'une décision finale d'investissement, ou DFI. Cette décision est attendue en 2026, et nous travaillons avec tous les promoteurs du projet pour nous assurer que tous les derniers détails sont réglés.
Il n'est pas nécessaire — comme mes collègues le confirmeront — de faire des évaluations environnementales supplémentaires. Elles sont déjà faites, mais il reste des détails à régler pour que les promoteurs du projet prennent la décision finale de verser 33 milliards de dollars dans le projet, qu'ils doivent rendre afin de pouvoir construire le projet. Dans le cadre des discussions avec LNG Canada, la société nous a demandé de donner accès au programme de garantie de prêts au Canada et de faciliter les choses afin qu'il y ait une participation.
C'est vraiment ce que je voulais dire.
Je ne sais pas si vous voulez clarifier le tout, monsieur Labonté.
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Je peux tenter de répondre à cette question.
Outre l'aspect réglementaire, comme M. Timlin l'a mentionné dans sa déclaration préliminaire, notre travail comprend une fonction d'information sur l'énergie. Dans ce cadre, nous examinons en temps réel l'évolution des technologies et, dans le cadre de notre série Avenir énergétique du Canada, nous envisageons différents scénarios pour 2050 et l'évolution possible du paysage énergétique au Canada au cours de cette période.
Ce que nous voyons dépend grandement du scénario utilisé. Dans tous les scénarios, nous observons une électrification croissante, une utilisation accrue des énergies renouvelables et une décarbonation générale du réseau électrique, mais la mesure dans laquelle cela se produit varie considérablement d'un scénario à l'autre. Je serais heureux de vous donner plus de détails, mais je suis conscient que le temps est limité. Si le député souhaite que je continue, je ferai d'abord une pause.
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La prochaine réunion du Comité est prévue pour le lundi 20 octobre 2025.
[Traduction]
Je remercie les membres du Comité de la réunion d'aujourd'hui, et je remercie également les interprètes, qui ont dû faire face à quelques difficultés aujourd'hui. Je remercie aussi les analystes et le greffier. Je vous souhaite à tous une joyeuse fête de l'Action de grâces.
Nous entendrons d'autres témoignages dans le cadre de notre étude le 20 et le 23 octobre. Si les membres du Comité souhaitent prolonger l'étude en ajoutant deux réunions, le greffier convoquera des témoins. Sinon, le Comité trouvera le temps de donner aux analystes des instructions pour la rédaction d'un rapport préliminaire. Le Comité peut prendre une décision et, en l'absence de décision du Comité, le président peut demander au greffier de prévoir d'autres travaux.
La séance est levée.