:
J'ouvre maintenant la séance.
[Traduction]
Comme il a été mentionné précédemment, nous tenons aujourd'hui la 38 e réunion du Comité permanent de la citoyenneté et de l'immigration de la Chambre des communes.
Nous accueillons deux groupes de témoins cet après-midi. Les périodes seront plus courtes qu'à l'habitude. La dernière partie de la réunion sera interrompue parce que nous devons aller voter, mais je vais tout de suite entrer dans le vif du sujet.
[Français]
La réunion d'aujourd'hui se déroule sous forme hybride.
[Traduction]
J'aimerais faire quelques observations à l'intention des témoins et des membres du Comité.
Comme toujours, veuillez attendre que je vous nomme avant de prendre la parole. Pour ceux qui sont sur Zoom, cliquez sur l'icône du microphone.
C'est pour la dernière partie de la réunion que quelqu'un se joindra à nous par Zoom, alors je vais sauter cette partie.
Je rappelle à tout le monde que les députés peuvent poser leurs questions en français ou en anglais. Si vous avez besoin de l'interprétation, veuillez prendre un moment pour préparer votre oreillette et sélectionner le canal d'écoute dont vous avez besoin à l'avance afin de tirer pleinement parti du temps alloué aux questions et réponses.
[Français]
Je vous rappelle que toutes les observations des députés et des témoins doivent être adressées à la présidence. Les députés qui souhaitent prendre la parole doivent lever la main. La greffière du Comité et moi-même ferons de notre mieux pour maintenir l'ordre de parole.
[Traduction]
Je tiens à rappeler à tout le monde de ne pas parler en même temps, car il sera difficile pour nos interprètes de faire leur travail.
Je ferai de mon mieux pour vous aviser lorsqu'il ne vous restera qu'une minute, que ce soit pour votre déclaration préliminaire ou dans le cadre de la période de questions et réponses.
[Français]
Je vous remercie de votre collaboration.
[Traduction]
Conformément à l'article 108(2) du Règlement et à la motion adoptée par le Comité le 6 mai 2026, le Comité poursuit son étude visant à attirer et valoriser les talents internationaux pour renforcer l'économie canadienne.
[Français]
J'aimerais maintenant souhaiter la bienvenue aux témoins d'aujourd'hui.
[Traduction]
Je souhaite la plus cordiale des bienvenues à nos deux témoins.
Nous accueillons M. David Pierce, de la Chambre de commerce du Canada.
J'aimerais aussi accueillir chaleureusement Mme Anne Patterson, du Conseil des technologies de l'information et des communications.
Vous disposez chacun de cinq minutes pour faire votre déclaration préliminaire, après quoi nous passerons aux questions.
Monsieur Pierce, nous allons commencer par vous, pour cinq minutes. Votre temps de parole commence maintenant.
:
Madame la présidente, mesdames et messieurs les membres du Comité, bonjour.
Je vous remercie de m'avoir invité à comparaître aujourd'hui pour témoigner dans le cadre de votre étude sur l'attraction et la valorisation des talents internationaux pour renforcer l'économie canadienne.
La Chambre de commerce du Canada est la plus grande association d'affaires du pays, avec un réseau actif d'environ 400 chambres de commerce, représentant près de 200 000 entreprises de toutes tailles, dans tous les secteurs et dans la plupart des circonscriptions fédérales du pays.
L'immigration est un moteur clé de la croissance économique au Canada, mais la capacité du pays à attirer et à valoriser les talents internationaux a été perturbée. Notre compétitivité en tant que destination de choix pour les meilleurs talents mondiaux s'érode, et nous les perdons.
Selon l'article de 2026 de la Banque TD intitulé « Canada's Silent Brain Drain », le Canada sert de plus en plus de tremplin pour le marché du travail américain, car il sélectionne des immigrants qualifiés, les intègre au marché du travail, puis les perd au profit d'écosystèmes américains plus vastes et plus lucratifs.
Chez les étudiants nés au Canada, les taux de sortie au sommet de l'échelle des compétences sont environ deux fois plus élevés que ceux au bas de l'échelle. Les étudiants étrangers les plus performants sont deux fois plus susceptibles de partir que les étudiants canadiens les plus performants.
La situation n'est pas due à une faible rémunération nationale. Les meilleurs diplômés gagnent bien leur vie selon les normes canadiennes. Ils partent parce que la rémunération et la mobilité ascendante pour leurs compétences sont simplement plus élevées ailleurs.
Il y a quelques mois, j'ai été invité à témoigner dans le cadre de votre étude sur le système d'immigration du Canada. À ce moment‑là, j'ai souligné le fait que les entreprises canadiennes sont mises à rude épreuve en raison des tarifs douaniers réels — ou possibles — qui ferment des secteurs de notre économie et des changements agressifs apportés au régime fiscal américain, ainsi que de l'obligation pour les entreprises canadiennes de se diversifier vers d'autres marchés. Ces risques n'ont pas changé.
À un moment où les entreprises canadiennes doivent soutenir la concurrence comme jamais auparavant, nous ne pouvons pas nous permettre de continuer à miner la capacité du Canada d'attirer et de retenir des talents mondiaux. Nous avons besoin d'un système d'immigration qui est ancré dans les besoins de notre économie et qui aidera les entreprises canadiennes à être concurrentielles dans une économie mondiale qui évolue rapidement.
La politique d'immigration est une politique économique. C'est la raison pour laquelle la Chambre de commerce du Canada préconise des solutions stratégiques pratiques et fondées sur des données probantes qui harmonisent l'immigration avec les besoins actuels et futurs du Canada en matière de main-d'œuvre. Nous devons améliorer l'efficacité et l'intégrité du système, et veiller à ce que les entreprises de toutes tailles puissent avoir accès aux talents dont elles ont besoin pour être concurrentielles et croître.
Il ne fait aucun doute que le Canada continuera d'avoir besoin de l'immigration et des immigrants en raison de leur effet positif sur le développement de notre pays. Les immigrants sont essentiels dans de nombreux secteurs, comme les soins de santé, où 25 % des infirmières autorisées, 43 % des pharmaciens, 37 % des médecins et 45 % des dentistes sont des immigrants.
Le gouvernement réalise des projets d'édification de la nation dans le cadre desquels les immigrants représentent 41 % des architectes, 40 % des ingénieurs civils, 34 % de tous les travailleurs du secteur des transports, 16 % des électriciens et 12 % des monteurs de conduites de vapeur et de tuyauteurs. Il nous en faut plus.
Dans la foulée de la publication de la stratégie nationale en matière d'intelligence artificielle, j'aimerais rappeler à ce groupe que deux des trois pionniers mondialement connus de l'intelligence artificielle, surnommés les « parrains de l'intelligence artificielle », sont des immigrants au Canada.
L'attractivité du Canada repose sur sa capacité à rebâtir un système favorable aux Canadiens, de même que sur les talents mondiaux qui décident de s'établir ici. Pour rétablir la confiance du public dans le système, il faut bien cerner le débat. De quelle façon notre système d'immigration peut-il améliorer la situation des Canadiens et de l'économie canadienne?
La Chambre de commerce du Canada a créé le conseil de l'immigration, qui compte des membres de tous les secteurs et de toutes les régions du pays pour faire avancer ces questions. Le Canada a besoin d'une stratégie d'immigration qui reflète les réalités économiques, les besoins en main-d'œuvre propres à chaque secteur et les pressions démographiques régionales de notre pays.
Nos membres dans les régions rurales et éloignées du pays sont particulièrement bouleversés par les politiques et l'incertitude actuelles, qui ont un effet corrosif sur leurs économies, leurs entreprises et leurs industries locales. Sans main-d'œuvre, ils doivent littéralement fermer des magasins et des restaurants, et nous avons entendu des préoccupations quant au maintien d'hôpitaux pleinement fonctionnels.
Nos collèges, nos universités et nos centres de recherche subissent également des pressions en raison de l'incertitude actuelle entourant les programmes. Nous voulons un programme des étudiants étrangers plus coordonné et responsable qui protège la réputation mondiale du Canada, améliore les résultats des étudiants et les place sur la voie d'accès à la résidence permanente pour répondre aux besoins du marché du travail et à la capacité institutionnelle.
À notre avis, pour rétablir la confiance du public, il ne suffit pas de réduire et de restreindre l'immigration. Il faut plutôt mettre en œuvre un système d'immigration efficace qui maintient l'intégrité et qui répond mieux aux besoins du pays.
Je me ferai un plaisir de répondre à vos questions. Merci.
:
Je vous remercie de m'avoir invitée à comparaître aujourd'hui. Je m'appelle Anne Patterson et je suis la directrice de la recherche et des communications du Conseil des technologies de l'information et des communications ou CTIC. Le CTIC est un centre national d'expertise sans but lucratif qui se concentre sur le renforcement de l'avantage numérique du Canada dans l'économie mondiale par l'entremise de la recherche et de programmes. Nos programmes de développement des talents ont aidé plus de 13 000 professionnels de la technologie formés à l'étranger à contribuer de manière significative à l'économie canadienne, parallèlement à des initiatives visant à créer un bassin national de talents numériques.
L'économie numérique emploie environ 2,7 millions de personnes, soit 13 % de la main-d'œuvre canadienne, et représente environ 10 % du PIB. Le CTIC prévoit que l'emploi dans l'économie numérique du Canada croîtra de 2,7 % par année jusqu'en 2030, soit plus du double du rythme du marché du travail en général. Cette main-d'œuvre sera essentielle en vue de réaliser les ambitions du Canada en matière d'intelligence artificielle, de cybersécurité, de défense et d'infrastructure numérique, de même que dans d'autres secteurs stratégiques.
Le Canada doit continuer d'investir dans l'enseignement des STIM, l'apprentissage en milieu de travail, le perfectionnement des compétences et la formation dirigée par les employeurs. Cependant, la formation de talents prend du temps. Dans les secteurs qui évoluent rapidement, les retards dans l'accès aux compétences essentielles peuvent ralentir les investissements, l'adoption de technologies et la croissance de la productivité. Le Canada a besoin à la fois de solides bassins de talents nationaux et d'un accès aux talents mondiaux.
Les immigrants représentent déjà 37 % de la main-d'œuvre de l'économie numérique au Canada, mais de nombreux professionnels formés à l'étranger ne travaillent pas à leur plein niveau de compétence. Le Canada peut attirer des personnes ayant une expérience avancée en logiciels, en cybersécurité, en données ou en intelligence artificielle, mais elles risquent tout de même de se heurter à des obstacles pour faire reconnaître et évaluer leurs compétences par les employeurs, et pour les utiliser pleinement. C'est le défi de la sous-utilisation.
Non seulement le Canada doit livrer concurrence pour attirer des talents, mais il doit aussi assurer que les talents contribuent rapidement et efficacement à la croissance économique. Dans l'économie numérique, la demande de compétences change rapidement. Les nouvelles technologies créent de nouveaux rôles et de nouvelles exigences en matière de compétences très rapidement et les classifications professionnelles traditionnelles ne suivent pas. Si la sélection des immigrants s'appuie trop sur des indicateurs statiques ou rétrospectifs, le Canada risque de choisir en fonction des besoins du marché du travail d'hier plutôt que des possibilités de demain.
Je formulerais trois recommandations.
Premièrement, le Canada devrait utiliser davantage les renseignements prospectifs sur le marché du travail dans la sélection des immigrants. L'éducation, l'âge et les compétences linguistiques demeurent des facteurs importants, mais ils devraient être complétés par des prévisions du marché du travail et des indicateurs du côté de la demande. La sélection par catégorie est une étape très positive; cependant, dans des secteurs en évolution rapide comme l'intelligence artificielle, la cybersécurité, l'infonuagique et l'infrastructure numérique, la demande de compétences peut changer considérablement d'une année à l'autre.
La sélection des immigrants devrait s'appuyer davantage sur les prévisions du marché du travail, la persistance des postes vacants, les projections d'emploi, les tendances salariales, les exigences en matière de compétences et la demande régionale. Les critères de sélection devraient être revus régulièrement afin de veiller à ce qu'ils tiennent compte des possibilités économiques émergentes et de l'évolution rapide des besoins en matière de compétences, plutôt que de trop s'appuyer sur les conditions historiques du marché du travail.
Deuxièmement, le Canada devrait moderniser la façon dont il évalue l'expérience et les compétences. Dans de nombreuses professions numériques, la pertinence et la récence de l'expérience peuvent être plus importantes que le nombre total d'années travaillées. Par exemple, un développeur de logiciels ayant trois ans d'expérience actuelle dans un domaine très pertinent comme l'intelligence artificielle, l'architecture infonuagique ou la cybersécurité peut mieux correspondre aux besoins du marché du travail qu'un développeur de logiciels ayant beaucoup plus d'expérience dans d'autres technologies. Le système d'immigration du Canada devrait mieux reconnaître les compétences démontrées, les attestations et les compétences propres à une profession.
Troisièmement, le Canada devrait accroître la préparation des employeurs et l'utilisation des talents. La politique d'immigration est souvent axée sur la préparation des nouveaux arrivants tout en portant moins attention à aider les employeurs à recruter, à évaluer, à intégrer et à retenir les talents internationaux. Les employeurs ont besoin d'outils pratiques et d'une plus grande confiance dans l'évaluation de l'expérience et des compétences internationales. Une meilleure utilisation des talents des nouveaux arrivants est non seulement une question d'équité, mais aussi une question de productivité économique.
Si le Canada est sérieux au sujet de l'intelligence artificielle, de la cybersécurité, de la souveraineté numérique et de la compétitivité, il doit l'être tout autant au sujet des talents. L'immigration stratégique permet au Canada d'avancer et de construire plus vite, et d'être plus concurrentiel.
Je vous remercie et je me ferai un plaisir de répondre à vos questions.
:
Merci, madame la présidente.
Je remercie les témoins de leurs commentaires.
Les conservateurs ont toujours appuyé l'immigration qui renforce l'économie canadienne, attire des investissements et attire les meilleurs entrepreneurs, innovateurs et travailleurs hautement qualifiés du monde. Le Programme de visa pour démarrage d'entreprise avait pour but de faire du Canada une destination de choix pour les créateurs d'emplois et les innovateurs, mais des années de retards, d'arriérés et de mauvaise surveillance ont plutôt nui à sa réputation, poussé les investissements ailleurs et miné la confiance des personnes talentueuses dont notre économie a besoin.
Monsieur Pierce, le Programme de visa pour démarrage d'entreprise a été suspendu le 1 er janvier. Plus de 44 000 demandes d'entreprises en démarrage approuvées se trouvent actuellement dans un purgatoire bureaucratique qui pourrait durer 10 ans. La mauvaise gestion de ce programme par le gouvernement fédéral a‑t‑elle nui à la réputation du Canada en tant que destination pour les talents mondiaux, à votre avis?
:
Je n'ai pas de chiffre à vous donner. Je vais demander à mon équipe si nous pouvons quantifier le problème.
Nous faisons face à une crise économique au Canada. Le gouvernement a mis en place un certain nombre de politiques très dynamiques pour construire des logements partout au pays. Comme nous l'avons demandé à maintes reprises, avec quelle main-d'œuvre allons-nous y parvenir? Nous avons besoin d'une main-d'œuvre qualifiée. Nous avons besoin de main-d'œuvre peu qualifiée. Nous avons besoin d'entrepreneurs. Il faut que le régime fiscal canadien soit attrayant, qu'il attire les meilleurs et les plus brillants au Canada pour qu'ils viennent s'installer ici.
Matt Holmes, mon vice-président directeur à la Chambre de commerce, a écrit une lettre d'opinion au printemps dernier pour dire qu'il était temps de commencer à recruter les meilleurs talents américains. Nous l'avons fait pendant la guerre du Vietnam, bien sûr. Nous l'avons fait à maintes autres reprises. Nous avons beaucoup à offrir, mais je ne pense pas que nous voyons suffisamment grand en matière d'immigration. Je pense que nous devrions voir plus grand. Du point de vue des entreprises, il ne fait aucun doute qu'il y a une perte d'activité économique. Il y a eu une perte d'occasions pour l'économie canadienne à cause de tout cela.
:
Je serais presque porté à dire qu'il faudrait une réunion de comité entièrement consacrée à cette question.
La compétitivité du Canada est primordiale. Nous devons être concurrentiels sur le plan fiscal par rapport aux États-Unis et aux autres pays. Les titres de compétences doivent être reconnus partout au pays. Quelqu'un qui est formé dans un métier ou qui a un titre de compétence ici, en Ontario, ne sera peut-être pas en mesure de déménager dans une autre administration, pour quelque raison professionnelle que ce soit.
Pour revenir au mandat du Comité, je dirai que nos politiques d'immigration nuisent à la réussite des entreprises. Nous avons des entrepreneurs. Nos dirigeants d'entreprise qui gèrent des usines de conditionnement de viande dans le Sud-Ouest de l'Ontario ne parviennent pas à trouver de main-d'œuvre. Nos universités suppriment des programmes et des divisions entières en raison d'une importante réduction du programme d'étudiants étrangers.
En ce qui concerne la capacité générale des entreprises de trouver de la main-d'œuvre, je dirais que, si un Canadien ou un résident permanent est intéressé à un poste pour lequel il est qualifié, il devrait, bien sûr — et avant toute autre personne — avoir accès à cet emploi au Canada. Si ces conditions ne sont pas présentes, le propriétaire d'une entreprise canadienne devrait être en mesure de trouver la main-d'œuvre dont il a besoin.
Nous avons entendu parler de la salle d'urgence de l'hôpital de Red Lake qui a été fermée récemment parce qu'on n'arrivait pas à trouver de personnel. Des pénuries de main-d'œuvre sévissent dans les métiers de la construction, dans un certain nombre de domaines spécialisés. Nous devons nous attaquer aux facteurs qui posent problème pour pouvoir faire venir la main-d'œuvre dont nous avons besoin au Canada et ainsi faire croître nos entreprises.
:
Je vous remercie de la question.
[Traduction]
Nous avons intentionnellement ajouté ces statistiques à mes notes d'allocution parce que je pense qu'il est vraiment important de souligner le rôle essentiel que l'immigration et les politiques d'immigration jouent aujourd'hui, et joueront à l'avenir, dans la croissance du Canada. Cependant, ces possibilités ne devraient pas être offertes au détriment des résidents permanents canadiens: ces possibilités devraient leur être offertes, et ils devraient être en mesure de postuler s'ils sont qualifiés et souhaitent occuper ces emplois.
J'ai mentionné les statistiques tirées du site Web d'IRCC, et Statistique Canada a un certain nombre d'excellentes données. Pour ce qui est de notre croissance, l'immigration constitue une source importante de main-d'œuvre au Canada.
Je mets au défi le Comité et ses membres. Nous avons un problème démographique. Je ne vous apprends rien en vous disant que nous avons un problème de population. La Banque du Canada s'est mise à en parler. Si notre démographie continue de suivre la même trajectoire... Nous faisons face à des défis économiques assez costauds. Nous n'attirerons tout simplement pas le propriétaire de la nouvelle entreprise de logiciel d'IA qui veut venir au Canada s'il ne peut pas trouver de main-d'œuvre et si ses impôts et les coûts d'exploitation de son entreprise sont trop élevés. Nous n'arriverons tout simplement pas à attirer ces entrepreneurs, et le Canada continuera d'être perdant.
:
Je vous remercie de la question.
La dynamique de l'économie numérique est un peu différente de celle du marché du travail canadien global. Elle exige beaucoup de compétences, en plus d'être cyclique et sensible à la qualité de l'expérience, ainsi qu'à la demande émergente.
La façon de sélectionner les candidats importe vraiment. Nous préconisons une méthode de sélection fondée sur les compétences qui nous permettrait de tenir compte de celles qui seront le plus recherchées au cours des deux, cinq ou dix prochaines années. Nous pourrons ainsi prendre des décisions à l'épreuve du temps.
Nous avons une occasion en or de nous y prendre adéquatement pour l'économie numérique du Canada, en ce sens qu'elle est un moteur de productivité et d'innovation pour le pays. Si nous agissons judicieusement, nous serons en mesure d'investir dans la productivité et l'innovation. Nous connaîtrons ainsi une croissance assez rapide qui nous permettra d'atteindre les objectifs nationaux tout en investissant, en parallèle, dans l'expérience et le talent canadiens.
:
Merci beaucoup, madame la présidente.
Bonjour à tous. Je remercie les témoins d'être présents.
Monsieur Pierce, j'ai écouté votre témoignage. J'aimerais connaître votre opinion sur la politique du gouvernement en place visant à réduire de façon importante les seuils d'immigration temporaire.
Dans sa dernière mise à jour économique, le gouvernement s'est targué d'avoir réussi à réduire le nombre de travailleurs étrangers temporaires d'à peu près 70 %, le nombre d'étudiants étrangers d'un pourcentage un peu plus élevé que ça encore et le nombre de demandeurs d'asile d'à peu près 60 %.
À la Chambre de commerce du Canada, qu'est-ce que vous pensez de cette orientation qui a été adoptée?
D'abord et avant tout, si un immigrant temporaire passe par le système, c'est parce qu'une entreprise a indiqué qu'elle ne pouvait pas trouver de main-d'œuvre au Canada. On entend constamment parler d'acteurs malveillants, contre qui le gouvernement doit sévir aussi sévèrement que possible. Or, derrière toutes les demandes se cache une entreprise qui a du mal à trouver de la main-d'œuvre. Une telle réduction généralisée dans tout le pays, alors que toutes les régions sont traitées de façon identique, fait en sorte qu'il est très difficile pour les entreprises d'exercer leurs activités.
Par exemple, si on pense aux demandes de travailleurs temporaires à Toronto, nous comprenons la joute politique, mais les entreprises dans une zone de Toronto peuvent être complètement différentes de celles à l'autre bout de la ville. La différence est encore plus marquée si l'entreprise se trouve à Thunder Bay ou dans les régions rurales de l'Ouest canadien, du Canada atlantique ou du Québec. Des dirigeants communautaires et d'entreprises de Thunder Bay et de partout au pays nous disent que la réduction du nombre de travailleurs temporaires dans des secteurs clés nuit aux entreprises et devrait être réévaluée le plus rapidement possible.
:
Merci, monsieur Deschênes.
[Traduction]
Merci, monsieur Pierce.
Monsieur Pierce, pour poursuivre dans la même veine, si vous avez des données sur les régions connaissant des pénuries de main-d'œuvre au pays, je pense que ce serait très utile que vous nous les transmettiez.
Sur ce, chers collègues, comme la discussion avec le groupe de témoins est écourtée, nous allons procéder à une dernière série de questions. Les conservateurs auront cinq minutes; les libéraux, deux; et M. Deschênes aura deux minutes et demie. Nous devrons ensuite conclure, puis passer au dernier groupe de témoins. Est‑ce que ce plan convient à tous?
Des députés: Oui.
La présidente: Comme personne ne s'y oppose, monsieur Ho, je vous donne la parole pendant cinq minutes pour vos questions et réponses.
:
Merci, madame la présidente.
Mes questions s'adressent à la Chambre de commerce du Canada. Monsieur Pierce, dans votre déclaration préliminaire, vous avez dit que les politiques gouvernementales défaillantes ont entraîné un exode des cerveaux vers d'autres pays. Cependant, pas plus tard que la semaine dernière, IRCC faisait activement la promotion du programme Expérience internationale Canada auprès des citoyens canadiens âgés de 18 à 35 ans, afin de les aider à « travailler et à voyager [à l'étranger] dans plus de 35 pays et territoires. »
En même temps, ce même gouvernement libéral dit aux employeurs d'ici qu'ils ont besoin de main-d'œuvre étrangère pour pourvoir les emplois au Canada. La Chambre de commerce y voit-elle une contradiction? D'une part, le gouvernement fédéral encourage activement les jeunes Canadiens à acquérir de l'expérience de travail à l'étranger, au lieu de former et d'embaucher ces mêmes Canadiens, ici, au pays. Puis, d'autre part, les entreprises canadiennes font du lobbying pour embaucher des travailleurs étrangers temporaires.
:
Je remercie les témoins de leur présence.
Cette étude porte sur le recrutement des talents et la reconnaissance des titres de compétence. Nous disposons d'un certain nombre de programmes axés sur ces enjeux. C'est pourquoi nous sommes ici aujourd'hui pour parler du système d'immigration.
Monsieur Pierce, vous avez parlé tout à l'heure du nombre d'immigrants qui ont été admis au pays l'année dernière et du fait que ce chiffre est très différent des années précédentes.
Il y a des raisons à cela. En gros, les Canadiens ont commencé à se sentir moins à l'aise avec la situation. Le gouvernement a donc réagi en resserrant un peu la vis. Nous voulions rétablir l'intégrité du système d'immigration, et c'est ce que nous avons fait. La croissance de l'immigration au Canada a en fait ralenti pour la première fois depuis des décennies, je crois.
Dans votre déclaration préliminaire, vous avez laissé entendre que cela constituerait un défi pour l'avenir. Pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet?
:
Merci. J'en serais ravi.
Pour en revenir à la raison pour laquelle l'immigration est un enjeu économique, je dirais que le déclin démographique devrait être l'un des principaux sujets qui retiennent l'attention du Parlement en ce moment. Les calculs actuariels liés au Régime de pensions du Canada, à tous nos systèmes de pensions et aux programmes gouvernementaux reposent sur une population en croissance. Si la tendance s'inverse, le risque pour l'économie canadienne est énorme.
Comme je l'ai mentionné en répondant aux questions précédentes, les répercussions varient d'une région à l'autre au pays. On comprend tous pourquoi le gouvernement a pris la décision de réduire les niveaux d'immigration, et c'est tout à fait légitime. Les messages provenant des entreprises dans les régions rurales et d'autres régions du pays ne sont pas les mêmes que ceux provenant de diverses régions urbaines.
Pour revenir aux programmes et aux services sociaux, chaque dollar qui y est investi provient à l'origine du secteur privé. Si l'on réduit l'activité des entreprises par des mesures de cette nature pendant une période prolongée, dans le contexte des pressions économiques générales — ou de la crise, ou peu importe le nom — auxquelles nous faisons face au Canada depuis les 12 ou 16 derniers mois, cela représente un risque vraiment énorme pour notre économie dans son ensemble. C'est pourquoi nous...
:
Je serais ravie d'y répondre. Merci.
Dans l'économie numérique et le secteur des technologies, il y a un risque que les nouveaux arrivants quittent le Canada, car le pays sert souvent de tremplin vers les États-Unis, en particulier pour ceux qui cherchent des salaires très élevés. Il arrive aussi parfois que leurs compétences ne correspondent pas vraiment aux besoins ici au Canada, et cela rejoint notre plaidoyer en faveur d'une meilleure harmonisation entre les compétences et les besoins du marché. Dans ce cas, ils vont se tourner vers les marchés où ils pourront profiter des offres qui correspondent à leurs compétences.
Les revenus sont un élément important, et il est important aussi que les employeurs reconnaissent les nouveaux arrivants comme un vivier de talents précieux. Dans le secteur des technologies, on constate que 7 % des talents quittent le Canada au cours des cinq premières années suivant leur arrivée. Ce n'est pas un chiffre énorme, mais c'est un élément à prendre en compte. Veiller à ce que les employeurs aient la capacité de retenir les talents et s'assurer que les salaires ne sont pas tirés vers le bas sont donc des éléments importants.
:
Bienvenue à notre deuxième groupe de témoins, que nous accueillons en format hybride. L'un de nos témoins se joint à nous en ligne, et l'autre est ici en personne.
Je vais faire quelques observations à l'intention de nos nouveaux témoins.
Je vous prie d'attendre que je vous nomme avant de prendre la parole.
Sur Zoom, au bas de votre écran, vous pouvez sélectionner le canal approprié pour l'interprétation, soit le français ou l'anglais. Bien sûr, dans la salle, vous pouvez utiliser l'oreillette. Je vois que vous l'avez déjà fait, ce qui est formidable. Vous pouvez poser vos questions en anglais ou en français, et je vous ferai signe lorsqu'il ne vous restera qu'une minute.
Je vous rappelle que tous les commentaires doivent être adressés à la présidence.
Je demanderais aux participants de ne pas parler en même temps. Il est très difficile alors pour nos interprètes d'entendre correctement ce qui se dit et de faire leur travail.
J'aimerais maintenant souhaiter la bienvenue à nos témoins du deuxième groupe.
De la Ville de Brampton et en ligne, nous accueillons Paul Aldunate, gestionnaire principal, Développement économique et relations internationales.
Bienvenue, monsieur Aldunate.
De l'Association unie des compagnons et apprentis dans l'industrie de la plomberie et du montage de tuyauterie, section locale 67, nous accueillons Nathan Bergstrand, gestionnaire des affaires.
Bienvenue à vous aussi.
Vous disposerez chacun de cinq minutes pour faire votre déclaration préliminaire, après quoi nous passerons aux questions.
Je vous informe que, lorsque la sonnerie se fera entendre, je devrai obtenir le consentement unanime pour que nous puissions continuer.
Monsieur Aldunate, vous avez la parole pour cinq minutes à partir de maintenant.

:
Merci, madame la présidente et mesdames et messieurs les membres du Comité, de me donner l'occasion de comparaître devant vous aujourd'hui. Je m'appelle Paul Aldunate et j'occupe le poste de gestionnaire principal du développement économique à la Ville de Brampton. Je suis heureux de m'exprimer au nom de notre municipalité ainsi que des employeurs, des travailleurs et des communautés que nous soutenons. Brampton est l'une des villes les plus diversifiées et à la croissance la plus rapide au Canada. Plus de la moitié de nos habitants sont nés à l'étranger, et l'immigration a joué un rôle fondamental dans notre réussite économique. Les nouveaux arrivants ont renforcé notre main-d'œuvre, créé des entreprises, stimulé l'innovation et soutenu la croissance dans les secteurs de l'industrie manufacturière de pointe, la logistique, la transformation des aliments, les soins de santé, les technologies, l'aérospatiale et la cybersécurité. Dans le cadre de l'étude du Comité sur les façons pour le Canada de mieux attirer, retenir et valoriser les talents internationaux, j'aimerais vous présenter une perspective municipale ancrée dans les réalités de notre quotidien.
Je vais commencer par la stabilité de la main-d'œuvre et le risque de perdre les talents existants. L'an dernier, la Ville de Brampton a organisé une table ronde avec des employeurs locaux, des dirigeants de l'industrie et des partenaires provinciaux afin de discuter des défis liés à l'immigration et à la main-d'œuvre. Le message était clair: la politique d'immigration est une politique économique. Un fabricant de Brampton a fait part d'une statistique frappante. Environ 15 % de sa main-d'œuvre détient un permis de travail qui arrive à échéance. Si l'on ajoute à cela le taux de roulement naturel de 7 % que connaissent la plupart des entreprises, ce fabricant risque de perdre 22 % de son effectif au cours des 18 prochains mois. Ce n'est pas un cas isolé. De nombreux employeurs de Brampton ont fait état de chiffres similaires. Ils décrivent cette situation comme un retour aux perturbations de l'époque de la COVID, sauf que cette fois‑ci, l'instabilité est évitable. La perte de travailleurs formés et bien intégrés dans une telle proportion réduirait l'efficacité de leur entreprise, augmenterait les pressions liées à l'intégration des nouveaux employés et créerait une incertitude opérationnelle à un moment où les entreprises tentent de croître.
Les employeurs insistent également sur le fait que les taux de chômage ne résolvent pas le problème. En 2026, le taux de chômage en Ontario oscillait entre 7 % et 8 %; dans la région métropolitaine de recensement de Toronto, qui comprend Brampton et la région de Peel, il s'élevait à environ 7,6 %. Même avec un taux de chômage élevé, il n'y a tout simplement pas assez de travailleurs disponibles pour compenser cette perte de 22 %. Comme l'a fait remarquer un employeur, le calcul ne tient pas la route. Fait tout aussi important, les employeurs soulignent la perte d'expérience et de compétences complémentaires. De nombreux travailleurs temporaires apportent une formation internationale de haut niveau qui se marie efficacement avec celle des travailleurs formés au Canada. Ces équipes mixtes se sont révélées plus productives que l'un ou l'autre groupe pris séparément. Perdre ces travailleurs, c'est perdre cette synergie, ce mentorat et cette productivité, qui profitent tous directement à notre économie locale.
Le deuxième point concerne l'accès à une expertise mondiale spécialisée. Le défi pour les entreprises est d'avoir un accès à court terme à des techniciens internationaux hautement spécialisés. Plusieurs fabricants de Brampton comptent sur des experts étrangers pour installer, calibrer et entretenir des équipements de pointe, ou former du personnel à leur utilisation. Selon ces entreprises, les récents changements réglementaires ont rendu de plus en plus difficile l'obtention des autorisations pour ces visites de courte durée. Dans certains cas, des machines valant des millions de dollars resteront à l'arrêt parce que les experts requis pour les faire fonctionner n'ont pas pu entrer au Canada.
Le troisième point consiste à faire concorder la politique d'immigration avec les réalités économiques régionales. L'expérience de Brampton met également en lumière l'importance d'adapter les voies d'immigration aux conditions du marché du travail régional. Notre ville a l'excédent de main-d'œuvre le plus élevé de toutes les grandes municipalités du Canada. Pendant des décennies, la croissance résidentielle a largement dépassé celle de l'emploi. Bien que Brampton soit maintenant l'une des municipalités les plus attractives au pays en matière d'emploi, l'ampleur même de notre population et le rythme du développement résidentiel ont rendu difficile de suivre la cadence. Cette situation met en évidence un point essentiel. La politique d'immigration ne peut pas être dissociée de la politique de développement économique. Les défis ne résident pas simplement dans le nombre de travailleurs disponibles; il s'agit de veiller à ce que les voies d'immigration favorisent les investissements, la productivité et la croissance économique à long terme dans les régions où la dynamique du marché du travail est très différente. Du point de vue de Brampton, la question n'est pas de savoir si le Canada a besoin de talents, mais si notre système d'immigration est suffisamment adapté aux réalités régionales et s'il permet aux employeurs et aux collectivités d'utiliser pleinement les talents qui sont déjà présents sur place.
Le quatrième élément concerne le soutien à l'immigration entrepreneuriale. Le Canada doit également continuer d'attirer et de retenir les talents entrepreneuriaux. À Brampton, les entrepreneurs immigrants ont joué un rôle essentiel dans notre croissance économique. La Ville a investi dans des infrastructures dédiées à l'entrepreneuriat, notamment dans BHive, un espace d'accompagnement et d'innovation destiné à soutenir les créateurs d'entreprise. Grâce à ces initiatives, nous avons pu voir à l'œuvre des entrepreneurs immigrants créer des emplois, attirer des investissements et renforcer les écosystèmes d'innovation locaux. Au moment où le gouvernement fédéral réfléchit à l'avenir de l'immigration entrepreneuriale, nous l'encourageons à mettre en place un programme modernisé qui fera suite au programme de visa pour démarrage d'entreprise et qui répondra mieux aux besoins régionaux et sera plus étroitement intégré aux réseaux locaux de développement économique.
Les recommandations sont donc les suivantes: premièrement, augmenter l'allocation de l'Ontario dans le cadre du Programme des candidats des provinces et offrir une plus grande souplesse pour faire concorder la sélection des immigrants avec les conditions du marché du travail régional et les priorités de développement économique.
Deuxièmement, mettre en place des voies d'accès simplifiés pour les experts internationaux spécialisés qui viennent en soutien à la production, au transfert de technologies, à l'installation des équipements et à la formation de la main-d'œuvre.
Troisièmement, créer une voie d'accès modernisée pour les entrepreneurs immigrants en misant sur les écosystèmes d'innovation locaux, notamment celui que nous avons ici à Brampton appelé « BHive », afin d'attirer des créateurs d'entreprise à fort potentiel et de soutenir la création d'emplois dans les collectivités de tout le Canada.
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Merci, madame la présidente.
Bonjour aux députés ici présents.
Je tiens à remercier la présidente et la vice-présidente de m'avoir invité aujourd'hui.
Je m'appelle Nathan Bergstrand. Je suis le gestionnaire des affaires de la section locale 67 de l'Association unie des plombiers, des monteurs de conduites de vapeur et des soudeurs, et c'est un grand honneur d'être ici avec vous tous aujourd'hui.
Mes ancêtres, les Bergstrand, sont arrivés ici depuis la Norvège au début des années 1900. On leur a donné des terres au Québec, dans un village portant le nom tout à fait opportun de Swedeville, près de Sherbrooke. Ma famille se souvient surtout de mon grand-père pour avoir travaillé sur un énorme projet de construction d'un pont dès son arrivée au début des années 1900.
Du côté de ma mère, mes ancêtres viennent probablement de Belfast, en Irlande du Nord. Ma tante et mon oncle y sont nés. Ma mère est née au Canada, mais elle a grandi à Belfast. Après le déménagement de la famille au Canada, mon grand-père a travaillé pendant des décennies à l'aciérie Stelco, à Hamilton.
Ma mère, Lorraine Bergstrand, a été une source d'inspiration pour moi. C'est grâce à elle que je suis assis devant vous aujourd'hui. Avant de devenir conseillère régionale pour le comté de Haldimand—Norfolk, elle était conseillère du quartier 1 à Dunnville, et j'ai passé une partie de mon enfance à la regarder à la télévision, sur la chaîne Cable 14, après l'école. Plus tard, elle a été élue mairesse de Dunnville et, lorsque la ville a été fusionnée au comté d'Haldimand, pour former un nouveau comté, elle en est devenue la première mairesse. Elle s'est ensuite lancée dans une campagne provinciale infructueuse pour le Parti libéral, puis a mené une brillante carrière dans le secteur privé.
Je vous dis cela parce que, chez nous, la politique était aussi importante que le hockey, la pêche ou le tir sportif le sont dans d'autres familles. Les discussions pendant le souper tournaient toujours autour de l'actualité politique.
Mon grand-père, Ernie, s'est joint à la section locale 67 en 1948, mon père en 1967, et je m'y suis joint en 2001, en tant que membre de troisième génération. Mon père, Randy, était monteur de conduites de vapeur de deuxième génération. Sa vraie passion est de pêcher au bord d'un lac, mais c'est grâce à la qualité de son travail et à sa bonne réputation dans le métier que j'ai pu accéder au poste de gestionnaire des affaires de la section locale 67. Voilà pourquoi je me retrouve devant vous aujourd'hui.
J'ai été élu gestionnaire des affaires de la section locale 67 en 2015, à l'âge de 34 ans. Je dois cette réussite et ce parcours à ma mère et à mon père. Au cours de mes 25 années en tant que membre de l'Association unie et de mes 11 années en tant que gestionnaire, j'ai beaucoup appris alors que je pensais déjà tout savoir.
L'Association unie des plombiers, monteurs de tuyaux, soudeurs et apprentis de la section locale 67 existe depuis le 24 juin 1899. Nous avons fêté notre 125 e anniversaire il y a tout juste deux ans. Notre section couvre Hamilton, Brantford et Niagara. Nous comptons actuellement un total de 2 077 membres, dont 1 100 membres actifs, plusieurs centaines de retraités actifs et inactifs, ainsi qu'environ 450 apprentis, nombre qui ne cesse de croître. Notre syndicat offre actuellement des formations d'apprentis pour les soudeurs à pression et les monteurs de conduites de vapeur. Grâce à nos programmes d'apprentissage, nous formons, selon moi, les meilleurs gens de métier au pays.
À l'instar des autres travailleurs des métiers spécialisés, les membres de l'Association unie bâtissent le Canada. Nous construisons des écoles, des hôpitaux, des gratte-ciel, des arénas, des aciéries, des usines de papier, des usines de produits chimiques, des centrales nucléaires et solaires, des centrales de cogénération alimentées au gaz naturel, des pipelines, des réseaux de distribution de gaz, des raffineries de pétrole et tous les autres types d'infrastructures que vous pouvez imaginer.
Le système syndical des métiers est unique. Comme de nombreux autres métiers syndiqués, nous avons un système de cartes de mutation temporaire. Si une section locale a besoin de plus de travailleurs, elle se tourne vers les autres sections syndicales de la province; au besoin, nous faisons appel à un réseau plus large à l'échelle nationale. Nous répartissons les membres qualifiés de notre réseau vers les sections où il y a des besoins en main-d'œuvre afin de pourvoir des postes à court et à long terme. C'est ainsi que nous parvenons si efficacement à mener à bien des chantiers importants, de courte et de longue durée, qui peuvent survenir rapidement et nécessiter beaucoup de main-d'œuvre, et qui sont essentiels pour les infrastructures et les secteurs industriels clés, comme pour répondre à...
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C'est ainsi que nous parvenons si efficacement à mener à bien des chantiers importants de courte et de longue durée, qui surviennent rapidement et nécessitent beaucoup de main-d'œuvre, et qui sont essentiels à des secteurs clés de l'industrie.
Notre système de syndicats compte certains des entrepreneurs les plus connus. Je rencontre divers entrepreneurs lorsque le besoin se fait sentir, mais je communique constamment avec tous les entrepreneurs qui effectuent des travaux sur notre territoire. Dans le cadre de mes fonctions, je traite une litanie de préoccupations de l'industrie, allant des contrats aux questions de compétence, de territoire, de sécurité et de main-d'œuvre.
Avec mon service de formation, je suis le principal appareil de recrutement de la section locale 67 de l'Association unie. Nous avons de nombreux moyens de recruter de nouveaux membres et des apprentis. Le premier est notre recrutement annuel d'apprentis, qui comprend 15 apprentis en soudure — le nombre est limité en raison de nos capacités —, 20 en montage de tuyaux de vapeur et 25 en plomberie. Ces chiffres augmentent considérablement lorsque le travail dépasse nos projections.
Nous avons également un portail en ligne qui permet aux candidats de postuler pour devenir membres tout au long de l'année.
Nous appliquons des critères d'admission plus stricts que ceux actuellement exigés par le secteur, car nos entrepreneurs versent les salaires les plus élevés et exigent une main-d'œuvre de haut niveau et très bien formée pour rester compétitifs.
En terminant, j'aimerais remercier le président, le vice-président et les membres du Comité de m'avoir invité aujourd'hui. J'ai hâte de contribuer à la conversation de toutes les façons possibles.
Merci.
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Merci, madame la présidente.
Merci à tous nos témoins d'être ici aujourd'hui.
Monsieur Aldunate, je tiens à vous remercier d'être ici aujourd'hui.
Je suis née et j'ai grandi à Brampton, et je suis maintenant fière d'être députée de Brampton-Centre. Par conséquent, j'ai pu constater l'effet que l'immigration a eu sur nos collectivités, comme la diversité culturelle et le multiculturalisme, ainsi que son incidence sur notre économie et sa croissance.
Vous l'avez également mentionné dans votre déclaration préliminaire, mais je voulais répéter que Brampton est l'une des villes les plus diversifiées et l'une de celles qui connaissent la croissance la plus rapide au Canada, et de nombreux nouveaux arrivants s'y sont installés avec des titres de compétences obtenus à l'étranger.
D'après votre travail auprès des employeurs sur le terrain, quelle différence un processus de reconnaissance des titres de compétences plus rapide et plus équitable ferait‑il, tant pour les travailleurs que pour les entreprises qui essaient de les embaucher?