Bienvenue à la 10 e réunion du Comité permanent de l'environnement et du développement durable. Cette réunion se déroule en mode hybride et en public.
Nous entendrons des témoins pour les deux heures de la réunion. Pour ceux qui assistent à la réunion en personne, veuillez suivre les lignes directrices en matière de santé et de sécurité relatives à l'utilisation des oreillettes, qui sont inscrites sur les cartes déposées sur la table.
[Français]
Le Comité reprend son étude sur l'efficacité, les améliorations possibles et la capacité du Plan de réduction des émissions pour 2030 du Canada.
[Traduction]
Aujourd'hui, nous recevons les témoins suivants. De Clean Prosperity, nous accueillons Etienne Rainville, vice-président, Centre du Canada. De l'Institut Pembina, nous accueillons Janetta McKenzie, directrice, Pétrole et gaz. Elle se joint à nous par vidéoconférence. De Keystone Agricultural Producers, nous accueillons Colin Hornby, directeur général, qui se joint également à nous par vidéoconférence.
Chers collègues et témoins, lorsque vous verrez ce carton jaune, il vous restera une minute pour terminer votre intervention. Si vous voyez ce côté du carton, vous devez cesser de parler parce que le temps qui vous était imparti est écoulé. Je vous remercie.
Nous entendrons d'abord quelques déclarations préliminaires.
Monsieur le greffier, veuillez communiquer les commentaires que nous avons reçus du cabinet de la au sujet de sa visite.
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Je vous remercie, monsieur le président et mesdames et messieurs les membres du Comité, de m'avoir invité à témoigner aujourd'hui.
Je m'appelle Etienne Rainville. Je suis vice-président pour le Centre du Canada de Clean Prosperity, un organisme canadien de politique climatique sans but lucratif et non partisan qui préconise des solutions axées sur le marché pour bâtir une économie à faibles émissions de carbone et réduire les émissions.
Le Plan de réduction des émissions pour 2030, ou le PRE, présenté par l'ancien gouvernement fédéral comprenait des dizaines de mesures visant à réduire les émissions, mais aux fins de cet exposé, je me concentrerai sur les mérites d'une seule d'entre elles, soit la tarification du carbone dans le secteur industriel.
La tarification du carbone dans le secteur industriel est la mesure la plus importante prévue dans le PRE. En effet, les émissions du secteur industriel représentent 42 % des émissions canadiennes, et cette mesure à elle seule devrait permettre au Canada d'atteindre jusqu'à 50 % de ses objectifs de réduction d'ici 2030. De plus, elle permet d'atteindre cet objectif tout en étant l'une des mesures les moins coûteuses pour le Canada, tout en tenant compte des secteurs tributaires du commerce, en minimisant les coûts répercutés sur les consommateurs et en profitant d'un vaste soutien de l'industrie.
L'histoire de la tarification dans le secteur industriel au Canada a commencé en 2007 avec l'entrée en vigueur du Règlement sur les émetteurs de gaz désignés de l’Alberta. D'autres provinces, comme la Colombie-Britannique, le Québec et l'Ontario, lui ont emboîté le pas en mettant en place leurs propres systèmes. La tarification du carbone dans le secteur industriel s'est étendue à l'échelle nationale en 2018 avec l'adoption, par le gouvernement fédéral, de la Loi sur la tarification de la pollution causée par les gaz à effet de serre.
Bien que les systèmes de tarification dans le secteur industriel varient d'une administration à l'autre au Canada, la plupart des provinces utilisent des systèmes de tarification fondés sur le rendement. Ces systèmes fonctionnent en établissant un point de référence en matière de rendement pour chaque installation et un taux de rigueur qui fixe le prix d'une fraction précise des émissions d'une installation donnée. Ce point de référence est revu à la hausse chaque année, ce qui entraîne une augmentation progressive du prix et de la fraction des émissions visées.
Les installations qui dépassent le point de référence doivent payer un coût lié à la conformité, et celles qui restent en dessous peuvent générer des crédits qu'elles peuvent ensuite vendre aux installations qui l'ont dépassé, ce qui entraîne la création d'un marché. Ce marché est largement neutre sur le plan de la technologie et de l'industrie, et il permet de cerner et de saisir les possibilités de décarbonation les moins coûteuses dans une province donnée. Cela permet ensuite à l'économie de cibler les solutions les plus faciles à mettre en œuvre, tout en accordant la priorité aux investissements qui peuvent réduire les émissions, par exemple, pour 50 $ par tonne, au lieu de 500 $ par tonne. Les règlements non tarifaires, quant à eux, sont souvent moins ciblés, moins souples et plus contraignants sur le plan économique, et ils ne réussissent pas souvent à faire la distinction entre les réductions d'émissions coûteuses et les réductions d'émissions à faible coût.
Même si je m'attends à ce que la plupart des membres du Comité connaissent le fonctionnement de la taxe sur le carbone imposée au consommateur ou du supplément pour carburant, j'aimerais souligner deux différences importantes liées à la tarification industrielle qui lui permet de réduire les coûts.
Tout d'abord, la taxe sur le carbone imposée au consommateur facture un certain montant pour chaque tonne d'émissions. Les systèmes de tarification industrielle fonctionnent différemment, car le prix facturé ne vise qu'une fraction des émissions actuelles, soit environ 20 % dans la plupart des provinces.
Deuxièmement, la taxe sur le carbone imposée aux consommateurs facturait le plein prix du carbone pour chaque tonne. Les systèmes de tarification des émissions fondés sur le rendement offrent la possibilité de payer plutôt par des crédits, et ces crédits se négocient souvent à un prix réduit par rapport au prix annoncé, sous réserve de l'offre et de la demande dans un marché donné.
Où est l'attrape? Au Canada, le principal défi lié à la tarification dans le secteur industriel est la certitude à long terme. Des réductions initiales des émissions peuvent souvent être réalisées grâce à des projets d'efficacité énergétique, mais lorsque ces options sont épuisées, les installations peuvent envisager le déploiement de nouvelles technologies, comme le captage du carbone, l'électrification ou un changement de combustible. Ce sont tous des projets à forte intensité de capitaux, et leur justification économique repose en partie ou en totalité sur la génération de revenus au moyen de crédits dans leurs systèmes de tarification fondés sur le rendement. L'absence de certitude à long terme quant à la durabilité et aux règles du système signifie qu'elles ne sont pas aussi propices à l'investissement qu'elles devraient l'être. Sans investissement, on ne déploie pas de technologie, et sans technologie, on n'obtient pas la réduction des émissions ou la croissance à faibles émissions de carbone que l'on souhaite obtenir.
Cela a des répercussions concrètes. Dans notre récent rapport intitulé Market Force, nous estimons que des projets d'une valeur totale de plus de 50 milliards de dollars un peu partout au Canada ont besoin d'un marché du carbone stable pour progresser. Cette incertitude aide également à expliquer pourquoi la modélisation du plan de réduction des émissions ne donne pas de résultats concrets. Dans notre rapport de 2024 intitulé Missing Megatonnes, nous avons constaté que l'incertitude liée à la tarification du carbone pourrait empêcher le Canada de réduire ses émissions industrielles de 33 mégatonnes par année d'ici 2030, et la situation n'a fait qu'empirer depuis.
Je vous remercie du temps que vous m'avez accordé. Je me ferai un plaisir de répondre à vos questions.
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Je vous remercie, monsieur le président et mesdames et messieurs les membres du Comité.
Je m'appelle Janetta McKenzie. Je suis directrice du programme pour le pétrole et le gaz à l'Institut Pembina. Je suis titulaire d'un doctorat de l'Université de Waterloo, où j'ai mené des recherches sur l'élaboration de la réglementation sur le pétrole et le gaz. J'ai également travaillé dans le domaine de la conformité aux règlements dans l'industrie des pipelines ici, en Alberta.
Dans le cadre de l'examen de l'efficacité du plan de réduction des émissions du Canada, j'aimerais aujourd'hui souligner deux secteurs dont les émissions ont changé de façon spectaculaire au cours des 20 dernières années. Je crois que cela illustre comment des politiques climatiques robustes et durables peuvent fonctionner sans nuire à la compétitivité industrielle.
Tout d'abord, le secteur canadien de l'électricité a réduit considérablement ses émissions de gaz à effet de serre tout en augmentant sa production. En effet, ce secteur a réduit ses émissions de carbone de 68 millions de tonnes, soit 60 %, au cours des 20 dernières années, tout en augmentant sa production de 10 %. Par contre, dans le secteur des sables bitumineux, le petit nombre d'entreprises qui produisent du bitume en Alberta ont vu leurs émissions augmenter de 55 millions de tonnes depuis 2005. C'est une augmentation de plus de 150 %.
La différence est simplement une question de politique. Le secteur de l'électricité a réagi à des politiques climatiques claires et établies à long terme. L'Ontario a commencé à éliminer progressivement les centrales au charbon en 2003. En s'appuyant sur ces réussites, en 2012, le premier ministre Stephen Harper a imposé l'élimination progressive du charbon à l'échelle nationale d'ici 2061. Les gouvernements fédéraux et provinciaux de différentes allégeances se sont fondés sur cet engagement pour prendre des règlements visant à éliminer les émissions produites par le charbon d'ici 2030 à l'échelle du pays, tout en donnant aux provinces la marge de manœuvre nécessaire pour atteindre cet objectif et à l'industrie la possibilité d'investir dans d'autres formes de production d'électricité.
En Alberta, malgré des protestations selon lesquelles cela n'était pas possible, en 2024, la dernière centrale au charbon a été mise hors service plus tôt que prévu, même si le charbon alimentait 60 % du réseau il y a à peine une décennie. Pendant ce temps, l'Alberta a d'abord été inondée d'investissements privés de milliards de dollars dans des projets éoliens et solaires, qui rapportent chaque année des millions de dollars aux collectivités locales en taxes municipales.
Autrement dit, la coordination des règlements sur le charbon est un excellent exemple de politique climatique durable et prévisible que les entreprises peuvent utiliser pour prendre des décisions d'investissement à long terme. Cela nous rappelle également que les politiques climatiques ne font pas que réduire les émissions, mais qu'elles montrent aussi au monde entier que le Canada est ouvert aux investissements à faibles émissions de carbone. À l'échelle mondiale, les investissements dans les énergies propres sont maintenant deux fois plus importants que ceux dans les combustibles fossiles, ce qui donne encore plus de poids à la déclaration du , M. Carney, selon laquelle l'action climatique n'est pas seulement un devoir moral, mais aussi un impératif économique.
Permettez-moi maintenant d'aborder la question des sables bitumineux. Contrairement aux producteurs d'électricité, les entreprises d'exploitation des sables bitumineux n'ont pas encore été assujetties à des politiques, qu'elles soient fédérales ou provinciales, qui permettent de réduire efficacement la pollution dont elles sont responsables. Malgré la rhétorique selon laquelle les politiques climatiques nuisent au secteur, la production et les émissions des sables bitumineux n'ont jamais été aussi élevées. L'industrie pétrolière et gazière dans son ensemble est responsable de près du tiers des émissions du Canada, même si elle ne représente qu'un vingtième de son PIB.
Il faut mettre en œuvre, pour les sables bitumineux et pour tous les secteurs, des politiques solides assorties d'objectifs clairs et d'échéanciers prévisibles qui inspirent confiance aux investisseurs. À l'inverse, comme nous l'avons vu au sud de la frontière, les politiques drastiques nuisent aux industries, aux fournisseurs et aux travailleurs.
La tarification du carbone dans le secteur industriel est le meilleur outil dont dispose le Canada pour stimuler l'innovation dans des secteurs à fortes émissions comme celui des sables bitumineux. Cette mesure profite depuis plus d'une décennie du soutien de l'industrie lourde, y compris des dirigeants de l'industrie pétrolière et gazière, car elle se renforce progressivement et de manière prévisible, ce qui leur permet de planifier l'accroissement des investissements dans la décarbonation au fil du temps.
Malheureusement, la province de l'Alberta a récemment pris des mesures rétrogrades qui affaiblissent son prix industriel, même si l'adhésion au système actuel ne coûte que quelques dollars par baril aux entreprises de sables bitumineux. Si nous voulons des sables bitumineux plus propres et à l'épreuve du temps, ou tout ce qui s'approche de barils de pétrole décarbonés, de solides systèmes de tarification du carbone dans le secteur industriel pourraient orienter efficacement des millions de dollars de capitaux privés vers cet objectif.
Enfin, le fait que nous ne soyons pas encore en voie d'atteindre nos objectifs climatiques pour 2030 ne signifie pas que le plan de réduction des émissions a échoué. Des mesures comme la tarification dans le secteur industriel, la réglementation sur l'électricité propre et les normes en matière de vente de véhicules électriques sont des mesures à long terme dont les avantages ne se concrétiseront pleinement que si on leur en laisse le temps. Tout comme pour la préparation à un marathon, où chaque entraînement améliore la condition physique, chaque tonne que nous n'émettons pas et chaque investissement à faibles émissions de carbone que nous réalisons améliore notre compétitivité climatique. Cependant, comme le montrent les exemples comparatifs des secteurs de l'électricité et des sables bitumineux, nous n'y arriverons pas sans des règlements et des politiques durables sur lesquels les investisseurs peuvent s'appuyer et compter.
Je vous remercie encore une fois de m'accueillir aujourd'hui. Je me ferai un plaisir de répondre à vos questions.
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Je vous remercie, monsieur le président.
Bonjour, mesdames et messieurs les membres du Comité. Je vous remercie de m'avoir invité à vous faire part de quelques réflexions au nom des agriculteurs du Manitoba.
Je m'appelle Colin Hornby. Je suis directeur général de Keystone Agricultural Producers, l'organisation agricole générale du Manitoba, et je représente les intérêts de tous les agriculteurs du Manitoba. Nous comptons parmi nos membres plus de 6 000 exploitations agricoles individuelles payantes et 20 groupes de produits de base, qui représentent l'ensemble du secteur.
Les agriculteurs se soucient profondément de l'environnement. Ils vivent de la terre. Dans les nombreuses conversations que nous avons eues au fil des ans, un thème commun revient tout le temps. Ils veulent laisser la terre dans le même état, voire en meilleur état, que lorsqu'ils y ont planté la première graine.
Chaque jour, ils dépendent de la terre pour leur gagne-pain, leur famille et leur avenir. Personne n'a plus intérêt à protéger notre sol, notre eau et notre air que les gens qui travaillent la terre eux-mêmes. Cependant, les agriculteurs de toute la province me parlent sans cesse d'un sentiment croissant de frustration et, franchement, d'une perte de confiance à l'égard des initiatives et des programmes environnementaux du gouvernement.
Lorsque des cibles et des initiatives sont établies, je peux comprendre qu'elles soient ambitieuses et qu'elles aient une incidence. Elles doivent toutefois être ancrées dans les réalités du fonctionnement des exploitations agricoles modernes.
Prenons l'exemple des émissions liées aux engrais. En 2022, Environnement et Changement climatique Canada a publié son plan intitulé Un environnement sain et une économie saine, qui fixe un objectif de réduction des émissions liées aux engrais de 30 % par rapport aux niveaux de 2020 d'ici 2030. Cette cible a été décrite comme étant volontaire, mais les agriculteurs ont rapidement pris conscience des défis liés à sa faisabilité. Ils ont compris qu'il n'était tout simplement pas réaliste de réduire les émissions de 30 % sans réduire l'utilisation d'engrais, surtout compte tenu des rendements agricoles et des conditions du sol.
Les groupes d'agriculteurs, y compris notre organisation et la Fédération canadienne de l'agriculture, ont clairement indiqué que cette cible pourrait nuire à la production, réduire les revenus agricoles et affaiblir la capacité du Canada à soutenir la concurrence sur la scène mondiale. Pourquoi Ottawa n'a‑t‑il pas compris cela?
Les agriculteurs canadiens ne s'opposent pas à l'efficacité ou à l'innovation. En fait, ils sont des chefs de file mondiaux dans ces deux domaines. Par exemple, ils ont adopté l'agriculture de précision, la culture sans labour, les cultures couvre-sol, les pâturages en rotation et des stratégies de gestion des nutriments 4B qui réduisent les déchets et les émissions.
L'agriculture offre un potentiel inexploité. Comparativement à de nombreuses autres industries, l'agriculture peut, en fait, éliminer les émissions grâce à la séquestration du carbone. Des chercheurs ont démontré ces effets. Des agriculteurs ont créé ces effets. Les agriculteurs souhaitent donc la mise en œuvre de politiques qui les aident au lieu de leur nuire. Ils veulent des politiques fondées sur la science, et non sur des hypothèses idéologiques sur le fonctionnement de l'agriculture.
Il y a aussi la taxe sur le carbone. Même si nous sommes très heureux que cette politique tout à fait déraisonnable ait finalement été annulée, lorsqu'elle a été mise en œuvre, les agriculteurs ont dû payer plus cher pour sécher leur grain, chauffer leurs granges et transporter leurs marchandises. Ce ne sont pas des activités facultatives. Elles sont au cœur de l'agriculture moderne. Chaque dollar supplémentaire dépensé pour le carburant est un dollar qui n'est pas investi dans l'amélioration de l'équipement, les nouvelles technologies, les employés ou les semences et les intrants de l'année suivante.
J'ai personnellement vu les innombrables factures de services publics de nos membres au fil des ans, et elles montrent que des milliers de dollars supplémentaires sont dépensés chaque mois pour mener ces activités commerciales essentielles en l'absence de solutions de rechange. Notre organisme et d'autres groupes d'agriculteurs de partout au pays se sont clairement opposés à ce projet, mais nos voix n'ont pas été prises en considération. La taxe sur le carbone représente un désavantage sur le plan de la concurrence pour les agriculteurs. C'est un exemple d'un cas où tous les intervenants du secteur ont condamné d'une seule voix une politique précise.
Les agriculteurs canadiens vendent leurs produits sur les marchés mondiaux, où ils sont en concurrence avec des producteurs de pays qui n'ont pas ces coûts supplémentaires. Lorsque les prix des intrants sont déjà à la hausse pour les engrais, le carburant et les aliments pour animaux, cette taxe supplémentaire nuit encore plus à la compétitivité.
C'est la raison pour laquelle, comme je l'ai mentionné, le projet de loi a reçu un appui marqué de la part de l'industrie et de plusieurs partis au Parlement au cours de la législature précédente. En effet, il proposait d'exempter le gaz naturel et le propane utilisés dans les exploitations agricoles pour des processus essentiels comme le chauffage des étables et le séchage du grain. Les agriculteurs demandaient simplement l'équité. Nous avons vu les efforts déployés pour empêcher la mise en œuvre complète de ce projet de loi, et c'était décourageant pour les familles agricoles de tout le Canada.
Lorsque le gouvernement déclare qu'il veut travailler en partenariat avec les agriculteurs, il doit montrer qu'il est réellement à l'écoute. Toutefois, les producteurs constatent que le gouvernement a plutôt tendance à fixer des objectifs et des échéanciers sans mener de consultations adéquates et sans comprendre les répercussions de ces décisions sur le terrain. Il en résulte un manque de confiance qui ne fait qu'empirer.
Cela creuse le fossé qui existe et persiste entre les milieux urbains et ruraux et l'Est et l'Ouest, surtout dans les Prairies. Les agriculteurs veulent faire leur part, mais ils en ont assez d'avoir l'impression d'être traités comme s'ils étaient le problème. Ils font partie de la solution climatique, et c'est la vérité. Les agriculteurs sont les gardiens de certaines des terres agricoles les plus productives et les plus durables au monde. Ils adoptent déjà des pratiques qui ne sont encouragées par aucun programme. Pour les aider, Ottawa doit leur offrir des conditions prévisibles, les moyens d'être concurrentiels et l'établissement d'un véritable partenariat fondé sur le respect de l'expertise qu'ils ont à offrir.
Le message que je souhaite transmettre aujourd'hui est simple. Il faut rétablir la confiance et écouter les gens qui nourrissent notre population et qui font tourner l'économie. La croissance économique doit informer toutes les politiques présentées, y compris celles dans le domaine de l'environnement. On ne peut pas être vert quand on cultive dans le rouge.
Il faut élaborer des politiques qui renforcent l'agriculture canadienne au lieu de l'affaiblir. Il faut mettre en œuvre des politiques qui aident les agriculteurs à rester concurrentiels tout en continuant à prendre soin de leur précieuse terre. Ils doivent pouvoir alimenter les discussions en même temps que la population.
Je vous remercie.
:
Beaucoup de choses ont été faites au fil des ans. Je ne suis ni agrologue ni agronome, alors je ne pourrais peut-être pas parler de chiffres ou de processus précis.
Je peux toutefois vous dire, en ce qui a trait à la gérance des nutriments 4B au Manitoba, que l'industrie, le gouvernement et des groupes de producteurs comme le nôtre ont adopté un protocole d'entente il y a 20 ans. Il rassemble Keystone Agricultural Producers, Fertilisants Canada et le gouvernement du Manitoba.
Il s'agit d'un engagement commun entre les agriculteurs, le gouvernement et les producteurs d'engrais de l'industrie. Nous disons: « Voici un système avec une gérance des nutriments 4B qui englobe de nombreuses stratégies et composantes différentes. Comment pouvons-nous travailler ensemble pour faire avancer ces principes et accroître le nombre d'acres que nous utilisons pour nos activités? » Grâce à ce partenariat, nous avons constaté une augmentation constante à cet égard au fil des ans.
C'est un exemple de réussite. Ce modèle n'est pas prescriptif, mais plutôt axé sur la collaboration. Le gouvernement, l'industrie et les producteurs s'assoient autour de la table pour dire que c'est quelque chose sur quoi ils sont tous d'accord et qu'ils peuvent faire avancer ensemble, chacun à leur façon.
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Oui, bien sûr. Nous vous enverrons une copie de ce rapport après la réunion.
En 2024, l'Institut Pembina a travaillé avec l'université Simon Fraser pour cerner 23 indicateurs qui représentent des pratiques exemplaires en matière de politique climatique et énergétique. Nous avons utilisé ces indicateurs pour évaluer les progrès des gouvernements fédéral et provinciaux du Canada en matière de préparation aux changements climatiques et à l'économie propre. Nous avons attribué aux provinces des cotes vertes, jaunes et rouges en fonction de ces indicateurs et en fonction de leurs politiques et de leurs plans actuels.
Parmi nos principales conclusions, nous avons constaté que deux provinces sont vraiment en tête. La Colombie-Britannique et le Québec, ainsi que le gouvernement fédéral, font vraiment preuve de leadership avec des cibles de réduction des émissions accompagnées de processus de surveillance publique, avec des mesures sectorielles comme des mesures incitatives à l'achat de véhicules à zéro émission ou avec des cibles et des stratégies de réduction du méthane pour protéger les populations contre les pires conséquences des changements climatiques.
Deux provinces accusent de plus en plus de retard. Même depuis l'année dernière, elles accusent un retard encore plus grand. L'Alberta et la Saskatchewan n'ont toujours pas fixé de cibles de réduction des émissions d'ici 2030. Les plans de lutte contre les changements climatiques qu'elles ont publiés ne contiennent pas assez de détails pour être considérés comme crédibles. Elles s'opposent toujours activement à certaines mesures fédérales de lutte contre les changements climatiques, comme l'élimination progressive du charbon en Saskatchewan ou les mesures pour lutter contre les émissions provenant du pétrole et du gaz en Alberta, et ce, principalement pour des raisons économiques. Or, elles refusent de reconnaître que les répercussions économiques de l'accélération des changements climatiques sont considérables et ne cherchent pas à obtenir des milliards de dollars d'investissements dans des solutions à faibles émissions de carbone.
J'aimerais parler de l'Alberta, plus particulièrement. L'Alberta est un bon exemple, car même si elle a publié un plan de lutte contre les changements climatiques en 2023, ce plan n'est assorti que de très peu de leviers politiques concrets qui faciliteraient l'atteinte des objectifs qu'il contient. C'est la raison pour laquelle l'Alberta a surtout obtenu des cotes rouges.
Il est également assez intéressant que l'une des seules cotes vertes de la province — à savoir si la province a une tarification du carbone pour les émetteurs industriels qui respecte le modèle fédéral — risque de devenir rouge compte tenu des changements récemment apportés au programme TIER, notamment le gel du prix annoncé à 95 $ la tonne. L'Alberta dit qu'elle maintiendra ce prix pendant encore un certain temps. Cela risque de freiner les investissements dans des technologies clés à faibles émissions de carbone, y compris le captage du carbone.
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En bref, une telle mesure rend l'atteinte des cibles de 2030 beaucoup plus difficile. Jusqu'à il y a deux ans et demi, l'Alberta était la destination de choix pour les investissements dans les énergies renouvelables au Canada. Pendant des années, elle a été à l'avant-garde au pays sur le plan de l'adoption de l'énergie éolienne et solaire, générant des milliards de dollars d'investissements et ajoutant de nouvelles options de production énergétique à faible coût au réseau électrique de la province.
En août 2023, le gouvernement de l'Alberta a annoncé un moratoire soudain et inattendu sur l'approbation de tout projet d'énergie renouvelable. Comme vous l'avez souligné, l'effet immédiat a été assez marqué: 53 projets ont été abandonnés, pratiquement du jour au lendemain.
En février 2024, le moratoire a été officiellement levé. Or, un certain nombre de nouvelles politiques et de changements envisagés qui touchent directement le secteur des énergies renouvelables ont depuis miné la confiance dans cette industrie autrefois en plein essor.
En août 2025, deux ans après l'annonce du moratoire, une analyse de l'Institut Pembina a révélé que, même si la liste de projets de l'Alberta Electric System Operator est revenue aux niveaux observés avant le moratoire, il y a une augmentation inquiétante du nombre d'annulations, ce qui laisse entendre que, même si des investisseurs s'ajoutent à la liste de projets, bon nombre se désistent avant que leur projet ne soit approuvé ou décident de ne pas entamer les travaux même après avoir obtenu les approbations nécessaires.
En effet, nous avons constaté que près de 11 gigawatts en projets éoliens, solaires et énergétiques ont été annulés depuis le début du moratoire. À titre de référence, c'est plus que la demande totale moyenne d'énergie de l'Alberta. Ce que l'on observe dans le marché des énergies renouvelables de l'Alberta est tout à fait contraire aux tendances mondiales en matière d'investissement dans les énergies renouvelables. Cela donne à penser que les choix stratégiques du gouvernement de l'Alberta ont une incidence réelle et directe sur la confiance des investisseurs.
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En plus de la tarification du carbone dans le secteur industriel, j'aimerais parler du méthane et de la façon dont certaines régions du Canada, en particulier la Colombie-Britannique, ont réussi à réduire les émissions de méthane provenant des activités pétrolières et gazières.
Nos recherches ont révélé que la Colombie-Britannique est la première province au Canada à avoir atteint son objectif de réduction des émissions de méthane provenant du pétrole et du gaz d'ici 2025, et elle l'a fait deux ans plus tôt que prévu. Le plus remarquable, c'est qu'elle y est parvenue tout en augmentant la production nationale de gaz, ce qui démontre que des règlements stricts sur le méthane n'empêchent pas l'industrie de mener ses activités.
De fait, la réduction du méthane est l'une des façons les moins coûteuses et les plus facilement accessibles de réduire les émissions dans le secteur pétrolier et gazier. De plus, elle crée des emplois, en particulier dans les petites et moyennes entreprises qui travaillent à la mise au point d'une technologie de calibre mondial de réduction du méthane et qui évaluent les fuites dans les sites pétroliers et gaziers et ce genre de choses.
La réduction du méthane provenant du secteur pétrolier et gazier a vraiment été une réussite en Colombie-Britannique.
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Bien sûr. Je vous remercie pour votre question.
Il ne faut pas oublier que les agriculteurs sont forcés d'accepter les prix; ils ne les établissent pas. Ainsi, le coût des intrants augmente en raison des taxes supplémentaires et d'autres facteurs. La taxe sur le carbone représente un coût supplémentaire important, surtout pour les années où il faut sécher beaucoup de grain, ou les années froides. Au Manitoba, il peut faire -40 degrés Celsius, alors c'est assez froid, et les étés sont chauds. Il faut maintenir la température des granges constante pour assurer le bien-être des animaux.
Le problème, c'est que ces coûts ne peuvent pas être refilés au consommateur. L'agriculteur doit les absorber, et il sera payé pour son produit en fonction de ce que dicte le marché. Il a parfois déjà signé un contrat selon un certain prix. Le prix d'une partie des récoltes peut être établi à l'avance, alors si la taxe sur le carbone augmente, par exemple, comme cela a déjà été le cas — heureusement qu'elle n'existe plus —, l'agriculteur doit en absorber le coût entier.
Cela pose des problèmes importants parce que moins le producteur a d'argent, moins il va investir dans son entreprise. De plus, les agriculteurs sont le moteur des économies rurales. Lorsqu'ils ont plus d'argent dans leurs poches, ils investissent dans leur collectivité, que ce soit en achetant plus de produits au vendeur de semences local, en achetant de nouveaux équipements ou en contribuant d'autres façons. C'est une autre perte. Les collectivités rurales prospèrent lorsque les agriculteurs réussissent.
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Merci beaucoup de la question.
Dans le cadre de notre projet de transition vers la carboneutralité pour le Canada, nous avons examiné différentes voies pour atteindre cet objectif. Lorsque l'on parle de décarbonisation, il est important d'étudier la situation secteur par secteur pour déterminer quelles technologies utiliser et quand les appliquer. C'est très différent pour chaque industrie et pour chaque secteur au Canada. Tout est aussi hyperlocal. Les possibilités de décarbonation électrique ne sont pas les mêmes en Alberta qu'en Ontario. Les options de captage du carbone en Alberta diffèrent de celles de l'Ontario, du Québec ou de la Nouvelle-Écosse. Nous avons produit un rapport général qui examinait les possibilités à l'échelle du pays.
Dans le cadre de ce rapport, nous avons examiné la situation du secteur agricole. Il y a une occasion naturelle — et je pense qu'un autre membre du Comité y a fait allusion — de faire participer l'agriculture aux marchés du carbone. Il s'agit simplement de savoir comment. Puisque l'agriculture a des sources de carbone biogénique, il peut être très difficile de vérifier et de surveiller les normes qui sont recherchées et examinées en ce qui concerne les marchés industriels du carbone.
Il y a là des possibilités de créer ce que nous appelons des protocoles de compensation afin de reconnaître les réductions d'émissions lorsqu'on réduit le méthane provenant du bétail, par exemple, et de les récompenser en créant des crédits compensatoires. Il y a simplement des défis techniques associés à la vérifiabilité des sources de réduction des émissions qui ne sont pas établies lorsqu'il est question d'un projet de captage et de stockage du carbone, dans le cas des cheminées qui sortent des installations, par exemple. Il est beaucoup plus facile de reconnaître les émissions à un bout du tuyau plutôt qu'à l'autre bout.
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Je vous remercie de la question.
Nous travaillons au Manitoba. Je ne peux pas nécessairement parler des particularités de Terre-Neuve. Cependant, je dirais qu'il y a des défis à relever dans le cadre réglementaire actuel. Nous étudions certaines questions comme l'innovation et la façon dont l'ARLA, l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire, s'efforce de promouvoir le Canada à titre de pays à la fine pointe. Nous assurons une surveillance réglementaire rigoureuse dans ce pays; cependant, il y a des cas où la réglementation canadienne ne s'harmonise pas nécessairement très bien avec celle d'autres administrations, ce qui pose des défis pour la compétitivité des producteurs.
Je crois que votre question porte également sur l'expansion de l'industrie et les investissements. Il y a la politique agricole, mais aussi la politique fiscale. Il faut tenir compte de divers éléments. Des changements ont été proposés récemment au traitement fiscal des gains en capital, qui auraient été dévastateurs pour la transition des exploitations agricoles. Cependant, cette mesure a été annulée, ce qui est positif.
Je dirais qu'il y a eu quelques exemples au cours des dernières années qui ont donné lieu à des préoccupations importantes.
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Nous reprenons la séance.
Le Comité poursuit son étude sur l'efficacité, les améliorations possibles et la capacité du Plan de réduction des émissions pour 2030 du Canada.
[Traduction]
Cet après-midi, le Comité rencontre les témoins suivants.
[Français]
Nous accueillons l'honorable Sonya Savage, qui est ici à titre personnel.
Nous accueillons l'ancien maire M. David Miller, qui représente l'initiative Face à la crise tarifaire et climatique: retroussons-nous les manches.
[Traduction]
Nous accueillons le président-directeur général de la National Coalition of Chiefs, Dale Swampy.
Je remercie les témoins d'être parmi nous aujourd'hui. Chaque témoin dispose de cinq minutes pour prononcer sa déclaration préliminaire.
Nous allons commencer par Sonya Savage.
Merci.
:
Merci, monsieur le président.
Je suis avocate-conseil principale chez Borden Ladner Gervais depuis mon retour dans le secteur privé après avoir été ministre de l'Énergie et ministre de l'Environnement de la province de l'Alberta.
En 2023, j'ai dévoilé le plan de réduction des émissions et de développement énergétique de l'Alberta, qui visait à réduire les émissions pour atteindre la carboneutralité d'ici 2050 sans compromettre l'accès à une énergie abordable, fiable et sûre. Depuis mon départ du gouvernement, je passe beaucoup de temps à travailler avec des entreprises qui mènent des projets dans le domaine de l'énergie propre, et à les conseiller.
Permettez-moi de dire d'emblée que les données scientifiques sont claires: les températures mondiales augmentent, et il est urgent d'agir pour réduire les émissions. Cependant, dans cette urgence d'agir, on ne peut pas simplement oublier l'importance de trouver des solutions réalistes. Toute feuille de route climatique doit être réalisable. Il ne sert à rien de fixer des cibles rigides et inflexibles qui ne peuvent pas être atteintes.
Le Canada rate des cibles depuis longtemps, et nous ne sommes pas en voie d'atteindre les cibles de 2030. C'est malheureux, mais ce n'est pas non plus surprenant. Pour réussir, il faut de la collaboration, qui fait défaut. Au cours de la dernière décennie, Ottawa a ignoré les conseils de l'industrie et a empiété sur les compétences provinciales.
Heureusement, nous voyons des signes d'une approche plus pragmatique. J'ai trouvé encourageant d'entendre le dire qu'une nouvelle stratégie de compétitivité climatique sera « axée sur les résultats plutôt que sur de simples objectifs. » Si cela signifie que tant le climat que l'économie sont importants, peut-être que le déclin économique qui s'est enclenché pourra être freiné.
Une nouvelle stratégie sur la compétitivité climatique pourrait également mieux harmoniser les plans climatiques provinciaux et fédéraux et prioriser les solutions qui donnent de bons résultats. Trois d'entre elles me viennent à l'esprit: le captage du carbone, la tarification du carbone pour l'industrie et les minéraux critiques.
Sans captage du carbone, il est impossible d'atteindre la carboneutralité. L'Alberta et Ottawa ont déjà fait des avancées considérables pour encourager le captage du carbone. Cette solution ne touche pas seulement les sables bitumineux et l'initiative Voies, mais aussi plusieurs secteurs de l'économie — de la production d'électricité à l'hydrogène, en passant par le ciment, les engrais, les produits pétrochimiques et l'acier. En 2022, l'Alberta a accordé des droits à 25 centres de séquestration du carbone dans la province. Ce dont ces centres ont besoin pour réussir, c'est d'une politique pour les soutenir.
Si son prix est raisonnable et qu'elle est mise en œuvre par la province, une tarification du carbone pour l'industrie pourrait aider à attirer des investissements dans une économie à faibles émissions de carbone. Le programme TIER de l'Alberta, qui remonte à 2007, en est un excellent exemple. C'est pourquoi il a été maintenu dans le plan climatique de 2023 de l'Alberta.
Sans minéraux critiques comme le lithium, le cobalt, le nickel et l'uranium, la transition énergétique ne sera pas possible. La mise en place d'une chaîne de valeur complète — de l'extraction à la fabrication, en passant par la transformation — devrait être un volet essentiel non seulement de la politique climatique, mais aussi de la politique économique, industrielle et étrangère.
Une caractéristique clé unit les trois mesures que je viens de mentionner: la collaboration avec les provinces et l'industrie.
D'autres aspects du plan climatique d'Ottawa créent des conflits inutiles. La réglementation sur l'électricité propre et le plafonnement des émissions du secteur pétrolier et gazier sont des politiques qui sèment la discorde et qui entraîneront des préjudices économiques et des contestations constitutionnelles.
Le plafond des émissions, s'il est mis en œuvre, sera en fait un plafond de production. Les acteurs de l'industrie affirment qu'ils ne peuvent pas respecter le plafond sans réduire la production. Par conséquent, plus de capitaux migreront vers d'autres pays, ce qui nuira à la capacité du Canada d'être une superpuissance de l'énergie propre et conventionnelle.
La réglementation sur l'électricité propre est inapplicable pour les entités générant de l'électricité à partir du gaz naturel. Selon l'exploitant du réseau électrique de l'Alberta, l'AESO, aucune solution de rechange technique et abordable ne peut rendre la conformité possible. Depuis 2024, après avoir complètement abandonné l'électricité produite à partir du charbon, le réseau de l'Alberta dépend du gaz naturel pour 75 % de l'électricité totale. Il faudra beaucoup plus d'énergie dans les années à venir pour électrifier les transports et le chauffage.
En conclusion, lorsque l'Alberta a élaboré son plan climatique de 2023, j'ai vu une occasion d'harmoniser la politique climatique avec la politique industrielle. Une politique climatique bien conçue peut non seulement réduire les émissions, mais aussi attirer des investissements dans de nouveaux domaines, comme le captage du carbone, l'hydrogène, le stockage par batteries, les technologies propres et les énergies renouvelables. Elle peut aussi soutenir le secteur du pétrole et du gaz naturel et donner le coup d'envoi à l'exploitation des minéraux critiques. Je vois maintenant la même occasion si la nouvelle Stratégie de compétitivité climatique du Canada permet d'atteindre un meilleur équilibre entre le climat et l'économie pour atteindre l'objectif d'être une superpuissance de l'énergie propre et conventionnelle.
C'est avec plaisir que je répondrai à vos questions.
Les changements climatiques, l'inflation et la réconciliation avec les Autochtones sont sans contredit des problèmes stratégiques complexes. Ils sont complexes pour les mordus de politiques et carrément obscurs pour tous les autres, parce que le fait de s'y attaquer provoque une avalanche de conséquences imprévues pour l'ensemble de l'économie canadienne, y compris pour les communautés des Premières Nations.
Comment pouvons-nous lutter contre les changements climatiques quand nos interventions font grimper le prix des biens de consommation? Comment sommes-nous censés soutenir la réconciliation avec les Autochtones si le gouvernement au pouvoir est incapable de mettre en œuvre une politique efficace et durable en matière de changements climatiques?
Si vous changez votre perspective, vous remarquerez différents discours qui offrent une occasion de relever tous ces défis. La complexité de nos plus grands défis ainsi que leurs liens entre eux peuvent représenter une force. Ces facteurs peuvent nous amener à sortir des sentiers battus pour trouver de nouvelles solutions novatrices qui nous feront enfin faire des progrès dans des domaines essentiels où nous avons réalisé si peu d'avancées jusqu'à maintenant.
Cependant, pour tirer parti de cette occasion, nous devons nous défaire du raisonnement à court terme de la plupart des politiciens, qui ne pensent qu'à leurs propres objectifs politiques. Nous devons cesser de politiser ces défis et rompre avec les discours qui nous mènent constamment aux mêmes résultats médiocres.
De nombreux Autochtones adhèrent à la philosophie des sept générations. Le précepte de cette philosophie est qu'une décision prise aujourd'hui doit profiter à la population dans sept générations. Dans une démocratie comme la nôtre, c'est beaucoup plus loin dans le temps que la prochaine élection.
En appliquant cette perspective à nos défis les plus importants — les changements climatiques, l'inflation et la réconciliation avec les Autochtones —, nous pouvons aller au‑delà des discours populaires et nous concentrer sur les vrais problèmes. Nous pouvons parler des changements climatiques sans diaboliser toute une industrie. Nous pouvons constater que, en étouffant davantage l'industrie énergétique avec de nouveaux plafonds d'émissions, le prix des biens de consommation, l'inflation et le chômage augmentent, et les coûts de chauffage et d'électricité atteignent des niveaux ingérables. Tous ces facteurs combinés entraîneraient une baisse du niveau de vie dans l'ensemble de la société.
En examinant les défis du Canada dans leur ensemble et en tenant compte des liens les unissant, nous pourrions trouver des solutions qui ont une incidence positive à tous ces égards.
Près de 14 000 personnes s'identifiant comme Autochtones travaillent dans l'industrie pétrolière et gazière du Canada. Leurs revenus profitent à leurs familles et à leurs communautés partout au pays, ce qui permet de grandement améliorer la lutte contre la pauvreté et contre les inégalités vécues par les peuples autochtones.
Grâce aux milliards de dollars investis au cours des dernières décennies, les mêmes entreprises énergétiques qui facilitent l'indépendance économique et l'autodétermination de toutes ces communautés autochtones sont devenues des chefs de file mondiaux dans la production d'énergie propre. Elles ont réduit les émissions de gaz à effet de serre, contrairement aux entreprises de tout autre pays, et elles ouvrent la voie à des solutions technologiques novatrices axées sur le carbone qui permettront enfin au Canada d'atteindre ses objectifs d'émissions.
Soit les auteurs de ce texte de loi n'ont pas vu l'incidence de leur proposition de plafonnement des émissions sur les peuples autochtones, soit ils s'en moquent. Bien franchement, les deux sont possibles, mais la deuxième hypothèse semble plus probable. Ils disent avoir parlé à certains Autochtones, mais ils n'ont pas tenu compte de la diversité de notre communauté et ils ont cru la fausse idée selon laquelle tous les Autochtones s'opposent aux projets énergétiques.
Peu importe le raisonnement, au bout du compte, 14 000 Autochtones, ainsi que leurs familles et leurs communautés, vont pâtir du résultat sans jamais avoir eu l'occasion de s'exprimer. Ce sera plutôt Ottawa qui décidera, et les communautés autochtones subiront les conséquences d'une perspective linéaire appliquée par un gouvernement paternaliste qui situe ses réflexions dans les échéanciers politiques à court terme.
Au lieu d'adopter une approche visionnaire qui profiterait aux générations futures de Canadiens, le gouvernement prend des mesures pour freiner davantage le progrès et ainsi apaiser un petit groupe d'électeurs. Il propose une politique d'écoblanchiment pour les changements climatiques qui nuira aux Autochtones et aux non-Autochtones aujourd'hui, demain et dans sept générations.
Merci.
Je suis coprésident de Face à la crise tarifaire et climatique: retroussons-nous les manches, une coalition de plus de 250 maires et conseillers qui travaillent ensemble pour veiller à ce que le Canada accorde la priorité à la lutte contre les changements climatiques et à la souveraineté économique. Comme vous l'avez mentionné, je suis l'ancien maire de Toronto et l'ancien président d'Ontario Auto Mayors. Mon travail actuel, à titre de directeur général du Centre C40, est axé sur les enjeux climatiques.
Je m'adresse à vous aujourd'hui depuis les territoires traditionnels des peuples de langue lekwungen, y compris les nations Songhees et Esquimalt.
Mes commentaires porteront sur l'importance de renforcer l'indépendance économique du Canada en choisissant des projets climatiques d'intérêt national.
Cet été, notre pays était littéralement en feu d'un océan à l'autre. Plus de 200 collectivités ont été touchées par des feux de forêt, et d'autres par des inondations. Le Manitoba et la Saskatchewan ont tous deux déclaré l'état d'urgence.
Souvent, les collectivités qui ne sont pas directement touchées accueillent des réfugiés climatiques pendant des semaines, voire des mois. Nos collectivités subissent des répercussions généralisées et dévastatrices, par exemple les coûts de nettoyage à Jasper ou la hausse vertigineuse des primes d'assurances habitation à Yellowknife. On évalue les dommages assurés à Flin Flon et à La Ronge à 300 millions de dollars, et ce n'est pas fini. Pourquoi les Canadiens ordinaires devraient-ils faire les frais de l'inaction? Selon certaines études, les coûts annuels des dommages causés par les changements climatiques au Canada pourraient atteindre les 100 milliards de dollars d'ici 2050 si des mesures urgentes pour lutter contre les changements climatiques ne sont pas prises. Ce ne sont que trois exemples parmi tant d'autres.
C'est sans doute en partie pourquoi une vaste majorité de Canadiens exige des mesures liées au climat. Les changements climatiques sont réels, et leurs répercussions sont graves et ne font qu'empirer. La science démontre que la principale cause de changements climatiques est la combustion des combustibles fossiles et que leur utilisation doit être réduite de près de la moitié à l'échelle mondiale d'ici 2030. Cela ne sera possible que si le Canada fait sa part. La bonne nouvelle, c'est que l'action climatique contribue à l'édification de la nation. Cela peut nous aider à bâtir l'économie toute canadienne dont nous avons besoin, à la fois beaucoup plus résiliente et moins dépendante de notre voisin.
Nos demandes, dans le cadre de notre campagne, sont claires: créer un réseau d'électricité propre d'est en ouest et dans le Nord; construire un réseau ferroviaire à grande vitesse au Canada; construire au moins deux millions de logements écoénergétiques hors marché; mettre en place un programme national de rénovation domiciliaire et d'installation de thermopompes afin de rendre les logements et immeubles plus chauds en hiver et plus frais en été; financer une stratégie nationale de résilience, d'intervention et de rétablissement pour aider nos collectivités à se préparer aux catastrophes climatiques qui, nous le savons, sont à venir, à intervenir le cas échéant et à reconstruire par la suite.
En conclusion, il est primordial de donner une voix aux collectivités durement éprouvées par des catastrophes climatiques. Nous savons que la voix de l'industrie pétrolière et gazière a été entendue. Selon des documents publics, plus de 600 réunions entre le gouvernement et les lobbyistes de l'industrie pétrolière et gazière ont eu lieu depuis janvier, dont 50 réunions avec le depuis les élections, soit deux réunions par semaine en moyenne.
La voix de la majorité, qui réclame des mesures de lutte contre les changements climatiques et souhaite vivre dans des collectivités sûres, résilientes et fortes sur le plan économique, doit occuper une place égale à la table, notamment pour faire valoir le simple fait scientifique qu'il est impératif de réduire rapidement notre dépendance aux combustibles fossiles, et non l'augmenter. La science ne se discute pas. Ce que nous disons, c'est que les grandes entreprises de combustibles fossiles, qui ont réalisé des profits de 35 milliards de dollars en 2022 seulement, n'ont pas besoin de subventions publiques. Le financement d'Ottawa devrait plutôt être investi dans des projets qui créent les emplois de l'avenir: des projets d'édification et non d'incinération de la nation.
Une occasion exceptionnelle se présente aujourd'hui à nous, et nous avons le devoir de bâtir l'avenir dont nous avons besoin. Le plan du gouvernement doit être beaucoup plus ambitieux, doit appliquer plus rigoureusement le principe du pollueur-payeur et doit accorder la priorité aux projets de lutte contre les changements climatiques et d'édification nationale qui sont essentiels pour composer avec notre réalité à court terme et pour notre prospérité à long terme.
Les maires et conseillers municipaux de partout au pays comprennent les défis auxquels le gouvernement actuel est confronté dans le contexte des menaces venant des États-Unis. Les emplois de la population sont en jeu. Exposer nos collectivités aux incendies, aux inondations ou à d'autres catastrophes liées au climat est un choix, un choix que le Canada n'aura pas à faire s'il s'acquitte de son rôle pour s'assurer que le monde évite l'effondrement climatique.
Je vous remercie.
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Je n'y vois pas de contradiction. Je pense que l'industrie pétrolière et gazière a changé de cap et intègre davantage les Premières Nations dans ses activités. Les lignes directrices environnementales, sociales et de gouvernance qui ont été adoptées et les exigences en matière d'équité, de diversité et d'inclusion pour les sociétés en témoignent. Un important travail a été accompli grâce à l'élaboration de politiques sur les relations avec les Autochtones adaptées aux collectivités où ont lieu les activités.
La National Coalition of Chiefs travaille avec acharnement afin que ses membres fassent davantage partie de l'équation afin qu'ils puissent faire la transition du chômage à la vie active. Environ 60 % de nos membres reçoivent de l'aide sociale. Nous voulons nous éloigner de cela. Nous avons besoin que la population canadienne, le gouvernement canadien et l'industrie nous accordent une attention particulière pour aider à faire la transition d'une vie de chômage à une vie de travail.
Vous avez vu l'exemple de la Première Nation de Fort McKay, l'une des nations les plus importantes et les plus riches en Amérique du Nord, où le revenu médian des ménages s'élève à plus de 100 000 $. Cela ne s'est pas fait du jour au lendemain. Il a fallu 50 ans pour que des entreprises comme Suncor et Cenovus s'engagent à aider la population de Fort McKay à passer d'un mode de vie sans emploi au mode de vie de travailleur.
Le secteur des ressources naturelles est notre principale industrie. Nous ne pouvons pas tourner le dos à cela. Les pays du monde comptent sur nous pour leur fournir les ressources énergétiques dont ils ont besoin pour alimenter leur économie. Nous ne pouvons pas arrêter cela en disant que l'énergie propre est une priorité et qu'il faut tuer l'industrie des ressources naturelles. Cela ne fonctionnera pas. Si nous tuons notre propre industrie, nous n'aurons pas l'économie qu'il nous faut pour financer des projets d'énergie propre comme ceux d'Emissions Reduction Alberta.
Des entreprises canadiennes, notamment Kathairos Solutions, inventent des technologies qui permettent d'éliminer les émissions. Il faut opter pour ces solutions au lieu de mettre en œuvre la solution provisoire en voie d'être créée avec ce projet de loi.
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Je souligne au passage que mon beau-frère et ma belle-sœur habitent dans votre circonscription. Je suis certain qu'ils vous saluent.
Construire des villes axées sur le transport en commun, la marche et le vélo se fait partout dans le monde, et nous pouvons tirer des leçons de ces meilleurs exemples. Par exemple, le projet du métro Broadway, une fois construit, transformera votre quartier pour le mieux. C'est un exemple de réflexion à l'échelle du système.
Il y a une multitude d'exemples probants de villes — notamment Londres, avec sa « zone à très faibles émissions », Paris et d'autres — qui prennent d'audacieuses mesures de densification axées sur le transport en commun, la marche et le vélo. Cela réduit considérablement l'utilisation de la voiture, électrique ou non.
Nous pouvons faire de même dans toutes les villes du pays. Ce n'est pas une attaque contre l'industrie pétrolière et gazière. Il s'agit de construire des milieux de vie plus sains et plus abordables, où les déplacements sont plus faciles, où vivre est moins coûteux, plus écologique et plus agréable. C'est le résultat que l'on obtient lorsqu'une ville est construite en fonction du transport en commun, de la marche et du vélo. Voilà pourquoi tant de villes dans le monde agissent en ce sens.
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Les coûts liés aux catastrophes climatiques au Canada sont extrêmement élevés. La ville de Jasper en est un parfait exemple. Les autorités de Jasper s'étaient particulièrement bien préparées, étant au fait des risques liés aux feux de forêt, et sachant que ces feux deviennent plus violents et plus fréquents en raison des changements climatiques. Malgré ces préparatifs, 30 % de la surface de Jasper a été détruite par les flammes.
Pensez à l'impact sur les habitants de Jasper. Pour la plupart d'entre nous, l'acquisition d'une propriété représente l'investissement le plus important dans une vie. De nombreux habitants de Jasper ont perdu leur maison. Ils ont dû faire face à une expérience inconnue en matière d'assurance et, comme toute la ville a été touchée, ils n'avaient littéralement nulle part où aller. Ajoutez à cela, bien entendu, les dommages causés aux entreprises, et les coûts au total sont tout simplement hallucinants.
Nous ne pouvons pas nous contenter de nous adapter aux changements climatiques, car les coûts et les dommages sont trop élevés. Je pense que cet aspect doit être au cœur de nos réflexions lorsque nous réfléchissons à la stratégie climatique du Canada. Devrions-nous respecter les engagements pris avec les autres pays afin que tous puissent ensemble s'attaquer au problème, ou préférons-nous risquer de sacrifier de nombreuses autres villes comme Jasper au fil du temps?
Nous avons vu cet été que Terre-Neuve était en proie aux flammes, par exemple. Je n'aurais jamais pensé voir cela de mon vivant: Terre-Neuve en proie aux flammes. C'est réel. C'est grave. Les coûts sont immenses. Une fois que les gros titres ont disparu, la reconstruction se poursuit. Jasper est toujours en reconstruction, et cela va durer très longtemps. Et le pire, c'est que ce n'est pas le seul cas.
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Je vous remercie de cette question très importante.
[Traduction]
Le gouvernement continue de subventionner les entreprises du secteur des énergies fossiles. En effet, nous constatons de nouvelles demandes de subventions, par exemple pour les projets de captage et de stockage du carbone. La lettre est claire: les projets de construction nationale que nous proposons, comme un réseau d'énergie propre d'un océan à l'autre, ne visent pas seulement à fournir de l'énergie propre partout dans le pays, mais aussi à créer de nouvelles industries, à générer un nombre considérable d'emplois liés au raccordement des réseaux et à réduire considérablement la dépendance au diésel, qui est très coûteux pour nos communautés nordiques. Si des subventions sont nécessaires, elles devraient être accordées à ce type de projets tournés vers l'avenir.
À titre personnel, j'ai beaucoup de mal à accepter le fait que les grandes sociétés pétrolières canadiennes, qui ont réalisé 35 milliards de dollars de bénéfices rien qu'en 2022 pendant la pandémie de COVID, devraient bénéficier de nouvelles subventions pour faire ce qui est bon pour l'environnement, pour la population canadienne et pour la planète. Elles ont les moyens financiers nécessaires. Ce sont les idées novatrices qui ont besoin d'être soutenues, et c'est là que le gouvernement devrait investir les revenus dont il dispose.
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Oui, le transport en commun est très important.
[Traduction]
L'innovation constitue le moteur de nos collectivités. Lorsque j'étais en fonction à Toronto, nous avons négocié avec le gouvernement fédéral et les provinces un nouvel accord pour les villes et les collectivités afin d'obtenir un financement national pour les villes et les municipalités, y compris un financement direct pour les transports en commun. Le financement du palier fédéral est important dans ce domaine, car les transports en commun, en particulier les transports électriques propres, comme les autobus électriques, par exemple, sont d'intérêt national. La réussite économique de nos villes est d'importance nationale. Atteindre nos objectifs environnementaux, qui ne peuvent vraiment être atteints qu'avec d'excellents transports en commun dans tout le pays, est également d'importance nationale.
J'applaudis la promesse du gouvernement fédéral de doubler le financement du déploiement de l'énergie propre. Si le Parlement peut se fixer comme priorité de soutenir beaucoup plus fermement les villes et les agences de transport public du Canada, y compris...
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Je tiens tout d'abord à remercier nos invités.
Madame Savage, je vais commencer par vous.
Nous avons vu le gouvernement fédéral, par le biais de politiques telles que le plan de réduction des émissions 2030, cibler efficacement le secteur pétrolier et gazier canadien, mais aujourd'hui, le ton semble changer. Le gouvernement parle de faire du Canada une superpuissance énergétique, de construire à une vitesse fulgurante et de stimuler de nouveaux investissements, mais nous voyons toujours le plafond des émissions.
Compte tenu de votre expérience vaste et diversifiée dans les domaines juridique, gouvernemental et privé, j'aimerais beaucoup connaître votre avis sur la question. Le Canada peut‑il réellement devenir une superpuissance énergétique malgré le plafonnement des émissions? Si tel n'est pas le cas, pourriez-vous nous expliquer pourquoi?
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Je pense que nous avons la capacité de faire du Canada à la fois une superpuissance en matière d'énergie propre et une superpuissance en matière d'énergie conventionnelle. Nous avons la capacité d'être une superpuissance en matière d'énergie propre et d'attirer des investissements dans de nouveaux domaines tels que l'hydrogène, les carburants propres, les minéraux essentiels, ainsi que les nouvelles technologies; c'est fondamental. Il est également important de noter que si nous voulons faire du Canada une superpuissance en matière d'énergie conventionnelle, cela signifie le pétrole et le gaz naturel.
Je ne pense pas que le plafonnement des émissions et le Règlement sur l'électricité propre soient compatibles avec de tels objectifs. Si le plafonnement des émissions entraîne une réduction de la production, comme le prétend l'industrie, comment pourrons-nous nous développer sur de nouveaux marchés en pleine croissance? Le Canada continuera alors à dépendre principalement d'un seul marché, les États-Unis. Nous devons être en mesure d'augmenter notre production, de développer nos marchés et de nous développer au‑delà de notre dépendance envers les États-Unis.
Le plafonnement des émissions représente un défi particulier pour l'industrie, car lorsqu'elle prend une décision d'investissement, que ce soit dans les technologies propres ou dans son lieu de production, elle doit savoir que le projet dans lequel elle investit couvrira les coûts d'investissement, les coûts de financement et les coûts d'exploitation. Si le plafonnement des émissions rend cela inabordable et rend d'autres alternatives dans d'autres juridictions plus intéressantes pour les investisseurs, nous perdrons de la production et nous ne pourrons plus être une superpuissance énergétique.
De même, en ce qui concerne la réglementation sur l'électricité propre, comme beaucoup d'entre vous le savent probablement déjà, le réseau électrique de l'Alberta ne fonctionne plus du tout au charbon, mais dépend à 75 % de la production de gaz naturel. Nos producteurs de gaz ont déclaré qu'ils ne pouvaient pas se conformer aux réglementations sur l'électricité propre telles qu'elles ont été rédigées. Si nous voulons être une superpuissance à la fois dans le domaine des énergies propres et des énergies conventionnelles, nous devons soutenir la production d'électricité à partir du gaz naturel. Cela favorisera le développement des centres de données et de l'intelligence artificielle. Bref, ces deux types de réglementations ne sont pas cohérents avec les objectifs déclarés par le gouvernement fédéral lui-même.
Par ailleurs, ces nouveaux règlements viennent s'ajouter à la tarification industrielle du carbone, qui, à mon avis, a bien fonctionné. Depuis 2007, la politique de tarification du carbone pour les industries a bien fonctionné tant pour l'Alberta que pour le Canada dans son ensemble. En améliorant cette ambitieuse politique de tarification du carbone, nous n'aurons plus besoin de plafonner nos émissions ni de maintenir le Règlement sur l'électricité propre.
Nous pouvons faire tout ce qui est nécessaire pour faire du Canada une superpuissance tant en matière d'énergie propre que d'énergie conventionnelle. Pour ce faire, le gouvernement fédéral doit continuer de collaborer avec les provinces, et renforcer sa politique de tarification du carbone pour les industries.
Tout d'abord, je tiens à remercier tous nos invités.
Monsieur Miller, j'étais sur le point de vous pardonner de ne pas avoir mentionné Halifax, je vous suis reconnaissante de l'avoir fait.
Comme je travaille moi-même très fort à l'atteinte de certains objectifs, je ne pense pas que l'on puisse dire que ce type d'objectifs sont aléatoires ou illogiques. En fait, ces objectifs correspondent exactement à ce que nous devons faire. Sinon, nous ne faisons que réarranger les chaises longues sur le Titanic, sans atteindre l'objectif réel qui s'impose.
Monsieur Miller, pourriez-vous nous parler de cela et de l'importance d'avoir des objectifs ambitieux, que nous soyons parfaitement en phase ou non, et comment cela va nous aider à atteindre notre objectif pour 2050?
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Le profil d'émissions de l'Alberta est différent de celui de la plupart des autres provinces. En effet, plus des deux tiers des émissions en Alberta — un peu plus de 250 mégatonnes — proviennent du secteur industriel. C'est l'inverse de nombreuses autres provinces, où seulement un tiers provient du secteur industriel. Le reste est attribuable aux usages non industriels.
Cela représente à la fois des défis et des possibilités pour l'Alberta. Un des messages que j'ai entendus assez régulièrement au sein du Comité, c'est que l'Alberta tire de l'arrière. Eh bien, ce n'est pas le cas. Son profil d'émissions est très différent, en raison de la prédominance des émissions industrielles. Réduire ces émissions peut s'avérer difficile, car plusieurs de ces secteurs industriels appartiennent à des industries difficiles à décarboner, comme le pétrole et le gaz, l'industrie lourde ou la production pétrochimique. Ce sont des industries tributaires du commerce. Si vous les pénalisez trop au point de les rendre non rentables, les investissements, les projets et la richesse finiront tout simplement par se déplacer ailleurs.
Cela dit, j'essaie toujours d'être positive. Ce profil peut aussi être une source de possibilités, car la réduction des émissions dans ces secteurs peut attirer des investissements dans des technologies comme le captage, l'utilisation et le stockage du carbone, l'hydrogène et le carburant d'aviation propre et durable. Ces investissements créent des emplois. C'est pourquoi je m'intéresse toujours à la politique climatique. Si elle est bien conçue, si elle établit un équilibre entre la croissance économique et la réduction des émissions, si elle avance à un rythme et à une échelle permettant aux technologies, aux investissements en capital, aux processus réglementaires et aux chaînes d'approvisionnement de soutenir la réduction des émissions, elle devient alors une bonne politique industrielle, qui crée des emplois, attire des investissements et améliore l'économie.
C'est la raison pour laquelle, selon moi, le profil d'émissions en Alberta représente à la fois une occasion et un défi.
L'Alberta fait un très bon travail en matière de réduction des émissions, et ce, depuis très longtemps. Elle a été la toute première administration en Amérique du Nord à tarifer la pollution causée par le carbone. C'était en 2007. Elle a également été la toute première administration en Amérique du Nord à réduire les émissions de méthane. Nous avons complètement abandonné les centrales électriques au charbon en 2024. Toutes ces politiques ont été facilitées par des mesures provinciales — et non par des mesures fédérales —, mais en collaboration avec le gouvernement fédéral.
L'Alberta fournit sa part d'efforts. Son profil d'émissions est fortement axé sur la filière industrielle. Je voulais simplement souligner qu'il s'agit d'un défi et d'une occasion.
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Il faut absolument uniformiser les règles du jeu. Selon moi, l'un des plus gros problèmes que nous avons eus lorsque Trudeau était au pouvoir — et la National Coalition of Chiefs et Aboriginal Equity Partners ont formé une coalition de 31 dirigeants qui ont signé une entente pour devenir propriétaires du projet Northern Gateway —, c'est qu'il a refusé de venir nous rencontrer. Il a même déclaré, en annulant le projet, qu'il n'avait jamais entendu un membre d'une communauté autochtone appuyer le projet — forcément, puisqu'il ne voulait pas nous rencontrer.
Voilà le genre d'institution politique exclusive que nous sommes devenus dans ce pays. Nous n'écoutons pas les deux versions des faits. Je dis aux dirigeants des Premières Nations qu'ils doivent écouter les promoteurs. Il ne faut pas laisser les environnementalistes vous dissuader de rencontrer les promoteurs, car une fois que vous vous entretenez avec ces derniers, vous vous rendez compte qu'ils sont des Canadiens, eux aussi. Ce sont des ingénieurs, des techniciens et des scientifiques canadiens qui sont là pour protéger l'environnement. Ils veulent protéger l'environnement tout autant que les membres des Premières Nations. Grâce aux ressources, aux fonds et aux efforts qu'ils consacrent aux systèmes d'intégrité, aux systèmes de sécurité et aux plans de protection de l'environnement, ils seront en mesure de comprendre et de reconnaître les besoins, d'inspirer confiance et de garantir que leurs communautés seront protégées contre tout dommage environnemental.
C'est la raison d'être de la réconciliation: faire participer les communautés autochtones et leur accorder une attention particulière afin qu'elles se rallient à nous et prennent part à ces projets. Les Premières Nations doivent agir comme des institutions politiques inclusives, c'est‑à‑dire écouter les arguments des deux camps. Nous élisons nos dirigeants pour qu'ils prennent des décisions éclairées et, s'ils refusent de tenir compte des deux versions des faits, ils ne pourront pas prendre de décision éclairée. C'est ce qui se passe en ce moment dans la politique canadienne. Les gens ont des vues tellement polarisées qu'ils n'écoutent pas l'autre version des faits.